Vallée de la Dordogne, l’enchantement entre Corrèze et Lot

Vallée de la Dordogne, l’enchantement entre Corrèze et Lot
La Dordogne vue d'une cabane perchée « Hêtre sous le charme » © Aurélie Michel

Bien plus qu’un département, la Dordogne est avant tout une majestueuse rivière : la seule, en France, dont l’intégralité du bassin a été classé « Réserve mondiale de Biosphère » par l’Unesco en 2012. Ses 24 000 km2 en font même la plus grande du pays. Son milieu naturel préservé et la grande diversité de sa faune et de sa flore lui valent également une labellisation Natura 2000.

Sur son parcours – pas moins de 483 km – la Dordogne traverse trois régions et six départements, de sa source au Puy de Sancy jusqu’à l’estuaire de la Gironde, qu’elle a en commun avec la Garonne. Certains estiment d’ailleurs que la Dordogne est un fleuve. Tout du long, tant à découvrir ! Les paysages changent d’un département à l’autre. Pour ne pas dire, d’un virage à l’autre…

Aujourd’hui, cap sur une magnifique portion de la vallée de la Dordogne, entre Corrèze et Lot. D’amont en aval, d’Argentat-sur-Dordogne à Martel, mille et une surprises nous attendent : des plages d’herbe discrètes, le célèbre gouffre de Padirac, cinq « Plus Beaux Villages de France » ou encore une locomotive à vapeur à flanc de falaise… un patrimoine naturel, historique et culturel unique !

Cabane perchée et balade en gabare du côté d’Argentat-sur-Dordogne

Cabane perchée et balade en gabare du côté d’Argentat-sur-Dordogne
Château de Gibanel © Aurélie Michel

La partie corrézienne de Bort-les-Orgues à Beaulieu-sur-Dordogne correspond à la Haute vallée de la Dordogne. Gorges encaissées, lacs de retenue, barrages… elle recèle des paysages époustouflants.

De petites routes sinueuses viennent se glisser dans le décor, longeant de près la rivière aux reflets parfaits. À la confluence du Doustre et de la Dordogne, l’adorable château médiéval de Gibanel semble tout droit sorti d’un conte de fées. À ses pieds, une vaste étendue de pelouse, une piscine, des tentes… on croit rêver, mais non : il s’agit bien d’un camping ! Sûrement l’un des plus beaux de France. Il vaut le coup d’arriver en fin d’après-midi, les lumières rases décuplant la magie, et de s’installer dans les parages.

Pour appréhender la Dordogne de plus haut, rendez-vous au village de Saint-Martial-Entraygues. Peu après l’église, un sentier mène jusqu’à un fabuleux point de vue. Dans cette même forêt se trouvent les cabanes perchées du « Hêtre sous le charme ». Plus qu’un hébergement insolite, c’est là une véritable invitation au voyage : elles offrent une vue à 180 degrés sur la Dordogne, s’entortillant au milieu de la végétation. L’endroit parfait pour poser ses valises et se réveiller au rythme de la rivière.

A bord d'une gabare © Aurélie Michel

Plus on l’observe de haut, plus on a envie de la côtoyer de tout près. Dès le lendemain matin, une balade sur l’eau sonne comme une évidence. En canoë… ou à bord d’une gabare ! Ces larges barques à fond plat servaient, au 19e s, à transporter du bois jusqu’à Bordeaux, pour fabriquer les tonneaux ! Au retour, elles remontaient chargées de sel et de denrées coloniales.

On embarque ! Des balades théâtralisées avec conteur ou conteuse nous replongent dans l’âge d’or de la batellerie. Les gabariers devaient alors affronter une Dordogne déchaînée.

En effet, à l’époque, point de barrages – il en existe désormais cinq, construits à partir des années 1930 : Marèges, Bort-les-Orgues, barrage de l’Aigle, Chastang, Sablier. Ils craignaient également l’effrayant Coulobre, équivalent, dans la Dordogne, du monstre du Loch Ness écossais. Une tête de dragon et un corps de serpent – c’est d’ailleurs la signification de son nom, en occitan.

À voir aussi, dans les environs…

- Le barrage du Chastang (1947). On peut l’apercevoir depuis un point de vue dans la forêt. Il est également ouvert à la visite, pour comprendre le fonctionnement de l’hydroélectricité.

- Argentat-sur-Dordogne. C’était la capitale des gabariers de la Dordogne ; elle abritait un grand port de commerce. Pour tout savoir sur l’épopée des gabariers, rendez-vous à la Maison du Patrimoine. D’agréables balades à faire, le long des quais pavés, à la découverte des maisons de pêcheurs aux toits de lauzes. Également de superbes demeures rue Saint-Claire.

Les Tours de Merle, vigies de la vallée

Les Tours de Merle, vigies de la vallée
Tours de Merle © Aurélie Michel

En surplomb de la Maronne, affluent de la Dordogne, se dresse un éperon rocheux haut de 40 m. Un endroit stratégique, où sont venues se percher d’incroyables tours moyenâgeuses : les Tours de Merle, classées Monument Historique depuis 1927. Encerclé par la végétation, ce castrum de sept tours construites entre le 12e et le 15e semble surgir d’une histoire de chevaliers. Au Moyen Âge, il s’agissait là d’un important lieu de coseigneurie. En quelque sorte, une coloc’ des temps anciens !

La route qui nous y mène serpente dans la forêt dense de Xaintrie. C’est le nom donné à une microrégion historique, s’étendant entre les monts du Cantal et la vallée de la Dordogne. Au Moyen Âge, celle-ci suscitait la convoitise de grandes vicomtés alentour, Turenne notamment. La Xaintrie – et donc, les tours de Merle – leur a cependant échappé : aucun pouvoir extérieur ne la contrôlait !

Différentes familles seigneuriales se sont ici côtoyées (jusqu’à 6 familles), tantôt succédées, au fil des siècles : les Merle (la toute première arrivée), les Veyrac, les Saint-Bauzille, les Rochedragon… Pour découvrir leurs différents logis, il faut aimer crapahuter ! On arpente, pour se faire, les étroites et irrégulières marches de la rue publique « del ferrador », qui les dessert. Malgré les effets du temps, on distingue encore les éléments de confort des logis : des cheminées, des placards muraux, des fenêtres à coussièges. Sans oublier les latrines : eh oui, les toilettes faisaient à l’époque partie des éléments de confort !

Tours de Merle © Aurélie Michel

Au sommet des tours – elles se méritent, marche après marche – ou de la chapelle Saint-Léger (12e), la vue sur la forêt est imprenable. À l’époque, elle avait laissé place aux cultures. Haut perchés, les seigneurs pouvaient aisément surveiller les paysans ! Au 14e siècle, en bas des tours et aux alentours, on estime qu’il y avait entre 30 et 50 maisons, occupées par des éleveurs, des cultivateurs, des maçons, des tisserands, des maréchaux-ferrants ou encore des cordonniers.

Depuis, la nature a repris ses droits. Afin de préserver ce caractère sauvage, cette osmose entre nature et bâti, les différentes restaurations des tours ont été effectuées avec parcimonie. Et c’est ce qui rend le site si beau ! Il se trouve à la fois en zone Natura 2000 et en zone naturelle d’intérêt écologique, floristique, faunistique. Sur les branches des arbres, les hêtres notamment, on aperçoit quantité de lichens, témoins d’une excellente qualité de l’air. Le « Risacolia Virens », notamment, rare en France.

À voir aussi, dans les environs…

Le Jardin Botanique contemporain Sothys, dans le joli village authentique d’Auriac (à une vingtaine de kilomètres). Classé Jardin Remarquable, le jardin du célèbre groupe Sothys s’articule autour de différentes escapades sensorielles, inspirées du monde de la cosmétique (égyptienne, blanche, velours, roses…). Également une boutique de produits locaux et un restaurant.

De Beaulieu-sur-Dordogne à Collonges-la-Rouge

De Beaulieu-sur-Dordogne à Collonges-la-Rouge
Vue sur la chapelle des Pénitents © Aurélie Michel

On retrouve à présent les rives de la Dordogne, à Beaulieu-sur-Dordogne, une adorable cité médiévale les pieds dans l’eau construite autour de la splendide abbatiale Saint-Pierre (12e s). Un chef-d’œuvre de l’art roman !

L’idéal est de la découvrir à pied depuis l’autre rive, en se garant à la base de loisirs les Aubarèdes. À l’ombre des arbres, la balade s’avère fort agréable. On aperçoit, de l’autre côté, la jolie chapelle des Pénitents, les quais fleuris et les jolies maisons qui se reflètent dans la Dordogne. Un très joli ensemble, ponctué de bananiers et de palmiers : Beaulieu-sur-Dordogne jouit en effet d’un climat privilégié, qui lui vaut d’ailleurs le surnom de « Riviera Limousine » ! Après 5 minutes de marche, un pont enjambant la Dordogne nous permet de rejoindre la cité et ses jolies ruelles.

Curemonte © Aurélie Michel

On reprend la route, direction Curemonte. Ce village perché de 200 habitants a la particularité d’abriter trois châteaux, trois églises romanes (dont celle de la Combe, du 11e siècle, la plus ancienne du département), trois fontaines et trois calvaires.

L’écrivaine Colette s’y était réfugiée avec sa fille pendant la Seconde Guerre mondiale. Son mari Henry de Jouvenel avait acheté le château de Plas (aux tours rondes) et de Saint-Hilaire (aux tours carrées). Le village fait partie des « plus beaux villages de France ».

Collonges-la-Rouge © Aurélie Michel

À propos, c’est à une vingtaine de kilomètres de là que se trouve le tout premier village ainsi labellisé : Collonges-la-Rouge, alias le « rubis de la vallée de la Dordogne ». Il ne porte pas son nom au hasard : littéralement rouge, il contraste avec la campagne verdoyante. Les maisons, aux jolis toits de lauze et d’ardoises, doivent leur jolie couleur rouge au grès rouge riche en oxyde de fer, avec lequel elles ont été construites et qui provient de la colline voisine.

La noblesse locale, qui appréciait Collonges au Moyen Âge, a laissé multitude de belles demeures : leurs résidences d’hiver. Et tant de tours ! Parmi les bâtiments emblématiques, le Castel de Vassinhac, ancienne résidence des Gouverneurs de la Vicomté de Turenne. C’est l’un des seuls édifices ouverts à la visite, aux côtés de la jolie Maison de la Sirène. Il faut bien sûr jeter un œil à l’église romane (11e-15e) et notamment à son superbe tympan, épargné par les Guerres de Religion.

À voir aussi, dans les environs…

- Dégustation de vin paillé à Queyssac-les-Vignes (à 9 km de Curemonte) chez Jean-Louis Roche. Ils sont une quinzaine de producteurs, répartis sur le secteur Beaulieu/Meyssac, à produire du vin paillé de la Corrèze AOC. Ce vin d’apéritif, sucré, est fabriqué à partir de raisins cueillis au mois de septembre, puis mis à sécher – à l’origine, sur de la paille. Ainsi, 80 % de l’eau s’évapore et ne reste alors qu’un jus très chargé en sucre et en arômes. Un délice à l’apéritif, avec un foie gras ou un dessert ! Il en existe du blanc et du rouge.

- Turenne (à 10 km de Collonges-la-Rouge). Une merveille que ce village aux toits d’ardoise, surmonté d’un château ! C’était le fief de l’importante Vicomté de Turenne, autrefois indépendante du royaume. Un véritable état dans l’état : jusqu’au 18e s, elle battait sa monnaie, levait ses propres troupes… À voir : les remparts, le donjon, et la Tour César, qui offre une vue incroyable sur les environs et les magnifiques jardins à la française. On reste également bouche bée devant les hôtels particuliers des 16e et 17e siècles.

Carennac, Loubressac et Autoire : des villages de charme

Carennac, Loubressac et Autoire : des villages de charme
Carennac © Aurélie Michel

On continue sur notre lancée des « plus beaux villages » de la vallée de la Dordogne, mais à présent côté Lot. Carennac, Loubressac et Autoire se trouvent à quelques kilomètres les uns des autres.

Édifié sur une terrasse rocheuse dominant la rive gauche de la Dordogne, Carennac s’articule autour d’un prieuré bénédictin, construit en 1047 et dépendance de la très puissante abbaye de Cluny. Un premier pas à l’intérieur de la clôture du monastère et on s’émerveille déjà. Le porche de l’église Saint-Pierre (11e s), avec son grand son tympan sculpté, saute aux yeux. Autre temps fort : la visite du cloître.

Enfin, il ne faut pas manquer une visite du château des Doyens, (16e siècle), beauté de la Renaissance. La salle d’apparat, dont les fenêtres donnent sur la Dordogne, dévoile un somptueux plafond peint. Les lieux abritent également une intéressante exposition permanente : des photographies aériennes, superbes, mettent en lumière la richesse du patrimoine du Pays d’art et d’histoire Causses et vallée de la Dordogne. Les bords de la Dordogne, en contrebas, s’avèrent idéaux pour se balader ou pique-niquer.

Cascade d'Autoire © Aurélie Michel

Cap à présent sur le village médiéval de Loubressac. Haut perché sur son promontoire, il domine la vallée de la Dordogne et de la Bave. Juste avant la porte fortifiée (13e s), s’offre à nous un magnifique panorama. Au loin, on distingue nettement le château de Castelnau. Le village réserve une jolie balade : on fait notamment halte face à la Maison de l’Intendant (16e), pour admirer ses fenêtres à croisées de meneaux et à l’entrée du château du 14e siècle (privé).

Niché au cœur d’un cirque, Autoire porte le surnom de « Petit Versailles ». Et pour cause : il collectionne les beaux manoirs (Limargue, Colomb, Laroque-Delprat) et autres élégants châteaux (Peyrusse de Banze, Busqueille). La place de la fontaine, centrale, arbore une jolie fontaine ornée de dauphins et des maisons du 19e s. Un peu plus loin, on distingue l’église Saint-Pierre (11e s).  

Autoire n’est pas seulement connu pour ses vieilles pierres, mais aussi pour son impressionnante cascade : le ruisseau du Toire surgit là, à 30 m de hauteur. On s’y rend à pied, en empruntant un agréable chemin dans les sous-bois.

À voir aussi, dans les environs…

Pour admirer Autoire et la cascade de très haut, rendez-vous au parking situé près de la Ferme de Siran, où se trouve un point de vue. C’est aussi le départ d’une magnifique (et vertigineuse) balade à flanc de falaise menant au château des Anglais, taillé au 13e siècle dans la roche (environ 800 m aller, soit un quart d’heure de marche). Ce fut une cachette pour les troupes anglaises et un repaire de brigands. Il offre une vue magnifique sur Autoire, en contrebas. Inoubliable !

Plongée dans le gouffre de Padirac

Plongée dans le gouffre de Padirac
Gouffre de Padirac © C.Gerigk - SES de Padirac

C’est l’histoire d’une gigantesque cavité naturelle circulaire de 33 m de diamètre et de 75 m de profondeur, explorée en 1889. Et pas par n’importe qui : le père fondateur de la spéléologie moderne, Édouard-Alfred Martel ! 9 ans plus tard, le site était aménagé et ouvert au public.

Situé dans le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, le gouffre de Padirac est le premier site souterrain de France. La visite commence par la descente du gouffre via un grand escalier de 207 marches. Une fois en bas, la tête se lève par réflexe, attirée par le large cercle de lumière jaillissant de la surface. Impressionnant !

Et l’aventure ne fait que commencer… Quelques marches encore et nous voilà partis dans les galeries souterraines, à 103 m de profondeur, où se trouve une source, puis sa galerie. Puis on marche jusqu’à atteindre un embarcadère. Oui, vous avez bien lu : le voyage souterrain se poursuit à bord d’une barque, menée par un batelier-guide ! C’est l’un des moments les plus magiques de la visite : dans le plus grand des calmes, au fil de l’étroite rivière plane d’un vert émeraude, la barque file de salle en salle. Dire qu’il y a plus de 130 ans, Édouard Fred Martel le faisait à la bougie… Désormais, 600 ampoules éclairent les lieux.

Ces 500 m de navigation sont propices à la contemplation. Le niveau d’eau varie de 50 cm à 6 m. La température, elle, est constante, la profondeur isolant complètement : l’eau est à 12, l’air à 13. Pas de poisson, mais tout de même de la vie : petites crevettes translucides, mini-escargots endémiques et plusieurs espèces de chauves-souris, notamment…

La Grande Pendeloque © D. Butaeye / SES de Padirac

Tout autour de nous, les galeries de roche, formées, sculptées et polies par l’érosion pendant des millénaires, dévoilent d’incroyables décors. Les infiltrations d’eau ont donné naissance à toutes sortes de formes oniriques. Puis on traverse le Lac de la pluie, où il pleut toute l’année. Quelques gouttes sur la tête viennent nous rappeler qu’on ne rêve pas. Surgit ensuite une impressionnante stalactite de 60 m : la Grande Pendeloque. Encore aujourd’hui, elle continue de grandir.

La barque s’arrête au second embarcadère, mais l’exploration est loin d’être terminée. Elle se poursuit à pied, jusqu’à la salle du Grand Dôme, une véritable cathédrale souterraine de 94 m de hauteur ! Elle abrite l’une des stalagmites les plus emblématiques du site : la « Pile d’assiettes » (les gourmands imagineront plutôt une pile de pancakes…). Elle s’est formée par la chute de gouttes d’eau tombées de très haut et venues s’écraser sur la roche, répendant  alors le calcaire sur plusieurs centimètres. Cette merveille karstique a mis des siècles à se former. Du début à la fin, la visite du gouffre de Padirac est une merveille, qu’on n’oubliera pas de sitôt !

Et ce n’est là qu’un aperçu des galeries, en réalité longues de 42 km ! Seuls quelques professionnels sont autorisés à explorer ce labyrinthe aquatique dans son intégralité.

À voir aussi, dans les environs…

Les trois résurgences de Padirac : Saint-Georges (Montvalent), La Finou, Lombard. La rivière souterraine ressort à la surface à ces trois endroits, féériques quand l’eau prend des couleurs lagon. Il n’est pas rare de croiser des plongeurs, la plongée souterraine étant ici réputée !

Rocamadour, la cité sacrée

Rocamadour, la cité sacrée
Rocamadour © Aurélie Michel

Impossible de parcourir la région sans faire un détour par la célèbre cité religieuse de Rocamadour. Point de Dordogne ici, mais l’un de ses affluents, l’Alzou. À 120 m en surplomb de son canyon, Rocamadour semble jouer les équilibristes.

En bas, les maisons. Au milieu, églises et chapelles. Et tout en haut, un château défensif. Le tout agrippé en terrasses, le long du rocher. Ceci explique, d’ailleurs, la première partie de son nom : « roc ». Et « Amadour », alors ? C’était le nom d’un ermite venu s’installer ici au Moyen Âge. L’atmosphère se prêtait bien, selon lui, à la prière. On ne peut que lui donner raison : croyant ou non, on se sent bien, à Rocamadour. Il règne une ambiance particulière, mystique, propice au recueillement.

Rocamadour fait partie du réseau des villes-sanctuaires de France. C’était l’un des pèlerinages les plus importants de l’Occident chrétien au Moyen Âge, en parallèle au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. D’ailleurs, Rocamadour était à la croisée de trois variantes des chemins de Saint-Jacques : les voies de Rocamadour, Via Arverna et du Puy-en-Velay. Connu à l’international, certains pèlerins venaient même de Russie !

On arrivait (et encore aujourd’hui) plein d’espoir : pour se faire pardonner ses péchés, enfin tomber enceinte, guérir d’une maladie, ou encore, pour survivre en mer en tant que marin… On vient prier pour un miracle. Et des miracles, il y en a eu ! Le plus grand de tous : le corps d’Amadour, retrouvé sous terre non décomposé au 12e siècle ! Un « Livre des miracles » (120 en tout) sera écrit et diffusé partout en France au 12e s, afin d’inciter les pèlerins à venir.

Rocamadour © Aurélie Michel

Le site évoluera et prospérera… jusqu’aux Guerres de Religion des 15e et 16e s qui furent fatales à Rocamadour. La cité d’aujourd’hui a été reconstruite au 19e siècle à partir des ruines, d’où parfois le mélange des styles sur un même édifice. Il subsiste aujourd’hui une activité religieuse, avec une dizaine de moines.

Rocamadour se mérite. Après avoir passé la Porte du Figuier et arpenté l’unique rue de la Couronnerie, reste à gravir les 216 marches du Grand Escalier. On atteint alors l’esplanade du sanctuaire, où la basilique Saint-Sauveur et sept chapelles nous attendent : Saint-Amadour, Sainte-Anne (tomber enceinte, se mettre en paix avec entourage par exemple), Saint-Blaise (guérir de maladies), Saint-Jean-Baptiste, Saint-Michel, Saint-Louis et Notre-Dame-de-Rocamadour. Cette dernière abrite la fameuse Vierge Noire en bois. Tout en sobriété, une merveille du 12e siècle.

À voir aussi, dans les environs…

- Les résurgences de Saint-Sauveur et de Cabouy. À chaque gouffre ses résurgences d’eau souterraine… Dans le secteur de Rocamadour, on se rend à celles de Saint-Sauveur et de Cabouy. Des merveilles, quand elles arborent leur couleur turquoise ! Il est encore plus magique de s’y rendre à travers la campagne, à pied, à vélo ou, plus insolite encore : en trottinette électrique tout terrain, en s’adressant à TrotXtrem. On se prend très vite au jeu !

- Chèvrerie-fromagerie La Borie d’Imbert (à 3 km de Rocamadour, sur la D247 en direction de Sarlat). Ouverte à la visite (gratuit) tous les jours de l’année, elle nous dévoile les secrets de fabrication du célèbre chèvre AOP de Rocamadour. Bon à savoir : moulage de 10 h à 12 h (on y assiste à travers des baies vitrées) et traite des chèvres de 17 h à 18 h 30. Tout est fait sur place : élevage transformation (Rocamadour AOP, mais également d’autres fromages de chèvre, viande fraîche, charcuteries, plats cuisinés…) et vente directe à la boutique. On déjeune volontiers sur place, à l’ombre des noyers, en concoctant son pique-nique à la boutique.

Martel : cité médiévale et train de la truffe

Martel : cité médiévale et train de la truffe
Palais de la Raymondie © Aurélie Michel

Élégante cité médiévale, Martel a été bâtie sur le causse – plateau calcaire – du même nom. À la croisée d’un axe antique nord-sud et d’un axe ouest-est, elle occupait une situation privilégiée et constituait aussi une étape importante sur la route de pèlerinage vers Rocamadour.

La beauté des édifices laisse deviner le riche passé marchand de Martel, comme le Palais de la Raymondie (on y trouve désormais la mairie) ou la Maison dite Fabri (d’origine médiévale et remaniée à la Renaissance) et tant d’autres… Une multitude de tours, également – on surnomme  Martel « Ville aux sept tours » – à l’image de l’élégante Tour Tournemire dite Tour Carrée, intégrée à l’enceinte au 12e  siècle. Tour de guet et de défense, elle a aussi servi de prison seigneuriale, royale, puis municipale.

Au centre de Martel, une magnifique halle vient rappeler son caractère marchand. Sa charpente, édifiée en 1800, est un vrai chef-d’œuvre. En janvier, elle accueille un marché aux truffes primé (et le reste de l’année, le marché, les mercredi et samedi matin).

Le Truffadou © Aurélie Michel

Au 19e s, les truffes transitaient ailleurs en France grâce au « Truffadou », nom donné au train à vapeur de Martel. Il les transportait à flanc de falaise, à travers d’incroyables tunnels surplombant la vallée de la Dordogne. Et il est toujours en service ! La ligne, inexploitée depuis 1980, a pu renaître dans les années 90, grâce à un groupe de passionnés bénévoles.

À bord de la locomotive à vapeur, on se laisse bercer, pendant une heure, au fil de l’ancienne ligne Bordeaux-Aurillac. Construite entre 1880 et 1884 dans la falaise de Mirandol, elle a été mise en service en 1889. Bien plus qu’un simple tour de train, c’est un véritable bond dans le passé… et dans les paysages de la vallée de la Dordogne.

À la sortie du tunnel de Mirandol, surprise ! On domine la rivière à 80 m de hauteur, à flanc de falaise, avec une vue qui s’étend du cirque de Floirac jusqu’aux contreforts du Massif central. Le voyage se poursuit jusqu’à Saint-Denis-les-Martel, puis la locomotive fait demi-tour. Il émerveille de bout en bout et laisse un souvenir impérissable.

À voir aussi, dans les environs…

Le Belvédère de Copeyre, à 5 km de Martel. Il offre un point de vue magnifique sur la Dordogne au pied des falaises et sur la petite ville de Gluges.

- À 2 km du belvédère, on trouve la plage de Gluges, l’une des plus jolies du coin, d’herbe et de galets (surveillée). Pique-nique et baignade face aux impressionnantes falaises, sous laquelle passe une mini-route (qui, au passage, vaut également le détour : elle sillonne la falaise et surplombe une grande noyeraie !). Également une très chouette guinguette (voir fiche).

 

Fiche pratique

Retrouvez toutes les infos pratiques, les bons plans et les adresses dans le Routard Midi toulousain et le Routard Limousin en librairie. 

Pour préparer votre séjour, consultez nos guides en ligne Limousin et Midi toulousain

Site officiel de la vallée de la Dordogne

Tourisme Corrèze

Tourisme Lot

Comment y aller et se déplacer ?

- En avion : environ 1 h 05 pour un vol Paris-Brive-la-Gaillarde ou Paris-Toulouse Blagnac.

- En train : 4 h 19 depuis Paris, 2 h 20 depuis Bordeaux ou Toulouse.

- En voiture : environ 5 h depuis Paris, 2 h 15 depuis Bordeaux ou Toulouse, 4 h depuis Lyon.

- Sur place, l’idéal est d’avoir une voiture.

Où dormir ?

À Saint-Martial-Entraygues : les cabanes du Hêtre sous le charme. Tél. : 06 31 42 44 39. Perchées dans les arbres, ces cabanes coupées du monde offrent quiétude et point de vue à 180 degrés sur la Dordogne. Les petits déjeuners et dîners, préparés avec de bons produits locaux, sont discrètement livrés dans un panier, au pied de la cabane, comme par magie... À l’intérieur des cabanes, tout le nécessaire : chambre, salle de bain, eau potable et lumière le soir venu. Attention : pas de prises électriques, mais il est cependant possible de laisser ses appareils à charger aux propriétaires, qui habitent juste à côté, au village de Saint-Martial-Entraygues. Tarifs : à partir de 138 €/ nuit la cabane pour 2 personnes, petit déjeuner inclus. Panier repas : 74€/2 personnes.

À Saint-Geniez-ô-Merle : Domaine de Nalou. Tél. : 06 60 14 84 04. Corinne et Alain Boussu nous accueillent avec gentillesse et générosité dans leur petit havre de paix. Une somptueuse maison aux murs en granit et au toit de lauze, dans un jardin idyllique avec piscine chauffée, sans autre vis-à-vis que la campagne, à perte de vue ! Deux chambres d’hôtes (à partir de 75 € la nuitée, petit déjeuner inclus). Également un gîte pour 5 personnes (à partir de 450 € la semaine, sans drap ni linge de maison).

À Collonges-la-Rouge : au gîte d’étape et de randonnée La Mérelle. Tél. : 06 76 82 23 05, contact@lamerelle.fr

Bienvenue chez François Ceyrac, dont la famille est installée à Collonges-la-Rouge depuis 1404 ! Autant dire qu’il en connaît tous les secrets, on ne peut tomber mieux… C’est son père, Charles Ceyrac, qui a été à l’initiative des Plus beaux villages de France, association créée en 1982. Tarifs : nuitée en gîte d'étape (apporter son sac de couchage ou sac à viande) 23 €/personne, avec petit déj. La Mérelle Privatisée (12 places max) : 950 € pour une semaine.

À quelques kilomètres du gouffre de Padirac :

- Chambres d’hôtes La Grange à Padirac, tél. : 05 65 38 13 42. De jolies chambres alliant avec goût tradition et modernité, dans une ancienne grange rénovée. Le tout dans un somptueux cadre naturel de 5 hectares, avec en prime piscine chauffée. Tarifs : à partir de 83 € la nuit pour 2 personnes, petits déjeuners compris.

-      Dômes Au Champ de l’insolite, Le mas davet, 46500 Miers. Tél. : 06 72 43 54 20, auchampdelinsolite@gmail.com Au cœur de la campagne lotoise, ces dômes mi-transparents avec jacuzzi réservent une nuit sereine et à la belle étoile, loin de toute pollution sonore ou lumineuse ! Romantique à souhait. Tarifs : de 190 à 210 €/nuit (petit déjeuner et accès bain nordique privé compris).

À Martel : Chambres d’hôtes La Devinie, rue de l'Église, tél. : 06 61 10 62 97, sylvie.pivaudran@la-devinie.com

À deux pas de la halle, une grande maison familiale pleine de charme, aux trois adorables jardins, dont un à l’italienne. Les premières fondations remontent au 13e s et un remaniement complet a été effectué au 17e s. Elle abrite quatre chambres avec grande salle de bain, toutes singulières, où Sylvie nous accueille avec gentillesse. Elle est également très bonne cuisinière : son petit déjeuner, maison et copieux, est un vrai délice (excellents cakes et gâteaux aux noix maison, entre autres). Les confitures « La Table d'Eugénie », entreprise de son mari, sont, elles aussi, un délice (on peut les acheter à l’accueil). Tarifs : à partir de 90 €/par nuit pour 2 personnes, petit déjeuner et wifi inclus.

Où manger ? Où trouver de bons produits ?

Agneau du Quercy, canard, Rocamadour, fraises de Beaulieu-sur-Dordogne, truffe, noix du Périgord AOP… en toute saison, la vallée de la Dordogne trouve de quoi nous régaler !

À Collonges-la-Rouge : Restaurant Le Cantou, tél. : 05 55 84 25 25, info@lecantou.fr. Au cœur du village, cette maison de famille régale Collonges depuis 1961, soit depuis 3 générations. Pour notre plus grand bonheur, les recettes de la grand-mère sont restées. Le magret de canard grillé et ses pommes de terre fondantes est à tomber. Agréable terrasse sous la treille à la belle saison.

À Curemonte : Boutique Lou Pé Dé Gril à l’entrée du village de Curemonte, tél. : 05 55 25 45 53. Une chouette adresse, idéale pour le goûter et faire quelques emplettes gourmandes. Dans la bonne humeur, on découvre de nombreux produits locaux et notamment à base de pissenlit, spécialité de la boutique. Il se décline en apéritif, sirop et autre gelée à la fleur de pissenlit… La confiture de noix est également un régal.

À Queyssac-les-Vignes : Vin paillé chez Jean-Louis Roche Tél. : 05 55 91 05 21. Il fait partie de la quinzaine de producteurs de vin paillé de la Corrèze AOC. Ce vin d’apéritif, sucré, est fabriqué à partir de raisins cueillis au mois de septembre, puis mis à sécher – à l’origine, sur de la paille. Ainsi, 80 % de l’eau s’évapore et ne reste alors qu’un jus très chargé en sucre et en arômes. Un délice à l’apéritif, avec un foie gras ou un dessert ! Il en existe du blanc et du rouge.

À Martel :

-   Restaurant-boutique Maison Sophie, Place des consuls. Tél. : 05 65 27 87 34, maisonsophiemartel@gmail.com Sur l’agréable place de la halle, on déguste ici une cuisine fine et inventive, concoctée avec de bons produits locaux. Également un coin boutique, avec de beaux objets (céramique, couverts en bois…). Accueil très gentil.

Les Bouriettes et restaurant Au Hasard Balthazar, rue Tournemire, tél. : 05 65 37 42 01, contact@lesbouriettes.fr Cette conserverie installée dans une jolie bâtisse au cœur du Martel médiéval propose depuis 1980 ses délicieux foies gras de canard, magrets séchés et fumés et autres gâteaux aux noix. Également une belle sélection de produits locaux (vins, huiles…) et de paniers. L’endroit idéal pour faire le plein de produits locaux et/ou se concocter un bon petit panier pique-nique !

- Table et Moulin à huile Castagné, Lieu-dit Les Landes, tél. : 09 67 83 40 69, contact@moulincastagne.com

En vallée de la Dordogne, la noix du Périgord AOP est reine et donne naissance à de nombreux produits. Ici, de l’huile, du vin et autres gourmandises artisanales, d’une très grande qualité. Au cœur de la noyeraie familiale, la visite du moulin à huile (en place depuis 1870 !) est gratuite. En saison, fabrication les mardi et jeudi après-midi. À la « Table du Moulin », on déguste de bons petits plats authentiques, cuisinés avec les produits de la ferme familiale.

À Gluges : Guinguette « La Glugette », à l’entrée de la magnifique plage de Gluges, tél. : 06 81 15 62 20. Au menu, des plats simples (magret de canard-frites, pièce d’Aubrac-frites, burgers, salades composées, options végétariennes…), cuisinés avec de bons produits locaux. Simple, bonne franquette et bon marché, le tout dans un cadre de rêve… bref, tout ce qu’on aime ! Plats 12-14 €.

Spécialités de Rocamadour :

-  Le gâteau aux noix « Roc Amadour », de la pâtisserie Rocamadour Gilles Delbeau, dans la zone artisanale de la gare, tél. : 05 65 33 67 90, biscuiterie-rocamadour@orange.fr

- Chèvrerie-fromagerie La Borie d’Imbert (à 3 km de Rocamadour, sur la D247, en direction de Sarlat), tél. : 05 65 33 20 37. Ouverte à la visite (gratuit) tous les jours de l’année, elle nous dévoile les secrets de fabrication du célèbre chèvre AOP de Rocamadour. Bon à savoir : moulage de 10 h à 12 h (on y assiste à travers des baies vitrées) et traite des chèvres de 17 h à 18 h 30. Tout a lieu sur place : élevage, transformation (Rocamadour, mais également d’autres fromages, de la viande, des plats cuisinés…) et vente directe à la boutique. Les pique-niques à l’ombre des érables et des noyers sont très agréables (et surtout, très bons !).

Sites / activités :

-  Balades en gabare : Deux points d’embarquement : Beaulieu-sur-Dordogne et Argentat-sur-Dordogne. Balades entre avril et octobre, à partir de 7,50 € (6 € pour les enfants).

Les Tours de Merle : on peut les explorer seul ou guidé (très intéressant pour bien comprendre les lieux). Le site propose également de nombreuses animations : jeux de piste, spectacles médiévaux avec escrimeurs et cascadeurs... Ouverture : de fin mai à début novembre. Tarifs : adulte 7 €, enfant 4 €, gratuit pour les moins de 6 ans et lors des journées du patrimoine. Jeu d’énigmes gratuit.

Les jardins Sothys : 10, rue Bernard Mas, à Auriac, tél. : 05 55 91 96 89. Avant ou après la visite des jardins, on peut déjeuner sur place, soit en formule pique-nique, soit au restaurant, avec une très belle vue sur le lac. Également une boutique, où trouver les produits du groupe (Sothys Paris, Bernard Cassière, Beauty Garden), ainsi qu’une belle sélection de produits locaux. Tarifs jardins : adulte : 8,50 €, enfant 7 à 12 ans : 6,50 €, gratuit pour les moins de 7 ans. Tarifs restaurant : carte 12-23 €, menu 32 €.

- Pour une visite en toute autonomie des villes et villages de Martel, Rocamadour, Carennac, Autoire et Loubressac, il vaut le coup de se procurer les dépliants « Parcours ». Réalisés par le Pays d’art et d’histoire Causses et vallée de la Dordogne, ils sont très bien faits. À chaque fois, un parcours de la ville est proposé, avec un rappel de l’histoire, des points d’intérêts numérotés, une carte et de jolies photos. Limpide ! 0,80 € pièce, à retrouver dans les offices du tourisme.

Chemin de fer touristique du Haut-Quercy, à Martel. Tél. : 05 65 37 35 81, cfthq@wanadoo.fr Voyage inoubliable à bord d’une locomotive à vapeur, à flanc de falaise. Ouvert d’avril aux vacances de la Toussaint. Durée AR 1 h, balade commentée et deux stops pour admirer la vue sur la vallée de la Dordogne. Tarifs : vapeur : 11 € pour les adultes, 7 € pour les enfants. Diesel : 8,50 € pour les adultes, 5,50 € pour les enfants. Gratuit pour les moins de 4 ans.

-  Balades en trottinettes électriques tout terrain avec TrotXtrem Une fois les appréhensions chassées, quel bonheur ! On se faufile partout, à travers les beaux paysages des environs de Martel, du gouffre de Padirac ou encore de Rocamadour… Une activité insolite, qui offre encore une autre approche de la vallée de la Dordogne.

-  Itinéraire La Dordogne de villages en Barrages, 200 km à travers des paysages grandioses.

Sentiers de randonnées et VTT en Xaintrie

Texte : Aurélie Michel

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