Londres verte : parcs, jardins et balades

Londres verte : parcs, jardins et balades
Saint Jame's Park © Florent Oumehdi

Une ceinture verte de 5 180 km², pas moins de 3 000 parcs de tailles différentes et 8 millions d’arbres qui couvriraient près de 21 % de sa superficie… Londres est loin d’être un bleu en matière de verdure.

Mieux encore, le maire de la ville, Sadiq Khan, a pour objectif que la capitale anglaise, en dépit de la pression sur le foncier, s’impose comme la première National City Park et que la forêt urbaine couvre, d’ici à 2050, 50 % de sa superficie.

Plantage de 170 000 nouveaux arbres depuis 2017, mise en ligne d’une carte répertoriant les arbres urbains, financement de projets écolos, la ville s’invente un futur vert alors que ses habitants intramuros devraient atteindre les 11 millions en 2050. Go Green, London !

Londres en vert majesté : les parcs royaux

Londres en vert majesté : les parcs royaux
Primrose Hill © Alan Smithers - stock.adobe.com

Commençons évidemment par les parcs royaux, qui occupent près de 2 000 hectares, avec leurs écureuils gris très peu farouches. Huit joyaux de la couronne britannique qui sertissent de leurs éclats émeraude la capitale. Vous trouverez, à l’entrée de chacun d’eux, des panneaux synthétisant les dernières nouveautés, les événements organisés, les rénovations effectuées, des explications sur les mesures de protection des arbres centenaires.

Dans Mrs Dalloway, Virginia Woolf (1882-1941) balade régulièrement ses personnages dans Regent’s Park (166 hectares), l’un des grands parcs de la ville à deux pas de Marylebone, « où la longue pente du parc dévale comme une pièce d’étoffe verte sous un dais élevé de fumées bleues et roses ».

Des roses, l’amoureux des plantes pourra en renifler à l’intérieur de Regent’s Park au Queen Mary’s Rose Garden, terminé en 1934 et mondialement connu pour ses 12 000 spécimens regroupés en parterres qui voisinent, à quelques mètres, avec des milliers de bégonias. D’ailleurs, tout près, à Primrose Hill (comme à Portobello ou Notting Hill), le vert s’expose aussi sur les façades des maisons, à Chalcot Crescente notamment. C’est plus urbain, mais ça reste du vert.

Lac Serpentine à Hyde Park © marcorubino - stock.adobe.com

À l’ouest, voisin du chic quartier de Mayfair, Hyde Park (111 hectares), « le parc par excellence » selon Charles Dickens (1812–1870), rendu au public en 1635, vaut principalement pour ses jardins d’eau à l’italienne, son Speaker’s Corner et ses rhéteurs du dimanche, son festival de musique l’été et son lac artificiel, la Serpentine, qu’il partage avec les Kensington Gardens.

Dès juin et jusqu’au début du mois de septembre, sa piscine, intégrée au Serpentine Swimming Club, aménage un espace de baignade de 30 m de largeur sur 100 m de longueur pour les téméraires qui voudraient barboter, en plein Londres, parmi les volatiles et les pratiquants de paddle – on glisse ça ici, il existe une autre possibilité de baignade « sauvage » à Hampstead Heath.  

Kensington Gardens © Jbyard - stock.adobe.com

Il vous suffit de traverser la promenade West Carriage pour atterrir aux Kensington Gardens, terre d’accueil du Kensington Palace, construit au 17e siècle et lieu de résidence de plusieurs membres de la famille royale. Peut-être apercevrez-vous Kate, William et leurs trois mouflets, mais plus Meghan, Harry et le petit Archie qui ont décidé de prendre leurs distances et d’investir Frogmore Cottage, à un peu plus de 30 km du centre de Londres.

Si les têtes couronnées vous ennuient, il vous reste les nombreux invertébrés du parc, mais aussi les poules, les abeilles voletant autour des nombreuses ruches installées là et les Serpentine Galleries qui raviront les amoureux d’arts moderne et contemporain.

Saint Jame's Park © © Kristina - stock.adobe.com

Deux petits parcs royaux ceignent Buckingham Palace. À l’est, le St. James’s Park (23 hectares), le plus ancien parc royal, est connu pour ses oiseaux exotiques, parmi lesquels les majestueux descendants des pélicans blancs offerts par l’ambassadeur de Russie en 1664 et que vous pourrez peut-être observer près de l’île aux canards.

À l’ouest, se trouve le Green Park (19 hectares), très peu fleuri, mais régulièrement égayé par les piaillements et les volées de mésanges charbonnières, de corneilles noires et d’éperviers.

Cerf dans le Richmond Park © jgolby - stock.adobe.com

Les autres parcs royaux déploient leurs surfaces gazonnées sur les extrémités londoniennes. Au sud-ouest, près de Wimbledon et des Petersham Nurseries, qui méritent un rapide crochet so british pour prendre le thé, vous trouverez le Richmond Park, le plus grand des parcs royaux (955 hectares, l’équivalent du Bois de Vincennes), avec sa forêt, ses chênes parmi les plus anciens de la capitale, ses étangs et l’Isabella plantation dont les azalées viennent colorer les paysages.

À moins de 2 km, le Bushy Park (450 hectares) vaut surtout le détour pour sa population de 320 cerfs, espèce animale qu’Henri VIII (1491–1547) a introduit un peu partout pour contenter ses passions cynégétiques. Au sud-est de Londres, le Greenwich Park (70 hectares), lèche, à quelques centaines de mètres près, les bords de la Tamise. C’est d’ici que part le méridien origine qui sert de référence internationale de longitude.

Pour info, le cimetière de Brompton et les Victoria Tower Gardens appartiennent officiellement à cette catégorie des « parcs royaux » sans vraiment répondre à la définition d’un parc.

Des balades nature au fil de l’eau

Des balades nature au fil de l’eau
Regent's Canal à Little Venice © Ernie - stock.adobe.com

Bien sûr, vous pouvez faire la tournée des parcs royaux situés dans le centre, prévoyez néanmoins de bonnes chaussures.

Un autre itinéraire consiste à partir à la découverte de Little Venice, à l’ouest de Marylebone, qui s’enroule autour de la partie ouest du Regent’s Canal, à la jonction avec le Grand Union Canal, appelée Browning’s pool, du nom du poète anglais Robert Browning (1812–1889).

S’il est possible de longer à pied les différents canaux, quitte à pique-niquer aux Rembrandt Gardens, plusieurs compagnies de navettes-bateaux (comptez 10 £ environ) vous permettront de couvrir ce gentil entrelacement de canaux d’une autre manière, sinuant jusqu’à Primrose Hill et Camdem Town par le Cumberland basin ou le Maida Hill Tunnel, construit il y a 200 ans.

Limehouse Marina © I-Wei Huang - stock.adobe.com

Une des balades les plus prisées des Londoniens part du Victoria Park, animé chaque été par le festival de musique pop et électro, All Point East Festival. La légende voudrait que la Reine Victoria, n’en pouvant plus de voir débarquer à Hyde Park les habitants de l’East End londonien, aurait décidé d’aménager ce parc pour désengorger son grand frère royal de toute cette plèbe.

En tout cas, la balade permet de raser la partie est du Regent’s Canal jusqu’au quartier de Limehouse. Vous passerez sous plusieurs ponts et trouverez sur votre chemin des joggeurs, des péniches aussi peinturlurées que les murs, des anciennes cheminées et des bâtiments industriels à l’écart des grands axes routiers.

Rameurs sur la rivière Lea © Florent Oumehdi

Les plus téméraires pourront débuter le pèlerinage au Queen Elizabeth Olympic Park sorti de terre en 2011 pour les 30e Jeux Olympiques modernes qui ont bien pimpé la zone nord-est de la capitale. Le parcours traverse d’abord une zone humide (il en existe une plus grande au sud-ouest de Londres), wetlands, dont l’écosystème permet le développement de bactéries qui dépolluent l’eau stockée et filtrée, pour rejoindre la rivière Lea, réaménagée et assainie pour les JO.

Enfin, il traverse le quartier d’Hackney, avec ses rameurs, ses magasins de skate, ses cafés tendances graffés construits en surplomb du cours d’eau.  

Londres nature, hors des sentiers battus

Londres nature, hors des sentiers battus
Kyoto Garden © Florent Oumehdi

À qui sait bien chercher, Londres peut raconter de merveilleux secrets. Qui pourrait croire qu’un champ de lavande, planté en 2003, étirerait ses reflets mauves en plein centre-ville ? Ça se passe pourtant au Vauxhall Park, ouvert en 1890. La lavande est récoltée en septembre et son huile est même vendue chez Italo.

Autre originalité paysagère, à l’ouest des Kensington Gardens, au Holland Park, vous pourrez tomber sur des représentations opératiques ou des séances de cinéma en plein air mais surtout sur le Kyoto Garden, un surprenant jardin à la japonaise, tout en pierres, clapotis et zenitude.

Les fous de nature ne peuvent pas échapper aux 2 000 espèces de plantes et d’arbres tropicaux sous serre du Barbican Conservatory (allez-y pour le tea-time, dégustation de pâtisseries et verre de prosecco pour 35 £ tout de même).

Autre must : l’immanquable Royal Botanic Garden de Kew (16,50 £ l’entrée adulte) et ses 120 hectares de jardins patronnés par les prodigieuses Palm House et Temperate House. Les grands fanatiques de la nature peuvent aussi rallonger le parcours vers le Chelsea Physic Garden (11 £), l’ancêtre des jardins botaniques anglais créé en 1673.

Phoenix Garden © Florent Oumehdi

Londres sait cultiver ses îlots de verdure. Vous trouverez un peu partout d’étonnants jardins communautaires qui proposent, en pleine jungle citadine, des parcelles aux pépiniéristes en herbe. C’est ainsi qu’à quelques encablures de Covent Garden, on trouve le Phoenix Garden avec son pavillon écoresponsable, ses cultures sans pesticides et son bassin où s’affolent de frétillantes carpes rouges.

Ambiance moins proprette – de la cagette et des murs colorés surtout – mais plus engagée au Nomadic Community Garden à Shoreditch qui cherche à faire de l’agroécologie urbaine un outil de fertilisation sociale grâce notamment à des ateliers et à des événements thématiques qui responsabilisent le voisinage. 

Sky Garden © jovannig - stock.adobe.com

Mais le vert n’est pas seulement l’apanage des sols. Plusieurs murs végétaux animent les façades de l’Old Smoke. Le plus grand, The Living Wall, colonise 350 m² de l’hôtel The Rubens. Il y a également le green wall qui fait face au 20 Fenchurch Street, le gratte-ciel de 37 étages qui accueille le Sky Garden, un jardin luxuriant offrant une vue à 360° particulièrement spectaculaire sur Londres. Si vous voulez y descendre une pinte devant le coucher du soleil sur la City, la réservation, gratuite, reste aussi obligatoire (elle ouvre trois semaines avant, le lundi à 11 h).

D’autres lieux ont fait le pari du vert. On pense aux roofs gardens de Crossrail Place à Canary Wharf et à ceux du Ham Yard Hotel à Soho ou du Queen Elizabeth Roof Garden & Café dans le dynamique quartier de Southbank.

Quelques événements pour voir la vie en vert à Londres

- Le Columbia Road Flower Market donne à cette artère, tous les dimanches de 8 h à 15 h, des airs de poumons multicolores.

- Chaque année, l’Open Garden Squares Weekend (juin) ouvre les portes de centaines de jardins, connus ou plus secrets.

- Plus de 100 ans que ça dure. Le Chelsea Royal Hospital accueille chaque année, vers fin mai, le Chelsea Flower Show, une exposition florale incontournable, où les participants rivalisent de créativité, de bouvardias et de germinis pour nous en mettre pleine la vue.

- Le London Permaculture Festival (juillet) propose des ateliers et des conférences sur l’écologie naturelle, les changements climatiques ou les forêts urbaines.

Fiche pratique

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Comment y aller ?

En train : avec Eurostar au départ de Paris-Nord (2 h 15), Lille, Bruxelles et Marseille.

En avion : les aéroports de Londres Heathrow et Londres Gatwick sont desservis par Air France depuis Paris-CDG et British Airways depuis plusieurs aéroports français. Vols low cost également avec EasyJet et Ryanair vers les aéroports de Gatwick, Stansted et Luton. Trouvez votre billet d’avion.

Adresses en vert

The Culpeper 40 Commercial St, Spitalfields, London E1 6LP. Il y en a pour tous les goûts au Culpeper, situé à Spitalfields, à quelques enjambées de Brick Lane et Whitechapel. Au rez-de-chaussée, un magnifique pub aux murs volontairement patinés. Au premier étage, un restaurant. Au deuxième, cinq chambres soignées et, sur le toit, un bar-jardin avec de grandes tables tantôt exposées, tantôt sous serre. À partir de 120 £ la nuit.

Aster House : 3 Summer Pl., London SW73EE. Un délicieux B&B où l’on prend son breakfast dans une « orangerie » envahie de plantes vertes, aux chambres fleuries et doté d’un jardin avec un bassin fréquenté par des canards. Le tout à deux pas de South Kensington. Doubles à partir de 120 £.

Clos Maggiore : 33 King St, Covent Garden, London WC2E 8JD. Sous la pergola de roses, on peine à croire que Covent Garden fasse, pas loin, un boucan de tous les diables. Sur les murs, au plafond, autour de la cheminée, les végétaux processionnent leurs couleurs et leurs ramures, ce qui a valu au Clos Maggiore, qui propose une cuisine influencée par la Provence et la Toscane, le titre très convoité de restaurant le plus romantique du monde.

Petersham Nurseries : Church Lane, Off, Petersham Rd, Richmond TW10 7AB. Aux Petersham Nurseries, toutes les occasions sont bonnes pour parsemer des fleurs autour des assiettes. Pas très loin des courts du All England Lawn Tennis de Wimbledon, cette oasis de verdure située à Richmond (mais il existe une déclinaison moins ambitieuse et plus urbaine près de Leicester Square) est à la fois une tea house, un café-restaurant et un concept-store. Partout des jardins, un terrain de tennis (tiens tiens) et des serres aménagées en lieu de réception qui téléportent à des années lumières de la capitale anglaise.

The Ivy Chelsea Garden : 195-197 King's Rd, Chelsea, London SW3 5EQ. À King’s Road, il existe un endroit où les belles plantes règnent en maîtresses absolues. Murs végétaux, devanture florale, boutures en tout genre ou coussins à motifs palmés, le restaurant The Ivy Chelsea Garden s’est imposé comme une enclave florale où il faut être vu boulotter des plats vegans ou végétariens (mais pas que). Sensibles au pollen et au rhume des foins s’abstenir. 

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Texte : Florent Oumehdi

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