Carte d'identité Ouzbékistan
- Nom officiel : République d’Ouzbékistan.
- Superficie : 447 400 km².
- Population : 36,5 millions (2024).
- Capitale : Tachkent.
- Densité : 67 hab./km².
- Régime : présidentiel, avec un Parlement bicaméral.
- Président de la République : Shavkat Miromonovich Mirziyoyev (depuis septembre 2016).
- Monnaie : le soum ouzbek (il existe aussi un soum kirghize).
- Peuples et ethnies : Ouzbeks (83%), Tadjiks (5%), Kazakhs (2,5%), Russes (2,3%), Tatars (1,5%), Kirghiz (1%) ainsi que Karakalpaks (2,2%), qui disposent d’une république autonome (capitale, Noukous). Le reste de la population se partage parmi la centaine d’ethnies et d'origines que compte le pays : Tchétchènes, Arméniens, Allemands, Turkmènes, Biélorusses, Juifs...
Ce « melting pot », qui se retrouve dans les pays voisins, résulte de l’histoire mouvementée de la région et du tracé frontalier décidé par les différents gouvernements de l'URSS. Il entre en conflit avec des réalités linguistiques ou géographiques complexes, mais un vrai partage ethnique aurait donné des contours et des intrications de populations dignes des Balkans. Le vieux nomadisme des steppes, les déportations effectuées par Staline, ont en effet créé en Asie centrale nombre de petites communautés éparses, y compris au sein des cités parfois tentaculaires comme Tachkent.
- Langues : depuis l'indépendance, l’ouzbek, longtemps transcrit en cyrillique, est la langue nationale, rendue selon la transcription latine du turc (türkce) d'Ankara. Les anciennes générations ne maîtrisent souvent que l'ancienne graphie. Dans l'ensemble du pays, le russe garde la place d'une langue officielle (avec un bilinguisme omniprésent à l'écrit). Il est souvent privilégié entre interlocuteurs ouzbeks et tadjiks, par exemple. Car on parle aussi tadjik (proche du persan), kirghiz, kazakh et karakalpak (idiomes turciques, somme toute relativement proches), et bien sûr, la langue de Tolstoï... autant de langages que d’ethnies.
- Religions : l’Islam sunnite reste la religion majoritaire à 84%, avec des niveaux de pratique très variés, particulièrement en matière de régularité dans les prières et de consommation d'alcool. Si la République d’Ouzbékistan est officiellement laïque, le gouvernement, allié à quelques familles influentes, mais aussi avec des soutiens saoudiens et turcs, a engagé des dépenses colossales pour redonner du lustre à la religion (complexes gigantesques autour du tombeau d'Al-Boukhari à Samarcande, et surtout colossal ensemble Hizrati Imam de Tachkent, siège de l'administration musulmane du pays). On compte aussi 1,4 % de chrétiens, originellement orthodoxes de rite russe ; mais depuis l’indépendance, environ 50 000 Ouzbeks ont embrassé le christianisme, une part non négligeable au profit de l'évangélisme protestant, diffusé depuis les Etats-Unis. Les juifs, qui formaient d’importantes communautés à Boukhara et Samarcande, ont presque tous émigré en Israël, mais leur présence passée se ressent à travers l’héritage gastronomique, influencée par la Perse et la steppe. Enfin le communisme a laissé sa marque, puisqu'au moins 15 % de la population adopte un athéisme naguère prôné dans les musées qu'étaient devenues les plus célèbres madrasas. Une chose rare en contrée musulmane. Les cultes anté-islamiques (cérémonies autour du feu, cairns de pierre, accrochages de tissus de couleurs, pèlerinages…), sont encore vivaces, même sous des dehors orthodoxes, notamment sur des sites islamiques construits sur d’anciens hauts-lieux mazdéens (tour du silence de Tchilpik, nécropole de Mizdakhan, Karakalpakstan).
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : au nombre de 7, Itchan Kala (la cité fortifiée de Khiva) ; le centre historique de Boukhara ; celui de Chakhrisabz ; Samarcande ; les montagnes occidentales du Tian Chan, que Tachkent se partage avec le Kazakhstan et la Kirghizie ; le désert du Touran ; la route de la soie du corridor de Zarafchan-Karakoum.
Économie
L'agriculture, secteur majeur, représente près d'un tiers du PIB et emploie près de 40 % de la population.
L'économie ouzbèke souffre des conséquences de la monoculture du coton imposée par les Soviétiques pendant plus d’un siècle. La République compte aujourd'hui parmi ses plus gros exportateurs, avec en contrepartie une dépendance des cours mondiaux, et surtout des commandes chinoises, ce qui freine sa croissance et son accession à l'autosuffisance.
Les ressources du pays en cuivre, en uranium, en gaz naturel et en pétrole sont importantes. Après son indépendance, l'Ouzbékistan avait tenté une politique de réappropriation de ces ressources, mais les investissements "généreux" de la Chine dans les secteurs vitaux ne vont guère dans ce sens, créant des monopoles qui ne disent pas leur nom. Le rapprochement économique de naguère avec la Russie et les liens historiques avec Moscou restent importants. Depuis la disparition de l'ex-président Islam Karimov en 2016, les visées panturques d'Ankara jouent un rôle politico-économique de plus en plus fort.
Le système économique se modifie lentement, l’économie informelle et le travail non déclaré sont une constante, et la population a de plus en plus tendance à émigrer.
Le gouvernement a lancé un programme de privatisations dans le domaine agricole. Mais de manière générale, il adopte avec prudence une politique libérale, craignant les conséquences sociales.
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