Le Finistère, côté nord : de Brest à la côte des Légendes

Le Finistère, côté nord : de Brest à la côte des Légendes
Saint-Pabu © aterrom - Fotolia

Penn ar Bed, le « bout du monde » en breton… C’est ici, au nord-ouest de Brest et sur la mer d’Iroise, que s’incarne le Finistère, plus précisément à la pointe de Corsen, point le plus occidental de la France continentale.

En parcourant cette terre qui s’élance dans l’Atlantique, le voyageur découvre l’une des plus belles figures de proue qui soient. Le Nord du Finistère dévoile une formidable palette de paysages, qui contrastent presque autant que la lumière qui les baigne au fil de la journée : criques secrètes et plages de sable, lande et bocage, villages de pêcheurs et bourgs ruraux…

Sculptée par les éléments, cette région a su préserver sa farouche beauté et son authenticité. L’ambiance, par ici, n’est pas franchement balnéaire, mais la côte, constellée de plages sublimes et de phares, mérite vraiment le coup d’œil. Et puis, il y a Brest, ce port de légende ouvert sur l’océan qui sait si bien faire la fête…

De la rade de Brest aux portes du Léon, levons l’ancre vers la côte nord du Finistère. Un univers à l’identité bien affirmée et une vraie expérience de voyage, pour changer de décor.

Brest, tournée vers le large

Brest, tournée vers le large
Château de Brest © Emmanuel Berthier - CRTB

Tout d’abord, un site exceptionnel, à l’extrémité occidentale de la Bretagne, au fond d’une rade majestueuse et très découpée de 180 km2, reliée à l’Atlantique par un goulet large de 2 km. Plus que toute autre ville française, Brest est une porte ouverte sur les ailleurs maritimes. Un site où finissent les terres continentales, mais où tout commence aussi…

C’est ici que, en 1686, des ambassadeurs du Siam envoyés auprès de Louis XIV posèrent le pied pour la première fois sur le sol français, remontant dans le plus grand apparat l’artère principale de Brest, aujourd’hui nommée « rue de Siam ». D’ici, aussi, que partirent les navires des grands explorateurs comme Bougainville ou La Pérouse, mais aussi les bateaux engagés dans la guerre d’Indépendance américaine. C’est à Brest également que le jazz débarqua en France, en 1917, grâce aux marins américains.

Un destin lié à l’océan

Le destin de Brest est intimement lié à la mer. Au 17e s, Louis XIII décide d’y installer l’arsenal et, depuis, la Marine fait, en grande partie, vivre la ville. Une longue histoire que l’on peut découvrir au passionnant musée national de la Marine, installé dans le château de Brest fortifié par Vauban au 17e s, qui domine le port et la rade (superbe panorama). Aujourd’hui, Brest est la 2e base navale de France et quelque 16 000 emplois dépendent de la Marine.

La ville séduira les amateurs d’ambiance portuaire qui ne manqueront pas de visiter la base navale ou de faire une croisière dans la rade et dans le port à bord d’un vieux gréement comme, par exemple, La Recouvrance. Un excellent moyen de bien comprendre la vocation maritime de Brest qui, outre une base navale, possède un port de commerce actif ainsi que plusieurs marinas.

Sur le port de plaisance du Moulin-Blanc, Océanopolis, un formidable parc éducatif sur les océans, permet de continuer son exploration marine. Trois pavillons y recréent les milieux naturels tempéré, polaire et tropical à l’aide d’une cinquantaine d’aquariums regroupant 10 000 animaux et végétaux marins de 1 000 espèces ! Idéal pour une visite en famille.

Balades dans Brest

Balades dans Brest
Rue Saint-Malo © Jean-Philippe Damiani

Détruite à 90 % en 1944, Brest n’est pas à franchement parler une ville de carte postale. Elle fut rapidement reconstruite après-guerre sur un plan en damier hérité de Vauban et revu par l’architecte J.-B. Mathon. Fonctionnalité et géométrie semblent les maîtres-mots du Brest moderne qui s’incarne notamment dans les imposants édifices de la rue de Siam ou la massive église Saint-Louis (85 m de long pour 28 m de haut).

Malgré tout, Brest réserve quelques pépites aux trekkeurs urbains, même s’ils ne sont pas férus d’architecture moderne. Ainsi, le cours Dajot offre un ample panorama sur le port de commerce et le château, du haut de sa promenade dominant la rade.

Le port de commerce et la marina du Château, avec leurs bars et restos, sont particulièrement sympas en soirée, surtout en été avec les concerts des Jeudis du Port. Ambiance du tonnerre (de Brest !) également dans le bas de la rue de Siam ou dans l’un des troquets du quartier Saint-Martin, à l’atmosphère villageoise. Brest est une ville étudiante (22 000 en tout) et cela se sent !

Du côté de Recouvrance

Cap ensuite sur le quartier de Recouvrance, en franchissant le pont levant sur la rivière Penfeld qui coupe la ville en deux. Voici le Brest populaire, plutôt épargné par les bombes de 1944, où de nombreux immeubles d’avant-guerre sont toujours debout, tout comme l’église Saint-Sauveur, la plus vieille de la ville.

Après avoir visité le jardin des Explorateurs ou le musée d’Histoire de Brest dans la tour Tanguy, édifiée au 14e s, faites un crochet par la rue Saint-Malo. Cette artère historique, à l’abri d’un vallon, a conservé ses pavés et ses maisons en pierre du 17e s grâce à l’association « Vivre la Rue », qui l’a sauvée de la destruction. Un bel exemple du Brest qui résiste !

Juste à côté, le nouveau quartier des Capucins, avec ses établissements culturels, sorti de terre fin 2016 et accessible via le premier téléphérique urbain de France.

Brest verte

Enfin, la nature n’est jamais très loin à Brest. Outre les excursions dans la rade, on peut se mettre au vert en allant dans le parc du Vallon de Stang-Alar, à quelques encablures du centre-ville. Un véritable bol d’oxygène entre ruisseau, étangs et forêt. Ne manquez pas le Conservatoire botanique national, l’une des plus grandes réserves de plantes menacées au monde avec pas moins de 4 000 espèces (serres ouvertes en été).

Le Pays d'Iroise, au bout du monde

Le Pays d'Iroise, au bout du monde
Phare de la Pointe Saint-Mathieu © Jean-Philippe Damiani

À une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Brest, la pointe Saint-Mathieu, battue par les vents et surplombant l’Atlantique, a tout d’un bout du monde. Et ce n’est pas sans raison… Le Finistère, c’est ici, au bord de cette mer d’Iroise qui fait la jonction entre la Manche et l’Atlantique.

Singulier endroit que cette pointe Saint-Mathieu, dominée par un phare de 60 km de portée qui semble surgir des ruines d’une abbaye. Un lieu à l’atmosphère vraiment particulière, magique même, lorsque le soleil couchant fait rougeoyer le ciel sur le coup de 22 h en été ou quand les rayons du phare balaient les ruines de l’abbaye, lors des nuits de tempête en hiver. Avec le fort de Bertheaume, juché sur une île à quelques kilomètres de là, la pointe Saint-Mathieu est sans doute l’un des sites les plus saisissants de la région.

De là, le sentier des douaniers (GR34) invite à une randonnée pédestre le long de la côte et des falaises, à la rencontre de belles plages de sable (Blancs-Sablons) et de criques secrètes, face à une mer constellée de récifs et de phares. Plus au nord, les promeneurs peuvent rallier la pointe de Corsen  et sa falaise de 30 m de haut, le point le plus occidental de la France continentale.

Villages de pêcheurs, menhir, château…

En route, d’adorables villages de pêcheurs méritent une halte. Port d’embarquement pour Molène et Ouessant, Le Conquet a conservé des demeures de négociants et d’armateurs des 15e et 16e s. Belle promenade à faire autour de la presqu’île de Kermorvan voisine. Distant de quelques kilomètres, Lampaul-Plouarzel ne manque pas de charme, avec sa jolie plage de sable et, en prime, le menhir de Kerloas, le plus haut de France encore debout.

Plus au nord, Lanildut est le premier port goémonier d’Europe, avec au large le plus grand champ d’algues du continent (400 espèces). La récolte des algues est l’une des principales activités économiques locales depuis des siècles. Pour tout savoir sur les goémoniers, la récolte et l’utilisation des algues, ne manquez pas l’exposition riche et didactique de l’écomusée de Plouguerneau.

Dans les terres, le château de Kergroadez (17e s), très bien restauré, séduit le visiteur avec son élégance granitique et quelque peu austère, ses intérieurs décorés avec goût et ses beaux jardins thématiques. Avec ses nombreuses animations toute l’année, le château est un lieu qui se vit tout autant qu’il se visite.

Au pays des Abers

Au pays des Abers
Coucher de soleil sur l'Aber Wrac'h © Emmanuel Berthier - CRTB

Le nord-ouest du Finistère est l’une des régions les plus sauvages, préservées et authentiques de Bretagne. Un pays de pierre et de mer, à la côte extrêmement découpée et ponctuée de phares, où les éléments ont sculpté la roche mais aussi le caractère des habitants. Une terre à la beauté âpre et farouche, profondément attachante.

Particularité géologique du coin, les abers sont des estuaires s’enfonçant dans les terres, épousant les vallées de petits fleuves côtiers dans lesquelles remonte la mer. À marée haute, les abers prennent des airs de mini fjords ; à marée basse, ils révèlent d’amples bancs de vase où les oiseaux viennent trouver leur garde-manger.

Remontant jusqu’à 32 km dans les terres, l’aber Wrac’h est le plus profond et le plus majestueux des abers. Sillonnant la campagne, il offre de beaux paysages à la fois marins et bucoliques. Près de l’embouchure, le port de l’aber Wrac’h se niche dans un décor idyllique et reposant, composé de plages de sable fin aux eaux translucides, de dunes et de prés, de maisons de poche et d’îlots au large. Sur sa rive sud, le château de Kerouartz est un bel exemple d’architecture Renaissance bretonne.

À l’ouest de l’aber Wrac’h, l’aber Benoît serpente sur une dizaine de kilomètres entre prairies et forêts. Des balades sympas sont à faire dans les environs (sentiers balisés), notamment du côté de la vallée des Moulins de Plouguin ou du coquet village de Saint-Pabu. Superbes plages de sable blanc à l’embouchure de l’aber, donnant sur des eaux turquoise, notamment à l’anse de Béniguet. Plus au sud, l’aber Ildut, le plus petit des trois (6 km), peut se découvrir à pied.

À quelques kilomètres à l’ouest de l’aber Benoît, la route côtière entre le ravissant village de Portsall, lové dans son anse, et Lanildut vaut le détour, notamment la portion entre Trémazan et Argenton. Lande recouverte de bruyères, falaises, chapelle et croix en granit, château féodal en ruine, des airs de Connemara… Tout y est !

Le Finistère, sur la côte des Légendes

Le Finistère, sur la côte des Légendes
Meneham © Jean-Philippe Damiani

Prolongeant le pays des Abers vers l’est, la côte des Légendes s’étend jusqu’à la petite station balnéaire de Brignogan Plages et à l’anse de Goulven, aux portes du Léon. Elle est également connue sous le nom de « côte des naufrageurs », une allusion à l’époque où certains paysans allumaient des feux sur la côte pour égarer les navires et les piller après leur naufrage sur les récifs !

Ce temps est bien révolu et, de légendaire, cette côte ne possède plus que ses paysages que l’on croirait issus d’un conte fantastique. Le rivage, mais aussi les champs, sont parsemés d’énormes rochers granitiques aux formes étranges d’où l’on ne serait guère étonné de voir sortir, par un soir de tempête, une fée ou un korrigan.

Au large, les vagues viennent s’abattre sur d’innombrables récifs et îlots. Là aussi, des plages de sable fin bordent des eaux translucides. Elles apportent une touche presque caribéenne à ce paysage dépouillé, d’une grande pureté, et redessiné au gré de la lumière sans cesse changeante.

Des randos au fil de l’eau

De superbes randonnées sont à faire sur les sentiers ou les véloroutes qui sillonnent la région. En chemin, on croise des sites étonnants comme un menhir surmonté d’une croix et la jolie chapelle Saint Pol à Brignogan.

Le joyau (insolite) de la côte ?  Une maison de garde-côte tout en granit, lovée au milieu d’un amas de gros rochers, à l’abri du vent. Elle sert de vigie à Meneham, un ancien village de paysans goémoniers, dont les chaumières traditionnelles, longtemps restées en ruines, sont parfaitement restaurées. Meneham accueille désormais artistes et artisans, ainsi qu’un musée dédié à la vie des habitants de la région.

On y trouve également une auberge, ainsi qu’un gîte d’étape pour les randonneurs du GR34. Une base idéale pour poser son sac à dos, avant de partir sur les sentiers de cette magnifique côte des Légendes…

Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne Bretagne

Finistère Tourisme

Brest Terres Océanes

Office de tourisme Brest Métropole

Lire également notre article sur les Fêtes maritimes de Brest

Comment y aller ?

Brest est reliée à plusieurs aéroports français, dont Orly Ouest, Toulouse, Nice, Marseille et Lyon,  par HOP !. L’avion reste le moyen de transport le plus rapide pour s’y rendre.

Réserver votre billet d’avion vers Brest.

Liaisons également par le TGV et par autoroute via les axes Paris-Rennes et Bordeaux-Nantes.

Location de voiture conseillée pour visiter la région à sa guise.

Quelques bonnes adresses :

- Hôtel Océania : 82, rue de Siam à Brest. Central et confortable, avec des chambres spacieuses, parfaitement insonorisées, et une bonne literie. Doubles à partir de 76 €.

- Ethic Etapes, Auberge de Jeunesse : Moulin-Blanc, 5 rue Kerbriant à Brest. Tout près d’Océanopolis et reliée par bus au centre-ville, une AJ moderne au cœur d’un grand jardin. Adhésion AJ demandée. Compter 19,60 €, petit déj inclus.

- Restaurant L’Epuisette : 185, quai Éric-Tabarly à Brest. Sur le port de plaisance du château, une bonne table avec une carte où la crevette et les produits de la mer sont bien représentés. Cadre marin et design, service efficace et sympa. Plats à partir de 16,90 €. Formules 24,90-29,90 €.

- Hostellerie de la Pointe Saint-Mathieu : 7, place Saint-Tanguy à Plougonvelin. Situation idéale face à la pointe Saint-Mathieu et au phare. Chambres confortables et décorées avec goût, donnant sur le « bout du monde ». Piscine chauffée. Excellent resto gastronomique,  formule brasserie également et un service attentionné. Une très belle adresse. Doubles 85-265 €. Offres spéciales sur Internet.

- Gîte d’étape de Meneham : au cœur du village, à 3,5 km de Kerlouan. Pour dormir dans l’une des maisons aux toits de chaume du village de Meneham. Chambres de 2 à 6 personnes et cuisine à disposition. Fait également table d’hôtes. Nuit à partir de 19 €.

- La Butte : 12, rue de la Mer à Plouider. Coup de cœur pour cet établissement tenu par la même famille depuis trois générations et dirigé aujourd’hui par deux passionnés, Nicolas et Solène Conraux. Les chambres sont spacieuses, lumineuses et confortables, certaines donnant au loin sur la baie de Goulven. La cuisine, à base de produits du terroir, fait preuve d’une belle générosité, combinant respect des produits et notes créatives. Spa (accès payant) et traiteur. Accueil très pro, d’une indéniable gentillesse. Doubles 83 €- 154 €. Formule déjeuner 29 €. Menus soir 52-112 €.

- Hôtel de la Mer : plage des Chardons bleus à Brignogan-Plages. Une toute nouvelle adresse à Brignogan, située directement sur la plage (ce qui est rare dans le coin) et qui se veut écoresponsable.  18 chambres avec vue sur mer et 8 appartements, simples et décorés avec goût.  Spa et resto. Doubles à partir de 80 €.

- Crêperie Au P’tit Nice : 20, rue Kéravézan à Brignogan-Plages. Une bonne crêperie à Brignogan. Plats et crêpes 6-13 €.

- Le Château de Sable : 38, rue de l’Europe à Porspoder. Un bel hôtel situé face à la mer d’Iroise, dont la majorité des chambres donne sur la grande bleue. Spa, salon de thé et resto gastronomique. Intéressante formule bistrot le midi. Le patron, Franck Jaclin, est également à l’origine de la restauration du château de Kergroadez. Une bonne adresse pour sillonner la région. Doubles 94-159 €.

Liens et sites utiles

Océanopolis

Musée national de la Marine de Brest

Village de Meneham

Ecomusée de Plouguerneau

Château de Kergroadez

Commencez votre voyage en musique, écoutez notre playlist Routard Bretagne.

Playlist Routard Bretagne

Texte : Jean-Philippe Damiani

Mise en ligne :

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