Géographie et paysages Ouzbékistan
En forme de taureau chargeant, la queue levée, l’Ouzbékistan se situe dans une zone aride où dominent les déserts. Celui du Kyzyl Koum (« sable rouge ») couvre les deux tiers du pays et se prolonge au sud avec le Kara Koum (« sable noir ») au Turkménistan et se perd au Nord dans l’infini des steppes kazakhes.
L’Ouzbékistan s'étend entre la mer d’Aral, au nord-ouest, et au sud-est, le massif du Pamir. Dépourvu d'accès à la Caspienne, il est enserré, dans le sens des aiguilles d'une montre, par le Kazakhstan au nord, la Kirghizie et le Tadjikistan à l'est, un petit morceau d'Afghanistan au sud, et le Turkménistan à l'ouest.
Dans sa partie orientale, l’altitude est très élevée, entre les contreforts du Tian Chan et du Pamir, mais les plus hauts sommets de la région se trouvent pourtant dans les pays voisins de Kirghizie et du Tadjikistan. L’altitude descend très vite jusqu’à la dépression aralo-caspienne. Tachkent est à l’altitude de 480 m, la mer d’Aral à 40 m. À l’est du pays, la vallée de Ferghana est une plaine de 300 km sur 170 partagée entre trois pays. Il s’agit de la région la plus densément peuplée d’Ouzbékistan.
A l’ouest d’une ligne Tachkent-Samarcande, et au nord d'une ligne Boukhara-Noukous, commence le désert. Les glaciers des massifs montagneux alimentent les trois principaux fleuves de la région : le Syr Daria au nord, qui coule depuis la vallée de Ferghana jusqu’à la mer d’Aral en faisant un crochet par le Kazakhstan, l’Amou Daria au sud, le long de la frontière afghane, et le Zéravchan, qui se perd dans la région de Boukhara. Quelques massifs de moyenne altitude brisent la monotonie du désert, dont le plus important est celui des monts Nourata, au sud du lac Aydar Koul.
Grâce à un climat plus tempéré, la vallée de Ferghana inonde le pays de pommes, de melons, et de toutes sortes de fruits et légumes colorés et savoureux. Entre les vergers, les champs de coton y sont néanmoins aussi nombreux et productifs qu’ailleurs.
A l'inverse, l'assèchement de la mer d'Aral est une des grandes catastrophes environnementales de l'Histoire. Il n'est pas dû à une sécheresse naturelle, mais aux projets d'irrigation colossaux conçus par les Soviétiques, en vue de développer industrie cotonnière et riziculture : dans les années 1960, Moscou a donc fait dévier (merci le Goulag...) le cours des deux cordons ombilicaux de la mer d'Aral, le Syr-Daria et l'Amou-Daria. La mer s'est mise à rétrécir, perdant en un demi-siècle 90% de son eau, augmentant sa salinité jusqu'à cousiner avec la mer Morte. Elle a légué, sur son ancien lit oriental, un nouveau désert (Aral Koum), surchargé de sels et de produits toxiques, aux dépens de sa flore, de sa faune et de ses ports, devenus cimetières de navires, loin des vagues de jadis.
La pêche a, bien sûr, disparu. Les vents dispersent les substances agressives, causant des problèmes de santé aux populations locales, d'où un exode constant. Grâce à des efforts internationaux, la partie kazakhe d'Aral, au nord, a été partiellement remplie, mais le destin de la partie ouzbek, plus touchée, semble définitivement scellé.
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