:: Une citadelle face au large
Un tour des remparts hantés par le souvenir d’un certain Vauban permet de prendre le pouls de la ville. Le jardin des Douves s’étend au pied de la porte Saint-Vincent, en lieu et place des douves du château des ducs de Bretagne. Le château de la Duchesse Anne, flanqué de tours médiévales, renferme les souvenirs des prises de pouvoir successives du duché de Bretagne et de la couronne de France. Le donjon accueille le passionnant musée d’Histoire de la ville, consacré à la marine malouine, mais aussi aux figures de proue et hôtes parfois inattendus de la cité.
La porte Saint-Vincent fait communiquer l’intra-muros et les remparts. Elle porte les armoiries de Saint-Malo et du duché de Bretagne. On y trouve aussi un schéma expliquant les étapes successives de construction des remparts. C’est plus au sud, à la Grande-Porte, faite de deux tours à mâchicoulis, qu’étaient amarrés les navires. Les marchandises étaient pesées sur la place du Poids-du-Roy. De là, on aperçoit le port de plaisance Vauban d’où partaient les bateaux pour aller pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Aujourd’hui, ce port reste très apprécié des plaisanciers pour ses équipements.
Au bastion Saint-Louis trône la statue du corsaire Duguay-Trouin (1673-1736), tandis que celle du marin Mahé de la Bourdonnais (1699-1753), découvreur de terres lointaines, se dresse sur le rond-point de l’Île Maurice. Près de la poterne d’Estrées, le premier bâtiment reconstruit après la guerre, en 1947, permet de se souvenir que si les remparts ont résisté aux bombardements de 1944, près de 80 % de la ville close furent détruits.
Plus au nord, les « petits murs » sont une portion de remparts moins épaisse. Des canons pointent sur la mer au bastion de la Hollande, construit en 1674 pour protéger la cité de la flotte hollandaise. Une statue de Jacques Cartier, explorateur ayant découvert le fleuve Saint-Laurent, y est érigée. On aperçoit l’île du Grand-Bé, à laquelle on accède à marée basse et où repose Chateaubriand. Une simple croix battue par les vents se dresse face à la mer.
Près de la tour Bidouane trône la statue de Robert Surcouf en position d’abordage. Surcouf est un illustre nom de la guerre de course, cette forme de guerre navale pratiquée avec l’accord des États qui fournissaient aux armateurs des « lettres de course ». Le mot latin cursus (course) a d’ailleurs donné le mot « corsaire ».
Dans l’« intra-muros », on musarde du côté de la cathédrale Saint-Vincent, à la rosace vertigineuse et dont la flèche domine la cité. On ne manquera pas la rue des Vieux-Remparts et ses quelques maisons à pans de bois, ni la tout aussi typique rue du Pélicot. L’hôtel Magon de la Lande ravive quant à lui la saga des armateurs et corsaires.
:: Place forte et cité balnéaire
La cité d’Alet est située à l’entrée de l’estuaire de la Rance. La tour Solidor, ancienne prison, abrite aujourd’hui le musée international du Long Cours Cap-Hornier, qui retrace les épopées des navigateurs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands établirent ici des blockhaus, faisant de l’endroit l’un des points stratégiques du Mur de l’Atlantique. Le mémorial 39-45 et ses pièces souterraines sont un souvenir à la fois instructif et poignant de cette époque.
Les plages du Sillon, qui relient Saint-Malo à Paramé, à l’est, firent de la cité malouine une destination balnéaire en vue. Elles s’étendent face au fort National, bastion conçu par Vauban et classé Monument historique. Accessible à marée basse, il renferme de sinistres cachots. Les plages du Sillon sont connues pour leurs brise-lames, ces troncs de chênes se dressant à la verticale, érodés par les décennies de houle et de marées. Ils servaient à protéger la dune du Sillon qui permettait de rejoindre la ville fortifiée. Enfin, sont également implantés sur la plage du Sillon les Thermes marins, paradis propice à une hydrothérapie vivifiante.
Pas de cité balnéaire sans douceur d’art de vivre, et pas d’art de vivre breton sans crêpes. Mais d’où vient la tradition des crêpes au sarrasin ? Ce sont les croisés qui, au XIIe siècle, rapportèrent le blé noir d’Asie Mineure. À la Renaissance, les plants de blé noir coiffaient la terre bretonne, et les galettes nourrissaient ses habitants à une époque où le pain blanc n’existait pas encore sur (toutes) les tables. Mais la palme de la spécialité malouine est sans doute détenue par les craquelins, ces biscuits secs « craquant sous la dent ». Au Moyen Âge déjà, les terre-neuvas chargeaient leurs navires de ces biscuits qui se conservaient plusieurs semaines durant. Depuis 1923, les craquelins sont fabriqués par une petite entreprise malouine (ZAC de la Moinerie). On y découvre les secrets de fabrication de cette institution locale.
L’élégance de Dinard offre un contraste saisissant avec la rudesse des remparts malouins. Les villas de Dinard, notamment sur la pointe de la Malouine, nous rappellent que la « Nice du Nord » était une station balnéaire bourgeoise et très prisée dès la fin du XIXe siècle. L’aristocratie anglaise contribua largement à en faire un haut lieu de villégiature en y érigeant des villas rivalisant de beauté… ou d’arrogance. Le décor du Conte d'été de Rohmer déploie raffinement et éclectisme.
Dinard propose toujours une panoplie d’activités : sports nautiques, tennis, casino… La plage de l’Écluse conserve le souvenir du « British Golden Age » : une plaque y commémore le centenaire de l’arrivée en 1836 des premiers Britanniques. Cette plage très chic est bordée de tentes aux rayures bleues et blanches. Le parc de Port-Breton, au sud de Dinard, recèle de nombreuses espèces végétales et animales dont certaines sont rares, mais aussi un plan d’eau et une roseraie.
La promenade du Clair-de-Lune est un sentier aménagé sur le littoral, entre la pointe du Moulinet (d’où le panorama est unique) et la plage du Prieuré. Elle est bordée de villas et d’hôtels. En été, les journées se terminent sur des airs de musique classique ou de jazz. Les villas s’illuminent les unes après les autres et le soleil disparaît dans un étonnant camaïeu de couleurs.
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Fiche pratique
Pour plus d’informations sur la région, consultez notre fiche Bretagne.
Office de tourisme de Saint-Malo : www.saint-malo-tourisme.com
Office de tourisme de Dinard : www.ot-dinard.com
Comment y aller ?
En voiture
De Paris à Rennes par l’A11, puis de Rennes à Saint-Malo par la RN137 (environ 25 € de péage ; compter près de 4 h). Aussi à 1 h 45 de Caen et à 2 h de Nantes par l’autoroute des Estuaires.
En train
Liaisons TGV Paris – Saint-Malo : 3 h sans escale à Rennes (au départ de Paris-Montparnasse) ; de 26 à 70 €.
www.voyages-sncf.com
En avion
Liaisons directes vers Rennes depuis Lyon, Marseille, Montpellier, Nice, Paris, Strasbourg et Toulouse avec Air France. À partir de 140 € aller-retour entre Rennes et une autre ville de province. Compter ensuite 10 à 15 € pour une liaison ferroviaire Rennes – Saint-Malo, plus le taxi de l’aéroport à la gare. www.airfrance.fr
Où dormir ?
- Le Quic-en-Groigne : 8, rue d’Estrées (intra-muros). Tél. : 02-99-20-22-00. Internet : www.quic-en-groigne.com. Pour vivre jusqu’au bout de la journée les charmes de la cité corsaire. Doubles de 60 à 75 € la nuit (hors petit déjeuner : 8,40 €). Parking privé sur place.
Où manger ?
- La Brigantine : 13, rue de Dinan (Saint-Malo intra-muros). Tél. : 02-99-56-82-82. Des crêpes maison dans un décor évoquant la voile. Galettes de sarrasin autour de 8 €, menu à 9,90 €.
- Les restaurants foisonnent dans la rue Jacques-Cartier, le long des remparts, au sud de la porte Saint-Vincent. Évidemment, on a de bonnes surprises… et des moins bonnes.
- L’Escale à Corto : 12, avenue George-V, à Dinard. Tél. : 02-99-46-78-57. Une cuisine traditionnelle et du marché dans un décor de bois et de pierre évoquant… Corto Maltese bien sûr !
Comment se déplacer ?
De Saint-Malo à Dinard
En bus : la compagnie Illenoo dessert Dinard. Départ à la porte Saint-Vincent. Internet : illenoo-services.fr/.
D’avril à fin septembre, un bus de mer sur la Rance relie les deux villes. Belle vue sur l’estuaire. Dix minutes de trajet. Internet : www.compagniecorsaire.com. Tél. : 0825-138-035. Tarifs aller-retour : 6,20 € (4 € pour les enfants de 2 à 12 ans). Départ de la cale de Dinan à Saint-Malo, au pied des remparts.
Liens utiles
Fort National : www.fortnational.com
Thermes marins : www.thalassotherapie.com
Craquelins de Saint-Malo : www.craquelin.com
Les grandes marées, décryptage et dates : www.grandes-marees.com

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