Bonjour à tous,
je viens de passer 3 semaines à Varanasi pendant la Mahakhumba Mela. C’était tout juste incroyable cette densité de foule, chaque jour je me disais, il ne peut pas y avoir plus de monde et chaque jour, il y en avait davantage.
Pourtant c’était vraiment chouette. Plutôt que le chaos, les indiens s’organisaient spontanément en file et des courants de personnes se coulaient dans les rues étroites et tortueuses de la vieille ville, sur les ghats, et même dans les grandes avenues…
Je suis arrivé sans préparation, ni itinéraire bien précis, mais pas sans amis ou connaissances (j’étais déjà venu 10 ans auparavant); j’ai retrouvé Martin le guide francophone et ses amis. Bénarès a beaucoup changé en 10 ans. Au début, cela m’a fait un choc. Je crois que je ne suis pas si favorable que ça à la modernité. Je dois dire que je ne suis pas fan du corridor et des mirador qui entourent le Vishvanath Temple… Mais rapidement, je me suis aperçu, que le cœur de Kashi demeure inchangé.
Kashi, pour moi, c’est la Cachée.
Je ne crois pas que l’on puisse vraiment rencontrer la ville de la Lumière en restant seulement quelques jours. Il faut rester sur place, et lentement, tranquillement la mystérieuse citée se révèle.
Je suggère d’ailleurs à quiconque désire lever le voile sur la ville de Shiva de se procurer le livre Banaras city of light de Dianne Eec. Il a été réédité récemment et on le trouve facilement dans les deux très bonnes librairies qui sont à asi ghat. On peut aussi se le procurer en format numérique kindle sur amazon pour un prix dérisoire.
Dans Bénarès, le smashan ( le champ de crématation) contrairement aux autres villes indiennes est au centre de la cité, et en constitue le pouls vivant et battant. Ici, le feu brûle jour et nuit. Il y a une intensité à nulle autre pareille. Le quartier s’appelle Manikarnika ghat.
Et c’est dans ce quartier que vous trouverez Martin, un petit indien au cœur immense et un vrai ami. C’est un dévot d’Hanuman, le dieu singe héros du ramayana, dont le cœur est Rama et Sita, et qui est je crois aussi un avatar de Shiva. Le dieu singe a dans varanasi un temple à tulsi ghat et un autre à l’opposé en quittant manikarnika ghat et en se dirigeant vers namo ghat ( un ghat moderne et triste), où l’on peut pratiquer le kushti, la lutte de Bénarès. Je conseille à quiconque aime les sports de combats de se rendre là-bas cela vaut le détour.
Martin habite dans une petite rue paisible, perpendiculaire à la rue qui descend vers le ghat et dans laquelle se trouve un temple de Narasimha et le temple de Tripura Sundari qui méritent tous les deux d’être visités.
Dans la rue de Martin, il y a un temple souterrain magique, avec un lingam extraordinaire. Le silence qui règne dans la petite enceinte est d’une intensité à couper le souffle. On peut lors de la puja matinale faire tomber du ciel l’eau du gange sur les cheveux de shiva et cela aussi cela vaut le détour.
L’appartement de Martin lui même est spacieux, impeccable. Un petit havre de paix dans le tumulte incessant de Kashi.
Directement en tournant à gauche après la rue du temple Tripura sundari quand on est sur le ghat , il y a le meilleur vendeur de thé de toute la ville, et je pense que je les ai tous essayés!
En inde, il y a des rencontres, des gens des liens qui se tissent, des émotions à l’image de leurs épices, parfumées et folles.
En écrivant tout cela, j’ai à peine effleuré la surface. Dans manikarnika ghat, il y a des temples mystérieux partout, cachés par des habitations qui se sont construites autour.
J’ai passé 3 semaines incroyables et j’ai une pensée pour mes amis que j’ai laissé là-bas.
Si vous aimez les temples, la mystérieuse spiritualité vivante de Kashi, n’hésitez pas à vous dirigez vers Martin, il saura orienter vos pas dans les ruelles labyrinthiques de la vieille ville et vous faire découvrir ce devant quoi les profanes passent ratent sans s’en apercevoir.
Martin sera là, comme toujours, à la boutique de thé avec ses amis et ses yeux pétillants.