Mexique côté mer, au fil des Caraïbes

01 juin 2026

Le Quintana Roo, l’état le plus à l’est du Mexique, bordé par la mer des Caraïbes : paradis de la fête pour les spring breakers, il est aussi la promesse d’un dépaysement à nul autre pareil. Si tant est qu’on s’aventure loin du tumulte de la vibrante Cancún.
Entre les fascinantes cenotes, les mystérieuses cités mayas, l’eau d’une clarté surnaturelle… Malgré l’affluence, le littoral mexicain ne s’en tient pas à sa réputation de boîte de nuit à ciel ouvert, mais recèle de coins de paradis que les locaux œuvrent à préserver.
Départ au Mexique côté mer pour dix jours de rêve d’Akumal à Bacalar, en passant par Valladolid, Yucatan.



Contoy, une robinsonnade au large de Cancún

A 1h30 au large de Cancún, 30 km au nord d’Isla Mujeres, Contoy est une île inhabitée en plus d’être une réserve naturelle depuis plus d’un demi-siècle, et aujourd’hui un parc national, que l’on peut encore avoir la chance de découvrir par le biais d’une agence. 200 personnes par jour sont autorisées à fouler son sable. S’y rendre prend des aires de véritable expédition. À tout ceux qui souhaitent découvrir une île mexicaine quasi-vierge, aux eaux limpides et peu fréquentée, Contoy est une excellente alternative à Cozumel ou à Isla Mujeres qui accueillent de plus en plus de monde et se dénaturent.
Mais s’offrir cette robinsonnade a un prix, 114 dollars par personne, auquel il faut ajouter 20 dollars de frais d’entrée dans le parc national (non inclus avec le billet) avec Contoy Adventure, parmi l’une des seules agences autorisées à acheminer des voyageurs sur l’île.

L’aventure débute à 9h à la marina Punta Sam, au nord de Cancún. Les consignes sont données et on engloutit un léger petit-déjeuner avant d’embarquer. Une première escale d’une heure en autonomie à Isla Mujeres est incluse dans le billet. La traversée dure ensuite 1h30, ponctuée par un arrêt snorkelling à Ixlache Reef, non loin des côtes de Contoy. L’équipage remet masque, tuba et gilet de sauvetage aux participants. On peut également décider de piquer une tête dans les eaux limpides des caraïbes sans s’aventurer trop loin. L’activité dure une trentaine de minutes. L’ambiance sur le bateau est festive, l’équipage au petit soin.
Après le snorkelling, direction Contoy. L’île longue de 8 km du nord au sud abrite une flore et une faune d’une grande richesse : 7 lagunes, des boas, des crocodiles, des bernard-l'ermite, 152 espèces d’oiseaux et 7 espèces de tortues. Arrivée sur l’île, on pose sa serviette avant le repas pour une baignade rapide, puis on rejoint le groupe pour savourer des spécialités locales avec toujours l’attention de l’équipe. Après le repas, les guides proposent une petite randonnée sur une partie de l’île, l’autre restant inexploitée afin de préserver les écosystèmes.
Jadis une famille tenta d’habiter l’île. Pour pallier le manque d’eau douce, la famille utilisa l’eau de coco des nombreux cocotiers de l’île, mais elle devint bientôt malade et dût quitter l’île. Depuis cette dernière tentative de colonisation, l’île reste inhabitée, aucun complexe hôtelier n’a investi ses plages, de ce fait l’île possède une biodiversité rare.
Akumal, au pays des tortues et des poissons colorés

À environ une heure au sud de Cancun, Akumal est un tout petit village en bord de mer, connu pour être le repaire des tortues marines qui se délectent dans son récif corallien et viennent chaque année pondre leurs œufs sur l’une des plages nommée Tortuga. Le centre écologique, que l’on peut visiter pour en apprendre plus sur la vie des tortues et, plus largement, sur l’écosystème de la région, dénombre entre 650 et 1 400 nids par an. Nous vous conseillons d’y passer deux jours, pour espérer croiser poissons et mammifères marins, mais également vous aventurer côté jungle où les cenotes sont légion.

Le premier jour peut débuter par la découverte des tortues en passant par le centre écologique, ou par une sortie snorkelling sur la barrière qui se révèle un moyen quasi-sûr (surtout le matin) et moins impactant écologiquement parlant pour voir ces dernières. On y rencontre des tortues caouannes et des tortues imbriquées. Un moment magique !
Quant aux poissons colorés, direction Caleta Yal-Kù, à dix minutes au nord d’Akumal. Le site, bien qu’un peu cher, propose la location de masque et de tuba, et de gilet de sauvetage pour les enfants et les moins téméraires, pour découvrir la kyrielle de poissons qui peuplent les lieux. L’eau d’une clarté sans pareille permet une bonne observation de ces petits poissons. En s’aventurant plus loin, on n’est pas à l’abri de rencontrer des plus gros spécimens tels les tortues, raies, barracudas et requins, mais attention au courant.
Au deuxième jour, direction l’épaisse jungle peuplée de cenotes. Si certaines restent de véritables attractions touristiques, beaucoup d’autres restent authentique à l’image de Cenote Azul, composée d’une grande cenote et de deux petites adjacentes. On s’y baigne dans un environnement tropical et le lieu est souvent calme. On apprécie aussi une cenote plus récente, Puerta el cielo. Le propriétaire a aménagé un jardin artistique et philosophique autour de cette très belle cenote. Il vous en dira davantage sur les arbres à chewing-gum, et la découverte des cenotes et le langage maya. On descend dans cette cenote par un escalier monumental. L’eau claire et le système d’éclairage permettent ici aussi d’admirer des petits poissons. Au fond de la grotte une grande œuvre d’art se dresse, ainsi que quelques chauves-souris qui planent par ci par là.
Bien sûr, beaucoup rêve d’approcher les tortues. Ayez quand même en tête quelques règles élémentaires afin de les préserver. Ne jamais s’approcher à moins de 3 mètres par exemple. Si certaines agences vous proposent plus, il y a anguille sous roche. A défaut de partir avec une agence, renseignez-vous au centre écologique, ou privilégiez le snorkelling.
Sian Kaan, une réserve écologique Unesco sur la route de Bacalar

Avec ses 5 280 km², la réserve naturelle de Sian Ka’an est un immense parc naturel qui a été classé réserve de la biosphère par l’Unesco. Il constitue une bonne escale d’une demi-journée à une journée entre la route d’Akumal à Bacalar, longue de trois heures. On y découvre une grande forêt tropicale, et une vaste lagune abritant des lamantins, des crocodiles, plus de 300 espèces d’oiseaux des mangroves, des plages sauvages où viennent ici aussi pondre les tortues marines. On peut se rendre sur ce site exceptionnel par ses propres moyens, c'est-à-dire par la route 15 qui longe la côte et mène jusqu’à Punta Allen ou bien en réservant une excursion en bateau sur la laguna Campechen.

Si vous avez du temps, on ne vous conseillera que trop de passer la nuit à Punta Allen avec ses aires de bout du monde. Pas grand-chose à faire sur place si ce n’est se délecter de la nature environnante et de la quiétude des lieux. Le lendemain, vous pourrez également partir à la découverte de Muyil. Ce site archéologique entouré par une épaisse forêt fut occupé dès 300 av. J.-C. et jusqu’au début du XVIème siècle. Le chemin conduit à une entrée secondaire de la réserve de Sian Ka’an. Encore 500 m sur une passerelle en bois et l’on arrive à une tour d’observation qui offre une vue panoramique sur la laguna de Chunyaxché et le reste de la forêt.
Il est également possible de faire un tour en bateau à partir de Muyil, qui conduit à une entrée secondaire sur Sian Ka’an. Tous les jours des petits bateaux explorent ce versant de la réserve. Également location de kayak, avec guide.
Bacalar, le village bohème au bord du lagon

Lagon aux eaux turquoise, projets de préservation, restaurants vegans… Si le paradis avait un autre nom, il s’appellerait Bacalar pour beaucoup. Situé au sud du Quintana Roo, juste au-dessus du Belize, Bacalar n’est pas en bord de mer, mais peut se targuer d’un lagon à faire rougir la Polynésie ! Trois jours s’avèrent nécessaires pour découvrir Bacalar et ses environs.
La première journée peut débuter par un petit-déjeuner dans l’une des adresses bohèmes-chics du petit centre, Enamora. À Bacalar, les propositions vegans sont légion, les jus de fruits coulent à flot et on trouve les spécialités mexicaines allégées et revisitées, un délice ! Direction ensuite le Fort San Felipe, bâti en 1733 pour protéger Bacalar des pirates. À l’intérieur, un intéressant petit musée nous en apprend davantage sur la vie locale de l’époque maya jusqu’à nos jours. Le centre dispose d’un accès public au lagon, mais pour en prendre plein les yeux et éviter de nager au milieu des bateaux, mieux vaut s’aventurer plus au sud de la lagune.

À 10 minutes en voiture, là où le lac se rétrécit, se trouvent Los rapidos. L’endroit a la particularité d’abriter de nombreux stomatolites – des formations calcaires créées par des bactéries -, du courant et une eau des plus limpides pour le plaisir des touristes qui se laissent porter par le courant sur une courte portion. L’activité est encadrée par un hôtel où l’on prend ses billets et son gilet de sauvetage (obligatoire). Une autre possibilité de découvrir le lagon autrement que par le centre ville est de séjourner dans l’un des nombreux hôtels fondus dans l’environnement qui ont pignon sur lac, plus au nord du village. Certains comme Casa Vida Mia proposent même gratuitement le prêt de kayak, padle et matériel de snorkelling.

À 45 minutes de Bacalar, la deuxième journée peut être consacrée à l’exploration d’un des sites précolombiens. Vous aurez le choix entre Dzibanché Kinicha et Kohunlich, deux anciennes cités mayas en pleine jungle et occupées jusqu’à 200 ans après J.-C. Dzibanché fut le berceau de la dynastie Kaanu’l avant de transférer son pouvoir à Calakamul situé à 3h de voiture. Y aller dès l’ouverture permet une visite en solitaire bercée par le réveil des singes hurleurs.
Retour ensuite à Bacalar pour une excursion sur un voilier. Les tours, de 3h généralement, débutent par la découverte de l’impressionnante Cenote Negro, profonde de 80 m. Elle a la particularité d’être directement reliée à la lagune, tout comme la Cenote Azul profonde de 50 m où il est possible de pratiquer la plongée. Passage également par l’île aux oiseaux dont on apprécie les efforts environnementaux, et le canal los piratas.
En raison de sa popularité, Los rapidos attirent beaucoup de touristes. Pour apprécier le site un peu plus tranquillement (et payer moins cher), vous pouvez louer un canoë ou un kayak au balneario Sac-Ha et parcourir Los rapidos avec. Vous ne partagerez qu’une infime partie du site avec les baigneurs, et vous serez pour le reste quasiment seul au monde.
Yucatan, du côté de Valladolid et de Rio Largartos

Pour éviter de rebrousser chemin, la boucle que nous vous proposons termine le voyage à Valladolid, une jolie ville à taille humaine et stratégiquement placée pour découvrir les sites archéologiques majeurs que sont Chichen Itza et Ek Balam, ainsi que les nombreuses cenotes mis au jour dans la région. Valladolid est également situé à une petite heure de Rio Lagartos, un village de pêcheur situé au nord du Yucatan.
Valladolid comme Bacalar mérite trois jours d’escale tant ses environs ont à offrir. La première journée peut-être dédiée à une excursion à Rio Lagartos situé à une heure au nord. On y vient pour ses couleurs intenses, ses oiseaux en tout genre, et pour sa réserve naturelle, l’une des plus grandes réserves de la biosphère de l’Unesco. Un tour en bateau de 2h permet de rejoindre la colonie de flamants roses, la plus grande du Yucatan, mais également de croiser des pélicans bruns, des hérons, des cormorans, des frégates… Depuis la lagune on aperçoit les Las Coloradas, que l’on rejoint ensuite au cours d’une deuxième balade. Un bassin aux eaux roses, violines. On peut s’y rendre par ses propres moyens et surtout durant la golden hour pour profiter de ses plus belles couleurs.
Au retour de Rio Lagartos, escale à playa de Cancunito pour une baignade au calme dans une eau turquoise et une plage de sable blanc.

Le deuxième jour à Valladolid peut être la découverte d’un des sites mayas majeur. Chichen Itza attire certes beaucoup de touristes, mais il n’est pas désagréable de s’y promener avec la foule car l’espace est grand. El Castillo, la pyramide principale du site est juste monumentale. Il n’est désormais plus possible de gravir ses marches, mais la sensation d’immensité à ses pieds est toujours la même. Le site dispose du plus vaste court de jeu de balle, appelé aussi jeu de pelote, du monde maya. Ce sport a été pratiqué pendant plus de 3 000 ans par les peuples précolombiens de la Mésoamérique. Il se pratiquait avec une petite balle de latex de sapotillier, une sorte de caoutchouc. Deux équipes de 1 à 12 joueurs s’affrontaient sur un terrain généralement en forme de H. On peut sinon opter pour la zone archéologique El Bakam, situé à 30 minutes au nord de Valladolid. Parmi ses atouts : la pyramide Acropolis et la cenote X’Canché où l’on peut se baigner.

Pour le dernier jour, direction le centre de Valladolid et tous les joyaux qu’il recèle. Départ du parc principal Francisco Cando Rosado pour une randonnée urbaine. Face au parc se dresse l’église de San Servacio, bâtie en 1545 et rebâtie en 1700. Un spectacle son et lumière se tient chaque soir sur ses parois (21h en espagnol, 21h30 en anglais). On continue notre déambulation en se rendant à la magnifique Casa de Los Venados. Un amateur d’art mexicain y a regroupé les plus belles œuvres qu’il a chinées durant ses voyages au Mexique. Un condensé d’art et de culture. Peinture, sculpture, œuvres du quotidien… l’ensemble des œuvres se regroupent dans les différentes pièces de cette grande hacienda, qui s’organise elle-même autour d’un patio. Halte du midi dans l’une des nombreuses bonnes adresses à l’image de El Atrio de Mayab, puis direction le sud en passant par la cala de los Frailes, avec ses petites boutiques d’art, de vêtements, ses cafés… L’endroit idéal pour dégoter un souvenir local ou juste flâner. On arrive au couvent San Bernardino. Ici aussi spectacle son et lumière tous les soirs.
Si vous vous rendez à Chichen-Itza en partant de Valladolid, vous trouverez de nombreux rabatteurs en chemin qui tenteront de vous arrêter pour vous vendre des tickets, des places de parking, ou vous donner des conseils… Passez votre chemin. Un parking se trouve juste à l’entrée du site (et ne coûte pas plus cher que les autres) et des billets officiels vous seront délivrés également à l’entrée du site.
Fiche pratique
Consulter notre guide en ligne sur le Mexique
Où dormir ?
La Dichosa : Calle 48A. On vient à la Dichosa d’abord pour sa localisation, à dix minutes à pieds du centre de Valladolid, pour sa belle piscine, pour l’amour que ses propriétaires ont mis dans le logement et pour l’adorable Teresa. On se sent ici comme à la maison. Teresa est au petit soin et vous fera découvrir de beaux coins à Valladolid. Petit-déjeuner inclus.
Vida Mia : Blvd. Costera 250, Aaron Merino Fernández. Une magnifique adresse à dix minutes au nord de Bacalar, avec pignon sur lagon. Le domaine dispose de 4 cabanes spacieuses et dans le genre plutôt luxueuses (tv connectée, AC, etc.) avec une si ce n’est la plus belle vue sur le lagon, le calme et la végétation luxuriante. On peut se baigner, emprunter kayak, paddle, masque et tuba pour découvrir le lagon à son rythme. En discutant avec la propriétaire, elle vous dévoilera peut-être même un spot dont seuls elle connait le chemin. Juste incroyable !
Akumal Natura Glamping : Camino de Acceso Uxuxubi con Torres Alta Tensión S/N. Ici on ne vient pas camper, on vient glamper ! La différence ? Des habitations en semi-dur, la salle de bain inclus et une ambiance qui se veut plus romantique. L’arrivée ne fait pas rêver, mais sur place on trouve un restaurant – un peu cher – et deux cenotes. On peut également emprunter les vélos pour se rendre dans le centre-ville. La forêt n’est pas magnifique, mais le rapport qualité-prix est bien !
Où manger ?
Enamora : C. 18, Centro. Dans une rue calme de Bacalar, cette adresse est idéale pour un petit-déjeuner ou un brunch plus copieux. Les adresses healthy et veggie ne manquent pas dans ce village, mais celle-ci est particulièrement délicieuse. On y sert de savoureuses pâtisseries, du bon pain, ainsi que des sandwichs association sucré/salé. Également du Kombucha.
Tresvabien : Calz. de Los Frailes 216, Sisal. Un excellent restaurant d’empanadas bien copieux situé dans la rue principale de Valladolid, Calza de Los Frailes. On y déguste ces spécialités argentines à l’intérieur ou dans le joli patio fleuri. Concert certains soirs. La maison prépare son propre Kombucha, un délice !
Tacos y pasta, Luis y Marisol : C. Punta Allen Lote 13. Au tacos Luis, aux pâtes Marisol ! Mari et femme ont ouvert ce petit restaurant familial (à vrai dire, chez eux) au cœur d’Akumal. Qu’il s’agissent des tacos ou des pâtes les deux sont tout simplement excellents et bien copieux !

























