La Catalogne, de l'intérieur

La Catalogne, de l'intérieur
Panorama depuis Pedraforca- Stéphanie Condis

L’arrière-pays catalan offre une belle alternative au farniente sur les plages et à la trépidante vie barcelonaise.

Entre campagne et montagne, il permet de concilier activités sportives et gastronomie, vacances au vert et visites culturelles, parcs naturels protégés et cité médiévale.

Pas de risque de s’ennuyer en visitant les régions d’Osona, autour de Vic, de Berguedà, autour de Berga, et les Pyrénées.

Moins touristique que la côte et que la capitale catalane, c’est un territoire authentique, témoin de la passionnante histoire de la province et de son patrimoine naturel et culturel très riche.

Un passage obligé pour ceux qui veulent vraiment découvrir en profondeur la Catalogne, en prenant leur temps.

Lire également notre article sur les terres de Lleida et la Noguera

Vic, capitale de la Catalogne de l’intérieur

Vic, capitale de la Catalogne de l’intérieur
Marché de Vic-Osona Tourisme

Nulle volonté de rivaliser avec sa grande sœur distante de 70 km. Avec 40 000 habitants, Vic ne joue pas dans la même catégorie que Barcelone. Mais elle ne manque pas de charme, avec son centre historique au tracé médiéval, ses petites rues pavées et ses jolies places.

La Plaça Major, la plus grande de la ville, en est le cœur battant, donnant le rythme au reste de la cité. En particulier les jours de marché, les mardis et samedis matin : poulets en cage chatouillés par les enfants, fruits et légumes débordant des étals, fromages et pains appétissants, fleurs éclatantes, charcuteries réputées…

Le fuet (saucisse sèche) et la llonganissa (saucisson) font partie des excellentes spécialités de Vic. Tout comme le pa de pessic, ou « pain de pincée », un gâteau entre la madeleine et la brioche qui se picore avec le bout des doigts.

La commune est aussi reconnue pour son passionnant Museu Episcopal qui met très bien en valeur l’art religieux médiéval, roman et gothique, de la région. Dès l’entrée, on est saisi par un ensemble de cinq statues du 12e siècle représentant la descente de la croix : les personnages, dont les bras sont articulés, pouvaient être animés pour mieux frapper les esprits des fidèles. Autres œuvres remarquables, les panneaux de bois peint ou les fresques murales qui ornaient les églises.

Le musée, reconstruit en 2002, s’intègre bien à son environnement, une immense baie vitrée faisant le trait d’union avec le clocher roman de l’imposante cathédrale voisine. Celle-ci a été remaniée et restaurée plusieurs fois, à l’instar du temple romain en plein centre ville, devenu espace culturel.

Le Pedraforca, pic mythique

Le Pedraforca, pic mythique
Vue du Pedraforca - Stéphanie Condis

Ce n’est pas le point culminant des Pyrénées catalanes, puisque le Pique d’Estats flirte avec les 3 150 m, mais c’est une montagne à laquelle les Catalans sont très attachés, comme pour le Montserrat.

Il est vrai que le Pedraforca, cette « Pierre Fourche » qui fait partie du parc naturel de Cadi-Moixeró, possède une silhouette intrigante, qui inspire respect et admiration, avec ses deux pitons jumeaux…

De faux jumeaux, car le Pollegó superior et ses 2 507 m de haut coiffe son frère au poteau. Pour grimper tout là-haut, il faut compter environ trois heures, puis deux heures de descente très pentue entre les deux formations rocheuses.

La randonnée débute en forêt, ponctuée de ruisseaux et cascades, jusqu’au col del Verdet : il offre un panorama sur les deux vallées qui entourent le Pedraforca, et les chanceux peuvent aussi observer des isards. Là commence l’ascension finale, sur la roche blanche dénudée, en s’aidant des bras. D’ailleurs les fans de varappe choisissent la face nord pour escalader jusqu’au sommet.

Autre possibilité, faire le tour du mont en sept heures, pour admirer toutes ses facettes.

Le Montseny, réserve de la biosphère

Le Montseny, réserve de la biosphère
Stéphanie Condis

Le parc naturel du Montseny abrite une précieuse biodiversité. C’est pourquoi il appartient au réseau mondial des réserves de la biosphère mis en place par l’Unesco.

Ses paysages sont variés, des reliefs escarpés aux plaines parcourues de rivières, en passant par les hauts plateaux. Les forêts recouvrent une grande partie de ce massif qui culmine à 1 707 m.

Parmi les espèces d’arbres, le châtaignier, vénéré dans la région, en particulier lors de la fête de la châtaigne, une semaine avant la Toussaint. À cette occasion, le village organisateur, Viladrau, multiplie par dix sa population !

Le Centre de manipulació de la castanya propose des visites guidées, sur réservation, pour aller découvrir des châtaigniers pluri-centenaires, en suivant l’un des cinq chemins, à pied ou en 4x4.

Sur les 2 500 châtaigniers du domaine, 400 sont actuellement utilisés pour récolter les châtaignes. Ils font l’objet d’un traitement particulier pour les revitaliser : taille radicale, respect d’une distance de dix mètres entre eux, défrichage tout autour.

Même ceux dont le tronc paraît mort repartent de plus belle pour donner des fruits ensuite transformés en farine (sans gluten), galettes, mousse, confiture, bière, liqueur, etc. Des ateliers organisés par le centre enseignent aux visiteurs à travailler ce bois très résistant ou à fabriquer du pain.

Les jardins Artigas, œuvre de Gaudí

Les jardins Artigas, œuvre de Gaudí
La Pobla de Lillet Jardins Artigas - Stéphanie Condis

Gaudí n’a créé que trois jardins dans sa vie. L’un se trouve dans une villa de Cantabrique, l’autre est le célébrissime Parc Güell de Barcelone et le dernier se cache dans une petite vallée encaissée de la région du Berguedà, dans le village La Pobla de Lillet.

Cette réalisation est aussi liée au Catalan Güell, ami industriel de l’architecte fantasque. Güell possédait des mines de charbon dans le coin et avait commandé à Gaudí des résidences pour rapprocher ses employés de leur lieu de travail. L’artiste, hébergé pendant cette mission par la famille Artigas, a alors souhaité la remercier en imaginant les jardins Artigas pour leur demeure, attenante à leur usine textile.

Dans un espace restreint et alambiqué, traversé par le fleuve Llobregat naissant, il a conçu, sur plusieurs niveaux, une grotte, des fontaines, un pont avec une seule arche, une guinguette, un kiosque-belvédère, etc. On retrouve son style original, inspiré de la nature, mais sans les couleurs. Il a en effet voulu privilégier les matériaux des alentours : pierre grise, galets, ardoise et ciment produit non loin de là.

D’ailleurs, pour arriver aux jardins, les visiteurs peuvent emprunter le Tren del Ciment, petit train touristique circulant sur l’ancienne voie utilisée pour le transport de ce matériau. C’est l’une des traces du passé industriel de la zone, que l’on retrouve aussi dans le musée des Mines de Cercs, consacré à l’histoire et aux techniques de l’extraction du charbon, ou dans la mine de Pétrole de Riutort qui est également ouverte au public.

Fiche pratique

Fiche pratique
Stéphanie Condis

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Office de tourisme de Catalogne

Office de tourisme de Vic

Office de tourisme de la région d’Osona

Office de tourisme de la région du Berguedà

Comment y aller ?

- En voiture :

Un peu plus d’1 heure entre Barcelone et Vic, par la C-17. Environ 1 h 30 entre Barcelone et Berga, par la C-16.

- En train :

Environ 1 h 30 de Barcelone à Vic. www.renfe.com

Où dormir ?

El Molí del Casó : Barri Terradelles, 10 à Bagà. Tél. : 93 824 4076. 50 € par personne avec le petit déj ; 70 € en demi-pension. Conxita et Ramon, très attentionnés, reçoivent leurs hôtes comme des rois. La cuisinière émérite, et francophone, concocte des petits déjeuners et des dîners vraiment délicieux, notamment grâce à son potager bio. Passionnée de gastronomie, elle y consacre toute la bibliothèque et la déco de cet ancien moulin, en détournant des ustensiles : porte-manteau en rouleau à pâtisserie, rambarde d’escalier incrustée de couverts, etc.

La Torre del Vilar : à Santa Eulàlia de Riuprimer. Tél. : 93 813 7024. 82 à 106 € pour une chambre double, avec petit déj. Dîner à 17 €. Perdue dans la nature, mais tout près de Vic, la villa bourgeoise avait été construite en 1898 comme résidence d’été par de riches Barcelonais. Les sept chambres, réparties autour d’un patio, sont spacieuses et décorées dans un style classique mais sobre. La piscine et les pins du jardin permettent de se rafraîchir et de savourer le calme champêtre.

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Où manger ?

Major3 : Plaça Major, 3 à Vic. Tél. : 938 853 600. Cachée sous les arcades de la place du marché, près de la mairie, cette nouvelle table au cadre contemporain épuré est spécialisée dans la cuisine du sud de la Catalogne. On se régale de sa paëlla au poisson, avec du riz du delta de l’Ebre, et de sa crème catalane.

Hostal Pedraforca : Barri Maçaners à Saldes. Tél. : 938 258 021. C’est le lieu idéal pour partager un repas roboratif après l’ascension du célèbre mont Pedraforca, que l’on contemple depuis les baies vitrées de la vaste salle à manger à la charpente de bois clair. Les spécialités de champignons proposées sont typiques de la région, car les Catalans adorent partir à la cueillette dans les bois.

Texte : Stéphanie Condis

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