Fêtes et jours fériés
Fête se dit en japonais « matsuri » ; jour férié, « kyûjitsu ».
Les matsuri, innombrables, constituent un temps fort de la vie en société au Japon. La petite île de Sadogashima par exemple en compterait plus de 365 chaque année ! La fête n'est pas obligatoirement joyeuse dans ses raisons d'être.
Matsuri vient du verbe matsuru, qui signifie « respecter en invoquant les dieux »... et ces derniers sont légion dans l'Archipel !
On peut chercher d'abord à apaiser les kami pour s'assurer une bonne récolte à la saison prochaine. Nul étonnement donc à ce que les matsuri continuent de marquer des temps forts dans l'agriculture (essentiellement la culture du riz au Japon). Les kami, nombreux, peuvent ensuite préserver de la souillure (fêtes des Morts en juillet et en août).
Enfin, les matsuri contribuent surtout à rapprocher les hommes, les groupes, les communautés... et à consommer la boisson des kami, le saké...
Les fêtes traditionnelles (matsuri)
L’année entière est ponctuée de fêtes et de festivals.
Voici une sélection des plus importants mais demandez à votre hôtel s’il se
passe quelque chose dans la région pendant votre séjour.
- Si Noël n’est pas fêté, le Jour de l’An est une tradition familiale
très importante, où l’on mange des nouilles soba à minuit et l’on se
rend au temple le 1er janvier pour inaugurer l’année sous de bons
auspices. À minuit, chaque temple sonne 108 fois leur cloche, pour illustrer
les 108 errements humains de la doctrine bouddhiste.
- 15 janvier : fête de la majorité, les jeunes filles se
parent de magnifiques kimonos.
- Du 5 au 11 février : festival de la neige à Sapporo, des
rues entières sont décorées d’immenses constructions de neige et de glace.
- 3 mars : fête des petites filles et l’occasion de présenter
de magnifiques poupées traditionnelles.
- Fin mars - mi avril : floraison des cerisiers. O-hanami, grands
pique-niques dans les parcs pour admirer les fleurs. Attention, cette fête dépend évidemment de facteurs climatiques et de la situation géographique de votre lieu de destination. En général, plus le climat est doux, plus précoces sont les fleurs. Dans la région de Tokyo, Kyoto et Osaka , la floraison des cerisiers a lieu début avril, mais ces dates sont fluctuantes et peuvent varier de deux semaines d'une année sur l'autre.
- 17-18 mai : à Nikko, parade de mille samouraïs pour le
défilé du printemps et le 17 octobre pour le défilé d’automne.
- 3e week-end de mai : à Tokyo, Sanja Matsuri,
le plus grand défilé de chars portatifs dans le quartier d’Asakusa.
- 7 juillet : fête des étoiles, Tanabata. On accroche
ses souhaits pour l’année aux plus grands arbres de la ville.
- En juillet-août, les grands feux d’artifice (voir plus bas).
- Juillet : Gion Matsuri à Kyoto, l’occasion de voir
des geishas dans des spectacles de danse ou de chant.
- 16 septembre : à Kamakura, grand concours de tir à l’arc
équestre, yabusame, dans le temple Hachiman.
- 15 novembre : fête des garçons de 3, 5 et 7 ans, défilés
en kimono au temple.
Religions et croyances
Des croyances non exclusives
Les habitants de l'Archipel ne sont pas de fervents adeptes attachés à un dogme, un livre saint ou un dieu unique. Au cours de sa vie, un Japonais peut avoir son baptême dans un sanctuaire shinto, la bénédiction de son mariage dans une église chrétienne et ses funérailles dans un temple bouddhique. Dans les maisons, on voit souvent dans une pièce un autel bouddhique et, dans une autre, un sanctuaire shinto...
Augmenter ses chances de succès
Être à la fois bouddhiste et shintoïste au Japon - 95 % de la population religieuse -, c'est aussi une bonne manière d'augmenter ses chances de succès.
Les Japonais considèrent surtout la religion comme un instrument pour demander aux dieux d'exaucer leurs vœux. La tradition religieuse nippone a donné le jour à un « bricolage » très fluide entre les pratiques shinto et bouddhique, auxquelles se mêlent des croyances populaires teintées de taoïsme et de confucianisme.
Shinto ou la « voie des dieux »
Le shinto ou « voie des kami » est la plus ancienne religion du Japon.
Religion animiste et panthéiste, le shinto vénère les kami, « esprits supérieurs » ou « forces vitales ». Ces derniers sont une myriade de divinités présentes dans tous les aspects de la vie, qui se manifestent sous différentes formes. Ils sont souvent représentés par des symboles (shintai).
Les fidèles, après s'être purifié les mains et la bouche à l'aide d'une louche (hishaku), tentent d'attirer l'attention des kami en sonnant une cloche ou en frappant deux fois dans leurs mains avant de prier.
Bouddhisme Mahayana, ou « Grand Véhicule »
Le sage, selon la doctrine bouddhique pour laquelle la douleur, universellement répandue, tire son origine du désir et de l'ignorance, peut, par l'ascèse et la méditation, parvenir à l'éveil et se libérer du cycle des réincarnations pour devenir bouddha.
Le bouddhisme Mahayana insiste sur l'importance des bosatsu (bodhisattvas en japonais), ces êtres sur la voie de l'éveil qui renoncent au nirvana pour se consacrer au salut de l'humanité. Autre caractéristique du bouddhisme japonais : la multiplicité des sectes et des écoles qui ont en commun d'avoir opéré une synthèse avec les anciennes croyances shintô, au point que les kami ont été réinterprétées comme des incarnations des bouddhas et des bodhisattvas.
Le zen, ou l'« ici et maintenant »
Le zen, venu de Chine, affirme au contraire, en réaction à l'abandon à une force extérieure du bouddhisme antérieur, la possibilité d'atteindre l'éveil par soi-même, « ici et maintenant ».
Taoïsme et confucianisme
On retrouve l'influence notable du taoïsme chinois sur la culture japonaise à travers l'astronomie, la divination et la prédiction de l'avenir. La théorie du yin et du yang (onmyôdô), de même, est à l'origine de nombreuses croyances concernant les tabous, l'observance des jours fastes et néfastes pour les cérémonies, etc.
Le confucianisme, qui a joué, avec le zen, un rôle majeur dans l'élaboration du code des samouraïs (bushidô), a également contribué à mettre en place une morale politique fondée sur l'harmonie sociale, les vertus d'obéissance et de loyauté, et est venu renforcer le culte des ancêtres et celui de l'empereur.
Les nouvelles religions
Les nouvelles religions sont issues du bouddhisme et du shinto. Souvent dirigées par des leaders charismatiques, elles promettent des bienfaits rapides, voire l'avènement du paradis sur terre.
L'une des plus florissantes des « religions nouvellement surgies » qui ont connu leur essor après la Seconde Guerre mondiale est la Sôka Gakkai, la « Société pour la création des valeurs », qui présente ses valeurs comme celles de l'intérêt général et se veut une organisation laïque de fidèles affiliée à une branche mineure du courant bouddhiste.
Savoir-vivre et coutumes
- Les véhicules roulent à gauche.
- Dans la rue, les transports en commun, tout d'abord, calme, propreté et « respect » sont de mise, en général.
- La voie est propre, sauf au petit matin dans les « quartiers chauds », avant que les poubelles ne soient ramassées.
- Ne jamais faire perdre la face à un Japonais, surtout en public.
- Ne jamais embrasser un Japonais ou une Japonaise en public.
- On est propre. Pas de mauvaises odeurs dans les transports en commun.
- Regarder dans le blanc des yeux quelqu'un au Japon, c'est le provoquer.
- On ne serre pas la main, on se salue.
- Lors de la prise du bain, qui peut être à température très élevée, savonnez-vous d'abord à l'extérieur du bac, rincez-vous complètement, puis entrez dans le furô (bassin rempli d'eau chaude).
- Au Japon, tous les « looks » sont permis, du moment qu'ils sont propres.
- Vie de couple : au Japon, sauf pour les enterrements, les mariages et les fêtes, un couple ne sort jamais ensemble. Il est admis que les femmes se détendent entre elles.
- Réserver et être ponctuel.
- La carte de visite, très répandue, est la « face » de la personne. À ne pas confondre avec le côté intérieur de la personne : le « cœur »... Une erreur à ne pas commettre : glisser la carte qu'on vous a tendue dans la poche de votre pantalon !
- Trois « bonjour » existent au Japon : ohayô (matin), konnichiwa (après-midi), konbanwa (soirée). Un seul « au revoir » : sayonara.
- Les Japonais peuvent être bruyants, mais « chez eux » ou « entre amis ».
- Chez vos hôtes, dans un ryokan notamment, vous laisserez vos chaussures à l'entrée. On n'entre pas dans une pièce à tatamis, les fameuses nattes en paille de riz du Japon, avec ses chaussons : on les laisse à l'entrée. De même, dans les w.-c., des chaussons en plastique vous éviteront de mouiller les « mules » réservées au reste de la maison.
- À table, ne pas planter les baguettes dans le riz ! On ne plante les deux baguettes dans la céréale nationale que lorsque quelqu'un est mort... Évitez aussi de transmettre de la nourriture de baguettes à baguettes : cela fait également référence aux rites funéraires bouddhiques.
- C'est le respect de « l'au-delà ». Dans un temple bouddhique, si vous achetez un bâtonnet d'encens, ne vous promenez pas avec ! Plantez-le dans la grande urne qui est prévue à cet effet. Vous pouvez aussi adresser une prière au dieu du temple : faites d'abord votre offrande, généralement de la menue monnaie, puis frappez deux fois légèrement dans vos mains...
- Dans les sanctuaires shinto, les conseils sont les mêmes, ou presque. Le shinto s'occupe, lui, de la naissance, de la génération, de la fertilité. Aussi la propreté, grâce à l'eau, doit être redoublée. C'est pourquoi on se purifie, théoriquement, avant d'entrer et d'adresser ses vœux. Un bassin d'eau est toujours présent dans les sanctuaires. Prenez la louche, versez de l'eau sur vos mains et... vous êtes prêt pour la prière.
- Un dos droit est synonyme de bonne éducation, de bon maintien.
- Ne pas traverser les rues à tort et à travers : les Japonais respectent les feux et les signalisations.
- Ne jamais arriver les mains vides chez quelqu'un. Les cadeaux peuvent être très modestes. Les Japonais attachent une certaine importance à l'origine géographique du cadeau. Ne jamais donner 4 cadeaux car le chiffre 4 porte malheur.
- Les photos, en général, sont autorisées dans les temples comme dans les sanctuaires.
- D'innombrables superstitions prévalent au Japon. On évite le 4 et le 9.