Randonnée d'Inverie à Poolewe. récit

Forum Écosse

Bonjour,

Pour tous ceux qui m’ont aidée, et que je remercie, pour ceux qui
s’intéressent à la randonnée dans les Highlands, et pour ceux que cela
pourrait intéresser ou amuser, je commence aujourd’hui le récit du
deuxième épisode de nos aventures écossaises (le récit du premier est
disponible parmi les discussions de Juin Juillet 2010 sous le titre
bizarre (il n’est pas de moi) de “Retour d’ Ecosse par Eurolines”.

Pourquoi l’Ecosse?

Je lis Walter Scott depuis l’enfance (Ivanhoé, Quentin Durward, puis
plus tard les romans consacrés au jacobitisme que sont Waverley, Rob
Roy, Redgauntlet et quelques autres. J’ai lu aussi les Aventures de
David Balfour de Stevenson (je recommande en particulier
l’extraordinaire récit de la fuite de David Balfour et Allan Breck à
travers la bruyère aprés le meurtre d’Appin à Ballacullish), et c’est
de l’estuaire de la Clyde que Jules Verne fait partir le Duncan à la
recherche du Capitaine Grant sur le 37ème parallèle de l’hémisphère Sud.

Pourquoi randonner en Ecosse?

Randonner, c’est voyager à l’ancienne. Les héros de Walter Scott ou de
Stevenson voyagent à pied ou à cheval et le départ pour les Highlands
est pour les héros de Walter Scott un voyage initiatique. On ne conçoit
guère l’apprentissage de la vie du héros romantique sous la forme d’un
séjour d’une semaine avec récupération des bagages à l’aérodrome, prise
en main d’une voiture à l’aérodrome, longues étapes en voiture à la
recherche des Beds and Breakfasts.

Pourquoi une seconde randonnée en Ecosse?

La première nous a laissés sur notre faim (le West Highland Way est un
peu décevant pour des habitués de la randonnée-bivouac dans les Alpes
et les Pyrénées, dans les secteurs les plus beaux et les plus sauvages.
Le WHW doit être parfait en VTT). Mais nous étions allés de Glenfinnan
à Inverie, et j’avais eu le coup de foudre prévu pour Knoydart. D’autre
part, je pensais que l’Ecosse était peut-être la meilleure destination
possible en Avril.

A suivre

En fait, dès le début, j’étais intéressée par le Cap Wrath Trail, et
j’ai découvert que le départ par Glenfinnan était une variante
possible. Le WHW et surtout le passage sur Inverie nous ont permis de
découvrir la réalité des terrains écossais. Il me restait à convaincre
mes compagnons de continuer pendant dix jours vers le Nord.

Nous sommes tous issus de la même compagnie de joyeux archers de la
forêt de Fontainebleau-Sherwood. mais notre Robin Hood n’est pas de
cette entreprise

La première fois nous étions quatre. Une amie s’est désistée pour cette
nouvelle aventure. Elle a été remplacée par un bon montagnard que
j’appellerai notre Whymper.

Nous partons donc à quatre, cette fois-ci encore:

Une amie naturaliste-biologiste-géologue que j’appellerai Théodorine en souvenir de Théodore Monod

Notre Whymper

Notre Cyrus Smith-MacGyver (Cyrus Smith pour les lecteurs de L’île mystérieuse)

Et moi, Calamity Jane, la plus mauvaise sur le terrain, mais conceptrice du projet.

Le Cap Wrath Trail est un itinéraire à concevoir par soi-même: on peut
faire des choix, et il n’y a pas de balisage. Il faut résoudre le
problème du ravitaillement, et aussi celui des moyens de transport,
rares dans les Highlands. Il faut aussi avoir une idée de
l’enneigement, du niveau des rivières, car il faut parfois passer des
gués. Encore merci à tous ceux qui ont répondu patiemment à mes
questions les plus étranges.

Pour les détails de l’itinéraire, j’ai obtenu beaucouop de
renseignements par Walkhighlands, par des blogs rencontrés sur Google
images, et j’ai pu facilement trouver à paris au Vieux Campeur les
cartes ordnance Survey au cinquante millième.

Matériel emporté:

3 tentes très légères, deux tentes individuelles terra Nova et une
tente Mac Kinley Venture 3 de 2,5 kg, avec une très grande abside,
achetée pour la circonstance. Il pleut dans les Highlands, il est
utile de cuisiner à l’abri, et même de pouvoir se réunir le soir
malgré les intempéries, pour discuter du jour suivant, ou même …pour
chanter à plusieurs voix.

Un réchaud et des cartouches de gaz (nous ne prenons pas l’avion)

Nos vêtements de montagne habituels et des bâtons de marche, bien utiles pour passer les gués et sonder les tourbières.

J’ai choisi de prendre un ciré (lourd, mais étanche). Mes compagnons
verront leurs vieux gore-tex réimperméabilisés se transformer en
passoires après le second jour de pluie.

Ravitaillement:

Les points de ravitaillement sont rares sur notre parcours.

Inverie, mais c’est le point de départ, et nous arriverons après la
fermeture de la poste-épicerie. Shiel Bridge. Kyle of Lochalsh. Très
peu de chose à Sthratcarron. Lochcarron, mais pas vraiment sur notre
parcours et Kinlochewe. Nous partirons de France avec quatre
bonnes journées de ravitaillement, notamment 3,4 kg de fruits
secs et 8 paquets de Wasa. Pas de lyophilisé, cher et peu gatronomique,
mais de la purée, des pâtes, du muesli, et deux grosses boîtes de vcahe
qui rit (la gestion du stock est très facile: deux vaches qui rit par
personne et par jour.

Nous avons des pilules pour traiter l’eau

Nos sacs sont lourds (plus de 15kg au départ avec le matériel de
camping et le ravitaillement. Nous ne sommes pas adeptes de la
randonnée ultra-légère MUL, mais des mulets à l’ancienne.

Les moyens de transport:

Paris Londres aller-retour en autobus Eurolines 70 euros par personne.

4 pass ferroviaires euroflexipass pour 3 jours de libre circulation sur
tout le réseau britannique (nous aurons droit en prime à un 4ème jour
pour période creuse: 130 euros par personne) achetés chez BMS Boulevard
de Sébastopol. Nous prendrons les wagons-lits du Caledonian Sleeper
entre Londres et Glasgow et Edimbourg et Londres: 65 euros pour chaque
trajet par personne, soit un budget train +bus eurolines de 330 euros
par personne . Il faudra y ajouter 10 livres par personne de traversée
en bateau Mallaig-Inverie par Sea bridge Knoydart un court trajet ebn
bus Shiel Bridge - Kyle of Lochalsh, et au retour le trajet en bus
Poolewe-Inverness. *

A suivre

Nous nous retrouvons tous les quatre à la gare routière de Paris
galliéni, à l’atmosphère assez glauque, mais d’un confort remarquable
si on la compare à celle de Hanovre, par exemple, où l’on peut attendre
le bus sous la pluie et en plein vent. J’ai choisi les trajets
comportant une traversée en ferry. Je n’aime pas la traversée par le
tunnel: on reste enfermés dans le bus qui lui-même est enfermé dans une
sorte de container et l’on a vraiment l’impression d’être un poisson
dans une boîte de conserve.Sur le ferry,on peut tester les gâteaux
anglais, observer le ballet des oiseaux de mer, et le trafic de la
Manche. Un peu long cependant. La prochaine fois, si prochaine fois il
y a, nous prendrons Eurostar.

Le passage à Londres sera peu agréable: nous aurons du mal à trouver le
métro à London Victoria, nous mettrons beaucoup de temps à acheter des
tickets de métro, nos énormes sacs auront du mal à se caser dans les
voitures du métro londonien, bien moins spacieuses que celles de la
RATP, et le fastfood graillonnant de London Euston ne nous laissera
guère de bons souvenirs. Seul épisode amusant dans le style de Jacques
Tati, l’attente sur un banc devant les toilettes: elles sont payantes,
il y a des tourniquets, certains ne fonctionnent pas, il faut avoir la
monnaie, il ya des appareils pour changer la monnaie, mais tous sont en
panne. Il y aussi un tourniquet ouvert. Les mauvais plaisants que
nous sommes vont passer une bonne demie heure à observer la conduite
des britanniques qui passent, qui se font prendre au piège, et restent
beaucoup plus disciplinés que les parisiens. un seul passera par le
passage resté ouvert.

Nous passerons la nuit dans un vrai lit dans le Caledonian Sleeper (le
luxe, d’autant plus que nous avons le matin droit à un café ou à un thé
accompagné d’un shortbread!) Nous arrivons à Glasgow où il pleut et où
nous changeons de gare, non sans saluer la statue de Walter Scott au
sommet d’une colonne dans le square situé à côté de la gare et très
vite, nous prenons le train pour Mallaig

Nous aurons de la chance entre Glasgow et Mallaig. La pluie cesse
rapidement, le temps se lève et nous verrons le loch Long, magnifique,
avec les Alpes d’Arrochar, le Loch Lomond, puis entre Crianlarich et
Bridge orf Orchy des paysages qui me rappellent vraiment parfois mes
Highlands d’Auvergne. La première fois nous étions descendus à Bridge
of Orchy pour prendre le West Highland Way. Cette fois-ci, nous
passerons par le train par Rannoch Moor, Corrour Station et Spean
Bridge, à travers une région incroyablement tourbeuse et boueuse, puis
le long du Loch Treig, fort beau et sauvage.Une fois de plus, nous
aurons la chance de bien voir le sommet du Ben Nevis, enneigé cette
fois-ci. Nous connaissons déjà le trajet Fort William-Glenfinnan, mais
nous revoyons avec plaisir les écluses de Neptune et la colonne de
Glenfinnan. la suite jusqu’à Mallaig sera magnifique, en particulier la
vue que l’on découvre à Arisaig sur Eigg, Rum et Skye. Eigg et Rum,
vues d’Arisaig ou de Knoydart sont de véritables apparitions oniriques.
Je ne saurais trop recommander le trajet ferroviaire Glasgow-Mallaig à
ceux qui découvrent l’Ecosse. C’est nettement mieux que Kyle of
Lochalsh-Inverness, et incomparablement plus beau
qu’Inverness-Edimbourg.

A Mallaig, Whymper et Cyrus auront la chance d’apercevoir un phoque,
attiré par l’arrivée d’un bateau, mais apparemment déçu par l’absence
de poisson. Nous attendrons quelque temps l’arrivée de notre petit
bateau pour Inverie. Vraiment, un petit bateau (une douzaine de mètres
de long).Nous avons dû réserver en téléphonant de Paris. Nous serons
cinq passagers + un container. Il y a là une dame qui voyage avec des
plantes et en particulier plusieurs caisses de pins destinés à la
plantation et il ne reste plus beaucoup de place. Nous ferons la
traversée du Loch Nevis en nous tenant au bastingage, au milieu des
embruns. La brume nous empêchera cette fois-ci de voir le sommet du
Sgurr na Cicche, le “Cervin de Knoydart”. En revanche, nous verrons
très bien le Sgurr na Choinnichean, qui chapeaute curieusement Inverie.

Le débarquement du container sera un peu laborieux. Toute la vie locale dépend ici du ravitaillement par la mer.

Revenir à Inverie, c’est pour nous un pélerinage. J’en rêvais depuis
deux ans. cette fois-ci, l’atmosphère est printanière, il y a des
jonquilles, des poules près du port. Aucun touriste. Le pub The old
Forge, où sont bienvenus les randonneurs, les kayakistes, les
musiciens, les anarchistes, et les politiciens (je n’invente rien,
c’est une citation) est toujours là. Nous nous rendons d’abord au
Bunkhouse. pas de midges cette fois-ci sur le parcours, sublime avec la
vue sur les Cuillins de Rum. Près du Bunkhouse, des chevaux.Sur la
porte, une affiche. Il y a deux ans, c’était “keep the door close for
the midges”, cette fois-ci, c’est “keep the door close for the
birds”.D’après l’affiche, les oiseaux entrent dans le Bunkhouse, parce
qu’ils ont faim, et ils se blessent parce qu’ils deviennent fous à
l’intérieur. Il n’y a personne pour nous accueillir, seulement un mot
aimable: inscrivez-vous, faites comme chez vous, et payez en mettant
l’argent dans la boîte. Il y a une bibliothèque dans le dortoir (nous y
sommes seuls), un cheval viendra nous observer par la fenêtre. Nous
continuerons notre pélerinage en allant dîner au pub, où, bien
accueillis, nous mangerons fort bien , une fois de plus, en
buvant de l’excellente ale. J’aime vraiment beaucoup Inverie et
Knoydart.

A suivre

Premier jour de randonnée. Inverie-Barrisdale. Du Loch du Ciel (Loch Nevis) au Loch de l’Enfer (Loch Hourn

Début de matinée idyllique à Inverie. Il fait beau, alors que la météo
n’annonçait rien de bon et qu’elle prévoit des “thunderstorms” pour le
3ème jour. Les oiseaux chantent. Nous entendrons souvent le
coucou.Quelques moucherons volètent, mais ce ne sont pas des midges.
Nous gagnons le sentier d’abord commun au Mam Meadail et au Mam
Barrisdale, passons au pied du monument de la famille Brocklet,celle
du lord sympathisant du nazisme jadis propiétaire des lieux
maintenant détenus par la Fondation Knoydart . Ce passage nous
avait paru beaucoup plus long il y a deux ans, à la fin d’une longue
étape, et il y avait des midges.

Nous nous arrêterons pour manger au dessus du Loch Dubh-Lochain,
un peu avant le col, dans la pente. Lorsqu’un groupe, même réduit
s’installe, déballe son sac pour s’habiller, trouver de quoi manger, le
coin de montagne se transforme aussitôt en capharnaüm, ce dont je fais
une fois de plus la remarque, bien que j’aie une bonne part de
responsabilité dans l’affaire. C’est habituellement, pour Robin
de Fontainebleau-Sherwood et les esprits les plus éclairés par les
lumières de la science de sa bande, l’occasion de déplorer la
croissance de l’entropie dans l’univers, mais notre Whymper nous
informe que l’on vient de capturer enfin un démon de Maxwell! Nous
pourrions donc enfin espérer la fin du désordre, si tant est que ce
démon de Maxwell puisse être bienfaisant, mais nous approchons du Loch
Hourn, le loch de l’enfer en gaélique, d’après ce que j’ai lu, un loch
qui aurait,lui, un monstre authentique, pas un monstre de pacotille
comme celui du Loch Ness.Je ne suis donc pas sûre que tout ceci soit de
bon augure, je n’oublie pas la prévision météo de “Thunderstorms”
que j’ai lue à Paris avant le départ.

En attendant, nous recevons une petite averse. Nous passons le
col, où nous avons une véritable impression de montagne, alors que nous
sommes à moins de 500 mètres… La température et la visibilité ne nous
donnent pas l’envie d’explorer les pentes de la montagne au-dessus du
col et nous descendons vers la baie de Barrisdale, au bord du Loch de
l’Enfer. Nous délibérons pour savoir si nous allons plus loin. Notre
Whymper et moi-même, nous souhaiterions continuer pour abréger l’étape
suivante, d’autant plus que nous entendons le bruit d’un groupe
électrogène. Il y a déjà une tente sur le terrain de camping officiel
(une livre la nuit), et le bothy est déjà plein, mais Cyrus veut
absolument que nous testions sans tarder le montage de la tente que je
viens d’acheter et nous nous inclinons.

Séance de montage de tentes. Pas trop de problèmes pour la tente neuve,
malgré une toile très tendue et des arceaux qu’il faut dangereusement
courber, Cyrus fait des réflexions dubitatives sur la finesse des
ficelles et des sardines de la tente ultra-légère de notre Whymper
,mais c’est la tente de Théodorine, qui avait fait ses preuves il
y a deux ans, qui donne du souci . La toile, récemment lavée, semble
avoir rétréci, un arceau casse, le plus important, et cela dès le
premier soir!Est-ce la malédiction du Loch Hourn? La catastrophe
pourtant, n’est pas totale, ma tente se révèle très vaste, Cyrus et
moi, nous pourrions accueillir Théodorine, mais une solution parfaite
sera trouvée: ma tente a été vendue avec un bout d’arceau pour
réparation, et les arceaux étant de même section d’une tente à l’autre,
le toujours très ingénieux ingénieur Cyrus réparera l’arceau de
Théodorine. Il est temps d’ailleurs, car cette fois-ci c’est une vraie
douche que le ciel nous envoie. Tout le monde viendra s’abriter chez
nous, et nous nous féliciterons du confort 3 étoiles de notre palace.

A suivre

2ème étape. Barrisdale-Kinloch Hourn . Le long du Loch de l’Enfer.

J’ai bien dormi malgré le démon de Maxwell. J’ai eu chaud dans mon
vieux duvet, je me félicite d’avoir pour cette randonnée investi dans
un “sac à viande” pour employer le vocabulaire raffiné des montagnards,
un sac à viande en soie, tout blanc, tout neuf, qui, selon mes
compagnons charitables, me fait ressembler à un gros ver blanc.Le
groupe électrogène s’était arrêté tôt dans la soirée, donc Whymper
était satisfait. Ce matin, il ne pleut pas, et ,tandis que nous
mangeons notre pâtée matinale à base de muesli, de flocons d’avoine et
de lait en poudre, nous voyons un grand troupeau de cerfs
traverser la prairie. Je tente de les photographier et de les filmer,
mais un peu tard.Nous partons pour la rive du loch Hourn, nous
rencontrons des chevaux et des moutons (nous avions vu très peu
d’animaux domestiques ou sauvages en Juin 2010) et nous avons bientôt
une vue extraordinaire sur le Loch Hourn et le Laddhar Beinn, le grand
Munro de Knoydart.

Le chemin qui longe le loch, avec malgré tout un certain nombre
de montées et de descentes est magnifique et facile, on en oublie qu’il
est par moments bordé par d,es à pics lors de passages étroits (très
faciles, je le répète, bien que ce ne soit pas le moment de trébucher).

Nous pensons à nouveau au démon de Maxwell, et notre Whymper, pour nous
instruire, nous parle des chats morts-vivants de Schrödinger et des
jumeaux de Langevin, dont l’un vieillit et l’autre ne vieillit pas
puisqu’il se déplace à la vitesse de la lumière. Le Loch Hourn tout
entier se peuple pour moi de créatures infernales se déplaçant à la
vitesse de la lumière dans des remous en anneaux de Moebius, et le
soleil fait place régulièrement à de micro-averses, qui, je le crains,
n’augurent de rien de bon pour le lendemain. Insuffisamment soucieux de
l’avenir, malgré tout nous flanons, et malgé la faible longueur de
l’étape, nous n’arrivons qu’après 16h à Kinloch Hourn. Nous nous
installerons au camping officiel, désert, mais payant (une livre), où
nous susciterons l’étonnement des cerfs. L’un d’entre eux s’approchera
même beaucoup pour voir à qui il a affaire. Des chevaux nous rendront
visite. Un habitant du lieu nous dira que l’on n’annonce pas de tempête
pour le lendemain. J’hésitais beaucoup sur la suite de l’itinéraire:
passer sur Arnisdale et commander le bus Arnisdale-Shiel Bridge qui
circule deux jours par semaine à la demande en cette saison? Passer sur
le Loch Quoich puis Cluanie Inn? Emprunter le Bealach Aoidhailean pour
rejoindre le bothy de Suardalan puis Shiel Bridge? Nous opterons
finalement pour la solution la plus élégante et la plus difficile, le
passage direct sur Shiel Bridge par le Bealach Coire Malaghain, à 700
mètresd’altitude, tout près du Saddle, et le Meallan Odhar. Nous nous
couchons tôt, en décidant de nous lever à 6h30 pour partir à 8h30,
c’est-à-dire tôt pour les paresseux que nous sommes.

A suivre.

Bonjour Calamity Jane.
Merci pour votre recit de voyage…que je vais lire en detail des mon retour en Belgique ! Je suis de retour a Edimbourg depuis hier soir apres une semaine a Morar…vistes a Eigg, Muck, Rum et Knoydart…meteo formidable, un peu de pluie le lundi matin puis soleil, soleil, soleil !

je ferai un récit détaillé de cette étape, car cela peut être utile à ceux qui voudraient emprunter ce passage.
Nous disposions du topoguide du Cap Wrath Trail qui indique le trajet en surcharge d’un extrait de carte au 25millième, et de la carte Harvey Knoydart. Kintail. Glen Affric au 40millième, plus précise que les cartes Ordance Survey au 50millième, accompagnée de toutes sortes de renseignements et d’une carte géologique,
Nous nous sommes un peu trompés en sortant du village,(il aurait vraisemblablement fallu pousser un portail, mais nous avons craint d’envahir une propiété privée, et nous nous sommes retrouvés trop loin ,à l’autre bout du village, mais cela nous a malgré tout permis d’admirer le Loch Hourn sous un autre angle.Nous avons alors suivi une traced’animaux, un peuraide, le long d’une clôture, pour rejoindre la ligne à haute tension qui sert de repère (elle vient du Loch Quoich et suit le sentier en passant après par le bealach Aoidhailean. Nous avons trouvé un bon chemin que nous avons suivi un cerain temps, laissant de côté l’itinéraire du bealach Coire Sgoireadail et du bealach Duibh Leac, par lequel on peut rejoindre le Glen Shiel à Malagan Bridge. Je dis alors à mes compagnons de songer à Bonnie Prince Charlie poursuivi par les Tuniques rouges dans ce secteur. Les jacobites passaient par la montagne, tandis que leurs poursuivants se tenaient, si j’ai bien compris, plus prudemment au fond des glens, Peut-être craignaient-ils de se rompre les os. Théodorine me suggère alors d’adopter un chat rouquin et de l’appeler Redcoat. Le début de l’étape est facile, mais c’est après, d’après le topoguide, que les choses plus sérieuses commencent.
A suivre

Un peu plus tard dans la montée, nous apercevons une série de lacets et ma mémoire me joue un tour (je ne consulte pas la carte). Je crois qu’il faut les emprunter pour accéder au bealach Coire Malaghain. Nous nous apercevons en débouchant sur une croupe herbeuse, que ce n’est pas le bon moyen d’accéder au col, et nous descendrons en tous terrains pour rejoindre le cours de l’Allt Coire Malhagain. cette erreur (peut-être 100 mètres de montée inutile) nous a cependant permis vraisemblablement d’éviter une zone tourbeuse un peu pénible.Nous reprenons la montée vers le col, sur la rive Est de la rivière et le terrain est de plus en plus raide. Le topoguide dit que c’est vraimment raide, mais à peine du scrambling. Ce n’est pas difficile, mais c’est franchement pénible avec un gros sac, et je peine dans la fin de la montée. Théodorine aussi, bien qu’elle participe assez régulièrement à des marathons. il faut dire que nos sacs dépassent le quart de notre poids, assez largement dans son cas. L’arrivée au col, où les hommes nous ont précédées, à l’aise, ne sera pas très agréable. Le temps s’est gâté. Nous sommes accueillies par une averse de grésil. Il y a du vent. Nous avons froid. Il y a un peu de neige sur le Saddle. J’ai tout de même le soulagement de voir qu’il y a de la visibilité, et je repère tout de suite le passage presque horizontal qu’il faut emprunter à l’ouest sous le Saddle, plus précisément sous Forcan Ridge, je crois, pour rejoindre le Meallan Odhar. J’ai été grandement aidée pour cela par le récit avec photos trouvé sur internet dans “my walking world” de David Preston. le souvenir de deux photos très précises ne me laisse aucun doute.Ce chemin, très rocheux, n’est pas très confortable, mais il est extrêmement net, et nous atteignons sans encombre le bealach na Craoibhe. Nous sommes dépassés par de smontagnards écossais rapides et peu charg&és qui descendent visiblement du Saddle pour rejoindre Malagan Bridge. Au col, notre Whymper trouve sans problème l’itinéraire de descente hors sentier vers la rivière Allt a’ Coire Chaoil, par une pente herbeuse facile. A suivre.

Du col , nous avons une fort belle vue sur le Glen Shiel. nous avons aperçu le Loch Duich, but de notre étape,mais nous savons que nous ne sommes encore assez loin d’être arrivés
La descente vers la rivière est effectivement facile, tellement même que trop décontractée, je glisse sur la boue couverte d’herbe et me retrouve peu glorieusement par terre, mais la boue est moelleuse. Le topoguide nous engage à prendre le plus vite possible la rive Ouest de la rivière. Nous llons alors entamer un long parcours de traversée de tourbière, qui nous contraint à contourner sans cesse des passages trop humides. Nous perdons beaucoup de temps. Lorsue nous arrivons au confluent des deux rivières qui se réunissent pour former l’Allt Undalain, nous sommes assez fatigués. Nous devons franchir un gué pour rejoindre le chemin situé sur la rive Ouest, et Cyrus, habituellement très habile dans ce genre d’exercice, effectue une petite chute sans gravité aucune, mais noussommes tous tombés au moins une fois depuis la descente du col. La fin de l’étape, sur un bon chemin pourtant, nous paraîtra interminable. Il pleut maintenant assez sérieusement,notre Whymper souffred’une tendinite, et il accusera la carte de confondre les miles et les kilomètres.
Lorsque nous arriveronsenfin à Shiel Bridge, le camping officiel nous paraîtra peu accueillant, et nous choisirons de tenter notre chance à l’auberge de Ratagan. Je ne suis pas totalement sûre qu’elle soit ouverte, et je redoute qu’elle soit pleine, mais nouschoisissons de faire 3 kilomètres supplémentaires. Nous arriverons finalement à 8h du soir, vraiement fourbus et mouillés.Il ya de la place et nous sommes très aimablement accueillis. C’est un vrai bonheur pour nous de nous retrouver au chaud et au sec. Nous sommes finalement heureux tous lesquatre du choix de cette étape,qui nous a permis de saisir un peu mieux l réalité de la montagne écossaise. A suivre.

Ratagan est une belle auberge de jeunesse,située juste au bord du loch Duich, et accueillante pour les jeunes de 7 à 77 ans dont nous faisons partie. Nous n’avons guère faim, bien que nous n’ayons mangé que légèrement, dans le froid et la pluie au bealach Coire Mhalagain vers 13h, mais nous mourons de soif. Nous avions négligé de renouveler notre provision d’eau au cours de cette descente qui s’est révélée beaucoup plus longue que prévu, et Théodorinenous explique doctement que les tendons se déshydratent très vite, d’où la tendininte de notre Whymper. Moralité: prenez le temps de boire de l’eau bien froide, même lorsqu’il pleut et que vous êtes transis de froid. Depuis notre départ d’Inverie, nous rêvons de bière. rien bien sûr à Barrisdale. Tout était fermé à Kinloch Hourn. Heureusement Nous trouvons de la très bonne ale dans l’auberge de jeunesse. Cela contribue à notre euphorie. J’avais envisagé initialement de continuer sur Killilan par le Sgurr an Airgid,et Coire Dhuinnid, avec un petit tronçon hors sentier, dans les tourbières probablement. Il me paraît plus sage, vu notre état présent (le mien en particulier, de rejoindre directement le Glen Carron par le bus jusqu’à Kyle of Lochalsh, puis le train jusqu’à Strathcarran.
A suivre

Nous quittons Ratagan le lendemain à 10h (c’est le dernier délai), et nous faisons jusqu’à Shiel Bridge un trajet sur la route moins arrosé que la veille. Le loch Duich est beau, mais beaucoup moins que le loch Nevis et le loch Hourn, qui sont à ce jour à mes yeux lles plus beaux lochs maritimes d’Ecosse, dans leur magnifique isolement. La vue du bitume, m’afflige toujours, même sur lespetites routes. Nous n’aurons pas le temps de chercher l’épicerie de Shiel bridge. Nous prenons presqu’aussitôt arrivés le bus pour Kyle of Lochalsh, en apercevant au passage Eilean Donan Castle, qui, après Knoydart et notre belle étape de la veille, me paraît encore plus décevant qu’il y a deux ans. Je pense vraiment que ceux qui ciculent en voiture, plutôt que de visiter ce château reconstruit, devraient prendre le col de Ratagan pour aller admirer, le Loch Hourn à Arnisdale, et marcher ensuite jusqu’à Corran, d’où l’on doit voir fort bien Barrisdale et le Laddhar Beinn.Mais j’espère très égoïstement que ce conseil ne sera guère suivi, pas plus que celui de se rendre à Kinloch Hourn pour marcher en direction de Barrisdale. J’ai trop aimé le loch Hourn pour souhaiter qu’il soit victime d’une invasion touristique.
Arrivés à Kyle of Lochalsh, nous avons plusieurs objectifs: nous ravitailler, trouver une fiche horaire de la ligne Kyle of Lochalsh-Inverness et trouver un pub accueillent, pour manger et boire de la bonne ale.Echec total pour le troisième: impossible de trouver un endroit pour manger assis (ce n’est pas encore, apparemment, la saison touristique), nous renouvellerons nos provisions pour plusieurs jours: il faut que nous tenions jusqu’à Torridon ou Kinlochewe, mais impossible de trouver du lait en poudre à Kyle of Lochalsh.En allant à la gare, nousvoyons un train à vapeur qui semble prêt à partir. Ce train va en fait avoir un certain nombre de problèmes, et il retardera le train que nous devons prendre jusqu’à Strathcarron, mais nous aurons notre fiche horaire. Finalement, nous nous contenterons de l’ale achetée au musée du chemin de fer.
Kyle of Lochalsh ne restera pas pour nous un très bon souvenir: nous y avons perdu du temps, car nous avons attendu le train et nous n’avons pas pu comme nous l’espérions manger à l’écossaise,ent oubliant pour un repas notre austère nourriture de marcheurs. En revanche, le trajet par le train sera très beau (nous n’avinos guère vu le paysage il y deux ans,sur le même parcours, à cause du mauvais temps.
A Strathcarran, le post office, qui fait épicerie, vend de belles cartes postales, mais pas de lait en poudre. Nous partons en direction de la rivière Carron, à la recherche d’un lieu de camp, et très vite, nous trouvons un emplacement favorable, au milieu des ajoncs, sous des aubépines géantes, sur le chemin de Coulags.
Je me souviens que Iain- Phradaig m’a recommandé le Spar de Loch Carron, et je pars en expédition avec Théodorine acheter du lait en poudre à Loch Carron, laissant les deux hommes monter les tentes et préparer les fourneaux.
Nous avions sous-estimé la distance qui nous séparait par la route du Spar de Loch Carron (à peu près 10km à pied pour l’aller retour). Nous y achèterons la dernière boîte de lait en poudre disponible, mais aussi du saumon fumé, des fruits et un excellent cake pour nous faire pardonner notre longue absence, et surtout 6,5 litre d’eau (je vais porter une bouteille de 5 litres en plastique, parce que nous n’avons pas envie de boire l’eau de la rivière Carron, et il n’y a guère d’autre possibilité dans ce secteur trop civilisé.Notre absence a été jugée bien longue, mais la soirée sera plaisante, au milieu des ajoncs en fleurs, et nous devons passer le lendemain le Bealach na Lice pour atteindre Torridon.
A suivre

L’itinéraire que nous allons emprunter entre le Glen Carron et Kinlochewe n’est pas celui que préconise le guide du Cap Wrath trail. J’ai écarté le passage par le Coulin Pass parce que nous souhaitons un itiniréraire plus montagne et je souhaite voir le loch Torridon.
Nous partons sous le soleil ,ce qui nous met de bonne humeur en direction de Coulags, sur un chemin d’abord, sur la route ensuite, ce qui est moins plaisant. A Coulags, nous trouvons sans problème le bon chemin qui va nous conduire au bealach na Lice. Nous rencontrons, comme ce sera le cas plusieurs fois des randonneurs écossais d’un certain âge, pour ne pas dire d’un âge certain (c’est chose fréquente en Suisse, beaucoup moins en France). Bref, ils me paraissent plus âgés que nous, et cela nous conforte dans nos espérances pour l’avenir. Le temps se gâte un peu, et au bout de trois kilomètres, nous arrivons à une cabane de chasseurs, bien aménagés. Cyrus va nous faire clairement comprendre qu’il souhaite manger assis dans cette cabane, à l’abri (il est midi, nous sommes partis assez tard, paresseux que nous sommes) et je décide malgré ma profonde réprobation morale de ne pas contrarier mon spécialiste des fourneaux, inventeur de paravents, de stabilisateurs de réchauds ,cuisinier, monteur de tentes, réparateur de bâtons, dompteurs d’objets récalcitrants en tous genres.Nous nous attardons trop, comme d’habitude, le temps (weather et time tout à la fois) ne nous permet pas de faire la moitié du circuit du Maol Chean - dearg par le bealach a’ Coire Gairbh, plus élevé. Nous atteignons un petit loch assez joli, laissons à droite le chemin du bealach Ban ,qui permettrait de descente sur la Ling Hut.
De l’autre côté du bealach na Lice, le paysage est fort beau, désolé, quasi lunaire près du Loch an Eion. Nous voyons à la descente les belles falaises du Liathach, puis du Beinn Eighe. D’en haut, cela évoque un canyon, assez grandiose. En descendant, nous découvrons le Beinn Alligin, l’extrémité du Loch Torridon et de longs promontoires rocheux issus de la péninsule d’Appelcross, qui dans la lumière étrange d’un après-midi pluvieux prennent une apparence quasi fantastique. Mais cette descente sur Annat me paraît longue,nous ne nous arrêtons guère à cause des averses qui se succèdent, nous devons emprunter la route pour rejoindre Torridon et nous sommes assez trempés. Nous rêvons de pub, de bière, d’auberge de jeunesse, de nuit au sec, mais à notre grande déception, l’AJ est pleine, non pas de jeunes sportifs, mais de vieux (nous ne sommes pas charitables envers nos semblables) venus là en voiture. Il n’y a pas de place pour nous quatre, l’un d’entre nous devrait aller dans un bed and breakfast à l’autre bout du village, et l’on sépare les hommes et les femmes, alors que nous souhaitons rester tous ensemble. Nous nous résignons donc à camper sur le campsite officiel, mais je suis franchement déçue.
A suivre

A Torridon, je me sens fatiguée, parce que dépitée.Je refuse une répétition chorale sous la tente (Cyrus est venu avec quelqiues partitions, un negro spiritual, deux Nocturnes et un canon de Mozart), prétextant que je dois consulter les cartes pour le jour suivant. Nous avons effectivement une décisionà prendre.
Le temps s’annonce vraiment mauvais pour le lendemain, les problèmes de tendinite de l’un d’entre nous ne s’arrangent pas (c’est rarement le cas lorsqu’on marche beaucoup et que le temps est humide), rejoindre Kinlochewe par le Tripple Butteress puis le Maol Cheannan ou par Bridge of Grudie se révèle problématique
Il y a du tous terrains qui peut être difficile, nous risquons le brouillard, notre progression a de fortes chances d’être très lente, et trouver un lieu de camp intermédiaire n’est pas évident.Nous sommes arrivés le mardi 24 Avril au soir à Torridon et nous devons absolument prendre le bus à Poolewe le 30 Avril au matin à 8h05.
Il ya deux autres solutions , un itinéraire maritime par Lower Diabaig, Red Point et Gairloch, mais trop de marche sur la route à la fin, ou rejoindre Kinlochewe directement par le Glen Torridon. Nous pouvons même emprunter le car de ramassage scolaire.
Finalement, mes compagnons décident de rejoindre Kinlochewe directement, mais à pied, par la route. Le car de ramassage scolaire part trop tôt à leur gré, et nous sommes là pour marcher.
Le parcours de Torridon à Kinlochewe sera notre retraite de Russie: le vent souffle parfois en rafales (Théodorine et moi, nous sommes parfois déséquilibrées, pas ces messieurs), il tombe du grésil et la présence des voitures et camions qui roulent par intermittence n’est pas un plaisir, mais finalement nous progresserons nettement plus vite que prévu (on marche beaucoup plus vite sur le bitume que dans une tourbière, tous les cours d’eau étant franchis sur un pont, nous ne mourrons pas noyés dans la Beresina. Nous nous apercevons tout de même lorsque le temps s’améliore (relativement) que l epaysage est beau. Je serai vraiment étonnée que nous arrivions si vite près du Loch Clair, où débouche l’itinéraire du Coulin Pass, et nous n’en croirons pas noss yeux quand nous arriverons à Kinlochewe.
A suivre

Kinlochewe, c’est près du Loch Maree, le lieu où passe un bus, un jour sur deux, c’est aussi un point de ravitaillement. Je crois avoir lu sur internet qu’il y avait une sorte d’auberge de jeunesse, à quelques kilomètres, d’après la carte, il y a un terrain de camping. Pour l’heure, nous avons faim, nous n’avons mangé que très légèrement à cause de la pluie, et à vrai dire,il ne nous reste plus guère que des pains wasa légers,De mauvais esprits appellent le wasa en général"basalte", ed’autres le wasa léger “wasa carton”.Par souci de ne pas décrier les pains suédois en général, ni la wasa en particulier, je dois par honnêté dire que selon Alain Ducasse (extrait d’un article paru dans le journal “Elle”, rien n’égale sur le plan gastronomique une tranche de wasa accompagnée de pâté Henaff. Aucun de nous ne conteste les qualités despains suédois, mais au bout de quelques jours de pain wasa, on rêve de baguette croustillante et de mie de pain moelleuseNous rêvons aussi de bière, depuis Kyle of Lochalsh. Chaque année, quand nous randonnons, dès le premier jour, nous commençons à imaginer ce que pourrait être le banquet final ou le repas de la réunion photos. J’ai lu avec intérêt dans “vers l’Antarctique” de Shakelton, que ce grand homme que nous admirons beaucoup, Cyrus et moi , ne cessait avec ses compagnons d’évoquer les repas extraordinaires qu’ils feraient à leur retour. J’ai vraiment beaucoup de sympathie pour Shakelton, qui fait un éloge vibrant et légitime du chocolat, qui voit dans la guitare un objet de première nécessité lorsqu’il faut abandonner l’“endurance”, qui déclare ouvertement détester la présence d’un petit caillou sous son sac de couchage en se comparant à la princesse au petit pois d’Andersen (Cyrus est comme Shakelton un prince au petit pois, et évoque avec un réalisme remarquable le désagrément que l’on éprouve lorsqu’on doit dormir dans un sac de couchage mouillé. Bref, j’aime Shakelton.
A l’entrée de Kinlochewe, il y a un banc. Les deux premiers s’y affalent, suivis par les deux autres. Nous prenons conscience que nous sommes devant le Whistle Café, d’où sort un homme qui nous adresse en riant des propose que nous ne comprenons pas. Le lieu, ô miracle paraît ouvert.
A suivre

Nous entrons dansle whistle café, une construction extérieurement modeste, mais l’intérieur est charmant. Il y fait bon, et nous déposons
près de l’entrée nos sacs dégoulinants et nos bâtons, tout notre attirail de marcheurs. Une dame bien aimable nous accueille, nous demande d’où nous venons, si nous savons où nous allons passer la nuit. Bien entendu, nous n’en savons rien, c’est d’ailleurs l’une desrègles du jeu que nous adoptons que de ne rien réserver, moyens de transport mis à part quand c’est indipensable.“You are crazy!”, sera son seul commentaire, mais dit sur un ton tel que nous nous sentons accueillis et compris.(Elle évoque pour nous une servante de Molière admonestant sesmaîtres insensés) .Elle nous servira en plein milieu d’après-midi d’excellents breakfasts (ventre affamé n’a pas d’horaire), et des scones, accompagnés de “traditional ginger beer”. Le whistle café, pour nous, c’est mieux que Bocuse. Et cette dame nous indique l’hôtel qui comporte un bunkhouse, où nous trouverons de la place. Comme notre modification d’itinéraire fait que nous sommes plutôt en avance désormais, nous décidonsde rester deux nuits au bunkhouse, d’autant plus qu’on nous annonce un temps exécrable pour le lendemain. Je précise que l’hôtel affichesur sa porte que les “walkers” sont bienvenus.
A suivre

Le bunkhouse de l’hôtel n’est pas très grand, mais il a une cuisine très bien équipée, où l’on mange à son aise. Quand nous arrivons, vers 16h, le dortoir est à moitié occupé par des dormeurs, et nous nous efforçons d’être (relativement) silencieux, mais ils vont dormir très longtemps encore, quasiment sans interruption jusqu’au lendemain. Nous apprendrons que ce sont des kayakistes qui se sont épuisés à ramer contre le vent. La vie sauvage dans les Highlands nécessite décidément une certaine énergie.
Juste en face du bunkhouse (on fait vite le tour de Kinlochewe), il y a un arrêt de bus et le post office, un lieu étonnant. ce n’est pas seulemet la poste. On y trouve du ravitaillement (beaucoup de choix) , des cartes de randonnée, des cartes postales, fort belles, des sprays anti-tiques, de la corde à linge pour randonneurs, des chaussures de montagne, en résumé tout ce que peuvent souhaiter ceux qui, comme nous ont adopté volontairement une existence de pauvre hère. Nous n’avos pas vu pareille abondance depuis Lochcarron . Ce n’est pas tout, il y a une seconde épicerie à la station service. L’accueil sera partout très aimable. Devant tant d’opulence, nous ne saurons pas trop où donner de la tête, Théodorine et moi, nous oublierons de racheter du beurre, cherchant vainement des kippers, nous nous contenterons de deux petites boîtes de maquereaux, ce qui nous vaudra lors des trois derniers jours des critiques sévères. Mais pour le moment, l’humeur est à la liesse.
Le lendemain, le temps est toujours mauvais. Nous décidons cependant de marcher (nous sommes là pour ça, et nous décidons donc de parcourir le Beinn Eighe Mountain Trail, un petit circuit qui devrait nous procurer une belle vue sur le Loch Maree et le Slioch d’une part, et sur la zone que nous aurions dû parcourir entre Torridon et Kinlochewe, si les circonstances ne nous avaient pas fait renoncer à notre programme initial.
A suivre

Nous nous rendons par la route au départ du circuit. Des panneaux explicatifs sur la région, la faune, la flore, la géologie, qui nous promettent même une plaisante “midgeless walk” à l’intérieur d’un bâtiment. J’ai déjà lu dans le Guide du Routard que les midges affectionnent les rives du Loch Maree. Nous découvrirons les jourssuivants qu’il en est de même pour les tiques. Pour l’heure, les midges ne sont pas encore nées, ou pas encore en âge de nuire.
Au départ du circuit, un panneau met en garde contre les passages glissants, les ravins, etc. Nous choisirons de monter par l’itinéraire le plus facile et de descendre par l’itinéraire le plus raide. L’itinéraire est bien balisé, la montée est relativement raide, mais aisée.Elle va nous procurer, malgré la brume, de belles vues sur le Loch Maree, puis arrivés au sommet, à 550 mètres d’altitude, sur le passage du Maol Cheannan et les montagnes qui le dominent, mais le froid et le mauvais temps, et la brume vont nous dissuader d’essayer de descendre dans cette zone pour rejoindre Kinlochewe par un autre chemin. Nous prendrons juste le temps de manger très légèrement avant de redescendre le plus rapidement possible par le circuit balisé.L’appel du Whistle café est irrésistible et l’emporte sur toute autre considération.
L’itinéraire de retour est beaucoup plus raide que le précédent: un court passage
où il est utile de s’aider des mains. rien de très méchant cependant. Nous reviendrons sans encombre à Kinlochewe, heureux de nous être dégourdi les jambes et finironsl’après-midi au Whistle café.
A suivre.
Calamity Jane

Dès notre premier voyage en Ecosse il y deux ans, j’ai été attirée par Knoydart, et j’ai rêvé du Great Wilderness, la région qui s’étend au Nord-Est du Loch Maree jusqu’à la route qui va du Little Loch Broom aux Falls of Measach, une région montagneuse quasi inhabitée avec de beaux sommets et de beaux lochs, à en juger par Google images. Il nous reste 3 jours pour atteindre Poolewe, de manière détendue, et nous aurons la chance d’avoir une tempsde plus en plus beau, les dernier jour sans une seule goutte de pluie.
Nous entreprenons le premier jour de suivre la rive Nord-est du Loch Maree, en passant au pied du Slioch, d’abord sous un soleil radieux, puis avec quelques gouttesde pluie par intermittence. La carte Ordnance Survey au 50000ème indique un chemin le long du Loch jusqu’à Letterewe. Nous allons donc le suivre, sansroblèmes particuliers, à part un passage bien tourbeux et spongieux dans un cirque au pied du Slioch, où la traversée d’un cours d’eau nous conduira à faire un assez long détour pour trouver un passage aisément guéable. Nous ne souhaitons pas pousser jusqu’à Carnmore (il nous reste du temps. Nous allons donc progresser assezparesseusement, d’autant que le paysage s’y prête, et nous trouverons peu avant Furnace un beau lieu de camp, une terrasse boisée au dessus du Loch Maree, pas trop humide ( à part un passage bien spongieux près de ma tente). Il y a un petit cours d’eau pas loin, nous arriveronstôt dans l’après-midi et passerons une délicieuse après-midi de farniente, occupée notamment à chanter à 3 voix, Cyrus étant ténor, et notre Whymper basse.Théodorine se joint à moi pour assurer la partie soprano (elle n’est pas encore assez sûre d’elle pour assurer seule une partie). Cyrus a pensé que la partie soprano 2 des Nocturnes de Mozart pouvait être chantée par un ténor.
Journée parfaite en apparence, sauf que nous prenons conscience que nos provisions diminuent beaucoup (insouciance de ma part à l’idée que nousallons retrouver sous peu la civilisation) et nous apercevrons le lendemain que ce lieu paradisiaque était infesté de tiques.
A suivre.
Calamity Jane

…de retour en Belgique depuis tard mercredi soir, je n’ai pas encore eu le temps de lire en entierté votre réçit… En tout cas, vous etes admirable ! Meme si j’ai visité beaucoup mon pays dans mon enfance…et que je continue à nouveau depuis 2005…jamais je ferais les périples comme vous faites ! Je vous envie… et admire ! Je suis meme désolée de lire aucune commentaire concernant votre réçit sur ce forum…tandis qu’on lit éternellement les memes questions… :wink:
Bon, cette année nous avons quand meme fait un petit voyage au nord-ouest sans voiture ! Ca nous a meme fait plaisir de voyager en train/bus/ferries…et à pied ! (autres “contacts” qu’en voiture…! ). Meme que nous avions loué un cottage pour une semaine, nous avons fait un aller-retour de 10km à pied pour acheter notre alimentation le dimanche puis encore une balade de 8km après…et c’était très bien ainsi… !

Ce 9 ème jour, dans un cadre magnifique, sera marqué par les tiques et par la famine, si j’en juge par l’attitude de souffrance discrète que ces messieurs vont afficher jusqu’à la fin. Pas de reproches ouverts et violents, mais une dignité pathétique savamment jouée une plainte à vous tirer des larmes dont le thème récurrent sera : 25g de maquereau par personne et par jour (en négligeant bien évidemment la bonne réserve de muesli et de flocons d’avoine dont nous disposons encore, sans parler de quelques autres provisions). Il est vrai malgré tout que je vais instituer avec le soutien de Théodorine une dictature de salut public dans la gestion des stocks.
Nous avons d’abord une vue magnifique et très étendue sur les montagnes du Sud et sur les zones lacustres de l’Ouest et du Nord Ouest. Nous montons ensuite les pentes du bealach Mheinnidh, à près de 500 mètres d’altitude.Toujours une vue splendide (elle l’est de plus en plus) du côté du Loch Maree. Arrivés au col, nous découvrons le Fionn Loch, et, au delà de grandes étendues lacustres, la mer. Nous entrons dans le Great Wilderness.
Avec Knoydart, ce sera le souvenir le plus marquant de ce second voyage.
Nous descendrons lentement vers le Fionn Loch, Théodorine et moi. Théodorine ramasse des cailloux dont elle remplit son sac, m’explique les différences entre les roches et me montre même de la jadéite (si j’ai bien compris le nom). Rien ne nous presse, car nous voyons la digue qui sépare la Fionn Loch du Dubh Loch. Le lieu semble désert, le Dubh Loch est surmonté par les hauteurs enneigées de l’A’ Mhaighdean.Nous pourrions nous croire au bord d’un lac d’altitude alors que nous sommes à peu près au niveau de la mer. Vraiment un très beau lieu, même pour des gens aussi difficiles que nous.
A Carnmore, nous sommes très surpris de découvrir une belle maison, qui semble inoccupée en ce moment. Aucune route n epermet de l’atteindre. J’ai déjà vu il y a deux ans des cas semblables sur les rives du Loch Nevis . Je suppose que les propriétaires se rendent en bateau dans leur maison. (Nous avons été très étonnés, cette année, le second jour, de retrouver à Kinloch Hourn le fermier de Barrisdale alors que nous ne l’avons pas rencontré sur le chemin: il a dû vraisemblablement naviguer sur le loch Hourn).
Inquiets d’abord à la vue de cette maison : où installer notre camp, nous apprenons par une pancarte que nous sommes les bienvenus à quelque distance, et que nous pouvons profiter d’une cabane.La cabane, plusque rustique, est grande, et comporte plusieurs lits. Elle est déjà occupée par une jeune belge flamande qui semble tout droit sortie d’un tableau de Botticelli. Elle est là, seule pour quelques jours, décidée à grimper plusieurs munros. Comme nous, elle est venue ici parce que c’était un un endroit très sauvage. Je lui parle donc de Knoydart et du Laddhar Beinn.
Nous la verrons grimper gracieusement sur un petit rocher et s’étirer avec des gestes semblables à ceux d’une danseuse dans les rayonsdu soleil couchant. Un spectacle presqu’irréel dans ce cadre sauvage.
Nous passerons une partie de la soirée avec elle. Nous lui offrons du thé, elle partage avec nous sa mousse au chocolat (je crois que nos hommes prétendûment affamés l’ont apitoyée).
Resté seuls , nous répéterons nos chants.
Nous verrons arriver un randonneur écossais, le soir. Il dormira tard, alors que nous la verrons partir d’un bon pas au soleil levant.
A suivre.
Calamity Jane

Carnmore, c’est un très beau lieu, mais notre soirée et le début de notre dernier jour de randonnée sont marqués par la découverte des tiques que nous avons vraisemblablement attiré sur les rives du Loch Maree.Notre jeune flamande connaît elle aussi les tiques, elle a même dû être soignée pour la maladie de Lyme.
Notre Whymper er moi-même nous sommes les plus atteints. Nous en avons chacun ramassé une quinzaine, et pourtant, nous sommes habillés des pieds à la tête de vêtements protecteurs. Théodorine n’a dû en ramasser qu’une ou deux au coursde cette randonnée, et Cyrus aucune. Il est un peu vexé de ne pas être apprécié par les tiques, alors qu’il a beaucoup d’affection pour tout le monde animal. Ces tiques sont pour la plupart très petites, mais très solidement fixées, et difficiles à extraire, les tire-tiques que j’ai apportés ne sont pas très adaptés pour des insectes aussi petits.
Le parcours vers Poolewe sera facile, dans un cadre magnifique.Mais l’approche du Loch Kernsary sera bien désagréable. Le large chemin dans la forêt est coupé par des mares d’eau mêlée de purin, puis couvert de paille, de crottin, et de croquettes pour bétail. Une horreur infecte qu’il nous faut traverser, pas une belle et bonne sauvage tourbière.
Nous dînerons frugalement en vue du loch Kernsary, et nous reprendrons notre chemin en vue de Poolewe, non sans faire une longue halte au bord du Loch Kernsary, dans un endoit magnifique, au soleil. Le loch est d’un bleu incroyable.
A suivre.
Calamity Jane

A Poolewe, je sais qu’il y a les jardins d’Inverewe, et je suis très intéressée par les jardins, mais notre souci premier est d’abord de nous établir pour la nuit (nous devons prendre le bus le lendemain à 8h05), d’autre part, nous avons faim, comme toujours.
Nous trouvons facilement à camper au camping-caravaning de Poolewe. Normalement, nous ne fréquentons pas des lieux de ce genre, mais nous avons besoin de nous rendre un peu plus présentables, avant de retrouver la civilisation.
Le camping est très bien situé, il a vue sur la mer, mais du même coup, nous ressentons le vent du large, et le montage des tentes s’avère difficile, nos tentes manifestent un fâcheux désir de se transformer en montgolfières. D’autre part, la toile de nos tentes manifeste une curieuse tendance à rétrécir, et nous avons le plus grand mal à fixer nos arceaux : nous ne voulons pas prendre le risque de les casser.Nous offrons donc un spectacle divertissant aux touristes installés avec leur camping car.
Une fois installés, nous pourrionsbien entendu aller visiter les jardins d’ Inverewe, mais nous donnons priorité à la recherche de l’arrêt d’autobus, situé devant le post office, à la recherche d’une nourriture consistante accompagnée d’ale. C’est le dimanche, et tout nous paraît fermé. Par bonheur, l’hôtel et son restaurant sont ouverts, et nous n’aurons donc pas à nous contenter d’un repas de muesli et flocons d’avoine.
Nous sommes heureux d’avoir terminé. Nous avons donc Théodorine, Cyrus et moi, effectué à pied en tenant compte de ce que nous avons fait en 2010, le parcours intégral Glenfinnan-Strathan-Sourlies-Inverie-Barrisdale-Kinloch Hourn-Shiel Bridge, puis repris notre progression versle Nord à partir de Strathcarran jusqu’à Poolewe. C’est là la version que j’ai choisie pour notre Cap Wrath Trail.
J’ai renoncé à la section Shiel Bridge-Glen Carron. Je l’intègrerai peut-être un jour à l’exploration de la zone Glen Affric, Loch Mullardoch, loch Monar, loch Calavie, qui peut poser des problèmes de ravitaillement et de passage de cours d’eau, mais semble vraiment bien sauvage.
J’aimerais convaincre mes compagnons de reprendre l’aventure, en continuant vers le Nord, en traversant tout le Great Wilderness pour aller jusqu’au Cap Wrath, mais en prenant le chemin des écoliers, et en faisant des efforts modérés, cela risque d’être long. D’autre part Skye et Rum m’attirent, ainsi que Mull Iona, Staffa, Jura, et les Lowlands. Nous sommes aussi attirés par beaucoup d’autres choses.
Mais au mois d’Avril, je pense sincèrement qu’il n’y a rien de mieux que l’Ecosse.
A suivre
Calamity Jane

A Poolewe, le bus arrive au lieu et à l’heure dite. Il va jusqu’à Inverness en longeant le loch Ewe, puisla baie de Gruinard, puis le Little loch Broom. C’est très beau, mais je songe que les touristes motorisés ne voient souvent que ce que nous voyons sur nos trajets “utilitaires”. En passant le long du Little Loch Broom, j’’ obseve attentivement la péninsule de Scoraig, et le chemin qui permet de se rendre dans ce village, un lieu qui me fait rêver. Il me paraitrait intéressant, si nous repartions , après avoir traversé le Great Wilderness jusqu’à Dundonnell, de passer par la presqu’île de Scoraig et de trouver le moyen de traverser le loch Broom jusqu’à Ullapool.
Le parcours sera très intéressant jusqu’à Corrie Hallie’s Gorge, plus banal ensuite, et franchement laid en arrivant à Inverness.
A Inverness, nous auronsla désagréable surprise de devoir prendre un bus jusqu’à Aviemore, la voie ferrée ayant été coupée par suite des intempéries.
Seul fait amusant: au moment de décharger la soute à bagages, un géant écossais employé par Scotrail se saisit du sac à dos de Théodorine (18kg, dont 3 de cailloux) presque du petit doigt. Vraisemblablement, ce doit être un ancien champion du lancer de troncs d’arbres. Théodorine admire d’autant plus qu’il lui faut parfois faire appel à nous, pour se mettre sur ses pieds losqu’elle est assise avec son sac sur le dos. Après, la mule avance sans problème.
A suivre

L’arrivée à Edimbourg nous permet d’admirer une fois de plus le grand viaduc sur le Forth emprunté par la ligne de chemin de fer. Nous descendons à Waverley, où Théodorine et moi, nous nous déchargeonsde nos sacs à la consigne.Ces messieurs vont passer tout l’après-midi et toute la soirée à parcourir Edimbourg avec leurs gros sacs sans lesquels visiblement, ils se sentiraient diminués. Nous aimons beaucoup Edimbourg depuis notre premier voyage, et nous y passerions volontiers une semaine, mais ce jour-là, il y fait vraiment froid, et je ne l’avais guère prévu.Nous flanerons avec plaisir dans la ville, un peu frigorifiés, alors que le soir, c’est paraît-il la fête de l’été. Je trouverai non loin de Grassmarket dans le sous-sol d’une librairie un exemplaire d’occasion du "scottish Studentsongbook, qui nous promet des soirées d’hiver réjouissantes,à Cyrus et à moi. Je vais pouvoir chanter “will ye no come back again” consacré à Bonnie Prince Charlie.
Le second fait marquant sera notre pélerinage devant la statue de Walter Scott, située comme il se doit tout près de la gare de Waverley.
A Edimbourg, nous prenons le Caledonian Sleeper pour Londres.

A Londres, nous devons passer de London Euston à la gare routière de London Victoria, et nous avons décidé de prendre à nouveau le métro.
Manque de chance , le matin à 7h30 , il y a déjà foule. Nous devons éviter d’être s, et je veux éparés, et il n’est pas facile de se faufiler avec nos gros sacs. Je suggère donc que nous la formation des légions romaines, en carré, courbés sous nos sacs, la formation dite de la tortue. Nous ne nous servons pas de nos bâtons de marche comme piques, parce que nous conservons un minimum de sens moral, mais la tactique adoptée est efficace.
Nous devrons laisser passer plusieurs rames avant de pouvoir monter tous les quatre. Lorsque nous descendrons, nous marcherons à la queue leu leu, et nous ressemblerons à une procession de cloportes.
Arrivés à la gare routière, nous laisserons tous nos sacs à la consigne, même ces messieurs, et nous partirons pour un peu plus de deux heures de visite à pied. Je n’ai jamais visité Londres et je veux voir l’extérieur de Westminster et du Palais du Parlement. Nous passerons devant Buckingham Palace, et nous intéresserons particulièrement aux lions de la grille et au monument dédié à la reine Victoria.Des personnages brandissant la faucille et le marteau l’entourent, et nous nous étonnons de voir ici de l’art stalinien. Quant à la reine Victoria, je lui trouve l’expression renfrognée d’une concierge régentant le monde comme un escalier d’immeuble. Lorsquej’examinerai la photo que j’ai prise sur mon ordinateur, je serai un peu moins sévère.
Nous passerons un grand moment à Saint James Park devant les canards et les écureuils. Apparemment, c’est là que nous sommes le plus à l’aise tous les quatre.
Nous finirons tout de même par arriver prés du palais du Parlement, et nous aurons la chance d’entendre sonner Big Ben. Et près du Parlement, jedécouvrirai la statue de Richard Coeur de Lion, héros du Talisman et d’Ivanhoé. C’est ici que se termine mon pélerinage scottien. Nous pouvons repartir à la gare routière, prendre notre autobus et rejoindre la France où nous attendent l’été prochain d’autres joyeuses aventures avec notre chef bien-aimé Robin Hood de Fontainebleau Sherwood et sa bande de randonneurs-bivouaqueurs.
Calamity Jane

Notre premier voyage en Ecosse m’avait intéressée, mais un peu déçue. Le second m’a comblée.
Finalement, à part une journée vraiment dure, nousn’avons pas trop souffert, et nous avons bien ri. Le temps a été très acceptable, pas chaud certes, mais nous avons l’habitude de la montagne en toute saison.L’eau a certesun peu gelé dans nos gourdes la nuit par deux fois, mais cela peut arriver chez nous même en Juillet-Août, en altitude.
Nous n’avons rencontré aucun français sur cet itinéraire. On nolusa plusieurs fois adressé la parole d’abord en gaélique. Nous a-t-on prisau premier abord pour des
autochtones? L’hypothèse serait pour nous trop flatteuse.Selon des écossais sympathiques rencobtrés sur les rives
du loch Hourn, jamais aucun français ne vient randonner par là.
II me faut maintenant remercier:
Tous ceux qui m’ont aidée sur ce forum : Joyce, am 88, Iain-Phradaig, Nut, Caledonia, G. Abitbol. Je n’aurais pas pu faire grand’chose sans eux
Mes compagnons, d’humeur toujours égale qui ont accepté de venir
Le journal de Mickey qui m’a fait découvrir Jules Verne, et donc le nom de la Clyde, La flèche Noire de Stevenson. C’est ainsi que plus tard, j’ai pu lire les aventures de David Balfour
Walter Scott bien sûr, et Bertrand Russell, qui par son étude des propositions “le roi de France est chauve” et “Walter Scott est l’auteur de Waverley” m’a incitée après toute l’Europe rolmantique, a découvrir de roman et à m’intéresser à la question jacobite.
Calamity Jane

Un grand merci pour ce reçit , j’espère que d’autres peuvent lire et en profiter de vos expériences…mais je crains que peu de personnes qui viennent sur ce forum seront capable de faire le trajet que votre groupe à fait !
Pour l’AJ “sans place”…sans doute car tot dans la saison car on m’a toujours fait comprendre que les AJ gardent toujours de la place, meme en fin de journée, pour des “vrais” randonneurs…! Je rcois avoir lu que la “saison touristique” a commencé le 2 avri cette annéel…mais nous avons aussi trouvé beaucoup d’endroits plus ou moins à “mi-temps” !
J’espère que vous pouvez faire un jour sur l’Ile de Rum “pour moi” ! Je me souviens que quand j’étais très jeune, je voulais aller sur Rum…or, on m’a amené sur Eigg !
J’ai donc du, enfin, aller sur Rum cette année, mais pour peu de temps…et ça donne envie d’y retourner ! Quand meme la plus grande des “Petites Iles” et du terrain à visiter… il y a lair de camping, il y a 2 wigwams et l’AJ au Chateau…puis, il y a au moins 2 bothies, mais il me semble qu’il y a 1 a l’est et l’autre à l’ouest…il n’y a aussi qu’un seul petit magasin et une salle “communale” qui sert de “café”… Ranger pour se renseigner…
En ce qui concerne Eigg…à mon avis An Sgurr vaut peut-etre la peine de faire, mais en ce qui me concerne, je n’irais plus là-bas…!!! Mais, le magasin est assez bien achaladé et le café “communale” est bien. Il y a a camping pas loin de la plage “Singing Sands” qui est a evirons 5 miles du port. Muck est petit et on peut camper en sauvage plus ou moins ou on veut…mais, il faut aller avec de la nourriture ! Il y a un magasin ouvert 24/24…mais juste affaires fabriqué main plus quelques légumes…achats à noter dans régistre et caisse avec argent sur la table ! :wink:

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