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Culture Japon

Petit abécédaire de la culture d’hier et d’aujourd’hui

Aibo : le célèbre chien mécanique inventé par la firme Sony est la figure emblématique de la folie des robots qui règne sur l’archipel.
Animé : dessin-animé ou film d’animation dont un des réalisateurs fétiches est Myazaki avec Princesse Mononoke ou Le Voyage de Chihiro.
Architecture : traditionnelle avec un système ingénieux de construction - charpentes sans clou par emboîtement, ou moderne avec des architectes contemporains rivalisant d’originalité : on peut citer à titre d’exemple Kenzo Tange et Tadao Ando.
Bonsaï : arbre miniature.
Bunraku : voir plus bas « les arts du théâtre ».
Bushido : la Voie du Guerrier. Code d’honneur des samouraïs.
Doraemon : chat robot né en 197O, inventé par Fujiko Fujio. Hello Kitty, Atom boy, Nifty, Pingu... et tous les autres héros animés.
Geisha : dame de compagnie qui excelle dans les arts de la conversation, du chant et de la danse, et qui tient compagnie aux invités masculins lors de grands banquets ou de fêtes privées.
Haiku : poèmes courts obéissants à une métrique stricte (7, 5, 7) exprimant des sensations. Le maître reconnu de cet art est le poète voyageur Basho.
Ikebana : art de l’arrangement floral qui consiste à disposer de façon harmonieuse trois branches principales représentant le ciel, l’homme et la terre, c’est-à-dire l’ensemble de l’univers dans la philosophie confucianiste.
I-Mode : téléphonie mobile et Internet sont ici à la pointe de la technologie. Jeux vidéo : omniprésents dans les ménages japonais et dans la rue avec les innombrables game center.
Kabuki : voir plus bas « les arts du théâtre ».
Karaoké : les Japonais adorent se retrouver le soir entre amis ou collègues pour pousser la chansonnette dans des box conçus à cet effet.
Kimono : « chose qu’on porte », le costume traditionnel japonais.
Kogyaru : « cover-girl », jeunes filles fashion victim.
Koto : harpe horizontale utilisée dans la musique traditionnelle.
Manga : « images dérisoires » selon la traduction littérale. Ces bandes dessinées populaires qu’on lit dans le métro avant de les jeter traitent de tous les sujets imaginables et s’adressent aux enfants et aux adultes. Leur imagerie influence une grande partie de la culture de masse actuelle, dans la mode notamment.
Nô : voir plus bas « les arts du théâtre ».
Pachinko : entre le flipper et la machine à sous, ce jeu exerce une véritable fascination sur nombre de japonais. ll y a une salle environ tous les 500 mètres dans tout le pays.
Sado ou chanoyu : la cérémonie du thé traditionnelle.
Shamisen : instrument de musique traditionnel.
Wabi Sabi : principe d’esthétique qui met en avant le côté pathétique des choses, l’éphémère, le geste à la fois précis et inachevé.
Zen : école bouddhiste caractérisée par sa rigueur, son esthétique dépouillée et l’importance accordée à la méditation.

Art du jardin et esthétique zen

Les Japonais, attentifs aux saisons et à la beauté de la nature, ont créé des espaces complètement artificiels, véritables condensés de la nature entière. On dit souvent que Tokyo est une ville sans nature, détrompez-vous, la ville cache en son sein de nombreux et merveilleux parcs tout comme le pays dans son ensemble.
On peut distinguer plusieurs formes de jardins. Le plus connu est bien entendu le jardin sec des temples zen, constitué de graviers, de rochers et quelquefois de buissons. Les mouvements et la disposition de ces éléments recréent la nature dans son essence et invitent à la méditation. Le jardin zen le plus caractéristique est celui du Ryoan-ji de Kyoto. Les autres jardins sont rattachés soit à un pavillon de thé soit à une demeure de samouraïs. Dans le premier cas, les arbres et fleurs sont disposés en fonction de leur symbolique et de leur évolution au cours des saisons. Dans le second cas, le jardin se découvre lors d’une promenade et s’insère généralement à merveille avec la nature environnante. Il comporte presque toujours un lac avec un pavillon de thé, des ponts de pierre, des petits îlots et des pins soigneusement taillés.

Les arts du théâtre : le nô, le kabuki et le bunraku

Le théâtre japonais prend sa source dans les danses sacrées shintoïstes : dans les récits mythiques, ces danses sont à l’origine de la venue du monde à la lumière. Il s’est développé par la suite comme divertissement de cour puis du grand public. Même si la barrière de la langue est indéniable, les représentations sur scène sont d’une grande beauté et ne manquent jamais de fasciner les Occidentaux. Trois formes principales de théâtre coexistent.

Le qui mêle poésie, mime, chant et danse est la forme théâtrale la plus ancienne (établie au XIVe siècle) et la plus épurée. Dans un décor unique en bois, l’acteur principal, Shite, un masque blanc sur le visage, paré d’un costume splendide, effectue une série de gestes lents, stylisés et symboliques. Il est accompagné d’un acteur secondaire, Waki, qui joue le rôle de l’observateur, d’un chœur qui narre l’histoire et de musiciens - trois tambours et une flûte. L’intensité des émotions est rendue par les gestes lents et précis de l’acteur et les jeux de lumière qui animent le masque. Originellement le nô illustrait certains éléments de la doctrine bouddhique. Mais aujourd’hui on admire au cours de chaque représentation cinq types d’histoire mettant en scène tour à tour : les dieux, les guerriers, les femmes, les fous et les démons. Entre les actes d’une pièce de nô, on insère traditionnellement de courtes pièces, les kyogen, qui mettent en scène des histoires plus triviales, avec un jeu plus extraverti.
Le bunraku est un théâtre de marionnettes. Celles-ci font deux tiers de la taille d’un être humain et sont manipulées par trois personnes. Les marionnettistes sont vêtus de noir sauf celui qui s’occupe de la tête. Les marionnettes, elles, portent des costumes magnifiques. Sur le côté, un narrateur est accompagné d’un joueur de shamisen. Les pièces les plus populaires racontent des histoires d’amours malheureux ou des épisodes historiques hauts en couleurs tel que le suicide des 47 ronins.
Enfin, le kabuki - littéralement chant (ka) danse (bu) artiste (ki) - se démarque du nô par son côté plus populaire. Cette forme dérive du théâtre de marionnettes. Les thèmes des pièces sont puisés à la fois dans les grandes pages de l’histoire du Japon et dans les faits divers contemporains du XIXe siècle. Le jeu des acteurs est plus grandiloquent. Les acteurs, tous des hommes, sont de vraies stars dont le seul nom suffit à remplir une salle de spectacle. Ils se transmettent leur charge de père en fils et se spécialisent dans un type de rôle particulier : onnagata, les rôles de femmes ou aragoto, les super-héros virils. Certains passages peuvent être très drôles. La musique très présente sert à accentuer les émotions.

La culture populaire du Japon d’aujourd’hui

La culture de masse contemporaine est centrée autour des mangas, des dessins animés et des gadgets technologiques toujours plus perfectionnés. La rue est à la fois une source d’inspiration inépuisable et le lieu d’exposition privilégié de cette culture. Les Japonais sont fous de mode et de marques et n’ont pas peur du total-look. Ainsi les kogyaru, collégiennes, retouchent leurs uniformes pour paraître plus sexy dans des mini-mini-jupes et des grandes chaussettes blanches savamment arrangées en accordéon. Leurs aînées, les ganguro gyaru, affichent un corps éternellement bronzé voire noirci, moulé dans des tenues provocantes et perchées sur des semelles de 15 cm de haut. D’autres encore préfèrent le look gothique façon Dracula ou Petite maison dans la prairie.
Ce phénomène, s’il touche surtout les jeunes filles, n’épargne pas les garçons et vous pourrez comparer les apprêts des Japonais à ceux des Français. Cette culture de rue longtemps ignorée des représentants officiels de la culture japonaise est cependant devenue, à l’instar de celle des États-Unis, une culture de référence imitée tant en Asie qu’en Occident, comme en témoigne le succès planétaire des Pokemon ou des mangas.





 



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