A vous lire, je vous trouve hors sujet. Bien sûr qu’il y a des arnaques partout, mais aucune n’est plus légitime qu’une autre car c’est une arnaque, un vol.
Payer cher un mojiti ou une langouste, on dit que c’est du vol. Mais personne ne nous force à acheter. A Cuba, c’est rare que je prenne un mojito, car alcool + chaleur ne me font pas du bien. Mais lorsque j’en prends un, c’est par envie ou plaisir pour boire un coup avec un ami, une connaissance ou autre, et à ce moment là, je ne regarde pas le prix.
Comme le dit Arkana, personne nous force à prendre les choses chères, mais certains touristes y voit du vol ou ne réfléchissent même pas. Ils vont dire que c’est du vol une assiette avec un bon steak de boeuf avec des frites à 15 cuc, et vont préférer prendre une langouste à 25 ou 30 cuc. Savent-ils que le kilo de boeuf est largement plus cher à Cuba que le kilo de langouste ? Alors les restaurateurs en profitent un max sachant qu’ailleurs la langouste est très chère.
Mais à Cuba, lorsqu’on parle d’arnaque, ce n’est pas de ça qu’on parle. Cuba est un pays où le marché noir, économie parallèle certainement la mieux structurée au monde, permet à beaucoup de monde de vivre ou survivre. On y trouve de tout, du simple paquet de biscuits au matériaux de construction, en passant par l’huile de cuisine, le ciment ou l’essence. Mais d’autres n’ont pas accès à ce marché en tant que revendeur, et il faut donc trouver quelque chose pour vivre et survivre. Tout est prenable, racoler le touriste pour une casa ou un restaurant de particuliers pour prendre une commission, revendre le poisson pêché le matin, les langoustes ou des crevettes aussi pêchées illégalement et souvent très vite congelées. La viande, parfois de tortue, très recherchée. Puis, il y a les voleurs à la tire (comme partout), les voleurs auto stoppeurs, les pickpockets. Et enfin, il y a les arnaqueurs de tout genre. Celui qui va vous raconter qu’il gagne un peu d’argent à la place des banques pour vous changer de l’argent en CUC à un meilleur taux que la banque, mais qui vous refilera des Pesos Cubains 25 fois moins cher. Ou encore ceux qui vous arnaqueront sur la voiture de location (roue de secours changée entre le contrôle et la signature du contrat, ou rayure ou coup pas signalé, etc. et qui vous seront facturé au retour), une erreur de rendu de monnaie dans un restau, bar ou magasin, ou de change dans une banque, souvent, mais comme par hasard jamais à votre avantage. Ceux qui, à plusieurs, préparent une histoire pour arnaquer une jeune femme et son petit pour les dépouiller de tout leur argent. Les prix non affichés dans certains magasins laissant le prix au libre arbitre de la caissière, ou encore mal affichés, faisant croire à un 8 au lieu d’un 3 ou à un 7 au lieu d’un 1 et que seuls les connaisseurs ne se font pas avoir (8 cuc le vin Soroa au lieu de 3, et ça marche). Les arnaques aux sentiments, qui sont les plus connus.
Des histoires d’arnaques, il y en a tout les jours, c’est un sport pour certains, mais aucun d’eux n’est plus légitime qu’un autre, à Cuba ou ailleurs. Ce n’est pas parce que on voyage avec un portefeuille de capitaliste qu’on autorise les peuples à nous voler. On n’est responsable de rien, on est juste responsable de ce qu’on a.