Culture et Traditions Genève
Horlogerie
L’horlogerie fait partie intégrante de l’identité genevoise et est inscrite dans l’ADN même de la ville. Pour mieux s’en imprégner, la Route de l’Horlogerie (Geneva Watch Tour) permet de découvrir les fleurons genevois liés à son histoire - boutiques et monuments confondus.
De la célèbre horloge fleurie des rives du lac (qui égrène fidèlement le temps), à celle du passage Malbuisson, qui carillonne les heures en libérant une cohorte de petits personnages contant l’histoire de l’Escalade, vous ne risquez pas d’être en retard !
À découvrir également :
Les collections d’horlogerie du Musée d’art et d’histoire sollicitées par des manifestations temporaires, avant leur présentation permanente totalement renouvelée
Le superbe Patek Philippe Museum où sont exposés les garde-temps de la marque, ainsi que des objets précieux et des automates
L’espace patrimonial de Vacheron Constantin en l’Île, dans la maison des fondateurs, qui présente des expositions thématiques temporaires (au 1er étage de la boutique, 7, quai de l’Île, visite sur rendez-vous).
Si les ateliers de cabinotiers (les cabinotiers sont les horlogers eux-mêmes travaillant dans les ateliers placés dans le faîte des maisons, au bénéfi ce de la lumière) ont disparu du quartier Saint-Gervais (quartier historique des horlogers) et du quai de l’Île (sur le Rhône), on pourra visiter les expos temporaires de la toute proche Cité du temps, animée par Swatchgroup (avec expo permanente de montres Swatch ; pont de la Machine, tous les jours de 9h à 18h, entrée libre).
Pour le shopping, direction la rue du Rhône, où s’affichent les grands noms de la haute horlogerie et du luxe international. Et si cette balade vous laisse sur votre faim, pourquoi ne pas franchir le miroir et vous inscrire pour un atelier d’initiation de la fondation de la Haute Horlogerie (avenue du Mail 22, atelier sur résa, 290 Fs). Au programme : 3h bien sonnées pour apprendre à monter et démonter un mécanisme !
Architecture
Genève possède quelques édifices remarquables et réalisations plus contemporaines que nous recommandons aux amateurs d’architecture. Commençons par les réalisations de deux architectes suisses adeptes du béton et d’une nouvelle conception de l’habitat ; Maurice Braillard, avec la Maison ronde (rue Charles-Giron 11-19), un ensemble de cinq immeubles construit à la fin des années 1920 et caractérisé par sa confi guration en îlot, et le Garage des Nations (rue Montbrillant 92) actuellement centre d’accueil du HCR. Et Le Corbusier, dont l’immeuble Clarté (rue Saint-Laurent 2-4) est un manifeste pour l’architecture moderne. Plus récente, ne pas manquer l’église de la Sainte-Trinité (rue Ferrier 16) dans le quartier des Pâquis. Une surprenante église sphérique en granit rose, qui s’intègre parfaitement à son environnement urbain. Elle est surmontée de quatre tours de verre, qui laissent entrer la lumière du jour, et est entourée d’un grand bassin d’eau qui évoque le baptême.
Voir aussi les Schtroumpfs, derrière la gare Cornavin dans le quartier des Grottes, un ensemble d’immeubles en demi-lune construits dans les années 1980, et qui évoqueront sans doute à certains de nos lecteurs l’univers du Catalan Gaudí par leur côté ludique et coloré, avec leurs courbes, leurs balustrades en fer forgé et des mosaïques ici et là.
Enfin, l’université de Genève (bd du Pont-d’Arve 40) est installée sur les terrains de l’ancien palais des Congrès dans deux bâtiments - Uni Mail et Uni Pignon -,habillée d’une sorte de cotte de mailles qui la protège des conditions météo.
Culture alternative
Longtemps rebelle à toute autorité, la scène alternative genevoise a fini par trouver sa place dans la riche vie culturelle de la cité de Calvin : attention, on n’a pas dit qu’elle se serait institutionnalisée… Mais les associations sont devenues des interlocuteurs qui dialoguent avec les pouvoirs publics. Résultat, pas mal de structures - même si elles sont toujours en nombre insuffisant - se sont
développées et connaissent une forte fréquentation.
L’Usine, centralement située en bord de Rhône dans une ancienne usine de dégrossissage d’or, est l’un des plus grands centres culturels autogérés d’Europe. Avec ses nombreuses activités et associations, elle couvre beaucoup de domaines artistiques et fait figure de temple de la culture alternative depuis son ouverture en 1989. La Fédération des artistes de Kugler a investi une autre usine à l’abandon, à la Jonction : pas moins de 220 artistes y travaillent. On y trouve aussi un dancefloor très couru.
Des structures plus petites ont également vu le jour, souvent du côté de la Jonction ou de l’autre côté de l’Arve : par exemple, la Gravière, installée dans un ancien magasin de pétrochimie, surtout spécialisée dans les musiques électroniques, techno, house (chemin de la Gravière 9), le Galpon (théâtre qui se veut différent) ou encore le Motel Campo, un « laboratoire de création » pultidisciplinaire installé, lui, dans la zone industrielle de la Praille et qui n’a de cesse de redonner du lustre aux nuits genevoises.
Et bouclons ce rapide panorama avec l’Ilôt 13, une structure historique du turbulent quartier des Grottes, près de la gare Cornavin, inséré dans la vie du quartier. On y travaille, en accord avec les nombreuses associations locales, à promouvoir la culture pour tous. Avec ses concerts punks ou expérimentaux, sa salle de concert L’Écurie rappelle l’âge d’or des squats genevois (rue de
Montbrillant 14).
Littérature
On ne compte plus les écrivains qui sont passés par Genève, mais la ville a aussi vu naître des écrivains, au premier rang desquels, évidemment, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Même s’il a passé la plus grande partie de sa vie en exil, loin de Genève, plusieurs lieux lui restent associés (la ville a installé des « totems » en plusieurs de ces endroits, à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques) : la Grand-Rue (au n° 40, où la maison natale de l’écrivain est devenue une Maison de la Littérature), le quartier Saint-Gervais (une plaque sur le magasin Manor, rue de Coutance, rappelle qu’il vécut là), les Pâquis où il fut placé en apprentissage et, bien sûr, l’île Rousseau, sur le Rhône, choisie par la ville de Genève pour lui rendre hommage avec la statue de Pradier.
On s’amusera à évoquer le destin inversé du meilleur ennemi de Rousseau, Voltaire (1694-1778), venu chercher, lui, refuge dans la ville de Genève, et s’installant confortablement dans la villa du quartier Saint-Jean, qu’il nomme Les Délices (et devenue l’Institut et Musée Voltaire).
Citons également l’Argentin Jorge Luis Borges (1899-1986), éduqué au collège Calvin et revenu dans la ville pour y passer ses derniers instants (plaque au n° 28, Grand-Rue, tombe au cimetière des Rois à Plainpalais). Il faut également évoquer un autre Genevois d’adoption, Albert Cohen (1895-1981). Venu faire ses études de droit à Genève, il travailla pendant des années dans des institutions internationales, au Bureau international du travail, puis à l’ONU : son oeuvre majeure, Belle du Seigneur, se déroule en grande partie à Genève.
Enfin, n’oublions pas qu’un personnage littéraire, au destin international, a été conçu à Genève, plus exactement à Cologny, dans la villa Diodati : Frankenstein, né de l’imagination de Mary Shelley (1797-1851).
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