Costa Rica du nord-ouest : pura vida !

Costa Rica du nord-ouest : pura vida !
Parc national du volcan Tenorio Rio © Rio Olivia Le Sidaner

Entre le volcan Arenal et l'océan Pacifique, le nord-ouest du Costa Rica déploie une grande variété de paysages : forêts humides, volcans, plaines agricoles, terres minérales, lagunes, plages de sable…

Avec son incroyable diversité, cette région, comme tout le pays, est un véritable paradis pour les amoureux de la nature. Un peu moins touristique, elle donne à voir un autre visage du Costa Rica qui s’y révèle en toute authenticité. Un territoire à découvrir, hors des sentiers battus

Le Costa Rica en toute authenticité

Le Costa Rica en toute authenticité
Volcan Arenal © ferkelraggae - Adobe Stock

Après avoir traversé la verte Vallée centrale depuis San José, on entre sur les terres septentrionales du Costa Rica. Se découvrent alors les plaines du Nord et le Guanacaste, dominés par de majestueux volcans, notamment l’Arenal, dont on admire la silhouette conique parfaite, lorsqu’il ne s’amuse pas à jouer à cache-cache dans les nuages.

Dans ces régions du nord-ouest, où les cultures agricoles cohabitent souvent avec les espaces naturels protégés, on est frappé par la variété des paysages, entre forêts humides et sèches, plaines, rivières, lagunes et plages sur la côte pacifique.

Dans les parcs nationaux et les réserves, que l’on explore à pied ou en bateau, on part à la rencontre de l’incroyable biodiversité qui caractérise tout le pays. Observer les oiseaux et les reptiles est une activité incontournable.

En chemin, on découvre aussi le mode de vie très rural de cette partie du Costa Rica. Avec, le long des routes, de petites bourgades aux modestes baraques multicolores, des marchands de fruits aux étals tout aussi colorés, des champs d’ananas dont le vert tranche avec la terre ocre rouge, des fermiers à cheval conduisant un troupeau de vaches...

Enfin, on goûte à la douceur de vivre, qui pourrait se résumer par l’expression préférée des Ticos (le surnom que se donnent les habitants) : « Pura Vida ! », que l’on peut traduire par « cool » ou « tranquille ». Un beau programme.

Caño Negro, paradis des oiseaux du Costa Rica

Caño Negro, paradis des oiseaux du Costa Rica
Réserve de Caño Negro © Rio Olivia Le Sidaner

Non loin de la frontière du Nicaragua, la réserve de Caño Negro (Refugio Nacional de Vida Silvestre Caño Negro) s’étend sur près de 10 000 hectares. C’est l’une des plus grandes zones humides du Costa Rica, un système complexe de lagunes, de marais et de canaux, alimenté par le Rio Frío. Et un véritable paradis pour les oiseaux et les fans d’ornithologie.

Ici, le bird watching est un must. Des excursions en bateau permettent d’observer les différentes espèces qui vivent ici (on en recense plus de 350) : cormorans, piverts, anhingas, martins-pêcheurs, chachalacas, hérons verts, aigrettes, courlans bruns, tangaras à croupion rouge, sans oublier les étonnantes spatules rosées au plumage rose vif et au bec en forme de spatule.

On a aussi l’occasion de voir de très près toute une population de caïmans, mais aussi des tortues, des iguanes et des basiliscus, ces lézards cocasses surnommés Jésus-Christ pour leur capacité à courir sur l’eau !

Certains visiteurs, plus veinards que les autres, auront la chance d’apercevoir un puma, un tapir ou un jaguar.

La période idéale pour le bird watching est la saison sèche, de janvier à fin avril, lorsque les oiseaux migrateurs sont de passage. C’est tôt le matin ou avant le coucher du soleil que la balade est la plus belle, le soleil donnant aux paysages de chaudes couleurs orangées.

La vie en bleu au Rio Celeste

La vie en bleu au Rio Celeste
Rio Celeste © Rio Olivia Le Sidaner

Au sud-ouest de Caño Negro, sur la cordillère de Guanacaste, le parc national du volcan Tenorio culmine à 1 916 m d’altitude. Plus que le volcan en lui-même, c’est la cascade du Rio Celeste qui attire les visiteurs. Il faut dire que c’est l’une des plus spectaculaires du Costa Rica.

Pour y parvenir, une petite randonnée s’impose dans la forêt tropicale humide à la végétation luxuriante. Le sentier, assez vallonné, est accidenté, mais pas particulièrement difficile, à condition d’être en bonne condition physique (avec la chaleur moite, l’effort peut sembler plus pénible).

Arrivé en haut d’un grand escalier, on a une vue plongeante sur la cascade, qui se jette de 30 m dans un bassin bleu turquoise. À moins d’être blasé, on ne peut qu’être émerveillé par cette couleur qui semble si irréelle qu’un poète aurait dit : « Dieu a rincé son pinceau dans la rivière après avoir peint le ciel. »

Rio Celeste © Rio Olivia Le Sidaner

Le phénomène, pourtant naturel, résulte de l’action combinée de particules en suspension de silice, d’aluminium, d’oxygène, d’une certaine acidité de l’eau et des rayons du soleil. Après avoir descendu une volée de marches raides, on admire de près le bassin, où l’on piquerait bien une tête pour se rafraîchir, si cela n’était pas strictement interdit (une mesure nécessaire pour ne pas polluer l’eau, eu égard au nombre de touristes qui passent par ici).

En poursuivant la randonnée en forêt, on fait halte sur la plateforme du Mirador pour admirer de loin le volcan Tenorio, puis on observe les remous des borbollones, des eaux bouillonnantes assorties d’une forte odeur de soufre. Puis, des ponts à la « Indiana Jones » conduisent jusqu’au lieu dit Los Teñidores (les teinturiers), l’endroit où se rejoignent les deux rivières qui, en se mêlant, donnent naissance au fascinant bleu laiteux du Rio Celeste. Magique.

Le Guanacaste, un Costa Rica aux airs de Far West

Le Guanacaste, un Costa Rica aux airs de Far West
Parc national Rincón de la Vieja © Rio Olivia Le Sidaner

Plus à l’ouest, dans la région du Guanacaste, on change complètement d’ambiance en pénétrant dans le parc national Rincón de la Vieja, le sulfureux domaine du volcan éponyme, doté de neuf cratères. On constate son intense activité en observant les bassins de boue en ébullition et les fumerolles qui donnent au paysage un air fantastique.

Il est aujourd’hui interdit d’accéder au sommet du volcan, qui émet des gaz toxiques, mais il y a déjà beaucoup à voir en suivant le sentier (bétonné) du parc national. Le décor, minéral, se compose d’étendues de hautes herbes jaunies, d’arbustes épineux, de plantes grasses, d’une rivière révélant son lit de rochers basaltiques pendant la saison sèche, d’une terre volcanique blanche et craquelée, et d’une forêt sèche aux arbres tortueux, le tout exposé à un soleil de plomb.

Iguane © Rio Olivia Le Sidaner

Parmi les rencontres fortuites que l’on peut y faire figurent des iguanes, des serpents ou encore des singes hurleurs. Des animaux que l’on peut aussi croiser dans le parc national de Santa Rosa, le plus ancien et le plus grand du Costa Rica, qui s’étend jusqu’à l’océan.  Comptant dix habitats distincts, dont une immense forêt sèche, il possède une belle biodiversité (notamment 115 espèces de mammifères et 250 d’oiseaux).

Le parc veille également sur la mémoire du pays, les lieux ayant été le théâtre de batailles, dont celle de Santa Rosa : en 1856, elle vit la victoire des volontaires costaricains sur les troupes de l’Américain William Walker qui, après avoir envahi le Nicaragua, aurait bien fait de même avec le Costa Rica...

Une grande page dans l’histoire du pays, que l’on découvre en visitant l’Hacienda Santa Rosa, reconstruite en 2002. Juste à côté de la maison principale (casona), on peut encore observer d’anciens enclos de pierre datant du 18e siècle.

Sur la côte pacifique du Costa Rica

Sur la côte pacifique du Costa Rica
Playa Grande © Rio Olivia Le Sidaner

Une fois arrivé sur la côte pacifique, le Costa Rica révèle encore un autre visage. À une centaine de kilomètres au sud du parc national de Santa Rosa, de longs rubans de sable s’étirent le long de l’océan, dont les rouleaux puissants attirent les surfeurs.

Du côté de Playa Grande, une fondation, le Leatherback Trust, veille sur les cinq espèces de tortues marines qui viennent pondre dans le parc national Marino Las Baulas de Guanacaste, sur quatre plages de la baie de Tamarindo (Ventanas, Grande, Carbón, Langosta).

L’arrivée des tortues est un événement, que l’on appelle ici arrivadas. Les plages sont alors fermées au public et accessibles à de petits groupes de visiteurs, avec guide (la sortie coûte 27 dollars, uniquement s’il y a des tortues à observer).

Plage de Tamarindo © Rio Olivia Le Sidaner

Pour s’adonner aux plaisirs balnéaires, on se pose dans le village de Tamarindo, qui attire nombre de touristes (américains, notamment). On trouve ici des restaurants, des bars et quelques petits clubs où l’on danse sur de la musique latino ou du reggaeton jusqu’au bout de la nuit. L’ambiance est paisible, tout comme sur l’immense plage de sable fin. C’est le coin des joggeurs, des baigneurs et des surfeurs qui attendent la vague.

Si vous vous demandez pourquoi la partie nord de la plage est déserte, sachez que l’estuaire voisin est fréquenté par de gros crocodiles qu’il serait regrettable d’aller déranger.

Enfin, il y a ces couchers de soleil tropicaux, ceux où le ciel se pare de toutes les nuances possibles allant du jaune au rouge. Un spectacle fabuleux, dont il est impossible de se lasser.

Fiche pratique

Retrouvez les bons plans, adresses et infos pratiques dans le Routard Costa Rica

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne Costa Rica

Site de l’Institut costaricien du tourisme

Comment y aller et se déplacer ?

De Paris à San José, la capitale : vols directs avec Air France. Comptez environ 11 h 20 à l’aller et 10 h 35 au retour.

Puis, pour se rendre dans le Nord, plusieurs solutions : louer une voiture (un 4x4, pour être le plus mobile possible), ou opter pour les bus ou les minibus privés (shuttles). Voir Transports et déplacements Costa Rica 

À voir en chemin

Liberia. C’est la capitale de la province du Guanacaste. On y trouve de bons restaurants, une grande place tranquille où les habitants flânent le soir venu, et un petit marché couvert, où l’on peut aller se balader en journée, histoire de s’imprégner de l’ambiance locale.

Arbol de la Paz. Près du parc national du volcan Tenorio, cet arbre de la même famille que le kapokier est énorme. On ignore quel est son âge, mais l’ancien président Óscar Arias Sánchez en a fait un symbole de paix en 1989.

Où dormir ?

Natural Lodge Caño Negro : Ruta 138 / Upala - Caño Negro - Los Chiles. Installé dans un parc avec piscine, cet hôtel propose des chambres simples, propres et confortables, avec air conditionné. On y mange bien. Le plus : tout un panel de sorties dans la réserve naturelle, en option. Accueil sympa. Package 2 jours/1 nuit avec une balade en bateau dans la réserve de Caño Negro, dîner et petit déjeuner : 284 dollars pour 2 personnes.

Canyon de la Vieja Lodge : Carretera al Parque Nacional Rincon de la Vieja. À 8 km de Liberia, ce complexe hôtelier est très agréable, avec ses chambres installées dans un grand parc. Pour faire trempette, on a le choix entre une piscine et (beaucoup mieux) la rivière Colorado qui coule en contrebas. Au bord, sur les rochers, on se relaxe dans des piscines d’eau douce de différentes températures. L’hôtel propose tout un choix d’activités de plein air, dont du rafting ou du canyoning. Comptez 105 dollars la nuit (hors promotions) pour une chambre double.

Laguna del Cocodrilo : 275, Calle Central, Tamarindo. Un petit hôtel très agréable, où Patricia, la gérante, vous accueille (en français) avec une bonne humeur communicative. Le must : les chambres situées en rez-de-chaussée, avec terrasse donnant sur le petit jardin et ses hamacs suspendus entre les palmiers, avec la mer en arrière-plan. Chambre double de 52 à 171 dollars selon la catégorie et la saison.

Où manger ?

Dans les sodas, ces petits restos locaux servant de la cuisine typique, notamment les assiettes complètes que l’on appelle ici casado, où se juxtaposent des haricots rouges, du riz, des bananes plantains, de la salade.

Au nord-ouest du parc national du volcan Tenorio, le soda Las Tinajitas ne paie pas de mine, mais on y mange extrêmement bien. Pour 3 000 colones (4,50 €), vous dégusterez un copieux casado.

Tierra Mar. Dans le centre de Liberia (Guanacaste). Pour déguster de bons ceviches, c’est ici qu’il faut venir ! Comptez environ 8 500 colones (13 €) pour l’assiette de dégustation (trois ceviches, du plus doux au plus épicé).

La Choza de Laurel. À côté de Liberia (Guanacaste). Un resto qui mise sur le côté typique, des tenues des serveuses jusqu’au café torréfié, préparé de manière traditionnelle devant vous. On y mange très bien : de belles pièces de viande (churrasco de la casa, 11 950 colones, soit 18 €), des brochettes (9 400 colones, soit 14 €), ou encore une belle assiette composée (almuercito campesino, 5 950 colones, soit 9 €).

Où boire un verre ?

Dans un bar local, comme celui du village de Caño Negro, dans son jus. Au comptoir, on fait comme tout le monde et on commande une Imperial, la bière costaricaine, que les Ticos surnomment « aguila », en référence à l’aigle noir du logo. Et on se laisse porter par l’ambiance, dans la chaleur moite de la fin de journée, avec en fond sonore la musique latino diffusée par les enceintes et, sur la télé accrochée au mur, la retransmission (sans le son) d’une monta de toros, sortes de rodéos très populaires au Costa Rica.

Où acheter des fruits locaux ?

Dans l’une des épiceries installées au bord de la route et dont les étals débordent de fruits et légumes tropicaux aux noms exotiques : guaba, caimito, guanábana ou encore pejibayes. Une expérience gustative inédite.

Texte : Olivia Le Sidaner

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