Mausolée Gour Emir à Samarcande - Ouzbékistan
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Transports et déplacements Ouzbékistan

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Transports urbains

Les distances entre chaque station (stantsiya) de metropoliten et chaque arrêt de bus (ostanovka) sont plus grandes qu'en Europe. Se déplacer à pied est astreignant en raison du bruit et des chaussées éventrées par les travaux chroniques. Bien sûr, on peut couper par les nombreux parcs, mais les habitants - lorsqu'ils vous comprennent - connaissent mal l'endroit où ils vivent et travaillent, et ont un sens relatif de l'orientation. 

Les plans de ville (en kiosque) sont en cyrillique et peu précis (toutes les rues ne sont pas dessinées). L'avenue est couramment désignée par son vieux nom soviétique, qu'on ne retrouve évidemment pas sur la plaque - ou bien votre vieux guide cite une vieille adresse, débaptisée entretemps. Même le navigateur du portable ne vous localise pas toujours sur la bonne allée. 

La capitale et les autres grandes villes ont fait un tri radical entre les modes de transports, supprimés dès lors qu'ils étaient obsolètes, modernisés s'il y avait le budget, voire intégralement remplacés par un réseau plus en lien avec l'évolution urbaine et les projets de demain. La location de trottinettes et de vélos explose, tout comme les VTC.

Bus, trolleybus et tramways

Le bus, avec des véhicules de plus en plus récents dans les grandes villes, est un des moyens les plus populaires de déplacement. Les trajets sont sûrs et les prix dérisoires, mais la complexité des numéros de lignes et l'entrelacs des plans de réseaux en rendent l'accès difficile, même aux Ouzbeks venus d'autres cieux. Par ailleurs, les itinéraires répondent plus aux besoins des masses travailleuses qu'aux goûts de luxe du touriste. 

A Tachkent, les réseaux de trolleys et de tram, trop vétustes, ont été supprimés respectivement en 2010 et 2016, mais un tram moderne est en construction.

Métro

La capitale ouzbèke est la seule d’Asie centrale dotée d’un métro. La première ligne fut inaugurée par les Soviétiques en 1977. Il y en a aujourd’hui 4, en extension permanente avec une cinquantaine de stations (beaucoup valent l'arrêt pour leur déco, d'émail et de verre dépoli ou coloré - même si elles n'ont pas l'emphase de l'insurpassable métro de Moscou. 

Chaque station est en effet décorée selon un thème particulier : la fleur de coton à la station Pakhtagor, le poète Alisher Navoï pour la station éponyme, marbres et grands lustres pour la station Mustakillik... 

Le métro fonctionne de 5h du matin à minuit. Le week-end, le guichet (kassa) peut être fermé. Plutôt qu’avec l’incompréhensible appli proposée en station, on peut payer… en contact avec sa carte bancaire. Il est courant de demander à un abonné de vous dépanner avec son pass, contre remboursement - dont il vous fait souvent galamment grâce.

Il n’y a de contrôle qu'à l’entrée : passé le portillon (et le portail de sécurité), on vous invite à jeter votre ticket. Comme dans tous les ex-métros soviétiques, les stations qui communiquent par des couloirs de correspondance ne portent jamais le même nom (tels le Châtelet et Les Halles des Parisiens). Un plan de métro digital, agrandissable au contact des doigts, se trouve dans les rames les plus récentes. La police du métro sort le sifflet dès qu’on saute dans la rame après que la sonnerie de fermeture a retenti ! Selon les heures, le temps d'attente est de 5 à 15 mn.

Trottinettes et vélos

Les trottinettes de location (dont ceux de Kapital Express et de Yandeks) ont connu un succès fulgurant en ville, où dégradations volontaires et vols sont rares. Des vélos sont eux aussi disponible auprès de nombreux centres de location plus ou moins normalisés et informatisés par des applis. Ces deux moyens de transport sont très en faveur : certains Ouzbeks ont fait l'acquisition de leur propre machine.

Taxis et VTC

Le prix des taxis officiels varie selon la distance, l’heure et le nombre de passagers. En général, ils maîtrisent mal les noms de rues, et ils vous demanderont un téléphone pour appeler hôtel, boutique ou restaurant pour se faire guider. 

Ils sont en concurrence avec les taxis officieux, qui connaissent encore moins bien la ville et profitent juste de leur temps libre pour arrondir leurs fins de mois. Si le prix est correct, il dépasse rarement les 5 euros : bien négocier le tarif avant de monter : le taxi officiel lui-même ne met pas toujours son compteur. 

Vous pouvez aussi télécharger une application de VTC (l'éternel Yandeks), qui offre le choix entre “Economy” et “Comfort”, un peu plus cher, mais qui aura la clim et... la place nécessaire pour des bagages volumineux. Comme dans toute l'ex-URSS, un passager isolé monte toujours à l'avant, à côté du chauffeur. S'asseoir à l'arrière vous désigne comme un étranger hautain ou comme un pied tendre ! En couple, le cas échéant - à moins de tomber sur une rare chauffeuse de taxi ou de VTC -, éviter d'asseoir madame à côté du conducteur.

Transports entre les villes

Train

C’est la façon de voyager la plus simple (www.railway.uz), la plus pratique et la plus confortable entre les quatre villes principales : Tachkent, Samarcande, Boukhara et Khiva. Les liaisons avec Khiva sont peu nombreuses, et sur tout le réseau, il est indispensable de s’y prendre à l’avance. Les TGV “Talgo” dont on nous rebat les oreilles, partent généralement à l’aube (gagner du temps mais amputer sa nuit en se levant à 3 ou 5 h du mat pour arriver tôt, mais crevé, est-ce un bon calcul ?). 

Le train ne coûte pas cher, même en première classe, mais de la classe on n’a pas toujours le choix, pas davantage celui de l’horaire, surtout si l’on veut être assis ou couché dans le même compartiment ou la même voiture que son conjoint, ses enfants ou ses compagnons de voyage. 

Les couchettes ne sont pas repliées le jour, et si l’on ne trouve qu’une couchette en hauteur, il faudra passer le voyage à plat ventre ou sur le dos - à moins de sympathiser avec l’heureux locataire de la couchette du bas. Les sanitaires sont souvent sales et déglingués, mais de nouveaux draps sont remis aux arrivants  (demander au chef de train) à chaque changement de passager. Avant de descendre, il faut défaire les draps, aussitôt enfournés dans un sac de linge sale. 

Chaque voiture a son énorme samovar, façon ballon d’eau chaude, pour préparer son thé - si l’on dispose d’un récipient. Les sachets sont gracieusement offerts, ainsi que des bouteilles d’eau. Les trains de nuit disposent d’un wagon-restaurant avec gril au charbon de bois. Le choix se réduit à deux-trois plats. On y sert de l’alcool. 

Bien que traduit en anglais, le site de réservation est d’un usage complexe et fastidieux. Lorsque l’on a tout rempli, la phase "paiement" est souvent bloquée, et oblige à tout recommencer. Sur la fiche horaire du site, le nombre de places encore disponibles est mentionné. Pour trois passagers et plus, on les trouvera rarement dans le même compartiment ou les mêmes rangées. Dans certaines stations, on trouve un guichet spécial pour les étrangers, tenu par un locuteur anglophone.

La ligne ferroviaire principale suit grosso modo la route reliant Tachkent à Noukous via Samarcande, Boukhara et Ourgentch. Une voie relie Samarcande à Termez, à l’extrémité sud du pays. À l’est, vers la vallée de Ferghana, la voie qui passe par le Tadjikistan est fermée, mais les trains circulent encore sur la portion de chemin de fer à l’intérieur de la vallée, entre Kokand, la capitale de la soie Margilan et Andijan. À partir de la fin mai et jusqu’en septembre, la chaleur transforme les wagons en fournaise le jour, et la nuit, sur la portion traversant le désert du Kyzyl Koum, la sécurité laisse à désirer. En revanche, faire un trajet de nuit entre Tachkent et Samarcande ou Boukhara ne pose pas de problème.

Attention : les panonceaux de train et les tableaux lumineux en gare ne mentionnent que le terminus, même s'ils passent par la capitale. Il existe deux gares à Tachkent. La plus utilisée, "gare du Nord" ou "gare Centrale" (Shimoliy Vokzal en ouzbek, Severniy  Vokzal en russe, et sur vos billets, "Tachkent Pass Tsentr"), et "gare du Sud" (Janubiy Vokzal en ouzbek, Youjniy Vokzal, en russe). 

Routes

L’infrastructure routière du pays est en mauvais état. Le pays, étiré en longueur, possède une seule route principale dont l’état se dégrade à mesure que l'on s’enfonce vers la république autonome du Karakalpakstan, à l’ouest. 

C'est la raison pour laquelle sitôt arrivés en Ouzbékistan, la plupart des voyageurs choisissent de relier Tachkent à Ourgentch par un vol intérieur, pour revenir par la route jusqu’à la capitale, via Boukhara et Samarcande. De nouveaux axes sont en construction, gages de ralentissements pour travaux et de déviations innombrables.

Automobile

On peut depuis peu louer une voiture sans chauffeur en Ouzbekistan. Il faudra disposer d'un permis de conduire international (impossible à obtenir en France avant plusieurs mois sans une lettre de l'employeur attestant une urgence). On peut le remplacer par une traduction certifiée en russe, disponible en quelques jours sur Internet. Quoi qu'il en soit, la location avec chauffeur reste plus prudente, surtout lorsque l'on ne parle ni ouzbek, ni russe.

On évitera de rouler de nuit (bas-côtés non éclairées, piétons, cyclistes et véhicules sans lumière...). On veillera à ne pas voyager sans réserve de carburant, sachant qu'il y a plus de stations-service pour le gaz que pour l'essence. La plupart des véhicules roulent au méthane ou au propane. Attention aux bagages : des véhicules qui paraissent modernes et spacieux ont souvent le coffre amputé par une énorme bouteille de gaz.

Autocar

Hors des grandes liaisons, les véhicules sont usés, peu confortables et lents, mais les moindres villages sont desservis au moins une fois par jour. L’horaire de départ est respecté, contrairement à celui d’arrivée, et les étapes sont incertaines. Le meilleur moyen de connaître la durée d’un trajet reste finalement de regarder sa montre pendant le voyage... La vallée de Ferghana est inaccessible en bus, la route étant trop dangereuse, ainsi que celle reliant Samarcande à Chakhrisabz. Pour la plupart des grandes villes, les départs ont lieu du matin au soir.

Taxis collectifs et marchroutki

Pour voyager plus rapidement qu’en autocar et moins cher qu’en avion, les Ouzbeks partagent des taxis. Ceux-ci se réunissent dans des endroits bien précis de chaque ville, en général sur la route menant vers leur destination finale. 

Le prix se marchande avec le chauffeur, et il faut ensuite attendre que la voiture se remplisse de ses quatre passagers. L’attente des autres clients, quasi inexistante au départ de Tachkent, peut durer toute une journée au départ d’Ourgentch. Par ailleurs, si vous voyagez avec des locaux, vous serez lésés : le chauffeur ne fera quasiment rien payer aux Kirghizes, et vous paierez le « prix touriste », incluant sans doute leur part… 

Une version plus rigide est le taxi-brousse d'Asie centrale, la marchroutka (pluriel marchroutki, du russe marchroutnoye taksi, "taxi à itinéraire prédéfini"). Ces minibus de confort variable affichent leur destination et, eux aussi, ne partent que lorsqu'ils sont pleins. Le prix est fixe mais plus élevé qu'un autocar régulier. On les trouve dans les gares routières ou à côté des bazars.

Auto-stop et vélo

L’auto-stop est une institution en Ouzbékistan, et l’on voit nombre de piétons solitaires ou à plusieurs allonger la main (pas lever le pouce) au passage des Daewoo et des camions Kamaz, mais on n’est guère habitué à voir des étrangers y avoir recours, et les particuliers effectuent rarement de longues distances sans pourvoir, dès le départ, toutes les places de leur véhicule pour amortir le coût du trajet. 

Si l’on fait du stop, il faut accepter le risque de voir une marchroutka s’arrêter et demander le tarif régulier. Dans tous les cas, convenez du prix avant de monter à bord, surtout avec un simple citoyen - car celui-ci vous verra moins comme un compagnon de route que comme un moyen de diviser la facture en essence ou en gaz. 

Voyager à vélo est possible et offre une certaine liberté, mais prévoyez les pièces de rechange, car vous ne trouverez pas grand-chose sur place.

Avion

Si Uzbekistan Airways a adopté des Airbus ou des Boeing pour ses vols internationaux, il n'en va pas de même pour les liaisons intérieures. On voyage alors souvent avec des appareils soviétiques vieillissants. Tachkent, Samarcande, Karchi, Boukhara, Ourgentch, Noukous, Termez, Ferghana, Andijan, et Namangan sont reliées entre elles par des vols, quotidiens ou hebdomadaires.

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