Voyage en Ecosse d'une confinée

Forum Écosse

Bonjour à tous,
Rongée par le remords, je dois soulager ma conscience .Contrairement à ce que j’ai écrit précédemment, je n’ai pas renoncé à partir cette année en Avril . J’ai même entraîné dans cette aventure deux complices, Langue de Vipère* et la Madone des sleepings . Puisses-tu malgré tout , ami lecteur , juger mon crime avec quelque indulgence , même si un respect absolu de toutes nos lois t’autorise à me jeter la première pierre ! Je ne t’en voudrai pas si tu ne lis pas jusqu’au bout ce long récit . Sans doute n’aurais-je pas eu le courage de le publier si je n’en avais été instamment priée par mes complices

En Février, tout s’annonçait sous les meilleurs auspices . Après un tour du Viso estival, une randonnée raquettes sans neige et sans raquettes réunissait dans les Highlands cantaliennes treize intrépides outlaws et outlawesses de la forêt de Fontainebleau Sherwood, d’anciens fidèles de notre cher Robin Hood . Tous les participants des expéditions écossaises précédentes étaient là : Cyrus Smith, l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches, notre Whymper,Langue de Vipère et Devine le Temps passée pour une visite rapide. A mon grand regret, il manquait pourtant Théodorine, retenue par les soins qu’elle doit prodiguer à la Jeanne Calment des chattes caractérielles et diabétiques . J’attendais une réponse définitive de notre Whymper, l’Archiduchesse, et Cyrus. Première déception: Cyrus le Traître prend une décision négative . Je m’attendais plus ou moins à la défection de notre Whymper et de l’Archiduchesse .Ma crainte fut confirmée. Néanmoins le moral collectif était au beau fixe, le mien aussi .
L’épidémie n’était qu’un motif de plaisanterie . Vipère habite la Haute Savoie, tout près des Contamines, un autre avait reçu dans son équipe de recherche un collègue chinois, pas du tout symptomatique, qui s’était tout de suite après mis en quarantaine, Cyrus et moi, Calamity Jane , partant pour le Cantal , nous avions dû, pour monter dans le RER B, céder le passage à un couple de Chinois poussant chacun un mètre cube de bagages . Moi qui transporte toujours n’importe quoi ,j’ai été sidérée par ce déménagement. A coup sûr , ils arrivaient tout droit de Wuhan , ai-je assuré aux autres en plaisantant .Il y avait enfin parmi nous une résidente de l’Oise, qui habite non loin de Crépy en Valois et de la base aérienne de Creil . Tous les ingrédients réunis pour un “cluster” intéressant .Mais six heures de marche en montagne quotidienne , avec du tout terrain, de la reptation sous les barbelés, du vent capable d’arracher les cornes des vaches de Salers , un jour de pluie obstinée capable de transformer tous les gore-tex en passoire , n’altéraient pas une humeur joyeuse entretenue par l’Avèze ,le chou farci, le pounti , les tripous , le reblochon, le maroilles, et bien sûr le Saint Nectaire ,le Salers et le bleu d’Auvergne .

Le voyage en Ecosse fut préparé au retour en une dizaine de jours à la fin du mois de Février et au tout début de Mars : eurostar à l’aller,flixbus au retour , pass ferroviaires . Vipère n’étant guère disponible à ce moment , la Madone des sleepings fit un travail considérable : réservation d’auberges de jeunesse et de bunkhouses, coups de téléphone à des compagnies de bus confidentielles, mail au gardien de la Ling Hut . C’est une personne pleine de ressouces , parlant couramment l’anglais et le russe ,qui devait juste après l’Ecosse partir une nouvelle fois en Russie et me proposait de découvrir le Transsibérien, perpective très séduisante, par les temps qui courent,surtout si si l’on y ajoute le Transmandchourien . Mais , épidémie ou pas ,mon ministère des finances privés n’est actuellement pas d’accord .

Comme chacun sait, la situation s’est brutalement modifiée . Nous avons tout arrêté , très vite ,début Mars. J’ai compris que le confinement nous menaçait , il est arrivé plus vite que prévu . J’étais en villégiature à la campagne, chez le traître Cyrus, j’y suis restée , et je me suis résignée à contempler , au lieu des Highlands de l’Assynt et du Wester Ross, les Highlands du Santerre .


Les mélancliques Monts du Santerre et leurs innombrables “burns” . Les Monts de lla Beta Vulgaris et les Collines du Saccharose ne sont visibles qu’à la lumière d’Automne .

  • Langue de Vipère : héroïne de "Rum, Canna , Inverie. Retour dans les Small Isles . Forum du Routard éditeur . Collection Carnets de Voyages .

A suivre

Les premières semaines, j’ai été une citoyenne parfaitement disciplinée, incitant Cyrus à faire de même . Attestations soigneusement remplies(en économisant le papier toutefois …) même lorsqu’il s’agissait de traverser la route pour acheter du maroilles, mains lavées cinquante fois par jour au savon de Marseille parfumé à la violette au chèvrefeuille ou à la lavande, poignées de porte désinfectées à l’alcool , etc . Il s’agissait de repousser par tous les moyens les armées embusquées de Covid 19 . Seuls les chats inconscients refusaient le confinement et invitaient dans le jardin ou la maison des fréquentations peu recommandables . Je me plais à supposer que l’affreux Covid 19 était déjà dans la place ou qu’il a discrètement frappé à la porte, mais que nous ne lui avons pas offert exactement l’écosystème qu’il cherchait . Je pense spontanément rque les virus aiment les appartements bien chauffés, les individus sédentaires, pas les excès d’orange et de kiwi ni les admirateurs d’Amundsen qui ne chauffent les chambres que lorsque les radiateurs risquent de geler.Je suis peut-être dans l’erreur mais Shackleton a bien constaté que personne n’a été malade sur l’île de l’Eléphant .
Nous respections donc les règles . Tout au plus m’accordais-je des sorties à l’opéra, à New York surtout, mais aussi à Berlin, à Paris et à Londres .

Si j’ai bravé les interdits ,c’est parce que j’ai préféré la délinquance au désespoir . .
En 2012, j’ai apppris que j’étais une personne âgée . Je préparais mon sac à dos pour la seconde expédition écossaise : une randonnée d’Inverie à Poolewe essentiellement en bivouac . J’ai reçu alors un coup de téléphone d’un organisme se réclamant de la mairie de Paris me proposant un système d’alarme à domicile , porté autour du cou . je pourrais appeler mes voisins en cas de danger ou de malaise . J’ai eu une certaine difficulté à faire comprendre à mon interlocutrice que je me rendais dans une région non couverte par le réseau et que je ne comptais guère sur ce type d’assistance pour cette variante d’une partie du Cap Wrath trail.
Cela m’avait fait sourire comme les propos plus récents d’un jeune Hollandais, sympathique au demeurant, nous demandant au reguge de l’Olan où je fêtais mon anniversaire avec d’autres outlaws de la bande , si nous n’avions pas peur, à notre âge !
Cette année, je n’ai pas ri lorsqu’Ursula von der Leyen a préconisé de nous tenir prisonniers nous les vieux ,les personnes à risque, jusqu’en Décembre, ou plutôt jusqu’à l’apparition d’un hypothétique vaccin tolérable par nos organismes fragiles, autrement dit jusqu’à ce que nous soyons admis dans les ehpad où nous attendrions sagement le coronavirus . J’ai encore moins ri lorsque le président du conseil scientifique a repris ces propos et que des personnes autorisées de ma génération ont déclaré quelles se soumettrraient bien volontiers à cette décision.


J’aurais pu bien sûr me jeter dans cette mare picarde. Mais j’ai entendu un grand plouf ! dans le ruisseau voisin : un canard ? Une anguille ? Une anguille plutôt. Et c’est l’illumination : j’ai résolu le mystère du loch Ness ! Le monstre est une anguille géante, et s’il est rarement visible, c’est parce qu’un rendez-vous galant l’appelle dans la mer des Sargasses.Cette fille de Nessie me montre la voie . Je dois partir , je dois me rendre à Inverness et saluer Nessie, et continuer mon voyage.
Il ne restait plus qu’à trouver le moyen de partir .

A suivre

Bonne nouvelle, Vipère et la Madone des sleepings étaient toujours prêtes à me suivre.
Nous avons usé presque chaque jour,Cyrus et moi, de notre autorisation de sortir une fois par jour pendant une heure dans un rayon d’un kilomètre .Nous cherchions comment étendre cette liberté . Nous avons envié les propriétaires de chiens , la concurrence pour louer un chien est forte . Promener une tortue vous attire malheureusement une amende en Italie, en France aussi vraisemblablement .Peut-on promener son chat ? La belle Luna aux longs poils , alias Lady Hamilton des gouttières * , nous a suivis un jour, mais c’était pour nous surveiller , pour nous ramener à la maison plutôt que pour servir un projet d’évasion. Il fallait trouver une autre solution .
Un moyen mécanique ?
Nous ne rencontrons guère lors de nos sorties que des tracteurs . Pourquoi ne pas se mettre au service de cultivateurs à la recherche de main d’oeuvre ? Je pourrais gagner ainsi patiemment mais sûrement la banlieue parisienne Ensuite je convaincrais un maraîcher bio ravitaillant un restaurant vegan clandestin de me transporter au milieu des poireaux , des carottes et des pommes de terre, sur un bateau naviguant sur le canal de l’Ourcq . Je pourrais ensuite débarquer nuitamment place Stalingrad et gagner de là la gare du Nord où m’attend ma place dans eurostar .
La Madone des sleepings pourrait aisément me rejoindre , mais ce serait un peu lent pour langue de Vipère d’employer semblable méthode .
Je passai donc à l’examen d’une autre solution .
Rejoindre directement Londres par un trou à lapin : Cyrus et moi, nous en avons découvert un, très curieux ,très large, sur le plateau où nous accédons par un itinéraire secret . En cherchant bien , Vipère et la Madone des sleepings pourraient elles aussi en découvrir un . L’expérience d’Alice montre cependant que l’on peut faire des rencontres bizarres et plus dangereuses que celles de notre maréchaussée nationale.
La meilleure solution, ce serait le transport aérien . Je ne parle pas des avions , interdits de vol ou réservés au transport des masques . Nous allons en Ecosse, pas en Chine . Ce qu’il nous faut , c’est un animal ailé, ou un cheval exceptionnel .
J’ai songé à Pégase (il pourrait aisémént nous transporter toutes les trois jusqu’à inverness et même Ullapool ) mais Zeus l’a confiné dans les écuries célestes .
Je ne peux pas demander à Lucky Luke de me prêter Jolly Jumper: ils sont tous les deux confinés à Moscou où Jolly Jumper disputait un tournoi d’échecs .
J’ai regardé du côté des Walkyries. Brunhillde était une très bonne copine, mais elle s’est jetée avec son cheval Grane sur le bûcher de ce grand idiot de Siegfried . Quant à Waltraute, rien à attendre : elle a sombré dans la dépression .
Reste à faire appel à Bradamante, c’est une cousine . Elle pourrait venir nous chercher , toutes les trois avec l’ hippogriffe . Je réussis à la contacter . Malheureusement, Ruggero ,son époux n’est pas resté sagement confiné à Ferrare , avec les enfants.Par précaution, elle lui avait confisqué l’hipogriffe Mais avide de vaine gloire , il s’est évadé en montgolfière,la montgolfière prise dans la tempête du siècle(il faut s’attendre à tout avec le réchauffement climatique) s’est écrasé dans les Shetlands du Sud . Il ya retrouvé Alcina, qui , pour se venger de l’avoir abandonné , l’a changée en manchot à jugulaire sur l’île de l’Eléphant . Bradamante, donc, prépare son départ pour l’Antarctique . Elle fera ce qu’elle peut , pour le retour , mais pour le voyage aller , nous devrons nous débrouiller sans elle .
La situation n’est pas désespérée . J’ai trouvé par où quitter le lieu de ma résidence surveillée , sans attirer les soupçons de la maréchaussée ou des traîtres .


Je vais quitter le village par ce passage secret . De Londres à Inverness, j’ai depuis longtemsp la solution .
Et j’ai un enfin trouvé un plan d’enfer pour que nous puissions toutes les trois nous rendre àLondres .A suivre

Je savais qu’en faisant ce voyage accompagnée d’une professionnelle comme Calamity jane je ne prenais pas le risque de me perdre ni de sombrer dans la folie ! Ce récit fort détaillé me le prouve. Nos voisins de tente génés par nos rires sans fin du soir au matin ont fini par envoyer leurs chiens pour tenter de nous déloger. Malheureusement Calamity leur a fait peur et ils sont repartis tête et queue basses ! Finalement nous nous sommes réconciliés autour d’un verre du breuvage si célèbre dans les highlands et les rires ont jailli de toute part.

Perfide Madone des sleepings, inutile de te cacher sous le nom de Ninoche ! Inutile de te déguiser en homme ! Je t’ai démasquée ! Peut-être as-tu voulu me faire remarquer dans le chapitre précédent une erreur d’accord du participe, grave certes car on pourrait croire que c’est Bradamante et non Ruggero qui a été changée en manchot à jugulaire .D’autre part, j’ai oublié la note relative à lady Hamilton des gouttières . C’est l’une des héroïnes de l’une de mes oeuvres antérieures Un voyage dans les Small Isles publié aux éditions Forum du routard en 2015

Je vais maintenant reprendre le fil de mon récit

J’étais prête à sombrer à nouveau dans le désespoir . Paris et les Hauts de France étaient sévèrement atteints , mes Highlands cantaliennes n’étaient pas indemnes, le Royaume Uni , n’est pas du tout disposé à nous accueillir, d’autant plus qu’un Brexit bien difficile est à l’ordre du jour . Que faire ? Je songeais mélancoliquement que la dernière miette de bleu d’Auvergne achetée à Cheylade avait disparu , comme le munster covidisé offert par nos voisins à leur retour des Vosges .Je lisais dans le Courrier Picard que les producteurs de maroilles au lait cru étaient en difficulté, faute désormais de clientèle. Le maroilles serait-il menacé de quasi disparition ,tout comme le célèbre rollot au parfum puissant qui fut le fromage préféré de Louis XIV ? Que devenir si l’on ne peut noyer son chagrin dans le fromage à défaut d’y sustenter son courage, comme l’a toujours fait la bande d’outlaws de la forêt de Fontainebleau Sherwood ?
L’idée m’est alors venue de me poser en rivale du Savant de Marseille . Si l’azythromocyne peut être efficace ou passer pour telle (je me garderai bien de me prononcer sur cette question ) pourquoi ne pas tenter de persuader les autorités sanitaires de France et du Royaume Uni d’utiliser le penicillium du bleu d’Auvergne , au lait cru bien entendu ? Le stilton bleu , nous l’avons découvert l’année dernière , et acheté à prix d’or, à Mallaig et dans l’île de Rum , mais il est fabriqué avec du lait pasteurisé . Le Royaume Uni ne se prive -t-il pas ainsi d’un penicillium efficace ?Les négociations entre Michel Barnier et Boris Johnson sont bien difficiles et tous deux ont été covidisés Un apport sanitaire de la France serait le bienvenu dans ce contexte . Pourquoi ne pas le proposer aux autorités du Royaume Uni ?
Toujours en me réclamant de l’ illustre modèle marseillais , je songe à préconiser à mon tour le recours à des remèdes encore plus anciens . Les médecins de la peste portaient des masques à bec bourrés de thériaque et brûlaient des substances odorantes en guise de désinfectants . Il m’est aussi venu à l’esprit que l’odeur pestilentielle de l’asa foetida -le terme pestilentielle est bien de circonstance - a passé pour avoir des vertus thérapeutiques dans le domaine de la folie . L’idée a donc été de créer un nouveau masque , un masque FFPM 9 ter , au bec rempli d’un mélange de penicillium arvernum,d’essence de maroilles et de reblochon ainsi qu’ un médicament de la même composition administré par voix orale, dont l’excipient ne serait pas fabriqué en Chine , mais tiré de le beta vulgaris picarde . J’aurais découvert le remède tant recherché contre le Covid 19, antiviral, antibactérien. Il serait en outre par l’effet de son odeur, non seulement terrifiant pour les hordes déchaînées de coronavirus, mais aussi efficace contre les troubles psychiatriques induits par les atteintes neurologiques du covid 19 et par les effets psychologiques du confinement .
Pour le modèle de masque , Cyrus et l’époux de Vipère, tous deux d’ingénieux inventeurs, seraient mis à contribution : n’ont -ils pas déjà inventé, l’un la perceuse tondeuse à gazon, l’autre la raquette à neige de traversée pour pentes ultra raides, entre autres réalisations remarquables ?
Il restait à rédiger un rapport scientifique crédible, à le faire approuver par un membre éminent de l’IHU de Haute Auvergne , de Haute Savoie et Haute Picardie Réunies , à le faire signer par un chercheur reconnu mais trop occupé par ses tâches administratives pour le lire , et à obtenir un laisser passer justifié par une réunion scientifique entre universitaires
savoyards ,cantaliens picards et britanniques . Il n’y avait plus désormais qu’à identifier un fonctionnaire aisément corruptible (un obscur sous fifre nous suffisait, pourvu qu’il puisse nous fournir un faux document “officiel”) et à le séduire .Cette tâche, je la réservai à la Mata Hari de Montparnasse , à la Madone des sleepings .
,
A suivre

Tous les papiers nécessaires étaient à notre disposition, même la carte d’identité de plus de 10 ans de Vipère n’était plus un problème (elle n’avait pas pu la faire refaire à cause des élections municipales qui surchageaient les services de sa mairie ) en raison de l’importance de notre mission . En principe seulement .Je me méfiais tout de même , craignant de susciter la curiosité néfaste de voisins ignorants de ma haute valeur scientifique . Après avoir fait des adieux émouvants à mes hôtes Lady Hamiton des gouttttières, Mozart , Felix, Grisou ,et à la jeune Grisette, tous représentants de la noble gent féline, ainsi qu’à Cyrus leur fidèle serviteur, je quittai discrètement les Monts de Picardie (chacun sait que les Hauts de France portent ce nom en raison de l’altitude des fiers sommets des Monts des Terrils et de la chaîne de la Beta Vulgaris) . J’empruntai le passage secret ,puis un charmant petit sentier, toujours à l’abri des regards indiscrets .


Je ne dirai pas comment , chargée de mes seules cartes Ordnance Survey , j’ai réussi ensuite à rejoindre Paris. J’ai promis à ceux qui m’ont aidée de ne jamais parler , même si l’on m’infligeait les pires sévices .Une fois parvenue à mon domicile , j’ai récupéré ma tente, mon grand sac à dos (il était presque prêt ),nos pass ferroviaires, nos billets Flixbus et mon billet Eurostar j’ai attendu Vipère que je devais héberger . Elle est arrivée sans encombre . Nous sommes parties le lendemain à pied ,pour la gare du Nord et nous y avons retrouvé la Madone des sleepings . Pas de problème cette fois-ci pour les contrôles , ni à la gare du Nord ni à Saint Pancrace . Nos masques à bec et nos laisser-passer ont suffisamment impressionné douaniers et police des frontières . Tous s’écartaient de nous qui , ainsi accoutrées , incarnions la terreur de l’épidémie .

De Saint Pancrace, nous ne nous sommes pas rendues immédiatement à King’s Cross . Nous avons finalement décidé de passer la journée à Londres, et de faire la tournée des parcs londoniens avant de prendre le Caledonian Sleeper . Tous les promeneurs et joggeurs s’éloignaient à notre passage .
Vipère ,qui habite tout près des Contamines , contaminées par un Anglais revenant de Singapour redoutait tout particulièrement les armées de coronavirus de Singapour sur Tamise. Elle nous avait donc persuadées d’adopter une tenue protectrice spéciale ,et même de porter un sous masque . Le masque à bec étant difficile à supporter au bout de quelques heures, nous l’avons ôté par intervalles . Voici la photo que la Madone des sleepings a prise de moi , (Vipère déteste être photographiée ) à l’entrée de Regent’s park .

A suivre

Mon récit nous a laissées , tâches domestiques obligent, ià l’entrée de Regent’s park, avant que j’aie le loisir de présenter notre tenue complète . Elle a heureusement été prise en photo comme tu peux le constater, Ami lecteur, par les diligents collaborateurs de Wikipedia
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decin_de_peste . Une photo encore plus parlante est disponible sur ce site:
http://les-pestiferes.e-monsite.com/pages/la-peste-noire-de-1348/medecin-et-peste-noire.html. On peut admirer la cape de pluie, les gants, le masque qui doit nous abriter ,non seulement du coronavirus , mais aussi des rafales de grésil ou de neige ainsi q’un bâton de marche. Lors de la visite de Regent’s park , le temps étant au beau, nous ne portions que notre gore-tex de camouflage , utile pour passer inaperçues même lorsque nous voulions marcher plus à l’aise . Tout au plus puis-je regretter que les photos suivantes aient été prises au moment où , cherchant un lieu de camp, la Madone des sleepings avait déposé l’un d’es deux bâtons de marche à l’emplacement choisi .
J’étais donc il y a deux jours très satisfaite de présenter notre équipement
, mais j’espérais aussi que mes propositions novatrices en matière de traitement médical m’apporteraient la notoriété dont je suis avide. Le jour suivant a ruiné mes espoirs .
J’ai découvert que j’avais été plagiée dans mes travaux scientifiques : d’aucuns ont prétendu que la consommation de Roquefort protégeait du covid 19 . Or nul esprit sensé ne peut mettre les vertus du lait de brebis , chétif animal grégaire sur le même plan que celles du lait de la tueuse de loups, la noble vache de Salers aux longues cornes.
J’avais bien vu aussi q’un même médicament devait avoir des effets à la fois anti covid et psychotropes : j’apprenais maintenant que l’on prétendait avoir fait une découverte majeure au sujet de la chlorpromazine . On oubliait cependant que la chlorpromazine n’a jamais été servie à la table de restaurants gastronomiques, à la différence du reblochon, du maroilles et du bleu d’Auvergne .
Ô funeste journée, pour couronner le tout , mes perfides rivaux m’ont privée des moyens de divulguer mes découvertes : une action de commando , à n’en pas douter, m’a privée de l’usage de mon ordinateur : le câble d’alimentation (une excellente fabrication chinoise de 10 ans d’âge) était sectionné . Cyrus, traître mais ingénieux, et soucieux de rentrer en grâce, a réussi au prix de longues recherches et d’une intervention chirurgicale très délicate, à le réparer pour quelques années. Je peux donc désormais, non seulement dénoncer la déloyauté de mes ennemis, mais reprendre mon récit .*Tout cet équipement, disponible désormais au Vieux Campeur, mais aussi chez Decathlon et Intersport, pourrait être utile à notre personnel soignant. Cyrus leTraître,dans l’espoir de racheter un peu son infamie, a fait passer son invention dans le domaine public en renonçant à tous ses droits d’inventeur .

A suivre

Arrivées assez tôt le matin à Londres, nous pouvions prendre notre temps . Donc nous commençâmes par prendre notre temps à Regent’s park . Nous n’y vîmes que quelques Londoniens pétrifiés, en haut d’une cascade .


Sans doute seraient-ils dans peu de temps ,semblables à celui que nous avions rencontré dans un square.
Les écureuils , en revanche , ainsi que les oiseaux ,s’en donnaient à coeur joie, batifolant dans le parc et les arbres fleurissaient, indifférents au malheur des hommes.
Mais la créature la plus remarquable du parc que nous rencontrâmes fut cet aigle , le grand père de l’hippogriffe …

Chacun sait (du moins tous ceux qui ont lu L’Arioste ) que l’hipogriffe est le fils d’une jument ailée et d’un griffon et le griffon celui d’un aigle et d’une lionne. Chacun sait aussi que les hipogriffes naissent dans les monts Ryphées, au dessus des mers glaciales , comme il est attesté dans Orlando furioso , l’une des Bibles des sorciers de Poudlard . La vue du griffon ne peut que me faire déplorer la présente indisponibilité d Bradamante ,mais je comprends bien qu’elle ait choisi un animal habitué au froid pour délivrer Ruggero des glaces de l’Antarctique .
Après la traversée de Regent’s park, nous décidons de nous rendre à Saint James’ park, en passant par Westminster .

A suivre


Je viens de m’apercevoir que j’avais oublié le londonien accablé rencontré dans un square .

A suivre

La lecture d’ivanhoé m’a fait découvrir Walter Scott , et je dois dire que ni Ivanhoé, au lit pendant la moitié du roman, ni Rowena en pleurs , ni Rebecca trop sage et trop malheureuse , ne sont les personnages qui m’ont le plus intéressée . Non, mon épisode préféré a toujours été la rencontre du frère Tuck et de Richard Coeur de lion ,dans la forêt de Sherwood, le récit de leurs agapes, de leurs beuveries et de leurs chants nocturnes dans la forêt .Donc, si je passe à Londres, je tiens par dessus tout à saluer le roi Richard .


Il faut avouer qu’il a tout de même un peu plus d’allure que Sa très gracieuse Majesté la reine Victoria
.
Nous venons pourtant la saluer respectueusement chaque fois que notre voyage en Ecosse nous permet de passer quelques heures à Londres ,et nous n’oublions pas non plus de rendre visite au prolétariat ouvrier et paysan ,dont le travail , tout autant que les exploits guerriers, a fait la gloire de l’Empire .

Le marteau

La faucille

Je suis un peu étonnée par cette proximité . Mais après tout, n’y aurait -il pas aussi quelque affinité entre le Petit Père des Peuples et la grand-mère de l’Europe ?

Après avoir médité sur cette question , nous entrons dans Saint James Park

A suivre

A peine entrées dans Saint James Park, nous sommes prises d’une vive frayeur . Nous nous dissimulons en toute hâte, à l’arrivée d’un détachement de la maréchaussée . Nous craignons qu’elle ne mette en doute la validité de nos laisser -passer et nous redoutons d’être mises en quarantaine , ou pis encore .


A Londres, comme à Paris, on se prépare pour la guerre , guerre aérienne, guerre terrestre contre les armées ennemies du terrible Covid 19 .

Nous observons avec intérêt les tentes : un peu lourdes, même au vu du nombre de places, et aussi réchauds et gamelles .

Les réchauds sont l’une des grandes spécialités de Cyrus .C’est un maître du feu , comme tous les membres de la bande des outlaws de Fontainebleau Sherwood . Le plus audacieux était sans nul doute notre cher Robin Hood , physicicien et chimiste audacieux qui faisait un usage parfois terrifiant de l’alcool à brûler ( le pire fut le jour où il confondit - c’était en Suisse, un jour de déluge - l’alcool à brûler avec l’essence de térébenthine: aucun dégat ni matériel ni humain par chance mais tous ceux qui vécurent cette histoire en tremblent encore ). Cyrus, lui, je dois le reconnaître est sage et méthodique. Je le redis, c’est un inventeur de génie : stabilisateur de réchaud monoplace, biplace, à pieds de longueur réglable, avec un dispositif anti chaleur usiné dans une canette de coca cola . Bref, il aurait vu ce réchaud militaire avec un esprit fort critique. Il a fait tout aussi efficace, et beaucoup plus léger , avec en plus un modèle de paravent pour lequel il a déposé un brevet d’invention .
Mais pour ma part, je suis intéressée par les gamelles . Avant de trouver un remède contre tous les effets physiques et psychiques du Covid 19, j’ai fondé une nouvelle discipline universitaire reconnue dans notre bande d’outlaws, la gamellologie . C’est l’art non seulement de choisir les gamelles (Robin Hood en avait toute une collection, dont certaines dataient du début du travail des métaux , immédiatement après l’âge du bronze, et il me consultait lorsqu’il s’agissait de choisir celles que nous emporterions pour la prochaine expédition en montagne ) mais aussi de les récurer . J’ai en effet mis au point une méthode quasi infaillible pour nettoyer à sec ou au pire avec quelques centimètres cubes d’eau une gamelle de porridge oubliée sur le feu par un cuisinier négligent .La gamellologie est une discipline dont la connaissance est éminemment utile lorsqu’on bivouaque dans des zones arides telles que celles du Sud Vercors ,pour ne citer qu’un exemple . J’en ai défini les finalités, dessiné les contours , produit l’essentiel du contenu au grand dam de disciples qui ne lui ont apporté que des contributions mineures, et j’ai fixé les programmes des différentes étapes du cursus universitaire afférent .
Des esprits chagrins et jaloux pourraient dire que nous n’avons pas toujours respecté toutes les règles d’hygiène . Au moins cela a-t-il renforcé le système immunitaire de tous ceux d’entre nous qui ont survécu , chose bien utile en ces temps de peste .
Après les tentes et les gamelles, nous nous sommes intéressées, à l’aviation, et à l’artillerie .Saint James Park était transformé en arsenal et en aérodrome .



Fortement impressionnées et rassurées par la puissance de cette armée, nous nous avons décidé de quitter Saint james Park et de rejoindre la gare de King’s Cross.
Nous avons alors fait cette royale rencontre

Ne voulant pas que mes réflexions intempestives sur le lait de brebis nous vaillent quelques ennuis dans les Highlands , nous nous sommes prosternées devant cette altesse royale avant de quitter Saint James Park .

A suivre

Nous allons prendre le Caledonian Sleeper pour rejoindre Edimbourg ,mais nous devons ensuite rejoindre Inverness puis Ullapool , Achiltibuie , Inchnadamph Torridon et Kinlochewe . Les bus par ces temps de confinement ,risquent d’être rares, surtout après Ullapool, où ils sont rares même en temps normal .La Madone des sleepings avait fait un énorme travail de vérification des informations de Traveline Scotland, parfois inexactes .Et il y a le problème du retour, si Bradamante n’est pas encore revenue de l’Antarctique : elle a souvent des aventures bien compliquées ,encore plus périlleuses que les nôtres, peut-être aussi aura-t-elle voulu, une fois Ruggero libéré , rendre visite au passage à Shakelton sur l’île de l’Eléphant pour un échange d’expériences .
Perplexes, nous passons à Grosvenor Square où nous découvrons , terrifiées , cette image de l’humanité précipitée du haut du Ciel où elle voulait s’élever , châtiée par Covid 19 , dieu des épidémies des excès de la mondialisation


Pour la première fois, le courage nous manque . Mais fort heureusement Hermès le dieu des voyageurs vient à notre secours .Nous tombons d’abord sur ce remarquable véhicule amphibie

Pour le retour, il pourrait tout à fait nous convenir , et pourrait ramener chacune d’entre nous par voie terrestre , maritime et fluviale jusqu’à son domicile, mais pour le voyage après Inverness, je plaide pour location d’un bar bike, modèle pedal pub https://www.pedalpub.com/

Nous avons gagné la gare de King’s Cross à pied, peu désireuses d’affronter dans les transports en commun les soudards de Covid XIX . Chacun sait que le Poudlard express part de la gare de King’s Cross pour rejoindre Pré-au-lard , à la voie 9 3/4 .Je parle ici bien entendu de ceux qui comme moi sont initiés aux choses de la sorcellerie . Les moldus croient à tort qu’il part de la gare de Fort William, ceux qui se croient un peu plus malins s’imaginent qu’il part de Glasgow, tout simplement parce qu’il passe par la gare de Corrour Station comme la West Highlands Linie . Il n’en est rien . Il part bien de King’s Cross, mais rejoint d’abord Edimbourg, avant de gagner Glenfinnan par Inverness, le tunnel du loch Ness et du loch Lochy, Spean bridge, Corrour Station , le tunnel du Ben Nevis puis Fort William .Un véritable exploit technique *. Les moldus ne connaissent que le viaduc de Glenfinnan, un ouvrage mineur qu’on ne saurait mettre sur le même plan que ces tunnels qui peuvent rivaliser victorieusement avec le Simplon ,le Lôtschberg et le Saint Gothard .
En fait, notre intention dans un premier temps, est seulement de prendre le Poudlard Express (le train de nuit) jusqu’à Edimbourg . Nous le reprendrons le surlendemain entre Edimbourg et Inverness . Les wagons directs King’s Cross Inverness étaient complets ,car c’était pour les jeunes sorciers la rentrée scolaire .
Je ne résiste pas , avant de poursuivre mon récit à la tentation de te présenter , ami
lecteur ,deux photos du Poudlard Express, l’une à sa sortie du tunnel du loch Lochy , l’autre en gare de Fort William .


  • Je ne saurais trop recommander au lecteur, pour saisir pleinement l’audace du tracé de la ligne du Poudlard Express , de consulter en même temps l’excellente carte Michelin de l’Ecosse.

A suivre

A la fin du mois de Février , j’ai commandé à Acp rail trois britrail euroflexipass qui donnent droit à trois jours librement choisis de circulation sur tout le réseau britannique, pour une durée d’un mois . Je sais que par chance ils sont acceptés sur le Poudlard Express et que, pour un voyage de nuit , seul le jour du lendemain est pris en compte . Mais il faut les faire valider par un guichet de la gare . Si beaucoup d’autres guichets sont fermés à cause de l’épidémie, il n’en est pas de même de celui des sorciers .
On peut bien sûr se demander à quel titre nous pouvons emprunter ce train . En fait , pour moi, cette possibilité a été dès le départ une évidence : Harry Potter est un lointain cousin, nous avons en commun un trisaïeul , sorcier des Highlands cantaliennes où il était spécialiste de l’utilisation des peaux de crapaud (il en portait une en guise de costume dans les grandes occasions ). Plusieurs de ses fils partirent dans les terres du Nord de la Grande Bretagne où , nullement dépaysés, ils développèrent le croisement des Salers avec les vaches Highlands Cattle et Angus


Vache de Salers

Vaches Highland cattle
En ce qui me concerne, j’ai été initiée dès mon jeune âge à la sorcellerie .J’ai lu Le Grand Albert et le Petit Albert, en édition savante avec un abondant apparat critique, et plus tard lorsque je travaillais dans l’évènementiel , après avoir fait mes preuves *, j’ai participé à l’organisation de chasses volantes, spécialités bien connues de la sorcellerie arverne.
Sur la question des chasses volantes , on peut consulter avec profit
http://www.candcie.fr/2012/12/29/le-grand-veneur/ ou pour
https://www.wikiwand.com/fr/Chasse_fantastique
Ma formation s’est poursuivie par une fréquentation malheureusement trop brève des spectres de Brocken et des démons de Maxwell , puis par une initiation à la chasse aux antinomies, animaux fantastiques chers notamment aux grands maîtres de la sorcellerie que furent Epiménide et Russell. Les chats sont comme chacun sait les amis des sorciers . Quoi de plus logique donc que d’offrir en cadeau à des chats , comme je l’ai fait à Noël dernier pour les chats de Cyrus , un livre consacé aux chats de Schrödinger ?
J’ai conseillé à Cyrus d’en adopter un , à la SPA, beaucoup craignant paraît-il que leurs animaux domestiques ne leur transmettent le coronavirus .

Par une chance extraordinaire, je tombe à l’instant sur ce scoop extraordinaire que je me fais un devoir de transmettre .

*J’ai dû prouver que je restais sans peur devant une chasse volante lors de l’examen d’habilitation . Il s’agit d’une épreuve que le postulant ou la postulante subit sans en avoir été informé au préalable . L’organisation d’une chasse volante ne souffre pas l’amateurisme .

Le scoop relatif à la contamination non contaminée ou à la non contamination contaminée du chat de Schrödinger a interrompu mon récit . Pour faire bref, je dirai seulement que la Madone des Sleepings nous apporta au guichet des sorciers une aide très précieuse, par ses talents d’interprète : elle parle couramment l 'anglais. Après avoir fait valoir mes titres de sorcellerie, et ajouté que j’étais une parente d’Harry Potter , elle a obtenu le tampon nécessaire , et de surcroît l’assurance que nous pourrions déposer nos sacs à la gare d’Edimbourg à la consigne réservée aux sorciers (5 pence compte-tenu de la réduction pour les seniors ) . Un tarif que jugeront très avantageux les adeptes des consignes ferroviaires des grandes cités britanniques . Nous avons marché tout le jour ou presque de Saint Pancrace à KIng’s Cross avec nos sacs sur le dos , dissimulés sous notre costume de médecins de peste . Nous commençons donc à être un peu lasses et c’est donc avec soulagement que nous montons dans le Poudlard Express.


Par esprit d’économie, non seulement nous ne voyageons pas en première classe mais de surcroît nous nous contentons de "reclining seats " Souhaitant dormir au plus vite, nous déclinons une aimable invitation à dîner au wagon restaurant , ayant largement emporté de quoi nous nourrir à Londres .
Le voyage de Londres à Edimbourg se fait sans encombre et le matin , par faveur spéciale on nous sert un thé et un shortbread quintuple beurre , de quoi tenir quelque temps à Edimbourg . Nous nous réveillons lors du franchissement de la Tweed .

Enfin, après avoir à diverses reprises longé la mer , nous arrivons à Edimbourg .

A suivre

Nous arrivons tôt le matin à la gare de Waverley , en plein centre ville, et nous déposons immédiatement nos gros sacs à dos à la consigne des sorciers, ne gardant avec nous que le strict nécessaire (gourde ,bol couteau, cuiller ) et quelques vivres .
Donc, fort logiquement, nous allons immédaitement rendre une visite de politesse, non loin des jardins de Prince’s Street à Walter Scott .


Il nous attend, avec son chien préféré.

A suivre

Les chiens tiennent une grande place dans les romans de Walter Scott, qu’il s’agisse de Fangs, le chien du porcher Gurth qui reconnaît Ivanhoé comme Argos , le chien du berger Eumée reconnaît Ulysse quand il rejoint enfin Ithaque, ou de Roswall le chien de Kenneth -David d’Ecosse ,dans Le Talisman . Mais comme précédemment, nous étions en compagnie de Waverley, le jeune écervelé qui suit Bonnie Prince Charlie dans sa folle tentative de rétablir sur le trône la maison des Stuart, nous allons saluer un contemporain de Walter Scott, le roi Georges IV qui vint à Edimbourg en 1820 sur invitation de Walter Scott


En jouant un rôle important dans cette première visite depuis deux siècles d’un monarque britannique en Ecosse , qui plus est issu de la dynastie ennemie des Stuarts, Walter Scott montre sans ambiguïté ses positions sur la question jacobite . Certes, il convainc Georges IV de porter le kilt traditionnel des montagnards des Highalnds ,alors que le kilt avait été interdit après Culloden , certes , il met en honneur l’Ecosse ,ses paysages et sa culture (c’est pour Walter Scott que l’on a d’abord voyagé en Ecosse, dans les Trossachs et le Perthshire ) au XIXème siècle , mais il ne prend pas du tout partie pour les Stuart dans Waverley , ni dans Rob Roy, et encore moins dans Redgauntlet . Il n’aurait très vraisemblablement pas été aujourd’hui non plus un partisan de l’indépendance écossaise. Cédric le Saxon, le père d’Ivanohé , qui bannit son fils pour avoir trahi la cause saxonne en suivant Richard Coeur de Lion , un roi normand, à la croisade ,apparaît comme un représentant de l’ancien monde .
On ne peut lire , à mon avis , Ivanhoé de manière éclairée si on ne lit pas aussi les romans écossais de Walter Scott.

A suivre

Après avoir humblement salué Georges IV, nous entrons dans les jardins de Princes Street .
En fait, nous sommes à la recherche d’un lieu pour passer la nuit , le Saint Christopher’s Inn où nous avions réservé étant fermé à cause de l’épidémie .Nous faisons là encore la rencontre de quelques grands hommes dont nous ignorons malheureusement les hauts faits , nous les saluons avec respect, déplorant le peu de cas que les oiseaux de mer font de leur gloire .


Nous sommesparticulièrement impressionnées par la fière allure de ce guerrier à cheval
dont le couvre - chef n’est malheureusement pas tout à fait règlementaire .

A suivre

Nous n’avons pas même pas envisagé de dormir sous le monument dédié à Walter Scott . J’ai trop de vénération pour ce grand homme . Je place quelques espoirs dans les jardins de
Princes Street . Ces bancs ne pourraient-ils être des lits confortables ? Ne pourrions-nous pas nous abriter sous un arbre,comme nous l’avons souvent fait avec Robin Hood ? Nous voyons rapidement quece ne serait guère prudent, au vu des averses qui nous menacent .

r


Nous ne pouvons pas envisager non plus de dormir dans cette demeure terrifiante que nous observons du côté d’Old Town

C’est à n’en pas douter la demeure de créatures malfaisantes , des vampires sans doute . Nous continuons bien vite notre route ,nous éloignant de ce lieu maudit et nous arrivons au pied du château .


Assurément, il est assez vaste pour nous offrir un logement convenable

Malheureusement, l’accès en est partout diffcile ,qu’il s’agisse du rocher ou des remparts .

Comme tu peux le voir , Ami lecteur, nous avons attentivement scruté la muraille, mais nous renonçons, de ce côté tout au moins , à tout espoir . Vipère et la Madone des sleepings, pourtant bien meilleures grimpeuses que moi, qui trop souvent me suis contentée de faire le tour des rochers de Fontainebleau qui ne me plaisaient pas, ne sont pas prêtes ,en l’absence de matériel d’escalade, à se lancer dans l’aventure . J’en admire d’autant plus le courage dont fait preuve Saint Yves, le héros du roman de Stevenson qui s’évade de la prison du château dans Le Prisonnier d’Edimbourg .
Nous nous dirigeons alors dans la direction d’une église et nous arrivons dans ce cimetière .

Ces tombes assurément pourraient abriter des vampires, mais ce ne sont pas des amis, et nous quittons bien vite le cimetière de Saint Cuthbert, ce lieu d’épouvante .

A suivre

Il y a dix ans, nous avions découvert Dean Village, pas très loin des jardins de Princes street . Un très bon souvenir : de belles maisons anciennes, de la verdure, un joli cours d’eau . Nous espérons y trouver un abri discret .

.
En route pour Dean Village, nous découvrons la cathédrale épiscopalienne Sainte Marie . A la rigueur , nous pourrions passer la nuit sous ce porche, mais nous serions tout de même un
peu à découvert et nous cherchons mieux . Nous poursuivons donc notre route.

Cette place est charmante, mais une seule d’entre nous pourrait s’abriter sous ce banc.

Nous sommes au bord de la Water of Leith, dans Dean Village, mais il n’y a aucune place pour s’installer au bord de la rivière .

Ces tourelles n’offrent qu’un abri bien venté et trop exigu .

Ces vertes frondaisons pourraient nous séduire, et nous abriter de la pluie, mais je ne suis pas sûre que nous ayons l’agilité nécessaire pour nous y installer . Nous renonçons donc à imiter un excellent ami que m’a présenté l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches, le baron perché Côme Laverse du Rondeau .

Ces trous sont malheureusement beaucoup trop petits pour nous .Nous renonçons avec regret à dormir à Dean Village. Malgré tout nous faisons cette rencontre intéressante, la seule dans ces rues désertes .

J’ai lu qu’en Italie, des propriétaires de chien louaient leur animal pour fournir un prétexte de sortie aux confinés . Ici, nous avons affaire manifestement à une petite entreprise organisée et illicite de location de chiens . Ces chiens, d’après ce que nous avons compris vont être remis un par un à des individus désireux de trouver un motif de sortie reconnu par les autorités .
Protégées par nos costumes de médecin d’épidémie et nos laissez-passer, nous n’avons rien à craindre, et nous décidons de tenter notre chance dans Old Town .

A suivre

Nous revenons au monument de Walter Scott par les jardins de Princes Street


On voit bien sur cette photo que les jardins , comme la gare et les voies sont situés dans le creux d’un ancien loch .

Peu après le monument dédié à Scott, nous empruntons le premier pont , puis nous marchons jusqu’au pied d’un escalier .


Arrivées en haut de l’escalier, nous passons sous la voûte . Je ne peux m’empêcher de penser à une traboule lyonnaise . La voûte pourrait nous abriter de la pluie , l’espace est vaste et nous pourrions nous installer confortablement . Mais nous espérons mieux , nous n’avons pas renoncé à loger au château .A suivre

Le passage voûté franchi, nous montons vers le château par une rue qui tourne entre de
hautes maisons.

.


Enfin nous arrivons au pied d’un escalier qui permet d’accéder au château .

Arrivées en haut des marches, nous sommes pleines d’espoir .

Quelques personnes entrent et sortent du château . Des résidents confinés qui effectuent une courte sortie ? Nous avons bon espoir et nous franchissons le pont .

Hélas ! nous nous heurtons à ces guerriers inexorables !


Rien ne peut les fléchir . Nous n’entrerons point . Mais c’est dans l’adversité que se révèle la force des âmes bien nées . Adieu, Castel Rock et sa citadelle infâme acquise au roi Georges , l’Usurpateur ! Peut-être sommes-nous rejetées parce que j’ai montré trop d’intérêt pour la cause jacobite , pour Regus et Flora Mac Ivor, Diana Vernon, Redgauntlet et Alan Breck .
Pourtant , je n’ai péché que par la lecture et mes deux amies sont d’innocentes victimes . Qu’à cela ne tienne ! Comme Waverley nous épouserons la cause jacobite et nous irons à Holyrood ,chez le Prince Stuart !
A suivre

Saint -Yves, soldat des armées napoléoniennes s’évade du château de Castle Rock dans le roman de Stevenson dont il est le héros éponyme en descendant très audacieusement la falaise comme je l’ai évoqué précédemment .La Madone des sleepings n’a pas vu Edimbourg depuis longtemps et Vipère n’en a eu l’année dernière qu’un très bref aperçu, nous n’allons donc pas à Holyrood par le chemin le plus direct . Nous faisons d’abord un petit crochet par Grassmarket .


Grassmarket est la place qur laquelle avaient lieu les exécutions capitales . Aujourd’hui , elle est remarquable par le nombre des ses pubs . Nous y avons testé positivement par deux fois le White Hart Inn, un des plus anciens pubs de la ville où j’ai particulièrement apprécié le
haggis.

L’année dernière, nous sommes arrivées un peu tard à Grassmarket ,et nous sommes entrées dans le premier pub tentant que nous avons rencontré , “The last drop”, où l’on emmenait les condamnés à mort boire leur dernière goutte d’alcool . Cette année ,confinement oblige, tous les pubs sont fermés . Les victimes du coronavirus (nous peut-être, si le remède que j’ai mis au point n’est pas efficace ) n’auront même pas la consolation de boire leur dernière ale .
Grassmarket est, tous les fidèles lecteurs de Walter Scott le savent , le lieu où se passe le début du roman Le Coeur du Mid Lothian , souvent intitulé La prison d’Edimbourg , à ne pas confondre avec Saint - Yves ou le prisonnier d’Edimbourg de Stevenson .C’est sur Grassmarket que se déroulent deux des épisodes de l’affaire Porteous ,qui eut réellement
lieu, et que relate Walter Scott au début du roman . John ¨Porteous , capitaine de la garde de la cité d’Edimbourg, fit tirer sur la foule pour réprimer une émeute suscitée par l’exécution du contrebandier Wilson. Après quoi,lui-même condamné à mort , il fut grâcié , ce qui suscita une nouvelle émeute. La foule se dirigea vers l’ancienne prison The old tolbooth , prit d’assaut la prison et en retira Porteous pour l’exécuter sur Grassmarket .Donc très logiquement, nous nous dirigeons vers le lieu où se situait la vieille prison ,à côté de la cathédrale Saint Gilles.A suivre

Nous nous dirigeons donc vers Saint Gilles et juste avant d’arriver à la cathédrale nous rencontrons David Hume le bellâtre, dont je n’apprécie nullement la vulgarité .


Quoi de plus méprisable (surtout pas temps d’épidémie ) que de présenter son gros orteil àux étudiants qui le touchent espérant que la chance les accompagnera lors de leurs examens ?Quoi de plus vulgaire que de s’exhiber ainsi ,à moitié nu ,devant l’innocente jeunesse ?

Quel manque de respect d’avoir réveillé de son sommeil dogmatique *,Kant , Grand Maître de
la chasse aux antinomies ?
J’éloigne donc mes deux amies de ce triste sire, et nous arrivons à Saint Gilles .

Nous remarquons qu’Adam Smith est particulièrement mécontent .

Cette mauvaise humeur est bien explicable . Quoi de plus irritant en effet pour ce théoricien du libéralisme que la critique actuelle de la mondialisation ? Comme lui non plus , aujourd’hui, n’est guère fréquentable , nous nous éloignons de Saint Gilles . Du même coup nous n’avons pas cherché l’emplacement exact où s’élevait le vieux Tolbooth avant sa destruction et nous nous empruntons Canongate pour nous rendre directement à Holyrood . Nous faisons en route une rencontre qui nous afflige ,celle de ce totu jeune homme victime du coronavirus (même raideur et mêmes symptômes cutanés étranges que David Hume et Adam Smith (ils sont tous trois vert-de-gris ) .

Nous l’avons rencontré si ma mémoire est encore bonne non loin du Tolbooth de Canongate .

Il s’agit là non de l’ancienne prison d’Edimbourg ,mais de la prison de Canongate ,qui n’était alors qu’un faubourg de la ville .
Nous continuons à descendre Canongate ,et nous arrivons au château de Holyrood .A suivre

  • Pour de plus amples informations sur cette question, le lecteur avide de s’instruire et souffrant d’insomnie pourra lire l’Analytique des Principes, première partie de l’*Analytique transcendantale ,*elle -même première partie de la Critique de la Raison Pure . Comme toute médication , cette lecture peut comporter des effets indésirables ,et en particulier celui d’une forte migraine persistante, qui pourrait , par ces temps de pandémie , être confondue avec un symptôme bien connu du covid 19 .

Notre échec au château de Castle Rock s’expliquait aisément par mes supposées sympathies jacobites . Avais-je donc oublié qu’il avait résisté aux assauts des troupes de Bonnie Prince Charlie et que ses défenseurs avaient fait feu contre elles ? Je nourrissais pourtant l’espoir d’un accueil favorable à Holyrood Palace, où le prince Stuart tint sa cour après la bataille de Prestonpans . Il en était sorti victorieux ,ses fidèles Highlanders ayant un sens du marécage supérieur aux troupes du roi Georges . Mais grande fut notre déception : nous trouvâmes porte close ,alors que j’espérais que nous serions ,comme Waverley, invitées au grand bal qu’il y donna pour fêter sa victoire.


Nous avançâmes alors jusqu’à la grille .

On nous signifia de passer notre chemin . C’était , nous a-t-on dit , le château de la prétendue souveraine actuelle, une héritière de l’Electeur de Hanovre (un usurpateur ! ) , une arrière -petite-nièce de William Augustus, duc de Cumberland , le boucher de Culloden . Non contents d’édifier partout des forts dans le sillon calédonien, sans égard pour le plan local d’urbanisme, l’Electeur et sa descendance s’étaient emparés du château des rois Stuart .L’actuelle souveraine avait fui l’épidémie dans les Grampians à Balmoral, mais sans égard pour notre habit de médecin de peste, la garnison nous ordonna de nous éloigner au plus vite si nous ne voulions pas essuyer un tir de mousquet . Pas d’espoir non plus, la grille étant fermée, de demander asile à l’abbaye .
Il était donc dit que nous ne dormirions pas dans un château ce soir . Nous décidâmes donc de gravir Artur’s seat , tout proche , pour faire le point de la situation.

A suivre

Arthur’s Seat, comme Castle Rock ,est une colline volcanique . Les raisons de faire son ascension sont multiples : nous pourrons mieux voir , de haut, s’il existe un moyen de pénétrer par ruse dans le château . Nous aurons la meilleure vue possible de la ville . Enfin, , sait-on jamais, une grotte dans ses flancs pourrait-elle nous offrir un lieu de bivouac .
La colline se dresse devant nous .


Nous choisissons de monter droit dans la pente jusqu’à la première ligne de crête . Nous rencontrons au passage un oiseau confiné .

Il nous salue avec amabilité : nos masques lui font croire que nous sommes de lointaines parentes . Nous ne démentons pas , ne voulant pas le décevoir, et secrètement flattées .
La pente est plus raide et glissante que nous ne le pensions . Mais nous sommes récompensées par une vue imprenable sur Holyrood Palace .

Mais nous sommes déçues de ne découvrir aucun accès possible au château Le parc est intégralement fermé par une enceinte … D’autre part, il apparaît clairement que l’abbaye est en ruine .

On voit bien ici la continuité de l’enceinte .
Nous décidons donc de continuer notre ascension.


Je laisse mes deux amies poursuivre , à la recherche (vaine) d’un bivouac . Pour ma part, j’estime que j’ai déjà une vue suffisante de la ville, à partir de cette position stratégique ; et je prendsle temps de la réflexion.

Pas d’espoir de ce côté,celui de Castle Rock . Nous en venons . Mais qu’en est-il de Calton
Hill ?

Calton Hill, c’est l’Acropole d’Edimbourg, qui voulait rivaliser avec Athènes . Je ne suis guère tentée par la tour Nelson (trop de marches à monter après cette journée qui, somme toute, aura été assez remplie ) et son style me paraît ici un peu incongru .Le Monument national d’Ecosse dont l’inachèvement fait une pseudo-ruine antique, me rappelle le temple de Poséidon au cap Sounion, ou le temple de Zeus Olympien à Athènes , mais sa totale absence de toiture n’en fait pas un abri acceptable . En revanche, à n’en pas douter, nous pouvons trouver notre salut à mi-pente . J’attends donc mes deux amies, bredouillles (ni grotte , ni bosquet épais susceptible d’arrêter la pluie ) .Nous délibérons puis nous descendons les pentes d’Arthur"s Seat , pour nous diriger vers Calton Hill . C’est juste en face .

A suivre

Calton Hill, c’est l’Acropole d’Edimbourg, la colline sacrée de la religion civile écossaise .On y honore les guerriers morts, les grands hommes y ont leur tombe . Le Monument national d’Ecosse devait en être le Parthénon . Jules Verne tourne en dérision dans le Voyage à reculons en Angleterre et en Ecosse l’ambition de faire d’Edimbourg une rivale d’Athènes . Ce n’est qu’un Picard jaloux, comme tous les Amiénois . A défaut de voir les Monts de la Beta Vulgaris et les Pics de Solanum tuberosum esculentum surpasser en altitude , sinon le Ben Nevis, du moins Calton Hill, ils ont élevé la prétentieuse tour Perret , espérant vainement que , par, l’altiude de son sommet , elle l’emporterait sur la tour Nelson.


Princes Street .
On reconnaît ici à l’horizon le Monument national d’Ecosse et la tour Nelson , l’horloge de l’hôtel Balmoral , à proximité immédiate de la gare ferroviaire de Waverley, et le monument dédié à Walter Scott .

Le Parthénon n’est qu’une ruine, le Monument national d’Ecosse ne vaut pas mieux . Il me vient à l’esprit l’idée d’une mesure vqui pourrait flatter l’orgueil national de l’Ecosse tout en servant ses intérêts économiques . Le Monument national d’Ecosse n’a pu être achevé par manque de fonds (l’Ecosse a souvent été impécunieuse…). Je ferais donc cette suggestion à l’actuel Premier Ministre britannique ,que l’on dit féru de culture classique . Il récite volontiers dit-on, devant qui veut l’entendre, l’Odyssée en grec ancien,avec je n’en doute pas une prononciation supposée plus exacte que la trop connue et défaillante prononciation érasmienne. Pourquoi ne proposerait-il pas que l’on affecte une partie de la manne financière récoltée après le Brexit par Singapour-sur -Tamise à l’achèvement du Parthénon
d’Edimbourg ? Pourquoi ne pas poursuivre cet élan de générosité en y transférant la frise des Panathénées exposée au British Museum ? Ce serait pour Edimbourg et l’Ecosse entière un vrai boom touristique bien utile après le désastre de l’épidémie , un énorme gain de prestige,une immense fierté nationale ,et une atteinte très sérieuse aux visées des indépendantistes. Comment l’Ecosse pourrait -elle se séparer d une Angleterre si
généreuse ,et comment vouloir rester unie après le Brexit à une Europe où des Grecs rancuniers réclament le retour à Athènes des frises du Parthénon ?
Je pense que cette géniale suggestion devrait me valoir un poste de conseillère particulière à Downing Street . Méprisant la richesse, je me satisferai d’émoluments modestes ,en nature :
billets Eurostar, britrail euroflexipass illimités, trajets illimités sur Calmac et Knoydart ferry, ale et haggis à volonté dans tous les pubs, bail emphytéotique de 99 ans sur Carnmore bothy, et enfin jouissance d’une grotte à creuser dans les flancs du Laddhar Beinn (côté loch Hourn ) sur le modèle des grottes Russell du Vignemale . Tout cela valable pour toute la bande de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, bien sûr . J’y ajouterais à la réflexion une concession (dans des conditions identiques )de la cage de Cluny reconstituée sur les pentes du Ben Alder et du château de l’île de Canna, restauré .ainsi que son accès . C’est une proposition sérieuse et , je crois, tout à fait honnête .A suivre

Nombreux sur Calton Hill sont les édifices qui paraissent au premier abord susceptibles de nous accueillir (nous ne voulons pas camper, parce que nous prendrons le train tôt le lendemain, et démonter la tente nous retarderait . Donc pas de bivouac sur la pelouse devant le Monument National .Et la tour Nelson est bien haute . Or quel intérêt de loger dans une tour si ce n’est à son sommet ? Mais il y a une raison beaucoup plus importante d’exclure le sommet de Calton Hill . Comment pourrions-nous nous établir à côté de la tour du vainqueur de Trafalgar et du monument dédié aux soldats et marins écossais morts au cours des guerres contre Napoléon ? Ce serait ici une humiliation pour notre légitime orgueil national de Françaises . L’Auld Alliance que je sache , n’a pas conduit les Ecossais à prendre fait et cause pour la France au moment des guerres de la Révolution et de l’Empire ! Dans LAntiquaire de Walter Scott ,à la rumeur d’un débarquement français imminent , toute la population se mobilise pour le repousser ,et non pour accueillir les Français en sauveurs .
Donc , nous cherchons à mi-pente , dans un endroit politiquement plus neutre .


Ce monument est d’un style assez élégant , mais il serait malaisé d’en gravir la base, et dormir en rond toute une nuit derrière la colonnade serait assez difficile . Allons donc un peu plus loin.

Ici,une fois la grille ouverte, l’accessibilité est tout à fait bonne. Mais il est hors de question que j’aille faire du couch surfing chez David Hume . Et je suis sûre que Langue de Vipère, l’impératrice des dormeuses ( je ne suis là que la reine ) n’apprécierait pas non plus .La Madone des sleepings ne dit mot ,de toute manière , si elle n’était pas de notre avis,ce dont je doute, elle serait minoritaire . De toute manière , il serait insensé de vouloir aller dormir chez celui qui a osé réveiller Kant lui-même de son sommail dogmatique !
Mais nous tombons enfin sur cet édifice que nous avions vu de Calton Hill qui va tenir toutes ses promesses.

Chacune de nous aura de vastes appartements . Nous jouirons aussi d’une vueimprenable sur Arhur’s Seat .

A suivre

Notre domicile choisi , il nous reste à récupérer à la consigne des sorciers duvets ,matelas mousse, et quelques vivres emportés pour le voyage . Ce sera un repas froid, nous n’avons pas eu le loisir de nous procurer une cartouche de gaz . Il nous faut d’abord descendre de Calton Hill .
Nous empruntons l’échelle de Jacob qui nous conduit presque directement à la gare de Waverley.


Après avoir pris dans les toilettes des sorciers l’eau qui nous est nécessaire , nous remontons par l’échelle de Jacobà notre gîte et nous nous endormons rapidement après nous être restaurées . Au matin,je réveille mes amies une heure trop tôt , parce que j’ai oublié de tenir compte du changement de fuseau horaire . Bien sûr Vipère -la - dormeuse proteste avec véhémence mais rien de grave . Nous avons tout le temps d’emprunter une nouvelle fois l’échelle de Jacob à la descente ,de reprendre toutes nos affaires à la consigne , et d’attendre tranquillement le Poudlard Express qui doit nous conduire à Inverness.A suivre

Le Caledonian Sleeper - Poudlard express de nuit arrive à l’heure . Il est quasiment vide, la rentrée scolaire de l’école des sorciers étant passée . Nous serons de ce fait plus à l’aise pour nous déplacer dans le train et admirer le paysage .Aucun problème non plus de ce fait pour respecter la distanciation physique requise avec les autres voyageurs . Nous allons traverser les Grampians par l’itinéraire classique des moldus .Pour la Madone des sleepings et pour Langue de Vipère, ce parcours est une première . En ce qui me concerne, je l’ai déjà emprunté trois fois, mais je suis heureuse de rafraîchir mes souvenirs .
Peu de temps après le départ, nous franchissons le Firth of Forth sur un très beau viaduc métallique . Manque de chance , je ne retrouve plus mon appareil photo . Je ne le retrouverai qu’après Pitlochry .
Jusqu’à maintenant je n’ai pas été très intéressée par le paysage jusqu’à Perth .Après , entre Perth et jusqu’à Killicranckie , j’ai pensé par moments à la ligne Clermont Neussargues Aurillac entre Murat et Le Lioran , pour une certaine similitude entre les paysages, et j’ai regardé avec intérêt des crêtes sur lesquelles j’aimerais randonner … C’est ensuite qu’apparaissent des paysages plus spécifiques de montagnes rabotées et arrondies , les Monadliaths Mountains . Malheureusement , je ne pourrai pas bien préciser le lieu où les photos ont été prises, car nous n’avons pu identifier les gares que nous traversions sans nous arrêter . Je me bornerai donc, pour une fois , dans l’ensemble à présenter quelques images . Ce sera utile pour Vipère qui a dormi pendant une bonne moitié du voyage … *
Nous avons eu la chance de profiter de quelques beaux jeux de lumière.



En Avril, le roux domine souvent dans le paysage, là où il n’y a plus de neige, la végétation ayant encore son aspect hivernal .



Le paysage devient de plus en plus aquatique . On comprend que les Romains aient eu beaucoup de mal à coloniser le Nord de l’Ecosse ,la construction d’un bon réseau de voies romaines aurait été bien difficile .sur un sol aussi détrempé .

Le paysage est de plus en plus enneigé , au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude .

j’ai pu me rendre à l’arrière du train .

Et j’ai pris cette dernière photo du côté des Cairngorms, pas bien loin d’Aviemore .


Après, j’ai trouvé le paysage plus monotone . la nuit ayant été courte ,nous avons dormi toutes
les trois et nous sommes descendues à la gare d’Inverness

  • Je redoute des représailles pour cette remarque anodine …

A suivre

Sitôt sorties de la gare, nous nous rendons à la gare routière . Nous nous sommes entendues avec l’agence de location : le pedal pub doit nous y attendre, déjà approvisionné, avec un full scottish breakfast " tout prêt , tout chaud . C’est un geste commercial destiné à fidéliser la clientèle pendant cette période difficile .


Nous n’avons pas tenté de trouver un bus Citylink pour Ullapool par ces temps d’épidémie :bus trop rares, souci de ne pas ajouter à l’angoisse des autres passagers par nos terrifiants habits de médecins de peste, délicate attention à l’égard de ceux qui prisent moins que nous l’odeur du maroilles .
J’ai vu pour la première fois un “pedal pub” il y a une dizaine d’années un matin devant la gare de Hanovre . Nous attendions, Cyrus et moi, une correspondance pour Göttingen après un voyage mouvementé et mémorable. C’était une période exceptionnelle : grève simultanée de la SNCF, de la RATP et de la Deutsche Bahn. Insuffisant pour nous abattre, d’autant plus que nous étions invités par des amis allemands à assister à des représentations du Festival Haendel annuel . Nous avions donc commencé par traverser Paris d’Est en Ouest à pied, en traînant un grand sac à roulettes pour prendre un bus à la gare routière de Galliéni , jusqu’à Cologne . Nous avions ensuite eu la chance de trouver un train de Cologne à Hanovre . Le train, malgré la grève (ou à cause d’elle? ) était par bonheur à peu près vide . Le camembert au lait cru que nous avions emporté pour nous sustenter pendant ce long voyage , commençait en effet à se faire de moins en moins discret. A Hanovre , en revanche , la situation se corsait : pas de train avant 9 heures du matin, il fallait passer la nuit à la gare. Mais la gare de Hanovre n’avait ni salle d’attente , ni sièges . Fort heureusement une âme charitable nous conseilla de nous adresser à la “Banhofs Mission” qui accueille les clochards et les voyageurs en détresse . Nous passâmes donc la nuit à la Mission , accueillis par une dame fort aimable, discutant autour de plusieurs cafés des caractéristiques comparées des grèves en France et en Allemagne . Nous l’entendîmes qualifier la grève de la Deutsche Bahn , en la comparant aux grèves de la SNCF, de “Kindergarten Streik” , ce qui renforça en nous un légitime sentiment de fierté nationale . Un bon souvenir de conversations entre personnes distinguées sur des sujets variés, interrompues de temps en temps par l’arrivée d’une clientèle plus alcoolisée … Au matin, après avoir trouvé de quoi satisfaire un appétit devenu féroce, nous entreprîmes une exploration des environs de la gare . C’est alors que nous fîmes l’extraordinaire découverte d’un “pedal pub” , et celle, non moins extraordinaire d’un "conference bike " , tu en trouveras facilement des images sur Google ,Ami lecteur .Ces engins extraordinaires suscitèrent en nous le plus enthousiasme . Nous pensions vraiment qu’ils pourraient susciter le plus vif intérêt auprès de la bande de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood .

A suivre

Imagine nous, Ami lecteur , sortant à la queu leu leu de la gare ferroviaire dans nos costumes de médecins de peste , sous le regard terrifié de rares passants médusés .


Notre tenue de médecin randonneur
Tout au plus puis-je regretter que cette photo ne fasse pas suffisamment apparaître l’ampleur de notre vêtement si vaste que notre grand sac à dos peut y tenir à l’aise .

Imagine encore la stupeur mêlée de respect avec laquelle nous accueille le loueur de Pedal pubs . Sans doute est-ce à cette forte impression (et aussi vraisemblablement au défaut de clientèle par ces temps troublés) que nous devons un tarif particulièrement avantageux . Je dois dire malgré tout qu’il se sentit un peu plus à l’aise lorsque nous ôtons notre masque à l’arrivée d’un mémorable "full scottish breakfast "

A suivre

Confortablement installée en pensée devant un remarquable full scottish breakfast (céréales diverses, toasts, beurre, confiture, miel , oeufs au bacon, boudin noir , haricots à la tomate, harengs, autrement dit de quoi faire oublier un début de voyage plutôt frugal ), je me sens en mesure d’exposer l’extraordinaire polyvalence d’un pedal pub .

  • C’est en premier lieu , comme son nom l’indique ,un pub, pour la circonstance autogéré par ses usagers . Je dois avouer ,avec une certaine honte , que nous avons emprunté à Edimbourg une pancarte publicitaire à un pub fermé en raison de l’épidémie (j’ose espérer qu’il en sera dédommagé par un considérable afflux de clientèle )


    (Je dois avouer que nous espérons nous attirer la bienveillance intéréssée non seulement des populations assoiffées attirées par cette annonce, mais aussi celle de la maréchaussée ).

  • C’est une invention écologiquement remarquable . Pas de dépense d’énergie fossile , seulement un peu de rejet de CO2 par les occupants . Je précise que le pedal pub que nous avons loué est à assistance électrique . Ce modèle est pourvu d’une batterie chargée en électricité par des panneaux solaires installés sur le toit , une éolienne télescopique. et une micro turbine actionnée par les cataractes issues de la toiture en cas de pluies torrentielles Batterie, éolienne et turbine sont dissimulées dans le tonneau lorsque la quantité d’énergie mécanique d’origine humaine est suffisante .Nous n’avons tout de même pas l’intention, la Madone des sleepings et moi-même (Vipère ne boit pratiquement pas ) de boire à nous deux tout un tonneau de bière . Quant aux gaines techniques et aux conduites forcées ,elles sont dissimulées dans la structure métallique .

  • Le pedal pub comporte une cuisine intégrée écologique :il est doté d’un appareil de cuisson et d’un grille pain électrique alimentés par cette batterie .

  • Le pedal pub nous permet de transporter nos sacs sans effort . Nous les entreposons dans sa partie centrale.

  • Enfin , grâce au pedal pub, plus de problème de logement ,aussi longtemps que nous serons en sa possession : il nous sert de dortoir . Nous pouvons y dormir confortablement sur plusieurs niveaux, installées sur le sol de la partie centrale et des hamacs .Nous le quitterons si nous souhaitons partir en bivouac .

Le seul défaut qu’il présente est de ne pas nous mettre suffisamment à l’abri de lapluie , de la neige et du vent en cas de tempête . Nous l’équiperons donc si besoin est de protections latérales confectionnées à l’aide du double toit de la tente et de nos manteaux de médecins capes de pluie .A suivre

Nous ne prenons pas directement la route d’Ullapool . L’anguille du torrent du Santerre m’a demandé d’aller saluer Nessie son arrière - grand - mère .Nous allons donc faire un petit crochet par le loch Ness (je dois faire amende honorable, moi qui ne fait guère cas de lui sur ce forum) . Cela nous permet de voir un peu les quais de la ville d’Inverness.


Nous poussons jusqu’à Urquhart Castle

Après quoi, le temps étant exécrable , nous rebroussons chemin et nous prenons la route d’Ullapool.
Je ne possède guère d’images de notre route jusqu’à Ullapool . Vipère occupe le poste du conducteur (elle a passé jadis un permis de conductrice de bus , bien qu’elle ait très rapidement abandonné cette voie ) . La Madone des sleepings et moi-même , nous nous contentons de pédaler , pas toujours de manière très synchronisée et Vipère a fort à faire pour rectifier la trajectoire du véhicule . Je ne vois guère le paysage , bouché par les manteaux de peste qui font office de tentures protectrices .
La situation s’améliore quand nous rejoignons la rive Ouest du loch Broom.

Enfin, nous arrivons à Ullapool .

A suivre

C’est la seconde fois que je me rends à Ullapool . Nous y avions fait étape en 2013 Cyrus, notre Whymper , Théodorine et moi-même avant de partir pour Inchnadamph où nous devions reprendre notre marche (interrompue le soir-même ) en direction du Cap Wrath . C’est une ville importante, pour les Highlands (1300 habitants environs), un port d’où partent les ferries pour Stornoway dans l’île de Lewis et un carrefour de lignes d’autobus . A l’extrême fin du mois de Février , nous avions réservé pour plusieurs nuits à l’auberge de jeunesse ,située sur le port .


En ce temps-là , il n’y avait pas grand monde au Nord de l’Ecosse .La majeure partie des touristes ne dépassait guère la ligne Kyle of Lochalsh Inverness . C’était avant la mode de la “North Coast 500”, mode que j’exècre , qui attire dans une région calme , sur de petites routes sauvages , des avaleurs de kilomètres sur des véhicules bruyants , malodorants ,et dangereux pour les moutons, les bétaillères, les cyclistes et les marcheurs . Je déteste l’appellation et la notion même de "road trip " Pourquoi ne pas parler tout bonnement de circuit automobile ? Est-ce parce que l’expression serait vieillotte , bonne pour les arrière-grands parents de ces trentenaires dynamiques qui , même pendant leurs vacances , hâtent le vieillissement prématuré de leur colonne vertébrale en passant la plus grande partie de leur journée assis dans un véhicule pour ne descendre que le temps de se lancer dans un trek ambitieux d’une demie heure ? Au moins les éleveurs actuels qui ne rendent plus visite à leurs troupeaux qu’en tracteur , en voiture de la poste recyclée ou en quad ont-ils l’excuse de gagner du temps dans leur longue journée de travail . Les amateurs de "road trips " s’extasient devant des " “paysages à couper le souffle” qui’ls enchaînent à toute allure . Ils veulent surtout “ne rien manquer” en vivant à cent à l’heure . Je ne connais guère de paysage à couper le souffle : on reprend son souffle lorsqu’on arrive enfin, à pied , et lentement , au col ou au sommet de la montagne . J’ajouterai que dans les les montagnes écossaises, les routes sont rares ,qu’elles ignorent la plupart des plus beaux paysages en contournant les massifs , que la beauté des Highlands ne se livre vraiment qu’aux marcheurs au long cours et aux kayakistes , et pour ce qui est des côtes, les plus belles que je connaisse sont celles qu’aucun véhicule ne vient troubler , dans le Knoydart,l’île de Rum et l’île de Canna .
Je dois avouer qu’il est assez tard malgré tout lorsque nous arrivons à Ullapool . Nous ne maîtrisons encore pas très bien le "pedal pub " . Il pleut . Nous décidons de nous garer sur le port , et nous nous endormons rapidement après un repas frugal , à l’abri de notre véhicule .A suivre

Nous avons fort bien dormi dans notre pedal pub . Le matin, nous nous contentons d’un petit déjeuner frugal . Il nous faut renouveler nos provisions . Nous partons explorer la ville, profitant tôt le matin d’un soleil radieux et de la vue de sommets enneigés .


Le loch Broom est un beau loch maritime . Je regrette de ne pas savoir identifier ces sommets .

Nous nous rendons directement au Tesco situé à la sortie de la ville ,dans la direction du Nord Lors de notre passage en 2013, nous n’avions pas su le trouver, nous ne l’avions enfin découvert que dans le bus, alors que nous étions en route pour Inchnadamph . En revanche, la librairie cartothèque si bien achalandée que nous avions fréquentée est fermée ,de même que l’extraordinaire magasin de sport où l’on vend des sortes pitons -piquets de tente pour fixer une tente sur des rochers et où l’on sert à l’étage pour un somme fort modique un copieux et excellent breakfast .Heureusement , nous trouvons au Tesco d’excellents cakes, des flocons d’avoine, et tout le nécessaire . D’autre part, j’ai apporté tout mon stock de cartes Ordnance Survey . Nous ne nous attardons guère car nous avons l’intention de faire un circuit autour d’Ullapool.

A suivre

En 2013, arrivés trop tôt à Ullapool, nous avions trouvé porte close à l’auberge de jeunesse d’Ullapool . Nous étions alors partis dans les environs à la recherche d’un lieu de bivouac possible, et nous avions trouvé un sentier qui montait sur une colline dominant Ullapool . Nous avions découvert ainsi un pré tout à fait propice où nous nous étions établis, avec une belle vue sur la presqu’île de Scoraig dominée par le Ben Ghobhlach .


Le terrain où nous avions bivouaqué . On voit à droite le Ben Ghobhlach et à gauche poindre la crête de l’An Teallach .

Nous avions laissé les tentes sur place et nous avions poursuivi notre ascension. La vue au sommet est très étendue . Donc, cette année, le but est de monter sur la colline et de revenir par un autre itinéraire . Nous poursuivons donc la montée, nous dominons Ullapool


Nous voyons donc maintenant l’extrémité de la presqu’île de Scoraig . On devine au fond deux des Summer Isles.
Le sentier change ensuite de direction .

Nous regardons maintenant dans la direction du fond du loch .

Nous poursuivons notre ascension . Nous distinguons de mieux en mieux les Summer Isles.

Nous entamons enfin la montée terminale et nous parvenons au sommet .

A suivre

Au sommet la vue est magnifique, sur la presqu’île de Scoraig comme depuis le début de la montée . On voit désormais des sommets enneigés à l’arrière - plan .


Le panorama s’étend sur la totalité du loch Broom .

On voit poindre au Nord des sommets de l’Assynt .

Enfin,au pied de la colline nous découvrons au Nord Est le la vallée de la Rhidorroch River et le loch Achall .

C’est la direction que nous prenons . Le but est de remonter aussi loin que possible le glen Achall puis de revenir sur Ullapool . Malheureusement, le temps se gâte tellement qu’aucune de nous n’a pu prendre de photo . La journée a finalement été longue, vraiment pluvieuse et venteuse sur la fin, avec même des averses de grésil . Nous nous réfugions au plus vite dans le pedal pub aussi bien fermé que nous le pouvons . Soupes minutes et cakes nous suffiront pour ce soir et nous endormons rapidement dans la chaleur de nos duvets .

A suivre

En 2013, par manque de temps, nous avions pris le bus à Ullapool pour nous rendre directement à Inchnadamph et continuer notre marche vers le Nord finalement interrompue aux environs d’Unapool, en raison des intempéries et d’une période de tirs nous interdisant l’accès au cap Wrath . J’avais choisi ,non sans regret , d’ignorer la partie Ouest de l’Assynt, espérant naïvement la contempler à partir des hauteurs . Cette année, le but était d’explorer la presqu’île de Coigach, de gravir le Stac Pollaidh, et de faire la traversée Lochinver Elphin par Suileag bothy, si le débit des cours d’eau à traverser à gué l"autorisait .
Il y eut malgré tout des difficultés : impossible de trouver une place dans une auberge de jeunesse à Lochinver, impossible encore de trouver de la place à Inchnadamph . Il nous faudrait camper quelle que soit la météo ,et Cyrus n’était pas là pour monter ma tente avec tout l’art requis dans des conditions difficiles . Et tout cela à cause de cette mode de la North Coast
500 !
Finalement, j’avais opté pour trois nuits à Achiltibuie, à l’auberge ou bunkhouse du lieu . J’étais séduite par le fait que la fin du trajet se faisait nécessairement à pied ,et que l’on vous proposait une brouette pour transporter vos bagages .Ce n’est pas nécessaire pour les porteurs de sac à dos, mais, malgré tout ,j’espérais que nous n’aurions pas droit au voisinage de rôdent tripeurs enragés . L’épidémie est arrivée, la Madone des sleepings fut informée de l’annulation de la réservation. J’ espère que ce n’est que partie remise.
Plus de gîte à Achiltibuie. Nous partons donc avec notre pedal pub ,toujours brinquebalant , de plus en plus encombré à l’intérieur depuis que nous avons créé des étendages de fortune pour sécher sacs à dos et chaussettes Le temps ,d’abord prometteur, se gâte assez rapidement .


Je m’interroge vivement sur cette étrange forme noire visible à droite .

Nous empruntons la route du Nord que nous allons quitter à Drumrunnie .


Si tu trouves mes photos un peu grises et monotones, sache ,Ami lecteur , que c’est à cela que ressemblent les côtes de l’Ecosse par mauvais temps , c’est-à-dire bien souvent . A quoi bon enchaîner les kilomètres pour ne rien voir de fondamentalement nouveau . Au moins, en restant sur place, peut-on espérer , lorsque le temps s’éclaire ,bénéficier d’un changement de décor . Il faut être patient .

Enfin ,nous voyons pour la première fois apparaître bien distinctement la silhouette du Stac Pollaidh dominant le loch Lurgainn .



Nous abandonnons peu après la route principale pour nous diriger vers Achiltibuie .A suivre

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