Retour, jour par jour, de notre périple en Argentine

Forum Argentine

J-1, J0 et J1: 54 heures de voyage, ça use …

Cinquante-quatre heures, c’est le temps qu’il nous aura fallu, au départ de chez nous pour arriver dans cette petite bourgade à moitié endormie située aux confins de trois pays …

Tout commence vendredi, ou après un trajet rapide jusqu’à la gare de Bruxelles-Midi, nous montons à bord de notre Thalys, qui part à l’heure (pour une fois, j’ai envie de dire !). Le trajet me semble très court, et pour cause, j’ai dormi durant l’intégralité du trajet jusque Paris ! C’est malgré tout ici, alors que le conducteur de train nous avait annoncé notre arrivée imminente en gare de Paris-Nord que le premier « avertissement » arrive. Nous sommes déjà tous levé, sac à dos sur les épaules, lorsque le train ralentit, ralentit, ralentit jusqu’à complètement s’arrêté … « Mesdames et Messieurs, nous sommes dans l’obligation d’attendre car la gare de Paris est sous la menace d’un colis suspect, veuillez nous en excuser. » Bon, ben, pas le choix, on va attendre … Heureusement, un quart d’heure après, nous apprenons que les démineurs ont fait sauter l’objet et nous pouvons repartir.

Nous retrouvons notre amie parisienne avec plaisir, qui est venue nous attendre directement sur le quai. C’est chez elle que nous passerons la nuit avant de repartir demain matin. Nous allons en profiter pour échanger les dernières nouvelles en dégustant un énorme et délicieux hamburger dans une petite brasserie à cinq minutes de chez elle. Il fait merveilleusement bon et nous pouvons souper en terrasse, un soir d’Halloween. Quel bonheur ! D’ailleurs, nous sommes surpris par le nombre de gens déguisés: enfants évidemment, mais aussi ados et adultes ! Ambiance … terrifiante ! Pour moi, la soirée est bientôt prête de s’achever car la digestion couplée à un réveil très matinal pour le boulot ont raison de moi. Je vais me coucher en laissant les deux amies discuter de choses … de filles, j’imagine !

La nuit a été éprouvante car suite à un problème de prise, mon gsm ne s’était pas mis en charge. Heureusement, je m’en suis rendu compte à temps car c’était la notre seul réveil pour aller prendre l’avion ! Néanmoins, à chaque réveil durant la nuit, j’étais persuadé que nous étions en retard ! Finalement, je suis prêt bien à l’avance, je réveille mon épouse et à 7h15, je reçois un sms du taxi que j’avais commandé la veille m’annoncant qu’il était en route. Nous disons au revoir à notre hôte, nous descendons les six (!) étages avec nos gros sacs (Mais quand est-ce qu’ils vont mettre un ascenseur, M. ?) et nous embarquons dans le taxi jusque l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Le trajet, à cette heure de la journée se fait sans aucun problème et notre chauffeur se payera même le luxe de rouler comme un sauvage sur une autoroute quasi-vide. Ce qui fait qu’à 8h, nous sommes arrivés ! Notre vol n’est qu’à 11h, il va falloir nous armer de patience !

Nous en profitons pour déjeuner d’un bon chocolat chaud et de viennoiseries dans un petit café de l’aéroport puis, lorsque le comptoir Alitalia est ouvert, nous allons faire enregistrer nos bagages. L’hôtesse, très sympa, nous explique qu’elle ne peut imprimer que la carte d’embarquement pour notre vol Paris-Rome mais pas pour le reste. C’est là-bas qu’ils le feront mais pas d’inquiétude, nos bagages, eux, sont bien enregistrés jusqu’au bout de notre périple. Bon, ben, pas de souci alors ! Nous passons les habituels contrôles de sécurité et notre attente commence. Nous embarquons à l’heure prévue et le décollage se fait sans problème. C’est parti pour deux petites heures de vol jusqu’à la capitale italienne ! En réalité, encore une fois, le trajet ira vite car je dormirais d’un bout à l’autre du trajet !

A peine débarqué que LA mauvaise nouvelle du jour nous tombe dessus: notre vol initialement prévu pour 18h25 (donc dans cinq bonnes heures) sera en retard de 2h20 ! Ce qui nous fait un décollage prévu à 20h45 mais surtout beaucoup de chances de ne pas attraper notre dernière correspondance ! Bon, avant de nous exciter, nous allons essayer d’avoir des réponses à nos questions. Nous nous rendons dans le terminal d’ou nous décollerons afin de chercher un bureau de l’Aerolinas, compagnie avec laquelle nous volerons durant tout notre séjour. Nous sommes bien trop à l’avance pour espérer trouver quelqu’un maintenant, nous devons donc prendre notre mal en patience et nous restons avec nos doutes. Finalement, vers 17h, une dame de la compagnie prend place derrière son comptoir et nous nous ruons sur elle. Elle est bien évidemment désolée de ce retard et nous explique que notre correspondance à Buenos Aires, nous ne l’aurons pas ! Ah ! Elle nous propose donc une solution qui, à défaut de nous emballer plus que ça, nous fera arriver malgré tout à Iguazu – notre destination finale – mais six bonnes heures plus tard. Nous n’avons pas le choix, nous devrons donc prendre une navette (payée par la compagnie, c’est la moindre des choses !) qui nous emmènera de l’aéroport international Ezeiza à l’aéroport national Jorge Newbery, situé de l’autre côté de la ville. De là, un vol nous emmènera jusqu’au terme de ce périple. Seul bémol dans tout ça, elle ne sait pas trop ou on retrouvera nos bagages mais idéalement, il faudrait les récupérer pour les faire réenregistrer à l’autre aéroport. Ben, reste plus qu’à croiser les doigts que les bagagistes aient reçus les bonnes consignes ! Nous retournons donc nous asseoir pour attendre. Vers 18h, nous profitons du coupon que la compagnie nous offre en dédommagement pour aller manger un morceau de pizza dans un restaurant de l’aéroport. Personnel hautement détestable mais nourriture correcte au Ciao Restaurant !

C’est donc vers 20h, que enfin, les passagers à destination de Buenos Aires sont appelés à embarquer ! Halleluja, je n’en voyais plus le bout ! La patience, ça a rarement été mon truc ! Nous descendons sur la piste ou un bus nous emmène jusqu’à notre avion.

C’est un vol de 14h35 sans histoire que nous allons passer. Les gens dorment tous, il n’y aura pas un bruit après que le souper (vraiment pas bon, pour le coup !) nous ait été servis. Le personnel est invisible et nous pouvons donc dormir tranquille. Même mon épouse qui d’habitude ne ferme pas l’oeil durant les voyages en avion arrivera à bien se reposer. Au final, pas grand-chose à raconter sur cette partie du périple.

Nous finissons par atterrir vers 6h30, heure locale, à Buenos Aires. Il fait frais, une grosse dizaine de degrés, il y a du vent et il pleut légèrement. Avec des conditions pareilles, tout paraît gris et notre petite lueur d’espoir serait de peut-être pouvoir attraper le vol que nous avions au départ. Pour cela, il faudrait pouvoir sortir de l’appareil mais nous resterons bloquer près d’une demi-heure dans l’avion, la faute à on ne sait pas trop qui ou quoi ! Il faut dire que la communication d’Aerolinas est inexistante dans toute cette affaire et tous ont l’air de trouver cela normal. Finalement, nous débarquons vers 7h, cela nous laisserait une heure pour récupérer les bagages et les faire réenregistrer. Une dame de la compagnie nous conseille de d’abord passer la douane et de demander au bureau après. Nous nous engageons donc dans l’escalator et arriver en bas, nous comprenons que ça ne vaut même plus la peine d’espérer. Une file immense fait l’escargot pour présenter son passeport. On se résigne donc à utiliser notre plan B et nous faisons comme tout le monde. Il nous faudra une bonne demi-heure pour arriver devant le préposé aux frontières qui nous prend en photo et qui relève nos empreintes digitales. Une petite question pour la forme et il tamponne nos passeports. Arrive le moment fatidique: bagage ou pas bagage ? Hé ben finalement, non seulement ils sont la mais en plus dans les tout premiers. Allez, ça fait au moins un bon point pour cette journée !

Nous nous dirigeons ensuite vers la sortie ou nous devons encore faire passer nos bagages aux rayons X devant un douanier qui a l’air de s’en foutre royalement. Finalement, ça y est, reste à trouver le bureau de la compagnie du bus qui va nous transférer. C’est chose faite très facilement, l’employé nous échange le coupon reçu à l’aéroport contre nos tickets. Il nous explique que nous devons marcher sur une centaine de mètre pour trouver le bus. Lorsque nous arrivons, le chauffeur est déjà en train de charger les bagages dans la soute et nous nous mêlons à la masse qui s’agglutine autour de lui. Je ne sais trop comment, nos sacs sont embarqués dans les premiers et nous embarquons dans notre bus. Pas de bol pour d’autres qui devront attendre le suivant …

Le trajet durera une bonne heure, d’abord sur autoroute puis dans la ville. Autant le dire tout de suite, vu les conditions climatiques à la limite de la tempête, nous sommes bien content de ne pas nous attarder ici. C’est un parti pris que nous ne regrettons pas ! Mention spéciale quand même au bus qui offre le wifi ! Dire que chez nous, nous sommes encore nul part à ce niveau là ! En chemin, le bus s’arrête pour déposer des gens dans ce que j’imagine être la gare routière, puis c’est notre tour à l’aéroport. Nous sommes encore une fois trop à l’avance et l’enregistremennt pour notre vol n’a pas encore commencé. Nous décidons donc d’aller prendre un petit-déjeuner (horriblement cher !) dans l’aéroport. Ensuite de quoi, nos bagages sont enregistrés et nous allons attendre devant notre porte d’embarquement. Prévu à 12h35, il ne débutera finalement que vers 13h20, heure à laquelle nous étions censés décoller ! Ça ne s’arrange pas ici ! Quand finalement, nous sommes tous installés, le commandant nous annonce que l’on va devoir attendre une passagère en retard mais qui devrait arriver … Finalement, nous décollerons avec quasi une heure de retard sur le plan prévu ! Le vol me paraîtra long tant je commence à être las de ce périple qui n’en finit pas. Mon épouse en profitera pour prendre quelques photos avec mon téléphone (en mode avion, je le précise pour l’hôtesse qui n’avait pas l’air de connaître ce mode !) de notre approche d’Iguazu.

Il est donc près de 16h quand nous nous posons enfin sur le tarmac du minuscule aéroport d’Iguazu, perdu en pleine jungle. Une piste en tout et pour tout, ce qui nous permettra de récupérer nos bagages très vite.

Nous commandons une remise (taxi ou l’on négocie le prix avant de démarrer) qui pour 220 pesos (22 euros) nous emmènera à la pension que j’ai réservé. Notre chauffeur est charmante et souhaiterait entamer la discussion. Malheureusement, notre espagnol n’est pas assez bon et son anglais est inexistant. C’est donc dans un silence relatif que nous parcourons le gros quart d’heure de route en pleine forêt. Il est près de 17h quand enfin nous arrivons à destination, bien fatigué il faut le dire !

L’accueil par Carolina, la propriétaire, est très sympa et chance pour nous, elle parle assez bien anglais. Elle nous montre notre chambre, située au deuxième et dernier étage. Confort minimum mais appréciable: un lit double et deux lits simple, une petite table et deux chaises et une salle de douche. Il ne nous en faut pas plus ! Nous prenons une douche rapide car cela fait maintenant près de quarante heures que nous ne nous sommes pas lavés et ça commence à se sentir. De plus, contrairement à Buenos Aires, ici il fait 32° et plein soleil !

Nous sommes donc arrivés avec presque sept heures de retard à notre hôtel. A la base, nous avions prévu d’aller jusqu’à un panorama connu dans la ville mais en avons-nous encore le courage ? Après la douche, la réponse est oui !

Nous voilà donc parti pour les Tres Fronteras, situé à une petite demi-heure à pied de notre pension. La ville est semi-déserte, les trottoirs sont complètement défoncés mais nous sommes heureux d’être la, écrasé par une chaleur dont nous n’avions plus l’habitude. Des chiens errants se baladent un peu partout sans s’intéresser le moins du monde à nous. Nous remontons toute l’avenue qui doit nous amener jusqu’à ce point de vue. Nous le trouvons très facilement et la, ben, c’est beau quoi ! Ce que nous avons devant les yeux, ce sont deux fleuves qui se coupent à angle droit, délimitant trois parties. Ces trois parties sont autant de pays. Celle sur laquelle nous nous trouvons, en Argentine bien sur, celle devant nous à droite, c’est le Brésil et à gauche c’est le Paraguay. Les fleuves sont donc les frontières naturelles de ces trois Etats !

Le soleil commençant déjà à se coucher, nous décidons de retourner dans le « centre-ville » avec comme objectif de déguster une bonne parrilla – une grillade – qui est la spécialité argentine. Carolina nous avait indiqué ou déguster la meilleure de la ville, au restaurant Aqua. Nous le trouvons assez facilement, non loin de la gare routière. Les prix sont élevés pour notre budget de routard mais après tout les événements de ces deux derniers jours, nous décidons de nous faire plaisir ! Et effectivement, le bife de lomo (un filet pur de boeuf si je ne dis pas de bétise) est juste incroyable ! La viande se coupe presque à la fourchette et est d’un rouge profond. Ca fond en bouche tant la cuisson est parfaite ! Seul un petit motel aux USA avait réussi à me faire chavirer de plaisir. Clairement, impossible de décider qui sert la meilleure des deux mais à ce niveau-là, ça n’a plus trop d’importance ! On accompagne le tout d’une Quilmes, la bière argentine, bien glacée et qui finalement n’est pas si mauvaise que ça et nous finissons par payer la note d’une quarantaine d’euros, pourboire inclus.

Nous reprenons ensuite le chemin de la pension car nos yeux commencent à avoir du mal à rester ouvert. A tel point que je me loupe complètement sur le trajet du retour, ce qui nous oblige à un tour gratuit dans des petites rues sombres. Heureusement, un jeune que j’interpelle vient nous remettre sur le droit chemin et il est près de 22 heures quand nous éteignons la lumière !

Jour 2: Les chutes d’Iguazu, à la découverte d’un nouveau Paradis

Le réveil est prévu à 6h15 ce matin mais décalage horaire oblige, je suis levé à 4h. J’en profite donc pour écrire le récit de notre périple sans fin des premiers jours avant de réveiller ma chère et tendre. Pour ma part, je suis déjà prêt et j’en profite pour aller fumer une cigarette en profitant du bruit des animaux saluant le jour qui se lève. A première vue, pas un nuage, on peut espérer une belle journée.

A 7h, nous sommes fin prêt pour aller déjeuner de tranches de pain de mie grillées, de petits croissants et d’un délicieux jus d’orange pressé devant nous. Ce n’est pas Byzance mais nous ne partirons pas l’estomac vide. La première personne avec qui nous parlons n’est autre qu’une compatriote voyageant avec sa fille. Elle est bien évidemment la pour aller visiter les chutes mais n’a pas l’air de trop savoir comment elle va s’y prendre. Sans même chercher à en savoir plus, elle se dirige vers une autre table et déjeune dans son coin. Bon, ce n’est pas grave car nous avons fini et nous ne voulons pas traîner pour se mettre en route. Nous remontons en vitesse chercher nos sacs à dos et en route !

La première chose à faire est de se rendre au terminal de bus, situé à une dizaine de minutes à pied de notre hôtel. Je me rends mieux compte de ma bourde d’hier, nous qui avons marché presqu’une demi-heure pour le même trajet ! Nous avions déjà repéré le bureau de la Rio Uruguay ou l’on peut acheter les tickets de bus qui nous emmènera contempler une merveille de la nature. Pour 80 pesos par personne, nous avons droit à un aller/retour dans un bus qui passe toute les vingt minutes. Nous nous rendons sur le quai et nous attendons un bon gros quart d’heure avant de le voir se pointer. Nous sommes une petite dizaine de personne à monter dedans et nous démarrons. En chemin, d’autres personnes montent: quelques touristes bien sur mais aussi des employés du parc qui se rendent au travail. Le chemin nous ramène vers l’aéroport mais avant d’arriver à celui-ci, nous bifurquons pour entrer réellement dans le parc national d’Iguazu. La route est assez monotone car de chaque côté, c’est une muraille verte impénétrable que l’on voit. Finalement, après une grosse vingtaine de minutes, le bus s’arrête pour nous déposer devant l’entrée du parc.

Après avoir payé l’entrée au prix des touristes (215 pesos par personne, +/- 20 euros), nous entrons enfin dans le vif du sujet. Première constatation, et qui se révélera vrai pour l’ensemble du parc, c’est très propre ! Pas un déchet par terre, ça change de chez nous ! Deuxième constatation: il fait chaud, très chaud et il n’est que 8h30 ! Pour se rendre au départ des sentiers panoramiques, deux possibilités s’offrent à nous: soit prendre un petit train touristique (très peu pour nous !) soit se rendre à pied par le « sentier vert », long de 655 mètres. Le choix est vite fait et nous laissons la, la majorité des touristes arrivés avec nous.

Ce sentier pavé serpente à travers un bout de jungle sans laissé voir grand chose si ce n’est les plus grosses fourmis que nous ayons jamais eu l’occasion de voir: près de trois centimètres de long ! Heureusement, nous ne les verrons jamais en groupe parce que pour le coup, nous n’aurions pas été très rassuré ! Rien d’autres de spécial ici, si ce n’est qu’il est très agréable de marcher à l’ombre des arbres jusqu’à rejoindre le point de départ des circuits.

Ils sont au nombre de quatre normalement, mais malheureusement, deux sont inaccessible pour le moment. Les passerelles ont été emportées durant l’hiver par des crues violentes et nous devrons donc nous contenter du circuit supérieur et inférieur. Ce sont les aléas de la nature et nous comptons bien profiter de ce qui nous est offert malgré tout.

Nous décidons de d’abord démarrer par le circuit supérieur, qui comme son nom l’indique, nous emmènera aux sommets des chutes. L’intégralité de ce circuit se déroulera sur des passerelles surélevées.

Pour l’instant, il y a très peu de monde et nous avançons sans problème dans la jungle. On croise l’une ou l’autre petite rivière mais point de chute pour l’instant. Et puis, au détour d’un virage, on les aperçoit au travers de la végétation. Même comme cela, on sait déjà que ça va être énorme !

Finalement, nous débouchons sur la première plate-forme et … que dire ? On en prend plein les yeux et les oreilles ! Même à cette distance, le bruit est déjà bien présent, sourd comme le grondement de mille félins. Et pour ce qui est de la vue, les photos parlent d’elles-même je pense !

Difficile de décoller d’ici car le choc est vraiment immense. Les chutes du Niagara que nous avons vues il y a quatre ans nous paraissent bien petites à côté de cet ensemble incroyable que nous avons sous les yeux. La seule chose qui nous pousse à avancer, c’est qu’on espère encore voir mieux après. Et effectivement, nous n’allons pas être déçu !

Le chemin nous avance de plus en plus au dessus de ce monstre rugissant, nous amenant même juste au-dessus de la chute elle-même. Au centre, une île, inaccessible pour l’instant mais qui rajoute un côté préhistorique à ce tableau démentiel.

Chaque plate-forme demande de plus en plus de temps pour nous en arracher tant ce que nous avons sous les yeux est incroyable. Malheureusement, là ou nous étions presque seul au début commence à arriver quelques personnes puis des groupes entiers, bruyant et sans-gène. Finalement, il nous aura fallu presque deux heures pour accomplir les quelques centaines de mètres de ce parcours incroyable.

Dans la précipitation de ce matin, nous avons oublié une chose essentielle: prendre de l’eau avec nous. Vu la chaleur de plus en plus forte, nous sommes obligés de nous arrêter dans un des petits commerces pour y acheter des bouteilles afin de ne pas nous déshydrater complètement. Une brève halte aux toilettes et nous voilà repartis !

Nous choisissons l’entrée du chemin inférieur cette fois, et alors que nous approchons d’un petit restaurant, nous croisons des animaux que nous n’avions jamais encore vu: des coatis. Ils ont l’air bien mignons mais les panneaux montrant les blessures qu’ils peuvent occasionner nous dissuadent sans problème d’essayer de les caresser.

Après être descendus quelques dizaines de marches et avoir avancé au milieu de la jungle, entourés maintenant par des dizaines de personnes, nous finissons par arriver face à la Garganta del Diablo, l’ensemble le plus haut des chutes. Le petit train devait nous emmener au-dessus mais c’est un des deux circuits fermés pour l’instant. Ce n’est que partie remise, nous devrions les voir de très près demain, en nous rendant aux observatoires situés au Brésil, de l’autre côté de la rivière. Mais, même de si loin, elles sont déjà impressionnantes !

La foule commence à être vraiment envahissante et nous décidons d’avancer jusqu’à trouver des points de vue un peu moins fréquenté. Finalement, ce n’est pas aux plate-formes que l’on a forcément les plus belles vues mais sur les passerelles servant à les relier. La vue d’ici est elle aussi très belle !

Nous ne nous attardons pas trop car c’est une véritable marée humaine qui s’abat sur nous ! Alors que nous arrivons au dernier point de vue « officiel », celui qui nous amène quasi dans la chute, c’est du délire ! Ca se bouscule dans tout les sens pour aller au plus proche de la chute. Avec la chaleur ambiante, ça devient vite du grand n’importe quoi et nous ne restons que le temps de faire une photo de ce mur aquatique que l’on peut quasi toucher.

Finalement, il est près de 12h15 quand nous avons terminé les deux boucles. Il nous aura donc fallu près de quatre heures pour réaliser la moitié du parcours. C’est donc le coeur un peu gros que nous décidons de rentrer à Puerto Iguazu pour manger mieux et moins cher qu’ici. Au moment ou nous arrivons devant le point de départ du bus, celui-ci arrive et nous embarque.

De retour en ville, nous nous rendons dans le centre, sous une chaleur écrasante, pour chercher une adresse donnée par notre indispensable guide du routard. Le Lemongrass tiendra toutes ces promesses: le sandwich pour moi et le poulet grillé pour mon épouse sont de très bonne qualité et les deux Quilmès (la bière locale) sont d’un grand réconfort pour nos corps éprouvés par la chaleur ! La note est relativement douce, moins de dix euros pour nous deux. Juste en face se trouve un glacier (Grido) que nous avions déjà repéré la veille. Vu la chaleur, cela ne peut être que bénéfique pour nous et effectivement, c’est délicieux ! C’est l’estomac bien rempli que nous décidons de rentrer à la pension pour se reposer un peu et laisser passer les heures chaudes.

Après une courte sieste, mon épouse saute dans la piscine pendant que moi je trie et je retravaille les photos de ce lieu enchanteur que nous avons découvert. Il est déjà temps de trouver un resto pour ce soir et c’est une autre adresse conseillée dans le guide ou nous nous rendons: Chez Angelo, à quelques dizaines de mètres du carrefour principal de cette petite ville. Les pizzas seront excellentes et nous essayerons une nouvelle bière pour ce repas: la Isenbeck, plus légère que la Quilmès mais qui reste quand même très bonne. Avant de rentrer à l’hôtel, nous repassons chez le glacier pour essayer de refaire descendre notre température corporelle. Même quand la nuit est tombée depuis quelques heures, la température est toujours au-dessus des trente degrés ! Demain, direction le Brésil donc, pour d’autres points de vue sur ce Paradis terrestre !

Vous pouvez retrouver ce récit ainsi que bien d’autres, agrémentés des photos, sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Jour 3: Les chutes d’Iguazu, acte deux

Le réveil fût brutal durant la nuit ! En effet, vers deux heures du matin, une pluie diluvienne et l’orage nous tombent dessus de manière très violente. Vu la chaleur qu’il faisait hier, ça devait arriver mais le bruit que ça provoque sur le toit en tôle juste au-dessus de notre tête est impressionnant ! Durant plus de deux heures, impossible de me rendormir pendant que mon épouse dort à poing fermé à côté de moi … Efficace ces bouchons d’oreilles !

Finalement, vers 6h, la pluie s’arrête complètement et le ciel se lave de ces gros nuages noirs. Tant mieux, il est bientôt l’heure de se préparer pour aller déjeuner. A 7h, nous sommes dans la salle commune de la pension pour prendre un repas identique à celui de la veille. Un peu léger mais bon, on fait avec ! Vers 7h45, nous reprenons le chemin du terminal de bus afin d’y prendre nos tickets pour une deuxième tournée de chutes d’Iguazu. La différence cette fois-ci, c’est que nous traversons la frontière pour nous rendre au Brésil voisin.

Pour le même prix que la veille (80 pesos dia y vuelta, aller et retour en espagnol), nous partons pour la frontière située à une dizaine de minutes du terminal. Notre chauffeur, très sympa, passe avec un gros sac de caramel pour tout les passagers. Arrivé au poste-frontière, côté argentin, il nous demande de préparer nos passeports et de le suivre. Il nous emmène dans un bureau, ou à la file indienne, nous passons devant des douaniers qui ont l’air de s’emm… au possible. Même pas un coup d’oeil à notre attention, un coup de tampon et nous voilà déjà prêt à repartir. En tout et pour tout, à peine cinq minutes se sont écoulées entre la descente et la remontée dans le bus. Nous reprenons la route mais nous arrêtons quelques centaines de mètres plus loin, cette fois pour les douaniers brésiliens. La, le chauffeur prend tous nos passeports et s’en va. Il revient quelques minutes plus tard, avec le cachet nécessaire pour passer au Brésil. Encore plus facile que précédemment !

Le trajet aura duré, dans son intégralité, une grosse demi-heure et nous débarquons face à l’entrée du parc. Nous avions prévu des reales, la monnaie brésilienne, achetés en Belgique avant le départ. Même si ils acceptent les dollars ou les pesos, le taux n’est pas très intéressant et ils rendent de toute façon la monnaie en real. Après nous être fait délesté de 104,5 reales (+/- 35 euros), nous nous rendons au départ du bus à deux étages qui doit nous emmener sur le site même. En effet, les chutes sont encore à treize kilomètres de l’entrée et il est inconcevable de perdre du temps à faire cette route sans intérêt à pied, quand bien même ça serait autorisé. La partie supérieure du bus est couverte mais ouverte sur les côtés. Avec tout ce qu’il est tombé, je prends toute une série de gouttes dans le visage, heureusement que j’ai mes lunettes de soleil qui me permette de garder les yeux ouverts durant le trajet.

Arrivé au terminus de la route, le chauffeur nous prie de descendre. En face de nous, un panneau nous indique la direction du premier point de vue mais nous l’ignorons volontairement pour partir sur notre gauche. Quelques dizaines de mètres plus loin, un panorama à couper le souffle nous tombe dessus !

Les chutes que l’on voit sont celles que nous avions longées par au-dessus et par en-dessous, hier en Argentine. D’ici, on a une superbe vue d’ensemble de cette partie des chutes, c’est vraiment magique ! Je suis obligé d’arracher mon épouse à ses rêveries pour entamer la descente qui doit nous emmener jusqu’à la Garganta del Diablo, la partie la plus haute des chutes que nous n’avions pas pu rejoindre la veille à cause des crues (voir le jour précédent). D’ici, non seulement on va les voir mais on va aussi les sentir …

En attendant, dans la descente, nous croisons à nouveau ces merveilleuses boules de poils aux dents acérées. Celui-ci doit avoir faim car il est en train de retourner toute la terre autour de lui à la recherche d’on ne sait trop quoi !

On continue à descendre le chemin jusqu’à arriver à un nouveau point de vue qui nous met face à une autre partie des chutes que nous n’avions même pas vraiment aperçue la veille. Le décor est comme toujours incroyable !

Et puis, l’idée me vient d’essayer de faire un panorama à partir d’une série de photos prises en S depuis mon point d’observation. Pas toujours évident à faire, surtout avec des personnes pressées elles-aussi de prendre leur cliché. Le résultat m’a pourtant agréablement surpris et permet d’avoir une vue d’ensemble de ces chutes somptueuses ! A gauche, c’est la Garganta del Diablo ou nous nous rendons et la partie à droite, c’est le côté argentin.

Après une dernière descente, nous finissons par arriver à notre but, le cœur même de ce lieu. L’eau se déversant par milliers, voire par millions de litres, tombant de près de 90 mètres de haut créée une brume qui nous trempera comme des soupes, sitôt mis un pied sur la passerelle qui mène au centre. Quelques vendeurs sont la pour essayer de refourguer leurs sacs poubelles transparent mais ce n’est jamais que de l’eau !

Je range soigneusement l’appareil photo et me contente de notre nouveau joujou, une gopro achetée pour notre dernier voyage en Guyane. Complètement hermétique, ça me permettra de garder des souvenirs de ce moment incroyable. Le bruit est assourdissant et finalement, assez peu de monde avance jusqu’au bout de la plate-forme, et pourtant quel spectacle ! Aucune chance de survivre si on tombe la-dedans, la puissance qui se dégage de ce lieu est incroyable ! On est moins mouillé que ce que ça laissait présager (moins qu’au Niagara par exemple) mais on n’attend pas non plus d’être percé jusqu’à l’os. On fait donc sagement demi-tour après avoir filmé ce que l’on voulait.

De retour sur la terre ferme, une fine pluie commence à tomber. Nos vêtements sont déjà humides donc on ne s’inquiète pas trop et on commence à gravir les rampes du petit complexe commercial posé juste la. Deux terrasses permettent d’admirer les lieux, à l’abri de la brume mais la vue est quand même moins impressionnante que sur la passerelle.

Un ascenseur permet de remonter plus vite au sommet mais outre la file qui s’y presse, j’ai toujours préféré marcher. En plus, ça nous permettra de nous sécher un peu si cette fine pluie arrête de tomber. La montée se fait facilement et nous rejoignons juste à temps la sortie couverte de l’ascenseur avant qu’une nouvelle averse nous tombe dessus.

Nous patienterons près d’une demi-heure, en compagnie d’un nombre impressionnant de personnes cherchant à se mettre à l’abri. Malheureusement, elle n’a pas l’air de vouloir se calmer cette pluie et il faut prendre une décision. De ce côté-ci, nous avons fait presque tout ce qu’il y a à faire sauf le point de vue ignoré à notre arrivée. D’après le plan, il ne doit pas offrir grand chose de plus par rapport à ce que l’on a déjà vu, on peut donc faire l’impasse sans problème. Par contre, nous avions aussi envie d’aller faire un autre parc, consacré aux oiseaux et situé juste à l’entrée de ce parc-ci. Ca devait être la suite du programme mais au vu des conditions climatiques, ça ne va pas le faire … Finalement, nous prenons la décision de retourner à l’entrée du parc. Si d’ici la, ça se calme, nous irons voir les oiseaux et si ce n’est pas le cas, on arrivera à temps pour reprendre le bus pour l’Argentine.

A notre grand regret, la pluie ne se calme pas et redouble même d’intensité. C’est décidé, on lève le camp, tant pis pour l’autre parc ! En attendant le bus, nous faisons la connsaissance d’un couple de personnes agées qui voyagent ensemble depuis 40 ans ! Super sympa, on devrait les recroiser demain à l’aéroport ou ils devraient prendre le même vol que le notre.

Le bus arrive avec son quart d’heure de retard habituel. On se fait tous engueuler par le chauffeur car nous sommes montés comme des brutes sans laisser aux gens le temps de descendre. Les formalités douanières prennent un peu plus de temps côté brésilien pour on ne sait trop quelle raison mais côté argentin, c’est toujours aussi cool. Finalement, le plus dur dans tout ça, c’est un chauffeur mettant la soufflerie à fond sur froid alors que nous sommes trempés comme des soupes ! Vengeance de sa part pour être montés comme des sauvages ?

Au bout d’une heure de trajet, nous finissons donc par arriver au terminal. Nous allons nous renseigner auprès des compagnies pour voir si un bus, moins cher qu’un taxi, va a l’aéroport. Une seule le fait pour 90 pesos par personne, comparé aux 220 que nous avions payé à l’aller, ça ne fait pas une grande différence en terme de prix et c’est beaucoup plus compliqué ! Nous laissons tomber et on décide d’aller se chercher un gros sandwich réconfortant. En effet, il est déjà passé 13h30 et le petit-déjeuner est oublié depuis bien longtemps !

Le reste de l’après-midi sera consacré aux photos, à ce récit et aux bagages à repréparer pour attaquer la deuxième étape de ce voyage: Salta dans la Cordillère des Andes et ses environs !

Vous pouvez retrouver ce récit agrémenté de nos photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Réveil habituel avant le soleil pour moi, j’en profite pour surfer sur le net sans but précis. Lorsque le jour commence à se lever, je sors de ma chambre pour voir que le ciel est complêtement lavé de ses gros nuages porteurs de pluie d’hier. Dommage pour nous, tant mieux pour ceux qui arrive !

Le remis (taxi dont on négocie le prix avant la course, ici 180 pesos, même prix que le bus) que nous avons réservé arrive à 8h ce qui nous laisse bien le temps de clôturer nos sacs lorsque nous avons fini de déjeuner. Petite variante d’ailleurs aujourd’hui: nous avons eu droit à du Dulche de Leche pour agrémenter nos tartines grillées ! A 8h, il est effectivement bien là. Nous disons au revoir à Carolina et sa fille en les remerciant pour tout ce qu’elles ont faits pour nous et nous embarquons, direction l’aéroport.

Petite précision: la veille nous avions rencontré un couple de français qui nous font remarquer que le vol que nous devons prendre a surement été modifié car c’était celui-là qu’il devait prendre. Après vérification sur le site de l’Aerolinas, il s’est avéré que tout nos vols interne avait été avancé d’une quinzaine de minutes en moyenne (pas trop grave, on doit quand même être à l’avance) mais que notre vol Ushuaia – Buenos Aires de fin de voyage a lui été avancé de 1h50 !!! Bien vérifier à chaque fois par sécurité !

Arrivé à destination sans encombre dans le minuscule aéroport de Puerto Iguazu, pas grand monde. L’avion décolle dans un peu moins de deux heures et personne de la compagnie derrière son comptoir et un monsieur qui attend dans la file d’attente. Bon, on va attendre derrière lui, en espérant qu’il n’y a pas de souci. Notre vol est annoncé partant à l’heure pourtant mais bon. Dix minutes plus tard, des membres de l’Aerolinas arrivent tranquillement et s’installent. Derrière nous, une foule de partants s’est agglutinée et c’est parti pour l’enregistrement. Fait amusant, les balances utilisées pour les bagages sont de simples pèse-personnes. Un employé de tenir les bagages dans un semi-équilibre dessus pour avoir une idée de ce qu’ils pèsent. Rien de spécial, l’attente peut commencer. C’est arrivé l’heure théorique de l’embarquement que nous pouvons passé les contrôles de sécurité (extremement souple en ce qui concerne les sacs, plus poussé sur les personnes car nous avons quasi tous droit à une fouille corporelle). Sur la piste, seul un gros avion militaire à hélice est présent. Pas de trace du notre, ça promet encore un fameux bazar !

Nous retrouvons le chouette couple rencontré la veille au Brésil et nous nous remettons de suite à discuter voyage. Ca permet de faire passer l’attente beaucoup plus agréablement et finalement, nous embarquons. Ca se fait assez vite et nous n’avons qu’une dizaine de minutes de retard sur l’horaire prévu. Direction Buenos Aires, trajet qui sera accompli sans histoire en 1h45.

En conclusion: les chutes d’Iguazu sont à voir, le site est réellement magnifique. Côté argentin, on approche les chutes par en haut et par en bas pour de magnifiques photos. Côté brésilien, on a une meilleure vue d’ensemble du site mais c’est aussi le seul moyen actuellement d’approcher la Garganta del Diablo que l’on voit d’assez loin côté argentin, la faute à ses passerelles détruites cet hiver. Les deux visites se complètent donc admirablement bien et sont à mon sens aussi nécessaire l’une que l’autre.

L’attente à Buenos Aires se fera en compagnie de P. et P., ce couple qui voyage depuis 40 ans ensemble et qui se sont même rencontrés en voyage. Le contact passe tellement bien que nous leur proposons de nous retrouver ce soir pour manger ensemble avant de nous séparer définitivement (quoique, on ne sait jamais !). La proposition les emballe et nous nous fixons rendez-vous sur la plaza 9 de Julio qui se trouve non loin de nos deux hôtels. Ils nous proposent aussi de partager un remis pour nous rendre en ville mais nous avons déjà réservé une voiture. Leur hôtel n’étant pas loin du nôtre, nous proposons de les y emmener.

Arrivé à Salta après deux bonnes heures de vol sans encombre, nous cherchons le bureau d’Europcar. N’en voyant pas, je rentre dans celui qui a les couleurs les plus ressemblantes pour me renseigner (les compagnies changent parfois leurs noms en fonction du pays) et ils me disent qu’il n’y a pas de bureau ici, qu’ils ne sont qu’en ville. Ah ! Sur notre voucher, c’est indiqué en toute lettre que si pourtant. C’est la que les membres de l’office du tourisme vont nous aider en téléphonant directement la bas. La personne devrait arriver dans une demi-heure. Dans cette histoire, les torts seront partagés: en effet, pas de bureau mais nos vols ont été modifiés. Notre vol direct à la base devait nous faire arriver à 14h mais il n’existe plus. Il avait donc été remplacé par un indirect qui se posait à 17h. Etant donné que j’ignorais que la personne se déplaçait depuis le centre-ville jusqu’ici, je n’avais rien modifié à ma réservation. Un partout, balle au centre (on est en Argentine et j’aime le foot, j’avais droit à celle-ci !).

Finalement, après une heure d’attente et un second coup de fil, arrive non pas une Golf comme prévu mais une Chevrolet Classic, au coffre plus grand et à la garde au sol plus élevée. Pour ce qui est prévu, ce n’est pas plus mal, je ne rouspète donc pas. Le chauffeur remplit les papiers avec moi, m’indique que les frais liés au fait que je ramène la voiture hors horaires il aimerait les avoir en liquide (j’attends la réponse d’Autoescape car cette pratique me paraît étrange …) et nous faisons le check-in de contrôle. Des griffes un peu partout que je fais noter consciencieusement et ce, même si le chauffeur m’assure que je ne dois pas m’inquiéter pour le check-out. On m’a eu une fois, pas deux ! (voir USA 2013)

Je sors le GPS avec la carte Argentine que j’ai installée dedans et nous voilà partis tout les quatre vers le centre de Salta. La voiture se conduit facilement et la circulation est assez fluide. Mais arrivé dans le centre, ça devient vite le chaos. On se retrouve dans une rue somme toute assez étroite avec les bus d’un côté et les voiture de l’autre. De temps en temps, une troisième bande se forme pour on ne sait trop quelle raison et on avance par à-coup, la faute à des feux à chaque carrefour (ceux-ci espacé d’à peine cinquante mètres). Finalement, après une petite demi-heure, nous déposons le couple qui nous accompagne devant leur hôtel et nous prenons la direction de l’AJ que nous avions réservée. Arrivé après une nouvelle demi-heure (sur un plan, nous devions à vol d’oiseau être à 300 mètres l’un de l’autre) dans la rue, impossible de trouver l’auberge. Je me décide à me garer la, voit un policier pour lui demander si il n’y a pas de problème (Non me répond il mais pas trop longtemps) et nous partons à pied. En allant moins vite, c’est plus facile de trouver les choses et nous finissons par dénicher la petite porte ou une minuscule plaque indique le nom de l’établissement. Nous allons commencer le check-in avec le garçon présent à la réception que je lui demande si il n’y a pas de souci à se garer dans la rue. Sa tête change et il me dit de me dépêcher de bouger ma voiture avant qu’on ne me l’enlève. Des parkings payant sont disponibles tout autour du bloc.

Nous revoilà partis ! Le premier est complet, le deuxième non. J’essaye de me faire comprendre en espagnol mais le gars devant moi me pose toute une série de questions dont le sens m’échappe. Finalement, il se décide à me les poser en anglais ! Ca sera plus simple et pour 80 pesos la nuit, la voiture sera à l’abri. Vu le prix de la chambre, ça reste de l’ordre du raisonnable ! Seule la contrainte de l’heure d’ouverture (8h du matin) me pose souci vu le planning prévu mais je n’ai pas trop le choix. Nous déchargeons nos sacs et prenons la direction de l’AJ. Problème, je ne sais plus ou on est ! On va dans un sens puis dans l’autre, impossible de me retrouver. Finalement, après une demi-heure à trainer nos affaires, je retombe sur la bonne rue. Ouf, nous y sommes !

On se change rapidement avant de partir pour le point de rendez-vous car l’heure approche à grand pas. Enormément de monde dans les rues, on ne s’attendait pas à cela. Nous débouchons assez vite sur cette plaza 9 de Julio, la place principale de la ville. Une véritable beauté ! Au centre, un parc bien entretenu avec de belles fontaines et des bancs tous occupés par des couples ou des groupes d’amis. Mais c’est sur le périmètre de la place que je préfère m’attarder pour une fois. Les bâtiments de style coloniaux sont magnifiques et que dire de cette église (cathédrale ?) somptueuse. J’aime beaucoup ce style que je découvre réellement pour la première fois. Mon épouse est elle aussi sous le charme de cette belle architecture.

Nous retrouvons comme convenu P. et P. à l’heure dite et nous partons pour un restaurant à une quinzaine de mètres de la place que nous avions déjà été repérés. Les tarifs sont beaucoup plus raisonnable qu’à Iguazu, ça fera du bien au budget ! La soirée et la parrillada (assortiment de viandes grillées au feu de bois) que nous dégusterons seront excellentes. Pour nous remercier du taxi, le couple nous offre le vin (un Malbec de Cafayate, LA ville du vin, ou nous nous rendons dans quelques jours) qui se révélera excellent. Il est passé 23h quand nous nous quittons bons amis ! Les rues se sont bien vidées même si pas mal de monde (comparé à chez nous en pleine semaine) se trouvent encore la. Il est finalement passé minuit quand nous nous endormons enfin !

Comme d’habitude, vous pouvez retrouver ce récit et bien d’autres agrémentés de mes photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Après un petit déjeuner très sommaire, il est 8h quand nous sommes devant les grilles du parking. Un homme arrive pile à l’heure pour ouvrir, chose assez étonnante dans ces contrées. On est plutôt habitué au quart d’heure de retard et nous sommes donc tout content de retrouver notre voiture, bien à l’abri. Nous chargeons les sacs et nous mettons le GPS en route, direction Purmamarca, petit village andin se trouvant à un peu plus de trois heures de route.

Trois heures de route, c’est parce que au lieu d’utiliser la route rapide et qui nous ferait gagner une heure, nous préférons utiliser l’itinéraire bis par la ruta 9. Après avoir refait le plein en vitesse (13 pesos du litre, un tout petit plus d’un euro au taux officiel), nous voilà parti sur une jolie petite route qui serpente le long d’une colline. Petite c’est le mot car à certains moments, la route se rétrécit à ne plus faire qu’une seule bande pour les deux sens de la circulation. Néanmoins, la circulation y est tellement faible que ça ne pose aucun souci. La végétation autour de nous est toujours luxuriante pour l’instant.

Impossible d’avancer plus de cent mètres sans avoir envie de s’arrêter, encore et encore. Ici, un lac paisible au pied d’une colline ou paisse des vaches en semi-liberté. C’est vraiment magnifique et nous sommes seuls pour en profiter.

Au détour d’un virage, nous sommes quand même complètement surpris: un contrôle de la police, ici au milieu de rien. On nous fait signe de ralentir mais lorsqu’ils voient que nous sommes des touristes (difficile de le cacher dans ces régions), ils nous font signe de passer. Cette scène se répétera pas moins de cinq fois avant notre arrivée à destination. Des contrôles probablement du au fait que ce sont des petites routes discrètes et la proximité des frontières chiliennes et boliviennes.

Petit à petit, les paysages changent, deviennent de plus en plus minéral et la végétation commence à s’éclaircir. Nous prenons tout doucement de l’altitude lorsque nous pénétrons dans l’antichambre de la Quebrada de Humahuaca. Les routes sont ici bien plus larges mais tournent assez fort obligeant constamment à rétrograder d’une vitesse pour se relancer.

Un mot sur la conduite argentine: les limitations de vitesse sont un concept et on se retrouve bien souvent à rouler à du 110km/h dans des zones 60. Je ne cautionne pas cela mais le moins dangereux est finalement de les imiter. Tout le monde double le plus lent et donne des coups de frein brusque si quelque chose arrive en face. En regardant bien, on limite les risques et puis, soyons honnête, c’est agréable par moment de pouvoir se lâcher !

Soit, après un dernier contrôle (le cinquième donc), nous bifurquons en direction du petit village de Purmamarca. Le chemin monte encore et nous voyons apparaître devant nous une petite montagne colorée d’orange, de bordeaux et de quelques autres teintes contrastant fortement avec le décor environnant. Ca nous rappelle étrangement certains lieux de la Death Valley aux USA !

Moins de mille habitants mais assez touristique car il faut bien l’avouer, c’est très mignon. Les maisons sont basses, un seul étage, et toute orange.

Les chemins sont bien défoncés mais on y prête pas garde car le plus simple est de se garer juste en dehors et d’y aller à pied. La première rue ne compte que des commerces vendant tous plus ou moins les mêmes produits: des ponchos, des sacs, des housses de guitare, le tout remplis de couleurs joyeuses. Arrivé sur la place ombragée, c’est le même topo: un marché tenu par des andins vendant eux aussi les mêmes choses ainsi que des sculptures en bois représentant des lamas. Pas vraiment d’intérêt à nos yeux si ce n’est l’ambiance assez calme, due probablement à la chaleur assez forte et au soleil bien présent dans un ciel merveilleusement bleu.

Si nous nous arrêtons ici, c’est principalement pour trouver à manger et c’est aidé de notre guide du routard que nous nous mettons en quête d’un petit resto. Celui sur lequel nous avions jeté notre dévolu est introuvable et c’est finalement dans une petite rue partant de la place (quand on est face à l’entrée de l’église, c’est celle qui débute à main droite) que nous trouvons notre bonheur. Une petite cuisine tenue par toute une famille ou il fait frais. Les prix défient toute concurrence et nous sommes heureux de voir que nous allons enfin pouvoir manger sans ruiner notre budget journalier. La vieille dame nous accueille avec le sourire et nous passons commande: pour moi, six empanadas (des chaussons fourrés et frit) au fromage et à la viande de boeuf et pour mon épouse, une milanesa (morceau de viande frit) et surtout des légumes ! Pour faire passer le tout et comme nous avons encore pas mal de route après, nous restons sage et commandons juste du coca. Au final et après un gros quart d’heure d’attente, nous n’aurons jamais aussi bien mangé que depuis que nous sommes arrivés, le tout pour 100 pesos ! Les empanadas étaient réellement excellents, fait maison et bien garnis. Bien meilleur que ceux que nous avions déjà gouté à Puerto Iguazu !

Il est donc 12h30 quand nous sortons de la, repu. Nous rejoignons notre voiture et nous nous remettons en route car notre prochaine étape se situe à une heure de route du village: la Salinas Grandes ! La route grimpe, grimpe dans des lacets de plus en plus serrés au milieu d’un décor incroyablement beau.

Au bout d’une bonne demi-heure de ce régime la, nous finissons par franchir le col qui affiche une altitude de 4170 mètres ! Autant dire que nous n’étions jamais monté aussi haut et les effets de l’altitude se font vite sentir: le souffle est nettement plus court qu’auparavant et ce, sans même fournir d’effort ! Deux andines sont au pied de la stèle pour tenter de vendre quelques bibelots aux touristes de passage.

Forcément, qui dit col franchi, dit descente juste après. Néanmoins, ça ne descend pas si fort que ça et nous voyons apparaître au loin, une tache blanche qui se découpe de manière très visible au milieu de cet univers de pierres rouges.

Nous y sommes presque ! Au final, depuis le village, il nous aura fallu presqu’une heure avant d’atteindre ce plateau d’altitude ou se reflète ce sel admirablement blanc. Les lunettes de soleil ne sont même pas une option pour pouvoir marcher sur ce site incroyable ou les quelques touristes présents jouent à faire les photos les plus originales possibles. Il y a aussi ces cicatrices bleues turquoises au milieu de cette immensité qui sont le résultat de l’enlèvement d’une couche de sel laissant apparaître cette eau à la couleur irréelle.

Pendant près d’une heure, nous jouons nous aussi à nous rendre petit ou grand en utilisant la perspective. Il faut noter néanmoins que le soleil tape fort, que la nature du sol reflète et que le sel, ben ça donne soif. Nous décidons donc de plier bagages et d’aller acheter deux petites bouteilles d’eau bien fraiche au vendeur se trouvant sur les lieux.

Nous aurions pu faire comme tout le monde et rebrousser chemin pour revenir dans des contrées plus hospitalières mais non ! Nous dormons ce soir à Humahuaca, village ayant donné son nom à la Quebrada (ou est-ce l’inverse ?), et qui est le plus gros de la région avec ces 8000 habitants. Par la route directe, ça représente 2h30 de conduite en montagne pour monter, descendre et ensuite remonter. On choisit plutôt de suivre un paragraphe indiqué dans notre guide et qui nous fera passer par la Ruta 11 et les hauts-plateaux de la Puna. Il est 14h30 quand nous quittons donc cette Salinas (la plus grande d’Argentine !) et que nous nous engageons sur une piste à première vue pas trop défoncée.

En réalité, le guide du routard affirme qu’on peut le faire en voiture de tourisme. Ce n’est pas faux car finalement nous y sommes arrivés mais je tiens à préciser que la piste est quand même dans un sale état avec des passages fortement ensablés. Je commence à avoir une petite expérience de ces conditions de conduite mais pour pouvoir boucler les 150 kilomètres de pistes jusque Abra Pampa en 3h30, j’ai vraiment du mettre les gazs, des fois à la limite du raisonnable ! Heureusement que la voiture répondait bien car sinon, c’était la sortie de route assurée à certains moments et ici, on ne peut pas compter sur qui que ce soi. Sur cette portion, nous aurons en tout et pour tout croiser une moto et trois « villages » espacés chacun de minimum trente kilomètres ! A bon entendeur !

En attendant, avec le recul, nous sommes très content d’avoir réalisé ce détour car la sensation d’être retourné au début du monde sans rien pour gâcher le paysage, aussi loin que l’on regarde, est juste merveilleuse !

De temps à autre, on croise des minuscules maisons, seules au milieu de rien. On ne voit personne si ce n’est des petits troupeaux de lamas en train de profiter du peu d’ombre que procure la « maison ».

Nous roulons depuis plus d’une heure quand nous croisons le seul vrai village de tout ces hauts-plateaux. Quand je dis village, je ne sais même pas si il a un nom, mais en tout cas plusieurs maisons sont construites le long de la « rue » principale. Lorsque nous nous arrêtons pour photographier ce lieu à la limite de l’insolite, une porte s’ouvre et une petite dame et son enfant sortent pour voir qui est la. Ce n’est pas tout les jours qu’ils doivent avoir de la visite ! Mais avant d’avoir même pu leur dire bonjour, ils se jettent en arrière pour échapper à l’appareil photo. Voilà le seul contact que nous aurons avec les habitants de ces lieux magiques.

Lorsque nous finissons par arriver à la moitié du chemin et au village de Casabindo, une rivière se dresse devant nous. Heureusement, avec la sécheresse, nous pouvons aisément la franchir mais pas sur que si il avait plu, nous aurions réussi. Ca voulait dire marche arrière et près de deux heures de pistes à refaire ! Avis aux amateurs ! A partir de la, la piste se fait un peu meilleur (pas beaucoup, n’exagérons rien !) et me permet de rouler un peu plus vite. Dans certaines lignes droite, je monte même à 80 km/h en devant tenir le volant fermement des deux mains pour éviter le tête à queue. Je n’aurais pas fait cela si je ne voyais pas l’heure défiler à grande vitesse et que le fait de conduire de nuit ici aurait été encore plus inconscient. Au détour d’un virage, nous croisons à nouveau un troupeau de lamas, en totale liberté ! Un des nombreux pièges sur lesquels on peut tomber ici !

Il est passé 18h quand nous arrivons enfin à Abra Pampa, épuisé mais content d’en être sorti sans souci pour nous et pour la voiture. Nous sommes complètement assoiffé et l’eau dans la voiture est bouillante. Je m’arrête dans le premier petit commerce annonçant « bebidas » pour acheter une grande bouteille de coca. Avec la fatigue, le besoin de sucre se fait clairement ressentir et nous buvons à grandes gorgées !

Il nous reste encore une heure de route avant d’arriver à Humahuaca ou nous attend la petite auberge de jeunesse ou nous avons réservé. Ici, c’est asphalté et je peux enfin réellement accélérer convenablement. Les paysages sont sublimes et nous nous arrêtons quand même quelques fois pour photographier les merveilles qui nous entourent !

Après un sixième contrôle de police, nous arrivons enfin dans la petite ville typiquement andine. Notre AJ est complètement à l’écart, dans un endroit très calme. Je n’ai pas l’habitude de faire de la pub mais celle-ci vaut clairement le coup: la Posada El Sol et ses belles petites chambres double à 260 pesos. En prime, un accueil terriblement gentil par les deux propriétaires !

Après une bonne douche pour enlever les kilos de poussières qui nous collent à la peau, nous ressortons en « ville » afin de trouvr un endroit ou manger. Nous trouverons notre bonheur, non loin de la petite place quasi-vide (mais néanmoins très belle), avec un menu du jour à 65 pesos par personne. Après cela, nous rentrons dare-dare nous mettre à l’horizontale pour être en forme pour demain !

Au total, plus de dix heures de route pour 450 kilomètres ! Epuisant mais tellement unique !

Après une nuit très reposante, je me réveille bien décidé à rattraper le retard de mes articles que j’accumule. Ni une ni deux, je me rends à la salle commune pour avoir du signal car dans la chambre, c’est beaucoup trop léger, voire inexistant. Pas de bol, elle n’ouvre qu’à 8h donc dans une grosse heure. Je me résigne donc à m’installer sur une petite marche sous un ciel limpide mais à la température glaciale: 8°C au thermomètre !

Mon épouse me rejoint alors que je tente désespérément de télécharger les photos pour mon article. Il faut dire que jusqu’à présent, les connexions internet me font revenir près de dix ans en arrière, à l’époque des bons vieux modems reliés au téléphone ! Un peu avant 8h, la salle commune est ouverte et nous y entrons pour continuer notre téléchargement tout en déjeunant. C’est de loin, le meilleur petit déjeuner que nous avons fait jusqu’à présent: un très bon jus d’orange pressé, toutes sortes de petits pains, du dulche de leche, du beurre, … bref du bonheur !

Les soucis informatiques étant enfin réglé, il est temps de penser à se mettre en route. Avant le départ, j’avais repéré la photo de fond d’écran de nos hôtes: le site d’Hornocal que nous partons découvrir maintenant. Pas facile d’avoir des infos fiables étant donné qu’aucun guide n’en parle et que je devais me fier aux rares indications trouvées sur le net. A l’aide de l’ami Google Map, il me confirme la direction générale et l’embranchement ou il faut bifurquer. On va charger la voiture, on lui rend la clé et on se dit au revoir en le remerciant pour la qualité de l’accueil et de l’hébergement. Ca a l’air de lui faire plaisir et c’est mérité !

Avant le pont qui enjambe une rivière à sec et qui nous ramènerait vers Humahuaca, nous prenons une piste sur la droite que nous suivons pendant plus d’une demi-heure. L’impression d’être seuls au monde nous reprend une fois de plus. Rien à 360°, c’est une sensation tellement vertigineuse ! J’installerais bien notre maison ici, moi !

La piste est quand même dans un sale état par endroit, de gros cailloux parsèment le chemin et des micro-vagues dans le gravier font rebondir la voiture dans tout les sens. C’est roulant mais il faut malgré tout être prudent. Au loin, j’aperçois une moto à l’arrêt. Probablement quelqu’un qui revient du site ou qui habite dans un des petits villages perdues au milieu de nulle part, je me décide à lui demander si nous sommes bien sur la bonne route. Avant que je n’arrive jusqu’à lui, il se remet en route et va nous croiser. Je lui fais donc signe de s’arrêter mais il m’ignore superbement. Probablement un autochtone pas spécialement intéressé d’aider deux touristes ? On continue donc notre route jusqu’à arriver finalement au croisement recherché. Un panneau indique le nom des quelques villages environnant. Pour nous, ça sera à droite, direction Ocumaso !

A partir de la, les choses s’empirent. La piste, déjà pas terrible auparavant, est encore plus défoncée ici ! Je dois faire des slaloms entre les petits rochers plantés au milieu de la piste fort étroite. L’état de la piste en elle-même s’est encore plus détériorée mais nous continuons, vaille que vaille. Au loin, les premiers signes que nous approchons se font voir: des pans entiers de la montagne se colore en rouge. Nous décidons de nous arrêter au niveau d’un panneau indiquant que Ocumaso n’est plus qu’à trois kilomètres, juste avant une pente à l’aspect peu engageant.

A partir de la, on se pose la question de continuer. Hornocal n’est pas vraiment en vue, la piste devient de plus en plus mauvaise et nous ne voulons pas risquer bêtement la voiture. C’est rageant d’être venu jusqu’ici et nous ne savons pas quelle décision prendre. On décide après maintes changements d’avis de continuer encore un peu pour pouvoir se décider définitivement. Je m’engage donc dans la descente, le pied sur le frein pour éviter de prendre trop de vitesse dans cet enfer de piste. Une première épingle à cheveux très serrée et complètement ensablé passé, je pense déjà au retour et à la difficulté de ce passage. Une deuxième puis une piste qui ne fait que se détériorer nous oblige à lever le pouce. Nous n’irons pas plus loin, ne sachant pas combien de temps il nous faudra pour atteindre notre but et dans quel état est la piste devant nous. Je m’engage donc dans un demi-tour serré avant de remonter doucement vers des routes plus facile. Nous sommes terriblement déçu d’avoir du faire demi-tour mais on vieillit et il faut se rendre à l’évidence: avec une voiture de tourisme, ça craint !

Nous aurons donc roulé plus d’une heure aller et retour avant de rejoindre Humahuaca, notre point de départ. Déjà, l’idée de revenir lors de notre gros projet, dans un an, nous titille. Si on s’y décide, ça sera avec un bon gros 4×4 pour passer partout sans s’inquiéter ! Avant de nous diriger vers notre prochaine étape, nous refaisons le plein au même prix qu’à Salta. Pour je ne sais quelle raison, je m’attendais à payer plus cher dans ces coins reculés mais non.

Nous nous rendons donc dans le village de Tilcara, plus loin sur la route qui nous ramènera ensuite à Salta. Le GPS indique une heure de trajet que l’on bouclera en ce temps la, arrêts photos inclus. Car en effet, nous sommes en plein dans la Quebrada de Humahuaca, avec ses paysages somptueux !

La route est ici très facile, bien bitumée sans aucune ornière. Le ciel est uniformément bleu et le soleil commence à taper sérieusement. Le thermomètre grimpe allègrement à 30°C alors que nous arrivons enfin à Tilcara, 4500 habitants qui est connu notamment pour sa forteresse de l’époque pré-colombienne: la Pucara de Tilcara. Le GPS nous indique le chemin que j’avais préparé, en nous faisant traverser le village dans toute sa longueur, sur des pavés bien défoncés. Après un petit pont à l’aspect … fragile (des planches pour les traverses et quatre planches parallèles pour poser les roues), nous finissons par arriver à l’entrée du site. Je refuse la proposition d’un gamin de me garder la voiture, qui pour le coup ne doit pas risquer grand chose ici, et nous nous présentons au guichet. Verdict: 50 pesos par personne pour accéder au site. On est venu jusqu’ici, on ne va pas faire demi-tour, nous nous acquittons donc du prix demandé.

Directement après l’entrée, sur la gauche, un « jardin botanique » se présente à nous. En tout et pour tout, ce sont des cactus dans des parterres. Rien de bien spécial à voir, nous entamons donc la petite côte qui doit nous mener à la forteresse. Des lamas en cage sont juste là, à nous regarder avec leurs grands yeux étonnés. Après en avoir vu en totale liberté la veille, nous n’accordons qu’un rapide coup d’œil à ceux-ci.

Le site se divise en trois parties qui se suivent le long du chemin. Nous préférons donc faire l’entièreté du sentier et redescendre à notre aise, d’autant plus qu’il y a encore peu de monde à cette heure. Arrivé au sommet, ce ne sont pas les ruines qui retiennent notre attention mais la vue magnifique sur la montagne en face !

Après l’avoir mitraillé sous toutes ces coutures, nous décidons de nous attarder sur les habitations reconstituées admirablement. On peut rentrer dans chacune d’entre-elles et on est frappé par la fraîcheur qui règne à l’intérieur. Quelle différence avec l’extérieur ! Néanmoins, il n’y a rien d’autres à voir à l’intérieur, ce qui sera valable pour l’intégralité de celles dans lesquelles nous sommes rentrés. Au final, l’intérêt historique du site nous échappe un peu mais donne lieu à de chouettes photos, vu le cadre environnant. Des armées de cactus surveillent les lieux, gare à leurs épines longues de plusieurs centimètres !

Après une petite heure passée sur le site, nous revoilà à l’entrée. La voiture est toujours bien là donc pas de souci de ce côté là ! Nous avons tellement bien mangé hier à Purmamarca que nous décidons d’y retourner, le village ne se trouvant qu’à une vingtaine de minutes. Ce qui est dit est fait et il est un peu après midi quand nous repassons les portes de notre petite cuisine familiale. Empenadas pour nous deux avec une grande bouteille de bière bien glacée ! Toujours aussi bon !

Vers 13h15, nous nous décidons à prendre le chemin du retour vers Salta par la route directe. Nous avons quelques petites courses à faire et voulons avoir une soirée un peu plus tranquille. L’autoroute ne présente aucun intérêt si ce n’est de passer au milieu de belles collines verdoyantes. L’AJ ou nous avons dormi le premier soir est plus facile à trouver maintenant que nous savons à quoi elle ressemble et je dépose mon épouse avec les sacs pendant que je retourne me garer au parking de l’avant-veille.

Au menu du reste de l’après-midi: lessives, achat d’adaptateurs car ceux que nous avons ne fonctionne pas avec les nouvelles prises à trois broches et change d’argent. A cela, on peut ajouter les récits et les photos à traiter et nous avons une après-midi bien remplie.

Alors que la ville était quasi déserte à notre arrivée vers 15h, c’est tout autre chose vers 20h. On dirait que les 550 000 habitants de la ville sont de sortie dans notre rue et sur la place principale. Je ne suis pas vraiment agoraphobe mais autant de monde, ça m’épuise. Nous croiserons sur la place une manifestation à la gloire de Dieu avec tambours et trompettes.

Ce soir, ça sera repos à la chambre !

Ce récit et bien d’autres avec leurs photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Le programme de la journée était ambitieux: nous devions rejoindre la petite ville de Cachi, à plus ou moins 150 kilomètres au sud-ouest de Salta. Mais au lieu de prendre la route directe, nous avions envie d’utiliser la route longeant le tracé du train des nuages vers le nord-ouest jusque San Antonio de Los Cobres puis de repiquer au sud par la ruta 40 jusqu’à destination. Au total, +/- 200 kilomètres estimé en huit heures par l’ami Google Map.

Je dis « étais » parce qu’au vu de l’état des pistes dans ces contrées, nous nous demandons si il est bien raisonnable de tenter une aventure pareille en sachant que notre voiture est coincée jusque 8h dans le parking payant ou elle se trouve. Nous prenons finalement la décision d’utiliser l’itinéraire plus classique qui nous fait descendre au sud par la ruta 68 en direction de Cafayate puis de bifurquer vers l’ouest par la ruta 33 jusque Payogasto avant de reprendre la ruta 40 jusque Cachi. En tout, près de cinq heures de route pour Google, un peu moins de trois pour le gps. Quoiqu’il en soit, c’est déjà nettement plus raisonnable comme projet.

Il est donc 7h quand nous nous levons. Nous nous apprêtons à notre aise avant d’aller prendre un déjeuner sommaire dans la salle commune de l’AJ. Cinq minutes avant l’ouverture du parking, nous rendons la clé de notre chambre et je pars seul récupérer la voiture. Après la fête qu’ils ont fait hier, les Salteñas (habitant de Salta) ont la gueule de bois et il n’y a quasi personne dans les rues. Mon épouse m’attend donc devant l’AJ avec nos sacs et je pourrais facilement me garer pour charger nos affaires. Lorsque j’arrive au parking, à ma grande surprise il est déjà ouvert. Par contre, le señor au guichet termine sa nuit, le menton posé sur sa poitrine. Je suis, à mon grand regret, obligé de le réveiller pour lui présenter mon ticket. Je récupère donc la voiture et deux minutes plus tard, nous sommes fin prêt à filer d’ici.

La première chose est de sortir de la ville, ce qui se fait aisément, puis de descendre au sud. Les premiers kilomètres offrent un intérêt tout relatif car nous traversons des villages à l’aspect un peu misérable. Rien de sympa à se mettre sous l’objectif mais le vrai spectacle commence quand nous rejoignons la ruta 33.

Au sortir d’un de ces villages, nous bifurquons vers l’ouest et la campagne s’ouvre à nous avec en toile de fond, les premiers contreforts montagneux. Le calme des lieux est incroyable, à peine une voiture de temps en temps et déjà nous nous arrêtons régulièrement pour prendre en photos tout ce que nous voyons. Les champs sont dorés et les montagnes recouverte de végétation offrent un contraste sympa. Quelques paysans sont la à travailler mais ne nous jettent pas un regard.

Après tout cela, on pénètre dans une sorte de bois. La route se resserre un peu et nous sommes complètement entourés par les arbres. Au travers des feuillages, les montagnes se sont déjà bien rapprochées et la encore, nous mitraillons à tout va.

En continuant un peu, nous entrons tout doucement dans une quebrada (dont le nom m’échappe). Nous suivons en réalité le cours d’une rivière desséchée, à quelques dizaines de mètres de hauteur. Au fond, nous apercevons un homme sur son cheval, suivi d’un chien. Cela contribue à rendre les lieux encore plus enchanteurs. La route devient piste mais de très bonne qualité, rien à voir avec ce que nous avons déjà traversé.

Au bout de quelques centaines de mètres, nous retombons sur un bon asphalte mais nous continuons à avancer à un rythme de sénateur. Tout ce qui nous entoure nous semble déjà tellement beau que nous ne voulons rien rater. Les arrêts photos se multiplient tout au long de cette route splendide. Nous croisons bien quelques maisons dont une avec son enclos de lamas mais c’est tout. Le reste n’est que nature à perte de vue. Au loin, la roche devient rouge et nous rappelle de merveilleux souvenirs américains. Les montagnes deviennent de plus en plus haute et la route commence à grimper réellement.

A partir de la, nous retombons à nouveau sur une piste en pente ascendante mais de très bonne facture. C’est une partie de plaisir que de gravir les nombreux lacets, probablement parce qu’il n’a pas plu depuis quelques jours. A certains endroits, nous devons traverser ce qui devrait être des gués mais qui se résume à un mince filet d’eau de quelques centimètres de profondeur. Les paysages recommencent à changer: du vert, nous sommes passés au rouge et maintenant à une espèce de jaune, résultat de l’altitude sur la végétation.

Arrivé au sommet de la montagne que nous gravissions, la vue est incroyable ! En dessous de nous serpente toute la piste que nous venons de parcourir. C’est vraiment splendide, il fait magnifique même si peu de temps avant, nous craignions les quelques nuages accrochés au sommet. Le temps d’arriver ici, ils s’étaient dissipés et le soleil brille à nouveau de mille feux.

Sur ce point de vue s’est installée trois petites échoppes. A l’une de celle-ci, un homme au visage souriant vend des porte-clés en bois qu’il a créé lui-même. Chacun représente des symboles de la région qui ont, d’après lui, une signification: le cactus pour la persévérance, le condor pour la liberté et ainsi de suite. Il est tellement gentil que nous nous laissons finalement tenter. Nous ne sommes pas spécialement friands de souvenirs mais ceux-ci, nous les verrons tout le temps quand ils auront trouvé leur place sur notre trousseau. A coté se dresse un étal d’épices et de figues qui ne nous intéresse pas trop. Par contre, le dernier vend des saucissons de lamas et du fromage de chèvre. Le vendeur nous fait gouter chaque sorte et nous lui achetons finalement un saucisson. Ça servira pour l’apéro de ce soir !

Nous repartons finalement pour terminer de franchir le col. Un dernier point de vue, embelli par la présence d’une petite chapelle, nous permet quelques magnifiques dernières photos de cet endroit.

A partir de la, le décor change complètement ! Fini la piste, nous sommes maintenant à 3500 mètres d’altitude, dans ce que les argentins appellent la Valle Encantado, la vallée enchantée en français. Et c’est bien vrai qu’elle est enchantée cette vallée ! En réalité, ce sont plutôt des plaines de haute altitude à l’herbe disséminée par touffe. En toile de fond, de plus hauts sommets et plus près de nous, quelques vaches en train de brouter. Un ciel bleu presque uniforme parsemé ici et la par de tout petit nuages blancs. Nous ne faisons pas cent mètres sans nous arrêter pour prendre une photo de ces lieux … enchanteurs. C’est ici que je trouve l’image que je me faisais des Andes: rude mais splendide ! Le vent souffle fort et la température redescend jusque 13°C malgré le grand soleil !

Petit à petit, nous recommençons à descendre jusqu’à arriver à un point de vue indiqué par un panneau: l’observatoire des condors. Nous n’en verrons pas un seul mais ce que nous voyons d’ici est quand même magnifique. En face de nous se dresse la Cerro Tin Tin, magnifique montagne aux multiples couleurs et qui me fait immédiatement penser à ce que nous aurions du voir à Hornocal hier.

Entre la montagne et nous, une plaine parsemée de milliers de cactus hauts de plusieurs mètres et aux multiples branches. La route que nous suivons passe au milieu de ce joli tableau et porte un nom: la Recta Tin Tin. C’est ici que nous nous arrêterons pour manger le pique-nique emporté avec nous. Ca fait déjà 4h30 que nous sommes partis de Salta et nous ne sommes pas encore arrivé ! Finalement, Google prévoit peut-être les arrêts photos dans les lieux splendides ?

Plus loin, deux autres points d’intérêt permettent de s’approcher des cactus au plus près, grâce à de petits sentiers aménagés et quelques panneaux explicatifs. Nous ne prenons pas le temps de tous les lire mais les paysages alentours sont à couper le souffle. Nous continuons ensuite à descendre dans des hautes plaines encerclées de montagne. C’est dans ces lieux que se trouve notre ville-étape: Cachi. Nous pensons l’apercevoir au loin, au milieu d’une tâche plus verte de végétation.

Nous arrivons au petit village de Payogasto, qui aux premiers abords ne paye pas de mine, mais qui est en fait bien mignon avec ces maisons basses écrasées par le soleil et sa petite place ombragée. C’est ici que l’on récupère la ruta 40 qui du nord vient de San Antonio de Los Cobres. Finalement, aucun regret d’avoir changé notre planning tant ce que nous avons vu nous a coupé le souffle.

Un peu plus loin se trouve effectivement le village de Cachi. Dans le même esprit que Payogasto en un peu plus grand, nous trouvons après quelques recherches, notre superbe maison d’hôte ou nous profiterons de la terrasse en buvant une bonne bière bien méritée, le thermomètre affichant 27°C. Au final, nous aurons mis 6h30 depuis Salta, tant les arrêts photos sont nombreux !

En fin d’après-midi, nous descendrons tranquillement dans le centre du village boire un verre et manger un morceau sur la belle petite place protégée par de grands arbres !

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Lever tranquille ce matin, le petit déjeuner n’étant servi qu’à 8h. La nuit fût pas mal agitée car nous avons choisi le jour ou un orchestre de jazz vient donner une représentation dans ce gros village perdu dans les Andes. J’imagine que les distractions sont rares car les argentins ont fait la fête jusque passé 5h du matin. Notre hosteria se trouvait à 200 mètres de la place mais j’avais l’impression qu’ils étaient tous dans le jardin ! Le déjeuner est vite expédié (comme toujours jusqu’à présent, on ne peut pas dire qu’ils soient réellement exceptionnel mis à part à Humahuaca !) et nous chargeons la voiture.

La veille, alors que nous buvions notre verre sur la place de Cachi, nous avons fait la rencontre de trois jeunes français qui hésitaient à repartir directement sur Salta. Outre le fait que rouler de nuit par ici est assez dangereux, je ne pouvais les laisser rater les paysages fabuleux que nous avions vu durant la journée. La discussion était donc lancée sur ce qu’il y avait à voir dans les deux directions. Un de leur conseil nous a mis l’eau à la bouche (ou plutôt le vin …): aller visiter une bodega (un vignoble) dont ne parle pas notre Routard et qui s’avère être la plus haute du monde ! C’est sur le chemin et ça nous fera une halte probablement agréable. Nous verrons que nous ne nous sommes pas trompés !

Deux cents kilomètres de piste au programme pour cette journée et il est donc 8h15 quand nous démarrons. Le village est quasi vide, tous les habitants devant dormir après la fête qu’ils ont fait. Nous nous engageons donc sur une piste légèrement entretenue. Ça secoue pas mal à cause de ce phénomène de petites vagues incrustées dans le sol mais la piste ne présente pas de risques réels par ce temps sec. Les paysages sont beaux mais assez monotone: sur notre droite, une paroi rocheuse bouchant la vue et sur la gauche, une rivière à sec entourée de végétations.

Nous roulons comme cela pendant 50 kilomètres soit une bonne heure, nous arrêtant ici et la pour prendre une photo. A l’un de ces arrêts, une voiture nous dépasse à vive allure. Alors que nous avons redémarré, quelques centaines de mètres plus loin, la voiture est arrêtée. Verdict: un pneu éclaté ! En roulant à cette vitesse, ça devait arriver mais nous nous arrêtons quand même pour leur proposer notre aide. Le propriétaire est fou furieux et devant sa façon de nous répondre, nous lui disons adios et le laissons se débrouiller avec sa bombe de réparation. Non mais !

La bodega Colome que nous souhaitons visiter se trouve, d’après les explications que nous avons reçue non loin du petit village de Molinos. Peu avant celui-ci, nous devons traverser un pont qui nous inspire une confiance toute relative. Néanmoins, nous voyons un van chargé de quelques touristes passé sans encombre. Si c’est bon pour eux, ça devrait l’être pour nous !

Pour nous rendre à Molinos, nous devons quitter la ruta 40 et nous diriger sur un ou deux kilomètres vers l’ouest. Les panneaux indiquant la bodega sont bien visibles et nous n’avons aucun mal à les suivre. Malgré tout ça, arrivé à une intersection, nous devons demander à un señor quelle firection prendre car rien n’est affiché. Il nous envoie sur la gauche, sur une piste qui sort du village. Effectivement nous sommes sur le bon chemin, les pancartes réapparaissant. Un autre panneau nous apprend que nous avons 21 kilomètres à parcourir: 18 jusqu’au village même de Colome et trois de plus pour la bodega. La piste est dans un drôle d’état mais ça passe avec notre voiture sans trop de problème. Le décor change du tout au tout, nous voilà revenu à l’époque du Far West !

En chemin, nous croisons un vieux monsieur qui nous fait signe de nous arrêter. Il n’a rien de spécial à nous dire ou à demander, il voulait juste faire la causette. Il tient absolument à nous serrer la main et à savoir si on va à la bodega. Nous lui répondons par l’affirmative et après quelques paroles échangées nous reprenons chacun notre route. Si il est toujours en train de marcher à notre retour, nous nous promettons de l’emmener. C’est que le soleil tape dur par ici !

Au bout d’une grosse demi-heure, nous nous présentons enfin devant les grilles de la bodega. Pour arriver jusque-là, nous avons traversé les premiers champs de vigne. Ils se sont révélés sans crier gare, alors que nous roulions encore et toujours dans cette poussière rouge. Il est 10h35 et un panneau indique que c’est ouvert à partir de 10h30. On attend un peu, pensant au fameux quart d’heure de politesse puis nous nous rendons compte qu’il y a une sonnette. Nous ne sommes pas attendus – ce qui m’aurait étonné, étant donné que nous n’avions rien réservé – mais une dame nous répond quand même. Après lui avoir dit que nous souhaitions visiter la bodega, les grilles s’ouvrent. Nous avançons encore un peu et le bâtiment principal se révèle à nous, magnifique et planté au milieu des vignes.

L’accueil est fait par une petite dame souriante qui nous offre directement de l’eau bien fraîche pour nous remettre de la piste. Elle nous dit aussi qu’elle a prévenu le patron qui parle anglais et nous propose de nous asseoir sur leur magnifique terrasse. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous nous attablons et déjà on nous sert un vin blanc (produit ici, évidemment !) bien frais. Je ne suis en général pas fan du blanc mais après la poussière, celui-ci me semble vraiment bon !

Le patron arrive sur ces entrefaites et nous demande si nous souhaitons voir un film sur l’histoire de la bodega. Nous déclinons poliment mais lui demandons la carte des vins. Nous nous décidons pour deux sortes de rouge à des prix différents. La dame arrive avec deux grands verres et les bouteilles demandées et nous fait goûter chacun à notre tour. Le mien est bon mais très fort en tanin, celui de mon épouse plus léger. Néanmoins, au fur et à mesure que nous discutons, le vin s’aère et se révèle réellement délicieux ! C’est décidé, j’en ramènerai au moins une bouteille !

Il est 11h30 quand nous avons terminé nos boissons. Le propriétaire nous avait expliqué que si on le désirait, il faisait à manger ici. Molinos étant fort petit, on se dit que l’on va se faire plaisir et on demande à voir le menu. La spécialité du chef retient notre attention: pour 125 pesos par personne, il nous propose du boeuf rôti avec une réduction de malbec (le cépage principal de la région), des pommes de terre rôties elles aussi, un chutney et des légumes grillés. On va essayer cela et vingt bonnes minutes plus tard arrive une assiette fort appétissante ! Le mot est faible, tant la viande et sa sauce se révéleront succulentes !

Au final, nous repartirons avec quatre bouteilles d’excellents vins rouge, emballées deux par deux. A nous de ne pas les briser avant de les avoir ramenés en Belgique !

Il est donc 12h30 quand nous reprenons la piste. Le trajet jusque Molinos se fera un peu plus rapidement et nous ne recroiserons par notre vieux monsieur. Probablement une âme charitable l’a-t-elle pris en stop. Tant mieux pour lui !

L’après-midi sera consacrée à rejoindre Cafayate, ville connue pour son vin. Il nous reste encore 110 kilomètres à parcourir quand nous rejoignons la ruta 40. En chemin, nous croiserons la route d’un fennec (enfin j’imagine) qui se laisse photographier à distance respectueuse.

La piste est dans un bon état général même si elle reste sautillante. Pas mal de virages mais qui ne m’empêche pas de pousser un peu sur le champignon, jouant avec les légers décrochages de la voiture sur cette piste principalement sablonneuse. Les paysages se transforment à nouveau, les chemins de campagne se transformant en chemin au milieu d’un désert minéral.

Petit à petit, les rochers prennent des formes de plus en plus étranges. Nous entrons dans la quebrada de Las Flechas !

Les arrêts photos recommencent à se multiplier pendant quelques kilomètres car ce qui nous entoure est vraiment splendide ! Mais après un dernier village traversé, tout cela s’arrête subitement et le décor redevient plus « banal ». Nous rattrapons trois véhicules et nous nous suivons dans un gros nuage de poussière. Ce n’est pas forcément agréable mais je pense que nous sommes tous pressé d’arriver à destination car la piste met à rude épreuve aussi bien les véhicules que nos corps.

Trente kilomètres avant Cafayate, la piste s’arrête net et laisse place à un bitume bien lisse. On peut enfin accélérer et il est 16h30 quand nous arrivons enfin à destination dans la petite hosteria ou nous avons réservé. Je mentionne son nom – La Morada – car l’accueil par la propriétaire est vraiment sympa, elle parle un très bon anglais (ce qui facilite grandement les échanges pour nous), le prix est doux (250 pesos pour une chambre double avec ventilateur, télé, une vraie douche et une connexion internet digne de ce nom) et nous avons même droit à une assiette de fromage de la région délicieuse !

Demain, c’est notre dernière journée dans cette région appelée NOA (nord ouest des Andes) et déjà, nous sentons que nous allons revenir la visiter plus en profondeur !

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Avant toute chose, petit retour sur la soirée d’hier. Alors que nous nous baladions sur la place de Cafayate à la recherche d’un restaurant qui nous inspire et qui est ouvert (la plupart n’ouvre pas avant 20h), nous retombons complètement par hasard sur ce couple charmant de français avec qui nous avions déjà mangé à Salta. Nous sommes surpris car lorsque nous avions comparé nos plannings oralement, nous devions nous suivre sans jamais nous rattraper. Il faut croire que lors de notre premier repas, le vin avait fait son effet ! Quoiqu’il en soit, nous sommes à nouveau réunis et nous décidons de passer la soirée ensemble.

Nous nous rendons à l’établissement que nous avions repéré et qui n’ouvre que dans une demi-heure. Plusieurs personnes attendent elles-aussi devant ce restaurant car d’après ce qu’il se dit, c’est la meilleure adresse de ce gros village. Nous en profitons pour faire la connaissance d’un couple de jeunes retraités suisses, voyageant pour quelques mois en Amérique du Sud. La dame nous fait rêver avec les récits de lieux que nous découvrirons d’ici un an. Puis enfin, nous sommes invités à nous installer, ce que nous faisons tout les quatre.

La soirée sera franchement agréable, il fait bon (encore un petit 25°C, sur le coup de 23h) et la nourriture n’est pas mauvaise (encore que, mes pâtes « maison » ne sont pas exceptionnelles). La conversation ne s’interrompt que le temps de boire une gorgée de vin ou de bière et il est déjà tard quand nous décidons de nous séparer. Nous filons chercher une petite glace chez Grido (qui est en fait une chaine que nous avons retrouvée déjà à trois ou quatre reprises) tandis que nos nouveaux amis partent se reposer … dans la pension à côté de la nôtre !

Après une nuit reposante (vraiment reposante pour le coup !), nous prenons un rapide (comme toujours !) petit-déjeuner et nous prenons congé de nos hôtes. Ceux-ci sont vraiment des personnes comme on en fait peu: toujours souriante et positive, on a vraiment l’impression d’être chez soi ! C’est d’ailleurs la première chose qu’ils nous ont demandée !

Nous devons aller refaire le plein avant de quitter Cafayate car nous n’avions pas trouvé la pompe à essence à Cachi et l’aiguille se rapproche du rouge. Nous l’avions repérée la veille, ce qui facilite grandement les démarches. J’avais fait un rapide calcul car nous devons rendre la voiture le surlendemain avec la moitié du plein. Ceci étant fait, nous retournons en vitesse à la pension car j’ai oublié de prendre l’adresse du nouvel hôtel que nous avions réservé et il me faut une connexion internet pour pouvoir la trouver. Le propriétaire est tout surpris de nous revoir et nous avons droit à une nouvelle salve d’au revoir de sa part quand nous prenons enfin la route, direction Salta !

Bien entendu, nous n’allons pas nous contenter de rouler bêtement pendant deux cents kilomètres ! Tout d’abord, peu de temps après être sorti du village, le paysage se transforme: des vignes qui nous entouraient apparaissent des roches rouges, du sable, de l’immensité !

En effet, nous nous retrouvons aux Etats-Unis au milieu des cow-boys et des indiens. Sauf qu’ici, ce n’est pas carré comme là-bas, c’est plus … sauvage ! La route serpente aux milieux de ces rochers aux formes diverses et magnifiques et je recommence à m’arrêter tout les vingt mètres car je n’avais pas vu telle ou telle particularité !

Ce sont vraiment les paysages qui me plaisent le plus ! Ce qui nous étonne dans tout cela, c’est que nous n’avons pas encore atteint le clou du voyage, la quebrada de las conchas qui doit se dresser sur notre route. Notre guide nous dit que ça sera après le village d’Alemania, à une soixantaine de kilomètres.

Et puis, une vue magnifique s’offre à nous ! On doit grimper sur une butte pour voir en contre-bas, une rivière qui s’écoule paisiblement au milieu de ce décor de rêve. Trois croix en bois se dressent juste à côté et la … un doute commence à m’assaillir. Je reprend notre guide et me rend compte, à ma grande honte, que je l’avais compris à l’envers ! En effet, le descriptif des différents rochers donné par le routard se fait en partant de Salta vers Cafayate et non l’inverse, comme nous sommes en train de le faire ! Heureusement, en relisant tout, nous n’avons raté que deux rochers particuliers mais déjà distant d’une bonne dizaine de kilomètres. Les autres, nous les avons vu, je me souviens même avoir vu les panneaux les signalant ! Les deux plus importants se trouvant encore devant nous, nous décidons de ne pas faire demi-tour et d’avancer !

Après avoir profité de ce lieu magique quelques moments, nous repartons. Pas pour longtemps car l’Anfiteatro est annoncé lui aussi par un panneau. Par contre, la courte piste y conduisant se trouve juste derrière un rocher dans un virage et je manque presque de le louper. Nous nous garons et nous sommes pour ainsi dire seul. Deux ou trois vendeurs exposent des objets à l’entrée de ce court défilé. Nous les ignorons pour l’instant et avançons jusqu’à nous retrouver dans un … amphithéâtre de pierre. Lorsque l’on ne bouge plus, le silence est étourdissant, faisant bourdonner les oreilles. C’est incroyable un calme pareil ! D’ailleurs, nous ne l’avions pas vu mais un homme est couché au fond, en train de faire la sieste ! Comme je le comprend, ça doit être très reposant !

Après avoir profité quelques longues minutes, ce calme est troublé par l’apparition de quelques personnes, nettement plus bruyante. Nous décidons de laisser la place et nous nous redirigeons vers notre voiture. On jette un coup d’oeil à ce qui est vendu, persuadé que comme la veille, rien ne nous attirerait. Au final, mon épouse trouve des boucles d’oreilles (elle en ramène de chacun de nos voyages) et nous discutons de savoir lesquelles elle prendra. C’est à ce moment-là que le vendeur, un vieux argentin, nous explique dans un bon français en quoi elles sont faites et comment. Nous sommes surpris de sa si belle maîtrise de notre langue et nous lui en faisons le compliment. C’est à ce moment-là que nous allons vivre un moment comme nous les aimons tant: pendant trois quart d’heures, nous allons rester avec lui à écouter un bout de son histoire. Il a quitté l’Argentine pendant la dictature et est venu s’installer … en Belgique pendant six ans. Il nous explique ce qu’était la vie à cette époque là, pourquoi il est parti et ainsi de suite. Vraiment un moment très agréable en sa compagnie. Nous finissons par le quitter car le temps passe et nous avons encore près de 150 kilomètres à parcourir. Avant de partir, je trouve aussi un petit cadeau pour ma filleule mais chut, je veux qu’elle ait la surprise !

Alors que nous remontions en voiture, un car déverse un flot de touriste bruyant sur le site ! Il était temps de partir ! Quelques centaines de mètres plus loin se dresse la garganta del diablo. Le même genre de configuration que précédemment mis à part qu’ici on n’accède pas au fond du site. Un rocher se dresse devant nous et d’horribles panneaux nous indique qu’il est interdit de les escalader. En gros, rien de bien intéressant ici, nous décidons de partir. De toute façon, c’est rebelotte, un nombre impressionnant de touriste se rue sur le site et les vendeurs donc on n’hésite même pas !

La route continue encore dans des paysages de rêves sur quelques kilomètres puis petit à petit, tout cela disparaît pour laisser place à des champs avec loin au fond, des montagnes. L’ensemble est bien joli mais nettement plus « banal » que ce que nous venons de traverser. J’accélère un peu et me heurte à un premier contrôle de police. On nous laisse passer sans nous arrêter mais quelques kilomètres plus loin se dresse un nouveau. Pour la première fois depuis notre arrivée, le policier nous demande nos passeports. Après une rapide vérification, il nous les rend et nous dit adios.

Alors que nous arrivons à une grosse cinquantaine de kilomètres de Salta, nous décidons de faire un détour par le Dique Cabra Corral, un lac artificiel ou toute une ribambelle de sports nautiques sont proposés: jet-ski, ski nautique, bateau, pédalo, saut à l’élastique, … Pas que nous ayons prévu de faire cela mais après ces journées de pistes et de sécheresse, voir un grand plan d’eau ne peut-être qu’agréable. Je bifurque donc pour traverser un petit village et rattraper la route longeant le lac. Nous passons devant des demeures sublimes et quelques points de vue sur ce lac bien joli. Malheureusement, à première vue, aucune possibilité pour descendre sur la berge. Nous sommes condamnés à rester une quinzaine de mètres au dessus de celui-ci. Nous finissons par arriver sur un pont ou sont proposés différentes activités et décidons de nous arrêter: d’abord parce qu’il est l’heure de manger mais aussi parce que depuis ce matin, mon gros orteil me fait souffrir pour une raison inconnue. Pas facile d’embrayer dans ces conditions, il me faut un antidouleur !

Le restaurant qui est la est ouvert et la carte n’est pas trop chère contrairement à ce que nous craignions. L’hamburger qui nous est servi (bien entendu, pas de gastronomie dans ces lieux) est tout à fait convenable et fait du bien par ou il passe. Nous sommes à l’ombre, il y a une légère brise et nous avons le ventre plein ! Que demander de plus ???

Mais nous avons pas mal de petites choses à faire cet après-midi à Salta, nous décidons de repartir. L’antidouleur fait déjà effet et c’est un bonheur de ne plus avoir mal. Les quelques dizaines de kilomètres nous paraissent une éternité tant la circulation se densifie, les feux rouges toujours au rouge, la chaleur, … Bref, un moment pas des plus agréable qui prend fin lorsque nous arrivons devant notre hôtel. A la base, nous devions redormir une troisième fois dans la même auberge de jeunesse, en plein centre-ville, mais les problèmes de parking qui n’ouvre qu’à 8h nous a obligé à changer nos réservations. Celui-ci est excentré de quelques blocs et on peut garer sans souci la voiture dans la rue. Demain, nous devons quitter les lieux vers 3h40 du matin pour un vol à 6h.

Le reste de l’après-midi sera consacré à quelques courses ainsi qu’à un peu de repos pour mon pied. De toute façon, la chaleur est trop forte pour se balader en ville pour l’instant.

Au soir, nous prendrons un taxi qui, pour quelques pesos, nous emmènera au Viejo Jack. C’est un restaurant conseillé dans notre guide ou nous dégusterons la meilleure viande rouge cuite au feu de bois de notre séjour (pour l’instant, on espère !). Le morceau était énorme, la cuisson vuelta y vuelta (aller et retour) parfaite et l’assaisonnement exactement comme il faut. Bref, j’ai eu une pensée pour nombre de personne en mangeant ce pur produit argentin ! Après tout cela, nous retournerons sur la plaza 9 de Julio une dernière fois pour profiter de l’ambiance de cette région unique. Un taxi nous ramènera à notre hôtel pour une très courte nuit.

Ce récit et bien d’autres à voir avec les photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Soyons honnête, la journée d’aujourd’hui n’a pas grand chose de folichon sur le papier !

Le réveil sonne à 3h du matin, ce qui nous laisse le temps de nous rincer à l’évier (la douche n’ayant pas d’eau chaude, au soir je veux bien mais à cette heure la, c’est rude !), de finir de boucler nos sacs et de monter en voiture, direction l’aéroport de Salta. Nous avons rendez-vous à 4h avec le représentant d’Europcar pour lui rendre notre vaillante Chevrolet et prendre notre avion à 6h.

Au bout d’un peu moins de vingt minutes de route – celles-ci étant quasi déserte à une heure aussi matinale – nous arrivons à destination. Nous sommes même légèrement à l’avance et nous l’attendons quelques minutes au lieu de rendez-vous. Ce n’est pas celui que nous avons eu au départ mais ça ne change pas grand chose. Nous réalisons le check-out et il n’a rien à nous reprocher. Par contre, une question revient sur le tapis: lors de la prise de la voiture, nous devions payer une taxe de 35 dollars américain car nous la rendions hors des horaires de bureau. C’était noté noir sur blanc, rien à dire avec ça. Par contre, le loueur nous l’avait demandé en cash. Nous avions avancer que nous n’avions pas de liquide sur nous pour en différer le payement et pouvoir contacter autoescape, par qui nous avions loué la voiture. Ceux-ci confirme ce que nous pensions: aucun payement en cash, tout par carte de crédit. La personne que nous avons devant nous revient avec cela et nous lui expliquons qu’autoescape refuse que l’on paye en cash. Il n’a pas l’air très content et dit qu’il les contactera. Nous n’avons aucun problème avec cela, wait and see.

Il s’en va donc avec la voiture et nous nous rendons au comptoir d’Aerolinas pour enregistrer nos bagages. A cette heure-ci, le hall de l’aéroport est quasi désert. En tout et pour tout nous sommes trois couples de voyageurs déambulant comme des zombies. Petit à petit, d’autres voyageurs commencent à arriver et la file se remplit mais toujours personne de la compagnie. Ce n’est que vers 5h qu’ils daignent se présenter. Leur système informatique a un peu de mal à se mettre en route et il faut près de dix minutes pour que nos cartes d’embarquement soit imprimée. Dix minutes après, le contrôle de sécurité commence et à peine une demi-heure après notre enregistrement, nous montons à bord de notre Ambraer 190. Beaucoup plus moderne que les autres avions de la compagnie, nous avons droit à plus de place pour les jambes et à un écran individuel. Deux rangées de deux sièges, ce qui fait que nous sommes tranquilles: je suis près du hublot et mon épouse peut étendre ses jambes dans le couloir central.

Le vol se déroule sans histoire, probablement du au fait que 95% des passagers dorment comme des bien-heureux (et nous en faisons partie) ! Arrivé à Buenos Aires avec quinze minutes d’avance, nous avons finalement presque trois heures d’escales. Sauf que Aerolinas en décide autrement: sur le panneau d’affichage, il est noté que les passagers pour Trelew doivent prendre contact avec la compagnie. La personne que nous allons voir nous assure que c’est une erreur et qu’il n’y a pas de problème. En réalité, une demi-heure plus tard, notre vol est d’abord annoncé avec une heure de retard puis avec une heure et demi ! Ce qui nous fait un ratio de deux vols sur trois en retard au départ ou vers Buenos Aires. Pas mal comme score !

Nous prenons donc notre mal en patience et après un embarquement express (et certainement record !), nous avons la surprise de constater trois choses: c’est le même type d’avion que précédemment, nous avons hérité des places aux sorties de secours et j’ai une gamine assise sur le siège derrière moi qui passera son temps à shooter dans mon siège. J’ai beau demander à sa mère de la calmer, rien n’y fait !

Mis à part cela, les quelques moments ou elle se calme, j’arriverai à dormir et après un premier vol d’une heure vingt et d’une courte escale à Viedma pour y débarquer quelques passagers et en reprendre d’autres (le tout en trente minutes !), nous nous posons enfin à Trelew, porte d’entrée de la Patagonie océanique.

Les bagages sont très vite récupéré et nous nous présentons au comptoir d’Alamo pour y récupérer le bolide réservé. Ça sera une berline Fiat (modèle inconnu au bataillon) type bateau à conduire. La carrosserie est déjà dans un drôle d’état et je prends le temps de tout consigner au check-in.

Nous nous élançons donc sur une longue route en ligne droite pendant près de cinquante kilomètres. Le soleil est présent, même si il joue à cache-cache avec quelques nuages et la température agréable: à peu près 25°C et un vent de tout les diables ! Le trajet se fait assez vite malgré des routes dans un état désastreux et nous nous présentons à la réception de l’hôtel un peu chic que j’ai réservé dans la ville balnéaire de Puerto Madryn. J’ai trouvé une grosse promotion sur internet pour une suite quasi au même prix qu’une chambre double en auberge de jeunesse. L’établissement propose en outre un parking à 50 pesos la journée avec accès illimité au véhicule. Les chambres sont spacieuses et confortables et, même si ce n’est pas trop notre genre, il faut avouer que ça fait du bien un peu de luxe par moment. Nous avons même droit à un balcon !

A peine le temps de déposer nos bagages et nous repartons déjà. La première chose à faire, ce sont des courses pour les sandwichs de demain midi. Nous avions repéré en arrivant une grande surface ou nous trouvons tout ce qu’il nous faut. Ensuite, nous prenons la route pour nous rendre à un point d’observation le long de l’océan, à la sortie de la ville: Punta Flecha. Le gps est un peu perdu car toute cette partie de la ville est en travaux et nous oblige à prendre déviation sur déviation mais finalement, nous arrivons sur la piste que nous cherchions. Rien à voir avec celle ou nous avions déjà roulée, ici c’est quasi une autoroute !

En réalité, il n’y a pas qu’un seul point le mais plusieurs accès: soit vers des plages, soit vers des points d’observation. Vu l’heure déjà tardive, nous ne nous rendrons pas sur tous. Nous irons d’abord sur le parking d’une petite plage (la première en venant de la ville) et nous nous retrouverons à marcher sur celle-ci, entourée de falaises ressemblant à celles d’Etretat, en plus petites et en moins impressionnantes.

Nous en ferons un ou deux autres avant d’arriver à celui qui nous intéresse. Les bons jours, on peut apercevoir d’ici des baleines. Nous n’aurons pas cette chance mais la vue reste très jolie malgré tout. L’ensemble nous fait penser à la Bretagne que nous connaissons bien !

Il est déjà 18h30 quand nous décidons de nous remettre en route, le gps indiquant une demi-heure de route jusqu’à l’hôtel. Je m’arrête malgré tout une dernière fois pour photographier le paysage de l’autre côté de la piste: la lande à perte de vue !

De retour en ville, nous demandons à la réception de notre hôtel si ils ont des informations sur une estancia que nous souhaitons visiter demain, dans la péninsule de Valdes. Ce n’est pas le cas, mais très gentillement, le réceptionniste prend son téléphone pour les appeler. Il n’y a pas de problème, nous pouvons nous y rendre demain sans réservation. Nous avons hâte car ce que nous allons y voir sera une première pour nous !

Nous ressortons une dernière fois vers 20h pour manger dans un restaurant à la façade touristique mais ou la viande serait de bonne qualité. Au final, une serveuse pas très agréable et une viande certes bonne mais pas au niveau de celle d’hier (c’est qu’on deviendrait difficile !).

A première vue, Puerto Madryn ne nous emballe pas ! Ça ressemble à n’importe quelle station balnéaire, sans grand charme et avec des prix bien plus élevés qu’ailleurs. Heureusement que les activités des deux prochains jours devrons certainement compenser cela !

Comme toujours, vous pouvez retrouver ces récits et bien d’autres sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire ! Et quoi qu’il arrive, j’en garderai un souvenir impérissable: fêter ces trente ans en Argentine avec celle qu’on aime, quoi de mieux ???

Le programme de la journée sera donc assez light. Nous n’avons rendez-vous qu’à 17h à Puerto Piramides, dans la péninsule de Valdes. De la bas, nous avons réservé une excursion pour (re)découvrir les baleines. C’est une expérience que l’on avait déjà faite aux USA, il y a quatre ans. Nous avions été tellement enchanté de cette rencontre que nous voulions absolument la refaire. Bonus en prime, le bureau choisi propose deux types de bateaux: soit un bateau traditionnel pour les voir en-dehors de l’eau soit le « yellow submarine », un bateau ou nous sommes assis sous l’eau avec des hublots. Les photos dans la publicité sont prometteuses car les baleines peuvent alors passer fort près de nous. Nous nous décidons pour celle-la qui coûte le double du prix (1280 pesos pour deux heures) mais bon, c’est pas tout les jours que l’on fête son anniversaire !

Nous nous levons donc à notre aise vers 7h30, partons déjeuner à 8h et décidons de profiter de notre chambre jusqu’au dernier moment c’est à dire 10h. La veille, nous avions été demander si nous pouvions la conserver jusque midi mais le réceptionniste avait répondu par la négative. Gentiment, il nous avait proposé une autre chambre plus petite pour deux heures mais nous avons refusé. Ce n’était pas le but de déranger non plus.

Vers 10h donc, nous quittons la chambre et effectuons le check-out. Nous obtenons quand même de pouvoir laisser la voiture dans leur parking jusque treize heures au plus tard, ce qui va nous permettre d’aller nous balader sur la plage de Puerto Madryn durant cette matinée. Avant de nous y rendre, mon épouse tient à tout prix à passer à la petite boulangerie non loin de l’hôtel afin de m’y trouver un petit gâteau d’anniversaire. Ceci étant fait, nous allons le mettre à l’abri dans le coffre de la voiture et nous partons pour une marche d’une grosse heure sur cette plage. Ce n’est pas spécialement la plus jolie qu’on ai vue mais c’est agréable de marcher au soleil avec une température digne de l’été belge. C’est bien la première fois que je suis en t-shirt dehors un 13 novembre ! Nous faisons donc un aller et un retour et vers 11h30, nous nous rendons dans un bar de plage afin de prendre un premier apéritif. Je m’amuse à nourrir les petits oiseaux qui viennent réclamer des cacahuètes, l’un d’entre eux s’enhardissant tellement qu’il vient carrément en prendre dans le pot !

Il est déjà passé midi lorsque nous nous rendons dans un autre bar-restaurant pour y manger une grande pizza ananas accompagné d’une grande Quilmès (toujours aussi rafraichissante celle-là !). Une constatation s’impose: les serveurs ici à Puerto Madryn sont quand même nettement nettement moins agréable que dans le nord du pays. La veille, Sara, nous avait fait la même réflexion et pour l’instant, cela se confirme.

Vers 13h, nous rejoignons notre voiture et décidons de partir à Puerto Piramides. Le village nous ayant laissé une impression fort positive la veille, pourquoi pas aller passer l’après-midi là-bas ? C’est reparti donc pour une heure de route à travers les landes monotones. Nous repayons à nouveau les 332 pesos d’entrée et décidons cette fois de nous arrêter au visitor center. On meure de soif dans cette voiture !

On comprend tout de suite mieux ou part une partie de l’argent des entrées: certainement pas sur les pistes mais bien dans la construction de ce petit complexe très moderne avec écran tactile qui ne fonctionne pas et grandes maquettes de la région. Même les toilettes ont un aspect un peu futuriste complètement incongru en ces lieux de nature. Soit, une petite boutique de souvenirs vend aussi de l’eau et nous achetons chacun notre bouteille. Mon épouse essaye de se connecter au wifi mais comme souvent dans les lieux publics ici en Argentine, la qualité de la connexion laisse à désirer. Après avoir essayé pendant plusieurs minutes, elle laisse tomber et nous roulons la dernière demi-heure avant Puerto Piramides.

Nous garons la voiture comme la veille, juste à l’entrée et décidons de descendre vers la plage. Un escalier monte sur la droite vers une ouverture dans la roche. Intrigué, nous montons voir … un trou. Mais la n’est pas le plus important, un chemin permet de se balader en longeant la mer à quelques mètres de hauteur de celle-ci. Tout au bout, une petite plage inaccessible autrement que par la mer, encerclée par des falaises offre un cadre ma foi, fort agréable, pour y déguster ce fameux gâteau d’anniversaire ! Moment très agréable d’autant que le cheese-cake (mon dessert favori) est vraiment bon !

Après tout cela, on se décide à aller voir l’agence afin de se débarrasser des formalités de l’excursion. Et c’est avec un grand sourire que les deux femmes présentent au guichet nous annoncent que c’est annulé la faute à un vent trop conséquent ! De quoi ? C’est quoi ce délire ? Mon épouse leur explique que l’on vient de faire une heure de route et payer l’entrée du parc, rien n’y fait, elles ne comprennent dorénavant plus l’anglais ! D’autant plus râlant que tout les bateaux partent malgré ce vent « important ». Nous pensons plutôt qu’ils n’ont pas assez de réservation et annule sans oser dire la vérité ! Southern Spirit, on ne vous remercie pas pour ce manque de professionnalisme ! Bien évidemment, ils essayent de nous proposer l’autre excursion mais quand on voit le monde qui part sur un si petit bateau, on refuse catégoriquement ! Pas envie de devoir jouer des coudes pour prendre une photo et encore moins envie de leur donner le moindre pesos de toute façon !

Nous ressortons de la et je dois calmer mon épouse, très déçue pour moi. Je la rassure, ce n’est évidemment pas de sa faute si dans le monde du tourisme, on se retrouve confronté à des gens qui ne pensent qu’au business et à rien d’autre. Nous décidons pour nous calmer de nous rendre au bar de l’hôtel en bord de mer. Le serveur, très sympa, nous amène non pas un whisky coca (pour moi) et un gin tonic (pour mon épouse) mais carrément les bouteilles en proposant de mettre ce que nous voulons dedans. Dangereux de sa part mais très généreux ! Nous n’exagérons pas (même si forcément, on force un peu les doses) et profitons de la vue. Au loin, on voit quelques panaches d’eau expulsées par les baleines. Mais lorsque l’on voit les bateaux revenir, on ne regrette pas d’avoir refuser l’excursion « classique »: ils sont une cinquantaine harnaché d’un gros gilet de sauvetage sur un minuscule bateau !

Nous décidons finalement de partir directement pour Trelew, que l’on profite un peu de la chambre d’hôte plutôt luxueuse que j’avais réservée. Le trajet nous semble interminable mais nous finissons par la trouver, en dehors de la ville. La Casona del Rio se trouve tout au bout d’une petite piste, assez loin de la route principale. Le bâtiment fait penser à un manoir anglais mais c’est surtout l’accueil extrêmement chalereux de Yanina et de sa mère qui en font un endroit d’autant plus exceptionnel. L’intérieur, du moins les parties communes, sont conformes à ce à quoi je m’attendais: des bibelots un peu partout, des photos de famille et surtout un magnifique gramophone. Les chambres sont elles plus sobre mais avec une literie d’une qualité indéniable !

Nous discutons avec Yanina pendant quelques minutes et lui demandons un endroit ou aller manger dans le coin. On lui propose Trelew mais elle nous conseille plutôt un restaurant de fruit de mer dans la ville d’à côté: Rawson et sa Playa Union. Nous déposons en vitesse nos sacs et nous partons dans la direction indiquée.

Autant le dire tout de suite, le reste de la soirée sera un fiasco complet ! Je ne vais donc pas trop m’étendre là-dessus mais en gros: Rawson, tout autant que Trelew, sont moches et déprimantes. Le restaurant indiqué n’ouvre pas avant 21h et, même si j’ai toute confiance dans le jugement de la propriétaire, le cadre est franchement déprimant. Nous nous rabattons donc sur Trelew et nous nous retrouvons, après un premier essai infructueux, dans un bar un peu plus animé que les autres. Nous y mangerons, et de loin, le plus mauvais morceau de viande d’Argentine ! Et pour un prix indécent qui plus est ! Finalement, nous mangerons à peine et rentrerons nous coucher au plus vite. J’avais choisi de venir dormir dans cette horrible ville afin d’être proche de l’aéroport pour le lendemain mais je ne saurais trop conseiller de rester à Puerto Madryn et de faire l’effort des 45 minutes de route le lendemain, ceci afin de passer une dernière soirée un peu plus agréable …

Comme d’habitude, ce récit et bien d’autres ainsi que les photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Lorsque le réveil sonne ce matin, nous n’avons qu’une hâte: partir au plus vite de cet endroit. Comme je l’ai dit la veille, la chambre d’hôte est super mais le fiasco d’hier soir nous donne clairement des envies d’ailleurs. A 6h45, nous sommes à l’aéroport pour un vol décollant à 8h. Nous nous sommes aperçus qu’arriver deux heures à l’avance était inutile dans les petits aéroports d’Argentine au vu du faible nombre de vol par jour (deux par exemple aujourd’hui !). De toute façon, l’agence de location de voiture .nous avait dit qu’il n’ouvrait leur bureau qu’à 7h et pas avant. Finalement, nous aurons la seule agence qui arrive à 7h20 sans un mot d’excuse, qui fait un check-out de 15 secondes et qui s’en va en nous rendant notre copie de mastercard. Bref, Alamo pour le service client, faudra repasser !

Les vols se passeront sans encombre: un passage par Buenos Aires (encore !) puis direction San Carlos de Bariloche. Les deux seront à l’heure (incroyable !) et le seul bémol proviendra d’une famille de *** installée devant nous et dont les enfants passeront leur temps à se jeter dans leurs sièges sans aucune intervention des parents. Au bout d’une heure de ce jeu là, j’en ai marre et je fais intervenir l’hôtesse de l’air. Non mais, je n’ai pas à supporter le manque d’éducation des autres !

L’arrivée à S.C. de Bariloche se fait avec dix minutes d’avance et finalement, il est 14h15 quand nous récupérons notre petite Chevrolet type Corsa. Un peu juste pour deux grands sacs (un dans le coffre et un sur la banquette arrière) mais nous ferons avec.

Déjà dans l’avion, nous nous étions rendu compte que les paysages allait probablement nous plaire: montagnes enneigées et lac-miroir entourés de forêts ! Et effectivement, dès la sortie de l’aéroport, la route serpente au milieu de pins. On se croirait dans les Alpes: l’air est vivifiant, la température plus fraîche (entre 15 et 20°C) mais le soleil est encore et toujours bien présent ! Cet endroit nous laisse immédiatement une impression agréable !

Nous nous rendons donc dans la ville, à une vingtaine de minutes de la. Construite dans le style « rues qui se croisent à angle droit », elle ne manque néanmoins pas de cachet. Beaucoup de bâtiments ressemblent de près ou de loin à des chalets de station de ski et la ville est bordée sur tout son flanc nord par le lac Nahuel Huapi. En gros, à chaque intersection, on voit ses eaux très bleues au bout de la rue.

Nous trouvons très facilement l’adresse ou aurait du se trouver notre auberge de jeunesse mais un mot nous indique que toutes les réservations ont été déplacées dans un hôtel, à six cents mètres de la. Bon, encore une fois une organisation argentine, nous n’avons même pas été prévenu ! J’avais choisi cet endroit car il était dans une rue légèrement en retrait et ou on pouvait facilement se garer et nous nous retrouvons sur la grosse artère principale. Notre ennui retombe immédiatement grâce à l’accueil de l’employée, très charmante. Elle parle un très bon anglais et nous renseigne sur plein de choses. Petit souci quand je lui explique notre programme du lendemain: nous devions nous rendre au ventisquero negro, un glacier noir, mais de gros arbres sont tombés sur la piste y menant et c’est donc fermé pour une durée indéterminée. Nous allons devoir trouver une solution bis !

Nous recevons la clé de la chambre, ma foi fort confortable, et surtout avec une belle vue sur le lac ! A peine déposés nos bagages que nous repartons aussi vite. Nous voulons prendre un téléphérique qui doit nous emmener au sommet du Cerro Campanario pour une vue d’ensemble de la région. Celui-ci ferme à 18h et il est déjà 16h quand nous entamons la petite demi-heure de route qui nous attend.

En réalité, c’est toujours tout droit ! On suit la route qui mène à la péninsule Llao Llao et qui longe le lac. Celle-ci est assez fort encombrée mais ça roule malgré tout sans souci. Tout le long, de magnifiques petits hôtels succèdent à de petites plages publiques. Vraiment, tout cela nous plait vraiment beaucoup !

Nous finissons par arriver sur le petit parking bien indiqué et nous nous garons au milieu des cars. Aïe, c’est pas gagné pour la tranquillité au sommet ! En attendant, nous sommes la et nous payons les cent pesos par personne pour accéder au téléphérique. Celui-ci nous emmène en une petite dizaine de minutes à une succession de petites plates-formes pour une vue … WAHOU !

Difficile de décrire une telle beauté et la seule solution reste la photo panoramique que j’ai réalisée !

Nous resterons jusqu’à dix minutes avant la fin et le site s’est quasi entièrement vidé depuis une demi-heure. Nous avons donc quasi profiter seuls d’un tel spectacle. Franchement, le guide du routard explique que les européens boudent la région car ça leur rappelle trop les Alpes. Hé bien, ils ont torts et pas qu’un peu ! Soit, il nous est difficile de nous arracher d’ici mais malheureusement, nous n’avons plus trop le choix. Nous reprenons le téléphérique dans le sens inverse non sans jeter un dernier regard derrière nous !

Arrivé en bas, un souvenir me revient: pour occuper la journée de demain, je me rappelle que j’avais fait une croix sur certaines excursions en bateaux dans la région. Nous décidons de nous renseigner à nouveau sur les différentes opportunités en nous rendant dans une agence vendant des excursions: impossible d’organiser soi-même à moins de posséder son propre bateau ! Nous nous décidons pour Turisur et l’excursion qui doit nous amener à Puerto Blest et au Lago Frias pour 683 pesos par personne (420 pour Puerto Blest, 160 pour le Lago en option et 103 pour l’entrée du parc) demain à 10h.

Ensuite de quoi, nous décidons de faire notre repas d’anniversaire dans un restaurant conseillé dans le guide: le Familia Weiss. Tout de bois vêtu, nous mangerons jusqu’à ne plus savoir respirer une picada (antipasti) de fromages délicieuse suivie d’une fondue au fromage tout aussi succulente accompagnée d’une excellente bouteille de vin Reserva Malbec. Le tout pour … moins de 40 euros, pourboire inclus ! Nous rentrerons ensuite à l’hôtel le ventre plein et le moral clairement en hausse, prêt à attaquer la visite de cette région qui s’annonce splendide !

Comme d’habitude, ce récit et bien d’autres accompagnés de leurs photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Aujourd’hui, nous nous levons à notre aise. Notre rendez-vous est fixé à 9h30 au petit port de Puerto Pañuelo situé à une demi-heure de notre hôtel. Nous participons à une excursion que nous avons réservée hier avec l’agence Turisur et qui doit nous emmener voguer sur le lac Nahuel Huapi et sur le Lago Frias. Pour aller jusque-là, c’est facile, c’est toujours tout droit sur la petite route déjà empruntée en partie hier. Elle est toujours aussi belle, bordée qu’elle est par le lac d’un côté et par tout ces chalets en bois de l’autre.

Nous arrivons finalement avec un quart d’heure d’avance et nous nous garons sur le parking surveillé (à 50 pesos la journée) du port. Après nous être renseigné sur l’endroit ou nous devons embarquer, on nous dirige d’abord vers un bureau pour y payer les 103 pesos par personne pour pouvoir entrer dans le parc du Nahuel Huapi.

Ceci étant fait, on nous dirige vers un embarcadère. Le temps que l’on réalise cette démarche, un groupe d’une cinquantaine de personnes est arrivé et nous est passé devant. On les fait donc monter à bord de notre sorte de très gros catamaran (difficile d’expliquer exactement ce que c’est mais c’est ce qui s’en rapproche le plus) et bien évidemment, ils en profitent pour réquisitionner toutes les places assises extérieures. La vingtaine de personnes dont nous faisons partie qui ont achetés leurs tickets par eux-mêmes sont relégués au second plan. Nous décidons de malgré tout monter sur le pont supérieur, quitte à rester debout. Mais l’accompagnatrice, prétextant des règles imposées par la police nous oblige à rentrer dans la grande cabine centrale le temps que les manœuvres soient terminées. Nous ne sommes pas content mais nous n’avons pas le choix, nous nous retrouvons contraint d’écouter les consignes de sécurité (en espagnol) avant de pouvoir enfin profiter de la vue extérieure.

Notre bateau vogue à belle allure sur ce lac à l’eau bleue si profonde. Nous sommes entourés par de belles montagnes aux sommets enneigés.

La guide nous a expliqué qu’une belle journée nous attend, avec des 27°C au programme. En attendant, c’est loin d’être le cas et on regrette de ne pas avoir embarqué plus de couches pour se tenir au chaud. L’eau du lac est à sept degrés et le vent qui nous arrive dessus nous glace jusqu’aux os. Néanmoins, vu d’ici, nous voyons vers ou le bateau se dirige: Puerto Blest (un petit port) situé au fond d’une espèce de fjord. En attendant, nous sommes quasi les seuls à être intéressés par les paysages, la majorité des touristes préférant se faire photographier en train de nourrir des mouettes en tendant le bras. Hyper cool, non ? Enfin, chacun sa conception des voyages

Le capitaine nous a annoncé qu’il y ‘en avait pour une heure quart de navigation avant de toucher terre. Si nous restons ici, nous allons probablement attraper quelque chose et nous préférons nous réfugier sur la coursive inférieure qui fait le tour de notre embarcation. A l’arrière, nous ne sentons plus du tout le vent et le soleil nous réchauffe agréablement. De toute façon, même d’ici nous ne ratons rien. Le bateau se dirige toujours vers le fond du fjord et le spectacle est donc principalement sur les côtés. Et quel spectacle ? Chaque repli de roche dévoile un nouveau décor de rêve tel ces petits îlots entourés d’une eau au reflet turquoise comme dans les lagons d’eau chaude.

Plus loin, ce sont des cascades d’eau venant directement des sommets enneigés et traversant des forêts de ce qui ressemble de loin à des pins mais qui sont en vérité tout autre chose (mais quoi ?)

En gros, cette traversée nous semble vraiment très belle et nous mitraillons à tout va.

Il est midi quand nous arrivons en vue de Puerto Blest, première étape de notre journée. Pour ceux qui comme nous ont pris l’option « Lago Frias », on nous annonce que le prochain bus que l’on doit prendre arrive à 12h50. Ça nous laisse le temps de manger un petit bout au restaurant idéalement situé dans un décor de rêve. Comme les explications en anglais des guides étaient un peu confuses, nous demandons à un des rares couples de jeunes nous accompagnant ce qu’ils ont compris. Surprise, ce sont des français et la conversation s’en trouve simplifiée. Après nous avoir expliqué ce que eux ont compris, ils nous demandent si ils peuvent manger avec nous. Bien entendu, nous sommes toujours ouvert aux rencontres en voyage et nous acceptons avec plaisir. Durant le repas, nous évoquerons nos expériences personnelles de ce si beau pays.

Mais il est déjà l’heure de nous quitter, du moins temporairement, car ils ne viennent pas avec nous au Lago Frias. Ils ont donc jusque 16h, heure de départ du bateau vers Puerto Pañuelo, pour aller voir la cascade de Los Cantaros. Normalement, nous devrons avoir le temps de nous y rendre après notre petit tour en bateau même si déjà maintenant le timing nous parait un peu serré. On verra bien !

Nous embarquons donc à bord d’un bus qui doit nous faire parcourir les quelques kilomètres qui nous sépare de l’embarcadère du Lago Frias. En chemin, la guide nous accompagnant (celle qui parle le mieux l’anglais) nous explique ce qui nous entoure. De temps en temps, elle traduit une partie de son monologue espagnol en anglais mais ça nous intéresse finalement assez peu. Une dizaine de minutes plus tard, nous voilà à pied d’oeuvre sur un petit embarcadère. Le bateau n’étant pas encore là, on nous demande de patienter un petit peu.

Effectivement, quelques minutes plus tard, arrive un bien plus petit bateau avec les mêmes règles de sécurité ridicule. Que peut-il bien arriver à manœuvrer un bateau à du 5km/h ? Nous nous engageons donc sur ce petit lac aux eaux vertes turquoises.

En avançant un peu, nous pouvons apercevoir le Cerro Tronador, l’un des plus hauts sommets du coin avec ses 3554 mètres d’altitude.

En attendant – et même si tout cela est très joli – nous sommes déjà en train d’accoster. Cela fait à peine dix minutes que nous avons démarré, ça ne peut pas déjà être fini quand même ? Et pourtant, un charmant couple d’australiens de Sydney (que j’ai pris en photo à leur demande) nous confirme que si ! En fait, notre bateau sert à récupérer des passagers venant du Chili et à les ramener à Bariloche. A 160 pesos l’option, j’ai un peu de mal à comprendre le réel intérêt de tout cela ! En attendant que l’on embarque les bagages de tout le monde, nous avons quand même le droit de descendre à terre cinq petites minutes. J’en profite pour photographier ce lieu somme toute magnifique !

Déjà lors du trajet aller, nous avons beaucoup discuter avec nos nouveaux « amis » australien. Le retour sera du même acabit, ce sont vraiment des gens charmants ayant déjà visité plusieurs des pays que nous avons prévu pour dans un an. Ils ne sont pas avares en tuyaux ce qui nous intéresse grandement ! Nous nous renseignons pour savoir si nous aurons le temps de gravir les 720 marches qui permettent de monter au sommet de la cascade Los Cantaros et au lac du même nom. D’après notre guide du routard, l’ascension en vaut la peine mais en aurons nous le temps ? La guide nous certifie que si on va très vite, il n’y aura pas de problème, et nous propose d’embarquer en priorité dans le premier bus pour ne pas perdre de temps. Mon épouse ne souhaite pas courir mais m’encourage vivement à suivre nos australiens. Elle doit insister un peu car je n’ai pas trop envie de la laisser seule mais finalement j’accepte.

Arrivé au restaurant de ce midi, nous voilà parti pour trois kilomètres de semi-course à travers bois avant d’arriver aux fameux escaliers. Un panneau indique une heure de trajet mais la guide nous a certifié l’avoir fait en une demi-heure. Nous partons donc tout les trois à un train d’enfer pour avoir le temps de profiter du spectacle. Finalement, nous avalerons le trajet en vingt minutes, non sans avoir eu un peu chaud ! Je dois avouer qu’à partir de là, la montée me parait bien fatigante et ma motivation retombe un peu beaucoup.

C’est la que je retombe sur les français de ce midi qui me disent que si je ne me sens pas de monter tout en haut (ce qui d’après eux prend quand même du temps), il y a trois « miradors » le long de la cascade. Je me décide à monter au premier pour voir à quoi ça ressemble. Les australiens (qui ont du sang de kangourou dans les veines, c’est pas possible de bondir comme ils le font) sont déjà loin devant moi et je pense ne les revoir qu’en bas. Finalement, je retrouve l’homme en train de chercher après son cache d’objectif qu’il a fait tomber en dessous de la passerelle. J’essaye de le chercher avec lui mais après une ou deux minutes, il me dit de laisser tomber, me remercie et s’en va. La vue sur la cascade est malgré tout fort belle et j’en profite pour la photographier afin de pouvoir montrer à mon épouse.

C’est là que quelque chose d’étrange se produit: tout les petits vieux qui étaient avec nous dans le bus arrive déjà, sans même avoir l’air essoufflé. On est tombé sur des supers-papys et mamys ou c’est nous qui sommes moins rapide qu’on le pensait ? Je ne comprends pas trop et j’entame la marche de retour vers l’embarcadère quand je tombe à ma grande joie sur mon épouse qui a finalement décider d’accélérer. C’est grâce à elle que la lumière viendra: alors qu’elle avait décider d’essayer de nous rejoindre au plus vite, elle a vu le bateau accoster et libérer le flot de touristes. La guide a probablement pensé que nous tenions absolument à faire les trois kilomètres à pied et non pas en bateau ! Drôle d’idée quand même !

Finalement, nous aurons le temps de monter sans forcer au sommet de cet escalier beaucoup moins terrible que ce que l’on imagine. 720 marches certes, mais par petits paliers de cinq et avec quelques mètres d’espace à chaque fois, ce qui permet de reprendre son souffle sans souci en marchant.

Arrivé au sommet, nous devons suivre un chemin en boucle nous faisant passer devant un alerces (un arbre de la région) vieux de 1500 ans. Ils en sont très fier, le comparant à un séquoia, mais c’est parce qu’ils n’en ont probablement jamais vu. En comparaison, celui-ci a l’air minuscule par rapport à ce que nous avons vu aux USA ! Ce qui nous intéresse est un peu plus loin: la vue sur le lac qui approvisionne la cascade. Et c’est vrai qu’on ne regrette pas d’être monté jusqu’ici car la vue est terriblement belle !

Après une dizaine de minutes, on nous demande d’attaquer la descente car le bateau ne va plus trop tarder. Chose assez vite faite, nous rejoignons à ce moment là les australiens. Le gros quart d’heure d’attente se fera en leur compagnie et finalement, nous embarquons.

Le trajet du retour se fera chacun de son côté, la moitié du bateau s’effondrant de fatigue. Nous-même somnoleront quelques instants par ci, par là et il est passé 17h quand nous atteignons notre port de départ.

Les français n’ayant pas de véhicule et logeant non loin de chez nous, nous proposons de les emmener jusqu’à notre hôtel pour leur faire gagner un peu de temps. Nous faisons donc un peu plus ample connaissance sur le trajet du retour.

Au soir, nous retournerons manger au même endroit que la veille mais ce fût un petit désastre: la viande était beaucoup trop cuite pour nous et je n’ai pas eu l’accompagnement demandé. Etant donné qu’il a fallu près de 40 minutes pour avoir à manger, je n’ai pas osé réclamer de peur de devoir à nouveau attendre. Finalement, il est près de 22h quand nous rejoignons la chambre, crevé mais la tête plein de souvenirs !

Comme d’habitude, ce récit avec les photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Aujourd’hui, on se réveille sans se presser. Le programme de la journée n’est pas trop chargé et le petit déjeuner n’est de toute façon pas servi avant 8h. Avant de descendre, on finit les bagages pour pouvoir partir dès que nous aurons terminé. Chose faite à 8h15, nous filons prendre nos sacs et rendons la clé à l’accueil.

La voiture étant garée juste en face de l’auberge, c’est un jeu d’enfant que de la charger et de nous mettre en route. Après un rapide passage à la pompe à essence pour se tranquilliser avec la jauge, nous pouvons enfin réellement démarrer. Notre route doit nous emmener à 200 kilomètres au nord de Bariloche, dans le gros village de San Martin de Los Andes. Pour ce faire, nous allons emprunter une partie de la route dite « des Sept Lacs » et qui nous fera passer par le village de Villa La Angostura.

A cette heure matinale (pour les argentins du moins), un dimanche qui plus est, nous ne croisons quasi personne dans Bariloche. La sortie de la ville est donc très rapide. Dans un premier temps, nous allons longer le lac Nahuel Huapi par l’est pour nous retrouver sur son versant nord, en face de la ville que nous venons de quitter. Tout de suite, le décor est planté: ce lac est toujours aussi beau, quelque soit le moment de la journée. Nous ne pouvons nous empêcher de photographier la ville endormie …

Par contre, on constate assez vite que cette route est fort empruntée par les touristes, que ce soit en voiture ou en car, la circulation étant finalement « assez dense ». Comprenons-nous bien, ce n’est pas Salta en heure de pointe mais nous avons toujours quelqu’un devant ou derrière nous. Nous devons donc être prudent lorsque nous voulons nous arrêter sur le bas-côté pour photographier les merveilles qui nous assaillent déjà.

Peu de temps après, un enième contrôle de police est en vue. Contrairement aux précédents, celui-ci est un peu plus soutenu. Le policier nous reprend sur la prononciation de notre espagnol et épluche tout les documents personnel et du véhicule. Dans l’autre sens, d’autres touristes sont dans la même situation et vu leurs têtes et celle du policier s’occupant d’eux, il doit y avoir un problème. Pour notre part, après cinq grosses minutes de questions, on nous laisse enfin repartir.

Nous arrivons en une heure au village de Villa La Angostura. Dès l’arrivée, le cadre est posé: un lac (forcément, dans la région) avec un hôtel somptueux. Comme accueil ça se pose la et nous décidons d’aller voir de plus près ce qu’il en est. Très vite, nous longeons le complexe et prenons un petit sentier sur la gauche. On se gare tant bien que mal et mettons pied à terre. Nous sommes passés derrière l’hôtel, sur un petit ponton public. La vue sur l’établissement peut laisser rêveur si on est client de ce genre d’endroit.

Outre la vue, c’est un vieux monsieur avec son fils et son petit-fils qui apporteront de l’attrait au lieu. Il tient à toute force à nous parler, même quand il constate que notre espagnol est assez léger. Néanmoins, nous arrivons à nous comprendre avec un mélange d’espagnol et d’anglais et il a l’air super content. Arrive sa femme qui a de la famille en Belgique. Cerise sur le gâteau, elle parle un petit peu français et la conversation s’en trouve facilitée. Nous échangeons pendant dix bonnes minutes avec ce couple adorable. A la fin, nous nous serrons la main avec de grands sourires. Rien à faire, on adore ces moments la en voyage !

Il est à peu près 10h30 quand nous remontons en voiture. J’avais eu comme conseil d’un ami habitant en Argentine d’essayer de monter en téléphérique au Cerro Bayo et de redescendre la montagne à pied, par un chemin panoramique. Très motivé de pouvoir à nouveau nous dégourdir les jambes, nous entrons sur la piste de six kilomètres qui doit nous mener là-haut. De grands panneaux annonce ce qui est en fait une station de ski (en hiver, of course). En chemin, nous croisons quatre voitures qui redescendent et nous arrivons finalement à destination pour se retrouver face à un panneau … fermé ! Hé oui, apparement, ici on ferme les samedi et dimanche. Aucun panneau en bas pour l’annoncer et personne sur la route pour nous prévenir. Sympa les mecs ! Comme il n’y a absolument rien d’autre à faire ici, on est forcé de redescendre. Nous croisons d’autres voitures qui montent et que nous avertissons du souci. En chemin, quelques points de vue permettent de profiter malgré tout d’un panorama agréable.

Arrivé dans le centre de Villa La Angostura, il est bien évidemment trop tôt pour dîner. Nous garons donc la voiture dans une des petites rues perpendiculaires à la principale et nous partons à la découverte de ce beau petit village. En fait, c’est Bariloche mais en plus petit, en moins animé mais en plus luxueux. Nous trouvons un bar-restaurant déjà ouvert et nous nous installons sur le balcon. La carte propose en gros toujours le même genre de menu: sandwich, pizza , salades. Nous nous décidons pour une grande pizza pour nous deux qui se révélera délicieuse !

Il est 13h quand nous reprenons notre route. Peu de temps après avoir quitté le village, un panneau indique un accès vers une plage au bord du Lago Espejo. Avide de découvrir ces endroits un peu en dehors des classiques, nous nous engageons dans un sentier bien défoncé. Arrivé au sommet de la dernière descente, je marque un temps d’arrêt: c’est vraiment casse-gueule et je préfère laisser la voiture là. Nous finissons donc à pied pour arriver face à un panorama de rêve: une petite plage au bord d’un lac magnifique.

Quelques familles sont là, en train de passer un beau moment en ce dimanche après-midi ensoleillé. Les enfants jouent dans l’eau (froide !) en riant. Les chiens sont eux aussi à la fête et passent leurs temps à courir dans tout les sens. Quel cadre de vie idéal ! Malheureusement, nous avons encore une centaine de kilomètres à parcourir et nous ne pouvons pas trop nous attarder …

La route serpente au milieu de ces nombreux lacs tous plus beaux que les autres. Nous sommes entourés de forêts de pins et le ciel est toujours aussi bleu. Nous nous arrêtons quand nous le pouvons pour profiter de la quiétude des lieux.

Une cinquantaine de kilomètres avant San Martin, la route se transforme en piste ce qui rend le tableau encore plus authentique. C’est une piste mais en excellent état et notre petite Chevrolet (type Corsa) passe sans problème.

Cette route incite vraiment à la conduite tranquille tant tout respire le calme. Finalement, au bout d’une vingtaine de kilomètres, la piste se retransforme en route bien asphaltée. Vers 15h, nous arrivons en vue d’un lac qui doit être celui qui borde San Martin.

Allez, nous ne sommes plus très loin, et en effet, une vingtaine de minutes plus tard nous arrivons en vue du village. Dans le même esprit que Villa La Angostura, c’est vraiment charmant. Notre premier arrêt est pour la place principale ou nous souhaitons nous rendre au bureau du Parque Nacional Lanin ou nous nous rendons demain. Bien évidemment, c’est fermé le samedi et le dimanche (tiens donc !) mais juste en face se trouve l’office du tourisme. On décide donc d’y tenter notre chance afin d’essayer d’obtenir des renseignements. Est-ce parce qu’elle est sortie la veille mais l’employée derrière son guichet a autant de motivation qu’une huître. Le guide du routard signale un bon accueil, nous avons plutôt l’impression de l’ennuyer au plus haut point. Elle ne sait évidemment pas nous aider mais nous oriente vers le bureau des parcs nationaux, quelques blocs plus loin. On ne doit pas s’inquiéter, c’est toujours ouvert. On s’y rend donc et contrairement à ce qu’elle nous a dit, ce n’est ouvert que trois matins par semaine … Je dois avouer que l’organisation générale dans cette région commence à m’énerver un peu ! Impossible d’obtenir une information fiable sur internet, passe encore, mais dans les offices du tourisme ça commence à bien faire !

Nous décidons finalement de nous rendre à l’hôtel que j’ai réservé pour les deux prochains jours. La Casona del Alto est classé numéro un sur Trip Advisor et c’est ici que nous fêterons demain l’anniversaire de mon épouse ! Après avoir un peu galéré pour trouver le bon sentier, nous arrivons en vue d’une magnifique demeure tout en bois, avec piscine (chauffée !), spa, jacuzzi, un salon splendide et des chambres magnifiques ! Et le principal: un accueil incroyable du couple propriétaire des lieux ! Quel plaisir de se sentir directement aussi bien dans un lieu nouveau. Nous craignions une ambiance un peu plus « bling-bling », c’est tout le contraire !

Après avoir été faire un tour dans la piscine, nous profiterons d’un repas délicieux concocté par Lilia, la maîtresse des lieux et nous irons nous coucher afin d’être en forme pour aller faire une petite randonnée demain !

Comme d’habitude, ce récit et les photos sont aussi sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Bonjour Scoob,

Je lis, jour après jour, votre périple en Argentine. Je suis très intéressée par cette destination et je trouve votre récit très bien détaillé pour les routards qui ont envie d’y aller. Aujourd’hui, pas de compte-rendu?
J’espère malgré tout que vous allez continuer à nous faire rêver!
Merci et bon voyage!
Santorine

Bonjour Sntorine, content si ce récit peut intéressé quelques futurs partants, c’est bien évidemment dans cette optique la (et pour conserver des souvenirs pour nous) que j’écrit ces petits articles.

Par contre, il faut savoir que la rédaction me prend en gros une heure à une heure et demi par jour. Hier, c’était l’anniversaire de mon épouse et je ne voulais pas lui infliger cela en ce jour spécial :slight_smile:

Je m’y mets donc de suite pour raconter la magnfique journée que nous avons passée hier !

Aujourd’hui, c’est un jour spécial ! C’est l’anniversaire de mon épouse et, qui dit anniversaire dit cadeau, non ? Comme j’aime le spectaculaire, je suis bien décidé à lui offrir un volcan ! Ça tombe bien, il y en a justement un dans la région, dans le Parque Nacional Lanin. Situé à moins de deux heures de route de San Martin de Los Andes, c’est une étape sur laquelle je fonde beaucoup d’espoir même si les infos sont tellement rares que ce n’est pas évident de planifier quoi que ce soit là-bas.

Il n’empêche que finalement, avant de nous mettre en route, j’ai déjà une idée plus précise de ce que nous allons faire. En effet, les propriétaires de notre hôtel sont de grands fans de ce parc et déjà nous mettent l’eau à la bouche. C’est ensuite grâce à un couple d’allemands rencontré au souper que nous prendrons une décision définitive: ils me donnent le plan qu’ils ont reçu sur place et nous en parlent avec tant d’émerveillement que nous allons marcher dans leurs pas. Direction, la partie nord et la petite rando au Lago Tromen !

Etant donné le jour un peu particulier ainsi que la qualité incroyable de l’hôtel ou nous résidons, je ne peux décemment pas passer outre le petit-déjeuner. Normalement servi à 8h30, ils ont acceptés sans souci de l’avancer à 8h pour nous permettre de partir un peu plus tôt. Et heureusement que nous sommes restés: ça sera le meilleur, et de très très loin, petit-déjeuner auxquels nous aurons eu droit depuis notre arrivée. Avec un élément essentiel dans ces cas-là: les œufs !

Finalement, le temps de nous mettre en route, il est 8h45 direction le nord ! A cette heure-ci, encore assez peu de circulation même si de temps en temps, une voiture d’un autre âge la ralentit. C’est alors chacun à son tour que nous devons doubler une Deux-Chevaux sans presque plus de carrosserie ou bien une vieille américaine faisant un bruit de casseroles traînées au sol !

Nous traversons sans problème le village de Junin de Los Andes ou nous refaisons en vitesse le plein. Après un premier essai raté, je trouve la bonne route (direction Alumine, le parc n’étant absolument pas indiqué ici) et je continue en direction du nord jusqu’à arriver à un petit pont à l’aspect … familier ! C’est le même genre que nous avons eu à Tilcara: des planches posées sur d’autres planches sont censées supporter le poids de la voiture avec nous dedans. Le tout a l’air tellement fragile que je suis toujours émerveillé de passer sans même sentir le pont bouger ! Directement après celui-ci, nous birfurquons vers l’Est et le Chili qui se trouve au bout du parc !

Je me lance alors à l’assaut d’un décor de rêve: des prairies entourées de collines, des chevaux, des vaches, des moutons, des petits bois de conifères. Et puis, soudain, il apparaît au loin: le volcan Lanin, complètement enneigé !

Il est vraiment très beau ce volcan, majestueux même. Contrairement à celui du Piton de la Fournaise que j’ai gravi il y a deux ans à La Réunion, celui-ci n’a pas un aspect menacant probablement du au fait qu’il n’a plus eu d’activité depuis le 17ème siècle. De plus, avec son aspect pointu, il perd encore un peu de l’image dure du volcan que j’imaginais: en fait, il est superbe !

Alors que nous avons quitté notre hôtel depuis une heure et quart, nous arrivons déjà à l’entrée du parc, signalée par un panneau de bienvenue.

C’est aussi à ce moment-là que la très bonne route asphaltée se transforme en piste sans difficulté particulière: comme d’habitude, il faut être prudent et rien de grave ne peut arriver. Ce n’est qu’ici, au milieu d’un bois de drôles d’arbres (de la famille des conifères probablement), que nous croisons la première voiture depuis que nous avons quitté Junin de Los Andes. Après moins d’une dizaine de kilomètres, nous arrivons enfin en vue du visitor center. Nous garons notre voiture sur le parking juste en face et entrons nous faire « enregistrer » par le ranger. Ranger qui se limitera à nous demander de quelle nationalité nous sommes, c’est moi qui dois lui demander un plan de la région. J’en profite pour récupérer celui de cette partie du parc mais aussi celui de la partie sud. Ça pourrait servir à d’autres qui souhaiteraient visiter ce qui s’annonce déjà comme un endroit splendide ! (Les photos des plans suivront)

Nous sommes donc ici pour rejoindre le Lago Tromen par un sentier en boucle de plus ou moins huit kilomètres. D’après le plan, nous allons d’abord nous enfoncer dans la prairie avant de repiquer vers le lac en lui-même. Je mets le sac sur mon dos et nous voilà parti sur une piste pour voiture pendant plus ou moins cent mètres avant de la quitter pour le sentier de rando.

En fait de sentier, c’est plutôt une fine couche de terre recouverte d’une végétation rase qui pique un peu (rien de bien méchant, je suis en short, c’est juste la pointe des herbes qui est un peu dure). Aucune difficulté à la suivre cependant, des piquets colorés indiquant la direction. Outre le fait que les environs sont superbes, dans notre dos, le volcan veille toujours !

Nous cheminons comme cela pendant une heure traversant des bosquets d’arbres inconnus. Certains sont recouverts de ce que, à La Réunion, on appelle des barbes de Jupiter: du lichen pendant aux branches des arbres ressemblant en effet à de grandes barbes. D’après les excréments jonchant la piste par moment, il doit y avoir de gros ruminants par ici. Mais tout comme d’autres humains, nous ne croiserons personne durant cette heure-ci si ce n’est quelques insectes volants un peu insistant !

Il est 11h20 lorsque nous débouchons sur une plage magnfique de sable noir longeant le but de notre randonnée: le Lago Tromen !

Ce lac, nous l’avons « entendu » depuis quelques temps car il y a un fort courant ici, du au fait qu’il alimente une rivière (le Rio Malleo) qui prend sa source ici. Nous nous installons juste à l’intersection des deux et prenons le temps de savourer ce moment superbe de solitude et de tranquillité. Quel bonheur d’être ici avec cette impression d’être seuls au monde ! Il est encore tôt mais nous décidons de pique-niquer ici. La veille, nous avions été acheter de quoi manger dans un supermarché. Autant dire que ce n’est pas de la grande gastronomie mais ça remplit son homme.

Après presque une heure passée ici, nous décidons de lever le camp. Le plus dur reste à faire: marcher dans le sable tout le long du lac pour aller récupérer la piste qui démarre à son extrémité. Nous ne sommes pas aidés par le vent qui souffle de plus en plus fort à mesure que nous nous rapprochons du centre du lac mais la vue est tellement belle que ça motive énormément !

C’est seulement maintenant que nous croiserons notre premier être humain: un homme seul en train de courir contre le vent, sur le sable, avec une gopro. Chacun son trip mais lui a l’air de bien souffrir malgré tout ! Ensuite, c’est un couple âgé de pécheurs, que nous dépasserons. Puis, c’est l’interrogation: nous nous trouvons face à un ruisseau large de quatre ou cinq mètres qui se divise en deux bras plus petits qui se jètent dans le lac. Pas de pont pour traverser si ce n’est une branche à l’aspect peu séduisant. Quand on a pas le choix, on a pas le choix, on rentre dans le ruisseau (profond d’une vingtaine de centimètres) glacé. On va pas y passer la journée non plus !

L’impression que cette plage magnifique n’en finit pas est bien évidemment fausse. Nous rejoignons deux petites familles au bout du lac en train d’allumer des barbecues dans des foyers prévus à cet effet. La encore une petite rivière. Les chaussures étant déjà trempées, on la traverse sans même une once d’hésitation. Sauf que la, il y avait un pont quelques mètres plus haut !

La dernière ligne droite du « rectangle » que nous devons parcourir sera la moins intéressante. En effet, nous devons remonter la piste pour voiture jusqu’au visitor center, en plein cagnard. C’est que, à l’abri du vent, il fait vraiment très chaud et nous sommes bien vite obligés d’enlever le gros gilet qui nous protégeait du vent glacial en bas.

Heureusement, après une petite demi-heure comme cela, on rejoint un nouveau bosquet apportant une ombre bienvenue. Une plus grosse rivière nous barre encore la route mais cette fois, un panneau indique un sentier pédestre pour le traverser au sec. La vue depuis le petit pont est à nouveau superbe !

Sur cette portion, nous aurons croisé trois « fainéants » (un couple et un homme seul) qui ne feront que l’aller et retour par la piste pour aller voir le Lago. Bien dommage pour eux car cette courte rando est vraiment très chouette: sans difficulté particulière, elle permet de se retrouver seul au milieu de cette nature superbe avant de rejoindre ce magnifique lac, à un endroit abrité du vent.

Nous sommes donc de retour à la voiture ou nous nous débarrassons de nos chaussures et nos chaussettes humides. J’avais eu la bonne idée d’emporter nos clapettes avec nous: c’est quand même plus agréable que d’avoir les pieds mouillés. La réponse à la question que nous nous posions sera toute trouvée: non, nous n’irons pas faire la rando jusqu’au pied du volcan. Outre le fait que nous avons envie de profiter du confort de notre hôtel en ce jour particulier, nous ne pensons pas avoir une meilleure vue sur ce monstre si beau depuis son pied. Nous nous remettons donc en route pour San Martin.

Le retour se fera sans incident. Seul un policier nous arrête pour un contrôle mais devant mon air « innocent » à sa première question, il décide de me laisser partir. Conseil du jour: prendre cet air-là a déjà fonctionné plusieurs fois (que ce soit ici ou chez nous) !

De retour à l’hôtel, nous décidons de mettre nos maillots pour profiter de la belle piscine chauffée de notre « hôtel » (en réalité, six ou sept chambres). C’est ici que nous ferons la connaissance d’un super couple de canadiens de Vancouver. Ils ont réalisé mon rêve de se rendre en Antarctique et ont eux aussi déjà pas mal voyagé (ça fait plus de vingt ans pour eux, ils ont de l’avance !). Au bout d’une heure de discussion, je décide de sortir de l’eau bien chaude pour me confronter au vent frais en train de se lever. Je prends congé de tout le monde pour aller m’occuper des photos du jour. Après une heure de « travail », mon épouse n’est toujours pas revenue ! Je la retrouve dans la piscine, en grande discussion avec sa nouvelle « copine » canadienne !

Une heure plus tard, le repas est servi. Comme la veille, tout ce que Lili a préparé sera délicieux ! Et, en prime, j’avais demandé secrètement si elle pouvait préparer un petit gâteau d’anniversaire pour mon épouse. Elle n’aura pas fait les choses à moitié ! Il n’a pas que l’air, il est délicieux !

Retrouvez ce récit et les photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Bonjour Scoob (ou bonsoir),

Je ne sais pas trop l’heure qu’il est en Argentine. Ici, en Belgique, il est 18h40.
Merci pour ton récit super détaillé. Je comprends que tu ne puisses pas le faire tous les jours car, après tout, ce sont les vacances qui passent avant tout!
Je patienterai…et j’aurais quelques questions à poser à la fin, après le retour.
A quand le Périto moreno, est-il au programme?
A bientôt et bonnes vacances!
Cordialement
Santorine

Aujourd’hui, réveil à 6h30 pour moi, alors que nous avions décidé de ne pas mettre de réveil aujourd’hui pour cause de programme plus light. Je laisse dormir mon épouse et jette un œil dehors. Ce que je vois n’incite pas spécialement à se mettre en route: il fait gris, il pleut et il y a du vent ! J’en profite donc pour me remettre à jour dans mes récits. Vers 8h30, nous partons dans la salle commune afin de prendre un deuxième super petit-déjeuner. Cet hôtel, je le répète, est vraiment de loin le meilleur que nous ayons eu ici en Argentine mais aussi au cours de tout nos voyages. Tout y est parfait ! En plus, le temps vire au bleu un peu nuageux !

Le programme du jour est le suivant: rentrer à San Carlos de Bariloche pour y passer la nuit car demain nous nous envolons pour notre avant-dernière étape: le Perito Moreno ! Nous aurions pu prendre le même chemin qu’à l’aller mais à partir du moment ou nous ne sommes pas pressés et ou une alternative sympa existe, je choisis la seconde solution ! En gros, d’après l’ami Google Map, quatre heures de route pour 170 kilomètres nous attendent. Etant donné qu’il y a peu de chance qu’on trouve quelque chose à manger sur notre itinéraire, nous décidons de manger à midi dans San Martin de Los Andes et puis seulement de nous mettre en route. Les propriétaires de l’hôtel nous autorisent bien gentillement à profiter de notre chambre autant de temps que nous le souhaitons mais nous disent malgré tout au revoir. C’est un grand jour pour eux, leur fils va être diplômé et ils doivent s’absenter tout les deux. Pendant ce temps-là, mon épouse en profite pour prendre des photos des lieux.

C’est donc vers 11h30 que nous quittons ce lieu qui nous aura vraiment beaucoup marqué en direction du village à quinze minutes de route. Nous en profitons pour nous arrêter au supermarché pour y acheter des bouteilles d’eau, nos gourdes devant être nettoyée absolument avant réutilisation (elles donnent un goût à l’eau !). Nous nous arrêtons dans un snack repéré dans notre guide du routard qui a la particularité de proposer … des hot-dogs ! Ça va nous changer des traditionnels pizzas-burgers-pâtes de ce genre d’endroits.

Avant cela, nous nous déplaçons à l’office du tourisme voisin pour essayer d’obtenir un livre que le propriétaire de l’hôtel nous a montré et qui regroupe tout un tas de trek à faire dans la région. D’après lui, il est gratuit et nous devrions le trouver ici. La motivée d’avant-hier est toujours là et semble toujours aussi débordée de travail mais c’est vers sa collègue que nous nous dirigeons. Elle nous indique qu’ici, ils ne l’ont pas (ça m’aurait étonné !) mais qu’au bureau du parc – de l’autre côté de la place – probablement. Nous nous y rendons pour nous entendre dire que … non. Bon, on ne se faisait pas trop d’illusion mais sur un malentendu, ça aurait pu peut-être se faire.

En attendant, nous partons donc au petit snack pour y manger notre fameux hot-dog. Bon mais particulier: choucroute, saucisse, poivron (pourquoi pas ?) et … frites ! Quoique, en toute honnêteté, ce n’est pas les trois malheureuses frites qu’il y a dedans qui donne beaucoup de goût. L’avantage, c’est que nous avions pris un copieux petit-déjeuner et que nous voulions juste avoir quelque chose dans l’estomac pour tenir jusqu’au soir. C’est chose faite donc on peut attaquer les choses sérieuses.

Il est 12h30 quand nous sortons de San Martin et que nous réempruntons la route de l’aller. Pas très longtemps car assez vite, nous bifurquons sur une piste en direction du Lago Meliquina que notre ami internet d’Argentine nous avait conseillé en lieu et place de Villa Traful. Je ne connais pas ce dernier village mais le chemin que nous utilisons est vraiment très beau. Si au début, la piste est en assez bon état, au bout de quelques kilomètres les choses empirent un peu. Des machines de chantier (nous les verrons plus tard) ont été utilisées afin de « racler » une partie de la piste et créer ainsi deux bandes. Sauf que celle pour les véhicules arrivant en face de nous mesure en moyenne un mètre, un mètre cinquante de large. Ce qui provoque l’une ou l’autre surprise lorsque l’on voit des véhicules arriver face à nous !

Néanmoins, cette situation ne durera que quelques kilomètres et assez vite la piste reprendra un aspect plus habituel. Pendant tout ce temps-là, nous longerons le fameux Lago qui ne se laisse apercevoir qu’entre deux trouées d’arbres. Nous attendrons d’arriver au village de Lago Meliquina et à sa petite plage pour pouvoir le photographier. Le ciel se bouche à nouveau depuis quelques minutes, provoquant cet aspect angoissant au loin.

Après celui-ci, le ciel retourne au bleu/nuageux et le soleil peut ainsi jouer à cache-cache avec nous. Nous pénétrons sans avertissement dans le réel objectif du jour: la Valle Encantado – une autre que celle dans le nord de Salta – ou nous devrions pouvoir jouer aux devinettes !

En effet, cette vallée a la particularité d’être constellée de rochers aux formes – qui avec de l’imagination – humaines ou animales. C’est nous qui décidons à quoi elle ressemble et certaines sautent aux yeux comme ce visage sortant de la roche ou ce lapin géant !

Cet endroit est un véritable enchantement et pendant plus d’une heure, nous nous arrêterons régulièrement afin de photographier encore et encore ces paysages spectaculaires. Alors que tout doucement, nous reprenons de l’altitude, nous avons une vue d’ensemble de cette vallée incroyablement belle !

Après être passé un col, la route – forcément – redescend et c’est là que les choses se compliquent. Il a beaucoup plu cette nuit, rendant la piste – déjà beaucoup plus défoncée que juste avant dans la vallée – assez glissante. De plus, la présence de gros cailloux obligent à de nombreux écarts afin d’éviter d’abîmer notre petite Chevrolet tout en dévalant des pentes assez fortes et en devant négocier des virages assez serrés. En gros, je suis obligé à toute la concentration possible afin d’éviter une sortie de piste ou un dommage malheureux et je ne peux que profiter modérément du paysage. Et, alors que nous sortons de la vallée à proprement parler (un panneau le signale), les choses empirent encore plus. Ce sont carrément des ruisseaux qui se sont créés sans autre possibilité que de tenter le passage.

Au final, aucun problème pour nous mais ça n’était pas loin d’être réellement impraticable en petite voiture si la pluie avait duré plus longtemps.

Finalement, nous parcourons les derniers kilomètres en franchissant obstacle après obstacle jusqu’à retrouver – enfin !- une vraie route qui va nous ramener à San Carlos de Bariloche. Celle-ci longe pendant un petit temps une vraie rivière et offre elle aussi de beaux décors.

Au final, cette route est vraiment très belle mais nécessite quelques précautions quand à la route. Il faut essayer de se renseigner sur l’état de la piste avant de se mettre en route car ça peut vite devenir n’importe quoi !

Nous rejoignons la ville et retournons dans le même hôtel que lors de notre premier passage. J’y ai réservé une chambre, l’employée nous reconnaît mais au moment de payer, le prix annoncé est 50% plus cher que prévu pour nous. Je m’explique: les réservations faites sur internet sont exprimées en dollar américain. Le taux de ce dollar est en moyenne à 8.5 pesos pour un. Hors ici, un panneau l’annonce à douze, ce qui nous fait une augmentation de 150 pesos pour la chambre ! Je paye car son calcul est bon mais dès que j’arrive dans la chambre, je vérifie mes tableaux excel ou je note soigneusement ce que nous payons. Et j’en ai la preuve, nous avions eu un taux à 8.5 la première fois. Je retourne donc la voir pour avoir une explication et ce qu’elle me dit me sidère: il y a deux taux en argentine, l’officiel et le non-officiel, ce que je savais. En trois semaines d’hôtel, tous ont appliqué le taux officiel. Elle m’explique donc que la première fois était une erreur de la part de l’employée présente ce jour-là mais qu’elle est gentille, elle ne nous réclame pas la différence ! J’hallucine ! En gros, on a oublié de vous arnaquer la première fois mais on est gentil quand même ! Le TangoInn Club Hotel est donc à éviter à cause de ce genre de pratique scandaleuse. Si je prends le taux officiel en euro (+/- 10.7 pesos pour un), je me retrouve à payer plus d’euros que de dollars hors ça devrait être l’inverse !

Ce soir, nous irons manger une fondue pour notre dernière journée dans cette belle région !

Comme d’habitude, ce récit et les photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com :slight_smile:

MàJ: Alors que nous rentrons de notre délicieux repas, l’employée de l’hôtel me dit qu’elle va me rembourser la différence, ce qu’elle fera au pesos près. Je laisse le paragraphe car sans avoir été lui poser la question, elle n’aurait pas proposé cette solution

Aujourd’hui, pas grand chose de prévu au programme si ce n’est prendre notre vol pour notre avant-dernière étape: El Calafate et le parc des Glaciers, encore plus au sud de l’Argentine. Je me réveille un peu avant sept heures et laisse mon épouse dormir jusque huit. Nous nous apprêtons à notre aise et nous descendons prendre notre petit (vraiment petit) déjeuner. Ensuite de quoi, nous remontons dans notre chambre attendre l’heure du départ fixée un peu avant dix heures.

Nous reprenons la voiture pour un dernier trajet jusque l’aéroport, situé à une vingtaine de minutes du centre-ville. Nous nous garons et nous rendons au bureau d’Avis ou nous retrouvons le même employé qu’au départ. Il remplit toutes sorte de papiers et me demande de signer … avant le check-out. Je refuse et lui dis que je l’accompagne et que je signerai après. Il insiste un peu mais voyant que je refuse me fais signe de le suivre. Rien à reprocher à la voiture, il termine les papiers et à ce moment-là, j’accepte de signer sans souci.

Entre-temps, mon épouse était parti voir si notre vol était toujours bien à l’heure. A mon retour dans l’aéroport, je vois tout de suite que quelque chose ne va pas. Effectivement, notre vol prévu pour 11h35 est déjà annoncé en retard sans heure de départ … Nous faisons la file pour enregistrer nos bagages et l’employée nous explique que suite à une tempête sur Buenos Aires (encore !), notre vol aura quatre heures de retard ! Décidément, Aerolinas et les horaires ce n’est pas une grande histoire d’amour. En échange, nous recevons un coupon pour manger au restaurant de l’aéroport ou nous nous rendons pour passer le temps. Heureusement, le Wifi est disponible sans souci ici et permet de passer le temps plus agréablement. De plus, alors que nous attendons depuis un peu plus d’une heure, un nouveau message annonce que finalement nous décollerons à 14h. A la limite, nous éprouvons de la joie alors qu’au final nous aurons quand même deux heures trente de retard ! Stratégie d’Aerolinas pour faire passer la pilule ?

Une demi-heure avant l’heure du vol, nous passons le contrôle de sécurité habituel. Sauf que, contrairement à d’habitude, le douanier demande à ouvrir mon sac pour en sortir ma Gopro sur son pied rétractable. Il appelle son collègue qui tout de suite dit qu’il est interdit d’embarquer avec le pied à bord ! Incroyable ! J’en suis à mon quinzième vol avec celui-ci dans mon sac et maintenant, c’est interdit ??? Ne parlant qu’espagnol (ses collègues aussi, pratique dans un aéroport plein d’étrangers !), il n’a qu’un mot à répéter: « Check-in ». Il me fait signe de ressortir et j’en déduis qu’il me dit d’aller l’enregistrer pour le mettre en soute. Je dois crier à mon épouse de me passer mon passeport et mon billet d’avion car avec ces … de policiers obtus, je sens le plan foireux ! Je retourne donc auprès du comptoir d’Aerolinas et me retrouve face à une file gigantesque et une seule employée pour tout ce petit monde … Au bout d’une dizaine de minutes, nous n’avons toujours pas avancé ! Forcément, entre les vols en retard et les vols annulés, les gens sont inquiet et la compagnie doit trouver des solutions. La mort dans l’âme et pour éviter de retarder tout un avion, je me retrouve contraint à l’abandonner dans une poubelle … Merci la police ! On ne sait jamais, je pourrais menacer tout un avion avec un pied de moins d’un mètre ! Je repasse le contrôle et j’embarque quasi tout de suite.

Le vol sera assez mouvementé, la faute à de nombreux trous d’air mais finalement vers 16h, nous atterrissons (avec près de trois heures de retard sur l’horaire prévu). Après avoir récupéré nos bagages, mon épouse me montre un homme avec un panneau à mon nom: c’est l’employé d’Avis qui nous attend car pour la deuxième fois, il n’y a pas de comptoir à l’aéroport. Nous remplissons les papiers avec lui et encore une fois, il tient à me faire signer les papiers avant d’avoir contrôler le véhicule. Encore une fois, je refuse et nous le suivons jusqu’au parking. Bonne surprise, alors que j’avais réservé un modèle équivalent à celui que nous avons laissé à Bariloche, c’est à une Chevrolet Classic à laquelle nous avons droit (comme celle de Salta). Elle offre un coffre beaucoup plus grand ou nos deux sacs rentrent sans souci.

Nous nous mettons en route quelques minutes plus tard vers El Calafate ou j’ai réservé dans une auberge de jeunesse à la très bonne réputation. Sur la route, nous constatons déjà du changement: les paysages sont nus, battus par un vent conséquent et le soleil est pratiquement absent caché qu’il est par une épaisse couche de nuages. Alors que nous approchons de la petite ville d’El Calafate, je me dis tout de suite que c’est là, l’image que j’ai d’une ville de Patagonie.

Nous trouvons sans problème cette AJ moderne, légèrement en dehors du centre de la petite ville. Nous sommes accueillis par un garçon de mon âge qui tout de suite se présente et nous met à l’aise. Super sympa, il parle un bon anglais et il nous explique ce qu’il y a à savoir sur les environs: restos, excursions et compagnie. Il nous montre notre chambre, confortable, et nous le payons tout de suite (au bon taux cette fois !) pour être tranquille.

Le temps de prendre nos aises dans notre chambre et nous repartons à pied vers le centre-ville pour repérer les lieux. Nous nous rendons au restaurant La Zaina qu’il nous a conseillé et après avoir regarder la carte, nous réservons pour dans une heure. Nous nous baladons un peu dans le centre-ville et allons repérer un autre restaurant qu’il nous a conseillé ou nous mangerons normalement demain soir. Non loin de là se trouve une laverie ou nous laisserons notre linge le temps d’aller manger.

Nous retournons au restaurant et nous nous installons. En gros, et pour résumer : le meilleur de chez meilleur de chez meilleur agneau que nous ayons mangé de toute notre vie (cuit pendant plus de six heures, il se détache de ses os à la fourchette et il est cuit dans une sauce au vin), un excellent vin et deux apéros chargés ! Il ne nous en faut pas plus pour oublier les déboires de la journée et c’est un peu … hésitant que nous rentrons à l’AJ.

Demain, nous allons voir à quoi ressemble le Perito Moreno, le fameux glacier ! Nous avons vraiment hâte d’y être et en plus la ville a l’air sympa !

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Aujourd’hui, réveil un peu plus matinal que d’habitude: à 6h ! Le but étant de profiter du petit-déjeuner servi, pour une fois, plus tôt que d’habitude c’est à dire à 6h30. Je dois avouer qu’après le dîner un peu arrosé de la veille, ce n’est pas évident de sortir du lit mais ce que nous allons voir nous motive malgré tout !

A 7h, nous sommes fin prêt à nous mettre en route direction le glacier Perito Moreno situé à 90 kilomètres de là. Avantage en partant à cette heure-là, les routes sont vides de chez vides, à peine croise-t-on l’une ou l’autre voiture ! Pour nous y rendre, nous devons traverser la petite ville d’El Calafate (ou nous dormons) pour ensuite nous diriger vers l’ouest. Le paysage est typique de la Patagonie avec ses grandes prairies d’herbes rases, ses chevaux et ses vaches, le tout entouré par ces hautes collines. Au loin, de grands lacs aux eaux bleue turquoise ajoute une touche de couleur à ce tableau fort sauvage.

Les soixante premiers kilomètres sont avalés en quarante minutes et c’est justement là que se trouve l’entrée du Parc National des Glaciers. Nous sommes arrêtés par un employé qui nous annonce que nous sommes un peu à l’avance pour le parc qui n’ouvre que dans vingt minutes. Un autre véhicule attend déjà sur le petit parking en bord de route et il nous demande d’en faire autant. En attendant, il nous déleste déjà des 430 pesos nécessaires à l’entrée du parc (pour deux personnes). Un groupe de motard américain accompagné d’un guide local arrive eux aussi, puis une autre voiture et … c’est tout ! Avec un peu de chance, nous pourrons profiter un peu seul du parc.

A 8h pile, notre convoi improvisé se met en route. Ce sont les derniers arrivés qui partent en tête suivi du premier véhicule (conduit par des personnes agées !). Ensuite c’est mon tour et les motards ferment la marche. Evidemment, le véhicule devant moi n’avance pas sur cette petite route fort sinueuse et même les motos ont du mal à les dépasser. Finalement, à la première ligne droite (assez courte mais bon), je me lance pour pouvoir arriver au plus vite. C’est que nous sommes pressés de le rencontrer ce monstre de glace !

Puis, avant un virage, je crois l’apercevoir au loin mais déjà il a disparu de ma vue. Puis une deuxième fois et là, je suis quasi sur de moi. Jusqu’à arriver à un point de vue nous le dévoilant d’assez loin ! On peut malgré tout déjà imaginer la taille colossale de ce glacier !

Avant de nous rendre près de ce géant, nous nous arrêtons au petit port à trois kilomètres des passerelles pour déjà réserver notre tour en bateau pour l’admirer d’un peu plus près. C’est un conseil (qui vaut ce qu’il vaut) donné par l’employé à l’entrée du parc car les tours sont apparemment assez vite full. Plusieurs départs par jour sont programmés (10h, 11h30, 13h et ainsi de suite toute les heures trente je pense). Le premier est trop tôt par rapport au temps que nous voulons consacrer aux passerelles ou nous nous rendons, nous choisissons donc celui de 11h30. Nous payons les 180 pesos par personne à l’employée qui nous donne des tickets à présenter tout à l’heure.

Ensuite, nous pouvons enfin avancer ! Le système est simple: avant 10h, nous pouvons monter jusqu’au petit parking situé juste en face de l’entrée des passerelles, après il faut se garer au grand parking situé à un kilomètre de là et relié par des minibus gratuits. Il est donc 8h30 quand nous garons définitivement notre voiture ou sont déjà rassemblés les autres véhicules présents avec nous à l’entrée.

Le site est divisé en plusieurs circuits de passerelles surélevées et offrant des points de vue plus ou moins proche de ce glacier magnifique. Comme nous sommes à peine une vingtaine présent sur place, nous nous dispersons tous dans des secteurs différents. Nous nous dirigeons pour notre part vers le circuit inférieur, qui d’après la carte, est celui le plus proche de la glace. Pour ce faire, il nous faut descendre toute une série de marche en suivant les indications données par de petits panneaux. Les circuits s’intercroisent assez souvent et pour nous y retrouver, nous visons toujours vers le bas.

Arrivé sur la passerelle la plus basse, c’est le choc ! Il est splendide, magnifique, incroyablement beau avec sa couleur bleue extrêmement prononcée. Nous n’en revenons pas de ce que nous voyons, c’est juste extraordinaire.

Je ne vais pas expliquer moi-même les caractéristiques très spécifiques de ce glacier, je vais laisser l’ami Wikipédia le faire pour moi:

« Le glacier Perito Moreno est l’un des trois seuls glaciers de Patagonie qui n’est pas en régression. Le front du glacier fait approximativement5 000 mètres de long, la hauteur de glace est de 170 mètres, dont74 mètres sont émergés. Il avance d’environ deux mètres par jour (700 mètres par an). À certains endroits son épaisseur atteint 700 mètres.

À la différence d’autres glaciers caractérisés par les effondrements de pans de glace, le Perito Moreno détache d’immenses blocs de glace. À n’importe quelle époque de l’année, se produisent des effondrements constants de ses murs de glace. Le front du glacier avance sur le lac Argentino face à la péninsule de Magellan. Quand il atteint la rive opposée, il divise le lac en deux créant des digues naturelles. Les eaux du bras Rico du lac Argentino montent alors (jusqu’à trente mètres) et commencent à éroder le glacier qui devient moins résistant et cède sous la pression. Cet effondrement spectaculaire du front du glacier a lieu périodiquement, mais la fréquence de ce cycle est irrégulière et peut prendre d’un an à une décennie.

La première rupture a été observée en 1917. La dernière date du 2 mars 20121, et les précédentes se sont produites en 2008, 2006, 2004, 1988, 1984, 1980, 1977, 1975, 1972, 1970, 1966, 1963, 1960, 1956, 1953, 1951 (en hiver), 1947, 1940, 1934 et 1917, soit une moyenne d’une fois tous les quatre à cinq ans. «

En fait, depuis que nous sommes arrivés au parking, nous entendons par intermittence de grands roulements de tonnerre dont le bruit se répercute sur les montagnes environnantes. Plus que la vision que l’on a du glacier, c’est cet aspect la qui ajoute une ambiance très particulière au site. En fait, ce sont des morceaux de glace plus ou moins grand qui s’effondre d’un coup et qui plonge dans l’eau glacée du lago. Nous le savons mais difficile de savoir ou se produira le prochain « délestage » du glacier. Comme nous sommes seuls à notre point de vue, nous ne sommes pas dérangés pour attendre le bon moment, les appareils photos prêt à photographier (pour moi) et à filmer (pour mon épouse). Finalement, nous n’aurons pas longtemps à attendre pour voir un immense morceau de glace se détacher dans un vacarme de tout les diables ! Comme nous étions prêt, nous avons tout les deux pu immortaliser ce moment magique !

La scène s’est déroulée à une trentaine de mètres de nous et nous pouvons voir les grosses vagues qui se sont formées s’écraser sur les berges du lac.

Après tout cela, nous décidons d’avancer un peu sur les autres points de vues. C’est incroyable, il est passé 9h45 et nous sommes toujours aussi inexplicablement seul face à ce spectacle magique. Nous prenons notre temps pour admirer le glacier mais déjà nous arrivons au bout de la passerelle et nous commençons à remonter à notre aise.

Il est 10h30 quand nous arrivons au sommet. Des groupes entiers commencent à se déverser sur les passerelles faisant un boucan de tout les diables. Normal en fait, les cars démarrent d’El Calafate à 8h et il leur faut deux bonnes heures pour arriver ici. Si j’ai un conseil et que vous avez votre voiture, faites l’effort de vous lever un peu plus tôt pour profiter d’un moment unique quasi-seul.

Après un rapide passage aux toilettes du restaurant, nous nous mettons en route pour rejoindre le port d’ou démarre notre excursion. A peine dix minutes plus tard, nous voilà à pied d’oeuvre et nous nous mettons dans la file comptant en tout et pour tout trois personnes (une famille argentine). Nous en avons pour une demi-heure d’attente mais nous espérons pouvoir prendre de bonnes places pour admirer le spectacle. Peu de temps après, le groupe de motards (qui avait complètement disparu sur les passerelles) nous rejoint. Cinq minutes avant l’heure d’embarquer, nous ne sommes qu’une petite trentaine et déjà, je me prends à espérer d’un tour tranquille en petit comité. C’était évidemment sans compter sur la « ponctualité » des groupes qui débarquent l’un après l’autre dans leur gros car. Finalement, c’est râpé pour le petit comité !

Nous embarquons bien en premier mais les règles argentine impose que tout le monde soit à l’intérieur lors des manœuvres pour pouvoir écouter les explications de sécurité des accompagnateurs. Nous essayons malgré tout de trouver une place assise au plus près de la sortie pour pouvoir bondir quand on nous en donnera l’autorisation mais on nous demande d’avancer pour laisser la place aux derniers arrivés … (en gros, les groupes quoi !). Quelques minutes après avoir démarré, le signal est lancé et c’est le rush de deux cents personnes (peut-être plus !) vers le pont supérieur. Le bateau n’a que quelques centaines de mètres à parcourir avant de se retrouver face au glacier et ce temps servira à essayer de trouver une place plus ou moins correcte.

Si on excepte le monde qui se jette sur la passerelle de droite et sur le pont supérieur, le spectacle est quand même magique. Ici, au ras de l’eau, on se rend mieux compte de la taille de ce glacier extraordinairement beau. Quel dommage que le bateau ne présente qu’un seul côté sans jamais faire un demi-tour pour permettre à tout le monde d’en profiter. Les gens qui ont réussi à trouver une bonne place la garde bec et ongles et ceux de derrière disent pardon pour passer devant tout le monde. J’en fais même la remarque à une dame qui, bien que s’excusant, n’a pas l’air de comprendre que nous sommes tous en attente d’une place plus intéressante.

Finalement, au bout de vingt minutes à essayer de voler une rapide photo, je déclare forfait et me place à l’avant du bateau avec mon épouse et une petite dame française, toute aussi dépitée que nous. Nous discutons avec elle en espérant qu’à un moment, le bateau va se décider à faire une manœuvre. Dix minutes plus tard, nous sommes exaucés et c’est à notre tour de mitrailler à tout va !

Ici, nous ne verrons qu’un détachement de bloc. Des passerelles, nous sommes tout près du « point de rupture » mais ce n’est pas la même affaire ici. Ce n’est pas grave, le nôtre était vraiment le plus impressionnant de tous. Vers 12h30, le bateau entame son retour au port. En conclusion, l’excursion est à faire pour avoir un point de vue « plus bas » mais je continue à regretter ce tourisme de masse. Ça serait tellement plus confortable avec la moitié de monde (mais tellement moins rentable) !

Nous avions pris à notre AJ des lunch-box qu’ils préparent. Comme manger au milieu des cars ne nous dit pas grand-chose, nous décidons de reprendre la route du retour et de nous arrêter au deuxième point de vue que nous n’avions pas fait à l’aller. C’est une vue similaire au premier mais ça nous fait un chouette endroit ou pique-niquer.

Il est presque 15h quand nous rentrons, enchantés, de notre rencontre avec le Perito Moreno. L’après-midi sera consacrée aux traitements des (très !) nombreuses photos faites aujourd’hui. Vers 18h, nous redescendrons en ville afin d’y déposer notre linge à laver (50 pesos comme partout pour une machine) dans une lavanderia trouvée la veille. Suprise constatée hier, le patron parle un français un peu hésitant mais totalement compréhensible. Nous nous rendrons ensuite dans un restaurant tout proche (l’Isabel) pour y déguster un excellent plat de boeuf mijoté !

Demain, c’est à d’autres glaciers que nous allons nous attaquer !

Comme toujours, ce récit et les photos qui vont avec sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Aujourd’hui, nous pouvons nous réveiller un peu plus tard. Hier, nous avons réservé auprès de notre auberge de jeunesse une excursion d’une grosse demi-journée (pour 900 pesos par personne) pour partir à la rencontre d’autres glaciers, moins connu que le Perito Moreno mais qui devrait malgré tout être assez beau. Le rendez-vous est fixé pour 8h30 au petit port de Punta Banderas, sur la route du Perito, mais plus près d’une quarantaine de kilomètres. Nous pouvons donc déjeuner à notre aise et c’est vers 7h30 que nous nous mettons en route.

La route est la même que la veille, toujours aussi vide de monde et dès la sortie de la ville, je peux un petit peu accélérer. Au bout d’une petite cinquantaine de kilomètres, je quitte la route principale pour suivre les panneaux indiquant le port. Très vite, nous voyons un bateau, pas trop grand et un petit groupe déjà en train d’embarquer. Bizarre, on nous avait promis une foule incroyable sur un grand bateau, c’est le contraire ! Je me prends à espérer mais très vite, je déchante. Ici, ce sont les départs des clients de l’estancia Cristina et pas de Solo Patagonica avec qui nous allons effectuer notre tour. Je le savais, moi, qu’il existait une alternative au gros tourisme de masse et tout le monde me disait le contraire ! Bon, après cela, je ne sais pas à quel prix …

Nous continuons donc un peu plus loin dans le port et la, pas d’erreur, c’est bien le nôtre ! Une foule énorme et trois énormes bateaux sont à l’amarrage, des cars en pagaille sur le parking, quelques voitures … bref, ce que l’on redoutait se confirme. Mais contrairement aux autres fois, nous étions partis avec cette idée-là et nous prenons les choses de manière plus relative. Nous nous garons ou on peut et nous rendons sous la tente ou doit se faire le départ. Avant de nous mettre dans la file, déjà conséquente, nous devons aller nous acquitter des 215 pesos par personne pour l’entrée du parc. Tout comme à Iguazu ou à la péninsule de Valdes, il n’y a pas de système de pass pour plusieurs jours et ils en profitent pour se sucrer à mort sur le dos des touristes. Vraiment dommage car ça pourrait en décourager plus d’un de faire des excursions aussi dispendieuses mais en attendant, les bateaux sont pleins et ça ne risque pas de changer !

Nous attendons en rang bien serré pendant un petit quart d’heure avant qu’un steward n’ouvre les grilles, libérant la meute de touristes que nous sommes. Sur chacun de nos tickets, le numéro du bateau ou nous devons aller est noté et nous sommes répartis en trois files. On embarque quand même finalement assez vite et à l’heure pile prévue, nous nous mettons en route. Comme d’habitude, nous devons rester à l’intérieur pour écouter les consignes de sécurité (et comme d’habitude, comme en avion, personne n’en a rien à faire) avant de pouvoir sortir sur le pont. La conception du bateau est un peu mieux étudiée et si il n’y a pas de pont supérieur sur le « toit », ceux du bas sont beaucoup plus larges. De plus, la moyenne d’âge des participants est assez … élevée et ils ne sont pas vraiment pressés de sortir dans le vent et l’eau projetée par le bateau. J’en profite donc pour me caler dans le coin arrière-droit du bateau et je décide de ne plus en bouger, quoi qu’il arrive. Cette fois, je veux être aux premières loges !

C’est parti pour une bonne heure et demie de navigation en direction du premier des glaciers: Upsala. Avec ses 870 kilomètres carrés, il est grand comme huit fois Paris ! Bien évidemment, nous n’en verrons qu’une infime partie aujourd’hui. Le vent et l’eau me font parfois un peu douté de mon idée de rester au même endroit mais lorsque le premier iceberg apparaît, je ne le regrette pas. La guide l’annonce au micro et tout le monde se rue vers ma position. Pour ma part, je n’ai qu’à mitrailler ces champignons de glace sans bouger.

Un peu plus loin, on approche de deux immenses icebergs. Pas de bol, ce coup-ci, ils sont de l’autre côté. La discussion avec la française d’hier me revient: elle m’a prévenu que le bateau tournait pour que les deux côtés puissent les voir. Je ne bouge donc pas de ma place et j’attend patiemment que la manœuvre s’opère ce qui arrive quelques minutes plus tard. Ils sont vraiment très gros ces deux-là, une petite dizaine de mètres de haut, et je suis obligé d’attendre que l’on s’éloigne pour avoir le recul nécessaire pour les photographier.

Ici, pas de mouette à photographier avec les touristes, l’agence a donc trouvé une autre solution: il détache des blocs de glace des icebergs afin de photographier tout le monde avec et revendre les photos à la fin de l’excursion. Quand nous verrons le résultat vraiment très mauvais, nous ne regrettons pas de refuser leur proposition: les gens sont sous ou trop exposé, la ligne de fond est tellement oblique qu’on a l’impression que le bateau coule, les gens sont devant le sujet à photographier, bref rien ne va !

Après ces deux beaux gros icebergs, nous terminons la route qui nous amène au glacier Upsala. Au contraire du Perito Moreno qui est énorme et majestueux, celui-ci est plus dans … l’artistique. Je m’explique: là ou le Perito est d’un seul « bloc », celui-ci est constitué d’une infinité de petits, offrant des formes incroyablement belle. Les montagnes embrumées derrière offre un contraste saisissant avec ce bleu électrique (qui provient de la diffusion de la lumière dans l’eau « propre » de la glace). Au fond, le champ de glace s’étend à perte de vue …

Une petite pluie se met à tomber mais rien de bien grave, même pas de quoi se mettre à l’abri tant elle sera courte et fine. Le bateau, pendant une demi-heure, s’avancera dans des « bras » du glacier, au plus proche de celui-ci. Le jeu du photographe « professionnel » recommence et encore une fois, la meute de touriste se jette sur le glaçon. J’en profite pour contempler en paix ce spectacle incroyable (ils sont de l’autre côté du bateau).

Malheureusement, il est temps de s’en aller pour découvrir non pas un glacier comme c’était prévu mais deux ! Avant d’arriver au Spegazzini, nous allons pouvoir voir un glacier situé en montagne, le Heim Sur. Celui-ci ne descend pas jusqu’à la mer, il en est même encore loin. Le Perito Moreno a la particularité de continuer à grandir, ce qui n’est pas le cas de l’Upsala et probablement pas de celui-ci non plus. La faute au réchauffement climatique d’après les experts … En attendant, même si il est assez éloigné, il reste malgré tout assez beau, quoique beaucoup moins impressionnant que les autres. Le bateau ne s’arrêtera même pas pour laisser le temps aux gens de le photographier, ce qui provoquera une ruée sur le côté ou je me tiens maintenant depuis plusieurs heures.

Mais tout de suite après, le glacier Spegazzini apparait ! Ce n’est pas le plus grand en superficie (il ne fait que 66 kilomètres carrés) mais il est plus haut de quelques dizaines de mètres que le Perito Moreno. Même si il est moins impressionnant que le dernier nommé, il est vraiment très beau grâce entre autre au cadre qui l’entoure: montagne enneigée, forêt verte, roche nue et les nuages se déplaçant à vitesse grand V. Il y a même une minuscule cascade sur le côté gauche du glacier qui fait énormément plaisir à la meute, à tel point qu’ils en oublient presque de photographier le principal (bien aidé par le professionnel).

Après une demi-heure à le contempler, il est déjà l’heure de repartir vers le port. Cela fait maintenant plus de quatre heures que je suis sur le pont et je commence vraiment à geler. Mon épouse est déjà rentrer se réchauffer et dès que le bateau se met en route, je la rejoins.

Autour de nous, tout le monde boit de l’alcool car dedans, le barman y met comme glaçon, des petits bouts d’Upsala. Pas que j’ai envie de cela spécialement (le glaçon était très bien dans l’eau) mais un whisky pour se réchauffer, c’est un bon remède ! Je vais donc m’en commander un et je prends (pour lui faire plaisir) une petite bouteille de champagne pour mon épouse. A peine les deux sont ingurgités (le mien étant vraiment très rempli, pour à peine deux euros, ils ne lésinent pas sur la dose !) que je m’endors, comme la moitié du bateau. La traversée passera donc vraiment très vite pour nous et il est 14h15 quand nous rejoignons la terre ferme.

En conclusion, cette excursion était bien mieux organisée que les autres, avec des bateaux plus adaptés à la quantité de monde présent dessus. Nous avons pu prendre toutes les photos que nous voulions sans être bousculé dans tous les sens. Les deux glaciers sont différents du Perito Moreno et n’offre pas le sentiment de redondance que je craignais un peu. A faire !

Avant de nous remettre en route, nous nous faisons un sandwich avec le fromage que nous avions achetée hier (sur le bateau, il n’y a rien à manger, que des boissons) suite au conseil de notre rencontre de la veille. En revenant en ville, nous passons acheter de l’eau pour nos randos des deux prochains jours et de quoi mettre sur les sandwichs. Nous irons aussi récupérer le linge que nous avions laissé la veille à la laverie. Ce soir, nous retournons au restaurant La Zaina pour y manger (normalement) de l’agneau cuit à la parilla ! On a hâte !

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Aujourd’hui, après avoir pris notre petit-déjeuner, nous bouclons nos sacs et partons rendre la clé de notre chambre dans ce petit hôtel que nous aurons fort apprécié. Il est 7h40 lorsque nous nous mettons en route pour le petit village d’El Chalten, à un peu plus de deux cents kilomètres au nord d’El Calafate. Haut lieu de la rando, nous allons y passer la journée et celle de demain avant de revenir dormir à El Calafate.

C’est parti pour deux heures de route, à travers un paysage superbe mais … monotone. C’est incroyable comme on s’habitue vite aux belles choses. Nous sommes entourés de grandes prairies avec à notre droite des mesas (colline dont on aurait couper le sommet, laissant un espace plat) telle qu’il y en a dans l’ouest américain et en face, ce sont des hauts sommets enneigés. A cette heure-ci, un samedi qui plus est, il n’y a personne sur la route. En deux heures, je ne doublerai qu’un camion et un 4x4 qui se garait sur le bas-côté.

L’arrivée sur El Chalten, ce petit village de 3000 habitants, est jolie mais se fera sous une microscopique pluie. C’est bien notre veine, nous qui comptons un peu randonner aujourd’hui ! Toute la route s’est faite sous le soleil et ici, de gros nuages recouvrent la cuvette ou se terre le village. C’est dommage car au premier coup d’œil, l’ambiance a l’air sympa, beaucoup moins axée sur le tourisme de masse. Nous traversons entièrement le village pour nous rendre au point de départ de la randonnée. Juste avant d’y arriver, je me trompe de sentier et me retrouve … face à l’hôtel ou nous allons dormir ce soir. Pour le coup, c’est pratique car en fait le sentier démarre à moins de deux cents mètres de là !

Nous garons la voiture sur le bas-côté et nous nous équipons avec gilet et veste car le vent souffle fort et froid. Nous sanglons nos sacs sur le dos et c’est parti pour une petite rando jusqu’à la Laguna Capri, annoncée en quatre heures aller et retour. Il est 9h40.

Pendant une heure quart, nous monterons tranquillement à notre rythme, le long d’une paroi. Le sentier, bien aménagé, nous fait passer tour à tour dans des petits bois ou nous serons à l’abri du vent (et ou nous aurons limite trop chaud !) et puis sur des passages bien dégagé ou le vent se déchaînera sur nous, nous refroidissant sans pitié ! En deux occasions, nous devrons passer sur des planches posées là pour traverser un micro-ruisseau. Les bois que nous traversons sont particuliers, avec énormément de troncs morts au sol. A certains moments, on se croirait presque dans une forêt enchantée, tant tout est calme et paisible. De fait, sur le temps de la montée, nous ne croiserons qu’un couple en train de monter et deux ou trois personnes en train de descendre.

Arrivé au bout de la paroi, un choix se pose à nous: un panneau nous montre que le sentier se divise en deux. A gauche, la Laguna Capri, le but de notre marche. Et à droite, un mirador qui devrait nous permettre de voir le Mont Fitz Roy, la star de la région ou nous nous rendons demain. Après ces deux points d’intérêt, les routes se rejoignent et continuent vers la Laguna Los Tres (objectif de la rando de demain). En gros, grâce à cette configuration, nous avons la possibilité de faire une petite boucle avant de redescendre. Etant donné la météo changeante dans la région, nous décidons de passer par le mirador pour essayer d’apercevoir le Fitz Roy, de continuer un peu jusqu’à l’intersection pour revenir sur la Laguna pour y manger notre pique-nique.

En réalité, le mirador est à cinq minutes de marche de l’intersection mais lorsque nous arrivons, c’est la déception: ce magnifique mont que j’ai tant vu en photo est complètement recouvert par les nuages. C’est d’autant plus frustrant qu’autour, il fait ciel bleu ! Mais on ne sait rien faire face aux caprices de la météo si ce n’est attendre et espérer. C’est ce que nous ferons en montant sur un petit promontoire juste à côté du panneau expliquant les différents sommets. Après une quinzaine de minutes, quelques randonneurs nous ont rejoints et sont déjà repartis. En descendant de notre perchoir, nous tombons sur un jeune d’une grosse vingtaine d’année, tout seul. On se rend compte très vite que nous parlons tout trois français et qu’en plus, nous venons du même pays. La conversation s’engage encore plus facilement que d’habitude et pendant plus d’une demi-heure, nous échangerons sur nos expériences personnelles en Amérique du Sud. Rencontre sympa mais à force de rester sur place, on commence à geler sévèrement. Même si nous avons le même itinéraire à réaliser, nous le laissons partir car il a l’air un peu plus pressé que nous.

A peine une vingtaine de minutes plus tard, les embranchements sont passés et nous nous retrouvons face à la Laguna Capri. C’est un beau petit lac de montagne ou sont censés vivre des multitudes de canard. Pour nous, il n’y en aura pas un seul mais nous décidons malgré tout de casser la croute ici. Nous avions été acheté de quoi faire nos sandwichs, la veille à El Calafate et c’est face à ce décor agréable que nous faisons notre deuxième pause.

Deuxième pause que nous écourterons assez vite, la faute à une quantité de bestioles volantes pas agressive mais terriblement insistante qui envahit les environs. Les gens que nous croisons à ce moment-là ont l’air tout aussi dérangés que nous par ce phénomène soudain. Nous décidons donc de continuer, en espérant nous en débarrasser au plus vite.

Très vite, nous dépassons le petit lieu de camping au bord de la laguna et nous nous engageons sur le chemin du retour. Sur 500 mètres, ces bestioles sont partout et puis aussi vite qu’elles sont arrivées, elles disparaissent ! On en chassera malgré tout encore quelques unes bien plus bas car en fait elles se posent sur les vêtements et puis ne bougent plus … Vraiment bizarre !

Il nous faut une petite vingtaine de minutes pour rejoindre la toute première intersection et un peu moins d’une heure pour rejoindre la voiture. A cette heure-là, une quantité de monde commence à monter et ça nous conforte dans notre choix de commencer notre grosse rando de demain aux aurores. Le retour nous paraîtra donc un peu plus long que l’aller, la faute à d’incessants arrêts pour laisser passer les gens (en montagne, c’est celui qui monte qui a priorité normalement, même si nombreux sont les gens qui l’ignorent !).

En tout, nous aurons boucler le tour en 3h40 (uniquement de marche, sans compter les deux arrêts), sans nous presser. C’est encourageant pour le programme de demain car la rando choisie est estimée en 8h. Comme nous avons respecter le timing donné par les plans, il n’y a pas de raison de s’inquiéter.

De retour à la voiture, nous essayerons d’aller faire des courses mais à 14h, le mini supermarché est fermé. Nous devrons repasser après 17h pour nous acheter de quoi tenir demain matin. Nous allons donc prendre possession de notre chambre et nous avons la bonne surprise d’être surclassé en chambre supérieure. L’employée nous annonce en outre une autre bonne nouvelle: la météo devrait être belle demain !

Comme d’habitude, ce récit et bien d’autres avec leurs photos sur http:aetaenvoyage.wordpress.com

Aujourd’hui, le réveil sonne tôt ! Il est 5h15 quand celui-ci se met en route et quoique je sois habitué aux réveils matinaux, je n’arrive toujours pas à m’y faire. La différence par rapport à ceux que je mets pour travailler, c’est qu’ici, c’est pour aller à la rencontre d’une montagne mythique: le Fitz Roy ! Ni une ni deux, nous sommes prêts et nos sacs aussi. La veille, nous avions prévenu la réception que nous partirions tôt mais personne ! J’essaye bien d’utiliser la petite sonnette mais personne ne me répond. On laisse donc la clé sur le bureau en espérant qu’il n’y aura pas de souci et nous partons charger la voiture. Nous nous rendons quelques centaines de mètres plus loin, au point de départ de la randonnée que nous avons prévue de faire pour approcher ce monstre de pierre: celle de la Laguna Los Tres.

D’après la carte affichée au départ, c’est dix kilomètres aller et forcément dix pour le retour. C’est aussi un dénivelé positif de 770 mètres – ce qui n’est déjà pas rien en soi – mais la majorité se fait sur une seule côte assez courte … Les avis lus ici et là sont unanimes, cette dernière partie va être du sport !

En attendant, il est finalement 6h10 lorsque nous nous mettons en route, complètement seuls. La première partie est exactement la même que la veille, ça grimpe continuellement pendant une heure vingt jusqu’au mirador permettant de l’observer de loin. Sur le chemin, un homme seul avançant à bon train nous a dépassé et nous le retrouvons assis sur un banc aménagé là, en train de déjeuner. Nous avions prévu de faire de même avec les quelques provisions achetées la veille dans le supermarché quasi vide (on aurait du prévoir à El Calafate !) et qui est pourtant le plus « grand » du village. On espérait aussi avoir une belle vue mais comme la veille, le Fitz Roy est enveloppé de nuages. Nous en avons encore pour trois heures avant le terme de notre marche, d’ici la beaucoup de choses peuvent changer et ça ne nous décourage pas ! En attendant, comme souvent durant ce voyage, la conversation s’engage avec cet américain de Los Angeles. On parle de notre projet de la journée (nous avons le même !) et de la météo. Il est optimiste car lorsqu’il est arrivé dix minutes plus tôt, la situation était bien pire. Et dire que la réceptionniste nous avait dit qu’ajourd’hui serait une journée magnifique sans nuage … A mon avis, la météo est ici aussi fantaisiste qu’en Belgique !

En attendant, au bout de dix minutes, nous décidons de nous remettre en route. La journée va être longue et les pauses risquent de s’allonger de plus en plus.

Après le mirador, nous rejoignons assez vite le panneau de la veille mais cette fois, nous ne bifurquons pas vers la Laguna Capri. Nous partons à travers la « plaine » que nous devons traverser sur toute sa largeur jusqu’au camping Poincenot situé d’après les indications à une heure de marche. C’est effectivement le temps que nous prendrons pour parcourir cette immensité magnifique, remplie de petits lacs et de rivières qu’il nous faut traverser sur des planches posées ici et là. C’est la partie la plus facile car c’est plat du début à la fin !

Seul inconvénient, les espèces de mouches que nous avions vue la veille sont de retour, toujours aussi obsédante mais moins nombreuse que la veille !

Nous dépassons le camping, situé dans un petit bois, puis nous traversons encore une ou deux petites rivières avant de nous arrêter au départ de la fameuse pente. Un groupe d’une dizaine de personnes accompagné d’un guide nous rejoint là. Ils sont encore tout frais car ils ont dormi au camping et viennent probablement de se réveiller. Nous décidons donc de les laisser passer pendant que nous mangeons et buvons des produits à base de sucre pour se donner un peu de force.

Le début se fait dans un bois et est assez facile. On se prend même à espérer mais dès que ce dernier est traversé, ce n’est plus la même histoire. En gros, nous avons souffert dans cette côte et j’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre les avis disant qu’il n’y a aucune difficulté ! 470 mètres de dénivelé sur 1.5 kilomètres, c’est raide ! D’autant plus que l’on est souvent obligé d’escalader plus que de marcher ! Evidemment, rien d’impossible en soi mais un panneau indique quand même au départ qu’il faut être en excellente condition physique et nous entendrons même le guide du groupe dire qu’il y a souvent des crises cardiaques ici car les gens ne sont pas préparés à l’effort ! Nous ferons donc toute cette partie tranquillement sans forcer afin de ne pas se vider de nos forces trop vite. Mon épouse ayant moins l’habitude de marcher, je lui laisse la pôle position afin de m’adapter à son rythme, ce qu’elle apprécie particulièrement. Au bout d’une grosse demi-heure, je me retourne et je peux constater que nous avons déjà bien grimpé: la vallée derrière moi est déjà bien bas et je constate le chemin parcouru depuis le mirador situé derrière les collines après le lac.

En attendant, cette partie est annoncée en 1h15 mais nous le ferons en 1h45 avec une petite pause d’une dizaine de minutes au milieu. Le plus décourageant dans tout cela, c’est que l’on croit avoir atteint le sommet mais derrière, deux autres collines (plus petites) nous attendent. Malgré les difficultés rencontrées, lorsque l’on atteint le sommet final, on ne peut qu’être fier de soi et ému face au spectacle que l’on contemple ! La laguna est complètement enneigée et repose au milieu d’un spectacle grandiose de montagnes avec le Fitz Roy en tête d’affiche ! C’est juste magnifique …

Parti à 6h10, nous arriverons pile à 11h, ce qui nous fera 4h50 (pauses incluses) pour une marche annoncée en quatre. Nous pouvons être fier de nous malgré tout ! Nous resterons 45 minutes face à ce spectacle grandiose, espérant que le Fitz Roy acceptera de se dégager un peu plus. Malheureusement, c’est le mieux qu’il acceptera de nous montrer mais nous nous en contenterons malgré tout ! Outre le timing à respecter, ce qui nous pousse aussi à repartir, c’est l’afflux de gens qui arrive. Au début, nous étions une grosse vingtaine mais très vite, ce chiffre passe à trente puis cinquante puis encore plus. Nous sommes bien content d’être arriver dans les premiers pour pouvoir profiter au calme de cette vue dans les plus belles que nous ayons pu contempler jusqu’ici !

La descente est presque aussi dure que la montée d’autant plus que nous devons constamment laisser monter les dizaines de personnes qui arrivent seulement. Ça ressemble de plus en plus à une autoroute par ici et nous ne regrettons pas notre choix d’être parti dans les premiers.

Après avoir retraversé le camping, nous nous accordons une première pause assez brève. C’est qu’il est déjà 13h et qu’à part du sucre, nous n’avons rien d’autre dans l’estomac. Nous espérions être en bas vers 15h pour manger dans le village mais à moins de ne plus nous arrêter jusque là, ça va être difficile à respecter. Néanmoins, nous n’avons pas le choix et nous nous remettons en route.

C’est ici, alors que nous pensions avoir fait le plus difficile qu’un événement va se produire rendant la plaine très désagréable. Ces petites mouches pas trop nombreuses à l’aller se sont multipliées par millions ! Pendant une heure, nous en aurons partout sur nous, se posant sur nos vêtements, nos cheveux et même à l’intérieur de nos lunettes. Elles se posent et puis ne bougent que si on les chasse de la main. Mais attention, sans les écraser, sous peine de se retrouver avec des taches de sang partout sur les mains. Toutes les personnes rencontrées durant cette partie en trimbaleront des dizaines sur eux et il n’y a aucune raison que nous soyons mieux lotis. Nous aurons quand même droit à une rencontre rigolote durant cette traversée: deux jeunes font avancer une courte caravane de lamas portant des provisions. Connaissant la région, ils se sont noués des foulards sur la bouche afin de pouvoir respirer sans avaler ces … de mouches/fourmis/on ne sait pas trop quoi ! C’est à ce moment que je me décide à me retourner pour constater que … le Fitz Roy est complètement dégagé ! Décidément, il ne nous aime pas celui-là …

Les jambes sont de plus en plus lourdes à mesure que nous avançons et cette plaine semble ne plus finir mais lorsque nous arrivons enfin au mirador, les mouches ont disparu et nous retrouvons des forces pour attaquer la descente finale.

Lorsque nous arrivons en bas, nous faisons les comptes. Il est 16h, ce qui nous fait un total de 9h50 pour l’ensemble de la randonnée, pause incluse. Nous aurons donc marché 8h25 pour une rando annoncée en huit ! Nous sommes vraiment enchantés de notre journée de marche et la récompense vaut largement l’effort fourni !

Nous irons vite manger une pizza au restaurant de la veille (très bonne) puis nous nous mettons en route pour El Calafate ou nous passons la nuit. L’hôtel ou nous avions réservé nous a envoyé un mail pour nous annoncer qu’il ne saurait pas nous recevoir et nous proposait une nuit dans une hospedaje (une chambre chez l’habitant) proche de la. Nous nous y rendons pour voir ce que ça vaut et nous sommes agréablement surpris. C’est beaucoup moins cher que prévu et finalement assez confortable. De plus, l’accueil de la propriétaire est charmant et nous acceptons la chambre. Au soir, nous retournons une troisième fois à la Zaina, sans hésiter le meilleur restaurant que nous ayons fait durant ce séjour.

Comme d’habitude, ce récit et les photos sont sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Après la superbe et fatigante journée de la veille, le sommeil fût bon et réparateur. Le programme de la journée est cool: nous devons prendre un avion jusque Ushuaïa, la ville du bout du monde et … c’est tout. Celui-ci décolle à 9h55 et nous avons rendez-vous à 8h45 avec le loueur de chez Avis pour lui rendre notre voiture. Autant dire que rien ne presse, l’aéroport ne se trouvant qu’à une vingtaine de minutes du centre-ville d’El Calafate.

Un peu avant huit heures, nous sommes malgré tout prêt tout les deux, les sacs déjà fermés. Comme il n’y a pas de petit-déjeuner prévu ici, nous décidons de nous mettre en route plutôt que d’attendre bêtement. De nouveau, personne dans la maison n’a l’air réveillé, nous décidons donc de laisser la clé au tableau et partons en silence. Nous faisons un rapide crochet par la pompe à essence du centre-ville, moins cher que les autres car nous devons la rendre avec le plein fait. Ensuite, comme d’habitude à cette heure-ci, quasi personne sur la route et il est 8h15 quand nous garons la voiture sur le parking.

Nous décidons d’aller voir si on peut déjà enregistrer nos bagages pour s’en débarrasser sans se faire trop d’illusion: il est rare que deux heures avant, les comptoirs soient déjà ouvert. Non seulement ce n’est pas le cas ici mais en plus de cela, une file interminable attend déjà. C’est quoi cette histoire ??? Heureusement, les deux employés voyant l’ampleur du travail appellent du renfort et ils sont finalement quatre à expédier l’enregistrement. Je surveille du coin de l’œil l’arrivée du loueur et lorsqu’il est la, je lui fais de grands signes pour lui montrer que ça va être à notre tour. Il vient quand même jusqu’à moi pour prendre les clés pour effectuer le check-out tout seul, ce que je refuse. Peut-être suis-je trop méfiant mais bon, je n’ai pas envie de prendre de risque. Il n’a pas l’air trop content de devoir attendre mais deux minutes après, je lui dis que je suis prêt à le suivre. Je dois avouer que je me demande comment cela va se passer. Ici en Argentine, on ne fait pas le plein soi-même, il existe encore des pompistes. On leur dit ce que l’on veut et on les paye après. Même pas besoin de sortir de sa voiture. Sauf que nous nous sommes rendus compte la veille que la trappe à essence était endommagée. Etait-ce comme cela ou est-ce le pompiste qui l’a abîmée, je n’en sais rien mais je suis curieux de voir comment cela va se passer car il serait difficile de ne pas le voir. Hé bien, sans souci, il n’a même pas l’air d’avoir tiqué. Je signe les papiers, il les signe aussi et on se quitte en se serrant la main. Tant mieux !

L’embarquement se fera sans souci et dans les temps. Incroyable, nous aurons eu un vol vraiment à l’heure ! Et en plus de cela, il n’est long que d’une heure dix et se déroulera sans souci. Une vingtaine de minutes avant l’atterrissage, des secousses se font sentir. C’est apparemment à ce moment-là que je m’endors … pour me réveiller en sursaut lorsque l’avion touche le sol !

Nous avions ici encore loué une voiture, toujours chez Avis. Il existe bel et bien un comptoir dans l’aéroport sauf que c’est le seul à être fermé. Ne voulant pas perdre de temps, je me rends directement au bureau d’informations et leur explique la situation. La dame téléphone et une dizaine de minutes plus tard, le loueur arrive un peu énervé: il avait lu qu’on arrivait à 15h alors que c’était 11h15 … La voiture qu’il nous propose est encore une fois une Chevrolet Classic que l’on commence à bien connaître.

Lorsque nous nous mettons en route, nous avons directement un aperçu d’Ushuaïa car l’aéroport est juste en face du centre-ville sur une presqu’île. Au premier coup d’œil, on a l’impression que ça va nous plaire malgré les six degrés et la toute fine pluie qui tombe. Les maisons sont colorées et la ville est construite sur la pente d’une montagne au bord du fameux canal de Beagle. Vu l’heure, nous décidons d’aller tenter notre chance auprès du Bed & Breakfast ou nous avons réservé pour y déposer nos sacs. L’accueil par le couple propriétaire est véritablement charmant (le monsieur parle un excellent anglais et la dame un très bon français en plus de l’anglais) et leur maison est superbe. Les chambres sont simples mais la literie a l’air d’être de très bonne qualité. Seul petit bémol mais bon, je le savais, c’est la salle de bain partagée avec une autre chambre occupée par un français voyageant seul et partant très tôt demain matin.

Le proprio nous montre plein d’endroits ou manger en centre-ville et nous décidons de suivre son conseil. Pour ce faire, nous jouons les fainéants et descendons en voiture: les rues sont extrêmement pentue – un peu à l’image de San Francisco – et on n’a pas envie de les remonter à pied après avoir mangé ! Nous nous rendons donc dans une petite cafet’ proposant des petits snacks pas trop cher (moins que ce à quoi nous nous attendions en tout cas).

Après cela et comme nous sommes à une rue du bord du canal, nous décidons d’y aller à pied (faut pas pousser non plus !) pour aller rendre un petite visite aux différentes compagnies proposant des navigations sur le canal. Nous souhaitons faire cela demain et on aimerait réserver pour être sur qu’il n’y ai pas de problème. Arrivé à l’endroit ou ils sont tous réunis, nous sommes harponnés directement par une dame souhaitant nous vendre son tour. Nous lui expliquons que c’est pour demain et elle nous explique qu’ils seront probablement tous annulés, la faute à une météo peu clémente. Mais dans une heure, il y en a un et il y a encore de la place. Un peu gros comme façon de faire, nous la remercions et partons tenter notre chance ailleurs. Nous allons chez Rumbo Sur, moins cher pour une prestation équivalente mais contrairement à la première, ce sont des gros bateaux comme nous en avons déjà eu pour les autres excursions. Non merci ! Nous en faisons une troisième, chez Patagonia Adventure Explorer. Plus cher que Rumbo Sur, ce sont par contre de petits bateaux pouvant accueillir trente passagers maximum. Ce qui nous a conquit surtout, c’est la gentillesse du jeune derrière le comptoir, toujours en train de sourire et de rire. De plus, toute l’équipe a l’air comme cela. Mais comme pour la première compagnie, il nous certifie aussi que demain les conditions ne seront pas très bonne surtout comparée à aujourd’hui. Effectivement, alors qu’il nous dit cela, le soleil amène une touche de chaleur au canal. C’est décidé, nous allons la faire maintenant plutôt que risquer demain l’annonce d’une annulation.

Le départ est fixé pour dans une heure et nous rentrons vite au B&B pour nous habiller plus chaudement. Ensuite de quoi, nous revenons aussi vite pour aller payer notre taxe de navigation (15 pesos + 600 pour l’excursion par personne). Lorsque cela est fait, nous allons nous mettre à la table ou quelques personnes attendent déjà et nous regardons les clients de Rumbo Sur embarquer par dizaines voire par centaines sur les immenses bateaux. On ne sait pas ce que la société que l’on a choisie vaut mais ça ne pourra pas être pire que ça (pour info, le même tour chez eux est proposé à 450 pesos par personne).

A l’heure dite, notre guide agé de 25 ans maximum (j’ai oublié son nom !) vient nous voir et nous remet un badge à mettre autour du cou, le temps de passer la sécurité. Nous devons aussi présenter aux douaniers présent la preuve de payement de la taxe et nous pouvons embarquer sur notre petit bateau ressemblant à s’y méprendre à ces tout petits chalutiers de pêche. Comble de la joie, nous ne serons que seize en plus du guide, du capitaine et de son second. Bref, un petit groupe fort homogène ou sept ou huit nationalités se côtoient et tout les âges entre 30 et 60 ans. Alors que nous sortons du port, j’en profite pour photographier la ville.

Avec le guide, le ton est donné tout de suite: il rigole, il charrie même un petit peu, enchaînant les explications en espagnol et en anglais (qu’il parle fort bien !). Tout le monde se sent tout de suite beaucoup plus à l’aise et ça se met à parler dans tout les sens. L’ambiance est et restera très bonne tout le long sauf pour le couple de français, bien décidé à ne pas desserrer les lèvres de l’excursion.

Au programme de ces quatre heures de navigation: un « mini-trekking », des îles peuplées d’animaux marins et l’un des symboles de la ville, le phare des éclaireurs.

Notre première visite sera pour une petite île recouverte de cormorans, ces oiseaux aux allures de manchots mais capable de voler. Il y en a des centaines sur ce petit bout de rocher perdu au milieu du canal. Contrairement aux gros bateaux, nous pouvons approcher très près, à peine quelques mètres du rivage. Le capitaine fait tourner son bateau dans tout les sens pour être sur que nous puissions tous profiter du spectacle, installé soit sur le pont avant soit sur le toit. Ça tangue assez bien mais on peut quand même bien en profiter !

Ensuite, nous devions normalement nous rendre près d’une île habitée par une colonie de lions de mer mais le capitaine estime que pour l’instant c’est trop dangereux. Nous y reviendrons donc plus tard mais je peux quand même capter cette photo que je trouve magique. Je suis à ce moment-là le seul un peu fou à être sur le pont et ce magnifique lion de mer me regarde droit dans l’objectif !

En attendant que ça se calme, nous partons sur Bridges Island. C’est une petite île ou il est possible aux clients de la compagnie d’accoster pour aller marcher dessus. Ce qu’ils appellent un mini-trekking est en fait une petite balade de quarante minutes sur l’île, recouverte d’une végétation malmenée par les conditions climatiques assez rudes de la région. Notre guide nous montrera l’emplacement d’une ancienne habitation des indiens Yamana, premiers habitants de la région quasiment tous décimé en 1930 et dont il ne reste qu’une seule survivante âgée de 88 ans. Ils avaient la particularité de vivre entièrement nu, dans une contrée ou le thermomètre oscille entre 0°C l’hiver et une petite quinzaine en été. C’est surtout le vent, très fort, qui rend le tout assez froid et pour ne pas mourir gelé, ils vivaient en permanence accroupi près d’un feu, enduit de graisse de lions de mer. Pour cette raison, ils dépassaient rarement le mètre cinquante ! Nous aurons aussi l’occasion de frotter nos mains contre ce qui ressemble au premier coup d’œil à de la mousse sur un rocher mais qui est en fait une plante très dure sentant la carotte. Nous verrons aussi de drôles d’oiseaux, ressemblant un peu à des oies et poussant des cris assez bizarre.

Nous finirons cette marche en montant sur un petit promontoire offrant une vue très jolie du canal et de toutes ces petites îles sauvages.

Nous repartons ensuite pour le bateau ou nous attendent le capitaine et son second. Durant notre absence, ils en ont profité pour servir le goûter: petits biscuits, thé, cacao, lait. Nous ne sommes pas très nombreux à profiter des biscuits, la faute à une eau assez agitée. Moment très agréable lorsqu’en plus, un des clients argentin sort sa tasse à maté, le breuvage national que les argentins boivent à toute heure du jour ou de la nuit. Nous n’avions pas encore eu l’occasion d’en goûter et celui-ci nous est offert par un argentin. Comme il est apparemment très impoli de refuser (ce que je ne comptais pas faire de toute façon), j’accepte avec plaisir d’en boire. C’est un pot ouvert sur le dessus qu’ils remplissent d’une herbe (le maté) et sur lesquelles ils versent de l’eau très chaude (mais pas bouillie !) après chaque personne. On le boit à travers une paille obligatoirement en métal. C’est amer mais finalement pas mauvais et je pense qu’on pourrait vite s’habituer aux vertus de cette boisson: ça rend fort, ça soigne et ainsi de suite. Moment très convivial !

Après tout cela, je ressors un peu sur le pont car il fait très chaud dans la cabine. Juste à temps pour apercevoir une autre colonie de cormorans. Comme nous sommes un peu plus loin, on se rend bien compte de la multitude d’oiseaux vivants sur une si petite surface !

Ensuite, nous arrivons déjà sur une autre île habitée elle aussi par des lions de mer. Nous en approchons à quelques mètres seulement et ça me permet de tirer le portrait de ces magnifiques animaux sans souci !

Alors que nous nous en éloignons, je peux faire une photo de ces cailloux perdus en plein milieu de ce bout du monde: à gauche les lions de mer et à droite des cormorans. Voisins mais ne se mélangeant pas !

Pour finir, nous arrivons au fameux phare. J’en ai déjà vu mais celui-ci est extrêmement photogénique, planté lui aussi sur un caillou envahis par les cormorans. Il est surtout très utile pour les bateaux car les courants sont traîtres par ici ! Notre bateau en fera un tour complet avant d’entamer la phase de retour à Ushuaïa.

Le trajet jusqu’au port sera long, la faute à un canal déchaîné qui fera tanguer et rouler le bateau dans tous les sens. Une jeune femme se sentira mal et après avoir lutter quelques instants décidera d’aller prendre l’air sur le pont supérieur. Je pense que nous sommes nombreux à lui en être gré car le spectacle de quelqu’un de malade sur un bateau n’est jamais très agréable (Expérience vécue sur un catamaran en Guyane ou plusieurs personnes étaient malade en même temps. J’ai beau avoir le pied marin, ça reste difficile à supporter pour moi). Pour passer le temps, notre guide organise une petite loterie ou l’enjeu est le drapeau argentin flottant à l’avant du bateau et ou est renseigné la date ainsi que l’attestation de la navigation sur le canal de Beagle. Pour une fois, j’espère gagner car ça ferait un vraiment chouette souvenir mais malheureusement, c’est un jeune italien qui emporte le cadeau. Il aura pour mission de se photographier avec n’importe ou dans le monde et d’envoyer la photo à l’agence qui compile toutes ces photos et en font des posters. Vraiment une super idée.

Il est 19h30 quand nous accostons au port. Nous sommes les derniers à arriver et avant de partir, nous faisons une photo de groupe. Nous irons ensuite manger extrêmement mal dans un restaurant de fruits de mer avant de partir réserver celui ou nous irons manger demain soir et situé juste en dehors du centre-ville. Le reste de la soirée se déroulera dans le magnifique salon du B&B ou j’écrirai mon récit en retard …

Comme d’habitude, récits et photos sont sur http://aetaenvoyage.wordpress.com :slight_smile:

Aujourd’hui, réveil habituel à 7h30 et petit-déjeuner à 8h. On ne sait pas très bien ce que l’on va faire à ce moment-là car nous avons deux programmes pour les deux jours qui suivent et on hésite un peu sur l’ordre à suivre: le parc national ou l’arrière-pays d’Ushuaïa. Finalement, c’est la météo qui va nous décider: il a l’air de faire plus ou moins beau (6°C et des nuages mais on est à Ushuaïa donc c’est pas trop mal !) et nous irons donc au parc national de la Terre de Feu !

Autant le dire tout de suite, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre tant les avis sur internet sont mitigés à propos de toute la région. Pour nous, notre première expérience plus que réussie de la veille nous fait tendre vers le très positif mais ce parc est une énigme. Notre « guide » de l’estancia à la péninsule de Valdes nous en avait dit beaucoup de bien tout autant que le propriétaire de notre B&B actuel. En tout cas, gros avantage pour ce parc, son entrée est pour ainsi dire aux portes de la ville. Il faut juste prendre une bonne piste sur quelques kilomètres avant d’atteindre les petites guérites des rangers. Car qui dit parc national dit payé (140 pesos par personne) ! Mais en prime, nous avons droit à un petit plan ou sont répertoriées les différentes randonnées et promenade qu’offre le parc. Nous l’avions déjà reçu au B&B et nous avons déjà notre idée en tête mais je le laisse m’expliquer, au cas ou quelque chose nous aurait échappé.

Notre programme sera le suivant, nous irons tout d’abord dans la partie la plus touristique: la Bahia Lapataia (plan de gauche) car à cette heure « matinale », il est encore possible qu’il n’y ai pas cinquante cars déjà garé. Nous partons donc sur la piste principale jusqu’au bout du parc. Le trajet dure en tout et pour tout quinze grosses minutes et nous arrivons sur un petit parking. Juste à côté se trouve le panneau annonçant que nous sommes arrivés au bout de la route 3 autrement appelée la panaméricaine car elle part d’Alaska à plus de 17000 kilomètres au nord et ce jusqu’ici !

Nous allons donc commencer par la plus longue des promenades proposées dans ce secteur et qui nous fera longer pendant une vingtaine de minutes cette jolie baie (ballade n°6) à travers un petit bois. Aucune difficulté rencontrée et le seul obstacle est un petit pont constitué de deux planches avec une rambarde. L’intérêt de cette petite marche est la petite plage au bout du chemin qui offre une vue agréable sur la baie. En plus, il y fait extrêmement calme car il n’y a personne d’autre que nous deux ici.

Au bout d’une dizaine de minutes et ayant épuisé les quelques possibilités de photos, nous décidons de retourner au parking pour attaquer une autre promenade. Juste avant d’y arriver, nous faisons un crochet par une passerelle en bois faisant une boucle et offrant aussi une vue (nettement moins jolie que celle de la plage) sur la baie. Il est temps de partir car en un peu moins d’une heure de temps, les cars ont déversés des flots de touristes bruyant écoutant un guide faisant au moins autant de bruit !

Nous enchaînons directement avec une autre marche (ballade n°3) partant elle aussi du parking. Toujours aussi facile, la seule « difficulté » sont les quelques marches menant à un mirador offrant … une vue sur la baie Lapataia ! De nouveau, c’est joli mais moins que celle de la première promenade, nous ne nous attardons donc pas.

Néanmoins, au lieu de retourner vers le parking, nous décidons d’embrayer directement avec une autre promenade. Pour ce faire, nous continuons le chemin principal sur quelques centaines de mètres avant de bifurquer à gauche, un peu avant la route 3 (ballade n°4). Durant quelques temps, nous sommes toujours dans la même plaine qu’auparavant mais ensuite, nous pénétrons dans un bois. C’est assez agréable comme petite marche mais soudain, nous arrivons face à une barrière en fil barbelé ! Le chemin a l’air de partir sur la gauche en longeant la barrière. Au bout de dix minutes, il faut se rendre à l’évidence, nous sommes perdus ! Vraiment bizarre, nous sommes censé rejoindre la route que nous entendons pas très loin mais impossible de franchir les fils barbelés. Nous décidons donc de revenir sur nos pas en maudissant déjà les rangers qui pourraient signaler que cette ballade est fermée ! Jusqu’au moment ou on se rend compte qu’on avait raté un piquet indiquant une bifurcation. Allons bon, on peut donc continuer sans devoir faire complètement demi-tour.

Effectivement, nous arrivons sur la route principale que nous ne faisons que traverser. Le sentier que nous suivons redémarre juste de l’autre côté et nous permet de rejoindre un autre sentier de marche (ballade n°5). D’ici nous arrivons sur le secteur des castors. C’est aussi la marche la plus courte du secteur et forcément, elle est envahie par d’énormes groupes de touristes descendant de cars fort bruyant. Il est évident qu’avec un boucan pareil, nous ne verrons pas le moindre castor mais au moins peut-on voir leur barrage.

Vu le monde, nous ne resterons que quelques minutes et nous partons rejoindre la voiture qui se trouve maintenant à un petit kilomètre de là. Avant d’aller manger au restaurant du parc (à deux jours du départ, nous ne voulions pas retourner faire des courses pour le pique-nique), nous décidons d’effectuer une dernière courte promenade (ballade n°2) jusqu’à la Laguna Negra.

Toujours très courte et encore plus simple que les précédentes, nous débouchons sur un lac à l’eau noire, entourée de tourbes multicolores et d’une petite montagne qui domine le tout. Des petits panneaux expliquent comment s’est formée cette tourbe mais ce qui compte, c’est la vue paisible du secteur.

Nous nous rendons ensuite jusqu’au visitor center du parc, à moins de dix minutes de notre position. C’est aussi là que se trouve le « restaurant » du parc ou nous mangerons une assiette de pâtes chacun pour un prix assez élevé ! Bon, par contre, ce n’était pas mauvais !

Après s’être bien calé l’estomac, nous décidons de suivre les conseils donné par le propriétaire du B&B en allant réaliser une partie d’un trail un peu plus long (plan de droite, trail n°2).

Nous débouchons sur une plage ou nous nous garons. Le sentier que l’on veut faire se trouve là et longe la côte sur huit kilomètres. Nous ne voulons pas tout faire car ça impliquerait un retour long de la même chose et nous n’avons pas assez de temps.

Nous entamons donc le sentier qui passe dans un bois. Ça monte, ça descend mais sans jamais être très compliqué. Par contre, j’aime bien l’ambiance paisible qui règne ici !

Nous finissons par rejoindre une petite plage ouvrant sur une baie et la Redonda Island. Le cadre est joli mais c’est ici que nous décidons de faire demi-tour: le repas de ce midi est un peu lourd à digérer et le beau-temps n’est clairement plus avec nous …

De retour sur la plage, nous faisons attention à la petite case posée sur un ponton et que nous avions à peine regardé à notre arrivée. En fait, c’est la poste de la fin du monde, toute mignonne et bien insolite. Alors que je vois cela, un souvenir me revient en mémoire. Il était question d’un tampon dans le passeport et effectivement sur le côté de la cabane est noté en grand « passeport »!

Nous décidons d’aller jeter un œil à l’intérieur et nous pénétrons dans un drôle de bureau de poste ou les murs sont recouverts de billets de banque étranger, de cartes postales à acheter évoquant les personnages célèbres du pays et un homme tout sourire derrière son comptoir. Un panneau indique que pour 20 pesos, on peut avoir son cachet. Ça ne sert à rien mais ça fait un souvenir sympa pour pas très cher. En plus, on ne peut pas dire que le cachet soit invisible !

Et puis … nous décidons de repartir. Le temps vire au pas très beau du tout et il faut bien avouer une chose: le parc est joli mais n’offre pas un spectacle inoubliable comme on peut avoir à Iguazu ou aux Glaciers. Je peux comprendre la déception de certains même si pour ma part je ne la ressens pas.

Au soir, nous irons manger dans un superbe restaurant construit sur des pilotis au bord du canal de Beagle (le Kuar). La pièce de bœuf cuite dans une sauce sucrée à la bière noire est tout simplement à tomber. Mais en plus de leur cuisine, c’est la vue splendide que l’on a devant les yeux qui offrent deux très gros positifs à ce chouette restaurant à l’accueil sympa !

Ce récit et bien d’autres accompagnés des photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Aujourd’hui, le réveil sonne à 7h30 et nous nous réveillons le cœur un peu lourd. Nous savons que c’est notre dernière journée complète dans ce merveilleux pays et que demain, nous reprenons l’avion direction Paris puis la Belgique. Néanmoins, ce n’est pas une raison pour rester les bras croisés et nous sommes bien décidés à faire une chouette dernière activité. Par curiosité, nous avons ouvert tripadvisor hier pour regarder les classements des attractions dans la région. La première citée ne nous disait absolument rien et notre guide n’en parlait même pas: la Laguna Esmeralda. D’après les multiples avis, le lac est sublime et la randonnée pour y arriver est de type court et sans difficulté si ce n’est de la boue. Comme en plus c’est tout près de la ville, c’est décidé, c’est ce que nous allons faire !

Il fait beau (ciel bleu et nuages) lorsque vers 8h40 nous nous en mettons en route pour sortir de la ville par l’est. Après un contrôle de police très bref (comme souvent, quand ils voient que je ne parle pas espagnol, ils me disent de m’en aller), nous partons sur une jolie route qui serpente entre de hauts sommets. Je ne roule pas trop vite car nous ne savons pas très bien ou se situe le point de départ si ce n’est que c’est le long de cette route. Nous sommes donc à la recherche d’un panneau indiquant la première attraction de la région et nous en serons pour nos frais ! Nous avons bien croisé quelques panneaux indiquant valle del lobos (vallée des loups), nunatak, castorera … et puis c’est le déclic ! Mon épouse me demande si ça ne me dit rien et c’est au moment ou on voit le panneau pour les castors que je me rappelle un plan qu’on nous avait fourni. Elle le retrouve dans la portière et effectivement, nous sommes beaucoup trop loin. Le départ se fait à la vallée des loups !

Je fais donc demi-tour jusqu’au premier panneau aperçu et je m’engage dans le sentier. Quelques mètres plus loin, un panneau indique que nous devons garer la voiture, les bâtiments se trouvant un peu plus loin. Ce sont quelques petites constructions en bois ou vivent quelques dizaines de chiens (l’activité principale du lieu est la ballade en chien de traîneaux). A part ça, personne ! La cafétéria est fermée et c’est le seul bâtiment qui pourrait accueillir un semblant d’accueil. Pourtant, un gros 4×4 est garé là et j’aperçois même de la fumée sortir d’une cabane. Il doit donc y avoir quelqu’un ! Et c’est au moment ou nous nous apprêtions à nous en aller, la mort dans l’âme, qu’une dame arrive derrière nous et s’excuse de son retard. A mon avis, au vu de la tête qu’elle a, nous l’avons réveillée ! Nous lui expliquons que nous voulons effectuer la ballade jusqu’à la laguna et comme on s’y attendait, il faut payer 30 pesos par personne et remplir un tableau d’identification. En cadeau, nous recevons un plan imprimé sur un quart d’A4 fort schématisé expliquant la rando. Rien de bien compliqué, elle nous indique ou trouver l’entrée du sentier (dans le fond de la propriété, après les chiens) et nous dit de suivre les signalisations bleues.

Nous commençons donc cette petite marche (prévue en 1h30 par trajet) par un sentier sous bois tout plat. A peine quelques centaines de mètres plus loin et nous débouchons dans la première plaine de tourbe. Déjà, le cadre est posé: une rivière (que nous allons remonter jusqu’au lac), des montagnes, des couleurs et un sol … élastique ! Vraiment particulier de marcher sur de la tourbe, ça rebondit comme un trampoline ! Non loin, nous pouvons observer à nouveau un barrage de castors mais cette fois, sans une foule qui se presse en beuglant. Dommage, nous n’en verrons pas malgré tout mais je sais que c’est un animal très difficile à observer.

Par contre, jusqu’à présent, oui c’est boueux mais pas de quoi en faire le sujet principal d’un avis sur tripadvisor. Des « passerelles » en bois jetées là permettent de traverser sans trop s’enfoncer et j’avoue que je m’attendais à bien pire jusqu’à quitter la plaine et entrer dans le bois suivant.

Alors là oui, c’est boueux. Certains portions doivent accueillir au moins trente centimètres de boue mais heureusement, des âmes charitables se sont amusées à disposées des bouts de bois, des pierres, des souches pour faire comme un parcours d’équilibre avec la boue comme punition si on se rate. A la limite, moi je trouve ça très amusant et pas vraiment difficile mais si on espère garder ces chaussures propres, il y aura un problème. Peut-être est-ce pour cela que les gens râlent ? En attendant, nous arrivons à la seule « difficulté » du sentier symbolisé par une courte montée mais un peu raide. Rien de méchant bien évidemment et après cela, le plat redevient la norme.

Cette partie dans les bois est un peu plus longue et lorsque l’on arrive dans la dernière plaine de tourbe, on sait que nous nous rapprochons du but. La rivière, que nous avions perdue de vue durant la traversée dans le bois, réapparaît. Le sol redevient élastique et plus boueux que la première fois. Mais c’est tellement joli que nous n’en avons cure et notre seule idée est d’arrivée au sommet du monticule devant nous au dessus duquel doit se trouver la laguna.

C’est donc à un slalom que nous nous livrons à travers cette plaine alors que nous suivons les piquets bleu disséminés tout les vingt mètres. Lorsque nous arrivons au sommet du premier monticule, persuadé d’avoir atteint la récompense, rien. Plus loin, se trouve un deuxième monticule et nous continuons donc à suivre les piquets. Toujours rien au sommet de celui-ci mais nous approchons de plus en plus du fond de la plaine, délimitée par un cercle de montagne. Ce n’est pas au deuxième mais au troisième monticule escaladé que nous aurons enfin le droit de dire: « WAOUH » !

Ce lac est superbe avec ses eaux couleurs émeraude entourés de sommets enneigés et bordé par une petite plage. En plus, pendant quelques courtes minutes, nous serons entièrement seul à profiter d’une telle beauté. Nous serons rejoint par deux allemandes puis par un homme seul mais au final, ça sera tout pendant près d’une demi-heure. Chacun est parti dans son coin et personne ne se dérange pour prendre des photos. Profitant d’un beau rayon de soleil, je joue à photographier le reflet des sommets dans le lac pour une photo assez réussie je pense.

Mais comme souvent, on profite rarement seul d’une telle beauté et vers 11h, alors que nous sommes là depuis trente bonnes minutes, du monde commence à arriver. D’abord deux personnes, puis deux autres et ainsi de suite. Nous sommes content d’avoir commencer cette marche le plus tôt possible pour avoir ces quelques instants de solitude avec un lieu magnifique avant le rush. Nous décidons donc de plier bagages et de repartir par le même chemin. Rien de spécial à dire jusqu’à notre retour au point de départ si ce n’est que le temps commence à salement se couvrir et on sentira même quelques fines gouttes de pluies juste avant d’arriver à la voiture. Finalement, nous aurons marché 2h40 aller/retour ce qui nous situe dans une moyenne basse en terme de temps !

Cette courte randonnée nous aura vraiment beaucoup plu et aura permis de gommer le souvenir de légère frustration de la veille. Notre dernière activité en Argentine nous laissera un chouette souvenir !

Nous irons manger dans un restaurant/bar un peu atypique dans le centre d’Ushuaïa: c’est un ancien marché couvert, tout en bois. Tout un pan de mur est recouvert d’étagères avec un assemblage d’objets d’époques. On ne prend pas le temps de tout détailler mais l’ensemble est vraiment joli. Quand je dis restaurant, ce sont plutôt des picadas (assiette de fromage, charcuterie, … à partager) et des petits snacks qui sont proposés ainsi que des desserts préparés par un chef parait-il français. Ce qui est sur, c’est que l’assiette fromage/charcuterie que nous mangerons sera d’excellente qualité ainsi que la baguette fraîche et délicieuse. Par contre concernant le service, ça sera le chaos intégral alors qu’au final, il ne restera qu’une dizaine de tables pour trois serveurs.

Le reste de l’après-midi servira à remettre à jour tout les récits et photos et au soir, nous retournerons manger un délicieux repas (ainsi que boire quelques cocktails) au Kuar – le restaurant de la veille – pour fêter comme il se doit notre dernière soirée argentine !

Comme d’habitude, ce récit avec les photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Ce matin, nous avons le temps. L’avion qui doit nous ramener en Belgique depuis Ushuaïa ne décolle qu’à midi et nous avons rendez-vous à 11h pour la remise de la voiture. Nous nous sommes donc arrangé avec le propriétaire de notre B&B pour rendre la chambre une demi-heure plus tard que l’heure limite ce qu’il a accepté de bonne grâce. Finalement, vers 10h15, les sacs étant définitivement bouclé, nous décidons de nous mettre en route afin de parer à toute éventualité.
Il est donc 10h35 (l’aéroport étant dans la ville) quand nous nous garons sur le parking. Je suis content: en un mois de conduite sur ces terres, je n’aurais jamais eu de souci ni de véritable stress ! Comme nous sommes en avance pour le check-out, nous décidons de nous diriger directement vers l’enregistrement des bagages. Nous passons devant le tableau d’affichage et, demi-surprise, notre vol pour Buenos Aires est annoncé … avec quatre heures de retard ! Incroyable comme nous sommes presque blasé à l’annonce de cette nouvelle. Nous avions près de sept heures d’escale, nous ne nous en faisons pas trop pour l’instant car le vol qui compte vraiment est le suivant jusque Madrid. Là-bas, nous n’avons que 2h30 d’escale avant de reprendre un dernier vol jusque Paris.
Rien de spécial sur ce trajet qui semblera malgré tout interminable. A Buenos Aires, notre vol partira presque à l’heure, avec juste une petite demi-heure de retard. Nous arrivons donc à Paris, le lendemain soir, épuisé. Mes parents sont à l’aéroport comme nous en étions convenus et ils ne nous restent qu’à effectuer les deux heures trente de trajet jusqu’en Belgique ou après avoir mangé un morceau et pris une douche, nous essayerons de dormir. Pas facile avec le décalage horaire dans un premier temps mais la fatigue accumulée durant le voyage nous permet malgré tout de nous reposer quelques heures.
C’est donc la fin d’un voyage d’un petit mois dans un pays merveilleux. Difficile de tirer des conclusions mais je vais malgré tout essayer en listant quelques points.
Commençons par les points positifs car c’est le plus important:

  • Tout d’abord, les paysages juste sublimes, splendides, incroyables et encore les mots me manquent. En plus de tout, lors de notre voyage, nous avons pu voir différentes zones de l’Argentine très variées: que ce soit les magnifiques chutes d’Iguazu, la roche rouge du NOA, le volcan Lanin ou bien encore les glaciers d’El Calafate, tous resteront des moments magiques gravés dans notre mémoire.
  • La faune, très présente et diversifiée que nous avons pu approcher au plus près: les lamas (et apparentés), les manchots, les lions et les éléphants de mer ou bien encore les tatous et les nandous, tout cela pour nous resterons de magnifiques rencontres.
  • La presque unanimité des Argentins rencontrés lors de ce voyage ont été adorables avec nous. Que ce soit les “hôteliers” (au sens large du terme: B&B, auberge de jeunesse et hôtel), les serveurs, les guides ou les gens rencontrés un peu partout nous ont donné l’impression de nous accueillir à bras ouvert et nous n’avons quasi jamais eu l’impression d’une “amitié monétaire”.
  • Beaucoup de rencontres aussi avec des touristes d’autres nationalités. Plus que dans tout nos autres voyages. Même si la plupart n’ont été que des relations de passages, nous garderons de très bon souvenirs de ces moments. C’est cela aussi qu’on aime quand on voyage. Il est important de ne pas rester dans sa bulle dans ces moments là car ça peut être aussi source de nouvelles découvertes non-prévues: “Vous êtes allés là ? Non ? Hé bien, on vous le conseille - Ha ben oui tiens, on va aller y faire un tour”.
  • La nourriture excellente et copieuse si on s’oriente vers la viande ou la cuisine locale et que l’on va dans les bons restaurants. On a souvent fait d’excellents repas lorsque l’on se fiait aux conseils de tripadvisor ou des hôteliers.
  • La vie, pas trop chère pour des européens, à condition de mettre un peu sa morale de côté (voir mon paragraphe plus loin)
  • Dans tous les endroits ou nous nous sommes trouvés (bien évidemment, nous sommes restés tout le temps dans des zones touristiques et avons évité la capitale), nous n’avons jamais ressenti d’insécurité même le soir. Bien entendu, nous restions prudent et ne sortions qu’avec le strict minimum en argent et le soir, nous n’avions qu’un petit appareil photo numérique avec nous. Aucune paranoïa là-dedans, nous fonctionnons toujours comme cela en voyage.

Si nous devons mettre en avant quelques points négatifs:

  • Le pire probablement est la compagnie aérienne Aerolinas Argentinas et plus globalement la mentalité des “professionnels” du tourisme: des retards, des retards et encore des retards et toujours de la faute d’un autre ce qui peut un peu choquer nos sensibilités européennes. Maintenant, lorsque l’on comprend que s’énerver ne sert à rien, on adopte leur mentalité et on arrête de s’inquiéter avec cela (inutile de venir deux heures à l’avance pour les vols nationaux comme chez nous, la plupart du temps lors de nos vols matinaux, le personnel d’Aerolinas n’arrivait qu’une heure avant l’heure de l’embarquement).
  • La conduite sur les routes et les pistes argentines toujours assez limite en terme de sécurité. Il faut être en permanence attentif, que ce soit vis à vis des autres voitures, de l’état général de la voie ou des animaux qui débarquent sans prévenir. Aucun souci pour moi durant un mois mais nous avons rencontrés un couple qui avait démoli l’avant de leur voiture en tombant dans un énorme trou lors d’un moment d’inattention. Les limitations de vitesse sont un mythe auxquels plus personne ne croit et la règle la plus importante à respecter est l’obligation d’avoir ses phares. Pour certains uniquement en dehors des villes, pour d’autres partout. Afin d’éviter les ennuis, je les allumais automatiquement en démarrant car nous n’avons jamais su trop la vérité. De même que si vous tournez à gauche et devez traverser la voie arrivant en face de vous, il ne faut surtout pas s’arrêter en collant le plus la gauche de votre bande en mettant votre clignotant. Il faut mettre ses feux de détresse et se coller à droite en attendant que toute la circulation se soit évacuée. Un détail qui m’a valu quelques insultes et coups de klaxons !
  • Le système à deux vitesses du taux de change des pesos: un taux officiel qui rend la vie plus chère (pour nous en novembre 10.7 pesos pour un euro) et un taux non officiel qui permet d’économiser un paquet de pesos (nous l’avons eu à 15 pour le même pesos sans nous rendre à Buenos Aires ou il est encore plus intéressant). Malheureusement, pour profiter de ce système, il faut accepter de violer une loi interdisant cela même si elle est plus que tolérée par des policiers fermant très facilement les yeux. Nous avons changé l’intégralité de nos euros comme cela, nous n’avons pas toujours été à l’aise mais nous n’avons jamais été arnaqué d’un centime et n’avons jamais eu de problème de faux billets. Néanmoins, le risque est là et si on tombe au mauvais endroit au mauvais moment, on risque gros. Chacun est libre de prendre sa décision et devra en assumer les conséquences. Cela ne sert à rien de juger le parti pris par l’un ou l’autre car chacun y trouvera son avantage.
  • Le tourisme de masse qui se diffuse de plus en plus (malheureusement un peu partout dans le monde) et qui apporte son lot de groupes bruyant sur des sites qui mériteraient beaucoup plus de calme)
    Tout cela pour dire que ce pays est à visiter tellement le positif dépasse finalement le négatif. C’était notre première vraie expérience en Amérique du Sud (la Guyane étant de l’avis de tous bien différente du reste de ce continent) et déjà nous avons hâte d’y retourner. Dans une bonne année, cette envie se concrétisera sous l’apparence d’un gros trip dans ces splendides contrées !
    Pour terminer, quelques prix rencontrés en ce moments (attention que l’inflation est énorme dans ce pays et que tout les prix indiqués dans les guides ne sont déjà plus d’actualités du tout !).
    Par exemple:
    -215 pesos par personne pour l’entrée à Iguazu ou à la péninsule de Valdes, 140 pour la Terre de Feu.
  • entre 8.80 et 15 pesos le litre de super (en fonction des régions, le moins cher à Ushuaïa, El Calafate ou la pénisule de Valdes et le plus cher dans la région de Salta)
  • Un repas pour deux entre 100 et 600 pesos pour un plat, une boisson (vin ou bière) et éventuellement un apéro et ce en fonction évidemment du type de restaurant. Pour 100 pesos, nous mangions dans de petites comida (cuisine “de famille”) dans le NOA des empenadas avec une grande bière pour deux. Pour 200 à 300, nous étions dans des snacks servant à peu près tous la même chose: pizza, hamburger, sandwich chaud ou plus rarement salades composées avec toujours une bière et ce un peu partout dans le pays. Pour 600, nous étions dans de très bons restaurants de viande et nous buvions alors du vin (aaaah le Malbec !) et de temps à autre un apéro.
  • Le passage à la lavanderia (la laverie) nous a coûté tout le long du séjour le même prix: 50 pesos pour une machine. On dépose son linge, on reçoit un ticket et plus ou moins deux heures après, on récupère son linge lavé, séché, plié et même parfumé.
  • Les excursions (par personne): 900 pesos pour le Glacier Upsala et Spegazzini pour une grosse demi-journée, 600 pesos pour une navigation de quatre heures sur le canal de Beagle en petit comité.
  • Les hébergements: une moyenne de 542 pesos par nuit (tva comprise), toujours en chambre double avec salle de bain privée (sauf à Ushuaïa ou nous aurions pu devoir partager notre salle de bain). Bien entendu, beaucoup moins cher dans le nord (avec une moyenne de 343 pesos par nuit) qu’en Patagonie. Néanmoins, nous nous sommes fait plaisir dans des hébergements plus hauts de gamme pour nos anniversaires ce qui a alourdi un peu la note à Puerto Madryn et à San Martin de Los Andes. Néanmoins, même les auberges de jeunesse sont quand même sensiblement plus cher dans le sud que dans le nord.

Pour finir, je tiens à remercier Chris qui vit sur place et que j’ai rencontré sur les forums du routard. Il m’a aidé à préparer ce magnifique voyage en me donnant ses conseils sur la vie sur place et sur mon itinéraire.

Voilà, dans six mois, un nouveau voyage qui nous amènera cette fois beaucoup plus au nord: en Islande !

Bonjour,

votre compte rendu de séjour en Argentine est très détaillé, et nous nous sommes servis de quelques unes de vos indications, très utiles lors de notre récent séjour
cependant je voudrais signaler une grosse erreur concernant l’itinéraire pour Hornocal

vous indiquez de prendre la piste à droite direction Ocumaso c’est ce que nous avons fait, et après quelques kilomètres de piste de plus en plus accidentée, nous sommes arrivés dans le lit d’une rivière asséchée, sans avoir vu Hornocal, heureusement qu’il n’a pas plu

demi-tour, donc, il faut continuer tout droit au panneau, direction Cianzo et continuer toujours tout droit, on arrive à un péage 30 pesos pour la voiture

MC

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