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Culture et traditions Côte d'Azur

Les villages perchés

On en rencontre beaucoup (et des plus jolis) dans l'arrière-pays varois, et des bien vivants, pas de simples villages-musées visités uniquement en été : Correns, bio jusqu'au bout des racines ; Callas et ses ruelles intimes ; La-Cadière-d'Azur, qui célèbre son vin de Bandol ; Trigance, à la façon d'un nid d'aigle ; Tourtour, le « village dans le ciel » ; Gassin, si serein à deux pas de Saint Trop'.
Mais les stars se trouvent surtout en pays niçois, là où les montagnes dégringolent dans la mer. Quelques tournants plus haut, ces vaisseaux de pierre, juchés sur des crêtes improbables, forment une flottille qui fait partout lever la tête : Èze-Village, Gourdon, L'Escarène, Peille et Peillon... Très beau et moins connu, Saorge joue les funambules dans la vallée de la Roya.
L'histoire mêlée à la géographie ont poussé les habitants à se percher ainsi avec la menace d'invasions par les Ligures, Celtes, Romains, Vandales et autres barbares ! Regroupés sur les hauteurs, les autochtones étaient moins exposés.
Conséquence de cette situation géographique et de ce manque d'espace : les maisons sont exiguës et en hauteur (les murs, prolongeant la roche, deviennent murailles défensives), les ruelles étroites. La communauté ainsi forgée est très structurée, réglant les problèmes de voisinage, la gestion de l'espace et de l'eau.
Avec la fin des invasions, certains villages ont migré vers les plaines, sans pour autant se disperser en fermes isolées (assez rares dans ces campagnes).
Aujourd'hui, la qualité des routes, les moyens de télécommunication aisés font de cet isolement des villages perchés un atout : on y trouve silence et cadre naturel, synonymes de qualité de vie.

Le provençal, langue régionale

Si le latin est la langue écrite des Romains, les populations locales parlent un latin vulgaire appelé le gallo-romain.
Au VIIIe siècle, 2 grands groupes dialectiques apparaissent au nord et au sud de la future France : celui de la langue d'oc (« oui », au sud), et celui de la langue d'oïl (« oui », au nord).
Progressivement, la langue d'oc - dite « occitan » - remplace le latin à l'écrit. En même temps, les troubadours la diffusent et l'enrichissent.
Mais l'édit de Villers-Cotterêts en 1539 portera un coup fatal à son développement : il impose l'usage du français dans tous les textes officiels. L'occitan disparaît de l'écrit mais reste la langue dialectale du sud de la France. Au XIXe siècle, on le parle moins dans les villes et l'école obligatoire contribue à son extinction.
Le provençal est une variante de l'occitan, dont il se distingue par certains éléments d'orthographe et de prononciation. Il se décline en quatre sous-dialectes : le provençal rhodanien, celui de Mistral ; le provençal maritime, de Marseille ; le nissart, parlé dans la région niçoise ; et le gavot, parlé dans le Luberon et les Alpes-de-Haute-Provence.
Au cours du XIXe siècle, nombre d'intellectuels se firent les défenseurs du provençal, constituant, sous l'impulsion de Mistral, une association pour faire revivre la langue locale ; c'est le félibrige.
Au cours du XXe siècle, de nombreux intellectuels se mobilisent à leur tour. Dans les années 1980, l'occitan devient une option au baccalauréat et est enseigné à l'université.


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