Provence : la Côte Bleue, un paradis aux portes de Marseille

Provence : la Côte Bleue, un paradis aux portes de Marseille
Randonnée le long de la Côte Bleue © aterrom - stock.adobe.com

On connaît les calanques de Cassis, au sud de Marseille, mais beaucoup moins celles du nord-ouest, sur la route de Martigues et du parc naturel régional de Camargue. Et pourtant, la Côte Bleue recèle des petites calanques au charme évident et à l'atmosphère aussi populaire qu'authentique. Pour longer la Côte Bleue, deux options : en voiture ou en train, au départ de la cité phocéenne. Très pratique, la ligne du « Train de la Côte Bleue » dessert toutes les gares de la côte, de Niolon à La Couronne. Et à flanc de falaise, ce qui lui vaut d’être considérée comme l’une des plus belles lignes ferroviaires touristiques de France. Un coin de Provence qui mérite d'être découvert...

Carry-le-Rouet et ses trois sentiers

Carry-le-Rouet et ses trois sentiers
Sentier du lézard © Frank Devos - Provence Tourisme

C’est un bon point de chute pour explorer la Côte Bleue. Et d’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à le penser… Né à Marseille, l’acteur Fernandel avait choisi Carry-le-Rouet comme cadre de villégiature à partir de 1939. Il y avait fait construire une maison, qui appartient aujourd’hui à des particuliers. On la voit toujours surplombant le port : c’est la bâtisse jaune avec des volets blancs, au-dessus de la plage qui porte son nom.

Carry-le-Rouet se trouve dans une situation stratégique, au cœur de la Côte Bleue : à partir d’ici, on peut facilement rayonner dans les bourgs environnants, du Rove à Sausset-les-Pins. Plusieurs sentiers de randonnée, plus ou moins longs et difficiles, sillonnent les alentours de Carry-le-Rouet, mais il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour longer le bleu et tomber sur une discrète calanque.

Sur 4 km, le petit sentier du Lézard ouvre déjà une lumineuse fenêtre sur les beautés de la côte. Depuis le quai Maleville, au bout du port, ce chemin très facile et en plein centre-ville nous mène jusqu’à Sausset-les-Pins.

Chapelle Notre-Dame du Rouet © Frank Devos - Provence Tourisme

Plus que la jolie vue sur Marseille, au loin, on retient de cette promenade le puissant parfum des figuiers venu nous surprendre de temps en temps. Sur le chemin, on peut se rafraîchir dans la calanque des Pierres Tombées, un spot entouré de falaises ocre et d’une végétation dense, connu pour la clarté de ses eaux. Quand le mistral souffle, les vagues fouettant les rochers offrent un spectacle tout aussi magnifique.

Plus loin, à dix ou quinze minutes à pied de la plage du Rouet, montez voir la minuscule chapelle Notre-Dame du Rouet. Perchée sur un promontoire, le cap de la Vierge, la bâtisse en pierre du XVIIe siècle domine les calanques, les collines, et la rade de Marseille. Après différents séjours d’ermites, seule une statue de Vierge assise allaitant son enfant se trouve encore sur les lieux. Mais des pèlerinages y font encore étape durant l’année. De là-haut, on profite surtout du calme, de la fraîcheur et de l’ombre qu’apportent les pins d’Alep, et de la vue imprenable sur la plage du Rouet et son port à l’ouest, la calanque des Eaux-Salées et son viaduc ferroviaire à l’est.

C’est d’ailleurs notre prochaine destination : en redescendant le promontoire, il faut emprunter le chemin des Eaux-Salées sur la droite qui longe la voie ferrée du Train de la Côte Bleue. Il y a de sacrés escaliers, on marche quinze bonnes minutes, mais ça vaut vraiment le coup !

Au bout du chemin, la calanque des Eaux-Salées scintille au pied du viaduc, labellisé « patrimoine XXe siècle » en 2000. Une eau chaude et turquoise, presque translucide, une plage sauvage et quasi déserte de gros galets polis : c’est notre coup de cœur !

Les plages du Rouet et du Cap Rousset

Les plages du Rouet et du Cap Rousset
Plages du Rouet © Frank Devos - Provence Tourisme

Peu hospitalières au premier abord, les plages de la Côte Bleue sont faites de galets et leurs eaux ne sont pas avares en oursins. On vous recommande vivement de prévoir des chaussures de plage.

La première fois, on s’étonnera aussi de voir des monticules « d’algues » échouées sur les galets. En réalité, cela ne veut pas dire que la plage est sale ou mal entretenue : ces posidonies mortes (des plantes aquatiques, et non des algues) sont volontairement laissées sur place, car elles abritent une multitude d’organismes marins. Ce sont les « poumons » de la Méditerranée ! Leur protection fait partie des objectifs du parc marin de la Côte Bleue, qui s’étend sur 28 km de côte entre la rade de Marseille et le Golfe de Fos.

Vous l’aurez compris, tout ce qui ressemble à un inconvénient fait en réalité la force de la Côte Bleue : son aspect sauvage est souvent préservé. Pas toujours esthétique, certes, mais naturel et authentique. Amateurs de churros et de beach volley, passez votre chemin : dans la plupart des calanques du parc marin, il faut tout prévoir, jusqu'à son pique-nique. On veillera à ne rien laisser traîner dans cette zone marine protégée

Calanque du Cap Rousset © Frank Devos - Provence Tourisme

La plage du Rouet est sans doute la plus populaire - et la plus « civilisée » - de la côte. Déjà, parce que c’est la plus grande près de Carry. Ensuite, parce que ses qualités la rendent aimable auprès de tous les publics. En plus d’être un bon spot de surf, de voile et de paddle, on y trouve des transats à gogo, déployés sur une partie sable, une partie galets. Pour ne rien gâcher, elle forme une anse naturelle couleur turquoise (oui, on se répète !).

Si vous recherchez un endroit plus confidentiel, on vous conseille la plage du Cap Rousset, plutôt fréquentée par les familles et les habitants du coin. Sa fine bande de graviers et de galets semble peu accueillante, mais elle a le mérite de limiter, de fait, le quota de serviettes de plage. Nichée sur une anse rocheuse calcaire, au cœur de la réserve marine, elle reste abritée des vents et des vagues. Parfois, des cours de yoga et de tai chi gratuits y sont organisés, face à la mer. Une petite plage qui, hors saison, invite volontiers à la sieste.

Les calanques de Niolon et de Méjean

Les calanques de Niolon et de Méjean
Calanque de Niolon © alain36100 - stock.adobe.com

On quitte Carry-Le-Rouet pour rejoindre, à 15 km à l’est, la pittoresque calanque de Niolon, qui fait partie de la commune du Rove. Y accéder est presque aussi charmant que la crique en elle-même. Il faut descendre un petit chemin qui serpente au milieu des maisons et traditionnels cabanons. La plage est vraiment riquiqui.

Réputée pour ses fonds marins, la calanque accueille surtout un port et un centre de plongée sous-marine. Ici, le bon plan consiste à louer un bateau pour voguer de calanque en calanque. Un sentier accessible depuis le port grimpe vers le sommet de la falaise, d’où la vue est sublime. Attention : en raison de la forte fréquentation de cette calanque où d'heureux Marseillais ont un cabanon, la municipalité a mis en place un filtrage. Pendant la haute saison, à partir de mai, l’accès est réglementé les week-ends et jours fériés.

Sentier en direction de la calanque du grand Méjean © aterrom - stock.adobe.com

Sur le territoire de la commune voisine, à Ensuès-la-Redonne, se cache la calanque du grand Méjean. Il faut emprunter un long chemin sinueux - lui-même difficile à trouver (sur le flanc gauche du port, prenez un sentier montant bordé de maisons) - pour y accéder. Et tant mieux : une fois sur place, il n’y a pas foule.

Pas grand-chose à faire, si ce n’est contempler le paysage et les cormorans en pleine partie de pêche. L'une de nos calanques préférées, sauvage et isolée, avec un je-ne-sais-quoi de paisible et de poétique.

Fiche pratique

Retrouvez tous les bons plans, adresses et infos pratiques dans les guides du Routard Marseille et Provence en librairie.

Pour préparer votre séjour, consultez nos guides en ligne Marseille et Provence.

Marseille Tourisme

Office de tourisme des Bouches-du-Rhône

Comment y aller ?

En TGV depuis Paris Gare de Lyon, la durée du trajet pour Marseille varie entre 3 h et 3 h 30. Liaison également vers Lyon, Toulouse, Genève, Bordeaux, Strasbourg, Lille en TGV ou Intercités.

Puis empruntez « le Train de la Côte Bleue », la ligne TER Marseille-Miramas. Le trajet entre Carry-le-Rouet et Marseille dure trente minutes.

Où dormir ?

Villa Arena : place Camille Pelletan à Carry-le-Rouet. En plein centre-ville, cet hôtel trois étoiles est installé dans une magnifique propriété du XVIIe siècle. Bon petit déjeuner, chambres au style cabane de bord de mer. Seul bémol : il n’y a jamais grand-monde à l’accueil. Chambre double de 80 à 90 €. Tél : 04.42.45.00.12

Où manger ?

- Aussi à la Villa Arena ! Le chef Jérémy Turgon, récompensé par le titre de "Maître restaurateur", a accroché son tablier dans l’hôtel. Cette adresse, sobrement intitulée « le restaurant de Jérémy Turgon », est l’un des meilleurs restaurants de la ville. Possibilité de prendre la formule demi-pension.

La Brise : quai professeur Vayssière à Carry. Un excellent restaurant de poissons, flanqué aussi du titre de « Maître restaurateur ». Une valeur sûre, avec vue sur le port.  Tél : 04.42.45.30.55.

- Le Scoop : quai professeur Vayssière à Carry. L’un des restaurants du port. Poissons, coquillages et fruits de mer sont à l’honneur. Le serveur vous montre le poisson frais entier avant de le griller. Oursins selon arrivage. Dans l’ensemble, les spécialités du coin sont bien maîtrisées et les portions très généreuses. Desserts maison en vitrine. Tarifs raisonnables. 04-42-06-17-22

-Treize 600 Vins : 14, boulevard Jean Valenti à Carry. Plus original, ce bar à vins sert aussi des spécialités arméniennes. 04.86.64.79.62

L’auberge du mérou : 3 chemin du port, calanque de Niolon. Une grande salle lumineuse avec une superbe vue sur la calanque et la rade de Marseille où déguster du poisson frais, comme il se doit, mais aussi de bonnes viandes. Menus 29-39 €. Carte 35-40 €.

Événement

Chaque année en février, Carry organise les Oursinades, une fête locale qui célèbrera ses 60 ans en 2020. Sur de grandes tables en plein air, on déguste des oursins et des coquillages sur le port, accompagnés par des danses folkloriques et des artisans. Cette tradition remonte à 1952 : lors d’une dégustation d’oursins cette année-là, à la calanque du Cap Rousset, les pêcheurs offrirent au maire de l’époque, Jean-Baptiste Grimaldi, l’équivalent de son poids en oursins ! Ce n’est qu’à partir de 1960 que le nouveau maire, Alfred Martin, instaura « la journée de l’Oursin » le dernier dimanche du mois de janvier. Face au succès de l’événement, la journée s’est transformée petit à petit en « mois de l’Oursin », en février.

Texte : Sarah Négrèche

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