Les grands sites précolombiens du Mexique

05 janvier 2018

Des déserts, des jungles, des plages mythiques et des villes animées dont les vieux centres offrent souvent de flamboyantes constructions baroques : voilà ce qui fait courir les foules de touristes au Mexique.
Le Mexique est aussi un bouillon de cultures anciennes : on ne compte plus sur son territoire les vestiges des civilisations précolombiennes, en référence à la période qui a précédé la « découverte » du « nouveau monde » par Christophe Colomb en 1492.
On se précipite du monde entier afin de se plonger dans l’univers mystérieux des Mayas ou des Aztèques en parcourant des cités très anciennes pour beaucoup plutôt bien conservées.
Lors de votre séjour dans le pays, ne manquez pas de vous rendre au Museo Nacional de Antropología de Mexico où, sur 44 000 m² en intérieur et 35 700 m² en extérieur, vous parcourez des milliers d’années d’histoire. Le prélude essentiel à toute visite des fameux sites précolombiens du pays.
D’autres musées et zones archéologiques sont à visiter partout dans le pays. Vous en trouverez la liste en consultant le site de l’Instituto Nacional de Antropología e Historia.



Les Olmèques à La Venta

Les Olmèques
C’est le plus ancien des peuples bâtisseurs d’Amérique centrale que l’on a pour le moment identifié. Son nom date du XIXe siècle, faute de savoir comment il se nommait lui-même ; il signifie « du pays du caoutchouc » en nahuatl. On fait remonter son origine à deux millénaires avant notre ère.
Il semble qu’il ait connu un essor important entre les Xe et Ve siècles av. J.-C., lequel a été suivi d’un lent déclin qui s’étendit sur quelques centaines d’années. C’est de sa période faste que l’on date les vestiges de cités ou lieux de culte qui se trouvent pour l’essentiel sur des terres situées près des côtes du golfe du Mexique. Cependant, on peut découvrir des traces de cette antique civilisation jusqu’au Costa Rica.
La Venta
On est ici à une quinzaine de kilomètres de l’océan Atlantique, dans l’État de Tabasco. Le site est semé de stèles, d’autels et d’énormes têtes, le tout étant sculpté dans de la pierre volcanique. Des tumulus indiquent l’emplacement de pyramides.
Des constructions dont il reste quelques fondations se sont élevées autour de ces monuments dédiés à des cultes, notamment à celui que l’on aurait voué à un dieu Jaguar. Après environ six centaines d’années d’existence, la cité de La Venta a été détruite aux alentours du Ve siècle avant notre ère, peut-être à la suite d’importants glissements de terrain. Un musée se trouve sur le site.
Notez que des têtes et d’autres vestiges sont également visibles au Parque Museo de La Venta de Villahermosa, ville distante de cent trente kilomètres à l’ouest. Elles ont été transportées ici car leurs emplacements se trouvaient sur des gisements de pétrole ! Un environnement de type jungle tropicale a été reconstitué.
Gouvernement et Office de tourisme de l’État du Tabasco : www.tabasco.gob.mx/turismo et www.visitetabasco.com.
Les Zapotèques à Monte Albán

Les Zapotèques
L’actuel État de l’Oaxaca fut celui des Zapotèques pendant environ deux millénaires, jusqu’à la colonisation espagnole. Vers -500 est bâtie la cité de Monte Albán qui fut la capitale d’un pays très structuré et centralisé, ce qui était alors nouveau dans cette partie du monde.
La société était constituée de classes et polythéiste, mais ne procédait pas aux sacrifices humains. En fait, on ne sait pas grand-chose de ce peuple hormis le fait que ce fut un bâtisseur de premier ordre. On pense qu’avec les Olmèques, il fut l’inventeur d’un système d’écriture hiéroglyphique qui s’est répandu dans la région.
Son déclin a commencé avant l’arrivée des conquistadores, sous l’effet de la domination de ses voisins Mixtèques et Aztèques. Malgré cela, il est resté très présent dans l’Oaxaca. À noter : l’un des plus fameux présidents de la république mexicaine fut le Zapotèque Benito Juarez.
Monte Albán
Monte Albán, la capitale des Zapotèques, se trouve à une dizaine de kilomètres de la ville d’Oaxaca, sur un plateau dont les reliefs ont été arasés par les Zapotèques (« peuple des nuages ») afin d’implanter des constructions. Depuis ce site perché à plus de 2 000 mètres d’altitude, on a une vue sur toute la région.
Sur des terrasses ont été bâtis des temples, des palais et des urnes funéraires, surtout entre 400 et 800, époque durant laquelle la ville était une florissante métropole. Elle sera plus tard occupée par les Mixtèques. Autour de la vaste Gran Plaza (trois cents mètres de longueur) et de deux plates-formes, on peut voir divers vestiges monumentaux dont un terrain de jeu de pelote.
La visite doit être complétée par celle du Museo de las Culturas de Oaxaca qui contient des éléments de décorations sculptés et divers objets trouvés à Monte Albán. Autres sites zapotèques de l’Oaxaca à voir : Mitla, Dainzu, Lambityeco, Yagul…
Office de tourisme de l’État de l'Oaxaca : www.oaxaca.travel.
Voir les photos de Monte Alban.
Le mystère de Teotihuacán

Un peuple sans nom…
La cité de Teotihuacán est née vers le IIe siècle avant notre ère. Ses constructeurs sont restés anonymes, du moins pour le moment. Au départ, il s’agissait pense-t-on d’artisans – travaillant notamment l’obsidienne - et de commerçants issus de plusieurs peuples d’Amérique centrale. Devenant de plus en plus importante, la population s’est enrichie d’agriculteurs comme en témoigne notamment la présence de canaux d’irrigation dans la vallée environnante.
L’influence de Teotihuacán s’étendit au fil des siècles dans les régions limitrophes puis de plus en plus lointaines. Vers le VIIe siècle, juste avant sa chute, le nombre de ses habitants s’élevait à 200 000 ! À quoi est due cette chute ? La riche cité a-t-elle attisé trop de convoitises des peuples voisins ? A-t-elle été victime de plusieurs mauvaises récoltes ? On n’en sait rien, mais ce dont on est certain, c’est que Teotihuacán a fini par être pillée et incendiée.
Teotihuacán
Teotihuacán se situe dans l’État de Mexico DF, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. De la vaste cité organisée autour de l’avenue des Morts subsistent deux majestueuses pyramides, l’une dite du Soleil, l’autre de la Lune.
À proximité de ces formidables constructions se trouvent les vestiges de quartiers occupés par les artisans, d’entrepôts, de secteurs d’habitation et du palais de Quetzalcóatl. Un musée et des boutiques vous attendent également ici.
Office de tourisme de l’État de Mexico : www.edomex.gob.mx.
Voir les photos de Teotihuacán.
Les Mayas à Chichén Itzá

Les Mayas
Les origines de la civilisation maya remontent à deux mille ans avant Jésus Christ. Mais c’est entre les VIe et XVe siècles de notre ère qu’ont été élevées leurs cités dans une aire géographique formée aujourd’hui par le sud du Mexique, Belize, le Guatemala, de même qu’une partie du Honduras et du Salvador.
Comme celle des Aztèques et des Incas, la société maya a en grande partie été annihilée au XVIe siècle, lors de la conquête espagnole. Restent de fascinants vestiges nichés dans la jungle et des traces d’une culture très élaborée ayant développé de solides connaissances en mathématiques, en astronomie, ainsi que des systèmes de calendrier et d'écriture. En revanche, la roue était inconnue !
Le monde maya était constitué de cités indépendantes tantôt unies, tantôt rivales. Le pouvoir aristocratique y était contrebalancé par l’influence du clergé et par une organisation sociale des paysans permettant à ces derniers de se répartir les terres au sein de villages autonomes.
Chichén Itzá
Les sites remarquables ne manquent pas dans l’ancien territoire des Mayas. Chichén Itzá est l’un des plus fameux. Datant de la dernière période de leur civilisation, il est empreint d’influences toltèques. Il se trouve au nord de l’État du Yucatán, à cent vingt kilomètres de Mérida.
Cette cité de trois cents hectares comprend des merveilles telles que la Pyramide de Kukulcán surnommée El Castillo. Haute de trente mètres, elle est le théâtre de phénomènes visuels à certaines périodes de l’année comme lors des équinoxes de printemps et d’automne durant lesquelles apparaît la forme de Quetzalcóatl, le dieu serpent à plumes. À voir aussi le vaste terrain de jeu de pelote, l’observatoire nommé El Caracol (Escargot) en raison de son aspect en forme de spirale, le puits naturel sacré, le groupe des milles colonnes, le temple des Jaguars…
Dans le Yucatán, vous pouvez aussi visiter Ek Balam, Uxmal, Tulum (qui se trouve en bord de mer !) notamment. Dans l’État voisin du Chiapas, il ne faut pas manquer le site de Palenque.
Office de tourisme de l’État du Yucatán : www.yucatan.travel.
Office de tourisme de l’État du Chiapas : www.turismochiapas.gob.mx.
Voir les photos de Chichén Itzá.
Les Totonaques à El Tajín

Les Totonaques
Les Totonaques ont pendant de longs siècles mis à profit des terres situées dans l’actuel État de Veracruz et gagnèrent ainsi la réputation d’être de fameux agriculteurs. El Tajín fut leur grand centre urbain.
Lors de l’arrivée de Hernán Cortés, ce peuple s’est mis du côté des Espagnols afin de se débarrasser des Aztèques qui les harcelaient. Aujourd’hui, l’une de leurs coutumes préservées a beaucoup de succès auprès des voyageurs : la danse des voladores ou « hommes-oiseaux » qui, accrochés à un poteau, tournoient dans l’air.
El Tajín
El Tajín se découvre dans la jungle tropicale, près de la ville de Papantla. On fixe son apogée entre les IXe et XIIIe siècles, époque qui suivit la chute de Teotihuacán. Le site se compose de pyramides, de temples et de terrains de jeu de balle. Le bâtiment des colonnes, lesquelles sont sculptées, est remarquable, de même que la très surprenante Pirámide de los Nichos.
Haute de vingt-cinq mètres, ses niches sont au nombre de trois cent soixante-cinq, soit autant de jours que comporte une année solaire. Au sommet figurait un temple aujourd’hui disparu. Le site s'étend sur un millier d'hectares et tous ses trésors n’ont pas encore été découverts… Un musée est à visiter sur place.
Office de tourisme de l’État du Veracruz : www.visitmexico.com/en/main-destinations/veracruz/veracruz.
Voir les photos de El Tajín.
Les Aztèques à Mexico

Les Aztèques
Les Aztèques, qui se nommaient eux-mêmes Mexicas, était un peuple nomade avant qu’il ne se sédentarise sur le site de Tenochtitlan, l’actuelle Mexico. Son règne sur la région fut bref, du XIVe au XVIe siècle, période pendant laquelle il constitua un empire en fédérant de gré ou de force plusieurs ethnies entre Atlantique et Pacifique.
Les Aztèques se disaient les héritiers des Toltèques, autre nation de langue nahuatl qui rayonna depuis la cité de Tula entre les Xe et XIIIe siècles. De ces derniers, ils reprirent notamment les croyances, en particulier le culte de Quetzalcóatl et la pratique des sacrifices humains. Cette société très hiérarchisée et militarisée s’effondra rapidement face à l’alliance formée par les conquistadores de Cortés et des peuples indigènes qui ne supportaient plus leur emprise.
Le Templo Mayor de Mexico
Construite sur une île, la cité aztèque de Tenochtitlan a été détruite par les Espagnols. C’est seulement en 1978 que des travaux de terrassement ont permis de mettre à jour les ruines du Templo Mayor, un ensemble d’édifices religieux. Au lieu de faire disparaître ces vestiges, décision a été prise de lancer un chantier de fouilles et ce sont des bâtiments postérieurs à la période aztèque qui ont été rasés !
On a retrouvé là la trace d’une pyramide, de temples, de monastères, d’un terrain de jeu de balle, de palais… Un musée qui se trouve sur place présente des maquettes, des objets trouvés sur le chantier et donne des explications sur ce dernier. Autre trace du passé précolombien de Mexico : le lac de Xochimilco. C’est ce qui reste de la grande étendue d’eau où les Aztèques s'étaient établis. Sur de petits canaux se trouvent encore des jardins flottants (chinampas) que ce peuple affectionnait.
En ce qui concerne les Toltèques, il faut se rendre dans l’État d’Hidalgo, au nord de Mexico, pour voir les ruines de Tula, leur grande cité. Sont ici incontournables les « Atlantes », quatre hautes statues de près de cinq mètres qui soutenaient le toit d’un temple, lequel ornait une pyramide.
Museo del Templo Mayor de Tenochtitlan : www.templomayor.inah.gob.mx.
Office de tourisme de Mexico : www.visitmexico.com/en/main-destinations/mexico-city
État d’Hidalgo : www.visitmexico.com/en/main-destinations/hidalgo

























