Il est pratiquement impossible, pour un touriste, de loger chez l’habitant au Vietnam, sauf dans la famille ou pour des raisons tout à fait particulières, le plus souvent en rapport avec des agences du gouvernement.
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Ce que les agences de voyage présente comme “logement chez l’habitant” est en fait un logement en chambres d’hôtes. C’est à dire des structures dont les installations sont agréées par le gouvernement, qui, bien qu’elles paraissent sommaires aux yeux des occidentaux, sont tout à fait modernes pour certaines régions du Vietnam.
Depuis plus de 45 ans, je vais régulièrement, 1-2 fois par année au Vietnam, je parle assez correctement le vietnamien, mon épouse est Vietnamienne.
Il y a trois ans, j’ai vécu plusieurs mois dans une région reculée, au milieu de nulle part, dans le cadre d’une mission sanitaire organisée en collaboration avec les instances gouvernementales vietnamiennes.
On est loin, bien loin, du visage idyllique que présentait une émission de télévision,d’il y a deux ou trois ans, consacrée aux Lolos noirs. Dites-vous bien que, pour cette émission, il y avait toute une équipe de tournage derrière, ce qui sous-entend, un minimum d’infrastructures sur place, ce serait-ce que l’électricité (et la simple arrivée de l’électricité est déjà un énorme bond en avant).
On dort à même le sol, sur plancher surélevé et aéré, avec cochons grognant et volailles caquetant en dessous. Une maigre couverture en matière indéfinissable pour tenter de se tenir chaud (et, en janvier-février, dans les montagnes du nord, il fait froid), heureusement que nous étions muni de sacs de couchage en matière réfléchissante et lavables facilement, mais le séchâge, dans une bruine persistante reste un problème. Au bout de 2-3 semaines on a une profonde nostalgie d’un lit (et croyez-moi, j’ai eu un parcours de vie qui ne m’a pas trop habitué au confort, même 1 étoile).
L’hygiène est inexistante (nous étions d’ailleurs là pour tenter d’y remédier).
Ne prenez pas en mauvaise part ce que je vais écrire, il ne s’agit en aucun cas d’une critique, mais d’une réflexion qui devrait vous amener à repenser votre futur voyage.
J’ai le sentiment que vous avez une vision romantique de ce voyage.
Les conditions de vie dans les minorités ethniques du Vietnam sont dures, très dures. Levé à 4-5 heures du matin, puis boulot, boulot, repas sommaires, soirée à la lumière de lampes fumeuses qui se terminent vers 21 h, au plus tard,. De temps en temps, une grande soirée beuverie (il faut bien décompresser …). Bref, au total, pas vraiment compatibles, sans expérience préalable de ce genre de conditions, pour un occidental, qui, en plus, n’est pas là pour faire quelque chose, mais simplement pour voir.
Et lorsque je dis occidental, cela s’applique étalement à une grande majorité de Vietnamiens qui, même pour les plus modestes d’entre eux, vivent dans le confort des villes.
En revanche, ce que vous pouvez faire, c’est d’aller de villes en villages, en utilisant les bus locaux, dormir dans les hôtels vietnamien (nha nghi), manger dans les petits “restos” de rue, cela représente déjà une aventure pour les occidentaux et vous permet, sans doute, d’approcher un petit peu plus la majorité des Vietnamiens (les Kinhs). Mais approcher les minorités ethniques, en dehors des “show” de type Sapa, n’y comptez pas trop.
Pour le Laos, mettez les conditions vietnamiennes au carré et vous avez une bonne image de la situation.
Pour la Thaïlande, je ne connais pas, je ne peux pas vous renseigner.