La Cité internationale universitaire, une tour de Babel à Paris

La Cité internationale universitaire, une tour de Babel à Paris
Anne-Marie Minvielle

Faire le tour du monde à deux pas du périph’ ? C’est possible à la Cité universitaire de Paris, qui accueille 12 000 étudiants du monde entier. Ses 40 pavillons reflètent les styles architecturaux d’autant de pays différents, son parc invite à la promenade et sa programmation (multi)culturelle a de quoi dépayser. La CIUP, c’est Babel à Paris !

Petit portrait de la Cité

Pourquoi partir au bout du monde ? Le dépaysement se trouve à portée de RER ou de tram, entre parc Montsouris et périphérique (14e arr.).

 Lieu unique en son genre, la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) invite à la découverte de trésors artistiques cosmopolites sur les façades ou au fond des couloirs de ses 40 maisons, à des parcours dans son parc écologique ou à des animations culturelles de tous pays.

Fondée au lendemain de la Première Guerre mondiale, elle abrite quelque 12 000 résidents étudiants et chercheurs de 140 nationalités au milieu des fresques de Foujita et de Le Corbusier. Les écrivains Tahar Ben Jelloun et Patrick Modiano, mais aussi Léopold Sédar Senghor, Hissène Habré ou Habib Bourguiba y ont vécu…

La CIUP, ouverte à tous, se visite librement tous les jours de 7 h à 22 h. Des tours guidés font également découvrir les trésors de ce lieu pas comme les autres.

Etudiants de tous pays...

« Vivre la diversité pour faire grandir le monde », quel beau programme !

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la France est exsangue. Sous l’impulsion du ministre de l’Instruction publique, de grands mécènes tels les industriels E. Deutsch de la Meurthe, J.D. Rockfeller et le banquier D. David-Weill se réunissent pour concrétiser un projet humaniste « afin de promouvoir les jeunes talents du monde entier ».

La cité universitaire voit alors ses premiers bâtiments édifiés sur les anciennes fortifications de Paris. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 19 maisons, témoins de l’architecture de leur époque et de leur nation, sont financées par des mécènes et des gouvernements étrangers.

Aucun lieu officiel de culte ne sera bâti, pour des raisons de laïcité et de neutralité. De 1948 à 1969, 18 nouvelles maisons ouvriront leurs portes.

Aujourd’hui, la CIUP se porte plutôt bien. Une dizaine de pavillons sont en projet sur son espace, à commencer par celui de la région Île-de-France. Elle fonctionne avec plus de 75 % de financements et de donations privés.    

Les trésors de la Cité

Poussez la porte ou suivez le guide, les coups de cœur culturels sont nombreux.

. Fondation Deutsch de la Meurthe, 1925, par L. Bechmann. Boiseries et mobilier, tableau de M. Guy-Loë.

. Fondation Biermans-Lapôtre, 1927, par A. Guéritte. Bas-relief de Gaumont, lustre, fresques des villes belges.

. Maison du Japon, 1929, par P. Sardou. Fresques de Foujita (2 €).

. Fondation Marie Nubar, 1930, par L. Nafilyan. Motifs religieux des monastères arméniens.

. Fondation hellénique, 1932, par N. Zahos, en forme de temple grec.

. Maison des Provinces de France, 1933, par A. Guéritte. Mobilier de J.-E. Ruhlmann.

. Fondation Rosa Abreu de Grancher, 1933, par A. Laprade. Inspirée de la cathédrale de la Havane, boiseries en acajou de Cuba.

. Fondation Suisse, 1933, par Le Corbusier et P. Jeanneret. Fresque et chambre-témoin de Le Corbusier (2 €).

. Maison Internationale, 1936, par L. Bechmann, inspirée du château de Fontainebleau. Salles, théâtre, bibliothèque, piscine.

. Fondation de Monaco, 1937, par J. Médecin. Tableaux et Art déco.

. Résidence Lucien Paye, 195O, par A. Laprade. Tapisserie de R. Bezombes, matériaux africains.

. Maison du Maroc, 1953, par A. Laprade et coll. Salon et patio.

. Maison du Mexique, 1953, par J. et R. Medellin. Calendrier aztèque.

. Maison des Industries agricoles et alimentaires, 1956, par F. Thieulin et X. de Vigan. Fresque de H. Cacqueray et C. Moulin.

. Maison du Cambodge, 1957, par A. Audoul. Dieu-singe Anuman et façade.

. Maison du Brésil, 1959, par Le Corbusier et L. Costa. Hall et théâtre (2 €).

. Fondation Avicenne, 1969, par C. Parent et H. Ghiai. Espace culturel L’Oblique.

Un lieu ouvert à tous

Résident ou non, chacun peut bénéficier de l’offre culturelle qui anime les maisons de la CIUP.

Dans la maison Internationale, la CIUP a ouvert ses services à la collectivité : un important théâtre de trois salles, une grande bibliothèque avec un centre d’apprentissage des langues pour tous, des infrastructures sportives (tennis, stades, gymnase, piscine couverte), le « restaurant le moins cher de Paris », une cafétéria donnant sur le parc, et même un bureau de poste.

Ce véritable vivier de cultures enrichit le millier d’animations proposées dans l’année. Les salles du théâtre reçoivent 30 000 spectateurs par an. Chaque maison comporte également une salle des fêtes pour ses propres animations.

Un programme à suivre sur le site internet de la CIUP. Une belle occasion pour écouter de la musique japonaise, découvrir des peintres allemands ou le ciné-club suisse.

Un parc écolo

Quinze jardiniers entretiennent le parc de la CIUP, ombragé par des arbres bientôt centenaires.

Aménagé vers 1930 par J.-C. Forestier et L. Azéma, il se veut un « lieu d’hygiène de vie et de sociabilité muticulturelle » et est ouvert aux joggeurs, pique-niqueurs et amateurs d’art.

Chaque maison a typé son jardin, telle la fondation Deutsch de la Meurthe et son jardin paysager 1930 ou la maison du Japon et ses arbres taillés en nuages.

Dans ce jardin du monde, on reconnaît un aulne du Népal, un platane d’Orient, un pterocarya du Caucase et des érables de Cappadoce.

Les ruches, derrière une prairie fleurie près de la maison Internationale, ont même fourni 150 kg de miel en 2014…

Visiter la Cité

L’accueil se fait à l’académique maison Internationale où un plan salvateur permet de s’orienter dans cette immense cité-jardin de 34 hectares.

Traversant le parc, faites connaissance avec ce « monde à part » à l’espace culturel de l’Oblique, fondation Avicenne.

Si le parc, la maison Internationale et le hall d’entrée de quelques maisons restent ouverts au public, un gardien surveille l’accès aux bâtiments suivant des horaires précis. Des visites sont organisées le dimanche.

Toujours en accord avec l’idée originelle du brassage des cultures, chaque bâtiment se doit d’accepter 30 à 50 % de résidents extérieurs à son pays.

Ne vous étonnez donc pas de croiser ainsi d’autres nationalités dans les maisons… Une façon efficace de se faire des amitiés à travers le monde, avec plus de 140 nations représentées.

 

Fiche pratique

Consultez notre guide en ligne Paris

CIUP (Cité internationale universitaire de Paris) : 17, bd Jourdan, 75014 Paris

Tél. : 01 44 16 64 00

www.ciup.fr

. Accès : RER B, tramway T3, métro Porte d’Orléans, station vélib’

. Accueil : Maison internationale (mille animations annuelles : www.ciup.fr/citescope).

. Théâtre : www.theatredelacite.com   

. Cafétéria sur le parc et restaurant universitaire « le moins cher de Paris », ouvert à tous : 6 € prix public (11 h 45-14 h 15 et 18 h 15-21 h). Buffets aux maisons d’Espagne et d’Allemagne.

. Parc ouvert au public. Pique-nique et jeux de ballons autorisés.

. Exposition permanente L’Oblique, fondation Avicenne. Tél. : 01 76 21 26 96/01 40 78 50 06 (visites guidées à thème tous les dimanches de l’année, avec accès aux lieux les plus secrets, librairie).

. Espace langues pour tous : l’après-midi, 16 langues de l’indi au chinois : www.ciup.fr/bibliotheque

. Location de salles pour séminaires, forums, tournages, service du mécénat : mecenat@ciup.fr.

À lire :

. La Cité internationale universitaire de Paris, arhitectures paysagées, éd. L’œil d’or, 2010

. La Cité internationale universitaire de Paris, parcours du Patrimoine, éd. Région IDF, 2013

Texte : Anne-Marie Minvielle

Mise en ligne :

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