Marie-Galante : l’île tranquille des Antilles

Marie-Galante : l’île tranquille des Antilles
Plage de Capesterre à Marie Galante © Ph. Giraud - Office du Tourisme de Marie-Galante

Peu de voitures, des champs de canne à sucre à perte de vue, de superbes plages et des fonds sous-marins exceptionnels… À l’écart des circuits touristiques, la discrète Marie-Galante vaut le détour pour un voyage inoubliable dans l’espace, mais aussi dans le temps. Car celle qu’on surnomme « l’île tranquille » fait parfois penser à la Guadeloupe d’antan.

Vous avez déjà fredonné la chanson de Laurent Voulzy ? Il est grand temps d’aller explorer la « vraie » Marie-Galante, une île antillaise au parfum entêtant, qui perdure bien après votre retour en métropole. Une île qu’on aime, assurément…

Portrait de Marie-Galante

Portrait de Marie-Galante
Marie Galante Moulin de l'Habitation Murat © Ph. Giraud - Office du Tourisme de Marie-Galante

Un véritable voyage dans le temps, puisque beaucoup voient en cette « île tranquille » la Guadeloupe d’il y a 30 ou 40 ans. Peu de voitures, un mode de vie préservé, une économie essentiellement rurale qui s’ouvre lentement au tourisme.

Marie-Galante, c’est l’île de la canne à sucre. Elle y consacre la moitié de ses terres cultivables, et il reste trois distilleries fameuses pour leur rhum, réputé pour être le meilleur et le plus fort de toute la Guadeloupe : 59°. Elle est aussi entourée par quelques-unes des plus belles plages de l’archipel guadeloupéen, de Capesterre jusqu’au nord de Saint-Louis, et abrite des fonds marins à donner envie de passer son temps sous l’eau.

Laurent Voulzy n’y est pas né, mais il a donné son hymne à cette île magique qui doit son nom à l’incontournable Christophe Colomb. Occupée par les Indiens caraïbes, il s’en désintéresse mais la baptise néanmoins Maria-Galanda, du nom d’une de ses caravelles. 150 ans s’écoulèrent avant que l’île ne voie arriver les premiers colons français. Mais ce sont aux Anglais qu’on doit les milliers d’esclaves importés pour la production de canne.

Chars à boeuf et leur chargement de cannes à sucre devant l'usine de Grande Anse © Ph. Giraud - Office du Tourisme de Marie-Galante

Aujourd’hui, il ne reste à Marie-Galante qu’une seule sucrerie, celle de Grande-Anse, les autres ayant été envahies par la nature, et trois distilleries qu’il faut prendre le temps de visiter avant de passer à la dégustation : Bielle, Bellevue et Père-Labat.

On aime cette île, dont le parfum reste entêtant même après le retour à la maison, et l’on vous conseille vivement de passer au moins une ou deux nuits sur place. Louer une voiture est indispensable pour en faire le tour (GPS tout à fait inutile).

En chemin, on s’arrêtera volontiers sur une plage ou le temps d’une visite de distillerie, photographier un moulin en ruine enlacé par des « figuiers maudits », à moins qu’une rénovation en cours ne leur rende un semblant de vie.

Sur la centaine de moulins à sucre de « l’âge d’or », un tiers a disparu. Comme les cabrouets, à l'arrêt le plus souvent devant les plantations, des charrettes locales tirées par deux bœufs qui assurent encore, ici ou là, une partie du transport de la canne. Croisez les doigts, vous aurez peut-être la chance d'en voir passer lentement entre les champs de canne et sur fond de mer bleu argent, surtout si un concours de bœufs tirants est organisé le dimanche, durant votre séjour.

Marie-Galante, autour de Grand-Bourg

Marie-Galante, autour de Grand-Bourg
Street-art à Grand Bourg © Jad Davenport - Office du Tourisme de Marie-Galante

Grand Bourg est, vous l’avez deviné, la commune la plus importante de Marie-Galante, et son port principal. Malgré l’incendie qui l’a dévasté au début du XXe s, on est sensible au charme tranquille de ses vieilles maisons créoles en bois, flirtant avec les édifices bétonnés construits par l’architecte Ali Tur après le cyclone de 1928.

À la sortie du bourg, en allant vers Capesterre, un espace des arts et du patrimoine, tout à la fois musée, boutique et lieu de vie incroyable, a été ouvert en 2012 par Vincent Nicaudie. Ce collectionneur passionné et passionnant a mis en ligne la première base de données sur les objets du patrimoine antillais et propose aussi une galerie d’artistes.

Pour rester dans l’artisanat local, arrêt ensuite à la maison de l’Indigo, section Murat. Cette case colorée fera le bonheur des passionnés de jardin créole, avant de partir à l’aventure au milieu des champs de canne, par de petites routes menant, comme par hasard, à la distillerie Bielle, restée dans son jus. Visite passionnante, tout comme celle du domaine du Père-Labat, un moine dominicain qui vulgarisa l’utilisation de l’alambic dans les Antilles françaises à la fin du XVIIe s.

Marie-Galante, de Saint-Louis à Capesterre

Marie-Galante, de Saint-Louis à Capesterre
Plage de Vieux-Fort © Ph. Giraud - Office du Tourisme de Marie-Galante

À 4 km de là, Saint-Louis vit à son rythme indolent, un peu en dehors du temps. Rythme parfois troublé par les bateaux qui relient l’île à Pointe-à-Pitre, Saint-François ou les Saintes. On s’y arrête pour avaler une omelette créole au colombo chez Henri, sous les amandiers, ou un poisson au court bouillon chez Pierrot. On a le temps, rien ne presse.

En continuant vers le nord, on découvre la vraie Marie-Galante, mélange d’étrange âpreté et de douceur. Routes pittoresques qu’on suit au feeling, falaises abruptes, plages magnifiques, comme celle de Vieux-Fort.

On est tout surpris de se retrouver après moult détours à l’entrée de Capesterre, petit bourg nonchalant et agréable où il fait bon se laisser vivre avant de retrouver la métropole. En arrivant par les collines, on plonge littéralement sur le village, son église, ses ruelles et ses jolies maisons, bordées par un lagon turquoise de toute beauté.

À proximité immédiate, voici la splendide plage de la Feuillère, parmi nos préférées sur l’île. Cocotiers, eau turquoise, sable blanc de blanc et barrière de corail. Dernière baignade, dernière fricassée de lambis, dernier ti-punch… On voudrait ne jamais repartir.

Fiche pratique

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Office de tourisme de la Guadeloupe 

Office de tourisme de Marie-Galante

Arrivée en bateau depuis la Guadeloupe

Les bateaux en provenance de Pointe-à-Pitre débarquent à Grand-Bourg, avec une escale à Saint-Louis à l’heure du déjeuner pour l’Express des Iles.

Mais Saint-Louis est plutôt une escale pour les bateaux en provenance de Saint-François sur la route des Saintes. Ceux-ci desservent Saint-Louis très tôt le matin à l’aller et l’après‑midi au retour des Saintes. Compter 45 mn de traversée Saint- François/Marie-Galante et également 45 mn Marie-Galante/les Saintes. Attention, ça peut secouer pas mal ! Egalement départs de la Gare maritime de Bergevin à Pointe-à-Pitre assurés par l’Express des Îles.

Location de voitures et de scooters

La plupart des loueurs sont présents au débarcadère ou dans le bourg. Attention, en période chargée, il arrive que le parc soit insuffisant : il est prudent de réserver.

Office de tourisme de Grand Bourg : ancien Palais de Justice, rue Pierre Leroy. Tél : 05-90-97-56-51. Plan gratuit de l’île et de ses 3 communes, petit annuaire pratique gratuit des prestataires de tourisme et curiosités. Se renseigner pour des randonnées pédestres organisées. Accueil charmant et très compétent.

Où dormir ? Où manger ?

- Villa Cycas : habitation Bielle, à Grand-Bourg.  À la sem, studio 2 pers 660 €. Une villa un peu à l’écart de celle des propriétaires, les pieds dans l’eau, avec sa plage (quasiment) privée.

- Les Hibiscus : section Cadet à Capesterre-de-Marie Galante. Compter 79-139 €/nuit pour 2-4 pers (min 2 nuits) Jolie déco recherchée, faite de matériaux naturels. LED à l’extérieur, compost pour le potager, tri des déchets... Belle « Case Créole » en bois, est perchée avec 2 chambres, une cuisine et une salle de douche à l’italienne. Terrasse avec vue superbe sur la mer.

- Le Repos : section Pichery à Capesterre-de-Marie Galante.  Appart 2 pers 55 €/nuit ; également F2 et F3.Environnement très serein, avec une belle vue sur la campagne tropicale, les champs de canne, la mer et, au large, la Dominique. Tout est impeccable et plein de charme.

- Le M Hôtel : section Brumant, route de la côte (D 203) à Capesterre-de-Marie Galante. Doubles 85-135 €/nuit selon confort et saison. Un lieu chaleureux et accueillant qui devient assez magique à la nuit tombée, Laetitia et Didier ayant joué sur les lumières douces et les couleurs. Chambres décorées avec soin (matières naturelles), où il fait bon attendre la nuit, sur la terrasse. Du cocooning, du vrai.

- Le Soleil Levant : sur la petite place du marché de Grand-Bourg. Tél : 05-90-97-71-72. Boulangerie-pâtisserie où l’on papote en terrasse. Petite collection de gâteaux exotiques (goûtez le bonbon sucre ou le caca bœuf, à base de sirop de batterie, qui ressemblent un peu au pain d’épice !) et jus de fruits locaux.

- Sun 7 Beach : à la sortie de Grand-Bourg, section Murat. Tél : 05-90-97-87-58. Dans l’assiette, une cuisine originale et délicieuse. C’est surtout le lieu idéal pour prendre un verre le soir.

- Chez Henri : 8, av. des Caraïbes à Saint-Louis. Resto-bistrot intime et élégant à la fois, surtout le soir avec son éclairage tamisé. Tables sous un amandier au bord de l’eau ou bar cosy. Spécialités d’omelette créole au colombo et de banane « galante ».

- Caraïbes Plage : 11B, rue Hégésippe-Légitimus à Saint-Louis. Tél :05-90-97-03-61. Poisson au court-bouillon, fricassée locale, on mange local chez Pierrot en regardant le large. Cuisine simple, à l’image de l’accueil.

- La Braise Marine : face à la plage de la Feuillère à Capesterre-de-Marie Galante. Tél :05-90-48-72-41. Sur la droite de la résidence Cap Reva, une vraie case à l’ancienne, qui ouvre ses volets juste à l’heure du service. Cadre naturellement ventilé. Cuisine locale et familiale, à prix très abordable. On ne paie que le plat principal, l’entrée, avec les acras, est offerte. Le genre d’adresse authentique que l’on trouvait dans l’île il y a 30 ans.

À faire

- Kreol West Indies : à la sortie du bourg, en direction de la plage et de Capesterre  Tlj 9h30-12h, 15h-18h. Boutique-musée sympa.

- Maison de l’indigo : section Murat à Grand-Bourg, sur la route du littoral vers Capesterre.  Pour découvrir avec le sourire les secrets des plantes à couleurs naturelles ainsi que l’histoire de l’indigo aux Antilles.

- La distillerie Bielle : à 8 km au nord-est de Grand-Bourg.Au milieu des champs de canne, exposition de vieilles machines à vapeur et les pompes en tout genre, bien conservées. Boutique dans l’air du temps. Et des vendeuses de bokits, sirops et autres douceurs, bienvenus quand on a faim et soif.

- Le domaine du Père-Labat : 4 km avt d’arriver à Saint-Louis, sur la N9. Tél : 05-90-97-03-79. Belle opportunité de pouvoir visiter, sans guide, mais à vos risques et périls (faites attention où vous mettez les pieds, au sens propre, en grimpant aux échelles !), une distillerie restée dans son jus. Buvette-boutique à l’ancienne avec sa baraque en bois et ses bouteilles alignées au fond.

- Écodécouverte de l’île : avec Écolambda, section Saragot-les-Bas, à hauteur de la ravine Bois-d’Inde, au nord-est de l’île.  À env 1,5 km de Caye-Plate. Une association qui s’est donné pour ambition de faire connaître les secrets de la nature insulaire caraïbe : faune, flore (plantes médicinales) et géologie. Dans la « mouina » (l’habitat traditionnel), expo permanente, libre et gratuite sur la géologie régionale, l’héritage amérindien et la biodiversité.

À Borée, sur la D201, produits du terroir et repas possibles aux Sentiers de la Canne (résa 06-90-73-30-56. Une exploitation agricole à qui Jean-Paul Rousseau a donné une nouvelle vie en proposant des visites guidées de la plantation, avec transport en charrette pour la nostalgie et repas dans la grande tradition des grands-mères de l’île, dans une construction rustique au milieu des champs. De Borée, petit chemin de randonnée permettant de rallier l’Anse Piton.

Texte : Gérard Bouchu

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