Musique
Merengue, bachata et salsa occupent la vie musicale des
Dominicains. Les voitures-sono permettent aux jeunes de se retrouver entre eux
à proximité d'un colmado (épicerie-buvette) et d'improviser une discothèque
dans la rue ou sur la plage. Ambiance géniale.
De tous les rythmes latinos diffusés, le plus populaire est bien entendu le merengue qui est d'essence dominicaine et fait vivre plus de 300 orchestres. La vente des CD, piratés pour la plupart, est une industrie florissante.
Le merengue
Genre musical spécifiquement dominicain, le merengue est une musique
rurale au rythme binaire et aux paroles égrillardes qui a tout de suite choqué
la bourgeoisie blanche, d'autant plus qu'elle se dansait d'une manière un peu
trop suggestive ! Sans conteste d'origine africaine, avec sa rythmique endiablée,
le merengue se jouait traditionnellement avec un accordéon, une guira
(étrange instrument métallique qui évoque un peu une râpe à fromage) et un tambour
à deux membranes d'une indéniable connotation érotique, l'une devant être en
peau de chèvre et l'autre en peau de bouc !
Cela dit, l'actuel merengue,
surtout à base de cuivres, de guitare et d'accordéon, est un mélange
dérivé de la salsa cubaine. Des artistes légendaires comme le chanteur
Johnny Ventura lui donnèrent à cette époque ses lettres de noblesse,
d'autres (le trompettiste Wilfrido Vargas) renouvelèrent le genre en y
mêlant des bribes de zouk antillais et les nouvelles sonorités d'Afrique comme le soukous.
La bachata
Apparue dans les quartiers défavorisés de Santo Domingo pendant les années
1960, la bachata a conquis la population dominicaine dans les années
1990 au point qu'on en entend partout, jusque dans les villages les plus reculés
du pays.
À l'origine simple chanson accompagnée à la guitare, mais jouée aussi bien aujourd'hui avec des synthés, la bachata est en quelque sorte devenue la variété locale, avec parfois des petites tendances rock et techno. Plus ou moins inspirée du merengue,
elle s'en distingue par des rythmes plus lents et par des mélodies aux
accents nettement plus romantiques, ce qui n'empêche pas des paroles
souvent olé-olé, dans la bonne vieille tradition macho latino !
Sorte de slow version Caraïbes, la bachata se danse de manière langoureuse, mais les pas sont un peu plus compliqués !
Médias
Presse
Les grands quotidiens nationaux ont pour noms Listín Diario, Nacional, Hoy el Caribe et Ultima Hora. Une assez grande liberté d'expression existe et la presse semble moins orientée qu'en Europe : le même journal peut un jour faire l'apologie d'un homme politique et le critiquer le lendemain.
On y trouve également de très bons articles sur l'histoire, l'économie, la technique, le tourisme, la vie mondaine et le sport.
Depuis quelque temps, une nouvelle presse semble prendre une place importante dans la vie du pays, surtout dans les grandes villes : la presse gratuite issue des grands quotidiens.
Télévision
Une douzaine de chaînes se disputent l'auditoire populaire. La publicité est omniprésente. Peu d'émissions culturelles ; dans ce domaine, la presse écrite est vraiment en avance, à moins que l'audiovisuel soit très en retard.
Le record absolu d'audience de 19 h à 22 h revient aux novelas, feuilletons insipides tournés avec peu de moyens d'après des scénarios ridicules. Tournés en Colombie ou au Mexique, ils développent toujours les mêmes thèmes (l'amour, la lutte, la haine) dans des cadres de vie (résidences de luxe, grosses automobiles et vêtements chic) qui font rêver dans les casas perdues au fond des campagnes. C'est bien sûr à ces moments d'audience maximum que surgissent en rafales les pubs pour les produits de grande consommation.
À noter, depuis quelque temps, la prolifération de chaînes financées par des églises et sectes américaines qui prêchent la bonne parole.
Radio
Dans le domaine de la radio, une multitude d'émetteurs locaux en FM diffusent du merengue. La musique permanente ne laisse que peu de place à l'information.
Liberté de la presse
Liberté de la presse
Les années 2007 et 2008 ont témoigné d'un niveau de violence rarement atteint depuis l'époque où Joaquín Balaguer conduisait le pays d'une main de fer, dans les années 1970. Au cours de ces 2 années, une soixantaine d'agressions, d'attaques et de menaces contre la presse sont venues entacher un bilan jusqu'alors plutôt honorable.
Destination touristique prisée, la République dominicaine reste également sujette à une corruption tenace, et sa position géographique en fait un important point de passage du trafic de drogue. Et gare aux médias un peu trop curieux...
Le recul de l'impunité, même tardif, atténue un bilan peu encourageant.