Grèce : le mont Olympe et les grands sites de la Macédoine

Grèce : le mont Olympe et les grands sites de la Macédoine
Mont Olympe et gorges de l'Enipeas © YK - stock.adobe.com

Moins connue que le reste du pays, la Grèce du Nord compte pas mal d’atouts pour séduire le voyageur. Outre sa dynamique capitale Thessalonique, la Macédoine recèle en effet plusieurs sites archéologiques majeurs qui transportent le visiteur à l’époque d’Alexandre le Grand, dont l’exceptionnelle nécropole souterraine de Vergina (Aigai).

Bordée au nord par les sommets des Balkans et la péninsule Chalcidique plantée telle un trident dans la mer Egée au sud, la grande plaine macédonienne vient buter à son extrémité sud-ouest contre un mythe : le mont Olympe. En route pour le domaine des dieux !

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L’Olympe, un sommet mythique

L’Olympe, un sommet mythique
Le Mont Stephani "Trône de Zeus" © SIAATH - stock.adobe.com

Domaine des dieux, siège du trône de Zeus, jardin secret du gotha de la mythologie grecque – Hera, Poséidon, Aphrodite, Apollon, Hermès et les autres… Rares sont les montagnes aussi convoitées et célèbres que le mont Olympe, haut lieu de la mythologie grecque et icône de la culture occidentale.

C’est donc la tête emplie d’histoires et d’images que l’on aborde ce sommet longtemps inaccessible aux mortels, et souvent recouvert d’un nuage, qui se trouve au nord de la Grèce. Car l’Olympe n’existe pas seulement dans les livres !

Point culminant du pays (2 918 m) et deuxième plus haut sommet des Balkans, le mont Olympe se dresse majestueusement face à la mer Égée, à la frontière entre la Macédoine et la Thessalie, à 263 km au nord d’Athènes et 78 km à l’ouest de Thessalonique.

Le Mytikas © wabeno - stock.adobe.com

Vu d’en bas, l’Olympe se présente comme une montagne isolée et massive, s’élevant abruptement et entaillée de profonds ravins. Son sommet, qui se couvre progressivement de brume au fil de la journée, ne se situe qu’à 18 km de la mer.

Densément boisé jusqu’à 2 400 m d’altitude, il est recouvert de neige à son sommet de 7 à 8 mois par an. À ses sommets, plutôt, car pas moins de 52 pics composent en fait le massif de l’Olympe, qui s’étend sur 500 km2. Le mont Stephani (2 909 m), « trône de Zeus », et le Mytikas (2 918 m), invisibles depuis la plaine, en sont les points culminants.

Si les chances de croiser Zeus en chemin sont réduites, la présence de la flore (plus de 1 700 espèces – dont de nombreux chênes, résineux et de rarissimes orchidées) et de la faune (32 espèces de mammifères et 108 d’oiseaux) se fait plus que généreuse sur les flancs de l’OIympe. Le site fait d’ailleurs partie du premier parc national de Grèce, classé depuis 1981 réserve de la Biosphère de l’Unesco.

Randonnées dans l’OIympe

Randonnées dans l’OIympe
Massif de l'Olympe vu de Litochoro © Jean-Philippe Damiani

Avec un tel pédigrée, l'Olympe est un paradis pour les randonneurs, de préférence confirmés, avec quelque 150 km de sentiers, balisés pour la plupart. Attention, l’ascension du plus haut sommet, le Mytikas (2 918 m), est loin d’être facile. Nécessitant deux journées, elle peut se révéler dangereuse dans sa dernière partie pour ceux qui ne seraient pas suffisamment familiarisés avec la montagne et ses changements brusques de temps.

Située au pied du massif, l’agréable station de montagne de Litochoro, animée le soir avec ses bars et hôtels, constitue le camp de base de l’Olympe. On y trouve également le Centre d’information du parc national de l’Olympe, où l’on peut glaner de précieuses informations sur la montagne et les possibilités de randonnée. Le tout, à seulement 6 km des plages du golfe Thermaïque…

Randonneurs montant au Mytikas © andrii_lutsyk - stock.adobe.com

De là, deux itinéraires majeurs - et par endroits difficiles - permettent de gagner le sommet. L’itinéraire principal passe par les gorges de l’Enipéas, magnifiques, et le refuge A Spilios Agapitos (réservation conseillée), à 2 100 m, en 8 h de marche. On peut réduire le trajet à 3 h de marche si l’on rejoint directement le refuge de Prionia (1 100 m) par la route, sans passer par les gorges. Du refuge A, 3 h de montée (dont 2 h en forêt) au moins sont nécessaires pour rejoindre le Mytikas (les derniers 400 m sont difficiles) via Skala.

L’autre itinéraire passe par le plateau des Muses, au décor plus lunaire, via le refuge de Kakalos, que l’on atteint en 5 h de marche depuis Diastravossi (15 km de Litochoro) et qui se trouve à 1 h 30 du Mytikas (compter 30 mn d'escalade).

Tous les itinéraires détaillés se trouvent sur https://olympusfd.gr/

Monastère d’Agios Dionysos © Viliam - stock.adobe.com

Pour les moins sportifs, une petite balade permet, à défaut d’aller tutoyer les dieux, d’admirer le superbe cadre naturel de l’Olympe. De Litochoro, on peut prendre en voiture la route du mont Olympe vers Prionia (17 km), et bifurquer vers l’ancien monastère d’Agios Dionysos (850 m d’altitude) niché au creux de la vallée.

Du monastère (ouvert d’avril à octobre), un sentier s’enfonce dans les gorges en longeant une rivière jusqu’à une grotte qui abrite un ermitage (compter 50 min aller-retour). On peut également redescendre à pied à Litochoro (4 h de marche) par les gorges de l’Enipéas, mais c’est moins facile…

Dion, la cité sacrée des Macédoniens

Dion, la cité sacrée des Macédoniens
Vestiges de la basilique, Dion © Jean-Philippe Damiani

En venant du sud, le mont Olympe marque la frontière avec la Macédoine, une région qui offre un tout autre visage de la Grèce. Frontalier avec la Bulgarie, l’Albanie, la Fyrom (république de Macédoine) et la Turquie, le Nord du pays, riche de l’apport de plusieurs cultures, appartient tout autant à l’univers balkanique qu’à l’espace méditerranéen.

C’est également sur ces terres que s’est développée à l’antiquité la civilisation macédonienne, dont l’un des souverains ne fut nul autre qu’Alexandre le Grand. Des sites archéologiques de premier plan témoignent aujourd’hui encore de la grandeur de la Macédoine antique.

Le premier d’entre eux se trouve à une dizaine de kilomètres de Litochoro. Au cœur d’un paysage bucolique avec vue sur le mont Olympe, le site de Dion surprend par son étendue. Ici s’élevait la cité sacrée des Macédoniens où, entre les 5e et 1e s av. J.-C., étaient régulièrement organisées des festivités en l’honneur de Zeus et des muses : athlètes et artistes participaient à des concours pendant 9 jours, à l’instar des jeux d’Olympie dans le Péloponnèse. Preuve de l’importance de Dion, Alexandre le Grand y fit des sacrifices à Zeus juste avant de partir à la conquête de l’Asie.

Théâtre hellénistique de Dion © Jean-Philippe Damiani

Aujourd’hui, le champ archéologique de Dion laisse deviner le plan de la ville antique, développée par la suite par les Romains. On peut voir notamment le théâtre hellénistique, qui accueille en été le festival de l’Olympe, d’anciens remparts, les bains, le temple d’Isis au cœur des marécages et la basilique paléochrétienne avec son baptistère octogonal.

Pour compléter la balade, le musée archéologique expose des pièces découvertes sur le site, dont une magnifique mosaïque avec la tête de Méduse, provenant de la villa de Dionysos, et quelques éléments d’un étonnant orgue hydraulique.

Le fabuleux monde souterrain de Vergina (Aigai)

Le fabuleux monde souterrain de Vergina (Aigai)
Tombe macédonienne à Aigai © Jean-Philippe Damiani

À une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Dion, la visite de Vergina (Aigai) est l’un des moments forts d’un voyage en Macédoine. Site archéologique exceptionnel classé à l’Unesco, l’antique Aigai fut la première capitale du royaume de Macédoine, puis nécropole royale par la suite.

On y a découvert, entre autres, un groupe de tombes souterraines dont quatre sépultures monumentales du 4e s av. J.-C. Des témoignages uniques de la grandeur de la civilisation macédonienne qui, rappelons-le, était considérée comme semi-barbare par les Athéniens.

Les ruines de la ville antique sont très dispersées (le théâtre et le palais, au sud, sont fermés pour travaux) et, actuellement, seul le magnifique musée souterrain est ouvert à la visite. Et quelle visite !

Installé dans un tumulus reconstitué (110 m de diamètre, 12 m de haut), il abrite un trésor fabuleux que l’on découvre non sans émotion : les quatre tombes macédoniennes retrouvées dont celle de Philippe II, assassiné à Aigai, et celle supposée d’Alexandre IV, fils d’Alexandre le Grand, assassiné à l’âge de 13 ans en même temps que sa mère.

Toujours enfouis sous terre, ces édifices remarquablement conservés s’apparentent à de petits temples grecs à la façade richement ornementée et constitués de deux chambres mortuaires.

Larnax à Aigai © Jean-Philippe Damiani

Sous le tumulus, des salles d’exposition présentent une riche collection de masques et de bijoux en or, de la vaisselle en argent et des peintures murales provenant d’une tombe, ainsi que les armes du roi et des coffrets, appelés larnax. Ornés de l’emblème de la Macédoine, le soleil à 16 rayons, ils contiennent des reliques royales.

Tout simplement l’un des plus beaux sites archéologiques de Grèce…

Pella, où est né Alexandre le Grand

Pella, où est né Alexandre le Grand
Mosaïque, musée de Pella © Jean-Philippe Damiani

Troisième site archéologique majeur de la région, Pella devint au 4e s av. J.-C. la 2e capitale royale à la place d’Aigai (Vergina). Située au cœur d’une plaine fertile, à 50 km de Vergina et 40 km de Thessalonique, elle fut la plus grande ville de Macédoine à l’époque hellénistique. Alexandre le Grand y vit le jour et y régna, brièvement, avant de partir à la conquête de l’Asie.

Aujourd’hui, s’il reste peu de choses de l’antique Pella, le site permet de se faire une idée de la ville avec l’agora au centre, huit îlots d’habitations, et les vestiges de deux grandes demeures de la fin du 4e s av. J.-C. : celle de Dionysos, dont les mosaïques sont conservées au musée, et surtout la maison d’Hélène, avec deux mosaïques originales conservées sur le site. Le palais, situé sur une colline à l’extérieur de la ville, est actuellement fermé au public.

Pour avoir un aperçu plus complet de Pella, il faut surtout visiter le musée, à proximité du site archéologique, pour ses explications. On peut y admirer de magnifiques mosaïques de galets, dont celle de la maison de Dionysos, ainsi qu’une belle tête d’Alexandre le Grand aux cheveux ondulés.

Véria, la petite Thessalonique

Véria, la petite Thessalonique
Anastasis tou Christou © Jean-Philippe Damiani

Entre les visites archéologiques, la petite ville de Véria, située sur les contreforts du mont Vermion, à une douzaine de kilomètres de Vergina et à 60 km de Thessalonique, mérite le détour. Et pas seulement pour ses vins et ses délicieuses pêches, réputés dans toute la Grèce ! Dominant la plaine fertile de la Macédoine, dont on a un superbe panorama depuis le belvédère de la place Elia, Véria possède aussi un patrimoine d’une richesse insoupçonnée pour une ville de 43 000 habitants.

Elle le doit, comme Thessalonique, à l’histoire mouvementée de la région où se sont succédé plusieurs civilisations. Fondée au 5e s av. J.-C. par les Macédoniens, Véria est marquée par les cultures romaine, byzantine, ottomane et juive. L’apôtre Paul vint y prêcher la bonne parole et la ville fut un centre religieux majeur de la Grèce byzantine, avec près de 70 églises du 13e au 18e dont 48 subsistent aujourd’hui.

Foyer artistique important au 15e s, Véria était également très réputée pour la beauté de ses icônes. Comme Thessalonique, elle accueillit des Juifs séfarades chassés d’Espagne à la fin du 15e s et resta sous la domination ottomane de 1433 à 1912. Elle servit même de camp de base aux troupes françaises de l’Armée d’Orient lors de la Première Guerre mondiale !

Le passé multiple de Véria se déchiffre au cours d’une balade en ville, au fil de monuments et édifices d’époque qui ont résisté aux assauts du temps et à la disgracieuse urbanisation moderne. Sur l’artère principale Mitropoléos, légèrement en contrebas, la ravissante petite église en brique Anastasis tou Christou recèle ainsi de superbes fresques du 14e s du grand peintre Georges Kallergis.

Maisons colorées de Barbouta, Véria © Jean-Philippe Damiani

Plus loin, on accède par l’odos Patriarchou Ioakim aux ruelles du vieux quartier chrétien de Kyriotissa. On y admire quelques belles demeures à encorbellement de style macédonien (maison Sarafoglou), mais aussi deux bains jumeaux (odos Eleftherias), vestiges de l’époque ottomane, tout comme l’imposante mosquée Medersa. À l’extrémité sud-ouest du quartier, on trouve les vestiges des remparts et le Musée byzantin qui recèle des icônes et des mosaïques.

De l’autre côté de Mitropoléos, le petit quartier juif de Barbouta, au bord de la rivière Tripotamos, a conservé tout son charme avec ses rues pavées, ses petites demeures colorées perchées et ses maisons de maître du 19e s, comme l’archontiko Béka.

Pourtant, Barbouta revient de loin. Le quartier a failli être détruit lors de l’occupation nazie en 1943, qui a pratiquement décimé la communauté juive. Encore debout, la synagogue du quartier, construite au 19e s, est la plus ancienne de la Grèce du Nord. Elle se visite avec recueillement et émotion, comme un vestige du passé, miraculeusement sauvé de la destruction et de la folie des hommes.

Fiche pratique

Retrouvez toutes les infos pratiques, les bons plans et les adresses dans le Routard Grèce continentale en librairie.

Discover Greece : portail d'informations sur la Grèce

Discover Veria : office de tourisme de Véria

Comment y aller ?

Aegean Airlines relie Thessalonique à Paris-CDG en vol direct toute l’année de 2 à 3 fois par semaine et tous les jours avec correspondance à Athènes au départ de Paris-CDG, Nice, Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille, Nantes, Toulouse et Strasbourg... En tout, Aegean Airlines, « meilleure compagnie régionale européenne » aux World Travel Awards depuis 9 ans, dessert 31 destinations en Grèce au départ de 12 villes françaises.

Location de voiture obligatoire pour découvrir la région : le mont Olympe se trouve à une centaine de kilomètres de Thessalonique par l’autoroute A1. Les principales compagnies de location comme Hertz ont un bureau à l'aéroport de Thessalonique. Trouvez une voiture de location et votre billet d'avion.

Bonnes adresses

- Villa Pantheon : odos Agiou Dimitriou, Litochoro. Dans les hauteurs de Litochoro et pas loin du canyon d’Epinéas, une villa élégante aux chambres spacieuses et bien tenues avec balcon donnant sur la verdure et la mer au loin. Accueil agréable et bon petit déjeuner, idéal pour les randonneurs. Doubles à partir de 52 €.

- Cavo Olympo : Plaka, Litochoro. Avoir vue sur le mont Olympe les pieds dans l’eau ? C’est ce que propose ce resort situé à Plaka, la partie balnéaire de Litochoro. Pour se remettre d’une randonnée en montagne en version chic et spa, on peut opter pour ce bel hôtel moderne avec piscine et transats, plage privée, centre de remise en forme, salle de sport, bar et restaurant. Très bon petit déjeuner buffet. Doubles à partir de 73-167 € selon saison.

- Gastrodomio em OIimbo : odos Agiou Nikolaou, Litochoro. L’une des bonnes tables de la région placée sous la houlette du chef Andreas Gavris. Une cuisine traditionnelle et inventive à base de produits locaux savamment revisités. Cartes des fromages et des vins très fournies. Un (quasi) gastronomique aux prix encore raisonnables. Compter 25-35 € le repas.

- To Steki : odos Athina, Litochoro. Gyros, souvlaki, frites, pita et autres pour combler un petit creux pour vraiment pas cher, avec plus de 40 ans de bons et loyaux services, un peu en retrait de la rue principale de Litochoro.

- Villa Elia : 10 odos Elias, Véria. Un petit hôtel fonctionnel et central, entre la place Elias et Mitropoleos, avec des chambres classiques et confortables. Bon rapport qualité-prix. Doubles à partir de 55 €.

- Balcony Elia : place Elias, Véria. Une déco design et élégante, une grande terrasse offrant une vue imprenable sur la plaine macédonienne et une carte aux mets savoureux, entre burgers et grands classiques grecs. Bonnes viandes, salades gourmandes et très bon rapport qualité-prix. Compter 15 € environ pour un repas.

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Texte : Jean-Philippe Damiani

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