Colombie : un pays en guerre où l'on peut voyager

Forum Colombie

Un leader social du département du Cauca a été assassiné hier, ainsi que trois membres de sa famille. C’est le premier assassinat de ce type depuis l’arrivée du covid 19 qui a droit à quelques lignes dans la presse nationale. Pourtant, depuis le début du confinement, soit à peine un mois et demi, plus de 30 leaders sociaux ont été assassinés, parfois, comme pour ce dernier cas, avec des proches assassinés eux aussi.
Quoi de mieux pour un pays comme la Colombie qu’un “état d’urgence sanitaire”, transformant avec l’acceptation d’une majorité de la population (que La Boétie était clairvoyant dans son Discours de la servitude volontaire !) l’ensemble du pays en État policier, avec des restrictions majeures et durables dans les libertés publiques, les lieux d’expression qui disparaissent (quand rouvriront les théâtres ?), et des régions entières où les milices paramiliaires vont pouvoir, encore plus, et sans la moindre limite désormais s’en donner à coeur-joie ?

La situation de réintensification du conflit armé, et de gravité extrême des violences, encore facilitée par le confinement est tellement grave que la même la presse française, pourtant focalisée uniquement sur le covid19 et le déconfinement à venir, trouve une place aux événements. Une page complète dans Libération ce matin.

Je ne suis généralement pas catastrophiste, mais l’impact de cette crise, en Colombie risque d’être gravissime, dans tous les domaines. L’État, qui n’est déjà pas très fort, va en ressortir affaibli, et être plus absent encore de nombreux territoires.Des amis économistes et politistes colombienes m’indiquent que l’argent du narco-trafic est en train d’envahir l’économie officielle, avec des capacités de blanchiment massif qu’on n’avait peut-être même pas connues dans les années 90. Autant dire que tous les groupes armés en sortiront immensément renforcés, avec une capacité d’action et de domination de certains territoires, très renforcée

Je pense qu’il ne faut pas tirer de conclusions hâtives.
Il est clair que ce genre de crises a un impact énorme sur l’économie et le tissu social d’un pays.

On a bien vu, en France, que cette crise a finalement mis en exergue plein de problèmes qui existent déjà. Elle les accentue, et en cela, je vous rejoins.

Mais encore une fois, ne pas crier au catastrophisme.

Plutot optimiste, je pense que les choses vont revenir à la normale et se stabiliser, ou en tout cas, revenir à leur état d’avant-crise.

Bonjour,

Je rejoins l’avis de Monsieurtom, et ce ne sont pas des conclusions hâtives de sa part bien au contraire.

Le regard que vous avez sur la France est une chose, mais la Colombie ne ressemble en aucune manière à cette dernière.

En effet en France vous n’avez pas de milices armées, et la puissance financière des narco trafiquants

Ici pas besoin de faire des emprunts, ou de faire marcher la planche à billets, car comme l’explique Monsieurtom les narco sont là, avec des moyens illimites, et comme la nature a horreur du vide, ces derniers en ont profités.

Revenir à la normal et se stabiliser, je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire, car il n’y a rien de normal, et la stabilité n’a jamais été atteinte à ce jour.

Mais comme vous le dite si bien, il faut rester optimiste ça ne coute rien.

Richard

Déploiement de militaires américains (corps nommé SFAB) sur le territoire colombien : un premier contingent de 53 soldats, qui sera suivi de nombreux autres, annoncent les autorités américaines.
Il s’agit, selon les observateurs neutres d’un coup fatal porté aux accords de paix.
Entre le renforcement mécanique des groupes armés et mafias locales dû à l’affaiblissement de l’État dans la crise actuelle, l’implication des États-Unis qui va remilitariser certaines zones et faire reprendre les armes à d’autres groupes, à commencer par les FARC, et le la volonté d’Ivan Duque de soutenir militairement les États-Unis dans une éventuelle intervention au Venezuela, la paix colombienne redevient, plus que jamais, un mirage inatteignable.

L’affrontement qui a conduit, hier, à la mort de six soldats de l’armée colombienne, dans la région de Caqueta, huit autres étant gravement blessés, n’est qu’un petit signe de cette reprise forte du conflit qui s’annonce.

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