Forêt de Fontainebleau, sur les traces des peintres

Forêt de Fontainebleau, sur les traces des peintres
Office de Tourisme du Pays de Fontainebleau

Au XIXe siècle, la région de la forêt de Fontainebleau attirait nombre de peintres en quête de nature. Millet, Corot, Rousseau et Sisley sont venus s’inspirer de la beauté des lieux. Aujourd’hui, de Barbizon à Moret-sur-Loing, on peut partir sur les traces de ces artistes. Ces villages n’ont pas perdu leur charme et les randos en forêt sont bien agréables.

Millet, Corot, Sisley et les autres

Dans la première moitié du XIXe siècle, la mode est au retour à la nature, aux vertus simples de la campagne incarnées dans les villes modernes par une population issue de l’exode rural. À l’avant-garde de cette tendance, des peintres inspirés décident d’aller surprendre la nature in situ, de peindre directement « sur le motif ». Parmi ceux-ci, Jean-François Millet, Jean-Baptiste Corot, Théodore Rousseau, Charles-François Daubigny et Alfred Sisley. On les regroupera par la suite sous l’appellation « école de Barbizon », bien qu’ils n’aient à aucun moment formé de mouvement. Le seul point commun de ces artistes aux styles différents ? Avoir trouvé leur inspiration dans la région de Fontainebleau.

À moins de 50 kilomètres de Paris, la forêt de Fontainebleau, ses sous-bois vallonnés, sa légende forgée par des siècles de villégiature des rois de France, ses petits villages de bûcherons et de paysans, offre en effet un cadre idéal pour ces artistes. Par bonheur, ces sites croqués il y a près de deux siècles ont conservé toute leur authenticité… et de nombreux souvenirs laissés par ces peintres inspirés, de Barbizon à Moret-sur-Loing en passant par Bourron-Marlotte. Pour goûter à ces lieux, nous vous conseillons toutefois d’éviter les mois d’été car il y a foule !

Barbizon, galerie d’art sous les bois

Du vénérable hameau de bûcherons, Barbizon n’a guère conservé de nos jours que les charpentes des maisons séculaires de sa Grande-Rue longiligne. Le village a en revanche maintenu une réelle empreinte du passage de ses peintres paysagistes de 1830 à 1870. À commencer par la route qui mène au centre de cette agréable bourgade, bordée par le champ le plus célèbre de l’histoire de la peinture : une plaine ensoleillée comme les blés d’été immortalisée par Jean-François Millet dans l’Angélus.

L’entrée du village, à quelques centaines de mètres, s’ouvre sur l’auberge qui accueillait les acolytes de l’auteur des Glaneuses. L’auberge Ganne, devenue désormais musée de l’École de Barbizon, abrite aujourd’hui une collection issue de donations et de dépôts des musées nationaux dont La hutte des charbonniers de Rousseau, La Couseuse de Millet ou encore Détail de tronc d’arbre en forêt de Corot. Des chefs-d’œuvre qui méritent autant le détour que l’aménagement originel de l’auberge : meubles en trompe-l’œil, objets peints et surtout de nombreux dessins à même les murs des artistes y ayant séjourné.

En descendant la Grande-Rue qui mène à la lisière de la forêt, on ne manquera pas la curieuse église au portail et clocher en bois qui jouxte la maison où vécut Théodore Rousseau, la façade à colombage sculptée de l’hostellerie du Bas-Bréau et l’atelier de Millet, qui contient de nombreux témoignages de l’artiste. Enfin, il est également possible de poursuivre la visite en forêt en suivant le parcours balisé des « peintres de Barbizon ».

Moret, si Loing si proche

De l’autre côté de la forêt, Moret-sur-Loing présente une tout autre atmosphère. Les pieds dans l’eau, ce village médiéval, avec son vieux pont, ses portes fortifiées, son donjon, ses maisons à colombages et ses petites rues pavées sinueuses, n’a quasiment pas changé depuis des siècles. C’est ici, sur les bords d’un Loing flegmatique, qu’Alfred Sisley déposa sa palette et son chevalet dès 1879, puis jusqu’à sa mort en 1899.

Si la ville ne possède pas d’espace abritant des œuvres du peintre impressionniste, elle peut s’aborder, grâce à l’association Les Amis d’Alfred Sisley, comme un musée à ciel ouvert. Inspiré par la lumière changeante de Seine-et-Marne, l’artiste a d’ailleurs reproduit inlassablement les rives du Loing et les monuments de Moret. La promenade à l’ombre des peupliers permet de découvrir les anciennes Lavandières, la batellerie, le Moulin de Provencher et sa vieille roue à aube et les quelques canotiers qui y flânent aux beaux jours. Un spectacle particulièrement captivant si vous y musardez le matin.

Difficile aussi de manquer l’église Notre-Dame aux dimensions spectaculaires. Edifiée au XIIe siècle, elle présente un intéressant portail de style flamboyant et des orgues du XVIe siècle. Autre curiosité, dans la cour du bel hôtel de ville se dresse une étonnante façade Renaissance entièrement sculptée et ornée de médaillons représentant certains rois de France. Une singularité qui n’a pas inspiré Sisley. Est-ce lié à ses origines anglaises ?

Avez-vous vu Bourron-Marlotte ?

En remontant le cours langoureux du Loing, havre de paix pour les canotiers, on rejoint un autre village très apprécié des artistes du XIXe siècle. Comme Barbizon, Bourron-Marlotte fut le théâtre d’une vie culturelle intense marquée par des écrivains comme Théophile Gautier, Alfred de Musset, Alphonse Daudet ou encore Emile Zola, et des peintres comme Claude Monet, Camille Pissarro, Paul Cézanne, Auguste Renoir qui y peint Le cabaret de la mère Antony.

L’attractivité pour Bourron-Marlotte perdura même après la première guerre, cette fois grâce au cinéma. Jacques Becker, Max Ophuls et surtout Jean Renoir, qui y vécu près de vingt ans, y posèrent leur caméra. Cette effervescence bohème a progressivement laissé place à une ambiance plus chic avec ces maisons cossues aux jardins impeccablement entretenus et ces quelques rues étroites émaillées de plaques rappelant le passage d’hôtes célèbres.

Une même impression de quiétude imperturbable que l’on ressent quelques kilomètres plus loin dans le village de Grez-sur-Loing. Une bourgade qui conserve de son illustre passé son pont de pierre et les vestiges de sa tour moyenâgeuse. Et curieusement qui abrite des colonies d’artistes étrangers, américains, japonais et scandinaves.

Fiche pratique

Consultez notre fiche destination Île-de-France.

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Comment y aller ?

En voiture
Pour aller facilement d’un village à l’autre.
De Paris, Autoroute A6 (Lyon) sortie Fontainebleau, puis D637 sortie Barbizon village. À Fontainebleau, continuer sur la D607 pour Bourron-Marlotte et Grez-sur-Loing, ou bifurquer sur D606 pour Moret-sur-Loing.

Liaisons au départ de Gare-de-Lyon pour Moret-sur-Loing (arrêt Moret-Veneux-les-Sablons) et pour Bourron-Marlotte et Grez-sur-Loing (arrêt Bourron-Marlotte) ou Melun et Fontainebleau pour Barbizon… à condition d’emporter son vélo.

Où manger ?

Restaurant La Bohème : 35, Grande-rue, à Barbizon. Tél : 01-60-66-48-65. Fermé dimanche soir et lundi. Menu 25 €. Carte autour de 35 €. Dans une belle maison couverte de vigne vierge mais surtout dotée d’une adorable terrasse ombragée. Cuisine classique mais sans fausse note.

Où dormir ?

- Chambres d’hôtes La Bélandre à Moret-sur-Loing : 21, rue des Granges. Tél. : 01-60-70-42-41. Chambre double à 82 €. En plein cœur de la vieille ville dans une grange du XIXe siècle. Beaucoup de charme et tout confort. Excellent accueil.

- La Clé d’or à Barbizon : 73, Grande-rue. Tél. : 01-60-66-40-96. Chambre double de 75 à 100 € selon le confort et la saison. En face de l’auberge Ganne, une maison de caractère dont les chambres donnent toutes sur un agréable jardin. Dommage que la déco date un peu.

Texte : Julien Vitry

Mise en ligne :

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