Exil
Une histoire de l'exil cubain pourrait s'écrire en trois chapitres. D'abord, les trois exodes (1965, 1980, 1994) qui ont mis Cuba sous les feux de l'actualité. Ensuite, les « faits divers » : on apprenait qu'un ou plusieurs Cubains avaient réussi à toucher les côtes américaines, qu'un pilote d'avion atterrissait sur une piste des États-Unis, que tel musicien décidait de ne pas rentrer à Cuba... Enfin, dernier chapitre, l'exilé aujourd'hui, c'est celui qui, à distance, fait bouillir la marmite de nombreux foyers cubains de Cuba.
Tout Cubain qui s'exile, ou presque, débarque un jour à Miami. Dans cette ville de Floride, un des plus grands quartiers s'appelle Little Havana.
Aujourd'hui, on peut y partir et revenir. Muni de son autorisation de sortie du pays, le Cubain - détenteur d'un passeport - peut bénéficier aussi, et cela est plus difficile, du visa américain. Dans ce cas, on rend visite à la famille, aux amis, on fait le plein d'achats en tout genre. De terre d'asile, Miami est devenue supermarché.
Les choses ont évolué : les Cubains exilés sont devenus officiellement pour La Havane « membres de la communauté cubaine de l'extérieur ». Certains exilés sont en train d'abandonner leur crispation anticastriste et font le voyage à La Havane.
À Cuba, en quelque 35 ans, l'hémorragie a été importante. Un chiffre est avancé : plus d'un million de personnes, soit le dixième de la population, seraient des exilés directs.
Économie
L'économie cubaine doit beaucoup de ses difficultés à l'embargo, certes, mais aussi à l'inefficacité du système économique. Durant des années, elle a bénéficié du soutien de l'Union soviétique et des pays frères. Mais après la chute du bloc de l'Est, l'île s'est retrouvée isolée. Sa survie ne dépendait plus que des cours mondiaux du sucre et du nickel. Depuis plusieurs années, le tourisme est devenu une « priorité nationale ». Il représente aujourd'hui plus de la moitié des ressources en devises du pays, loin devant le nickel, le sucre ou le tabac.
L'embargo (ou le blocus ?)
En octobre 2005, le sommet ibéro-américain de Salamanque, en Espagne, a donné raison à Cuba en condamnant le « blocus » (bloqueo), terme employé officiellement pour la première fois, au lieu d'embargo.
Petit rappel : un an après la rupture des relations diplomatiques décidée par Washington, la Maison-Blanche décrète l'embargo total sur le commerce avec Cuba le 3 février 1962, et le 14 mai 1964, les produits alimentaires et pharmaceutiques, jusqu'aux médicaments pour les enfants, sont inscrits sur la « liste noire ».
Aujourd'hui, non seulement le blocus est toujours en vigueur, mais il a été régulièrement renforcé. L'injustice, c'est qu'il ne concerne pas seulement les produits d'origine américaine, mais que son interdit d'exportation s'étend dans certains cas aux entreprises étrangères ayant des actifs aux États-Unis.