Fêtes
Fêtes nationales
Les Grecs ont eu l’excellente idée de se programmer deux fêtes nationales :
- le 25 mars : en commémoration de la révolution
de 1821, qui libéra la Grèce de l’occupant turc.
- le 28 octobre : pour célébrer le refus de l’ultimatum
italien en 1940. Défilés religieux et militaires à peu près partout.
- À retenir également : le 1er mai, fête
du travail, et la fête « nationale » crétoise, début novembre, en souvenir des martyrs du monastère d'Arkadi en 1866.
Fêtes religieuses
Première au hit-parade, la Semaine sainte, traditionnellement plus importante
que Noël en Grèce.
- La Pâque orthodoxe (to Paskha) : elle peut se
dérouler jusqu’à quatre semaines après la nôtre et beaucoup de commerces sont
fermés. Se renseigner si l’on veut visiter des musées ou des sites touristiques,
car soit ils sont fermés, soit ils fonctionnent au ralenti du jeudi de la Semaine
sainte au lundi de Pâques inclus. Attention aussi, les hôtels sont pris d’assaut
et certains pratiquent des tarifs dignes du plein été. Les grands moments religieux
de cette semaine sont le vendredi soir, la procession de l’épitafios (symbolisant
le linceul du Christ) ; la messe du samedi soir qui se termine aux cris de Christos
Anesti (Christ est ressuscité) et est suivie d’un repas commençant par la
mayiritsa, une soupe d’abats d’agneau et d’œufs battus ; et enfin le
repas dominical (agneau à la broche pour tout le monde).
- Le lundi de Pentecôte orthodoxe : 50 jours après Pâques. Attention
encore, ce jour-là, tout est fermé.
- Le 15 août constitue l’autre grande célébration religieuse.
En Grèce, on parle de la Dormition (en grec Kimissis) de la Vierge et non de l’Assomption.
- Si vous êtes en Grèce en plein hiver, l’Épiphanie (le 6 janvier)
donne lieu à la cérémonie de la bénédiction des eaux qui voit de jeunes hommes
plonger dans les eaux souvent frisquettes pour récupérer la croix que le pope
a lancée.
Fêtes locales
En se baladant de village en village, l’été, on est à peu près sûr de tomber
un soir ou l’autre sur un panigyri (fête locale au singulier ; panigyria
au pluriel), donné à date fixe en l’honneur du saint patron du patelin.
Ils sont le plus souvent annoncés sur des affiches placardées sur des platanes
ou sur les murs avec la photo et le nom du musicien qui animera la soirée. Ceux
qui sont friands de ces festivités, en général pas frelatées, peuvent s’amuser
à repérer les noms des saints des églises et à chercher quand tombe la fête.
On commence bien sagement par une cérémonie religieuse et on finit en général
au petit matin de manière beaucoup moins pieuse. Quelques exemples des panigyria
crétois (liste non exhaustive, loin de là).
- En février : le Carnaval, en particulier à Réthymnon,
à Agii Déka (près de Gortyne) et à Kastelli.
- 25 mars : Evanghélismos à Paléochora et Tzermiado.
- 30 mai : Agios Mélétos à Chora Sfakion.
- 24 juin : Aghios Ioannis (Saint-Jean-Baptiste)
à Réthymnon.
- 7 juillet : Agia Kyriaki (Sainte-Dominique)
à Vryssés.
- 17 juillet : Agia Marina à Agia Pelagia.
- 20 juillet : Profitis Ilias (le prophète Élie)
à Messa Mouliana (près de Sitia), Arméni (près de Kalyvès) et Sougia.
- 26 juillet : Agia Paraskévi à Krassi, Kalyvès
et Phalassarna.
- 27 juillet : Agios Pandéléimon à Arvi, Matala
et Kalo Chorio (près d’Agios Nikolaos).
- 6 août : La Métamorphose du Sauveur à Élounda
et Ano Zakros.
- 12 août : Agios Mathaios (Saint-Mathieu) à
Kastelli.
- 24 août : Agios Eftykhios à Epanochori.
- 25 août : Agios Titos à Héraklion.
- 29 août : Agios Ioannis (décollation de Saint-Jean-Baptiste)
à Ziros et Tzermiado.
- 31 août : Agia Zoni à Psychro (Lassithi).
- 15 septembre : Agios Nikitas à Frangokastello.
- 8 octobre : Agia Pelagia à... Agia Pelagia
et à Lefkogia (près de Plakias).
Le 15 août est célébré dans de très nombreuses localités
(Palékastro, Agia Galini, Anogia...) et dans pas mal de monastères (Moni Odiyitria,
près de Matala, Fanéroméni, près de Gournia et près de Sitia, ou encore Gonia,
près de Kolimbari).
Festivals
Qui a dit qu'on venait bronzer idiot en Crète ? Les principales villes proposent un festival en été (Héraklion, Hania, Sitia...). Concerts (avec des pointures grecques), représentations théâtrales, spectacles de danse, etc. Quelques villages aussi proposent des week-ends ou des semaines à vocation culturelle : par exemple, Paléochora (août musical, début août), Anogia (musique et danse fin juillet).
Musique et danse
Impossible de se balader en Crète sans voir, placardées sur un mur ou sur un
arbre, des affiches annonçant un concert à l’occasion d’une fête patronale.
En général, on voit la photo d’un lyraridis (joueur de lyra) avec,
à la main, sa lyra, l’instrument phare de la musique crétoise. Parfois,
mais c’est plus rare, c’est un joueur de laouto (sorte de mandoline)
qui tient la vedette.
La musique joue un rôle important dans la culture crétoise. Pas de baptême,
mariage ou panigyri (fête patronale) sans musique et danse.
Parmi les
chants les plus anciens, on trouve les rizitika, originaires de Crète
de l’Ouest, au pied des Montagnes Blanches, dans le département de Hania. Les
rizitika se répartissent en chansons dites « de table » (pour
les banquets ou mariages) et en chansons dites « de route » (entonnées
par exemple autrefois sur le chemin du convoi qui emmenait la fiancée sur le
lieu du mariage). Certains chants rizitika sont d’inspiration guerrière.
Plus spectaculaires (du moins pour des non-Crétois) sont les mantinadès, couplets versifiés de 15 syllabes qui sont parfois l’objet de joutes oratoires,
mais peuvent être aussi beaucoup plus pacifiques, quand il s’agit de sérénades.
La Crète est un vivier de chanteurs et de compositeurs. On trouve facilement
en Crète des CD de musique crétoise, un studio d’Héraklion (Aérakis) ayant édité une série bon marché.
Si vous préférez le live, essayez d’être
le soir là où se produisent les grands joueurs de lyra d’aujourd’hui,
par exemple Giorgos Papadakis, Mikhalis Aléphandinos, Vassilis Skoulas, Manolis
Karpouzakis.
Les danses crétoises sont spécifiques à l’île. Même s’il existe
des ressemblances avec certaines danses d’autres régions de Grèce, la Crète
a développé des danses particulières, notamment le pendozalis, dansé
par les hommes, très spectaculaire, avec des sauts et des parties improvisées.
La danse pidikhtos (ou kastrinos) est elle aussi réservée aux
hommes, alors que la sousta se danse en couple. Plus calme, le syrtos, originaire de La Canée, dansé par les hommes et les femmes formant un cercle.
Religions
Il est facile de s’en rendre compte, dès que l’on a mis le pied en Grèce :
la religion orthodoxe est partout. Vous croisez un pope (pappas) en train
de faire ses courses ou attablé à la terrasse d’un café, vous tombez, dans un
petit village, sur une église flambant neuve (alors qu’à quelques mètres les
locaux de l’école publique font pitié...), vous voyez les passagers d’un car
se signer au franchissement d’un virage. Autant de signes de l’omniprésence
de l’Église, dans les faits comme dans les mentalités.
L’idée d’une séparation
de l’Église et de l’État est proprement impensable en Grèce : la Constitution
de 1975, révisée en 1986, a réaffirmé avec force la place de l’Église
au sein de l’État. L’orthodoxie est parfois très agressive car, comme ailleurs,
elle nourrit des extrémistes. Les minorités religieuses - catholiques,
protestants et musulmans - souffrent de cette agressivité. En tant que
touriste, même si vous venez d’un pays catholique, vous ne vous attirerez tout
de même pas de remarque à ce sujet.
Savoir-vivre et coutumes
Les codes culturels en Crète, ceux du moins auxquels vous aurez affaire en tant que touriste, ne sont pas très nombreux. Pour toute visite de lieux religieux (monastères, églises), il est évidemment recommandé de se vêtir décemment. Cela semble aller de soi... mais combien de monastères sont situés à proximité de la plage ? On a déjà vu des touristes se faire chapitrer parce qu'ils étaient torse nu dans un bus.
Enfin, n'oubliez pas que, dans le sud de l'Europe, pour dire non de la tête, on lève légèrement celle-ci en faisant une sorte de moue alors que pour signifier oui, on l'incline tout aussi légèrement sur le côté.
Il ne faut pas s'étonner de voir, dans certains villages, les Crétois (mâles) porter à la ceinture un pistolet. Comme en Corse, cela peut s'expliquer par l'atavisme (les Crétois ont eu à lutter pendant des siècles pour conquérir leur liberté). Dans les fêtes familiales ou publiques, on n'hésite pas à tirer des coups de feu (on a pu dire que le succès de ces festivités se jugeait au nombre de balles tirées !). Ce goût pour les armes ne signifie pas que les Crétois sont plus violents que les autres Grecs ; certes, la vendetta a existé en Crète (et existe encore de temps en temps...), mais dans des proportions limitées, surtout dans la région de Chora Sfakion.
Les valeurs communément partagées sont le philotimo (le sens de l'honneur associé à une certaine fierté), la levendia (le courage) et l'adelphia (la fraternité). L'hospitalité (philoxénia) est également une valeur importante, toujours pratiquée, surtout dans les petits villages de l'intérieur. Il paraît aussi que les Crétois n'aiment pas la critique, surtout venant d'un « étranger » à l'île...
Petite indication : lorsque c'est précisé, ne jetez pas le papier toilette dans les toilettes, mais dans la poubelle prévue à cet effet. Les canalisations en Crète n'étant pas toujours très au point, elles se bouchent facilement, d'où cette précaution indispensable.