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Côte d'Azur

Culture et traditions

Petit vocabulaire franco-provençal

- Peuchère ! : le pôvre !
- Un pitchoun, un miston : un enfant.
- Le cagnard : le soleil.
- Boudiou ! : exclamation exprimant la surprise.
- Une coucourde : une courge. Par extension, quelqu'un de bête.
- Degun : personne. « Je crains degun », « Y’a degun ce soir »…
- Être ensuqué : être un peu fatigué, avoir la gueule de bois.
- La castagne : la bagarre.
- Lou capeou : le chapeau.
- S'escagasser : s'écraser au sol. Par extension, faire quelque chose avec difficulté.
- Fada : fou, idiot.
- Un cacou : un play-boy du sud.
- Une cagole : une « pouf ».

Les villages perchés

On en rencontre beaucoup (et des plus jolis) dans l’arrière-pays varois, mais ils sont les stars du pays niçois, là où les montagnes dégringolent dans la mer. Quelques tournants plus haut, ces vaisseaux de pierre, juchés sur des crêtes improbables, forment une flottille qui fait partout lever la tête : Èze-village, La Colle-sur-Loup, L'Escarène, Peille et Peillon... Le plus beau et le moins connu joue les funambules dans la vallée de la Roya : Saorge s'incruste dans la falaise, jetant par-dessus l'abîme ses ruelles pavées de galets qui, faute d'espace, traversent parfois les cours des maisons.

Figures célèbres

- Paul de Barras (1755-1829) : on a oublié le prénom de ce natif de Fox-Amphoux, mais pas son rôle pendant la Révolution : jacobin, il dirigera la répression de Toulon en 1793 et fut membre du Directoire.
- Gilbert Bécaud (1927-2001) : il a chanté le marché provençal de Toulon, sa ville natale, et visité Moscou avec Natacha (il avait un joli nom, son guide).
- Gaspard de Besse : le Robin-des-Bois de l’arrière-pays varois. Bandit de grand chemin à la fin du XVIIe siècle, réputé pour ne s’attaquer qu’aux riches. Capturé, il fut roué à Aix à l’âge de 24 ans et pleuré par les femmes. Gaspard-de-Besse a inspiré le roman éponyme à l’écrivain Jean Aicard.
- Georges Clemenceau (1841-1929) : vendéen d’origine, le Tigre a vécu avec le Var une histoire d’amour politique mouvementée : élu député après avoir aidé la ville de Toulon à sortir d’une épidémie de choléra en 1884, puis battu, il retrouva, quelques années plus tard, un fauteuil de sénateur. La commune de Cotignac répudia publiquement le Clemenceau président du Conseil pour ses prises de position anti-travailleurs.
- Mireille Darc (née en 1938) : née à Toulon, celle qui fut longtemps « Madame Delon » a traversé le cinéma français des années 1970 de son inimitable sourire, à la fois malicieux et nostalgique.
- Daniel Herrero (né en 1948) : ancien entraîneur du club de rugby de Toulon. Avec son bandana vissé pour l’éternité autour de sa crinière blanche, il est de ces humanistes qu’on invite volontiers sur les plateaux télé pour qu’il y fasse parler son cœur et ses tripes.
- Joseph-Louis Lambot (1814-1887) : toutes les inventions ont un inventeur. Le sieur Lambot, né en 1814 à Montfort-sur-Argens, a inventé lui, par hasard, le béton armé (à l’origine, pour fabriquer des bateaux). Quand on voit ce que certains en ont fait sur la côte, faut-il lui dire merci ?
- Henri Matisse (1869-1954) : il s’installe à Nice en 1917, et alterne les séjours entre Nice et Vence. Il rencontre périodiquement Picasso qui admirait le maître du fauvisme. Le musée Matisse a su lui dédié sa place à Nice.
- Félix Mayol (1872-1941) : quelques générations ont fredonné les refrains des chansonnettes (Viens Poupoule, la Cabane Bambou…) de ce dandy toulonnais (toujours un petit brin de muguet glissé dans la boutonnière).
- Hippolyte Mège-Mouriès (1817-1880) : ce pharmacien de Draguignan qui avait déjà proposé - sans succès - une baguette sans farine invente en 1869 la margarine (connue à l’époque sous le nom de copahine). Il n’aura pas l’argent du beurre : ayant abandonné à d’autres la commercialisation de son produit, le génial Hippolyte est mort dans la misère…
- Michel Petrucianni (1962-1999) : incroyable pianiste de jazz, né à Toulon. Le drôle de petit bonhomme aux doigts magiques doit faire un sacré bœuf, là haut, avec Miles, Monk ou Coltrane…
- Picasso (1881-1973) : né à Málaga, il découvre la Côte en 1919 à Saint-Raphaël et séjournera dans diverses résidences, à Vallauris, Cannes, Antibes et Mougins où il s’éteindra. Le musée Picasso d’Antibes abrite quelques-unes de ses œuvres les plus importantes.
- Lily Pons (1898-1976) : star du music-hall et d’Hollywood dans les années 1930, Mademoiselle Lily (alias « la Française à la bouche d’or ») était née à Draguignan (et non à Cannes comme elle le prétendit toute sa vie, par coquetterie).
- Raimu (1883-1946) : né à Toulon. Monstre-sacré du cinéma français immortalisé par la trilogie Marius, Fanny et César de Pagnol. Il fut jugé « meilleur acteur du monde » par Orson Welles, autre monstre sacré.
- Django Reinhardt (1910-1953) : le mythique guitariste manouche a vécu avec sa famille dans le quartier toulonnais des Ferrailleurs, aujourd’hui disparu.
- Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) : la vie de l’écrivain-aviateur est liée à cette côte. Enfant, il passait ses vacances au château de la Mole dans le massif des Maures (il l’évoque dans Le Petit Prince). Adulte, il séjournera souvent au château d’Agay où il épousera Consuelo Suncin. Il s’installera quelque temps à Cabris et disparaîtra en vol au large de Marseille.
- Emmanuel Joseph Sieyès (1748-1836) : né à Fréjus. Un des pivots de la Révolution française. Auteur de Qu’est-ce que le Tiers-État ?, rédacteur du serment du Jeu de Paume.
- Et les autres… : ils sont tellement a avoir apprécié la Côte d’Azur qu’on ne peut les citer tous, de Cocteau à Fernand Léger en passant par Signac, Bonnard ou Coluche.

Le carnaval de Nice

Il trouve son origine vers le XIIIe siècle, sous la forme d'une fête païenne dont l'Église tenta de canaliser les débordements - en vain. Tout au plus put-elle interdire à ses bons abbés de danser ou de se déguiser.
En 1539, les syndics de la ville de Nice nommèrent des « abbés des fous » chargés d'organiser et de réglementer les fêtes du carnaval. Ils mirent en place quatre bals de carnaval, sur quatre places bien définies, correspondant aux quatre classes sociales : noblesse, marchands, artisans-ouvriers et pêcheurs. Pour aller d'un bal à l'autre, il fallait être déguisé convenablement.
Au XVIIIe siècle, en raison de l'étroitesse de la vieille ville et de l'accroissement de la population, la rue fut délaissée au profit des salons privés pour un carnaval dans l'esprit de celui de Venise.
C’est sous le Second Empire que les premières batailles de confettis et de toutes sortes de projectiles (fleurs, cigares...) eurent lieu dans une ville agrandie. Le comité des fêtes, créé en 1873, organisa quant à lui le premier défilé de chars, accompagné de mascarades et cavalcades.
Depuis, Sa Majesté Carnaval trône chaque année (la 2e quinzaine de février) sur la place Masséna. Le soir du Mardi gras, on la brûle sur le quai des États-Unis. Le Carnaval de Nice est le plus grand de France, et l’un des plus célèbres du monde avec ceux de Venise et de Rio de Janeiro.

- Renseignements et réservations : 5, promenade des Anglais. Tél. : 04-92-14-48-00. Internet : www.nicecarnaval.com.





 



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