Histoire et dates-clés Shanghai

La ville du Lotus bleu

C’est dans cette Shanghai cosmopolite et troublante qu’Hergé, le créateur des Aventures de Tintin, puisa son inspiration pour produire l’album Le Lotus bleu. Hergé n’y mit jamais les pieds, mais bénéficia des connaissances de son ami chinois, Zhang Chongren, un étudiant originaire de Shanghai, qui servira de modèle à l’attachant personnage homonyme.
Publié pour la première fois en 1934 (en noir et blanc), Le Lotus bleu raconte les tribulations du jeune reporter dans la ville des concessions et des fumeries d’opium. L’album, un des plus poétiques de la collection, montre une ville sous mainmise étrangère, où les Chinois luttent tant bien que mal pour sauver leur dignité et leur identité.

Le berceau du communisme chinois

Shanghai, cité effervescente la plus occidentalisée de Chine, fut aussi un laboratoire d’idées nouvelles. Le nationalisme chinois y germa et grandit avant de se répandre dans le reste du pays. Douze intellectuels chinois, formés à l’étranger, organisèrent en 1921, dans une maison de la concession française, la première réunion du Parti communiste chinois, à laquelle participèrent Mao Zedong et Zhou Enlai.

Si, au départ, les communistes et les nationalistes du Guomindang (le parti fondé par Sun Yat-sen, puis dirigé par Chiang Kai-shek) marchèrent main dans la main pour lutter contre les Seigneurs de la guerre et refaire l’unité du pays, de graves discordes ne manquèrent pas d’apparaître avec le temps. Les 2 groupes se séparèrent, et ce fut l’affrontement. Le 21 mars 1927, les troupes de Chiang Kai-shek se dirigèrent sur Shanghai, où les ouvriers s’étaient révoltés contre le gouvernement en place et tuèrent en quelques jours près de 25 000 communistes, en massacrant 15 000 autres. Curieusement, cette tragédie ne fit que renforcer la popularité des communistes au détriment des nationalistes, et les conduire vers la victoire. André Malraux fut témoin de ces troubles sanglants de 1927 et s’en inspira comme toile de fond pour son roman La Condition humaine.

Au lendemain de l’attaque surprise de Pearl Harbor (1941), les Japonais s’emparèrent de Shanghai, qu’ils occupèrent jusqu’en 1945. Sous la pression allemande, ils délimitèrent un secteur réservé aux juifs apatrides dans le quartier de Hongkou, au nord de l’actuelle rivière Suzhou.

La Bande des Quatre à Shanghai

Avant-gardiste dans tous les domaines, Shanghai devint, après la victoire des communistes de Mao Zedong en 1949, la ville la plus « rouge » de Chine. Shanghai la courtisane se métamorphosa en Shanghai la vertueuse ! Mais elle en paya le prix fort, entre la fuite des élites économiques, contraintes de partir, l’interdiction de pratiquer le dialecte local et surtout, la perte de revenus, drainés par Pékin.
Pendant la Révolution culturelle, Shanghai servit de base expérimentale à la fameuse Bande des Quatre dirigée par Jiang Qing, la femme de Mao.

Au cœur de la Révolution culturelle, ils vont réussir à mettre totalement la main sur Shanghai. Sous les ordres de Jiang Qing, Yao Wenyuan, le « Canonnier de Mao » et scribouillard de la bande, signe la Destitution de Hai Rui, une satire théâtrale qui lancera la première salve de la Révolution culturelle.

Début 1967, les événements se précipitent. Grève générale dans la ville. Zhang Chunqiao, avec l’approbation de Mao, renverse la Municipalité et crée la « Commune de Shanghai », en hommage à la Commune de Paris. Jiang Qing pense enfin détenir le pouvoir à Shanghai, cette ville qui autrefois ne l’a pas reconnue en tant que comédienne !
Mais, très vite, Lin Biao, Kang Sheng puis finalement Mao réagissent. Le Grand Timonier exige que le mot « commune » soit abandonné au profit de « Comité révolutionnaire », puis fait intervenir l’armée. C’en est fini des pleins pouvoirs de la Bande des Quatre à Shanghai. Déjà, d’autres factions s’organisent...

Le cœur et le moteur du capitalisme d’État

À la fin des années 1980, au temps du zèle idéologique extrême entraînant l’austérité et le marasme économique, Shanghai n’est plus qu’une cité fantôme, grise, grouillante, polluée et tristement surpeuplée. Une splendeur déchue, l’ombre de cette métropole brillante qu’elle avait été naguère. Les avenues sans voitures sont envahies par des kyrielles de vélos conduits par des Chinois.
Mais, soudain, la Chine décide de changer de cap, et Shanghai, anémiée par trois décennies de régime amaigrissant, reprend brusquement des couleurs. Un miracle ! Ce sont deux anciens maires de Shanghai, Jiang Zemin et Zhu Rongji, qui donnèrent le coup d’envoi officiel du renouveau économique, concrétisé en 1990 par la création de la zone économique de Pudong.
Un nouvel élan est donné à la ville, en l’ouvrant aux entreprises étrangères, dans le but d’en faire la première place commerciale et financière de Chine.
Aujourd’hui, le gouvernement chinois compte fermement sur cette mégapole renaissante et survoltée pour propulser la Chine au rang de superpuissance économique.

Une mégalopole en chantier

Depuis 1990, tout s’est accéléré. Plus de 3 000 tours et gratte-ciel ont jailli de terre à vitesse grand V, et 2 000 autres sont en projet. Le symbole de cette frénésie est la Shanghai Tower, la 2e plus haute tour du monde. Shanghai reste le plus grand chantier de la planète, avec l’équivalent de 7 quartiers de La Défense (en région parisienne) construits en l’espace de 10 ans. On rase des secteurs entiers ou on rénove.
Ce qui n’est pas sans poser des problèmes. D’abord, parce qu’on a constaté un affaissement du sol de 1,5 cm par an. Ensuite, parce que les quelque 400 000 habitants chassés des lilong (les vieux quartiers de maisons basses) sont relogés par l’État dans des banlieues lointaines qui n’en finissent plus de grignoter ce qui reste de campagne. Les logements anciens rénovés, très chers, sont réservés à une élite...
Malgré quelques problèmes de financement qui ont arrêté provisoirement certains chantiers, le train file encore à vive allure. Le rêve d’un jeune Chinois de 20 ans est d’être employé par une société étrangère.
Chaque jour, près de 1,5 million de personnes se bousculent dans les magasins des rues de Nankin (Nanjing Lu), Huai Hai Lu ou dans les nouveaux centres commerciaux qui fleurissent au pied des tours du quartier de Pudong. On vient y acheter « de la marque » fabriquée en Chine mais également dépenser des fortunes pour des produits importés. Voilà donc les enfants de Mao, entrés en fanfare dans le IIIe millénaire, envoûtés par Internet, les téléphones portables, le Coca-Cola et même Mickey avec le nouveau parc Shanghai Disneyland à un rythme à faire trembler les certitudes du monde occidental. Car tel est l’objectif de Xi Jinping : aller encore plus loin et redonner sa position à la Chine au centre du monde.

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