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Crète

Culture

Archéologie

Comme le reste de la Grèce, la Crète a été - et est encore - du pain bénit pour les archéologues. Mais l’aventure archéologique en Crète, celle des grandes découvertes, a débuté avec une trentaine d’années de retard par rapport à ce qui se passait en Grèce continentale. En effet, il a fallu attendre que les Turcs plient bagage et abandonnent le sol crétois (1898) pour que des archéologues s’intéressent de près et en toute liberté à ce que recelait ce sol, riche de promesses selon la tradition. Celle-ci rapportait en effet que l’île avait été le siège d’une puissante civilisation, antérieure à celle de Mycènes. Schliemann, le génial découvreur de Troie et de Mycènes, était venu traîner ses guêtres du côté d’Héraklion, en 1886, mais sans succès. Il avait voulu acheter des terres, situées dans les environs d’un lieu-dit nommé Knossos, parce que Minos Kalokairinos, un riche négociant en huiles et savons, passionné depuis l’enfance d’archéologie, y avait découvert de grandes jarres en 1878-1879. La transaction échoua ; Schliemann mourut quelques années plus tard mais bientôt un autre archéologue entrait en lice : l’Anglais Arthur Evans. Ce dernier avait commencé par réunir une collection de pierres gravées trouvées de-ci de-là en Crète, subodorant que les traces d’écriture annonçaient des découvertes autrement importantes. Evans réussit à acquérir les terrains convoités, au nez et à la barbe des Français qui étaient aussi sur le coup, et les fouilles débutèrent au printemps 1900. En six campagnes, de 1900 à 1905, l’essentiel du site de Knossos était mis au jour et le retentissement autour des découvertes d’Evans lançais véritablement l’archéologie crétoise.

En 1900 également, des archéologues italiens fouillaient dans la Messara, à Phaistos et Agia Triada. En 1901, c’est une Américaine, Harriet Boyd-Hawes, qui découvrait Gournia (à l’est d’Agios Nikolaos) et les Britanniques emboîtaient le pas en s’attaquant en 1902 aux sites de l’extrême Est (Palékastro). Les Grecs, à qui semblaient ne rester que des sites secondaires, se rattrapaient bientôt avec Mallia. En 1921, le découvreur de Mallia, Joseph Hatzidakis, dut abandonner la partie à Mallia justement, et confier son site à l’Ecole Française d’Athènes, qui le fouille toujours.
Aujourd’hui, si l’on ne fait plus de découvertes majeures spectaculaires (les plus importantes datent de 1961-1962 à Zakros, à l’extrême est de l’île, avec la découverte du 4e grand palais minoen par l’archéologue grec Nikolaos Platon, et de 1976, à Kommos, près de Matala, où le port de Phaistos a été exhumé des sables), on continue néanmoins à progresser dans la connaissance des sites : à Mallia, un nouveau quartier a été découvert entre 1988 et 1993. Chaque pays garde jalousement son pré carré, chaque école d’archéologie exploitant son ou ses site(s) et communiquant plus ou moins bien (voire pas du tout !) au grand public les résultats des recherches.
Plus de renseignements sur www.bsa.ac.uk, le site de l’Ecole britannique, ou sur www.efa.gr, celui de l’Ecole française.

Sites et musées archéologiques

- Le Musée archéologique d’Héraklion : de loin, le plus riche musée de Crète. On y trouve tout ce que les archéologues ont pu dénicher à Knossos et sur les autres sites minoens. Les objets sont présentés de manière chronologique, avec beaucoup de clarté, même s’il n’y a pas beaucoup d’explications. Les vitrines sont numérotées (pour la plupart) ; la provenance et le nom de certains objets sont traduits en français.
- Knossos : situé à 5 km d’Héraklion, c’est le premier palais minoen qui fut découvert, et le seul partiellement reconstitué (enfin, quelques murs et colonnes seulement). Petit avertissement : à moins d’être fan de cette période historique, une visite en touriste peut s’avérer fort décevante pour certains. D’autres diront que le site vaut tout de même le coup d’être vu.
Selon la légende, ce palais, d’une architecture complexe sur plusieurs étages, construit par Dédale, évoquait un labyrinthe, à cause de la difficulté de s’y diriger. L’histoire fut peut-être inventée pour éloigner les voisins trop curieux. Une autre explication du Labyrinthe semble beaucoup plus simple : il est plus vraisemblable que la lignée royale de Minos ait développé les maisons réservées aux visiteurs seigneuriaux et que de nombreuses boutiques d’artisans aient été créées un peu partout. Il fallait donc une certaine habitude pour s’y reconnaître. La mythologie raconte la célèbre histoire du Minotaure, enfermé par Minos
Le palais proprement dit n’est qu’une partie du site du « grand Knossos » qui s’étendait sur une superficie de 1 800 m x 1 500 m. Le site n’est pas extrêmement étendu, mais il est aisé de s’y sentir perdu. En effet, pour qui n’entend rien à l’archéologie, Knossos ressemble à un gros amas de cailloux, et seuls les édifices reconstitués possèdent un nom.
- Le palais de Mallia : ce fut l’une des grandes villes de la civilisation minoenne. Selon la légende, Mallia aurait été la propriété de Sarpédon, souverain de la région, fils de Zeus et d’Europe, et donc frère cadet de Minos, le maître de Knossos. Le site tout entier s’étend sur 150 ha, la plus grande partie de cette superficie correspondant à des quartiers d’habitation ou à des nécropoles.
Le palais s’organise un peu comme celui de Knossos, avec sa cour centrale, ses sanctuaires, ses appartements royaux, ses dédales de courettes, de vestibules, de corridors, sous la forme générale d’un rectangle de 100 m x 80 m. Mais le site s’étend sur une surface beaucoup plus grande, presque jusqu’à la mer, avec différents quartiers bien distincts. La partie couverte correspond à l’Agora. Plus loin, Mu, le quartier artisanal : on y voit quelques petites reconstitutions, discrètes (rien à voir avec Knossos). On y fait toujours des fouilles (la campagne de 1988-1993 a permis de dégager le quartier Nu, datant de la période tardive, appelée postpalatiale).
- Gournia: À 2 km à l’ouest de Pachy Ammos, Gournia s’étage à flanc de colline. Cette ancienne petite bourgade minoenne date des environs de 1500 av. J.-C. L’emplacement du site n’a rien de spectaculaire, mais il est unique en Crète et mérite un petit arrêt. Parfois décrit comme la Pompéi crétoise : bon, en un peu plus modeste, alors ! N’empêche que c’est le seul site minoen où l’on arrive facilement à imaginer ce qu’étaient les lieux quand ils étaient habités, avec le quadrillage des rues pavées, les maisons où les pièces habitables se situaient au 1er étage, les ateliers des artisans, etc. La ville aurait compté jusqu’à 4 000 habitants, répartis en 7 quartiers. D’intéressantes découvertes ont été faites (atelier de charpentier, de forgeron...). Grimper à pied sur la colline jusqu’au « palais », sans doute le manoir en fait où résidait le seigneur local. Belle vue sur la mer et les champs d’oliviers.
- Le palais de Phaistos : L’un des plus anciens palais minoens, le deuxième en importance après Knossos. Le site n’a pas été reconstruit, tant mieux. Ruines intéressantes et suggestives, surtout si l’on a vu Knossos avant. Appartements royaux, bassins lustraux, puits de lumière, magasins, silos... On retrouve les mêmes éléments. Le site est assez étendu, donc pas bondé, et le panorama tout autour est superbe. Incontestablement, c’est le palais minoen qui bénéficie du plus bel environnement, dominant la Messara avec le Psiloritis à l’arrière-plan.
- Le site archéologique de Roussolakkos : appelé familièrement le site de Palékastro. On y découvre les vestiges d’une cité antique dotée d’une architecture remarquable et d’un astucieux plan d’urbanisme. Le site a été occupé dès 3000 av. J.-C. et abandonné à la même période que le palais de Kato Zakros avant d’être réoccupé. Les archéologues y ont trouvé une inscription contenant une partie d’un hymne à Zeus Diktéen. Cette pièce du IIIe siècle av. J.-C. est exposée au Musée archéologique d’Héraklion. Y est énoncée une loi sacrée, qui protège les forêts appartenant au temple de Zeus Diktéen et interdit l’abattage des arbres sous peine de lourdes sanctions. Ceci montre les liens entre la religion crétoise et la nature. Le site, sur lequel les recherches des archéologues se poursuivent, est aujourd’hui très protégé malgré des tentatives de projets immobiliers, avortés pour le moment.
- Le palais minoen de Kato Zakros : Le dernier des 4 grands palais minoens découverts en Crète. Il présente des caractéristiques similaires aux 3 autres. Il occupe une surface de 8 000 m2 environ et s’organise autour d’une cour centrale de 100 pieds minoens sur 40 (soit 30 m x 12 m). On a dénombré environ 200 pièces, dont 70 autour de la cour. Dans les appartements royaux, on devine un bassin lustral, dont les spécialistes ne savent toujours pas s’il s’agissait d’une baignoire pour le prince (ou la princesse) ou bien d’une pièce à fonction religieuse (plus probable). Le fameux rhyton en cristal de roche du musée archéologique d’Héraklion provient de ce site. L’autre intérêt du site, en dehors du palais lui-même, est de présenter une cité minoenne, du moins ses ruines, juste à côté du siège du pouvoir administratif et religieux : les maisons d’habitation se trouvaient au nord, en direction des collines, alors que dans les 3 autres grands palais, l’habitat était dispersé.
- Les ruines de Gortyne : La plupart des ruines sont en fait romaines, comme l’Odéon, les vestiges du temple, ceux du Nymphaïon, etc. Il ne subsiste plus que les trois absides de la basilique d’Agios Titos (Saint-Tite), un édifice paléochrétien assez brut. Les fameuses lois de Gortyne constituent le principal intérêt de la visite : il s’agit de la plus importante collection d’épigraphes grecques conservée. Datant de 450 av. J.-C., gravées dans la pierre (un mur de 2 m de haut et d’une douzaine de mètres de large environ), elles codifiaient les droits du citoyen à l’époque dorienne. Elles se composent de 600 lignes sur 12 colonnes, écrites en boustrophédon, de droite à gauche sur une ligne et repart, à la suivante, de gauche à droite, et ainsi de suite à la manière des sillons dans les champs. L’autre centre d’intérêt du site, plus anecdotique, est le platane (toujours vert) auquel conduit un petit sentier dallé, sur la gauche, sous lequel, selon la tradition, Minos et ses frères auraient été conçus...

Monastères

Petit rappel : pour toute visite de lieux religieux (monastères, églises), il est évidemment recommandé de se vêtir décemment. Cela semble aller de soi... mais combien de monastères sont situés à proximité de la plage ? Tentant d’y aller en petite tenue ! Eh bien non, un peu de respect, que diable !

- Moni Toplou : à 21 km à l’est de Sitia, sur la route de Vaï, se dresse un vieux monastère, et quelques maisons dont certaines en ruine. Ce monastère fortifié était protégé, outre par ses solides murailles, par un canon qui lui a donné son nom (top signifiant « boulet de canon » en turc). Derrière les murs assez austères se cachent une belle architecture et un élégant patio (galeries à arcades). L’ensemble du monastère a été fort bien restauré ; et pour cause, le monastère n’est pas à court d’argent (la plupart des terres environnantes, jusqu’à Vaï, lui appartiennent). Une fête religieuse a lieu dans ce monastère le 26 septembre.
- Le monastère de Vrondissi : à 2 km à l’ouest de Zaros. Entrée libre. Un monastère bien restauré où la seule chose à voir qui soit d’époque (vénitienne) est l’église à 2 nefs (l’une pour les catholiques, l’autre pour les orthodoxes). Mais le plus intéressant est sans doute à l’extérieur du monastère : la fontaine vénitienne, elle aussi bien abîmée, mais sacrément travaillée.
- Le monastère d’Arkadi : à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Réthymnon. Au bord d’un plateau, au-dessus de belles gorges, Arkadi revêt une importance particulière dans l’histoire de la Crète. C’est ici que se réfugièrent un bon millier de femmes et d’enfants en novembre 1866, durant la guerre contre les Turcs. Forts de 15 000 hommes, ces derniers menèrent un combat sans merci contre les réfugiés qui choisirent de faire sauter la poudrière pour ne pas se rendre. Face au monastère, vous pourrez découvrir un ossuaire contenant un certain nombre de crânes des victimes crétoises...
Le monastère fut fondé au XIe siècle. Splendide façade du XVIe siècle de styles Renaissance et baroque à la fois, superbement sculptée et très émouvante avec ses deux cloches de chaque côté. À l’intérieur de l’église, le petit musée d’histoire, présente aussi bien des armes (mousquets, sabres) que des objets et vêtements liturgiques. Visite de quelques bâtiments désaffectés, comme le réfectoire, la poudrière ou les cuisine, où l’on trouve une série de photos en noir et blanc.
- Moni Chryssoskalitissa : un joli monastère bleu et blanc perché sur un promontoire rocheux surplombant la mer. Visite gratuite, ouvert en saison, jusqu’au coucher du sole Ce monastère « de la Marche en Or » est ainsi nommé car l’escalier qui y mène comporterait une marche en or que seuls pourraient voir ceux qui ont le cœur pur. Une autre légende dit que tout l’escalier fut en or il y a bien longtemps... Enfin, on raconte qu’un moine, un certain Koutsomiti, se serait réfugié ici pour échapper à la « vendetta » de la famille d’un homme tué de ses propres mains, bref une erreur de jeunesse ! Le monastère fut aussi utilisé comme prison par les Allemands en 1943. Aujourd’hui, il n’est plus habité que par un seul moine et une nonne. Bel intérieur de l’église, assez richement décoré (retable, autel doré...). Icônes supposées de la fin du XIXe siècle.
- Les monastères de Prévéli : situés à 12 km à l’est de Plakias. Le premier monastère sur votre route, après le vieux pont vénitien, n’est pas ouvert à la visite (il y a une clôture) mais il a beaucoup de charme. Presque plus que celui qui est toujours en activité, d’ailleurs... Appelé Kato Moni Prévéli (« le monastère d’en-bas »), il est abandonné. Ne manquez de pas de vous y arrêter pour la vue avec la rivière et le pont en arrière-plan. Le second, quelques kilomètres plus loin, est habité et ouvert au public. On l’appelle « le monastère de derrière » (Pisso Moni Prévéli) et sa fondation remonte probablement au XVIe siècle. Il est niché sur un promontoire très venteux, presque un nid d’aigle. À l’intérieur, petit musée présentant quelques objets sacrés, des vêtements lithurgiques et de belles icônes. Paysage environnant admirable et romantique à souhait au soleil couchant mais ne vous attendez pas à une visite inoubliable du monastère, qui est, de plus, très touristique.
- Le monastère de Kalyviani : entre Vorri et Mirès, accessible par une petite route. Grand complexe monastique où une petite église ancienne cache de belles fresques. Dans la grande église du monastère, une icône supposée miraculeuse attire beaucoup de monde.





 



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