Musique
Merengue, bachata, reggaeton et salsa occupent la vie auditive des
Dominicains. Le coût d'un équipement audio atteint et souvent même dépasse celui du véhicule. C'est dire l'importance de la musique, diffusée à profusion partout dans le pays. Les voitures-sonos permettent aux jeunes de se retrouver entre eux à proximité d'un colmado (épicerie-buvette) et d'improviser une discothèque dans la rue ou sur la plage.
De tous les rythmes latinos diffusés, le plus populaire est le merengue qui est d'essence dominicaine et fait vivre plus de 300 orchestres. La vente des CD, piratés pour la plupart, est une industrie florissante.
Le merengue
Genre musical spécifiquement dominicain, le merengue (prononcer « mérennegué ») est né dans l'île au milieu du XIXe siècle et a peu à peu détrôné la tumba francesa, musique de l'époque coloniale qui s'inspirait des menuets de la cour française ! Cette musique rurale au rythme binaire et aux paroles égrillardes a tout de suite choqué la bourgeoisie blanche, comme ce fut le cas pour le tango en Argentine, d'autant plus qu'elle se dansait d'une manière un peu trop suggestive !
D'origine africaine, avec sa rythmique endiablée, le merengue se jouait traditionnellement avec un accordéon (importé d'Allemagne à la même époque), une guira (étrange instrument métallique) et un tambour à deux membranes.
L'actuel merengue, surtout à base de cuivres, de guitare et d'accordéon, est un mélange dérivé de la salsa cubaine.
La bachata
Apparue dans les quartiers défavorisés de Santo Domingo pendant les années
1960, la bachata a conquis la population dominicaine dans les années
1990 au point qu'on en entend partout, jusque dans les villages les plus reculés
du pays.
À l'origine simple chanson accompagnée à la guitare, mais jouée aussi bien aujourd'hui avec des synthés, la bachata est en quelque sorte devenue la variété locale, avec parfois des petites tendances rock et techno. Plus ou moins inspirée du merengue,
elle s'en distingue par des rythmes plus lents et par des mélodies aux
accents nettement plus romantiques, ce qui n'empêche pas des paroles
souvent olé-olé, dans la bonne vieille tradition macho latino ! Elle décrit généralement les déboires sentimentaux des hommes abandonnés.
Sorte de slow version Caraïbes, la bachata se danse de manière langoureuse, mais les pas sont un peu plus compliqués !
Médias
Presse
Les grands quotidiens nationaux ont pour noms Listín Diario, Nacional, Hoy el Caribe et Ultima Hora. Une assez grande liberté d'expression existe et la presse semble moins orientée qu'en Europe : le même journal peut un jour faire l'apologie d'un homme politique et le critiquer le lendemain.
On y trouve également de très bons articles sur l'histoire, l'économie, la technique, le tourisme, la vie mondaine et le sport.
Depuis quelque temps, une nouvelle presse semble prendre une place importante dans la vie du pays, surtout dans les grandes villes : la presse gratuite. Les grands quotidiens sortent des journaux offrant en une vingtaine de pages l'essentiel de l'actualité nationale et internationale. Ce système devrait permettre aux plus démunis d'avoir accès à l'information. L'idée semble intéressante et remporte un grand succès au détriment de la presse payante, mais comme ce sont les mêmes éditeurs...
Télévision
Une douzaine de chaînes se disputent l'auditoire populaire. La publicité est omniprésente. Peu d'émissions culturelles ; dans ce domaine, la presse écrite est vraiment en avance, à moins que l'audiovisuel soit très en retard.
Le record absolu d'audience de 19h à 22h revient aux novelas, feuilletons insipides tournés avec peu de moyens d'après des scénarios ridicules. Tournés en Colombie ou au Mexique, ils développent toujours les mêmes thèmes (l'amour, la lutte, la haine) dans des cadres de vie (résidences de luxe, grosses automobiles et vêtements chic) qui font rêver dans les casas perdues au fond des campagnes. C'est, bien sûr, à ces moments d'audience maximum que surgissent en rafales les pubs pour les produits de grande consommation.
À noter, depuis quelque temps, la prolifération de chaînes financées par des églises et sectes américaines qui prêchent la bonne parole.
Pour les inconditionnels du petit écran, la plupart des hôtels ont le câble ou le satellite et reçoivent la majorité des chaînes mondiales.
Liberté de la presse
La République dominicaine reste également sujette à une corruption tenace, tandis que sa position géographique en fait un important point de passage du trafic de drogue.
La République dominicaine semble s'engager sur la voie de la dépénalisation des délits de presse, mais en prenant son temps. Une proposition de loi déposée en ce sens le 25 septembre 2007 à l'Assemblée nationale n'a toujours pas été examinée. En revanche, la protection des sources est acquise depuis la réforme constitutionnelle du 4 mai 2009.