Carte d'identité Brésil

- Nom officiel : République fédérale du Brésil.
- Capitale : Brasília.
- Superficie : 8 515 770 km², divisés en 26 États et un district fédéral. Et pas moins de 7 491 km de littoral !
- Population : environ 207 millions habitants.
- Densité de la population : 25 hab./km² (avec 86 % de population urbaine et 70 % des Brésiliens vivant à moins de 100 km de la mer).
- Monnaie : real (pluriel reais).
- Langue officielle : portugais du Brésil.
- Régime : démocratie constitutionnelle. Régime présidentiel.
- Chef de l'État : Jair Bolsonaro, investi en janvier 2019.
- Religion principale : catholique (65 % de la population).
- Salaire minimum mensuel : 724 Rls (environ 217 € par mois).
- Taux d’alphabétisation : 92,6 %.

- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : Brasília ; le parc national d'Iguaçu ; le centre historique de la ville d'Olinda ; le centre historique de la ville de Diamantina ; le centre historique de Salvador da Bahia ; le centre historique de São Luis ; la place São Francisco, dans la ville de São Cristovão ; le sanctuaire du Bom Jesus à Congonhas ; la ville historique d’Ouro Preto ; l’aire de conservation du Pantanal ; le complexe de conservation de l’Amazonie centrale ; la côte de la découverte - Réserves de la forêt atlantique (États de Bahia et de l’Espírito Santo) ; la forêt atlantique - Réserves du Sud-Est (États du Paraná et de São Paulo) ; Rio de Janeiro.

Économie

1re économie d’Amérique latine, figurant parmi les 10 premiers PIB mondiaux, le Brésil, malgré ses difficultés actuelles, reste une des grandes puissances émergentes réunies dans le groupe des BRICS (Brazil, Russia, India, China et South Africa, selon l’acronyme anglais).

2001-2011 : 10 ans de « miracle économique »

Sous les deux mandats consécutifs du président Lula, la forte demande mondiale en matières premières, pétrole et denrées agricoles en particulier, dont le Brésil est un gros producteur, nourrit une croissance soutenue qui fait émerger une importante classe moyenne, pourvoyeuse de croissance à son tour.
Comptant alors pour le tiers de la population, ces Brésiliens gagnant entre 500 et 1 000 €/mois permettent au pays de connaître une décennie faste en s’équipant de biens de consommation et en s’endettant.

Dans le même temps, une politique de programmes sociaux volontariste permet, selon les statistiques officielles, à près de 20 millions de Brésiliens de sortir de la grande pauvreté. Fome Zero (« Faim zéro »), en garantissant aux familles les plus pauvres l’accès aux produits alimentaires de base, fait régresser de 46 % la malnutrition infantile tout en valorisant l’agriculture paysanne.
Bolsa Família
, les nouvelles « allocations familiales » à la brésilienne, sont versées à 25 % de la population.
Le salaire minimum augmente lui de plus de 50 % en termes réels.

Malgré ces avancées, le Brésil reste l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Outre des raisons historiques, la majorité des impôts étant indirects (comme la TVA), les plus pauvres se retrouvent proportionnellement plus taxés que les nantis. L’impôt sur le revenu (non progressif) ne permet pas de rééquilibrer cette injustice. Les inégalités se sont creusées, l’État ne faisant que compenser un peu. Ainsi, 10 % de la population engrange à elle seule la moitié des salaires versés dans le pays.

Autre bémol, près du tiers des surfaces arables du Brésil est encore détenu par 0,8 % des propriétaires terriens. Parallèlement, 1 500 000 paysans peinent toujours à survivre sur de minuscules exploitations.

La corruption coûterait chaque année 38 milliards d’euros au Brésil.

Du miracle à la crise

En 2010, quand Dilma Rousseff prend la suite de Lula, elle hérite d’une économie au top : le taux de croissance atteint alors 7,5 % et le taux de chômage est inférieur à 5 %.

Mais le ralentissement de la croissance mondiale – et particulièrement de la Chine, 1er partenaire du Brésil – touche le pays de plein fouet. Les prix des matières premières stagnent et la chute des prix du pétrole prive le pays d’une grosse partie de ses ressources.

Le pays rentre en récession, le taux de chômage explose. La grande pauvreté repart à la hausse. Les taux d’intérêt sont au plus haut, la consommation au plus bas. Les déficits s’installent, la dette publique s’envole.
Joaquim Levy, ministre des Finances en 2015, se lance alors dans une politique d’austérité, coupant dans les dépenses publiques, mettant en péril la Bolsa Família chère à Lula. Bref, le Brésil perd la face.

Après la destitution de Dilma Rousseff, accusée d’avoir maquillé les comptes publics, c’est son vice-président, Michel Temer, lui-même accusé de corruption, qui reprend le lourd flambeau, et amplifie les mesures d’austérité. Suit tout un catalogue de réformes libérales censé attirer les investisseurs étrangers, menées par un pouvoir chaque jour plus fragilisé par la cascade des scandales de corruption.

En 2017, la croissance repointe, faiblement, le bout de son nez (1 %), mais le Brésil est loin de voir le bout du tunnel...

Quant à 2018, l’année est marquée par la crise politique qui fragilise l’ensemble du secteur financier.

Agriculture et élevage

Le Brésil se place parmi les premiers producteurs et exportateurs agroalimentaires et agro-industriels de la planète.

Bien qu’elle ne représente que 5 % du PIB, l’agriculture emploie 15 % de la population active et contribue de manière très significative au maintien de la croissance. Avec plus de 15 % des ressources mondiales renouvelables en eau potable (record mondial) et plus de 200 millions d’hectares encore inexploités, le Brésil n’a pas dit son dernier mot.

L’économie de la forêt brésilienne

La forêt recèle des richesses comme l’huile de tung (vernicia) utilisée en imprimerie, la cire de carnaúba (cosmétiques), la fibre de caroá (corderie), le caoutchouc (latex de l’hévéa), mais aussi des huiles végétales, des résines, sans parler de l’immense variété de plantes médicinales. L’État du Pará produit à lui seul 80 % du bois tropical exporté par le Brésil.

Les mines et l’industrie

Près d'un tiers du PIB du pays provient des industries et des mines.

- L’industrie minière : le Brésil pourrait dépasser l’Australie et devenir le 2e producteur mondial, après la Chine.
- L'industrie automobile : 7e producteur de véhicules automobiles au monde.

Le tourisme au Brésil

Avec ses paysages et sa culture d’une variété infinie, le Brésil fait toujours rêver. Son chiffre fétiche est le 7, car chaque année environ 7 millions de personnes visitent le pays, générant 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires avec... 7 millions d’emplois à la clé.

Droits de l'Homme

Un président sortant (Temer) qui ne s’est pas représenté pour cause de soupçons de corruption, un ancien président de gauche emprisonné et empêché de se représenter pour cause de corruption, et un candidat d’extrême droite qui a surfé... sur le sentiment anticorruption : l’image de la « plus grande démocratie d’Amérique latine » en a pris un sacré coup, et les débats des élections d’octobre 2018 ont largement porté sur ce thème.
L’opération « Lava Jeto » lancée par la justice brésilienne en 2014, vue du côté des plus optimistes, aura permis de passer un coup de balai dans la classe politique, et de montrer une réelle indépendance du système judiciaire. Mais les pessimistes s’alarment des déséquilibres provoqués par cette vague d’arrestations et de condamnations dans la classe politique, et de son effet désastreux sur la société brésilienne.
Homophobe, raciste, macho et partisan de la torture, Jair Bolsonaro, surnommé le « Trump tropical », a ainsi compté sur ce discrédit des partis traditionnels pour tenter de s’imposer à la tête de l’État. Et la tentative d’assassinat dont il a fait l’objet en plein meeting a encore renforcé ses chances. Elle témoigne en tout cas de la violence qui empoisonne toujours la vie politique brésilienne.
Féministe, lesbienne, farouche opposante aux violences policières, l’élue locale de gauche de Rio, Marielle Franco, a payé de sa vie son engagement en mars 2018. Son assassinat avait provoqué alors une mobilisation inhabituelle, mais l’enquête n’a toujours pas abouti.

Dans les régions rurales, cette violence politique fait surtout des victimes parmi les défenseurs des droits des autochtones ou de l’environnement. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été assassinés en 2017, alors qu’ils se battaient contre des compagnies minières, des grands propriétaires terriens, ou des multinationales. Les intérêts économiques et énergétiques menacent aujourd’hui la survie des dernières populations amérindiennes d’Amazonie.
D’une manière générale, la violence sous toutes ses formes est l’un des principaux fléaux auxquels le futur président sera confronté.

En 2017, le Brésil est ainsi rentré dans le Top 10 des pays les plus violents au monde, avec 64 000 homicides enregistrés. Dans la plupart des cas, il s’agit surtout de règlements de comptes entre bandes rivales, qui ont souvent des conséquences sur la population, victime de balles perdues.
Mais les forces de l’ordre ne sont pas en reste, qui utilisent encore trop souvent des moyens illégaux. Les forces de l’ordre se rendent coupables de violences injustifiées pour réprimer des manifestations, et des cas de torture sont encore signalés dans les centres de détention, malgré l’adoption de mesures législatives.

En dépit d’une mobilisation de plus en plus forte des organisations pour les droits des femmes, peu de mesures efficaces ont été prises pour lutter contre les « féminicides » (meurtres de femmes).
Enfin, la surpopulation chronique au sein des prisons brésiliennes a encore été à l’origine de mutineries, qui ont causé la mort de dizaines de détenus ces deux dernières années, malgré les promesses du gouvernement de s’attaquer à la durée de la détention préventive.

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