- Superficie : 29 743 km². Le Haut-Karabakh arraché par l’armée
arménienne au contrôle azerbaïdjanais en 1994 forme depuis une
république autoproclamée non reconnue par la communauté internationale,
étendue sur environ 10 700 km².
- Population : 2 697 000 habitants (estimation 2009), dont près de 40 %
vit à Erevan et ses environs, et près de 150 000 (5,6 %) au Karabakh. La diaspora compte
environ dix millions de personnes !
- Ethnies : si le Caucase fait figure de mosaïque ethnique, l’Arménie
présente un visage très unitaire. Environ 97 % de ses habitants
sont arméniens et orthodoxes. Les minorités grecque et russe ont
fondu comme neige au soleil depuis l’indépendance, tandis que les
Azéris, jadis nombreux (400 000), sont tous partis dans le sillage de
la guerre au Haut-Karabakh. A contrario, les 300 000 Arméniens vivant
en Azerbaïdjan ont été « rapatriés ».
Restent les Yézidis, un peuple d’ascendance kurde pratiquant une
religion solaire, proche du zoroastrisme perse. Pour beaucoup éleveurs,
ils seraient environ 80 000.
- Capitale : Erevan (1,1 million d’habitants).
- Régime : république parlementaire. On peut éventuellement
parler de démocratie (pour la façade), et plus certainement d’oligarchie.
- Chef de l’État : Serge Sargsian (depuis 2008).
- Chef du gouvernement : Tigran Sargsian (depuis 2008 ; n’a aucun lien de parenté avec le président
!).
Économie
Après la période noire qui suivit la sortie
de l’URSS et la coûteuse guerre au Haut-Karabakh, l’Arménie
a retrouvé le chemin de la croissance. Ellea même affiché 13,8 % de croissance en 2008 ! Les chiffres montrent surtout à
quel point le pays était tombé bas.
Ce qu’ils ne disent
pas, c’est l’inégalité criante entre les Arméniens.
Une part importante de la population vit sous le seuil de pauvreté, tandis
qu’une vingtaine de familles s’enrichissent démesurément
en contrôlant les importations. Cette oligarchie très particulière s’est partagé
le butin avec la bénédiction du pouvoir. Quelques-uns font fortune au dépend de tous, empêchant l’émergence
de PME et faisant oublier la nécessité des exportations -
bien faibles en dehors de quelques ressources minières (elles-mêmes
objets d’un monopole !).
Corollaire naturel de ce système, la corruption est partout. On cite
souvent en exemple l’usine du molybdène (un métal) du Zanguézour,
très rentable, revendue par l’État pour un montant correspondant
à seulement deux mois de ses profits ! Beaucoup murmurent que Robert
Kotcharian, l’ancien président, se cacherait derrière la
société allemande l’ayant rachetée...
La dépendance énergétique du pays est un autre souci. Les
autorités ont rouvert en 1995 une tranche de la centrale nucléaire
soviétique de Metsamor, fermée à la suite du séisme
de 1988. Elle fournit aujourd’hui 40 % de l’électricité
du pays. Beaucoup d’automobilistes adaptent leurs moteurs à
essence pour en faire des moteurs à gaz.
Pour le reste, l’économie bénéficie
de l’aide internationale importante, en provenance des États-Unis
et des fonds transférés par la diaspora.