Religions et croyances
Des croyances non exclusives
Les habitants de l'Archipel ne sont pas de fervents adeptes attachés à un dogme, à un livre saint ou à un dieu unique. Au cours de sa vie, un Japonais peut avoir son baptême dans un sanctuaire shinto, la bénédiction de son mariage dans une église chrétienne et ses funérailles dans un temple bouddhique. Dans les maisons, on voit souvent dans une pièce un autel bouddhique et, dans une autre, un sanctuaire shinto...
Augmenter ses chances de succès
Être à la fois bouddhiste et shintoïste au Japon - 95 % de la population religieuse -, c'est aussi une bonne manière d'augmenter ses chances de succès.
Les Japonais considèrent surtout la religion comme un instrument pour demander aux dieux d'exaucer leurs vœux. La tradition religieuse nippone a donné le jour à un « bricolage » très fluide entre les pratiques shinto et bouddhique, auxquelles se mêlent des croyances populaires teintées de taoïsme et de confucianisme.
Shinto ou la « voie des dieux »
Le shinto ou « voie des kami » est la plus ancienne religion du Japon.
Religion animiste et panthéiste, le shinto vénère les kami, « esprits supérieurs » ou « forces vitales ». Ces derniers sont une myriade de divinités présentes dans tous les aspects de la vie, qui se manifestent sous différentes formes. Ils sont souvent représentés par des symboles (shintai).
Les fidèles, après s'être purifié les mains et la bouche à l'aide d'une louche (hishaku), tentent d'attirer l'attention des kami en sonnant une cloche ou en frappant deux fois dans leurs mains avant de prier.
Bouddhisme Mahayana ou « Grand Véhicule »
Le sage, selon la doctrine bouddhique pour laquelle la douleur, universellement répandue, tire son origine du désir et de l'ignorance, peut, par l'ascèse et la méditation, parvenir à l'éveil et se libérer du cycle des réincarnations pour devenir bouddha.
Le bouddhisme Mahayana insiste sur l'importance des bosatsu (bodhisattvas en japonais), ces êtres sur la voie de l'éveil qui renoncent au nirvana pour se consacrer au salut de l'humanité. Autre caractéristique du bouddhisme japonais : la multiplicité des sectes et des écoles qui ont en commun d'avoir opéré une synthèse avec les anciennes croyances shintô, au point que les kami ont été réinterprétés comme des incarnations des bouddhas et des bodhisattvas.
Le zen ou l'« ici et maintenant »
Le zen, venu de Chine, affirme au contraire, en réaction à l'abandon à une force extérieure du bouddhisme antérieur, la possibilité d'atteindre l'éveil par soi-même, « ici et maintenant ».
Taoïsme et confucianisme
On retrouve l'influence notable du taoïsme chinois sur la culture japonaise à travers l'astronomie, la divination et la prédiction de l'avenir. La théorie du yin et du yang (onmyôdô), de même, est à l'origine de nombreuses croyances concernant les tabous, l'observance des jours fastes et néfastes pour les cérémonies, etc.
Le confucianisme, qui a joué, avec le zen, un rôle majeur dans l'élaboration du code des samouraïs (bushidô), a également contribué à mettre en place une morale politique fondée sur l'harmonie sociale, les vertus d'obéissance et de loyauté, et est venu renforcer le culte des ancêtres et celui de l'empereur.
Les nouvelles religions
Les nouvelles religions sont issues du bouddhisme et du shinto. Souvent dirigées par des leaders charismatiques, elles promettent des bienfaits rapides, voire l'avènement du paradis sur terre.
L'une des plus florissantes des « religions nouvellement surgies » qui ont connu leur essor après la Seconde Guerre mondiale est la Sôka Gakkai, la « Société pour la création des valeurs », qui présente ses valeurs comme celles de l'intérêt général et se veut une organisation laïque de fidèles affiliée à une branche mineure du courant bouddhiste.
Savoir-vivre et coutumes
- Les véhicules roulent à gauche.
- Dans la rue, les transports en commun, calme, propreté et « respect » sont de mise.
- Ne jamais faire perdre la face à un Japonais, surtout en public.
- Ne jamais embrasser un Japonais ou une Japonaise en public.
- On ne se parfume pas. C'est considéré comme une volonté, un peu vulgaire, de s'individualiser par rapport au groupe.
- Pour se désigner, nous avons l'habitude d'indiquer notre poitrine d'un signe de la main. Les Japonais préfèrent montrer le bout de leur nez avec leur index.
- On est propre vis-à-vis de soi, tout d'abord. On est propre vis-à-vis des autres, ensuite.
- On ne dévisage pas les gens. Tous les regards, y compris à la dérobée, sont monnaie courante, mais regarder dans le blanc des yeux quelqu'un au Japon, c'est le provoquer.
- Au Japon, tous les looks sont permis, du moment qu'ils sont propres.
- Vie de couple : au Japon, sauf pour les enterrements, les mariages et les fêtes, un couple ne sort jamais ensemble.
- Trois « bonjour » existent au Japon : ohayô (matin), konnichiwa (après-midi), konbanwa (soirée). Un seul « au revoir » : sayonara.
- Il est de coutume de se présenter... et, avant cela, de s'annoncer au Japon. Les Japonais savent parfaitement improviser, mais « entre copains et copines ». Ailleurs, ils prévoient longtemps à l'avance.
- On acquiesce beaucoup lors d'une conversation. C'est parfois un signe d'adhésion, mais beaucoup plus souvent une marque d'intérêt.
- Les Japonais peuvent être bruyants, mais « chez eux » ou « entre amis ».
- On se déchausse avant d'entrer chez son hôte ou dans un ryokan. Vous laisserez vos chaussures à l'entrée.
- On balaie devant sa porte... et aussi (un peu) devant celle de son voisin.
- On tient la tasse de thé avec les deux mains (l'une en dessous, l'autre sur le côté).
- À table, ne pas planter les baguettes dans le riz ! On ne plante les deux baguettes dans la céréale nationale que lorsque quelqu'un est mort... Évitez aussi de transmettre de la nourriture de baguettes à baguettes : cela fait également référence aux rites funéraires bouddhiques.
- Le respect de l'« au-delà ». La mort est l'« affaire » du bouddhisme au Japon. Aussi, dans les temples bouddhiques, soyez digne et au courant des quelques gestes qui peuvent éviter... le ridicule. Si vous achetez un bâtonnet d'encens, ne vous promenez pas avec ! Plantez-le dans la grande urne prévue à cet effet. Vous pouvez aussi adresser une prière au dieu du temple : faites d'abord votre offrande, généralement de la menue monnaie, puis frappez deux fois légèrement dans vos mains et... vous êtes prêt pour la prière.
- Dans les sanctuaires shinto, les conseils sont les mêmes, ou presque.
- Un dos droit est synonyme de bonne éducation, de bon maintien.
- Ne pas traverser les rues à tort et à travers : les Japonais respectent les feux et les signalisations.
- Ne jamais arriver les mains vides chez quelqu'un. Le cadeau représente un aspect essentiel de la culture japonaise.
- Les photos, en général, sont autorisées dans les temples comme dans les sanctuaires.
- D'innombrables superstitions prévalent au Japon. Deux en particulier sont à retenir. On évite les chiffres 4 et 9.