Halloween dans le monde

Halloween dans le monde
Dia de los muertos au Mexique © florin - stock.adobe.com

Plutôt commerciale en France, Halloween est une tradition solidement ancrée dans le monde anglo-saxon. Sous des dehors macabres, la mort se fête dans une débauche de costumes, de bonbons et de joie. En fait, de l'Amérique latine à la Polynésie, en passant par la Sicile, la Toussaint inspire plutôt l'allégresse que la tristesse. Enfourchez votre balai de sorcière et accompagnez-nous dans un tour du monde d’Halloween.

Les origines d'Halloween

Les origines d'Halloween
© Photographee.eu - stock.adobe.com

À la mode aujourd’hui, importée et plutôt commerciale en France, la fête d’Halloween s’inscrit dans une longue tradition chez les Anglo-saxons. D’inspiration druidique, importée par les Écossais et les Irlandais, Halloween fait l’objet d’une grande ferveur aux États-Unis et au Canada.

Devant chaque maison, la veille du 1er novembre, une citrouille, découpée de façon à dessiner un visage et dans laquelle brille une bougie, symbolise le personnage légendaire de Jack-O’-Lantern qui livra son âme au diable.

Les enfants se déguisent en sorcières, fantômes, monstres, comme pour exorciser leur peur de l'obscurité. Dans les petites villes, ils vont de porte en porte réclamer des friandises, en menaçant gentiment de faire un mauvais coup si vous n'avez rien à leur donner (« Trick or treat ? », soit « Une farce ou un bonbon ? »). Halloween offre l’occasion de nombreuses fêtes, chez des particuliers ou dans des discothèques, où les adultes revêtent également des costumes terrifiants.

Derrière le folklore gothico-horrifique se cache en fait une célébration celtique, la fête de Samain, qui avait lieu autour du 1er novembre. Samain marquait l’entrée dans la saison « sombre » de l’année, celle du Royaume des morts, où les jours raccourcissent. Toutefois, le terme Halloween ne doit rien à la langue celte, puisqu’il vient de l’expression anglaise « All Hallow Evening » (« Le soir de tous les saints ») désignant la Toussaint chrétienne.

De l'Irlande à Manhattan

De l'Irlande à Manhattan
Carnaval d'Halloween à Londonderry © Tourism Ireland

Le soir du 31 octobre, les pays anglo-saxons s’adonnent aux délices du macabre festif. Impossible d’y échapper, la moindre bourgade fête Halloween. Nous avons retenu trois célébrations originales :

- À Manhattan, par exemple, il ne faut manquer sous aucun prétexte l'incroyable parade de nuit, dans le Village, commençant sur la 6e Avenue et Spring Street et remontant jusqu'à la 21e Rue. Elle attire quelque deux millions de personnes venues admirer les déguisements extravagants des dizaines de milliers de fêtards !

- C’est bien évidemment en Irlande que se déroulent quelques-uns des événements les plus traditionnels, dérivés des festivals celtiques et druidiques. Un exemple : le 29 octobre, le carnaval d'Halloween, très populaire, de Londonderry où plus de 40 000 « fantômes » se réunissent sur les bords de River Foyle pour faire la fête. De leur côté, Belfast et Dublin proposent des cortèges traditionnels de lanternes, de l’animation musicale, des spectacles de rue, des foires aux plaisirs... et des pommes caramélisées !

- Autre ambiance sous les tropiques, à Key West en Floride avec la Fantasy Fest qui débute autour du 20 octobre. L’île la plus alternative des États-Unis célèbre Halloween avant l'heure - et pendant une semaine - avec fêtes et défilés costumés. Extravagance, bals masqués, concours de costumes, ambiance gay et délurée : les filles montrent leurs seins quand on leur glisse un collier de pacotille autour du cou. La fête la plus populaire de l'île.

El Dia de los Muertos : Halloween à la mexicaine

El Dia de los Muertos : Halloween à la mexicaine
Dia de los muertos © Oleg - stock.adobe.com

De l’autre côté du Rio Grande - et plus largement dans le monde latino-américain -, la fête des morts donne lieu à toutes sortes d’extravagances loin d’engendrer la mélancolie. La mort semble un prétexte à célébrer la vie, dans une débauche de couleurs et de festivités. El Día de los Muertos est sans doute la fête traditionnelle la plus importante du Mexique. Elle date de l’époque préhispanique.

Le 1er novembre est le jour des enfants morts, et le 2 est dédié aux adultes morts. Les familles vont rendre visite aux tombes de leurs ancêtres et les nettoient, les décorent, y mettent des bougies et des fleurs, plantent de nouveaux arbustes. Elles partagent des pique-niques dans les cimetières.

Dans chaque foyer est installé un autel, décoré avec des objets ayant appartenu aux défunts, sur lequel on dépose des offrandes : les fameuses têtes de mort en sucre, le traditionnel pain de los muertos, des fruits ou des plats particulièrement appréciés par le défunt. Les âmes des défunts reviennent sur terre suivant un certain ordre. Il convient alors de leur donner les offrandes appropriées.

Le Mexicain se rit de la mort. De nos jours, comme aux Etats-Unis, on rencontre dans la rue les enfants déguisés en vampires, momies et autres morts-vivants afin d’obtenir des friandises ou des pièces de monnaie. Les Mexicains s’offrent des objets traditionnels ou des friandises en forme de squelette ou de tête de mort. Dans certaines régions, des fêtes et des feux d'artifice ont lieu.

Sur le continent sud-américain, notamment au Pérou, en Équateur et en Bolivie, le Dia de los Muertos se présente sous la forme d’un syncrétisme de traditions chrétiennes et préhispaniques. Au Pérou, on rend hommage aux âmes des morts avec des fleurs dans les localités de la côte et de la nourriture dans celles de la sierra, qu'ils partageront avec les âmes du purgatoire. En Équateur, d’importantes célébrations ont lieu dans les cimetières indiens, notamment à Calderón et Ambato, où des offrandes mais aussi des fêtes musicales sont données en l’honneur des âmes des défunts.

De la Sicile à la Polynésie

De la Sicile à la Polynésie
Catacombes dei Capuccini © toshket - stock.adobe.com

D’autres pays se caractérisent par leur approche festive de la Toussaint. Voici trois célébrations particulièrement étonnantes :

- En Polynésie française, le culte des morts, appelé Turamara’a, est assez impressionnant. Les cimetières sont décorés de centaines de milliers de fleurs. À la tombée du jour, les tombes sont éclairées par les bougies créant une sorte de halo lumineux. Les familles entonnent les himene (chants religieux). Un spectacle magnifique !

- À l’île Maurice, les prières s'accompagnent de l'arrosage des tombes. Il arrive même que l'on prépare son plat préféré au défunt et qu'on l'apporte sur sa tombe, accompagné d'un verre de rhum !

- La mort en Sicile est célébrée dans la bonne humeur. Outre le jour de la Toussaint, les Siciliens fêtent les défunts le 2 novembre où les enfants attendent les cadeaux offerts par les morts et déposés dans leur chambre dans la nuit du 1er au 2 (en fait, ils sont achetés par les parents dans l’une des nombreuses « foire des morts », des marchés qui ont lieu du 29 octobre au 4 novembre).

Dans le « fiere dei morti », on trouve aussi de nombreuses friandises comme l’ossa dei morticrozzi 'i mottu »), biscuit dur recouvert de sucre blanc, ou des fruits en pâte d’amande (« frutti di martorana »). La mort gourmande, en quelque sorte.

À Palerme, on se rend en famille aux catacombes dei Capuccini où se trouvent quelque 8 000 momies et squelettes de Palermitains morts entre les XVIIe et XIXe siècles, histoire de ne pas couper le lien avec les ancêtres...

Pour en savoir plus

Consultez nos fiches États-Unis, Irlande, Mexique, Pérou, Équateur, Polynésie française, Maurice et Sicile.

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Playlist Routard Halloween

Texte : Routard.com

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