Le Belize, cocktail tropical

16 septembre 2010

« Si le monde avait des extrémités, le Honduras britannique serait l'une d'entre elles », écrit Aldous Huxley en 1934. « Il ne conduit nulle part et ne se trouve sur aucun chemin ». Même rebaptisé Belize depuis 1973, le pays n’est guère plus connu aujourd’hui ! « Ça se trouve où ? » est en général la première question posée au voyageur en partance ou revenant de cette destination. Ce « micro-État », écrasé par le Mexique et enserré par le Guatemala, n’est pas facile à repérer sur une mappemonde : deux fois plus petit que la région Midi-Pyrénées, il compte environ 310 000 habitants… moins que Toulouse.
Pourtant, le Belize abrite une grande richesse naturelle et culturelle : une immense barrière de corail, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco ; des temples mayas cachés dans la jungle ; des réserves pour jaguars ou singes hurleurs ; une fantastique mosaïque humaine (Créoles, Mayas, descendants d’esclaves noirs ou de pirates anglais, Chinois, etc.). Tour à tour dans la peau du commandant Cousteau et d’Indiana Jones, partez explorer « le secret le mieux gardé de Mère Nature » !



United Colors of Belize

Les voyageurs qui connaissent l’Amérique centrale, aux influences indiennes et espagnoles, seront dépaysés en découvrant le Belize. Malgré sa taille minuscule et les visées expansionnistes de ses voisins, il a conservé toute sa spécificité, à la fois british et caribéenne, résultat d’un incroyable melting-pot qui se lit sur les visages : plus d’un tiers de la population est mestiza (métisse hispano-maya), un peu moins créole.
Les premiers habitants du coin furent les Mayas, il y a 1 500 ans. À présent, ils constituent presque 10 % des Béliziens. Au XVIIe siècle, les pirates britanniques installent aussi des esclaves noirs et se convertissent progressivement à l’exploitation de la forêt, en particulier pour l’acajou.
Au XVIIIe siècle, ils sont rejoints par les Garinagu, venus de Saint-Vincent dans les Caraïbes : un peuple issu d’un métissage entre des esclaves africains et les autochtones Karibs, eux-mêmes descendants d’indiens du Venezuela. Aujourd’hui, cette ethnie, qui représente un peu moins de 10 % de la population, réside surtout autour de Dangriga, perpétuant ses traditions singulières.
En 1862, le territoire devient colonie anglaise, sous le nom de Honduras britannique. Des migrants libanais ou partis de Chine et d’Inde ouvrent des commerces. Cette mosaïque est complétée, dans les années 1950, par l’arrivée de Mennonites en provenance du Canada et du Mexique. Ils restent en communauté, suivent à la lettre les préceptes de la Bible et parlent un dialecte germanique.
Pour couronner le tout, si l’on peut dire, la Reine Elizabeth II, qui figure sur les dollars béliziens, est chef d’État du pays : même si son indépendance a été proclamée en 1981, le Belize est resté membre du Commonwealth. Sa langue officielle demeure l’anglais… souvent mâtiné d’accents cosmopolites ou de patois créole, le Broken English.
Une nouvelle vague venue des États-Unis atteint actuellement les rivages béliziens, formée par des touristes, souvent en lune de miel, et des retraités voulant vieillir au soleil. Ils retrouvent les bus scolaires jaunes recyclés qui connaissent, eux aussi, une seconde jeunesse au Belize
Des cités mayas dans la forêt

Malgré sa modeste superficie, le Belize concentre de nombreux vestiges mayas : une trentaine de sites majeurs, sans compter les plus petits et ceux qui n’ont pas encore été repérés dans la jungle… Les archéologues ont du boulot ! Car, même dans les ruines ouvertes au tourisme, de nombreux temples et édifices sont encore dissimulés par la végétation luxuriante.
Lamanai, qui signifie « crocodile submergé », est la plus belle cité du pays. Elle a été construite en 1 500 avant J.-C. et définitivement abandonnée, après bien des vicissitudes, à la fin du XVIIIe siècle. L’idéal est de s’y rendre en bateau depuis la bourgade d’Orange Walk. En remontant la New River, vous apercevrez crocodiles, orchidées, chauves-souris, fermes mennonites et oiseaux exotiques. Après avoir accosté, épiés par les singes cachés dans les arbres, vous découvrirez les impressionnants visages sculptés à l’entrée du temple du Masque, avant de grimper au sommet du grand temple. D’en haut, superbe panorama dominant les montagnes et la rivière.
La vue sur la vallée est aussi époustouflante depuis Xunantunich (« vierge de pierre »), cité posée sur une colline près de la frontière avec le Guatemala. Une vingtaine de temples et palais sont éparpillés dans la forêt, décorés de belles frises sculptées.
Altun Ha, habité de 600 à 900 après J.-C., n’est pas le site le plus spectaculaire, mais il est facile de s’y rendre. C’est là que fut trouvée une tête de jade figurant le dieu du soleil. Beaucoup moins accessible, surtout en cas de pluie car la piste est impraticable, Caracol (« escargot » en espagnol) est perdu dans la jungle. Cet important centre de cérémonie possède la plus grande pyramide du pays. Très impressionnant !
Le paradis des plongeurs

L’autre trésor du Belize n’est pas enseveli sous la chlorophylle mais sous les eaux turquoise et limpides de la mer des Caraïbes. Parallèle aux côtes, la barrière de corail (photo) s’étire sur 300 kilomètres : c’est la 2e plus longue au monde après l’Australie. Elle est constituée de 4 000 îlots, appelés cayes. La plupart demeure inhabitable et recouverte de mangrove, habitat prisé par les poissons et les oiseaux.
Popularisé par le Commandant Cousteau lors d’une mission voilà plus de trente ans, le Blue Hole est le spot le plus célèbre du pays. Ce disque presque parfait, d’un diamètre de 300 mètres, se détache de l’eau translucide par son bleu profond : il s’agit d’un abysse de plus de 100 mètres, créé par l’effondrement d’une grotte calcaire, dont il reste stalactites et stalagmites. Les plongeurs avec un simple masque-tuba ou équipés de bouteilles se régalent aussi en nageant dans la Hol Chan Marine Reserve, entourés de coraux multicolores, barracudas, raies pastenagues, tortues et requins de récifs très peureux, qui restent toujours à distance.
La réserve est facile d’accès depuis Caye Caulker et Ambergris Caye. Cette île est la plus grande et la plus fréquentée, en particulier par les Nord-Américains. Madonna l’a d’ailleurs révérée dans son tube « La isla bonita ». Pourtant l’origine de son nom est beaucoup moins romantique… L’ambre gris est une substance intestinale du cachalot, très odorante, grasse et inflammable, qui flottait autrefois dans ces eaux et se déposait sur les côtes. Si les touristes le savaient, ça nuirait à l’image plutôt chic de l’île… Mais pour l’heure, c’est l’affluence, malgré des prix plus élevés qu’ailleurs, au point de former régulièrement des embouteillages de voiturettes de golf ! Heureusement que, mis à part les vélos, les autres véhicules sont interdits.
En revanche, sur sa voisine Caye Caulker, l’ambiance est beaucoup plus décontractée, sans doute une réminiscence de son passé hippy. Dans les rues de sable, encadrées de maisonnettes colorées, tout le monde se salue, touristes comme autochtones. Si par folie vous marchez un peu vite, vous vous ferez gentiment héler par un rasta s’interrogeant sur les raisons de cet empressement surréaliste à ses yeux. La devise des lieux n’est-elle pas « go slow », mais aussi « no shirt, no shoes, no problem ! »…
Jaguars, singes hurleurs, aras et orchidées

Après l’exploration de la merveilleuse vie aquatique, place à celle des forêts tropicales, peuplées d’une faune exceptionnelle. Elle est protégée dans plusieurs réserves desservies par des highways qui n’ont d’autoroute que le nom ! Ce sont des routes plus ou moins entretenues, parfois ponctuées de maisons cossues entourées de pelouse impeccable, à l’anglaise, mais surtout bordées de frêles bicoques en bois sur pilotis, à la créole, et de quelques abris en béton en cas de cyclone.
Ensuite, il faut quitter ces axes principaux et emprunter des pistes. C’est d’ailleurs le cas pour accéder à l’entrée de Cockscomb Basin, un sanctuaire pour jaguars, lesquels cohabitent avec des pumas, chats sauvages, aras rouges, toucans, tapirs, etc. En parcourant les sentiers balisés, mobilisez votre œil de lynx pour observer ces splendides animaux sauvages.
Même exercice pour repérer les singes hurleurs du Baboon Sanctuary. Vous les entendrez pourtant de loin ! Non, ce grognement guttural n’est pas celui d’une vache génétiquement modifiée en détresse, d’un dinosaure réveillé par des savants fous ou d’un fauve énorme et belliqueux. Ces cris très particuliers, qui renforcent le mystère de la jungle, permettent aux singes de marquer leur territoire.
Jamais avare d’une surprise, le Belize vous étonnera enfin avec sa Moutain Pine Ridge Reserve, une forêt de pins agrémentée d’orchidées, cascades et piscines naturelles dans la rivière. De bien belles balades en perspective…
Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Belize.
Office de tourisme du Belize
Liste d’hébergements
Office de tourisme de Caye Caulker
Comment y aller ?
Pas de vols directs avec l’Europe, il faut passer par les États-Unis ou le Guatemala, par exemple. Vous pouvez cependant y aller en bus depuis le Mexique ou le Guatemala.
Climat
Le climat est subtropical, chaud et humide. La meilleure période pour voyager s’étend de décembre à avril : c’est la saison sèche et touristique, qui permet d’éviter les ouragans, de juillet à novembre.
Où dormir ?
À Caye Caulker :
- Lee Side Rooms : 00 501-226-0020. Situées du côté le plus calme de l’île, abrité du vent, des chambres très confortables et bien équipées, joliment décorées, disposant d’un ponton sur la mer.
- Seadreams Hotel : 00 501-226-0602. Un édifice coloré, avec une vaste terrasse sur le toit surplombant la mer. Chambres, apparts ou bungalows à louer.
À San Ignacio (vers les sites mayas)
- Blancaneaux Lodge : 00 501-824-3878. Perdu au milieu de la réserve de Moutain Pine Ridge, le resort de luxe du réalisateur Francis Ford Coppola : une vingtaine de bungalows, piscine, spa, écurie, potager bio, resto, etc.
À lire
Belize par Alain Dugrand, Éditions de la Table Ronde (avril 2010). 176 pages. 7 €. Les impressions de voyage d’un routard intello qui porte un regard affectueux et poétique sur ce petit pays passionnant et attachant.
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les derniers reportages sur le meilleur au Belize

Les grands sites et temples mayas

Le meilleur du Belize
Infos pratiques
Bons plans voyage Belize




















