Carnet de voyage en Australie : Mai 2026

Forum Australie

Australie - Printemps 2026

Immense, l’île continent est taillée sur mesure pour des road trips de légende. Entre forêts humides du Nord tropical, spectaculaires odyssées le long du littoral et outback désertique, les routes de l’Australie vous feront découvrir l’extraordinaire richesse de ce vaste pays, 6 ème plus grand pays du monde.

>> Retrouvez toutes nos photos et vidéos pour chaque journée sur notre site ici : https://www.escapadesauxsommets.com/voyages-découvertes/australie-2026/

Du 27 Avril au 4 Juin 2026 : Là où la terre brule, notre odyssée Australienne :

Pour ce nouveau départ, même esprit que lors de notre précédent road trip en Nouvelle-Zélande : un van, la liberté et une immense boucle à travers l’Ouest Australien, du sauvage littoral à l’outback brûlant.

Lundi 27 Avril 2026 : Trajet Lyon à Paris :

C’est parti pour une nouvelle aventure direction l’Océanie, et plus précisément le 6 ème plus grand pays du monde : l’Australie. Nous quittons Chamrousse après une saison hivernale riche en neige et physique en travail à 16h sous un beau soleil printanier. Direction l’aéroport de Lyon pour prendre le train OuiGo de 20h à destination de l’aéroport de Paris Charles de Gaulle (38€ le trajet à deux personnes). Les paysages défilent pendant que le soleil décline, les montagnes sont désormais déjà loin derrière nous. Nous arrivons à 22h15 à l’aéroport, nous enchaînons par le CDG Val, le métro nous permettant de descendre à l’arrêt PR+ où se situe à 10 minutes de marche notre hôtel. Nous avons choisi d’avoir encore un peu de confort en optant pour une nuit à l’hôtel plutôt que par terre dans l’aéroport, les années passent et ca se ressent tout de même. Ce sera notre seul hôtel durant ce nouveau périple en van ! Il est 23h passé lorsque nous fermons les yeux dans cet hôtel confortable de la chaîne Marriot.

Hébergement : Hotel Moxy CDG 50 €.

Mardi 28 Avril 2026 : Vol de Paris (France) à Perth (Australie) :

À 6 h 15 le réveil sonne, la nuit fut parfaite et reposante. Nous avons fait le bon choix en optant pour du confort en passant la nuit dans un vrai lit, la journée qui nous attend risque d’être bien longue. Nous quittons la chambre à 7 h 15 puis rejoignons le terminal 2A à pied puis avec le CDG Val. L’aéroport fourmille déjà de monde en ce mardi matin. Le trafic aérien de ces grands aéroports reste toujours autant impressionnant. Pour ces 37 jours de voyage, le poids de nos sacs enregistrés est respectivement de 12,9 kg pour Mimi et 13,9 kg pour moi ainsi que un petit sac à dos de randonnée en cabine, comprenant l’appareil photos Canon, le drone Dji Mini 4 Pro, les papiers de notre Road trip et de la lecture. Place désormais à un peu d’appréhension pour ce qui est l’un des plus longs vols commerciaux existant à ce jour. Ce vol direct de Paris à Perth a été créé pour les JO 2024, hélas la guerre actuelle au Moyen Orient va impacter notre vol retour en marquant une escale carburant à Singapour. Pour l’heure, il est temps d’embarquer pour plus de 16 h 30 de trajet assis dans ce Boeing 787-9. Nous décollons à 10 h 25 du sol français et l’arrivée est prévue à 8 h 55 le lendemain sur le sol Australien. Il est temps d’être calme, d’avoir de la patiente et de la maîtrise de soi, c’est tout ce qui me caractérise… Toutefois, le vol est confortable dans un appareil récent, des sièges un peu plus larges que d’habitude et donc un peu plus d’espace pour mon grand corps, 1 m 91 tout de même, et ces petits centimètres supplémentaires se font directement ressentir. L’écran est récent, le personnel agréable et la nourriture suffisante, pour la première fois en avion nous avons même droit à une glace excellente en dessert. Au besoin, nous pouvons nous ravitailler à souhait à l’arrière de l’appareil, mais comme nous n’avons pas pu choisir notre siège, le vol étant complet, nous sommes bloqués tous les deux côté hublot avec des rangées de 3 sièges, nous limitons donc nos déplacements. Le paysage défile assez rapidement jusqu’à la Mer Noir puis la lumière décline laissant place à une longue nuit jusqu’à notre arrivée. Il faut désormais prendre son mal en patience, essayer de ne pas regarder l’heure et rêver de tout ce qui va nous attendre en arrivant sur ce nouveau territoire à l’autre bout du monde.

Dépenses du jour : 5,20 € petit sandwich à se partager avant de décoller de l’aéroport de Paris.

TGV Ouigo Lyon à Paris aller-retour : 116 € soit 58 € par personne.

Parking aéroport de Lyon : 162 € soit 81 € par personne.

Hébergement en hôtel à Paris : 99 € soit 49,50 € par personne.

Billets d’avions avec Qantas aller-retour depuis Paris : 2 530 € soit 1 265 € par personne.

Jour 2 : 29 Avril 2026 : Arrivée à Perth en Australie - Yalgorup National Park

Mercredi 29 Avril 2026 : Arrivée à Perth en Australie - Yalgorup National Park :

Ce long trajet arrive enfin à son terme. Après avoir traversé l’Ocean Indien, nous atterrissons à l’aéroport de Perth à 8h55. Place aux formalités d’arrivées qui sont toujours stressantes surtout après d’aussi longues heures de vol. Nous avons hâte de respirer l’air extérieur et de dégourdir nos jambes. Tout s’enchaîne assez rapidement. Nous prenons un Uber jusqu’à l’agence de location Travellers Autobarn, 15 minutes de trajet pour 18€ à deux.

Perth est la capitale de la côte ouest australienne et la ville la plus ensoleillée du pays, c’est une des villes les plus isolées du monde.

30 minutes suffisent pour récupérer à nouveau notre van Chubby que nous connaissons désormais à la perfection après notre découverte de l’île Nord et Sud de Nouvelle Zélande. Nous quittons l’agence Travellers autobarn à 11h. Il fait déjà 23°C. Nous nous rendons dans un Woolworths faire un gros plein de courses pour 126 €. Hélas nous ne trouvons pas nos petites bonbonnes de gaz butane, nous devons donc nous rendre un peu plus loin dans une enseigne de bricolage Bunnings pour acheter 3 packs de 4 bouteilles ce qui devrait nous faire tout le voyage, ceci pour 11 €. Notre utilisation en Nouvelle-Zealande était d’environ une bouteille pour 4 jours. Nous voici enfin prêt à prendre la route et débuter ce Road trip vers le sud. Nous roulons 1h jusqu’à atteindre le Cape Peron bordant l’océan Indien. Nous profitons de ce spot pour souffler un peu et manger. Il est déjà 14h45 lorsque nous reprenons la route. Au bout de la Mt John Road, nous entrons dans le Yalgorup National Park. Cet arrêt au bord du Lake Clifton nous permet d’observer des Thrombolites. Ce lac s’étend sur près de 20 km parallèlement à la côte et est le moins salé de tous les lacs du parc national de Yalgorup.

À l’origine, cette étendue d’eau s’est formée comme une lagune il y a environ 225 000 ans, pendant une période glaciaire où une grande partie de l’océan était prise dans la glace, ce qui a entraîné le recul des côtes. Un nouveau système de dunes côtières s’est ensuite formé sous l’effet du vent et des vagues, piégeant l’eau à l’intérieur des terres pour créer le lac Clifton.

Aujourd’hui, l’eau du lac est alimentée par les eaux souterraines et son niveau varie tout au long de l’année. En hiver, un important apport d’eau douce souterraine s’infiltre dans le lac, ce qui fait monter son niveau. À l’inverse, le lac s’assèche et se divise en trois bassins peu profonds pendant l’été. La marne calcaire qui tapisse le fond du lac a été récoltée dans les années 1920 pour fabriquer du ciment. Les sédiments étaient pompés du fond du lac Clifton par un pipeline jusqu’aux fours à chaux situés sur la rive est du lac. Une fois séchée, la chaux était transportée à Waroona par voie ferrée. Cependant, l’opération s’est avérée non rentable et a fermé après seulement quelques années d’exploitation.

Le lac Clifton est réputé comme l’un des rares endroits au monde où certaines des plus anciennes formes de vie connues (thrombolites) existent encore aujourd’hui. Il abrite le plus grand récif de thrombolites « lacustre » de l’hémisphère sud.

Nous reprenons un court instant la route jusqu’à notre aire de repos gratuite John Tognela Rest Area le long de la HWY 2. Place à un repos bien mérité et l’organisation de notre van. Cette petite aire sans prétention sera parfaite pour cette première nuit en Australie, des wc, deux lavabos avec de l’eau non potable et la circulation assez proche ne nous perturbera pas plus que ça.

Dépenses du jour : 18 € à deux le trajet en Uber de l’aéroport de Perth jusqu’à l’agence de location Travellers Autobarn (soit 9€ par personne) + 126 € de courses alimentaires + 11 € de gaz.

Location du Van pour 36 jours : Avec assurance complète, table et chaises avec Travellers Autobarn : 2 442 € (2 714 €) à deux soit 1 221 € (1 357 €) (remboursement de 270 € suite à la panne du van à Alice Springs).

Distance du jour parcourue en van : 155 km.

Itinéraire routier : 1h45 : Travellers Autobarn > Supermarché > Lake Clifton Thrombolites > John Tognela Rest Area.

Nuit : Aires de repos John Tognela (gratuit, en bord de route, wc, robinet d’eau non potable).

Site Internet de notre loueur de van : www.travellers-autobarn.fr

Jour 3 : 30 Avril 2026 : Busselton - Leeuwin Naturaliste National Park - Hamelin Bay

Jeudi 30 Avril 2026 : Busselton - Leeuwin Naturaliste National Park - Hamelin Bay :

Vers 6 h, le lever du soleil nous réveille en beauté après cette première nuit dans ce nouveau pays. La circulation certes dense ne nous a pas empêchée de dormir. Nous avons hâte de découvrir ce qui nous attends. La température est fraîche mais agréable sous notre couette. Nous prenons la route direction le sud à 6h45, On The Road Again ! Nous commençons la journée par la découverte de la Jetée de Busselton, c’est la deuxième plus longue jetée en bois de l’hémisphère Sud. Le parking y est gratuit, l’ambiance est très paisible. Les habitants se réveillent autour d’un café en terrasse pendant que d’autres font leur footing matinal. Après un court arrêt courses et plein de carburant, nous reprenons la route une quinzaine de minutes jusqu’à Castle Bay pour voir le Castle Rock. Ce second arrêt de la journée que nous atteignons à 10h nous permet de découvrir le parc marin des Caps Ngari qui est situé dans l’un des environnements marins tempérés les plus diversifiés d’Australie. Lorsque les eaux tropicales chaudes du courant de Leeuwin se mêlent aux eaux froides du courant des caps, on y trouve une grande diversité de poissons, ainsi qu’une diversité d’herbiers marins d’importance internationale dans la baie de Geographe. Adjacents au parc marin des caps Ngari, deux parcs marins australiens protègent des herbiers marins plus profonds et des formations sous-marines au large. Les baleines à bosse et les baleines franches australes migrent à travers les eaux des parcs marins et les utilisent. On peut souvent observer des phoques et des dauphins résidents se nourrir et jouer le long de la côte accidentée. Les trois parcs sont des parcs marins à usages multiples qui accueillent un large éventail d’utilisateurs : des pêcheurs, plongeurs et apnéistes aux surfeurs et kayakistes. Le zonage est une stratégie importante pour la conservation et la gestion marines, garantissant une utilisation durable des ressources marines. La couleur de l’eau est somptueuse. Nous faisons nos premières photos et vidéos au drone. La température est parfaite, passant de 12°C ce matin à 20°C actuellement.

Un peu plus loin, nous marquons de nouvelles pauses au Meelup Beach (point de vue) puis au Point Picquet (point de vue) et au Eagle Bay Beach (point de vue).

Nous reprenons la route jusqu’au phare du Cape d’où nous débutons la courte rando du Cape Naturaliste Loop Track à 11h15 en plein cœur du Leeuwin-Naturaliste National Park. Durant cette marche en boucle de 4 km, nous passons par le Whale Lookout d’où nous pouvons voir une dizaine de dauphins. Nous en profitons donc pour marquer notre pause repas face à cette superbe vue. Nous terminons cette incursion à 12h30 sous une averse soudaine sortie de nulle part. Au bon moment, nous reprenons la route en direction de Hamelin Bay. Nous traversons une région viticole majeure du pays. Une fois arrivé, nous parcourons une petite marche qui permet d’accéder à un point de vue dominant la baie. Hélas aujourd’hui le vent souffle violemment rendant l’océan mouvementé, nous n’y observons aucune raie à notre grand désespoir… Mais la couleur de l’eau rend le décors fabuleux. Dernière ligne droite de la journée pour nous rendre à notre campement du soir. L’heure étant plus précoce qu’initialement prévue, nous décidons de ne pas nous arrêter au camping Alexandra Bridge (20$ la nuit) et de poursuivre sur la HWY 10 jusqu’à une aire de stationnement gratuite au bord de la route : Connolys Flat afin de gagner du temps sur la journée de demain. Durant cette première journée, nous avons eu la chance de croiser le chemin de nos premiers wallabies, kangourous et émeus d’Australie. Nous traversons l’immense forêt de karri avant d’atteindre notre petit chemin en bord de route qui servira d’aire de repos cette nuit. La localisation a été trouvée via l’application CamperMate. L’endroit est certes à deux pas de la route, mais la circulation y est quasiment inexistante, le silence règne. Nous nous retrouvons avec un autre 4x4 et deux autres campeurs sous tente. Il n’y a ni point d’eau ni wc, mais grâce à cette avancée supplémentaire sur le trajet, nous nous retrouvons à moins de 45 minutes du parc D’entrecasteaux que nous découvrirons dès demain matin.

Dépenses du jour : 29€ (47,30 $ AUD) plein carburant + courses alimentaires Aldi 12 €.

Distance du jour parcourue en van : 393 km.

Distance du jour parcourue à pied : 10 km.

Itinéraire routier : John Tognela Rest Area > Cape Naturaliste (2h pour 170 km) > Hamelin Bay (1h30 pour 100 km) > Connolys Flat rest area. Soit 4h30 de route.

Nuit : Connolys Flat (gratuit - sans commodités au bord de la route sous les arbres).

Jour 4 : 1er Mai 2026 : D’Entrecasteaux National Park - Valley of the Giants - William Bay National Park

Vendredi 1er Mai 2026 : D’Entrecasteaux National Park - Valley of the Giants - William Bay National Park :

Cette seconde nuit de ce Road trip fut bien plus fraîche que la précédente et temporairement pluvieuse. Il est 6h15 lorsque nous nous réveillons avec un petit 8°C. Il nous faut 45 minutes de route pour atteindre Salmon Beach notre premier arrêt du jour. Le ciel est partagé entre timides éclaircies et vagues pluvieuses. Les arcs en ciel jalonnent ce magnifique paysage de bout du monde. Nous arrivons sur cette plage battue par des vents violents à 7h30. Nous sommes seuls au monde pour profiter de cette ambiance et prenons notre petit déjeuner face à l’océan déchaîné. Nous poursuivons un peu plus loin jusqu’au Point D’Entrecasteaux. Le soleil est de retour nous laissant profiter amplement de ce lieu hors du temps et toujours totalement seuls au monde. Nous accédons dans un premier temps au belvédère de Windows à 200 mètres de là. Une fenêtre naturelle taillée dans la roche et surplombant l’océan dans un cadre très aérien. Puis nous effectuons une courte boucle panoramique dominant les falaises reliant Windy Harbour et Point D’entrecasteaux. Le vent est omniprésent et rend cet environnement exigeant et hostile.

Nous terminons cette escapade dans ce parc national par le Tookulup, un arrêt en bord de route donnant accès à un nouveau point de vue surplombant d’abruptes falaises. Tarifs de ce parc : 17 $ par véhicule, paiement possible par horodateur ou comme nous en prenant le pass de 5 jours donnant accès aux différents parcs.

À 11h30 nous débouchons dans la forêt ancienne de la Valley Of The Giants. Le Red Tingle, espèce d’eucalyptus endémique de la région de Walpole, peut atteindre 75 m de haut et 25 m de large à sa base, et vivre plus de 400 ans. Ils sont connus pour leur résistance au feu. Un sentier avec passerelles permet de la surplomber : la Valley of the Giants Tree Top Walk (21 $/ personne soit 12€ / personne) mais nous réalisons plutôt le sentier de l’Ancient Empire gratuit quant à lui. En chemin, nous écoutons le chant des oiseaux dans les sous-bois et le vent dans la cime des arbres, nous sentons le parfum des feuilles d’eucalyptus et cherchons des fleurs sauvages ou des champignons. Après cette parenthèse forêt, nous reprenons la route une vingtaine de minutes jusqu’à Conspicuous Cliff Lookout. Une marche d’une dizaine de minutes permet de contempler et de dominer deux immenses plages paradisiaques à l’eau turquoise. Le vent souffle à nouveau fort laissant dérouler de magnifiques rouleaux sur une plage de sable fin. Nous sommes une nouvelle fois seuls au monde face à cette nature sauvage. Ce sera le spot parfait pour prendre notre pause repas du jour. Une fois notre ravitaillement prit, un bon bol de nouilles chacun, nous reprenons la route durant 45 minutes jusqu’au William Bay National Park. Nous débutons l’après-midi par les Greens Pool, l’une des plages les plus emblématiques d’Australie avec une eau truquoise, accesible via une courte promenade reliant l’Elephant Rock. Protégé de la puissance de l’océan Austral par d’énormes rochers de granit, Greens Pool est célèbre pour ses eaux calmes et turquoise et sa plage de sable blanc immaculée. L’eau claire et la vie marine abondante en font un site de plongée en apnée privilégié des locaux et des visiteurs. Une grande variété de poissons et d’autres créatures marines peuvent être observées ici toute l’année. Faites de la plongée en apnée et observez la merveilleuse vie marine dans son habitat naturel. Vous pourriez voir des étoiles de mer colorées accrochées aux rochers ou des bancs de dorades buffles ou de poissons-zèbres. La pieuvre sombre, la sériole bleue de l’Ouest sont quelques-uns des habitants les plus insaisissables de la piscine. Nous enchaînons sur les formations rocheuses d’Elephant Rocks qui se font avalées par les vagues de l’océan.

Un peu plus loin, deux nouvelles plages paradisiaques valent le détour : Waterfall Beach puis Madfish Bay. Nous patientons entre chacune d’elle pour savourer au mieux des couleurs, le soleil souhaitant jouer à cache cache avec nous aujourd’hui. Il faut suivre un sentier jusqu’à la plage pour voir la petite cascade qui a donné son nom à cette plage. Cette eau froide et claire coule toute l’année et provient d’une source située au cœur du parc national de William Bay.

À 16h, il est déjà temps de quitter ce parc majestueux et de reprendre la route durant une heure jusqu’à notre campement du soir. Entre temps, nous marquons une courte pause à Denmark pour anticiper le plein de carburant pour le lendemain. L’Albany Corner East Campground est géré par la commune, le paiement s’effectue avec un horodateur, il y a des poubelles et de sommaires toilettes et des emplacements numérotés parfois espacés parfois les uns à côté des autres. Un petit chemin permet d’accéder à une colline offrant un point de vue panoramique sur la plage en contre-bas, nous y accédons à temps juste avant la tombée de la nuit vers 17h30. Ce fut une seconde journée encore bien remplie, non-stop du lever du soleil vers 6h30 au coucher du soleil. Seul petit bémol de la journée, un vent fort rendant l’ambiance fraîche avec une température ne montant pas au dessus des 15°C. Légère frustration face à cette eau turquoise donnant envie d’y faire un plongeon. Mais grâce aux courtes averses de pluie, le paysage est étincelant sous la lumière du soleil sublimé par de nombreux arcs en ciel ponctuant la journée.

Dépenses du jour : Plein carburant à Nortcliffe (26.42€ soit 43 $ AUD ) + plein carburant Denmark (34.52€ soit 56 $ AUD).

Distance du jour parcourue en van : 328 km.

Distance du jour parcourue à pied : 8 km.

Itinéraire routier : Connolys Flat > D’entrecasteaux National Park (2 h pour 160 km) > Valley of the Giants Tree Top Walk > Parc national de William Bay > Albany Cosy Corner East Campground (6 h de route +3 h de visite).

Nuit : Albany Cosy Corner East (15 $ le site soit 9 € à deux / paiement par CB sur une borne horodateur / wc). www.albany.wa.gov.au/facilities/recreation/camping.aspx

Site Internet sur la Valley of the Giants : www.treetopwalk.com.au

Jour 5 : 2 Mai 2026 : Torndirrup National Park - Two Peoples Bay Nature Reserve - Fitzgerald River National Park

Samedi 2 Mai 2026 : Torndirrup National Park - Two Peoples Bay Nature Reserve - Fitzgerald River National Park :

La nuit fut excellente bercée par le son des vagues. Nous nous réveillons vers 5h45 et quittons le Campground vers 6h15. Il fait 13°C lorsque nous prenons la route jusqu’au Torndirrup National Park. Au bout de 45 minutes de route, nous marquons notre premier arrêt au Salmon Holes Beach. Une première petite plage au charme fou malgré un ciel plutôt couvert ce matin. De nombreux pêcheurs y ont élu domicile. Puis nous traversons jusqu’à la Misery Beach sur le versant opposé. Nous nous retrouvons sur cette petite plage isolée dans un calme absolu. Les lumières sont étranges sous des nuages nombreux mais laissant tout de même percer quelques rayons du soleil. Nous terminons ce parc par le Natural Bridge et The Gap, et quel spectacle en arrivant, le soleil illumine le lieu alors que le ciel au loin est ténébreux offrant des lumières grandioses. Peu à peu, se dessine un premier puis un second arc en ciel dans l’alignement d’une île baignée par le soleil. Tout ceci avec un arche rocheux naturel au premier plan et un océan turquoise déchaîné à nos pieds. Nous sommes aux anges grâce à cette météo qui nous réserve finalement de bien belles surprises. Et une nouvelle fois, nous profitons de ce lieu dans une solitude totale étant en hors saison et de bon matin. Tout ce dont nous rêvons. Il est tout juste 8h30 lorsque nous reprenons la route direction Albany avec déjà des images plein la tête qui resteront gravées. Nous y marquons un arrêt carburant et un petit ajustement en courses. Albany compte 40 115 habitants. Ce port fondé par les Britanniques en 1826 pour servir d’avant-Poste contre la menace française dans la région est la plus vieille ville d’Australie-Occidentale. Albany s’étend sur les terres traditionnelles des Aborigènes noongar minang qui l’appellent Kinjarling. Depuis quelques années, la ville porte d’ailleurs officiellement les deux noms. Elle arbore fièrement son identité portuaire et ouvrière qui transparaît à travers son passé baleinier, ses sites historiques et ses chants de marins. On y trouve d’excellents musées, une culture urbaine faite de street art, des musées du surf, ainsi que des plages et de séduisants sites côtiers. Les environs foisonnent de beautés naturelles, de forêts sublimes et de plages magnifiques, de vignobles et d’activités de plein air. Les parcs nationaux de Stirling Range et de Porongurup ne sont pas loin non plus.

Nous nous dirigeons à présent vers Two Peoples Bay Nature Réserve avec la fameuse Little Beach. Une plage tout simplement merveilleuse, sublimée par le soleil qui fait son retour. Le sable fin plonge dans une eau turquoise et transparente. Nous sommes obligés de nous mettre à l’eau qui est aujourd’hui plus douce que l’air extérieur. Nous arrivons à faire voler le drone mettant en valeur ce petit coin de paradis. Puis un long trajet nous attend, nous suivons la South Coast Highway et marquons une pause vers 12h30 à Wellstead. Un hasard, cette minuscule bourgade entre montagne et mer propose une petite aire de repos et surtout une douche chaude gratuite. Nous profitons de l’occasion pour enfin nous laver, depuis que nous sommes arrivés nous n’en avons pas eu l’occasion. Après ce profitable arrêt repas et toilettes, nous reprenons la route en direction du Fitzgerald River National Park. Nous roulons à présent sur d’interminables lignes droites au milieu d’un paysage devenant peu à peu aride. La verdure se fait de plus en plus rare et la circulation devient de plus en plus faible. À 16h nous entrons dans le parc. Avec ses 3 300 km de nature sauvage et préservée, le Fitzgerald River National Park forme une zone de première importance de par sa richesse végétale. Parmi les 2 500 espèces de plantes qui y ont été dénombrées (représentant 20% des espèces répertoriées en Australie-Occidentale, dont 135 endémiques), on trouve la moitié des orchidées présentes dans l’État (dont 75 endémiques). Le parc abrite aussi 29 espèces de mammifères et 209 espèces d’oiseaux. Véritable havre pour les amoureux de la nature, il est parcouru par un vaste réseau de sentiers de randonnée, et englobe de belles plages de sable blanc, des routes côtières et des points de vue panoramiques. Du côté est, le tronçon sud de Hamersley Drive, entièrement bitumé, traverse le parc depuis Hopetoun pour rejoindre certaines des plus belles plages (Four Miles, Barrens, Mylies et West) et le Cave Point Lookout. À l’ouest vous attendent Point Ann et de superbes itinéraires de randonnée, comme le Point Ann Heritage Trail, le West Mount Barren et le Mamang Trail, plus ambitieux, mais nous n’aurons pas le temps d’aller de ce côté là.

La route est longue entre Albany et Esperance, les deux principales villes de la côte sud de l’Australie-Occidentale, distantes de près de 500 km. Par chance, le Fitzgerald River National Park se trouve exactement à mi-chemin et mérite amplement le déplacement. Il n’y a pas de meilleur spot en Australie pour observer des orques. On en repère régulièrement en été au large de Bremer Bay, où elles attirent les foules. La baie marque l’entrée du Fitzgerald River National Park qui constitue le cœur de la Fitzgerald Biosphere Reserve, l’unique réserve de biosphère d’Australie-Occidentale, riche de 2 500 espèces végétales. Le parc se divise en deux zones distinctes: on accède à la partie ouest par Bremer Bay, tandis que la partie est commence à la petite station balnéaire de Hopetoun. Des deux côtés, les campings et les plages ne manquent pas.

Nous atteignons le Four Mile Campground à 17h15 juste avant la tombée de la nuit, comme toujours, après une journée bien remplie de l’aube au crépuscule. Le camping est parfaitement bien situé, les emplacements sont propres et espacés avec des espaces de vie couvert récents (planchas, eau non potable, gaz, wc secs, douche), avec en bruit de fond, les vagues car l’océan n’est jamais bien loin.

Dépenses du jour : Carburant 12€ (19$ AUD) + courses alimentaires 31€.

Distance du jour parcourue en van : 489 km.

Distance du jour parcourue à pied : 6 km.

Itinéraire routier : Albany Cosy Corner East > Torndirrup National Park > Albany > Little Beach > Fitzgerald River National Park > Four Mile Campground (5 h 30 de route).

Nuit : Four Mile Campground (20 $ / personne, eau non potable, douche chaudes, robinet confort pour la vaisselle, réservation en ligne, 10 emplacements). exploreparks.dbca.wa.gov.au/site/four-mile-campground

Jour 6 : 3 Mai 2026 : Esperance - Cape le Grand National Park - Norseman

Dimanche 3 Mai 2026 : Esperance - Cape le Grand National Park - Norseman :

Une nouvelle nuit bercée sous le son des vagues prend fin, la 4ème déjà de ce voyage. Que le temps passe vite, à une allure bien différente que durant notre vie en France.

Nous repartons à l’aventure à 6h30 et quittons ce Fitzgerald National Park via la minuscule ville de Hopetoun. Nous faisons un arrêt carburant dans une Road House à Munglinup (2.29$ AUD le litre soit 28.50€). Nous en profitons pour prendre le petit déjeuner. Il nous reste encore 115 km de route sur la South Coast Hwy avant de rejoindre Esperance. Un peu avant Esperance, nous bifurquons à droite par la Great Ocean Drive en longeant le Pink Lake. Cette route panoramique domine plusieurs plages de toute beauté, citons les plus belles : Ten Mile Lagoon, Ten Mile Beach, Observatory Point, Twilight Beach et Blue Haven.

Peu avant midi, nous prenons la direction du Cape le Grand National Park. Nous marquons deux arrêtes principaux : à Lucky Bay avec son sable blanc et ses eaux cristallines. C’est un véritable havre de paix où les kangourous se baladent sur la plage. Nous prenons notre pause repas ici dans ce cadre idyllique. Et notre second arrêt à Le Grand Beach, une autre plage immense à perte de vue.

Il est temps de reprendre la route, de revenir un peu sur nos pas jusqu’à Espérance puis de filer sur Norseman via la Coolgardie Esperance HWY. Nous grimpons au Beacon Hill, il y a un panorama remarquable dominant la ville et offrant des vues magnifiques et une végétation fascinante. En contre-bas, une mine d’or en pleine activité, même un dimanche, qui produit jusqu’à 28 tonnes d’or par an. C’est l’une des plus anciennes d’Australie, elle a été fermée de 2014 à 2022 pour d’importants investissements. Grâce à ces mines, l’eau est acheminée par canalisations jusqu’à la ville, ce qui a considérablement stabilisé l’économie locale. Toutefois, nous sentons tout de suite une importante différence de niveau de vie par rapport à toutes les villes précédentes. Une population aux différentes origines et des habitations plus modestes faîtes de tôles. Perth est déjà à 562 km à vol d’oiseau d’ici. Pour clôturer cette journée, il nous faut encore 10 minutes de route après une bifurcation sur la Nationale 1 HWY jusqu’a notre bivouac du soir sur l’aire de repos Norseman East en bord de route. Aucune commodité mais de l’espace pour s’éloigner légèrement de la route ou les Road Train deviennent plus nombreux. Le coucher de soleil est majestueux au dessus de cette basse forêt semi-aride. Il est déjà 17h45, la nuit est là, place au repas et à un peu de repos. Nous passerons la nuit isolée du monde.

Dépenses du jour : plein carburant à Munglinup 28.50€ + plein carburant 50,50 € + plein carburant 13,88 € + plein carburant 25.54 €.

Distance du jour parcourue en van : 586 km.

Distance du jour parcourue à pied : 5 km.

Itinéraire routier : Four Mile Campground > Ravensthorpe > Esperance > Cape Le Grand National Park > Norseman East Rest Area (6 h 30 de route).

Nuit : Norseman East Rest Area (gratuit, rien seulement nous et la nature). campermate.com/en/location/australia/wa/australias-golden-outback/free-campsites/bromus-dam-rest-stop

Jour 7 : 4 Mai 2026 : Norseman - Eucla

Lundi 4 Mai 2026 : Norseman - Eucla :

Cette nuit sur cette aire de repos gratuite sans prétention et totalement seuls fut excellente, la circulation des Road Trains durant la nuit étant finalement plus faible.

À 6h30, nous débutons cette longue journée de route qui devrait peu à peu nous emmener dans des paysages encore bien différents au cœur du Nullarbor. Il fait 12°C, le ciel est couvert mais sans précipitation ce matin, direction plein Est sur Balladonia via la Eyre HWY.

Nous marquons la première pause au bout de 2h de route à Balladonia qui est connue pour la plus grande ligne droite d’Australie, 146,6 km tout de même. Un panneau « 90 Mile Straight » est présent pour marquer les esprits. Nous y marquons un petit ajustement en carburant et nous prenons notre petit déjeuner, ambiance routier et vacances, nous ne croisons que des Road train ou des locaux en 4x4 tractant de grosses caravanes. En roulant, la routine est de se saluer entre véhicules. À notre grande surprise, nous ne croisons quasiment aucun van comme le notre. Pour quelle raison ? Grande boucle ? Les voyageurs partent moins longtemps ou se concentre seulement sur une région ? Mystère.

Notre prochaine pause est à Caiguna, fin de cette interminable ligne droite. Une fois franchie cette roadhouse, nous changeons de fuseau horaire de 45min, au lieu de 11h il est 11h45. Les mouches, comme prévu, se font de plus en plus nombreuses et collantes. Quant à la température, elle approche des 20°C et devient de plus en plus agréable. Nous croisons nos premiers dromadaires sauvages, quelle surprise ! Les dromadaires en Australie, surtout dans le sud et le centre, sont une vraie curiosité… et même une particularité unique au monde. Les dromadaires n’ont rien d’originaire d’Australie. Ils ont été introduits au XIXe siècle, notamment depuis l’Inde et l’Afghanistan, pour explorer les régions désertiques. Des chameliers, souvent appelés “Afghans”, accompagnaient ces expéditions dans l’Outback. Quand les véhicules motorisés ont remplacé les caravanes, beaucoup de dromadaires ont été relâchés dans la nature… et ils se sont parfaitement adaptés. L’Australie abrite aujourd’hui la plus grande population de dromadaires sauvages sur Terre, avec plusieurs centaines de milliers d’individus.

Nous atteignions Cocklebiddy à 12h30 à la nouvelle heure locale. Nous y marquons notre pause repas, un bon bol de nouilles chacun. Autre grande particularité que nous découvrons, lors des grandes lignes droites, celles ci se transforment en piste d’atterrissage d’urgence pour les avions. Nous passons ensuite par Madura où une forêt semi-aride se dresse sur l’escarpement en direction des Roe Plains visible depuis la route, lorsque celle-ci franchit le Madura Pass. Cette portion du trajet est spectaculaire.

Nous marquons la pause de milieu d’après-midi à Mundrabilla où se trouve la station-service la moins cher du Nullarbor, 2,63 $ AUD le litre de 91 tout de même. Nous tombons sur un français tenant la caisse travaillant ici. Il est 15h15 lorsque nous reprenons la route direction : Eucla où d’impressionnantes dunes de sable et de plages immaculées se dressent au loin. Nous traversons à présent des plaines rouges couvertes de spinifex.

À 16h, nous passons la frontière et changeons d’état en entrant dans l’Australie-Méridionale (South Australia). Nous ajoutons encore 45 minutes supplémentaires à l’horloge soit 1h30 de décalage horaire de plus que ce matin. Il est donc 17h au lieu de 15h30. Nous nous rapprochons à nouveau de l’Ocean dans la Grande Baie Australienne que nous allons désormais suivre durant de longs kilomètres. Le paysage redevient plus attrayant et moins monotone. Les falaises de Bunda, longues de 180 km et hautes jusqu’à 105 m, reculent à un rythme global de 30 mm par an. À l’échelle géologique, c’est très rapide. De solides couches de calcaire d’Abracurrie et de Nullarbor maintiennent une paroi verticale jusqu’à ce que la base de la falaise soit minée, provoquant un effondrement soudain des blocs. Le calcaire tendre et fragile de Wilson Bluff se désintègre sous l’attaque constante et directe des vagues.

Nous atteignons à 18h15 avec réjouissance notre aire de repos pour y passer la nuit : 85 Km Peg Rest Area après de nombreux kilomètres avalés aujourd’hui. L’espace est grand, avec quelques buissons pour s’isoler de la route. Il y a des poubelles et seulement une autre caravane. Il fait désormais nuit à 18h30.

Nous nous rendons totalement compte après cette longue journée de route de l’immensité du pays et de l’isolement total de certaines régions. Le pays étant seulement très urbanisé autour de Sydney dans le Sud-Est et autour de Perth dans le Sud-Ouest, il y a deux fois et demi de moins d’habitants qu’en France alors que l’Australie a une superficie 14 fois plus grande que notre pays.

Pourquoi y a t’il autant de Road trains en Australie ?

L’Australie est gigantesque, avec d’immenses zones désertiques comme l’Outback. Les villes, fermes et mines sont souvent séparées par des centaines, voire des milliers de kilomètres. Résultat : il faut transporter des marchandises sur de très longues distances, souvent sans infrastructure ferroviaire. Les routes sont adaptées avec peu de virages et une faible circulation.

Avec une faible densité de population, construire et entretenir des trains ou des routes complexes partout ne serait pas rentable. Les road trains sont une solution flexible : un seul camion peut remplacer plusieurs trajets. Un road train peut tirer 2 à 4 remorques (parfois plus, nous en aurons compté jusqu’à 5), ce qui permet de transporter énormément de marchandises en un seul voyage, de réduire les coûts (carburant, main-d’œuvre) et de limiter le nombre de véhicules sur ces longues routes. L’économie australienne repose beaucoup sur l’exploitation minière et sur l’élevage extensif (bétail). Les road trains sont donc parfaits pour déplacer : du minerai, du carburant, des animaux vivants et des marchandises vers des zones reculées.

Dépenses du jour : 27€ plein carburant à Balladonia + 75€ plein de carburant à Mundrabilla.

Distance du jour parcourue en van : 793 km.

Itinéraire routier : Norseman East Rest Area > HWY 1 > Scenic Lookout, 85 KM Peg Rest Area (8 h 30 de route).

Nuit : 85 KM Peg Rest Area (gratuit, poubelles, pas de wc, grande, table de pique-nique).

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Jour 8 : 5 Mai 2026 : Nullarbor - Ceduna

Mardi 5 Mai 2026 : Nullarbor - Port Augusta :

Nous nous levons vers 6h15 et prenons le départ vers 7h, toujours vers l’Est sur la HWY 1. Il fait 11°C au lever du jour, et le ciel est partagé entre éclaircies et quelques nuages sans conséquence.

À 8h30, nous marquons notre première halte de la journée au Nullarbor Road House, un lieu totalement dans son jus, authentique dans un décor vintage. L’ambiance est assez unique avec une atmosphère « bout du monde ». C’est avant tout une halte perdue au milieu du désert australien, un peu comme une oasis au milieu de nulle part. Nous en profitons pour prendre notre petit déjeuner ainsi qu’un semblant de toilette. Pour info, il y a des douches chaudes à 1$ AUD les 5 minutes mais il faut de la monnaie, nous nous en passerons pour le moment. À chaque aire de repos, un trou de golf nous interpelle, c’est le Nullarbor Links, le plus long golf du monde, insolite !

Nous poursuivons la route à travers de basses collines alternant petites montées et descentes au milieu d’une forêts semi-aride. Juste avant d’arriver à la prochaine ville, nous passons par un contrôle sanitaire, nous rappelant la Namibie, nous devons nous séparer de nos tomates fraîches (fruits et légumes interdits).

A midi nous arrivons à Ceduna, elle demeure une ville de pêcheurs qui sert d’escale sur la route de l’Australie Occidentale. La banlieue portuaire qui s’étire sur la péninsule au sud de Ceduna est très photogénique. Dans une atmosphère austère et poussiéreuse, de vieilles cabanes en fer sont dominées par d’imposants silos qui jouxtent le quai. Ceduna est connue comme la capitale de l’huître en Australie. Juste après un court passage au Visitor Center, nous marquons la pause repas au bord de la plage.

Nous reprenons la route en direction de Port Augusta toujours sur cette même Eyre HWY 1. Nous faisons un changement de conducteur à Poochera. Les paysages défilent et changent peu à peu. Le coucher de soleil est flamboyant face à la colline d’Iron Knob, riche en minerai de fer encore exploitée à ce jour et ce depuis la fin de 19eme siècle malgré sa forte diminution.

Nous atteignons Port Augusta à la tombée de la nuit. Il est 18h30 tout de même, depuis 7h ce matin la route a été longue, une sacrée aventure à part entière. Nous profitons de ce passage en ville pour faire un ajustement alimentaire dans un Woolworths et un plein d’essence. Après des centaines de kilomètres sans civilisation, le changement est brutal à l’approche de la ville. Si Port Augusta s’autoproclame “Cross-Roads of Australia” (le “carrefour de l’Australie”), ce n’est pas pour rien. Des routes nationales (highways) et des voies ferrées y convergent pour relier l’Australie-Occidentale à l’ouest (via la plaine de Nullarbor), les Flinders Ranges et Darwin au nord, Adélaide et Port Lincoln au sud, et Sydney à l’est. Nous roulons à présent de nuit sur la Stuart Highway et entrons dans l’Outback. Il nous faut 20 min pour atteindre notre aire de repos où nous allons passer la nuit, après de longues heures passées au volant à travers ces paysages désertiques sans âmes qui vivent. Nous avons décidé de prolonger cette journée de route pour raccourcir la journée du lendemain et ainsi mieux profiter de l’ambiance de Coober Pedy. Cette aire de repos est donc basique, proche de la route et avec une voie ferrée de l’autre côté. Mais la circulation est calme vue l’heure déjà tardive. Nous sommes une nouvelle fois seuls ce soir dans une obscurité totale. La concentration, le bruit, la luminosité fait surgir une bonne fatigue. À demain !

Dépenses du jour : Plein carburant Nundroo 47.55 € + plein carburant Ceduna 12.34€ + plein carburant Port Augusta 58.27 € + courses alimentaires Port Augusta 26.61 €

Distance du jour parcourue en van : 904 km.

Itinéraire routier : 85 KM Peg Rest Area > Ceduna > Port Augusta > North Tent Hill (8 h 30 de route).

Nuit : North Tent Hill (gratuit en bord de route, table de pique nique et poubelles).

Site Internet touristique sur la région : headofbight.com.au

Jour 9 : 6 Mai 2026 : Port Augusta - Coober Pedy

Mercredi 6 Mai 2026 : Port Augusta - Coober Pedy :

Nous nous réveillons à 6h15 et savourons face à un magnifique lever du soleil au-dessus de cette « savane » australienne. La terre dorée aux premières lueurs du jour est splendide. À 7h15 nous prenons la route pour nous enfoncer peu à peu dans l’Outback via la Stuart Highway vers Coober Pedy. Nous faisons une pause petit déjeuner à Pimba puis poursuivons une trentaine de minutes jusqu’a un grand lac salé, le Lake Hart. Nous errons dans cette immensité, dans un décor toujours surprenant. Le soleil devient chaud dans ce cadre inhospitalier pour l’homme. Les mouches font leur grand retour, le chapeau filet ne va pas tarder à servir ! À 11h, nous continuons de nous enfiler dans le Centre Rouge, et cette localité porte bien son nom. Nous marquons un arrêt carburant à Glendambo (2.19$/L), le prix ne devrait faire qu’augmenter au fur et à mesure que nous allons nous enfoncer dans le centre de l’Australie.

Nous atteignons perdu au milieu de nulle part Coober Pedy vers 15h. A l’approche de la ville, des panneaux nous interpellent, prévenant d’un danger unique : attention à la présence de trous lors de vos balades dû au forage minier. À Coober Pedy, le désert est criblé de trous que jouxtent des monticules de terre. Ville minière dont le nom provient des mots aborigènes kupa (“homme blanc”) et piti (“trou”), c’est la capitale mondiale de l’opale. Elle offre un visage postapocalyptique : les mouches pullulent, les épaves de voitures rouillées abondent, il n’y a pas l’ombre d’un arbre, la température atteint les 50°C en été et les habitants… vivent sous terre. Le désert alentour, d’une poignante désolation, a servi de cadre à des films comme Mad Max 2, Planète rouge et Priscilla, folle du désert. Les paysages restent typiques de l’outback. Plaines infinies et déserts de sel étincelants bordent la route jusqu’à Woomera, à 366 km. Coober Pedy est principalement célèbre pour ses mines d’opales, qui ont été un excellent fournisseur pour le marché mondial de la bijouterie et la ville en général. Les mineurs travaillent avec les opales de la région depuis que la première a été découverte en 1915, au point qu’il y avait plus de 250 000 entrées de puits. Ces dernières années, la région a joui de son statut de destination touristique alternative grâce à l’histoire de la région, à la communauté souterraine inhabituelle et, bien sûr, à la chance de montrer les joyaux.

Une fois installée au Opal Inn Caravane Park, nous découvrons la ville à pied. L’église St Peter & St Paul Catholic Church est unique car elle est entièrement creusée dans la pierre, comme une grotte. Elle a été construite ainsi pour une raison très simple : la chaleur extrême du désert (souvent plus de 40 à 45°C). À Coober Pedy, beaucoup d’habitants vivent dans des habitations souterraines appelées dugouts, car la température y reste stable et agréable toute l’année. C’est une pionnière mondiale, inaugurée le 25 juin 1967, considérée comme la première église catholique souterraine construite spécialement de ce type dans le monde. Nous enchaînons sur le Umoona Opal Mine & Muséum dont l’entrée est gratuite hormis la visite guidée. C’est une ancienne mine d’Opal datant des années 1920. Le musée résume l’histoire de la ville et l’exploitation minière ainsi que la culture aborigène locale. Nous accédons juste au dessus à un premier point de vue à 360º au cœur de la ville, le désert entourant entièrement cette petite ville nous rend minuscules. On distingue de nombre « mullock heaps », ce sont des tas de mines, des milliers de petits monticules de terre résultant de l’extraction de l’Opale depuis des décennies ressemblant à un décor lunaire. Nous passons devant Spaceship, le vaisseau spatial utilisé lors du tournage de Pitch Black.

Nous terminons par l’incontournable point de vue sur la ville depuis le Big Winch pour le coucher du soleil. Situé sur une colline dominant tout Coober Pedy et jouissant donc d’une vue panoramique sur : les collines de déblais d’opale (paysage lunaire), le désert à perte de vue et d’une orientation parfaite pour voir le soleil descendre sur l’horizon. L’ambiance au coucher du soleil est magnifique, le ciel passe par des tons orange, rose, puis violet. Les monticules blancs deviennent dorés donnant un effet presque irréel. Il y a ici très peu de pollution lumineuse et donc une excellente lumière naturelle, le ciel est rapidement illuminé de milliers d’étoiles.

Nous retournons au camping une fois la nuit tombée, nous pouvons prendre notre deuxième douche chaude depuis le début de ce voyage, quelle jouissance ! Le spot propose aussi bien des petites chambres que ce petit terrain de camping à l’arrière du bâtiment avec des sanitaires propres. Même si les commentaires ne sont pas tous bon, l’endroit est certes poussiéreux mais c’est l’ambiance de la ville. Les mouches deviennent fortes heureusement inexistantes une fois la pénombre arrivée, soulagement. Les mouches sont quasiment “une institution” dans l’outback australien et ce n’est pas un hasard. Leur présence massive vient d’un mélange de climat, d’écosystème et d’activité humaine. Elles aiment la chaleur élevée, la faible humidité, et la matière organique dont les nombreuses carcasses de kangourous que nous croisons au bord des routes. Mais pourquoi elles nous collent tant au visage ? Elles ne piquent pas, mais elles sont attirées par la transpiration, l’humidité des yeux, du nez, et de la bouche. Dans un environnement sec, notre visage devient une source d’humidité précieuse. Il faut donc s’armer de sang froid ou investir dans un petit chapeau filet comme le mien, et ainsi avoir le style (20 € chez Decathlon) ! Nous attaquons ce soir après « Même les poissons volent » (sur le transport aérien, ses conséquences avec de petites anecdotes écrit par un pilote, notre second livre : « Fils du vent » (voir page d’accueil du voyage).

Dépenses du jour : 37 € plein carburant à Glendambo + 35 € plein carburant à Coober Pedy (Shell).

Distance du jour parcourue en van : 507 km.

Distance du jour parcourue à pied : 9 km.

Itinéraire routier : North Tent Hill > Coober Pedy > Opal Inn Hotel Motel Caravan Park (5 h de route).

Nuit : Opal Inn Hotel Motel Caravan Park (27 $ à deux soit 16,12 € / remplissage eau potable à 1$ en espèce / dans le centre-ville pratique pour se balader / Une boisson offerte à l’arrivée / -15% sur le repas). Site Internet : opalinn.com.au

Site Internet touristique de Coober Pedy : www.cooberpedy.com

Site Internet du Umoona Opal Mine : umoonaopalmine.com.au

Jour 10 : 7 Mai 2026 : Coober Pedy - Uluru

Jeudi 7 Mai 2026 : Coober Pedy - Uluru :

Nous quittons Coober Pedy lors des premières lueurs du jour vers 7h. La terre s’illumine à nouveau rendant l’ambiance lunaire, c’est parti pour une belle journée de route. Nous quittons ces nombreux trous de mines toujours en exploitation pour une longue tirée dans l’Outback.

À 10h nous marquons un stop dans la Road House de Marla pour faire le plein de carburant. C’est un petit relais emblématique de l’Outback, et le dernier arrêt dans le South Australia avant d’entrer dans le Northen Territory. Nous reprenons la route via la Stuart Highway qui traverse le cœur du désert australien. Le trajet est déjà une expérience en soi. La circulation est de plus en plus faible et nous ne croisons aucun van, seulement des Road Trains et toujours des caravanes tractées par des 4x4, souvent des locaux. Au passage de la frontière entre le sud et le nord, la limitation de vitesse évolue de 110 à 130 Km/h.

Nous bifurquons sur la Lasseter Highway en aller-retour jusqu’à Uluru et Kings Canyon. Nous marquons la pause repas sur une aire en bord de route, nous avons hâte de découvrir ce fameux rocher.

Sur notre gauche, nous apercevons le Mount Conner, à ne pas confondre avec Uluru bien évidement. Mais cela fait des centaines de kilomètres que nous roulons sans montagne à l’horizon. Souvent surnommé “Fool-uru” car beaucoup le confondent avec Uluru de loin. Il reste très spectaculaire depuis la route. Le meilleur point de vue est près de Curtin Springs.

Plus loin, nous passons par Curtin Springs, station d’élevage historique avec camping, hébergement et petit pub typiquement outback. C’est une très bonne étape avant Uluru. Nous frôlons également le Lake Neale, selon la saison, certains lacs salés autour de la route offrent des paysages blancs immenses et très photogéniques. Puis, 20 km avant d’arriver à Yulara, nous apercevons pour la première fois ce majestueux Uluru. Nos premières impressions : il est immense, imposant et sacrement rouge. Et demain il va falloir en faire le tour à pied, c’est notre mission, 11 km en plein désert.

Nous marquons un arrêt à l’Ayers Rock Campground que nous avons au préalable réservé en France pour 2 nuits : 120 $ AUD à deux pour un « unpowered Site » soit 71,5 € à deux. Une fois l’enregistrement effectué, nous nous rendons au Visitor center puis il sera temps de s’approcher de cette montagne pour le premier coucher du soleil face à ce géant. Majestueusement posé au milieu du désert, splendide et immuable, le monolithe d’Uluru présente une admirable palette de couleurs changeantes. Long de 3,6 km, il s’élève à 348 m au-dessus du sable qui l’entoure, et on estime que la partie visible ne représente qu’un tiers de sa masse. Cet immense rocher aux nombreuses strates, pétri de spiritualité et d’une beauté intemporelle et envoûtante, incarne toute la quiétude du désert et touche l’âme. Des jeux d’ombre et de lumière animent sa surface, composant un spectacle naturel grandiose.

Uluru revêt une grande importance spirituelle pour les Aborigènes pitjantjatjara et yankunytjatjara, qui se nomment eux-mêmes Anangu. Plusieurs sites sacrés se trouvent à sa base ; l’accès à ces zones tout comme la connaissance de leur portée symbolique sont restreints par la loi anangu. Il existe bien des manières de découvrir “The Rock” : à pied, à vélo, au coucher du soleil, accompagné d’un guide aborigène, lors d’un vol panoramique… On pourrait aisément y passer une semaine entière ! Tout aussi beaux, les monts Kata Tjuta, qui s’élèvent à 50 km d’Uluru, ressemblent à une forteresse fantastique dans le désert. Les superbes randonnées qui conduisent au cœur de leurs gorges sont des temps forts d’un voyage dans le Red Centre.

Pour cette première incursion dans ce site, nous savourons depuis le spot pour coucher du soleil nommé : Car Sunset Viewing Area (15 min / 15 km aller depuis le camping). Le coucher de soleil sur Uluru est souvent décrit comme l’un des plus spectaculaires au monde, moins pour le “soleil” lui-même que pour la façon dont le rocher change de couleur minute après minute.

Au début de la fin d’après-midi, Uluru apparaît ocre et brun rouge. Puis, à mesure que le soleil descend, le rouge devient plus intense, des nuances orange et cuivre apparaissent, certaines faces passent au violet sombre, et juste avant la nuit, le rocher semble presque incandescent.

Le contraste avec le désert plat autour et le ciel immense du Red Centre crée une ambiance très particulière, silencieuse, presque irréelle. Nous quittons ce moment fort du voyage qui restera gravé en nous vers 18h30. Ce lieu fera parti de notre top 20 de nos escapades à travers le monde, aux côtés du Fitz Roy, des Chutes d’Igazu, du Manaslu, des Annapurnas, du parc naturel d’Etosha, d’Angkor, de Monument Valley, Bryce Canyon, des rizières au coucher du soleil en Thaïlande et bien d’autres.

Place à un peu de repos dans ce camping confortable immense mais plutôt vide en cette basse saison touristique.

Dépenses du jour : 31 € plein carburant à Marla + 83 € plein carburant à Uluru.

Distance du jour parcourue en van : 768 km.

Itinéraire routier : Opal Inn Hotel Motel Caravan Park > Camping Ayers Rock (7 h 30 de route).

Nuit : Camping Ayers Rock (piscine / douches / wc / eau / 111 $ à deux pour 2 nuits soit 71,5 €). Site Internet : www.ayersrockresort.com.au

Site Internet du Parc National d’Uluru : uluru.gov.au

Jour 11 : 8 Mai 2026 : Uluru National Park

Vendredi 8 Mai 2026 : Uluru National Park - Base Walk :

Réveil matinal à 5h30 pour un départ à 6h15 du camping pour aller assister au lever du soleil autour de 7h15. Le parc national d’Uluru ouvre à 6h le matin, il nous faut 30 min de route pour rejoindre le Talinguru Nyakunytjalu, le spot parfait pour savourer l’éclairage des premiers rayons du soleil sur cet imposant rocher.

Plusieurs chemins de marche sont accessibles au pied d’Uluru. Pour éviter d’avoir trop de monde, nous avons décidé de suivre le Base Walk (12 km) au départ de Kuniya et de faire le tour complet de la montagne d’Uluru. C’est parti, nous attaquons la grande boucle à pied à 8h. C’est la meilleure façon de vraiment ressentir le lieu : au lieu de voir seulement “le rocher”, on découvre ses détails, ses changements de texture, ses grottes, points d’eau et sites culturels. Nous la commençons tôt pour profiter de la lumière rasante et dans le sens horaire. La température est parfaite par rapport à l’été où le mercure grimpe jusqu’à plus de 45°C la rendant parfois impossible et interdite, il fait tout juste 12°C ce matin.

Au départ, les parois sont immenses et uniformes, avec des stries verticales rouges et noires créées par les pluies. Puis nous passons par le point le plus célèbre : Mutitjulu Waterhole. C’est un bassin permanent au pied de la falaise, entouré d’eucalyptus et de falaises lisses noires après la pluie. Très photogénique et culturellement important. Plus loin, certaines sections longent des cavités sacrées avec des peintures rupestres et des récits du peuple Anangu. Des panneaux expliquent les histoires du Tjukurpa (loi et cosmologie ancestrales). Nous passons par Mala qui était autrefois la voie normale pour grimper au sommet, mais depuis 2019 par respect pour les souhaits des Aṉangu, l’ascension est interdite.

Nous sommes ensuite en pleine zone désertique. La boucle traverse aussi des secteurs plus ouverts avec : spinifex, acacias du désert, petits lézards, et parfois kangourous au petit matin.

Nous sommes aux pieds d’immenses plis de roche : à certains endroits, Uluru ressemble moins à un “bloc” qu’à une vague pétrifiée géante. On voit les couches sédimentaires inclinées et les formes érodées comme des drapés. Nous terminons cette immense boucle de 13 km ravis d’avoir contemplé ce monolithe sous tous ces angles à 11h soit en tout juste 3h en marquant de nombreuses pauses photos. Les mouches se réveillent à peine nous laissant profiter sans souci.

Nous retournons au parking de Talinguru où nous avons assisté au lever du soleil ce matin pour casser la croûte. À cette heure-ci, midi pile, nous sommes seuls. Le lieu a totalement retrouvé son calme. Nous réalisons la Watiku Walk en boucle, ce côté du rocher est au soleil et permet d’avoir des points de vue sympas depuis les 2 plateformes !

Nous nous rendons en début d’après midi au Cultural Center pour découvrir la culture Anangu dans un environnement culturel et naturel exceptionnel. Nous apprenons le Tjukurpa, la loi traditionnelle qui guide les Anangu et le fondement de leur culture. Les Aṉangu ne voient pas Uluru comme un simple rocher : le paysage est vivant et rempli de traces laissées par les êtres ancestraux durant le Temps du Rêve (“Dreamtime”). Chaque grotte, faille, point d’eau ou formation rocheuse peuvent être liés à une histoire sacrée. La fermeture de l’ascension d’Uluru en 2019 est directement liée à cette vision culturelle : le chemin d’escalade suit une route sacrée importante pour les Aṉangu, qui demandaient depuis longtemps aux visiteurs de ne plus grimper. Le “Tjukurpa Tunnel” est particulièrement apprécié pour comprendre le lien spirituel entre le peuple et le désert, une traduction est même faite en français. Le Centre culturel est situé à 13 km à l’intérieur du parc, à seulement 5 minutes en voiture du pied d’Uluru.

Avant de rentrer au Campground, nous réalisons la Dune Walk située sur le Bus Sunset (parking autorisé jusqu’à 16h). Nous sommes à nouveau totalement seuls pour jouir d’un point de vue légèrement en hauteur sur une dune de sable offrant un point de vue complet sur le monolithe. Place ensuite à un peu de repos en ce milieu d’après-midi avant de retourner profiter du coucher de soleil, une bonne douche et une lessive.

C’est parti pour un nouveau coucher de soleil en mode spectacle naturel ! Et ce coup-ci encore bien différent de la veille avec un ciel pur sans aucun nuage à l’horizon, même si ceux-ci rajoutaient énormément de charme également. Les couleurs et l’ambiance sont nouvelles, nous en prenons encore plein les yeux pour clôturer cette mémorable journée.

Dépenses du jour : 7 € (10 $ AUD) pour un petit souvenir d’Uluru.

Distance du jour parcourue en van : 98 km.

Distance du jour parcourue à pied : 18 km.

Itinéraire routier : allers-retours dans le parc d’Uluru.

Nuit : Camping Ayers Rock (piscine / douches / wc / eau / 111 $ à deux pour 2 nuits soit 71,5 €). Site Internet : www.ayersrockresort.com.au

Site du Parc National d’Uluru : uluru.gov.au

Retrouvez également notre sortie sur Altituderando : en cliquant-ici.

Jour 12 : 9 Mai 2026 : Mont Olgas - Valley of the Winds Walk

Jour 12 : Samedi 9 Mai 2026 : Mont Olgas - Valley of the Winds Walk :

Comme la veille, nous nous réveillons aux alentours de 5 h 30 afin de profiter une nouvelle fois du lever du soleil et des magnifiques lumières de l’aube. Après deux nuits passées à l’Ayers Rock Campground, nous quittons les lieux à 6 heures précises et prenons la route. Quarante-cinq minutes plus tard, une nouvelle étape de notre aventure nous attend.

Même si la terre entière connait Uluru ou du moins la photo du rocher, le pass du parc d’Uluru donne également accès au Mont Olgas. Dans un autre style, à environ 30 km d’Uluru, le Mont Olgas (aussi appelés Kata Tjuta) sont un ensemble de 36 formations rocheuses, arrondies qui émergent du désert.

A 6h45, par tout juste 4°C, nous arrivons au Kata Tjuta Sand Dune Lookout. Le spot parfait pour assister au lever du soleil sur la route en allant à Valley of the Winds. Une courte montée permet de grimper au sommet d’une petite dune. Le ciel est totalement dégagé ce matin nous offrant ainsi un panel de couleurs incroyable. La journée commence encore une fois de la plus belle des manières. Ce point de vue a été notre premier « vrai » contact avec le Mont Olgas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est aussi impressionnant que le rocher d’Uluru ! Depuis la plateforme d’observation, on se rend compte de la taille des rochers et de l’immensité des lieux. Ah la vie de voyage mérite d’être vécue ! Le point culminant est le Mount Olga dominant à 1 066 m d’altitude tout de même.

Seulement 2 voitures sur le parking nous précèdent. A 8h, nous débutons la Valley of the Winds Walk qui est l’une des randonnées les plus célèbres du parc national d’Uluru-Kata Tjuta National Park. Elle se situe au cœur des impressionnantes formations rocheuses de Kata Tjuta (également appelées The Olgas). Un petit oasis au milieu du désert, une végétation verdoyante prend le relais dans ces gorges et vallées encaissées. Le cadre est splendide, nous sommes vraiment heureux, surtout à l’abris du vent. Cet itinéraire suit l’étroit contour des gorges internes, nous nous sentons minuscules au pied des dômes qui nous dominent de plusieurs centaines de mètres. Nous grimpons jusqu’à un col d’où l’on redescend vers des vallées plus larges avant de regagner le point de départ. En été, partez dès le lever du soleil, quand des températures supérieures à 36°C sont annoncées, l’accès au sentier est fermé vers 11h dans ce cas là. Nous sommes aujourd’hui loin de ces chaudes températures, toujours autour des 10ºC en ressentie.

Nous traversons des vallées étroites entre les énormes dômes rouges de Kata Tjuta. Le paysage alterne : gorges rocheuses, vues panoramiques sur le désert australien, végétation surprenante dans les zones ombragées, et formations géologiques spectaculaires façonnées par l’érosion. Les couleurs des roches changent fortement selon la lumière, surtout tôt le matin. Le site est comme Uluru hier sacré pour le peuple Anangu, propriétaires traditionnels de la région. Nous terminons cette boucle de 7,5 km à 10h30, soit un total de 2h30 de marche.

Nous nous déplaçons légèrement en van jusqu’à la rando suivante et enchaînons sur la Walpa Gorge à 11h, une randonnée dans un canyon de 45 min pour 2,6 km aller-retour. L’érosion de l’eau et du vent continue de sculpter lentement cette spectaculaire gorge antique. Cet endroit spécial offre des grottes ombragées, des pentes rocheuses et une vallée où règne un peu d’humidité, une combinaison rare dans le désert. De nombreuses plantes qui poussent ici sont rares, certaines ne se trouvent nulle part ailleurs. Très particulières, ces plantes ne peuvent s’épanouir que dans ces conditions environnementales très spécifiques.

À midi, nous nous rendons au Sunset View Point pour manger une petite salade face à une vue d’ensemble sur ce magnifique massif et ainsi clôturer de la plus belle des manières ce parc national naturel : Uluru-Kata Tjuta.

Sur la route du retour vers le village Yulara, nous jetons un dernier regard sur Uluru avec beaucoup de nostalgie, il est toujours autant rougeoyant. Place ensuite à deux bonnes heures de routes jusqu’à notre aire de repos gratuite que nous atteignons à 16h15 : la Salt Creek Rest Area. Charmante, en bord de route avec quelques tables, une citerne d’eau non potable et des poubelles. La circulation est désormais inexistante dans ce secteur. Il fait 21ºC, place à un peu de détente au soleil.

Dépenses du jour : 42 € Plein de carburant à Yulara.

Distance du jour parcourue en van : 301 km.

Distance du jour parcourue à pied : 12 km.

Dénivelé du jour : 450 m.

Températures mini / maxi : 4°C / 22°C.

Itinéraire routier : Ayers Rock Campground > Valley Of the Winds (55 km pour 45 min) > Yulara > Salt Creek Rest Area (2 h de route).

Nuit : Salt Creek Rest Area (gratuit / pas de wc / poubelles / eau non potable).

Site du Parc National d’Uluru : uluru.gov.au

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Jour 13 : 10 Mai 2026 : Kings Canyon

Dimanche 10 Mai 2026 : Kings Canyon - Watarrka National Park :

Après une nuit dans une plénitude totale et un ciel étoilé de mille lumières, nous plions le camp et prenons la route vers 6h45. Il nous faut 1h15 de route pour rejoindre notre destination du jour, enfin sur le papier. Notre van Chubby fait des siennes ce matin, aucune pêche, les vitesses rétrogrades tout de suite, impossible de rouler à plus de 60 à 70 km/h sur des lignes droites interminables limitées à 110 km/h. Nous sommes inquiets. A la moindre petite montée, nous sommes à 3000 tours minutes.

Tant bien que mal, nous arrivons à 8h30 et envoyons un mail à notre loueur après avoir retrouvé un peu de réseau téléphonique.

À l’approche de Kings Canyon, dans le Watarrka National Park, peu de choses laissent deviner ce qui nous attend. Les montagnes basses qui s’étirent à l’horizon cachent pourtant un trou béant dans la croûte terrestre, de ceux qui semblent taillés pour l’aventure. Qu’on choisisse de grimper jusqu’au bord du canyon, de randonner dans la végétation luxuriante qui en tapisse le fond ou de le survoler en avion, le constat est le même : Kings Canyon est un endroit extraordinaire. L’effet vient en partie de ce qu’il surgit au beau milieu d’une plaine désertique, mais c’est aussi une question d’échelle et de couleur.

Comme Uluru, le rouge intense des falaises de Kings Canyon, leur verticalité et leur pureté incarnent parfaitement l’âme du Red Centre. Le gouffre spectaculaire de Kings Canyon, au cœur du Watarrka National Park, constitue sans conteste l’un des temps forts d’un voyage dans l’Outback australien.

À 8 h 30, nous entamons la Kings Canyon Rim Walk, LA randonnée incontournable du parc. Cette boucle de 8 kilomètres nous emmène sur les hauteurs du canyon, à travers un dédale de dômes de grès sculptés par l’érosion et jusqu’à une véritable oasis de verdure : le Garden of Eden. Tout au long du parcours, les panoramas sur le canyon et les étendues désertiques environnantes sont tout simplement époustouflants. Magique ! Lors des journées les plus chaudes, il est obligatoire de commencer la randonnée avant 9 heures. Nous débutons par la Kings Creek Walk, un court aller-retour qui permet de s’enfoncer au fond du canyon, entouré d’un immense cirque rocheux. Nous revenons ensuite sur nos pas pour attaquer une montée brève mais raide, composée d’escaliers taillés dans la roche. C’est l’unique passage réellement exigeant du sentier. Le chemin longe ensuite les falaises du canyon avant de descendre par un escalier en bois vers le Garden of Eden, une poche de végétation luxuriante où fougères et cycadales préhistoriques prospèrent autour d’un bassin paisible. Plus loin, le sentier serpente entre d’immenses dômes de grès façonnés par des millions d’années d’érosion. Selon une légende du Temps du Rêve des Luritja, ces formations rocheuses représenteraient les hommes Kuniya.

Les roches de Kings Canyon racontent également l’histoire géologique de Watarrka. Il y a des centaines de millions d’années, une mer peu profonde recouvrait la région, avant de laisser place à de vastes dunes de sable qui ont progressivement formé les couches de grès visibles aujourd’hui.

La couleur rouge caractéristique du Red Centre provient de la poussière riche en fer qui s’est déposée à la surface des roches. Au fil du temps, ce fer s’est fixé chimiquement aux grains de sable, donnant naissance à ces teintes flamboyantes. Kings Canyon était à l’origine une simple fissure dans le grès de Meenie. Vingt millions d’années d’érosion ont progressivement élargi et approfondi cette faille pour créer le canyon spectaculaire que l’on admire aujourd’hui.

Nous retrouvons le parking à 11 h 30, après trois heures de découverte. Une randonnée exceptionnelle et incontournable. La température commence désormais à grimper : pour la première fois depuis le début du voyage, nous pouvons rester toute la journée en short et en t-shirt.

Nous faisons une pause déjeuner sur la petite aire aménagée du Sunset Viewing Picnic Area, puis effectuons un rapide aller-retour jusqu’au Kings Canyon Resort pour faire le plein de carburant, probablement le plus cher de tout notre périple : 3,15 $ le litre. Nous cherchons également un bidon d’huile moteur, mais sans succès.

Nous reprenons ensuite la route en direction de notre campement du soir, empruntant le même itinéraire que le matin jusqu’à la jonction avec la Stuart Highway. Malgré un complément d’huile effectué dans une station-service avec un produit qui ne correspond pas exactement à celui recommandé, nous n’avons guère le choix : au cœur de l’Outback, les possibilités de ravitaillement sont rares. Par prudence, nous limitons notre vitesse à 80 km/h et achevons cette longue étape vers 18 heures. Fatigués et un peu stressés par l’état de santé de notre fidèle petit van, nous décidons de lever le pied.

L’aire de repos gratuite où nous passons la nuit fera parfaitement l’affaire : un point d’eau non potable, quelques poubelles et même des toilettes sèches. Lorsque le soleil disparaît, la Voie lactée apparaît au-dessus de nous et accompagne notre dîner. Un spectacle merveilleux qui conclut magnifiquement cette journée au cœur du Red Centre.

Dépenses du jour : 39 € plein carburant à Kings Canyon + 55 € huile moteur.

Distance du jour parcourue en van : 431 km.

Distance du jour parcourue à pied : 10 km.

Dénivelé du jour : 270 m.

Itinéraire routier : Salt Creek Rest Area > Kings Canyon Rim Walk (1h15 pour 113 km) > Desert Oaks Rest Area (3h pour 306 km). Soit 4h30 pour 420 km.

Nuit : Desert Oaks Rest Area (gratuit / WC secs / robinet avec lavabo dans les wc pour petite toilette / Eau non potable).

Site du Parc National Watarrka : nt.gov.au/parks/find-a-park/watarrka-national-park

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Jour 14 : 11 Mai 2026 : Alice Springs - West Macdonnell Ranges - East Macdonnell Ranges

Lundi 11 Mai 2026 : Alice Springs - East Macdonnell Ranges - West Macdonnell Ranges :

Nous nous réveillons vers 6h15 et quittons cette aire de repos gratuite à 7h après vérification des niveaux de notre véhicule. Notre problème de van persiste hélas toujours. Nous ne dépassons pas les 70 à 80 km/h avec des vitesses qui rétrogradent automatiquement et rapidement… Nous parcourons les 167 km jusqu’à Alice Springs en 2h30 au lieu de 1h45, durant le trajet nous en profitons pour envoyer différents mails pour prendre rendez-vous dans un garage. Notre programme de la journée est évidement chamboulé… Ce ne sera pas pour aujourd’hui les East Macdonnel Ranges… De la déception se fait sentir sur nos visages, mais nous croisons surtout les doigts pour que le problème mécanique ne soit pas très grave et soit résolu dans la journée.

Nous atteignons Alice Springs à 10h30, une grande ville posée au milieu de nulle part. Le choc et la transition est surprenante. Après plus de 1 200 km sans civilisation depuis Port Augusta, et Darwin se situe à encore 1 500 km au Nord. Mais cette ville tombe à pique et regroupe tous les enseignes nécessaires, de nombreux garages, des grandes surfaces et même un Intersport. Nous nous rendons au garage Outback Mecanical comme demandé par notre loueur. Nous y laissons notre van et sommes même transportés jusqu’au centre-ville en voiture, le garage se situant en périphérie de la ville. Nous nous retrouvons au niveau du Alice Plaza, un minuscule centre commercial qui fera l’affaire pour patienter puis nous promener dans le centre.

Alice Springs est une ville emblématique du centre de l’Australie, située au cœur du désert rouge australien. Souvent surnommée « Alice », elle constitue le principal centre urbain de l’Outback australien et sert de point de départ vers de nombreux sites naturels célèbres. Elle se trouve dans le Territoire du Nord, presque à égale distance entre le nord et le sud du pays. Entourée de chaînes montagneuses désertiques comme les MacDonnell Ranges, la ville est traversée par la rivière Todd, généralement asséchée une grande partie de l’année. La ville s’est développée à partir d’une station télégraphique créée au XIXᵉ siècle pour relier le sud et le nord de l’Australie via l’Overland Telegraph Line. Son nom vient d’Alice Todd, épouse d’un responsable des télécommunications de l’époque.

Alice Springs possède également une forte importance culturelle pour les peuples aborigènes, notamment les Arrernte, habitants traditionnels de cette région depuis des milliers d’années.

Le climat y est évidement désertique avec des étés très chauds et des températures dépassant souvent 35 °C ; des hivers doux et secs avec des nuits parfois fraîches et une faible pluviométrie annuelle. La ville vit principalement du tourisme, des services administratifs, de l’élevage et des activités liées aux communautés isolées du désert. Malgré son isolement, Alice Springs dispose d’infrastructures modernes, d’un aéroport et d’une vie culturelle active.

Nous grimpons au sommet du Anzac Hill, c’est le meilleur point de vue au milieu de la ville situé sur une petite colline. Le désert n’est jamais bien loin. Au sommet se dresse un mémorial pour la Guerre 1939 - 1945 et quelques bancs. Le spot idéal pour patienter au soleil, grignoter et observer les environs de la ville. Un peu de vie au milieu du désert ne fait pas de mal, mais nous n’étions plus habitués aux bruits. À 13h, nous recevons le coup de téléphone tant entendu, nous redescendons de notre colline et nous rendons au point de rendez-vous. En voiture, la déception remplace rapidement la joie. Le véhicule est certes prêt mais non réparé. Seul le diagnostic a été fait, fort heureusement rien de grave apparement, seulement le filtre à air serait à changer. Bien évidement, nous sommes perdu au beau milieu de l’Outback, la pièce n’est donc pas disponible immédiatement, et ce dans toute la ville. Après différents échanges par mail avec notre loueur Travellers Autobarn, celle-ci va être envoyée depuis Sydney. Le délais est de 2 à 3 jours, soit au mieux mercredi ou jeudi, mettant de ce fait en péril le programme de notre périple. En échange, on nous propose de prolonger gratuitement notre location, évidement impossible pour nous, billet d’avion oblige, ou de rembourser les jours perdus, ce que nous choisirons à la fin de ce voyage.

Nous reprenons ainsi temporairement notre van Life à 14h en adaptant notre programme. Nous nous rendons aux Simpsons Gab, une courte marche qui permet de nous donner un avant goût de ce West MacDonnel National Park. Une étroite gorge avec un petit filet d’eau entourée de deux parois verticales rouges et effilées. Un petit spot merveilleux. La flore et la faune robustes se sont adaptées à cet environnement difficile, tandis que d’autres profitent au maximum des petites gorges et points d’eau abrités. Nous reprenons la route une bonne heure à notre vitesse de croisière max de 80 km/h et atteignons le Ellery Creek Big Hole Campground à 17h. C’est un camping du parc nécessitant d’être réservé à l’avance, situé dans un lieu paisible et agréable avec des emplacements numérotés et bien organisés. Nous avons donc des sanitaires et un confort sommaire (pas de douche).

Pour décompresser de cette journée en partie axée sur la gestion de notre van, nous réalisions la Dolomite Walk. Une belle boucle de 4 km depuis notre emplacement et un court aller-retour jusqu’au grand trou d’Ellery Creek. Le cadre est très charmant, il ne se dévoile qu’à la dernière minute telle une petite surprise. Situé dans une gorge étroite, et entouré de falaises rouges impressionnantes, son grand bassin permanent aux eaux très claires donne envie d’y plonger. Au fil de millions d’années, le ruisseau Ellery Creek a creusé la roche quartzitique des montagnes environnantes, formant une gorge profonde entourée de parois abruptes et de plages de sable. L’eau y reste fraîche toute l’année grâce à la profondeur du bassin et à l’ombre des falaises. Le site possède aussi une grande importance géologique : les couches rocheuses visibles racontent près de 1,8 milliard d’années d’histoire de la Terre, avec des traces d’anciens océans, de périodes glaciaires et de mouvements tectoniques.

Les propriétaires traditionnels appellent les MacDonnell Ranges Tjoritja (prononcé choor-it-ja). Le grand trou d’Ellery Creek est l’un des plus grands points d’eau permanents du parc national de Tjoritja / West MacDonnell. La région est un havre de paix pour la faune et un endroit idéal pour découvrir la géologie locale. Nous sommes de retour au Campground à la nuit tombée après cette belle boucle sans croiser âme qui vive, il est déjà 18h15 lorsque nous faisons un semblant de toilette dans l’évier puis notre popote du soir. Nous nous endormons sereinement dans cet endroit paisible malgré les péripéties de la journée.

Ce que nous avions prévue à la base aujourd’hui était l’East Macdonnell Ranges : en aller-retour en voiture au départ d’Alice Springs. Nous devions aller vers l’Est sur la Ross Highway. La première halte en chemin était 2 Emily Gap (Anthwerrke), une gorge étroite à 16 km d’Alice Springs qui figure dans le Rêve de la chenille des Arrernte de l’Est - les ancêtres chenilles des Arrernte seraient partis de là en rampant, créant ainsi la topographie du site. La paroi orientale présente des peintures bien conservées. À 77 km d’Alice, la Trephina Gorge est probablement le site le plus spectaculaire de la région. La route passe devant un gommier fantôme qui serait le plus grand d’Australie. Il serait agé de 300 ans et antérieur à l’arrivée des Européens dans le pays.

Dépenses du jour : 66 € carburant à Alice Springs (2,17 $ le litre).

Distance du jour parcourue en van : 287 km.

Distance du jour parcourue à pied : 8 km.

Itinéraire routier : Desert Oaks Rest Area > Alice Springs > Simpsons Gab > Ellery Creek Big Hole (6h de route).

Nuit : Ellery Creek Big Hole (20 $ à deux soit 12 € / WC / BBQ / Rivière pour se baigner / Eau à faire bouillir). Au départ de camping, la Dolomite Walk (3 km / 1 h) traverse une zone vallonée couverte de spinifex (à la tombée de la nuit, une fois le calme retrouvé, ils viennent s’abreuver).

Jour 22 : 19 Mai 2026 : Argyle Lake - Mirima National Park - Kimberley

Mardi 19 Mai 2026 : Argyle Lake - Mirima National Park - Kimberley :

Nous nous réveillons vers 6h15 et quittons l’aire de repos vers 7h, au moment où le jour se lève. Le ciel est plutôt couvert ce matin mais sans précipitation, la température est à nouveau parfaitement agréable, ni trop chaude ni froide autour des 23°C.

Nous reprenons la Victoria HWY direction l’Ouest. Après une heure de route, nous quittons le Northern Territory pour entrer à nouveau dans le Westhern Australia. Au passage de la frontière, nous effectuons un nouveau contrôle sanitaire (interdiction de transporter fruits, légumes, miel, plantes…). Le personnel est très agréable et souriant. Nous changeons à nouveau de fuseau horaire en reculant de 1h30, il est à présent seulement 7h du matin. La limitation de vitesse repasse quant à elle de 130 à 110 km/h. Le long de ces interminables routes, nous croisons de nombreuses carcasses de voitures abandonnées sur le bord du bitume, la raison est simple, le coût du dépannage et du rapatriement est souvent plus élevé que le prix du véhicule lui même dû à l’isolement total de ces régions. À présent un nouveau paysage défile sous nos yeux, alternant collines et montagnes rocheuses rouges, aux arbustes verdoyants et herbes jaunes brûlées par le soleil. Une espèce d’arbres nous interpelle, si caractéristique, ce sont bien des baobabs aux troncs très épais pour stocker l’eau. Nous croisons de nombreux oiseaux, tous plus beaux les uns que les autres, mais qui mettent parfois leur vie en péril à l’approche de notre véhicule en taillant des trajectoires inattendues, la vigilance est ainsi toujours de rigueur au volant.

Notre premier arrêt de la journée est au bord du Argyle Lake. C’est le deuxième plus grand lac d’Australie, une vaste étendue d’un bleu profond retenue par un barrage sur l’Ord River et cernée par un relief abrupt qui rougeoie au soleil. Il irrigue le Kununurra toute l’année et abrite une faune variée : oiseaux migrateurs, crocodiles d’eau douce et colonies de marsupiaux. Nous découvrons différents points de vue autour du barrage. L’Ord River qui traverse le Kimberley sur plus de 650 km est l’un des plus beaux systèmes fluviaux d’Australie avec des falaises rouges, des gorges, et une faune abondante avec aigles, martins-pêcheurs et crocodiles.

À 9h30 nous atteignons Kununurra, nous tirons sur notre droite et entrons dans le Mirima National Park. Nous y réalisons deux courtes balades, la Demboong Banan et la Banan Derdbe-gerring googlengtheniyinhang. Cette courte promenade traverse une étroite brèche dans la chaîne de montagnes jusqu’à une vue sur Kununurra. La surface est inégale, composée de roches et de sable grossier. Nous sommes bercé par le son des pigeons bisets qui fréquentent cette zone. Les roches qui nous entourent sont du grès formé de sédiments déposés par des ruisseaux et du sable éolien à la fin du Dévonien, il y a 360 millions d’années. Les vallées, les gorges et les gouffres de cette chaîne de grès ont été creusés par les pluies torrentielles de la saison humide tropicale. Les formations rocheuses présentent des couches horizontales distinctives, témoignant de leur origine sédimentaire sous une mer primordiale du Dévonien. Les roches sont protégées par une fine couche d’algues et de lichens gris-noir qui résistent à l’altération du fragile grès orange. On trouve de nombreuses traces de l’utilisation passée de Mirima par les Aborigènes. Des peintures rupestres, des gravures, des meules et des sites de fabrication d’outils en pierre se trouvent dans le parc.

Nous revenons sur nos pas jusqu’au centre-ville de Kununurra puis montons au Kelly’s Knob, un point de vue accessible via une petite route goudronnée qui domine la ville avec un large 360°. Ici règne une lumière rouge typique du Kimberley, avec des palmiers, des boabs et un ciel immense rendant l’endroit assez magique malgré un ciel couvert aujourd’hui.

Cette après-midi, nous roulons sur des centaines de kilomètres de bitume tendu à travers le vide. Une route droite, presque irréelle, avalant l’outback australien sous un ciel chargé de nuages striée comme les vagues d’un océan suspendu. La lumière passe à travers quelques déchirures lointaines, déposant des éclats pâles sur la plaine. Partout autour : des herbes sèches, quelques buissons isolés et une terre aux teintes rouges et ocres. Rien ne semble bouger. Juste cette sensation grisante d’être minuscule au milieu d’un paysage immense où la route semble mener nulle part ou peut-être exactement là où il faut aller. Les vaches et chevaux sont parfois même présents au milieu de la route, à 110 km/h il faut toujours être prêt à piler.

Nous atteignons de nuit vers 17h45 notre aire de repos gratuite située bien à l’écart de la route, elle semble posée au dessus d’un petit promontoire rocheux : la Ngumban Cliff Rest Area. Nous espérons y voir plus claire de jour demain matin pour la découvrir. Comme au début de notre voyage en Western Australia, le décalage horaire raccourcit fortement nos journées, avec une nuit qui s’installe dès 17 h. Mais il y a aussi un bon côté : les journées commencent tôt dès 6h du matin.

Dépenses du jour : 40€ plein de carburant à Kununurra + 48€ plein de carburant à Halls Creek.

Distance du jour parcourue en van : 747 km.

Distance du jour parcourue à pied : 4 km.

Température mini / maxi : 23°C / 29°C.

Itinéraire routier : Sandle Creek Rest Area > Kununurra Kelly’s Knob > Ngumban Cliff Rest Area (7h de route).

Nuit : Ngumban Cliff Rest Area (gratuit / toilettes).

Jour 23 : 20 Mai 2026 : Kimberley - Fitzroy Crossing - Danggu Geikie Gorge National Park - Broome

Mercredi 20 Mai 2026 : Kimberley - Fitzroy Crossing - Danggu Geikie Gorge National Park - Broome :

Ce matin, nous nous réveillons sur une magnifique aire de repos perchée au sommet de petites falaises rouges. Le décor est somptueux, baigné par les couleurs de l’outback. Depuis le milieu de la nuit, le vent souffle avec force, secouant notre van et le berçant au rythme de ses rafales. Vers 7h, nous quittons ce superbe spot et prenons la route, prêts à partir à l’assaut des immensités de l’outback.

Nous débarquons à Fitzroy Crossing vers 8h30. La ville est principalement occupée par des aborigènes australiens, les Bunuba étant le peuple traditionnel et les propriétaires fonciers de la région.

Nous nous rendons ensuite à seulement 20 km du centre de Fitzroy Crossing aux Geikie Gorge, où la rivière Margaret rencontre la Fitzroy River. La zone est couverte de formations rocheuses calcaire où l’eau et le vent ont érodé des parties de la roche, créant des grottes, de petits tunnels et un superbe effet de nid d’abeille. Nous y réalisions une petite balade en boucle le long de la rivière, hélas sans apercevoir de crocodiles qui fréquentent pourtant cette zone.

Nous reprenons la route et fonçons sur Broome retrouver l’Ocean Indien. Il est 15h lorsque nous débarquons sur la Cable Beach, sans traîner et sans transition par plus de 30°C nous fonçons nous baigner ! Cette plage s’étend sur environ 22 km de sable blanc très fin bordée par les eaux turquoise de l’océan Indien. Son immense largeur et ses marées spectaculaires créent une impression d’espace presque sans fin. La plage doit son nom à un câble télégraphique sous-marin installé en 1889 entre Broome et l’île de Java, qui reliait l’Australie au reste du monde. Il est 16h lorsque les silhouettes des chameaux avancent lentement sur le sable, créant l’une des images les plus emblématiques d’Australie. Entre baignades, longues promenades au bord de l’eau et paysages spectaculaires façonnés par les marées, Cable Beach offre une sensation de liberté et d’évasion unique. Nous sommes au paradis après ces longues heures de route en plein désert. Cette dernière est fréquentée par quelques locaux peu nombreux, l’immensité du lieu fait que nous nous sentons quasiment seuls. L’expérience la plus marquante reste lorsque le soleil décline peu à peu : le ciel se teinte délicatement d’orange, de rose et de rouge sur cette plage mythique d’Australie dans un cadre de carte postale.

Nous nous rendons avant la tombée de la nuit au Gantheaume Point qui est l’un des sites naturels les plus spectaculaires près de Broome. Cette pointe rocheuse est célèbre pour ses falaises de grès rouge intense qui plongent dans le bleu profond de l’océan Indien, créant un contraste de couleurs particulièrement impressionnant.

Le lieu est surtout connu pour ses empreintes de dinosaures fossilisées, vieilles d’environ 130 millions d’années, visibles à marée très basse parmi les récifs rocheux. La Pointe de Gantheaume est l’endroit parfait pour admirer le coucher du soleil, observer les vagues se briser contre les rochers et profiter d’un paysage sauvage typique du nord-ouest australien. L’atmosphère y est plus brute et naturelle que sur les plages voisines, offrant une sensation d’aventure et d’isolement face à une nature encore préservée. Nous sommes une nouvelle fois seuls au monde pour savourer ce Sunset au pied du phare sur un petit rocher.

15 minutes de route suffisent pour nous rendre au camping et clore cette journée qui marque peu à peu le retour à une certaine urbanisation, toute relative. Le Broome Caravan Park nous apporte le confort nécessaire pour retrouver un peu d’hygiène, refaire le plein d’eau et faire un peu de lessive.

Dépenses du jour : 37 € plein carburant à Fitzroy Crossing + 46 € plein carburant à Broome

Distance du jour parcourue en van : 554 km.

Distance du jour parcourue à pied : 5 km.

Température mini / maxi : 20°C / 31°C.

Itinéraire routier : Ngumban Cliff Rest Area > Fitz Roy Crossing > Aller-retour au Parc national des gorges Geikie > Broome Caravan Park (8 h de route).

Nuit : Broome Caravan Park (22€ / wc).

Site Internet du Parc national Danggu Geikie Gorge : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/danggu-geikie-gorge-national-park

Jour 24 : 21 Mai 2026 : Broome

Jour 24 : Jeudi 21 Mai 2026 : Broome :

Ce matin, une fine pluie nous tire doucement du sommeil. En ouvrant les yeux, nous découvrons autour du van des dizaines de wallabies curieux, silencieux spectateurs de notre réveil.

Nous repartons à la découverte de Broome, cette « petite » ville accrochée à une étroite bande de pindan (terre rouge) au nord-ouest de l’Australie, elle est à la fois une oasis et une ville frontalière.

Nous retournons nous balader sur cette immense Cable Beach dans une ambiance décontractée où seulement quelques joggeurs font leur sport matinal sur cette étendue sablée sans fin.

En milieu de matinée, nous nous rendons dans le Chinatown, c’est le quartier historique de Broome, reconnu pour son patrimoine multiculturel, son rôle dans l’industrie perlière et son architecture préservée. Ce district emblématique reflète l’influence des communautés asiatiques arrivées à la fin du XIXᵉ siècle pour travailler dans les pêcheries de nacre. Le Chinatown de Broome s’est développé au cœur de l’industrie perlière florissante des années 1880-1920. Des immigrants chinois, japonais et malais y ont ouvert commerces et logements, formant une communauté cosmopolite unique dans le nord-ouest australien. Malgré les restrictions raciales et les fluctuations économiques, le quartier est resté un centre commercial vital. Le quartier conserve des bâtiments bas en tôle ondulée, des enseignes colorées et des arcades de style colonial. L’ambiance mêle traditions asiatiques et culture de l’outback australien. Des sites emblématiques tels que Sun Pictures, Johnny Chi Lane et les anciens entrepôts de nacre témoignent de son passé commercial. Chinatown incarne la mémoire multiculturelle de Broome : les descendants d’ouvriers et de plongeurs y célèbrent encore festivals, arts et gastronomie. Le district a été revitalisé pour renforcer son attractivité touristique tout en préservant son authenticité historique, faisant de lui un symbole du métissage culturel de la région de Kimberley.

Juste après la pause repas, avant de quitter Broome, nous nous rendons à la Simpson’s Beach qui vaut largement le détour. Elle se situe proche du port au bord de Roebuck Bay, c’est une petite plage toute paisible. Elle se distingue par ses impressionnantes falaises de terre rouge (« pindan ») qui contrastent avec les eaux turquoise et les zones de mangroves environnantes.

À 13h, nous quittons cette civilisation toute relative et empruntons désormais la Great Northern Highway, qui va nous ramener peu à peu vers le Sud. Cet après-midi, la route australienne semble s’étirer jusqu’à l’infini. Une longue bande d’asphalte filant droit devant nous, avalant l’horizon sans jamais vraiment le rejoindre. Le ciel est devenu lourd, presque blanc, chargé d’une pluie hésitante. Quelques gouttes s’écrasent sur le pare-brise, laissant des perles d’eau dispersées comme si le désert lui-même essayait de respirer. De chaque côté, une végétation basse et sèche, des herbes jaunies et toujours cette terre rouge si typique de l’Outback qui accompagnent notre avancée. Pendant des kilomètres, rien. Juste la sensation grisante d’être seuls au milieu d’un espace immense. Puis est apparue la Sandfire Roadhouse, comme une petite île perdue dans cette immensité avec un décors typique fait de nombreux panneaux routiers. Ici, une station-service n’est pas juste un endroit où faire le plein : c’est presque un événement. On s’est arrêtés pour remplir le réservoir, avec ce mélange étrange de soulagement et d’excitation qu’on finit par avoir dans l’arrière-pays australien. L’odeur d’essence mêlée à celle de la pluie sur la terre chaude, quelques voyageurs de passage, des véhicules couverts de poussière rouge… et cette impression particulière qu’au milieu de nulle part, ces haltes deviennent des lieux de vie. Quelques minutes plus tard, le plein fait et quelques photos prises, on remonte dans le van et la route nous attend déjà à nouveau, droite et infinie devant nous.

À 18h15, notre journée prend fin en atteignant notre aire de repos gratuite : la De Grey Rest Area, place à du calme et un peu de repos.

Dépenses du jour : 29 € courses alimentaires à Broome + 16 € repas de midi + 46 € plein carburant à Sandfire.

Distance du jour parcourue en van : 558 km.

Distance du jour parcourue à pied : 8 km.

Température mini / maxi : 20°C / 31°C.

Itinéraire routier : Broome Caravan Park > Cable Beach > Chinatown > De Grey Rest Area (6 h de route).

Nuit : De Grey Rest Area (gratuit / WC / grand).

Jour 25 : 22 Mai 2026 : Karijini National Park - Dales Gorge

Samedi 23 Mai 2026 : Karijini National Park - Dales Gorge :

La nuit fut agréable dans un silence total, il est 7h15 lorsque nous reprenons la route sur la Northern HWY, il fait 19°C et le soleil est de retour.

Nous découvrons en milieu de matinée Port Hedland qui est une ville portuaire située dans la région du Pilbara, à environ 1 800 km au nord de Perth. Elle compte environ 16 000 habitants avec l’agglomération de South Hedland. Le site se trouve sur les terres traditionnelles du peuple Kariyarra, qui nomme cette région « Marapikurrinya » (« lieu des bonnes eaux »).

Port Hedland est surtout connue pour son rôle économique majeur : elle possède le plus grand port d’exportation en vrac d’Australie et l’un des plus importants au monde. Son activité est largement dominée par l’exportation de minerai de fer provenant des mines de l’intérieur des terres du Pilbara. D’immenses trains miniers (parfois jusqu’à 7 km de long, et certains sont sans conducteur) acheminent le minerai jusqu’au port où des navires géants le transportent principalement vers les marchés asiatiques. Le climat est tropical semi-désertique : températures élevées toute l’année, saison humide entre novembre et avril, risques cycloniques et fortes chaleurs dépassant régulièrement 40 °C. Malgré cet environnement rude, la région offre des paysages caractéristiques du Pilbara : terre rouge, mangroves, plages, observation des tortues et pêche.

Nous empruntons la route 95 en plein cœur des plaines rouges du Pilbara. Nous croisons un nombre incalculable de Road Trains provenant des nombreuses mines environnantes. Les paysages sont de nouveau très variés, d’un rouge intense encore plus marqué que précédemment, puis nous prenons un peu d’altitude via une route devenant sinueuse pour entrer dans les reliefs des Hamersley Ranges creusant des vallées, des arrêtes et parfois des parois verticales.

Nous entrons dans le Karijini National Park (entrée inclue dans le pass des parcs WA) en milieu d’après-midi. Nous commençons par nous rendre au Visitor Center prendre les informations nécessaires avant de nous lancer à la découverte de ce joyaux naturel ces deux prochains jours. Direction le Dales Campground pour deux nuits à 12 km de là. Pour un premier aperçus, nous marchons durant les plus belles heures de cette fin de journée jusqu’aux Fortescue Falls. C’est la seule cascade alimentée toute l’année. Un sentier équipé de marches et de passerelles permet de descendre en pente raide au fond de la gorge donnant accès à un charmant bassin. Sortie de nulle part, cette gorge s’offre à nous à la dernière seconde lorsque nous débarquons au Lookout, le point de vue est sublime sur l’ensemble des Dales Gorges. Entre végétation humide verdoyante au fond, falaises abruptes rouges sur les côtés et plateau aride jaunâtre au sommet, les contrastes sont saisissants. Nous savourons l’instant, sous ce soleil qui décline peu à peu, et la température également. Nous en profitons pour faire un Time Lapse face à ce Sunset dans ce lieu inattendu en plein désert. À 18h, de retour au campement, nous prenons notre repas sous un ciel parfaitement étoilé dans un silence total.

Dépenses du jour : 56 € plein carburant à Port Hedland + 33 € plein carburant à Auski.

Distance du jour parcourue en van : 434 km.

Distance du jour parcourue à pied : 6 km.

Température mini / maxi : 19°C / 28°C.

Itinéraire routier : De Grey Rest Area > Port Hedland > Karijini National Park > Dales Campground (5 h de route).

Nuit : Dales Campground (30 $/nuit à deux soit 36 € les deux nuits à deux, très grand avec des emplacements parfois cosy comme le nôtre Euro 80, wc sec, pas d’eau ni de douche, disponibles uniquement au Visitor center à 12 km du camp).

Site Internet du parc Karijini : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/karijini-national-park

Article de BFM Business sur ces longs trains Australiens de plus de 2 km (Mai 2026).

Jour 26 : 23 Mai 2026 : Karijini National Park - Dales Gorge

Samedi 23 Mai 2026 : Karijini National Park - Dales Gorge :

Nous nous réveillons aujourd’hui en plein cœur du Karijini National Park. Niché dans l’arrière-pays du rouge Pilbara, il est sans doute le joyau de l’outback d’Australie-Occidentale. La Hamersley Range y est découpée par quinze profondes gorges de roche rouge, étroits défilés souvent invisibles jusqu’au dernier moment, lorsqu’on arrive au bord du précipice. Des sentiers de randonnée suivent les falaises ou descendent dans les gorges. Il est notamment possible de nager dans les gorges de Hamersley et de Dales : l’outback n’offre pas de plus belle expérience.

À 6h45, nous débutons cette journée en marchant face au soleil levant par le Circular Pool, un bassin turquoise niché au fond d’une gorge abrupte et profonde. Probablement l’un des endroits les plus photogéniques du parc, nous nous arrêtons un moment profitant du soleil qui illumine peu à peu l’une de ses paroi.

Puis nous longeons la Dales Gorges par le Gorge Rim Trail, qui surplombe le canyon par le haut sur son versant Nord via le Three Ways Lookout. La nature se réveille doucement sous le chant des oiseaux. La température se réchauffe également réveillant tranquillement notre corps. Nous marchons au milieu des Eucalyptus dans ce décors désertique alors qu’en contre-bas, au fond du canyon, la végétation est verte et humide dans un micro climat minuscule. Le paysage est de toute beauté ce matin avec des couleurs vives qui ressortent à la perfection. Nous avons bien fait d’être matinales et nous savourons seuls au monde une fois n’est pas coutume. Nous poursuivons notre boucle en descendant jusqu’au fond de la gorge où se trouve la resplendissante Fortescue Falls, et en cette heure matinale il n’y a personne. C’est un petit coin de paradis avec des couleurs variant entre le bleu et vert émeraude surmonté par de magnifiques strates de roches rouge. L’ambiance est mémorable. Nous continuons avec un léger détour en aller-retour jusqu’à la Fern Pool, un petit oasis inattendu où j’en profite pour me jeter à l’eau sous une petite cascade. Le soleil n’est pas encore totalement sorti, l’ambiance est fraîche à la sortie de l’eau, mais quel privilège de se baigner ici tout seul au milieu de cette nature bucolique verdoyante en plein désert. Jubura ‘Fern Pool’ est un site culturel important pour les Autochtones de Banyjima. Le Yinda ou la piscine permanente a été créé par le Thurru le « serpent spirituel alors qu’il parcourait le pays.

Nous reprenons à présent notre boucle via le Dales Gorge Trail qui suit le lit de la rivière au fond de cette étroite gorge. Nous nous sentons tout petit au fond de ce canyon de toute beauté. Nous franchissons quelques passages escarpés où il faut parfois mettre les mains, puis nous traversons le fil de la rivière avant de grimper sous le Dales Gorge Lookout pour en sortir. Nous terminons ainsi cette magnifique boucle de 7 km en revenant sur nos pas jusqu’au Campground à 11h. Nous prenons tranquillement notre repas à l’extérieur malgré le retour des mouches envahissantes, puis nous savourons d’un temps de pause l’après-midi et en profitons pour faire la sieste au milieu d’un paysage extraordinaire. Situé dans la gamme Hamersley au cœur de la Pilbara, ce vaste parc national de Karijini offre des paysages spectaculaires et rugueux, des formations géologiques anciennes, et une variété d’écosystèmes de terres arides. Il s’agit du deuxième plus grand parc national d’Australie-Occidentale englobant plus de 627 000 hectares.

Des montagnes massives et des escarpements s’élèvent hors des vallées plates. Le haut plateau est disséqué par des gorges à couper le souffle et des rochers aux multiples couleurs, les cours d’eau sont bordés d’arbres et serpentent sur une plaine poussiéreuse. C’est une partie ancienne de la terre. Le lent processus d’érosion a sculpté cette forme de la terre dans des roches qui ont plus de 2 000 millions d’années, pour former ce paysage intrigant avec une écologie complexe. Une grande variété d’écosystèmes sont représentés dans le parc. Des gorges abruptes qui abritent une remarquable variété de plantes et d’animaux; et les collines, crêtes et plateaux sont recouverts de Spinifex hummocks et d’eucalyptus épars. Une grande partie de la moitié sud du parc est inaccessible pour laisser cette nature à l’état sauvage.

Le parc est situé juste au nord du tropique du Capricorne et son climat peut être décrit comme un semi-désert tropical. Une pluviométrie très variable, principalement estivale de l’orde de 250 à 350 mm, et très souvent associé a des orages et des cyclones. Pendant l’été, juste avant notre venue, il peut y avoir des écoulements d’eau spectaculaires dans les gorges. Les températures dépassent fréquemment 40ºC. Les journées d’hiver restent chaudes et le ciel est claire mais les nuits deviennent froides et parfois même glaciales.

Petit point géologie : Les formations de fer par strates sont bien visibles autour des gorges. Ce sont des dépôts de sédiments riches en fer et en silice accumulés sur un ancien fond marin. Au fil des millions d’années, ces dépôts ont été transformés par la pression d’autres sédiments posés sur eux et ont modifiés progressivement le fil de l’eau qui s’est retrouvé piégé.

Les gorges nous offrent ainsi une pause rafraîchissante après des kilomètres parcourus sur des plaines arides au-dessus. Nous n’avons aujourd’hui hélas pas la chance de rencontrer des kangourous rouges, ni des euros (kangourous qui sont communs au pays rocheux), mais nous rencontrons bien ces fameux chiens sauvages : les dingos, et des rocks wallabies.

Vers 16h45, nous nous dirigeons à nouveau vers le Dales Gorge Lookout pour profiter d’un nouveau coucher du soleil sur le canyon et terminer ainsi cette belle journée en beauté.

Dépenses du jour : 0€.

Distance du jour parcourue en van : 0 km.

Distance du jour parcourue à pied : 8 km.

Température mini / maxi : 15°C / 27°C.

Itinéraire routier : Pas de route.

Nuit : Dales Campground (30 $/nuit à deux soit 36 € les deux nuits à deux, très grand avec des emplacements parfois cosy comme le nôtre Euro 80, wc sec, pas d’eau ni de douche, disponibles uniquement au Visitor center à 12 km du camp).

Site Internet du parc Karijini : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/karijini-national-park

Retrouvez notre topo de la randonnée sur AltitudeRando : en cliquant-ici.

Jour 27 : 24 Mai 2026 : Karijini National Park - Weano Gorge & Hancock Gorge

Dimanche 24 Mai 2026 : Karijini National Park - Weano Gorge & Hancock Gorge :

Nous nous réveillons tôt ce matin et partons du Dales Campground à 6h15 pour nous diriger aujourd’hui à la Hancock Gorge et à la Weano Gorge, au centre du parc, à 56 km de là.

Nous débutons la marche à 7h15, nous sommes les premiers sur le parking sous un soleil commençant tout juste à nous illuminer à l’horizontale de la plus belle des manières.

La Hancock Gorge compte parmi les plus beaux sites du Karijini. On y accède par une descente abrupte de 400 m(ponctuée d’échelles), comprenant des passages ardus sur des rochers et des parties submergées (à traverser à gué ou à la nage, selon la hauteur de l’eau). Pour récompense, nous découvrons l’Amphithéâtre : le nom dit tout. Un peu plus loin sur la Spider Walk, via une promenade glissante, nous tombons sur les eaux émeraude de Kermits Pool. La progression est très plaisante et ludique avec de petits pas d’escalade sur un rocher magnifique mais parfois un peu patiné. Seul nos pas s’entendent dans cette fissure profonde, nous sommes aux anges.

La Weano Gorge ne se trouve ensuite pas très loin. On y accède par un sentier escarpé menant à Lower Weano, où est situé le superbe Handrail Pool, aux eaux d’un vert profond, à l’ombre de falaises texturées marquées par d’infinies nuances de rouge. Pour une vue d’ensemble, le meilleur spot est à l’intersection de la Red Gorge et de la Weano Gorge Lookout, où nous jouissons d’une vue plongeante sur la Joffre Gorge et la Hancock Gorge, 130 m en contrebas. Pas très loin et également bien indiqué pour terminer ce secteur en beauté, le Oxer Lookout offre une vue sublime sur la Hancock Gorge.

Compter 3h pour profiter et faire l’ensemble des circuits. À 10h15 nous sommes de retour au parking et l’affluence commence à peine à faire son arrivée. Nous avons bien fait d’arriver tôt pour savourer en toute tranquillité et profiter d’un silence total dans cette nature si sauvage. En résumé cette Weano Gorge est une des plus belles, avec ses parois sombres et ses passages étroits puis la Hancock Gorge avec une progression amusante et technique qui débouche sur la Kermits Pool (à faire quand il n’y a personne) avec des strates rocheuses de toute beauté. Un régal pour les yeux.

Nous poursuivons un peu plus loin par la Joffre Gorge, une petite pépite avec différents bassins et une cascade durant la saison des pluies. Au milieu des spinifex, la gorge apparaît comme un royaume magique et caché.

Nous reprenons la route vers 11h et quittons doucement ce magnifique parc de Karijini au milieu d’un paysage lunaire. Nous marquons la pause repas face au Mount Bruce qui culmine tout de même à 1 234 mètres d’altitude, c’est le deuxième plus haut sommet d’Australie-Occidentale, derrière le Mount Meharry (voir vidéo du jour). Nous admirons chaque kilomètre qui défile à travers ce paysage féerique d’un rouge intense. L’image de l’Australie prend ici tout son sens, nous sommes entourés de nombreux sommets et collines d’un ocre puissant. A 17h, nous débouchons sur l’aire de repos gratuite qui nous servira pour passer la nuit. La House Creek Rest Area dispose de wc sec et de tables de pique nique, elle est suffisamment grande et nous ne serons que 3 véhicules à y passer la nuit. Nous profitons du coucher du soleil qui décline vers 17h20, faisant fort heureusement disparaître les nombreuses mouches présentent par vingtaines sur nos corps. Le chapeau anti mouche est encore bien utile ce soir. Nous dînons ce soir face à un coucher du soleil remarquable entouré d’eucalyptus et de spinifex.

Dépenses du jour : 38€ plein de carburant à Paraburdoo.

Distance du jour parcourue en van : 428 km.

Distance du jour parcourue à pied : 8 km.

Température mini / maxi : 4°C / 29°C.

Itinéraire routier : Dales Campground > Weaneo Recreation Area (1h15 / 95 km) > Paraburdoo > House Creek Rest Area (4h / 320 km). 5 h de route.

Nuit : House Creek Rest Area (gratuit / wc / poubelles / pas d’eau).

Site Internet du parc Karijini : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/karijini-national-park

Jour 28 : 25 Mai 2026 : Cape Range National Park - Ningaloo Reef

Lundi 25 Mai 2026 : Cape Range National Park - Turquoise Bay - Ningaloo Reef :

L’ambiance est fraîche au réveil avec tout juste 10ºC à 6h30 lorsque nous quittons notre bivouac. Une magnifique journée se présage sans aucun nuage à l’horizon.

Nous reprenons la route ce matin sur la Nanutarra Road jusqu’à l’embranchement avec la North West Coastal Highway que nous descendons vers le Sud. Un peu plus loin, nous bifurquons sur notre droite pour emprunter la Burkett Road qui nous emmène sur Exmouth. Retour à un peu de civilisation mais que très temporairement comme toujours. Nous y faisons le plein de carburant. Elle est construite entre l’océan Indien et des paysages désertiques rouges typiques de l’Outback australien. La ville compte seulement quelques milliers d’habitants, mais sa population augmente fortement pendant la saison touristique.

Exmouth est surtout connue comme la porte d’entrée du spectaculaire Ningaloo Reef, un récif corallien classé au patrimoine mondial. Contrairement à la Grande Barrière de Corail, le récif est très proche de la côte : il est possible de faire du snorkeling directement depuis certaines plages. Exmouth possède une identité particulière : on y passe en quelques minutes d’un paysage désertique rouge à des eaux turquoise très riches en faune marine. Cette combinaison « désert + récif corallien » est surprenante.

Quelques kilomètres plus loin, nous entrons à présent dans l’incontournable Cape Range National Park. C’est la destination qui offre une combinaison spectaculaire de paysages terrestres et marins, ce qui en fait un lieu inévitable pour les amoureux de la nature que nous sommes. En arrivant à Cape Range, nous avons eu l’impression de pénétrer dans un paysage coupé du monde : des terres rouges et sauvages d’un côté, l’océan bleu intense de l’autre. Chaque détour révélait une nouvelle vue spectaculaire. Notre aventure dans ce parc national a été riche en découvertes et en émerveillement. Nous marquons un premier arrêt à Five Mile Beach après déjà 5h de route. Le vent souffle fort et la température est de 24°C. L’océan Indien est assez agité mais le paysage est de toute beauté. C’est le lieu de naissance de la tortue femelle majun, un lieu dédié aux affaires des femmes. Une tortue femelle retournera toujours à son lieu de naissance tout au long de sa vie pour y pondre ses œufs. Nous marquons la pause repas ici avant de ne reprendre que légèrement la route jusqu’à la fameuse Turquoise Bay. C’est la plage réputée pour être l’une des plus belles de l’Australie. La baignade dans ses eaux cristallines et observer les poissons tropicaux juste à quelques mètres du rivage est une expérience incroyable. Les lunettes de plongée enfilées et nous voilà au milieu d’une variété de poissons infinies, des panels de couleurs comme je n’en avais jamais vu jusqu’à présent dans une eau à 26°C. Des petits, des minuscules, des grands, mais aussi quelques méduses au large. La plage porte bien son nom, offrant des vues sur des eaux d’un turquoise éclatant qui semblent tout droit sorties d’une carte postale. La barrière de corail nous protège bien des vagues nous offrant ainsi une eau limpide. Elle mérite totalement sa réputation pour ses eaux cristallines aux nuances de bleu éclatantes et son sable blanc immaculé tout ceci en nous retrouvant quasiment seuls. Cette plage bordant le récif de Ningaloo, où la vie marine évolue à quelques mètres du rivage est exceptionnelle. Entre le contraste saisissant des paysages arides du parc et les couleurs intenses de l’océan, l’endroit donne une impression de nature intacte, sauvage et lumineuse. Une étape marquante où l’on a le sentiment d’être au bout du monde.

Nous finissons tout de même par quitter cette plage incroyable et marquons un dernier arrêt avant le coucher du soleil à la Mangrove Bay. Cette petite baie protégée, bordée de mangroves et de vasières découvertes par la marée, constitue un refuge naturel pour de nombreux oiseaux marins et migrateurs. Le paysage change au rythme des marées : entre eaux turquoise, silence du bush australien et vie sauvage omniprésente, l’endroit dégage une atmosphère paisible et presque hors du temps. Un arrêt discret mais mémorable sur la côte sauvage du Ningaloo.

Il est temps de rejoindre notre camping avant la tombée de la nuit situé juste à la sortie du Cape Range National Park à moins de 10 minutes de route : le Yardie Homestead Campground. Une bonne douche, une lessive, un bon repas et place à une nuit fraîche et étoilée.

Dépenses du jour : 62 € plein carburant à Exmouth.

Distance du jour parcourue en van : 438 km.

Distance du jour parcourue à pied : 6 km.

Température mini / maxi : 10°C / 26°C.

Itinéraire routier : House Creek Rest Area > Exmouth > Turquoise Bay > Yardie Homestead Campground (Cape Range) (5 h de route).

Nuit : Yardie Homestead Campground (62€ les 2 nuits à 2) - piscine, douches, tout confort.

Site Internet du parc Cape Range : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/cape-range-national-park

Jour 29 : 26 Mai 2026 : Cape Range National Park - Ningaloo Reef

Mardi 26 Mai 2026 : Cape Range National Park - Ningaloo Reef - Yardie Creek - Osprey Bay - Sandy Bay - Oyster Stacks :

Nous nous réveillons aujourd’hui en plein cœur du Cape Range National Park où nous allons encore passer une seconde nuit. C’est un lieu où deux mondes se rencontrent : les paysages arides de l’outback australien juste dans notre dos et les eaux turquoise du récif de Ningaloo face à nous. Ce parc national est célèbre pour ses falaises calcaires, ses gorges spectaculaires, ses plages de sable blanc et sa biodiversité exceptionnelle. On y découvre une nature sauvage où kangourous, émeus et wallabies partagent l’espace avec les tortues marines et les poissons tropicaux du récif voisin.

Nous quittons le Yardie Campground et filons tout au bout de la route goudronnée jusqu’a Yardie Creek en marquant un arrêt au Milyering Discovery Center pour récupérer quelques informations pratiques.

Yardie Creek est une gorge spectaculaire qui a été creusée dans des falaises calcaires anciennes et constitue le seul cours d’eau permanent du parc. Entouré de paysages désertiques, ce lieu crée un contraste saisissant entre les roches rouges et ocre, la végétation verdoyante et les eaux calmes du creek. Le site est particulièrement connu pour sa faune : on peut y observer des oiseaux, des poissons, des kangourous et surtout les wallabies des rochers à pieds noirs, une espèce assez rare. Nous réalisons une petite marche qui permet d’admirer les points de vue sur la gorge : le Yardie Nature Walk + Yardie Creek Trail (2 km / 45 min). Le paysage semble presque irréel : une gorge encaissée au milieu d’un environnement désertique, où les hautes falaises se reflètent dans une eau calme et profonde. Le silence et la beauté sauvage du lieu donnent l’impression d’être dans un endroit préservé du reste du monde. Ce calme matinal nous permet d’approcher de nombreux wallabies et d’observer de nombreux rapaces perchés sur des branches se laissant prendre en photo dans un cadre parfait.

Nous revenons ensuite doucement sur nos pas et profitons de la Osprey Bay et de la Sandy Bay pour plonger et nous installer sur cette plage seuls au monde durant toute la fin de matinée. L’eau calme et transparente nous permet même d’apercevoir une tortue solitaire à quelques mètres de nous seulement.

Après la pause repas, nous remontons sur les Oyster Stacks, un autre joyau du parc, parfait pour se détendre, faire du snorkeling et admirer le vaste horizon turquoise. Sur les Oyster Stacks, l’après-midi a semblé suspendre le temps. Dès les premiers mètres dans l’eau, le monde a changé de rythme : seulement le mouvement lent des courants et les éclats de lumière traversant la surface. Autour de nous, des nuées de poissons glissaient entre les coraux, passant du bleu électrique au jaune vif comme des touches de peinture vivantes dans une mer cristalline. En remontant à la surface, la plage paraissait presque irréelle. Le sable clair, l’eau turquoise et l’horizon sans fin donnaient l’impression d’être au bord d’un décor trop parfait pour être vrai. Le soleil déclinait doucement, réchauffant encore la peau salée après la plongée. Il y avait cette sensation rare d’être exactement là où il fallait être, entre l’émerveillement du monde sous-marin et la sérénité d’un paysage paradisiaque. Et certains endroits laissent des souvenirs ; celui-ci donnait plutôt l’impression de vivre un instant qu’on voudrait ralentir pour le garder un peu plus longtemps.

Puis nous terminons cette journée paradisiaque à Lakeside pour admirer le coucher du soleil. Nous sommes seuls au monde, juste tous les deux, face aux dernières lumières qui transforment peu à peu le ciel. Les couleurs changent minute après minute, passant de tons dorés à des nuances orangées puis rosées, tandis que le paysage devient plus calme encore.

Nous prenons notre repas du soir là, dans cette atmosphère simple et parfaite, avec pour seule compagnie le bruit du vent et des vagues au loin. Une façon douce de terminer cette journée entre mer, découverte et émerveillement, avant de reprendre la route vers le camping avec cette impression d’avoir vécu une parenthèse hors du temps.

Dépenses du jour : 0 €.

Distance du jour parcourue en van : 120 km.

Distance du jour parcourue à pied : 8 km.

Température mini / maxi : 15°C / 28°C.

Itinéraire routier : Yardie Homestead Campground > Yardie Creek > Yardie Homestead Campground (1h30 de route).

Nuit : Yardie Homestead Campground (62€ les 2 nuits à 2) - piscine, tout confort.

Site Internet du parc Cape Range : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/cape-range-national-park

Jour 30 : 27 Mai 2026 : Cape Range National Park - Coral Bay - Ningaloo Reef

Mercredi 27 Mai 2026 : Cape Range National Park - Coral Bay - Ningaloo Reef :

À 6h45, après deux nuit dans ce camping au bord du Cape Range National Park, il est temps de quitter la partie Nord de cette région de Ningaloo Reef. Nous nous arrêtons tout de même au bord de la route pour assister au lever du soleil depuis la minuscule plage de Hunters, sous le phare Vlamingh Head Lighthouse. Les couleurs sont une nouvelle fois majestueuses dans un calme si profond. Nous attaquons cette belle journée dans une ambiance paisible. Juste un peu plus loin, nous sommes intrigués par la présence de 13 immenses antennes s’élevant vers le ciel. Après un peu de recherches, nous découvrons que celles-ci sont utilisées pour communiquer avec des sous-marins immergés australiens, américains et alliés. Les fréquences très basses pénètrent l’eau de mer, ce qui permet d’envoyer des messages à des sous-marins sans qu’ils remontent à la surface. Le site est gigantesque avec 13 pylônes géants mesurant jusqu’à 387 m de haut pour la tour centrale (“Tower Zero”), et sur plus de 400 hectares couverts par des câbles suspendus en forme de toile d’araignée géante. Situées sur cette pointe de North West Cape, elles appartiennent à la base militaire Naval Communication Station Harold E. Holt et nommé système d’antennes VLF (“Very Low Frequency”).

Légèrement plus loin, très intrigant également, nous découvrons le nouveau système militaire spatial DARC (“Deep Space Advanced Radar Capability”). C’est un immense radar spatial développé par les États-Unis et l’Australie pour surveiller : satellites, débris spatiaux, objets en orbite lointaine, et potentiellement des satellites militaires adverses. La péninsule est devenue un des points stratégiques majeures australiens pour les communications militaires et la surveillance spatiale dans l’Indo-Pacifique.

Nous repassons par Exmouth puis filons plein Sud jusqu’à Coral Bay que nous atteignons vers 9h15. Cette petite ville côtière dans l’ouest australien, au Sud de Ningaloo Reef est célèbre pour ses eaux cristallines d’un bleu profond et ses plages de sable blanc immaculé. La plage principale de Coral Bay est un véritable paradis pour les amateurs de snorkeling et de plongée, grâce à sa proximité avec le récif. L’eau y est si claire que même les plus petits détails sous-marins sont visibles depuis la surface. La plage est également idéale pour des journées de détente, où le sable fin et les eaux tièdes invitent à de longues heures de farniente au soleil. Un des points forts de Coral Bay est la possibilité d’observer des bébés requins dans leur habitat naturel au niveau de Nursery Shark Sanctury. Pour accéder à ce site d’observation, il faut marcher 30 minutes le long de la plage, offrant des vues spectaculaires sur le paysage maritime et des moments de connexion profonde avec la nature. Malheureusement, nous n’avons pas eu la chance de croiser les bébés requins pour cette fois.

Avant de quitter Coral Bay, nous nous rendons à la Paradise Beach, une plus petite plage paisible proche de l’embarcadère pour la mise en eau des bateaux de particuliers.

Nous reprenons la route à 13h30 et poursuivons doucement notre descente vers le Sud sur la North West Coast Hwy. Nous franchissons à nouveau le Tropique du Capricorne en milieu d’après-midi, mais ce coup-ci dans le sens du retour. La nostalgie nous gagne déjà après tous ces kilomètres parcourus. Depuis hier, nous croisons de plus en plus de touristes en campings cars et en vans, cette côte Ouest change radicalement avec tout le centre du pays que nous avons traversés, beaucoup plus sauvage où nous ne rencontrions qu’un ou deux vans par jour tout au plus. Quel dommage de ne découvrir que cette infime partie de l’Australie sur de courts séjours…

Après des kilomètres de terres arides, nous débouchons à Carnarvon. Un court retour à la civilisation et surtout le grand retour des cultures. Grâce au climat subtropical et à l’irrigation du fleuve Gascoyne, la région est surnommée le Food Bowl of WA (le grenier alimentaire d’Australie Occidental). On y cultive : bananes, mangues, melons, pamplemousses, avocats ainsi que des légumes : tomates, poivrons, courgettes, haricots… La transition est surprenante. Nous marquons un arrêt courses alimentaires sûrement pour la dernière fois de ce voyage, et un plein de carburant.

Place à la dernière ligne droite de la journée avec 30 min de route jusqu’à notre aire de repos gratuite pour la nuit, en bord de route : Edaggee Rest Area.

Dépenses du jour : 43 € plein carburant à Exmouth + 38 € decourses alimentaires à Carnarvon + 50 € plein carburant à Carnarvon.

Distance du jour parcourue en van : 508 km.

Distance du jour parcourue à pied : 7 km.

Température mini / maxi : 15°C / 28°C

Itinéraire routier : Yardie Homestead Campground > Coral Bay > Carnarvon > Edaggee Rest Area (5 h de route).

Nuit : Edaggee Rest Area (gratuit / WC).

Site Internet touristique sur Coral Bay : www.ningaloocoralbay.com

Jour 31 : 28 Mai 2026 : Shark Bay

Jeudi 28 Mai 2026 : Shark Bay :

Nous quittons notre aire de repos gratuite (Edaggee Rest Area) un peu avant 7h. Nous poursuivons notre descente vers le Sud sur la North West Coast Hwy jusqu’à l’embranchement de la Shark Bay Road au niveau de l’Overlander Roadhouse, qui s’inscrit dans un environnement quasi désertique.

Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, Shark Bay, qui s’étire de Kalbarri à Carnarvon, englobe plus de 1 500 km de côte spectaculaire jalonnée de lagons aux eaux turquoise, de péninsules arides, de baies reculées, de plages de sable blanc, de hautes falaises calcaires et de nombreuses îles. Ce territoire, le plus occidental d’Australie, abrite un écosystème particulièrement riche, avec des plantes et des espèces animales uniques au monde. Des baies abritées et de luxuriants herbiers marins attirent dugongs, tortues de mer, baleines à bosse, dauphins, raies, requins et autres créatures aquatiques. Shark Bay a bénéficié du Project Eden, un ambitieux programme qui a pour but d’éradiquer les espèces invasives afin de réintroduire celles endémiques.

Shark Bay en Australie-Occidentale est un site du patrimoine mondial qui offre des merveilles naturelles inégalées. Chaque arrêt était une révélation de la beauté et de la diversité de cette région exceptionnelle.

Notre aventure commence par Hamelin Pool Stromatolites. En avril 2021, le cyclone tropical violent Seroja a frappé la côte ouest-australienne, causant d’importants dégâts dans la région du Mid-West. Le cyclone et la marée de tempête associée ont endommagé de larges sections de la promenade d’observation des stromatolites à Hamelin Pool. En raison des dégâts et des risques associés pour la sécurité des visiteurs, le DBCA a fermé la passerelle jusqu’à ce qu’elle puisse être sécurisée à nouveau, mais celles-ci restent visibles depuis le rivage. Les stromatolites sont des exemples des premières formes de vie sur Terre. Les tapis microbiens sont les premiers écosystèmes de la Terre. Ils existent depuis plus de trois milliards d’années, soit plus de 75 % de l’histoire géologique de la Terre. Il y a plus de deux milliards d’années, les cyanobactéries sont apparues, influençant l’évolution en oxygénant l’atmosphère terrestre. Ils ne grandissent que de 3 cm tous les 100 ans. Hamelin Pool s’étend sur 132 000 hectares et l’eau s’évapore constamment. Il est très peu profond et contient peu d’eau douce : seulement environ 200 mm de précipitations par an.

Vers 10h, nous arrivons à Shell Beach, une plage unique recouverte de coquillages blancs étincelants à perte de vue. Marcher sur cette plage était comme explorer un autre monde, avec le contraste saisissant entre les coquillages et les eaux turquoise de la baie. Malgré la météo qui a totalement changée par rapport aux précédentes semaines, la pluie faisant son grand retour, nous profitons tout de même de l’instant. La salinité de l’eau est ici extrême, presque deux fois plus salée que l’océan ouvert. Cela permet à une espèce de prospérer par milliards, la coque Fragum(Fragum erugatum). C’est ici, à Shark Bay que l’on compte le plus de coquillages au monde, on en compte des milliards. Le désert marin super-salé dans lequel ils vivent est un habitat extrême et peu d’autres plantes ou animaux peuvent y survivre. Ainsi, les coques Fragum ont peu d’espèces avec qui rivaliser. Bien qu’ils vivent d’une courte durée d’un an ou deux au maximum, le peu de prédateurs ont permis à ces Cockles de prospérer.

Nous avons ensuite gravi les hauteurs d’Eagle Bluff Lookout, où un sentier surélevé offre un panorama spectaculaire sur les eaux claires en contrebas. Ici, avec un peu de chance, vous pouvez observer des requins, des raies et d’autres merveilles marines se déplacer élégamment dans leur habitat naturel. Ce point de vue offre également un aperçu sur l’île de Dirk Harto au loin et les rives de la péninsule occidentale de la baie.

Nous passons ensuite par Denham, une petite ville côtière pleine de charme. Nous nous baladons sur le front de mer puis nous nous rendons au Discovery Center, certaines images vues du ciel par beau temps nous font rêver, mais la météo du jour en aura décidée autrement. Nous y voyons un film 3D sur un événement marquant qui s’est déroulé ici : Le 19 novembre 1941, à environ 200 kilomètres à l’ouest d’ici, deux navires se rencontrèrent par hasard.

La rencontre entre le HMAS Sydney (II) et le HSK Kormoran fut une bataille navale sans précédent. Le Sydney fut submergé à courte portée dès les cinq premières minutes, puis soumis à un feu nourri d’artillerie pendant plus d’une heure. Lors d’autres batailles de la Seconde Guerre mondiale, des navires avaient survécu à de multiples impacts d’obus de gros calibre ou à des attaques de torpilles ; le Sydney subit les deux, et bien plus encore. Grâce à son camouflage, à l’effet de surprise, à sa proximité et à une précision redoutable, le croiseur auxiliaire allemand Kormoran détruisit le navire de guerre le plus célèbre de la Marine royale australienne.

Le Sydney, lui aussi, finit par détruire son adversaire, car les dégâts et les incendies provoqués par ses bombardements contraignirent les Allemands à abandonner et à faire sauter leur propre navire.

S’il est impossible d’en faire une reconstitution exhaustive et détaillée, nous pouvons reconstituer le déroulement de la bataille. La peur, le courage, le désespoir, l’héroïsme, le vacarme assourdissant et l’horreur de la violence. Nous pouvons lire les témoignages des survivants allemands. À présent, grâce aux images des épaves gisant à 2 500 mètres de profondeur, nous pouvons entrevoir ce que ces navires révèlent des événements de cette funeste soirée de novembre au large de Shark Bay.

À 13h30, nous poursuivons notre route jusqu’au Little Lagoon qui fut notre prochaine halte, un lieu parfait pour une promenade tranquille au bord de l’eau, profitant de la tranquillité et de la beauté naturelle de l’endroit. Puis, au vu de la météo, nous ne poussons pas jusqu’à Monkey Mia, mais revenons sur nos pas jusqu’à la North West Coast Hwy que nous continuons à descendre vers le Sud jusqu’à la Roadhouse de Billabong. Toute pleine de charme, nous y marquons notre arrêt essence dans cette ambiance typique. 15 minutes de route plus loin, nous stoppons cette journée sur l’aire de repos gratuite de Nerren Nerren Rest Stop. La pluie cesse enfin sur cette vaste aire où nous prenons un peu de repos.

Dépenses du jour : 24€ plein de carburant à Denham + 38 € plein de carburant à Billabong.

Distance du jour parcourue en van : 500 km.

Température mini / maxi : 15°C / 22°C.

Itinéraire routier : Edaggee Rest Area > Shell Beach > Eagle Bluff Lookout > Nerren Nerren Rest Stop (7 h de route).

Nuit : Nerren Nerren Rest Stop (gratuit / wc sec / assez grande).

Site Internet touristique sur Shark Bay : www.sharkbayvisit.com.au

Jour 32 : 29 Mai 2026 : Kalbarri National Park

Vendredi 29 Mai 2026 : Kalbarri National Park :

Le réveil sonne à 6h, nous sommes d’attaque pour débuter cette nouvelle étape. Notre journée est consacrée au Kalbarri National Park, avec son côté terre, il offre des panoramas intérieurs tout aussi spectaculaires que ses vues côtières, un vrai trésor de l’outback. C’est un territoire spectaculaire où les paysages désertiques rencontrent les falaises rouges dominant l’océan Indien. Ce parc national, célèbre pour ses gorges impressionnantes sculptées par la rivière Murchison, offre un décor unique mêlant nature brute, silence et immensité. Au fil de ce voyage, nous avons découvert des panoramas à couper le souffle, des formations rocheuses étonnantes et une lumière australienne incroyable, particulièrement au lever et au coucher du soleil. Entre randonnées dans les canyons, observation de la faune locale et exploration des falaises côtières, chaque étape révélait une nouvelle facette de cette région sauvage et préservée. Ce récit retrace notre aventure au cœur d’un des plus beaux paysages d’Australie, entre adrénaline, contemplation et dépaysement total.

Nous débutons cette découverte par le Ross Graham Lookout qui domine la rivière Murchison puis le Hawks Head qui offre l’un des plus beaux points de vue sur les gorges. Son nom vient de la forme des falaises qui rappellent la tête d’un faucon observant la vallée. Depuis ce belvédère naturel, le regard plonge sur les méandres spectaculaires du canyon, creusé pendant des millions d’années dans les roches rouges de l’Outback australien. Les contrastes entre les falaises ocres, le vert de la végétation et le ciel bleu intense créent un paysage saisissant.

Nous reprenons quelque peu la route puis bifurquons sur la Gorge Access Road qui s’enfonce encore plus dans le parc.

À 9h30, nous décidons de réaliser le Loop Trail qui sort nettement du lot des nombreuses randonnées possibles dans ce parc. Cet itinéraire en boucle de catégorie 4, long de 9,5 km, suit en partie le tracé creusé dans les gorges par la Murchison au fil des millénaires. La randonnée commence au niveau de la Nature’s Window, à 500 m en contrebas du parking du même nom. Sur la première moitié, le chemin longe principalement le haut de la paroi, loin au-dessus du fleuve. Nous marquons de nombreuses pauses pour admirer la vue ! Le sentier est caillouteux et déconseillé aux personnes souffrant de vertige. À mi-parcours, il descend brusquement jusqu’au fleuve, avant de remonter en haut de la falaise. Nous apercevons de nombreux cygnes noirs et des canards dans un silence absolu. Une nature de toute beauté.

La lumière dorée du soleil accentue les tons rouges des roches, créant un contraste saisissant avec le ciel bleu et la végétation environnante. Nous terminons cette superbe boucle par cette formation rocheuse spectaculaire de Nature´s Window à 12h30. Cette roche de grès rouge est constituée de couches de Tumblagooda Sandstone, vieilles d’environ 400 millions d’années. L’ouverture forme un “cadre” naturel spectaculaire sur la gorge et la rivière en contre-bas. Place à notre pause repas face à ce cirque grandiose creusé par des milliers d’années d érosion.

Après notre pause repas, nous nous dirigeons vers l’incontournable Kalbarri Skywalk qui est l’une des attractions les plus impressionnantes du parc. Suspendues au-dessus des gorges de la rivière Murchison, ses plateformes panoramiques offrent une vue spectaculaire sur l’immensité des falaises rouges et des paysages sauvages de l’Outback australien. Perché à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du vide, le Skywalk donne la sensation de flotter au-dessus du canyon. Depuis les passerelles, le regard s’étend à perte de vue sur les méandres de la rivière et les reliefs sculptés par des millions d’années d’érosion. Ce site moderne s’intègre harmonieusement dans le décor naturel et permet de découvrir toute la grandeur du lieu.

Nous terminons par le Z-Bend Lookout, son nom vient de la forme en “Z” dessinée par les méandres de la rivière Murchison au fond des gorges. Depuis le belvédère, la vue plongeante sur le canyon est impressionnante, les falaises abruptes teintées de rouge et d’ocre confirment les dimensions totalement gigantesques de ces gorges. Ce Z Bend Lookout est un autre point fort de notre visite. Situé à quelques kilomètres de Nature’s Window, ce point de vue offre une perspective vertigineuse sur un virage abrupt de la rivière Murchison. Les couleurs rouges des gorges sont particulièrement impressionnantes et semblent presque irréelles sous la lumière vive de l’Australie-Occidentale. Nous croisons le chemin d’un échidné à nez court (échidné australien), très furtif et discret, il se cache souvent sous les rochers, une jolie rencontre. C’est un animal fascinant et très ancien dans l’évolution des mammifères. C’est d’ailleurs l’un des rares mammifères à pondre des œufs avec l’ornithorynque et il peut vivre jusqu’a plus de 40 ans.

Nous quittons ce magnifique parc qui sera un réel coup de cœur pour nous, puis rejoignons la petite ville de Kalbarri vers 16h. La ville conserve une atmosphère détendue et authentique, typique des petites localités de l’ouest australien. Nous nous rendons au Chinamans Point qui offre un bon aperçu sur la plage et la ville entourée de quelques pêcheurs. L’ambiance est agréable après cette journée dans l’aridité et la chaleur des canyons. Puis nous nous rendons au Visitor center pour en apprendre davantage sur la ville et le parc avant de regagner notre camping payant nous apportant tout le confort rêvé ce soir : un saut à la piscine et une bonne douche chaude bien méritée.

Dépenses du jour : 0 €.

Distance du jour parcourue en van : 232 km.

Distance du jour parcourue à pied : 14 km.

Température mini / maxi : 16°C /

Itinéraire routier : Nerren Nerren Rest Stop > Ross Graham > Hawks Head > Nature’s Window > Skywalk > Z Bend Lookout > Tasman Holiday Park Kalbarri (3 h 15 de route).

Nuit : Kalbarri Tudor Holiday Park (50 $ à deux soit 30 € à deux / douches / piscine / point vidange / bbq à gaz / eau potable). Site Internet : kalbarritudor.com.au

Site Internet du Parc national Kalbarri : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/kalbarri-national-park

Jour 33 : 30 Mai 2026 : Kalbarri - Hutt Lagoon - Geraldton

Samedi 30 Mai 2026 : Hutt Lagoon - Geraldton :

Nous débutons la journée en longeant les superbes falaises côtières de Kalbarri. La région est connue pour ses impressionnantes falaises rouges plongeant dans l’océan Indien, sculptées par l’érosion depuis des millions d’années. Hélas la météo du jour n’est pas de la partie, nous sommes en vigilance tempête pluies abondantes et vent fort.

Nous longeons ensuite Hutt Lagoon, souvent appelé le lac rose, c’est l’une des merveilles naturelles les plus étonnantes de l’Australie-Occidentale. Situé près de la côte, ce lac salin offre des vues inoubliables avec ses eaux d’un rose vibrant, surtout sous la luminosité de midi. Pour voir le lac à son meilleur, il est recommandé de le visiter entre 11h et 14h. À cette période de la journée, le soleil est assez haut dans le ciel pour intensifier la couleur rose de l’eau, un phénomène dû à la présence de la bêta-carotène produite par les algues qui prospèrent dans les conditions salines du lac. Le contraste des eaux roses avec le ciel et les rives sableuses est absolument magnifique et offre des opportunités de photos exceptionnelles. Hutt Lagoon n’est pas seulement un spectacle visuel ; c’est aussi une destination populaire pour ceux qui s’intéressent à la science naturelle et à la géologie. Le lac est un site important pour la production de bêta-carotène, utilisé dans les suppléments alimentaires et les cosmétiques, ce qui ajoute une couche d’intérêt industriel à sa beauté naturelle. Nous profitons d’une fenêtre météo et d’une accalmie temporaire depuis le Pink Lake Lookout en allant sur Port Gregory.

Plus tard, nous reprenons la route via la George Grey Drive et traversons Northampton, avec son architecture historique, cette bourgade possède l’une des plus fortes concentrations de bâtiments du XIXᵉ siècle en Australie-Occidentale. Les façades en pierre locale, les anciennes églises et les bâtiments publics donnent l’impression d’un voyage dans le temps.

Son atmosphère est paisible avec moins de 1 000 habitants, Northampton conserve un rythme lent et authentique, loin des centres touristiques très fréquentés. Le paysage rural australien qui l’entoure es composé de collines douces, de terres agricoles et des grands espaces du Midwest qui créent une ambiance très différente des villes côtières plus développées.

Nous atteignons vers midi la « grande ville » de Geraldton. Cette ville provinciale chargée d’histoire s’étend non loin de là où débarquèrent les premiers navires néerlandais au XVII siècle et où survint la pire catastrophe maritime australienne de la Seconde Guerre mondiale. Elle compte environ 39 000 habitants, Geraldton est souvent considérée comme la principale ville de la côte ouest australienne entre Perth et les régions très isolées du nord. Elle combine un cadre balnéaire agréable avec une économie fortement tournée vers les ressources naturelles et la logistique régionale. Nous avons encore droit à une légère accalmie des précipitations et profitons ainsi du point : Horizon (besford foreshore), un spot photo en bord de mer avec une boule de cristal. Puis un peu plus loin, le phare Point Moore Lighthouse qui est le symbole le plus connu de la ville. Mis en service le 19 mars 1878, haut d’environ 35 mètres, il était à l’époque le premier phare entièrement en acier construit sur le continent australien. Sa structure en fonte préfabriquée a été fabriquée par Chance Brothers à Birmingham, en Angleterre, puis expédiée et assemblée à Geraldton. Ses bandes rouges et blanches en font l’un des monuments les plus photographiés de la côte ouest australienne. Son faisceau est visible jusqu’à environ 23 milles nautiques (42 km) au large. Le phare a été construit pour sécuriser la navigation autour des récifs et hauts-fonds de la côte de Geraldton, alors que le port prenait de l’importance pour l’exportation de produits agricoles et miniers. Il est aujourd’hui classé au patrimoine et reste en activité comme aide à la navigation. Nous nous arrêtons ensuite en plein centre-ville arpenter les quelques boutiques puis prenons notre pause repas. Il pleut sans discontinuer depuis cet après-midi. Nous reprenons une dernière fois la route via la Brand HWY, descendant peu à peu vers le sud, nous rapprochant doucement du terme de ce voyage à Perth. Juste après la ville de Yardarino, nous faisons notre halte pour la nuit en bord de route sur l’aire gratuite de Dongara East Rest Area.

Dépenses du jour : 55 € plein carburant à Geraldton + 5 € de courses alimentaires + 30 € de resto le midi.

Distance du jour parcourue en van : 371 km.

Température mini / maxi : 15°C / 19°C.

Itinéraire routier : Tasman Holiday Park Kalbarri > Hutt Lagoon (45 min) > Pink Lake Lookout > Geraldton > Dongara East Rest Area (3 h 15 de route).

Nuit : Dongara East Rest Area (gratuit / en bord de route).

Site Internet du Parc national Kalbarri : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/kalbarri-national-park

Jour 34 : 31 Mai 2026 : Lesueur National Park - Jurien Bay

Dimanche 31 Mai 2026 : Lesueur National Park - Jurien Bay :

Nous quittons Yardarino vers 7h30 et amorçons la descente via l**’Indian Ocean Drive, une des plus belles routes panoramiques d’Australie-Occidentale. Bordée d’un côté par l’océan Indien aux eaux turquoise et de l’autre par le bush australien, elle offre une succession de paysages spectaculaires. Chaque virage révèle de nouvelles plages sauvages, des dunes de sable et des points de vue remarquables sur la côte. Un trajet où le voyage devient une expérience à part entière, invitant à multiplier les arrêts pour profiter de la beauté des lieux. Aujourd’hui, l’océan est déchaîné, le vent est tempétueux et déporte le véhicule d’une façon impressionnante avec des rafales à plus de 130 km/h.** Les éclaircies alternent avec des cellules pluvieuses abondantes, typiques d’ici. Les arcs en ciel sont de retour. Nous ressentons toute la force des éléments. Nous marquons un petit arrêt par hasard dans le petit village de pêcheurs de Leeman. Les bateaux sont malmenés par des bourrasques de vent impressionnantes, les locaux bataillent pour sauver leurs embarcations, l’ambiance en mer est apocalyptique. Le Tee Tree Viewpoint offre un point de vue idéale sur ces conditions extrêmes.

Avant d’atteindre les plages de Jurien Bay, nous faisons un petit détour sur le Lesueur National Park qui nous plonge dans un tout autre décor. Ici, les routes serpentent à travers une mosaïque de fleurs sauvages, de broussailles et de collines offrant de magnifiques points de vue sur la côte. Ce parc, l’un des plus riches d’Australie en matière de biodiversité végétale, révèle à chaque détour une nature intacte et surprenante, loin de l’agitation des villes. Une parenthèse sauvage qui invite à ralentir et à contempler.

Un peu plus loin, dans la ville de Green Head, nous nous arrêtons et marchons entre l’Anchorage Bay Lookout et le Cambawarra Head Lookout, nous sommes toujours chahutés par ce vent omniprésent, mais l’ambiance en vaut la peine. Lorsque nous arrivons à Dynamite Bay, le vent hurle et l’océan est en furie. Portées par la marée haute, d’énormes vagues viennent frapper la côte avec force, projetant des gerbes d’écume dans les airs. Un moment spectaculaire qui rappelle toute la puissance des éléments.

Nous prenons la pause repas au Grigson’s Lookout, un point de vue discret mais charmant situé le long de l’Indian Ocean Drive. Après une courte montée, le panorama s’ouvre à 360 degrés sur les lacs côtiers salés, le bush australien et l’immensité de l’océan Indien. Entre terre sauvage et horizon infini, ce belvédère offre une pause contemplative au cœur des paysages préservés de l’Australie-Occidentale. Il fait parti de l’un de ces arrêts inattendus qui rendent l’Indian Ocean Drive si mémorable.

Nous reprenons à présent la route jusqu’à Jurien Bay. Dès les premiers regards, le contraste est saisissant : des eaux turquoise bordent de longues plages de sable blanc dans une ambiance tourmentée aujourd’hui, tandis que l’atmosphère paisible de cette petite ville côtière invite à ralentir le rythme. Entre océan, nature préservée et lumière éclatante, Jurien Bay marque le début d’une étape placée sous le signe de la détente et de la découverte. Notre première découverte de Jurien Bay se fait au rythme d’une promenade sur le front de mer. Entre la jetée qui s’avance dans les eaux turquoise malmenées par la tempête, les plages immaculées et l’atmosphère paisible de cette petite ville côtière, nous profitons pleinement de cette escale face à l’océan Indien. Nous nous baladons le long des plages autour de sa jetée de 162 m, avant de rejoindre notre camping pour la nuit, le Jurien Bay Tourist Park. Le soir venu, le soleil embrase l’horizon dans un magnifique coucher de soleil, offrant un moment de calme typiquement australien.

Dépenses du jour : 0 €.

Distance du jour parcourue en van : 162 km.

Température mini / maxi : 17°C / 20°C.

Itinéraire routier : Dongara East Rest Area > Leeman > Lesueur National Park (1 h) > Green Head > Jurien Bay > Jurien Bay Tourist Park (2 h 15 de route).

Nuit : Jurien Bay Tourist Park (48 $ à deux soit 31 € à deux / piscine chauffée / douches / eau potable / accès à la plage). Site Internet : summerstar.com.au/caravan-parks/jurien-bay

Site Internet du Parc national Lesueur : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/lesueur-national-park

Jour 35 : 1er Juin 2026 : Cervantes - Pinnacles Desert National Park - Nambung National Park

Lundi 1er Juin 2026 : Cervantes - Pinnacles Desert National Park - Nambung National Park :

Après une nuit chahutée par des vents violents, nous débutons cette journée vers 8h, direction Cervantes. Ce petit village de pêche est situé sur la Coral Coast, à environ 200 km au nord de Perth. Avec moins de 500 habitants, il est surtout connu comme la porte d’entrée des célèbres The Pinnacles Desert. La ville a été fondée en 1962 pour soutenir l’industrie locale de la pêche au homard (Western Rock Lobster), qui reste aujourd’hui l’une des principales activités économiques de la région. Le tourisme s’est ensuite développé grâce aux Pinnacles et aux paysages côtiers exceptionnels. Son nom provient d’un navire baleinier américain appelé Cervantes, échoué près de la côte en 1844.

Nous marquons une halte au Thirsty Point lookout, puis empruntons une passerelle en bois serpentant dans les dunes avant d’atteindre le sommet du promontoire. De là, la vue s’étend sur une longue plage de sable blanc et une mer d’un bleu profond. Ce site nous offre ainsi une vue panoramique sur l’océan Indien, les baies environnantes et la petite ville côtière, le spot parfait pour contempler la région du Coral Coast. La zone côtière abrite des récifs proches et des îles où se rassemblent oiseaux marins et otaries, parfois visibles depuis la plage. Des panneaux informatifs expliquent la géologie locale, l’histoire des lieux et la faune observable.

Nous poursuivons par le Lake Thetis Stromatolites à quelques minutes de route de là. Ce site abrite certaines des plus anciennes formes de vie connues sur Terre : des stromatolites vivants, véritables fossiles biologiques encore en croissance dans un environnement hypersalin unique. Le lac Thetis s’est isolé de l’océan Indien il y a environ 4 800 ans, lorsque le niveau de la mer a baissé et que des dunes côtières se sont formées autour du bassin. Dans ces eaux deux fois plus salées que la mer, les cyanobactéries ont pu prospérer sans prédateurs. En sécrétant du carbonate de calcium, elles cimentent les sédiments et forment, au fil des millénaires, des structures calcaires en couches appelées stromatolites et thrombolites. Les stromatolites de Lake Thetis constituent un témoignage vivant de l’évolution précoce de la vie. Similaires à ceux datés de 3,5 milliards d’années découverts dans la région de Pilbara, ils rappellent comment les micro-organismes photosynthétiques ont enrichi l’atmosphère terrestre en oxygène, permettant le développement ultérieur des plantes et des animaux. Une passerelle et un sentier en boucle de 1,5 km nous permettent de faire le tour du lac, offrant un accès aisé pour observer ces formations sans les endommager.

Nous mettons désormais le cap sur le Pinnacles Desert National Park. Les majesteuses colonnes calcaires des Pinnacles forment un paysage particulièrement remarquable. Dans le Nambung National Park (Nambung signifie “méandres” dans la langue des Aborigènes yued), ces étranges concrétions dressées dans un désert de sable doré donnent le sentiment d’être sur une autre planète.Le paysage sans âge des Pinnacles, lunaire et mystérieux, est aussi stupéfiant qu’étrange. Ces colonnes, qui atteignent pour certaines 4 m de hauteur, sont dressées telles des sentinelles sur le sable blond, comme une antique forêt pétrifiée. Les scientifiques sont partagés quant à leur origine. Elles pourraient provenir d’une couche compactée de sable coquillier qui aurait couvert toute la plaine et se serait lentement érodée au cours des millénaires. Une boucle à sens unique de 1,5 km baptisée Pinnacles Desert Drive est accessible en voiture, par chance celle-ci est fermée aujourd’hui, nous laissant ainsi profiter de tout le secteur en marchant sans véhicule. Nous avons ainsi un meilleur aperçu du site en parcourant les chemins à pied, et dès notre arrivée au Desert View Lookout, le spectacle qui se dévoile face à nous d’un seul coup sous un soleil désormais parfait est saisissant ! Ce parc est vraiment incroyable, surtout quand tout est baigné dans une lumière dorée (matin et soir). Se balader entre ces grandes colonnes de pierre, c’était comme être dans un autre monde.

Nous terminons cette visite par le Pinnacles Desert Discovery, un bâtiment contemporain alimenté grâce à l’énergie solaire, conçu pour se fondre dans le paysage, qui abrite le centre d’information des visiteurs, où une exposition aborde l’histoire naturelle du site pour en apprendre davantage mais également des histoires des peuples aborigènes du coin.

Comment les pinacles se sont-ils formés ? Quel âge ont-ils ? Pourquoi existent-ils ici sous une forme si abondante et spectaculaire ? Toutes ces questions qui nous ont trotté en tête durant notre balade à pied de 6 km essayent de trouver ici des réponses :

En termes géologiques, les pinacles sont très jeunes et les scientifiques commencent tout juste à percer leurs nombreux mystères. On pense que les pinacles se sont formés sous terre, il y a peut-être jusqu’à 500 000 ans, pendant les périodes glaciaires du Quaternaire. Ils sont peut-être restés enfouis pendant la majeure partie de cette période, ou ont été exposés et enfouis à plusieurs reprises au fil des millénaires. Des preuves suggèrent qu’ils ont été exposés il y a environ 6 000 ans, mais ont été à nouveau recouverts par des sables mouvants jusqu’à il y a seulement quelques centaines d’années. Les scientifiques pensent que l’histoire des pinacles commence au large, où des fragments de coquillages se décomposent pour former du sable fin riche en carbonate de calcium (calcaire). Au bord de l’eau, les sables de plage s’accumulent sous forme d’un mélange de sables à base de coquillages provenant du fond de l’océan et de sables de quartz transportés par les rivières depuis l’arrière-pays. Soufflés par des vents forts, les sables de plage forment de vastes dunes le long d’une grande partie du littoral. La façon dont le calcaire s’est formé en forme de pinacles continue d’intriguer les scientifiques. Les recherches actuelles privilégient deux explications. Dans les deux cas, les plantes jouent un rôle de catalyseur essentiel. Les deux restent controversées et pourraient être remises en question par de nouvelles recherches. L’action du vent continue aujourd’hui de révéler, de dissimuler et de remodeler les pinacles. Avec les variations de température, la pierre se dilate et se contracte, provoquant des fissures, tandis que l’action du sable soufflé par le vent érode et abrase. La pluie continue de dissoudre le carbonate de calcium de la surface des pinacles et de le transporter dans le paysage sableux environnant et en constante évolution.

Pour la pause repas de midi, nous nous dirigeons juste en face des Pinnacles sur la Hangover Bay face à l’Océan, un spot idéal pour savourer devant un paysage agréable.

Il est 13h lorsque nous reprenons la route en direction de Lancelin. Situées à quelques kilomètres de la petite ville côtière de Lancelin, les Lancelin Sand Dunes comptent parmi les plus vastes dunes de sable blanc d’Australie-Occidentale. S’étendant sur plusieurs kilomètres, elles offrent un paysage spectaculaire où les collines de sable immaculé contrastent avec le bleu intense de l’océan Indien. Nous avons l’impression de pénétrer dans un autre monde. À perte de vue, d’immenses vagues de sable blanc sculptées par le vent dessinent un paysage presque désertique. Depuis les sommets, le regard se porte jusqu’à l’océan Indien dont le bleu profond contraste avec l’éclat du sable.

En milieu d’après-midi, notre escapade prend fin au camping Experience Lancelin Holiday Park. Situé en bord de plage, et avec une immense piscine et même un jacuzzi rien que pour nous, nous terminons cette journée en mode farniente. C’est aussi ça les vacances !

Dépenses du jour : 0€.

Distance du jour parcourue en van : 148 km.

Distance du jour parcourue à pied : 9 km.

Température mini / maxi : 17°C / 21°C.

Itinéraire routier : Jurien Bay Tourist Park > Nambung National Park (35 min) > Experience Lancelin Holiday Park (1 h 30 de route).

Nuit : Experience Lancelin Holiday Park (46 $ à deux soit 27,50 € à deux / douches / piscine / bord de la plage). Site Internet : lancelincaravanpark.com.au

Site Internet du Parc national Pinnacles Desert : exploreparks.dbca.wa.gov.au/site/pinnacles-desert-lookout-and-drive

Jour 36 : 2 Juin 2026 : Yanchep National Park - Perth

Mardi 2 Juin 2026 : Yanchep National Park - Perth :

Nous prenons la route durant 1h depuis notre camping à Lancelin, en nous rapprochement doucement de la fin de ce périple Australien à Perth.

A 9h nous entrons dans le Yanchep National Park. C’est un petit coin de paradis pour rencontrer des koalas et des kangourous et clore en beauté ce voyage aux côtés de cette faune sauvage de ce pays merveilleux. Le comportement somnolent d’un koala est en fait un moyen de conserver son énergie. Les koalas ne mangent que des feuilles d’eucalyptus, très riches en fibres mais très pauvres en énergie. Il leur faut parfois jusqu’à cinq jours pour digérer complètement leur nourriture. Les koalas sont des animaux nocturnes, ce qui signifie qu’ils dorment principalement pendant la journée et se nourrissent la nuit, lorsqu’il fait plus frais. Se nourrir la nuit les aide également à se protéger des prédateurs naturels tels que les aigles et les dingos. Il faut 3 à 4 ans avant qu’un koala n’atteigne sa taille adulte. À ce moment-là, un koala mâle peut peser jusqu’à 13,5 kg et une femelle jusqu’à 10 kg. Les koalas peuvent vivre jusqu’à 15 ans. Nous pouvons également approcher de très près de nombreux kangourous, et observer leur comportement si surprenant. Quel bonheur d’avoir pu approcher ces kangourous d’aussi près. Tout au long des 14 000 kilomètres que nous avons parcouru en van, nous en avons croisé d’innombrables. Hélas, nous avons aussi été frappés par le nombre de kangourous retrouvés morts au bord des routes, victimes de collisions. Ces animaux si emblématiques et fascinants nous ont profondément touchés. Face à eux, l’émotion est immense, et les larmes nous montent aux yeux.

Nous quittons ce petit coin paisible et rejoignons peu à peu l’agglomération de Perth. Le circulation devient plus dense après des milliers de kilomètres quasiment seuls au monde, le choc est brutal, la nostalgie nous gagne pour de bon…

À midi, nous arrivons à Perth (Boorloo, en langue noongar), nous nous lançons à la découverte du centre-ville en mode City trip à pied après avoir garé notre van dans un parking couvert payant : Elder Street (21 $ AUD à partir de 3h). Perth a beau être une des grandes villes les plus isolées qui soient, elle n’a rien d’une cité endormie. Si la décontraction y est de mise, elle n’en est pas moins une métropole cosmopolite, connaissant un fort développement et surfant sur la vague d’un nouvel essor minier, qui ne va pas sans rappeler la ruée vers l’or des années 1890. L’agglomération occupe les terres ancestrales des Wadjuk, un peuple noongar (le groupe linguistique correspondant au Sud-Ouest australien) qui, ayant vécu ici des millénaires, se bat pour faire valoir son droit traditionnel de propriété après deux siècles de spoliation. Pour qui vit ou séjourne à Perth, c’est Le reste du monde qui semble loin, et ses habitants mesurent leur chance. Capitale d’État la plus ensoleillée d’Australie, elle compte aussi quelques-unes des plus belles plages urbaines. On y trouve également d’excellents galeries et musées qui accordent une belle place aux œuvres d’artistes aborigènes. Le quartier des affaires (CBD, Central Business District) de Perth forme le cœur de la capitale de l’Australie-Occidentale. Parmi ses gratte-ciel, qui abritent les sièges de sociétés minières ayant largement participé au développement récent de l’État, on trouve des sites de premier plan, des édifices datant de la ruée vers l’or du XIX siècle et d’excellents restaurants. Le CBD est entouré d’un quartier culturel, au nord, et des berges réaménagées autour d’Elizabeth Quay, au sud. Le centre englobe aussi le secteur d’East Perth, qui s’étend au-delà de la Swan River jusqua l’Optus Stadium.

Les récents buildings côtoient d’anciens bâtiments dans une harmonie parfaite. Des boutiques branchées, des restaurants et cafés avec terrasses alléchantes, des rues charmantes comme London Court, des églises, des stades, la liste est longue avant de déboucher à Elizabeth Quay. Dans ce quarter récent, fruit d’un ambitieux projet conçu pour revitaliser son centre, les immeubles scintillants donnant sur la Swan River attirent touristes et autres visiteurs en quête de bonnes tables. C’est aussi le point de départ des ferrys pour Rottnest Island et des croisières sur le fleuve. Un parcours bien balisé permet de découvrir l’histoire du quartier, et notamment celle des peuples premiers qui vivaient autrefois sur ces terres. Il est émaillé de ponts et de sculptures en plein air, comme Spanda (Geoffrey Botton Ave), une installation haute de 29 m faite de plusieurs arches, First Contact, une œuvre large de 5 m du sculpteur aborigène Laurel Nannup, une statue de Bessie Rischbieth (1 Barrack Sq), militante féministe (1874-1967), et une copie du Golden Eagle Nugget, la plus grosse pépite d’or découverte en Australie-Occidentale (près de Coolgardie, en 1931).

Nous découvrons également la Bell Tower, un audacieux monument d’Elizabeth Quay. Ce clocher est en réalité une flèche de verre futuriste haute de 82,50 m illuminée de nuit, abritant 12 cloches royales venues de l’église St Martin-in-the-Fields, à Londres, et offertes à l’Australie-Occidentale en 1988, pour commémorer le bicentenaire du pays. Elles sonnent deux fois par semaine, le jeudi et le dimanche, à partir de midi. L’édifice renferme également la plus grosse cloche du pays, qui sonne chaque jour à midi.

Nous terminons ce city trip dans Perth vers 16 h, après avoir parcouru près de 7 kilomètres à pied. Nous avons un réel coup de cœur pour cette « grande ville » d’une propreté irréprochable, du calme qu’il y règne, de la bienveillance de ces habitants, de l’intégration entre nouveaux et anciens bâtiments. Il y fait clairement bon vivre.

Pour rejoindre notre camping, il nous faut ensuite plus d’une heure de route dans une circulation complètement saturée. Quel contraste après un mois de voyage rythmé par le calme, les grands espaces et les routes presque désertes.

Vient alors le moment le plus difficile de cette aventure : le grand nettoyage et le rangement du van. Une étape inévitable qui sonne comme la fin du voyage. Ce soir, le moral est au plus bas. Contrairement à nos précédents périples, nous n’avions pas vu cette échéance arriver. L’idée de quitter l’Australie nous frappe soudainement, et il est déjà temps de tourner la page de cette incroyable aventure.

Dépenses du jour : 19 € courses alimentaire à Woolworths de Yanchep + 46€,5 plein de carburant + 27 € restaurant le midi + 13 € de parking à Perth + 46 € de souvenirs.

Distance du jour parcourue en van : 165 km.

Distance du jour parcourue à pied : 10 km.

Température mini / maxi : 16°C / 20°C.

Itinéraire routier : Experience Lancelin Holiday Park > Yanchep National Park > Perth > Discovery Parks Coogee Beach (2h15 de route).

Nuit : Discovery Parks Coogee Beach (49 $ à deux / alimenté / eau / au bord de l’océan). Site Internet : www.discoveryholidayparks.com.au

Site Internet du Parc national Yanchep National Park : exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/yanchep-national-park

Retrouvez notre récit complet, toutes nos photos et vidéos sur notre site ici : https://www.escapadesauxsommets.com/voyages-découvertes/australie-2026/

Notre film du voyage est disponible sur : YouTube

Jour 15 : 12 Mai 2026 : West MacDonnell Ranges - Ormiston Gorge

Mardi 12 Mai 2026 : West MacDonnell National Park - Ormiston Gorge :

Nous quittons notre campement sans se presser à 7h30, le ciel est totalement dégagé ce matin après quelques gouttes nocturnes, il fait 10°C. Nous roulons une petite trentaine de minutes jusqu’au départ de l’Ormiston Gorge.

Les West MacDonnell Ranges ne correspondent sans doute pas à l’image que l’on a d’emblée de l’outback. Il s’agit en revanche d’un massif montagneux de toute beauté, qui englobe le magnifique Toritja/West MacDonnell Ranges National Park. Semblable à un gigantesque reptile barrant le désert, les West Macs se déploient en deux lignes parallèles à l’ouest d’Alice Springs et ne manquent pas de sites remarquables: gorges magnifiques, étroits canyons reliés à la vallée et ponctués de trous d’eau bordés d’eucalyptus, versants tapissés de spinifex…

Dans l’Ormiston Gorge, nous débutons la Pound Walk à 8h30, une boucle de 9,2 km et de 260 m de dénivelé. Ce sentier grimpe autour des pentes rocheuses pittoresques de la chaîne Heavitree et un court détour jusqu’à un belvédère offrant une vue imprenable sur le Pound. De là, nous suivons le sentier qui descend vers l’étendue relativement plate et exposée du Pound. Nous descendons puis traversons ensuite les gorges où la progression devient plus lente et technique sur les deux derniers kilomètres. Nous passons devant le principal point d’eau du secteur. Il n’y a pas de sentier balisé dans les gorges et il faut parfois sauter de rocher en rocher. La solitude et les grands espaces sont les maîtres mots de cette escapadeque nous apprécions grandement.

À 11h15, il nous faut traverser l’Ormiston Creek, le niveau d’eau est bien plus haut que d’habitude à cette même période, les précipitations ayant été plus abondantes cette année. Des panneaux nous avaient prévenu dès le départ de la randonnée, mais nous ne pensions pas que l’eau aller monter jusqu’à notre taille sur un sol glissant. L’eau est fraiche, nous nous déshabillons et en avant ! Nous fonçons sans s’arrêter, je manque de glisser mais nous arrivons sain et sauf surtout sans mouiller le matériel photographique et les papiers dans le sac à dos. Une belle aventure comme on aime dans un cadre sauvage tout simplement splendide. Nous bouclons cette aventure à 11h45 après 9,2 km de marche, ravis dans cette nature et cet environnement hostile sous une chaleur devenant peu à peu écrasante.

Nous reprenons quelque peu la route jusqu’à un point de vue sur le plus haut sommet du massif culminant à 1 380 m d’altitude : le Mount Sonder. Nous dominons la Glen Helen Gorge où coule la Finke River. Ce sera le spot idéal pour manger ce midi et reprendre un peu des forces. Comme un vieux sage, la montagne veille sur un désert en constante évolution. Les couleurs sur le visage du Mt Sonder varie tout au long de la journée, du rouge au lever du soleil à un profond violet en début d’après-midi. En cette fin d’été, après la période pluvieuse, le paysage retrouve un peu de floraison.

Le bruit de notre moteur faisant de plus en plus de bruit depuis ce midi, nous sommes contraints de jouer la prudence et de revenir doucement sur nos pas vers Alice Springs en attendant de bonnes nouvelles de la part de notre loueur Travellers Autobarn. Vivement que cette pièce arrive le plus rapidement possible et surtout que le problème vienne bien de ce filtre à air moteur.

À 15 h, nous nous arrêtons sur une aire de repos gratuite offrant un panorama 360° parfait sur les montagnes du West MacDonnell Ranges National Park. Nous sommes à 80 km d’Alice Spring, la ville la plus proche. Finalement, même avec des changements de plans à la dernière minute, nous tombons sur de belles découvertes. Ce spot calme à l’écart de la route sur un petit promontoire sera idéal pour prendre un peu de repos, et je ne me fais pas prier pour me laisser tomber dans une petite sieste. Ce Point Howard Lookout Rest Area propose une citerne d’eau non potable, quelques tables de pique-nique et des poubelles. Le soleil est de plus en plus chaud et le climat plus agréable qu’au début de ce voyage, rendant l’ambiance estivale. Les mouches sont toujours présentes mais restent supportables. Ce soir, nous profitons d’un merveilleux coucher de soleil qui laisse place ensuite à un ciel étoilé magnifique.

Dépenses du jour : 0 €.

Distance du jour parcourue en van : 117 km.

Distance du jour parcourue à pied : 10 km.

Itinéraire routier : Ellery Creek Big Hole > Serpentine Gorge > Ochre Pits > Ormiston Gorge > Ghost Gum Lookout > Mount Sonder Lookout > Point Howard Lookout Rest Area (2h de route).

Nuit : Point Howard Lookout Rest Area (gratuit / poubelles / citerne d’eau non potable / belle situation à l’écart de la route au sommet d’une petite butte offrant un beau point de vue).

Site du Parc national West MacDonnell : nt.gov.au/parks/find-a-park/tjoritja-west-macdonnell-national-park

Retrouvez notre topo de la Pound Walk sur AltitudeRando : en cliquant-ici.

Jour 16 : 13 Mai 2026 : Alice Springs - Emily Gab - Est Macdonnell Ranges

Mercredi 13 Mai 2026 : Alice Springs - Emily Gap - Est MacDonnell Ranges:

Nous prenons le temps ce matin en trainant au lit. Nous ne sommes plus pressé étant bloqué par ce fichu van dans l’attente de sa pièce pour retrouver un peu d’air.

Nous quittons cette aire de repos gratuite très bien située en hauteur après un joli lever du soleil à 10h dans le West MacDonnell National Park. Direction Alice Springs où nous faisons quelques courses dans l’espoir de reprendre la route au plus vite. Nous surveillons nos mails toutes les 5 minutes dans l’espoir d’avoir une bonne nouvelle.

À 13h nous nous rendons à Emily Gab pour nous changer un peu les idées et manger. Le cadre est agréable et calme en pleine nature. Emily Gap est une gorge naturelle située à environ 10 km à l’est de Alice Springs, dans les paysages désertiques des MacDonnell Ranges.

Ce site est connu pour ses falaises rouges spectaculaires typiques du centre australien, son point d’eau permanent, ce qui est rare dans cette région aride, et ses peintures rupestres aborigènes associées au peuple Arrernte. Selon les traditions aborigènes locales, Emily Gap fait partie du récit du « Caterpillar Dreaming », une histoire spirituelle majeure de la culture Arrernte.

Nous prenons ensuite le temps de regarder le numéro de suivi du colis sur le site de livraison FedEx, la livraison estimée est lundi 18 Mai prochain et non aujourd’hui ou demain jeudi 14 Mai comme initialement annoncé par notre loueur. Nous perdons littéralement le moral, nos visages se décomposent. Nous passons l’après-midi à « harceler » Travellers Autobarn dans l’attente d’une réponse concrète ou d’une solution rapide. Et surtout d’être aussi rassuré, l’isolement de cette localité en plein milieu du pays n’est pas très rassurante. Ce délai supplémentaire mettant totalement en péril la suite de notre voyage. Chaque journée étant comptée au vue du nombre de kilomètres à parcourir encore. Avec tout ce retard, nous n’allons faire que rouler pour retourner à Perth à temps et ne pas rater notre avion de retour. Le moral est au plus bas, les larmes montent, nous n’en pouvons plus. Depuis lundi les mauvaises nouvelles s’accumulent.

Nous sommes perdus et décidons pour ce soir de jouer encore à l’économie en nous rendant sur une aire de repos gratuite pour y passer la nuit. Direction plein Nord sur la Stuart HWY, la Tropic Du Capricorn Rest Area est la première que nous rencontrons à 30 km d’Alice Springs. Nous aviserons demain si l’attente doit se poursuivre pour nous offrir un camping plus confortable avec piscine. Histoire de décompresser un peu, et profiter tout de même de ce voyage à l’autre bout du monde qui nous coûte malgré tout plus de 4 000 €. Mais pour l’instant, le plaisir n’est plus là. Place à de longues journées d’attentes dans l’espoir de recevoir une bonne nouvelle d’une minute à l’autre.

Il est 17h30, nous profitons tout de même face au soleil qui décline peu à peu. Les couleurs sont toujours aussi formidable dans ce Red Center. La température est de 22°C, le ciel bleu est limpide et remplacé par des milliers d’étoiles. Place à notre petite gamelle du soir avant de nous lancer dans notre lecteur habituelle.

Dépenses du jour : 35 € de courses alimentaires à Alice Springs.

Distance du jour parcourue en van : 139 km.

Itinéraire routier : Point Howard Lookout Rest Area > Alice Springs > Emily Gab > Tropic Du Capricorn Rest Area (2h de route).

Nuit : Tropic Du Capricorn Rest Area (gratuit / WC / citerne d’eau non potable / en bord de route à la sortie d’Alice Springs).

Site du Devil’s Marbles Conservation Reserve : nt.gov.au/parks/find-a-park/karlu-karlu-devils-marbles-conservation-reserve

Jour 17 : 14 Mai 2026 : Alice Springs - Telegraph Station Historical Reserve - Toujours bloqués par notre van

Jeudi 14 Mai 2026 : Alice Springs - Telegraph Station Historical Reserve - Toujours bloqués par notre van :

A 8h30, nous nous rapatrions doucement sur Alice Springs et marquons un arrêt pour réaliser une petite boucle à pied au Trig Hill & Cemetery Loop Walk dans le Telegraph Station Historical Reserve. Cette dernière est située à l’entrée Nord de la ville et permet de jouir de différents points de vue sur les alentours. Nous tombons nez à nez sur un Wallabie avec un petit dans sa poche ! Une belle rencontre matinale. Autrefois utilisé comme point de repère pour la cartographie de la région, Trig Hill est le point culminant de la réserve offrant une vue à 360° sur la station télégraphique, Lhere Mparntwe (la rivière Todd) et les monts MacDonnell. Nous suivons le sentier jusqu’à Atherreyurre (point d’eau d’Alice Springs) et continuons le long de la clôture. Le sentier traverse des plaines alluviales et de bas affleurements de granit jusqu’au pied de Trig Hill. Une courte montée raide nous mène au sommet, un endroit magnifique où nous observons encore quelques wallabies sautiller et des kangourous plus imposants. Nous continuons par le chemin « cimetière » pour dessiner une boucle jusqu’à notre point de départ.

Quels sont les différences entre les wallabies et les kangourous :

Les wallabies et les kangourous sont tous deux des marsupiaux de la famille des macropodes, originaires d’Australie, mais ils présentent plusieurs différences visibles. La différence la plus évidente est la taille : Les kangourous sont généralement beaucoup plus grands, avec de longues pattes puissantes adaptées aux grands bonds en terrain ouvert. Les wallabies sont plus petits et compacts, souvent mieux adaptés aux zones rocheuses ou boisées. Les kangourous vivent surtout dans les plaines ouvertes et les savanes. Les wallabies préfèrent eux souvent les forêts, broussailles ou terrains accidentés. Les deux sautent grâce à leurs puissantes pattes arrière, mais le kangourou peut parcourir de très longues distances rapidement alors que le wallaby est plus agile dans les espaces étroits et irréguliers.

Nous patientons jusqu’à 14h, toujours dans l’espoir de recevoir un bonne nouvelle pour la réparation de notre van. D’après la trace GPS de notre colis, celui-ci se trouverais à Alice Springs depuis hier soir 18h. Mais le statut de FedEx n’a pas évolué depuis, nous faisant encore de faux espoirs. Dur pour le moral, la fatigue, et l’angoisse se fait de nouveau ressentir après une lueur d’espoir furtive…

N’ayant pas de nouvelles vers 15h, j’utilise l’IA pour m’en dire plus, quelle merveille de technologie. Il me sort 3 agences locales qui terminent les livraisons de colis, et jackpot la dernière est la bonne. Ce sera Team Global Express qui devrait livrer notre colis demain. Nous croisons les doigts et nous nous dirigeons à présent vers un peu de confort au camping Tourist Park d’Alice Springs. L’accueil est excellent et le confort complet avec même une piscine. Place à un peu de détente jusqu’à demain où on espère crier : « On The Road Again » !

Dépenses du jour : 22€ Camping Tourist Park à Alice Springs.

Distance du jour parcourue en van : 39 km.

Distance du jour parcourue à pied : 5 km.

Itinéraire routier : Tropic Du Capricorn Rest Area > Telegraph Station Historical Reserve > Alice Springs > Tourist Park à Alice Spring (1 h de route).

Nuit : Tourist Park Alice Springs (35 $ soit 22 € à deux/ douche / tout confort / piscine).

Site touristique sur la région du Red Center : www.discovercentralaustralia.com

Jour 18 : 15 Mai 2026 : Alice Springs - Devil’s Marbles - Tennant Creek - Katherine

Vendredi 15 Mai 2026 : Alice Springs - Devils Marbles - Tennant Creek - Katherine :

Nous nous réveillons après une agréable nuit dans ce camping confortable. Nous prenons paisible notre petit déjeuner en mode vacances sans se presser. Nous espérons que la bonne nouvelle va finir par arriver, le plus rapidement possible. Nous avons passer une bonne heure la veille pour ajuster notre programme des prochains jours en tentant de récupérer ce retard accumulé tout en essayant de ne rien rater. Le délais parfait serait un départ avant midi. Nous nous tenons prêts.

Il est 9h passé lorsque nous allons faire un plein carburant et un petit ajustement en courses dans le centre d’Alice Springs, notre passage sur Darwin, seule grande ville du Nord étant supprimé pour couper légèrement plus au Sud.

À 11h, une fois le filtre à air moteur réceptionné, nous nous rendons au garage Outback Mechanical. Le temps des réparations, je me retrouve au volant d’un véhicule de prêt très ancien, sans direction assistée et en boîte manuel main gauche. Pas très serein, nous retournons patienter et manger dans un petit parc du Alice Springs Telegraph Station Historical Reserve. Ces dernières minutes de patience sont les plus longues, nous avons tellement hâte de reprendre la route de notre voyage. Nous recevons le sms tant attendu à 13h, nous retournons au garage en espérant que tous les problèmes soient résolus. C’est parti, « On The Road Again », nous ne traînons pas et filons durant 400 km jusqu’au Devils Marbles que nous atteignions sans pauses à 17h.

Le site des Devils Marbles (“billes du Diable” ou Karlu Karlu dans la langue des Warumungu) est peut-être encore plus étonnant que tous les autres paysages merveilleusement étranges que renferme l’Outback ! Ces empilements de billes géantes dans le désert sont situés très loin de tout et cet isolement fait indéniablement partie de leur charme.

Nous déambulons parmi ces Devil’s Marbles. Les scientifiques pensent que ces curiosités géologiques sont composées de granit qui se serait formé à la suite du durcissement du magma sous la croûte terrestre, il y a près de deux milliards d’années. Le granit serait ensuite remonté à la surface, sous l’effet d’une interaction complexe avec le grès plus mou qui l’entourait. Une fois à la surface, les rochers se seraient arrondis au fil des ages, sculptés par le vent, l’eau et les températures extrêmes. Ce processus a modifié les strates supérieures sans affecter le cœur des rochers.

Les Alyawarre sont les gardiens traditionnels de cette terre, dont la propriété légale leur a été confirmée en 2008 quand les Devil’s Marbles ont été confiés à leurs soins. C’est pour eux un site sacré, car ils considèrent que ces rocs de granit sont les œufs du Serpent arc-en-ciel, esprit créateur dans la plupart des récits du Temps du Rêve. Ces rochers ont aussi une grande importance spirituelle pour d’autres groupes aborigènes du désert comme les Kaytetye, les Warumungu et les Warlpiri. Des panneaux indiquent clairement les endroits qu’il est possible de visiter et de photographier, d’autres étant interdits d’accès en raison de leur sensibilité et de leur importance dans les croyances traditionnelles.

Le diamètre des “billes” oscille entre 50 em et 6 m. Certaines semblent avoir été coupées en deux : les températures sont si extrêmes dans le désert que ces rochers subissent chaque jour des phases de dilatation et de contraction à l’origine de ces fissures. Ces gigantesques blocs de granit qui semblent tenir en équilibre précaire se trouvent au bord de la Stuart Hwy, à 105 km au sud de Tennant Creek. Celles qu’on appelle les “Billes du Diable” (Karlu Karlu en warumungu) offrent un spectacle assez inusité. Les Marbles sont un site sacré pour les gardiens traditionnels de la région. D’après la légende du Temps du Rêve, il s’agirait des œufs du Serpent arc-en-ciel. De fait, les grandes variations de température font subir à la roche un cycle de dilatation et de rétractation constant sur une même journée, d’où les larges fissures apparentes. Nous réalisions par chance pile pendant le Sunset le Mayijangu Walk (800 m / 30 min) et faisons un détour jusqu’au point de vue de Nyanjiki. Les couleurs sont sublimes durant ce coucher de soleil faisant encore plus ressortir les couleurs. Quel bonheur de reprendre ce voyage, nous commencions à nous sentir oppressé sans pouvoir quitter Alice Springs.

À environ 500 km au nord d’Alice Springs et 1 000 km au sud de Darwin, nous atteignons Tennant Creek à 19h. La ville s’est développée grâce à la ruée vers l’or des années 1930, considérée comme la dernière grande ruée vers l’or d’Australie. Aujourd’hui encore, Tennant Creek garde une forte identité minière et rurale. Les environs offrent des paysages typiques du centre australien : désert rouge, grands espaces et formations rocheuses spectaculaires. Le climat est de plus en plus chaud plus nous remontons vers le nord, dépassant ce soir les 30°C. Nous marquons un court arrêt pour faire le plein de carburant et tombons sur un agréable local qui est impressionné par notre immense boucle.

Nous reprenons la route de nuit avec grande prudence, les animaux étant nombreux, mais nous n’avons pas le choix pour récupérer notre retard accumulé. Nous nous arrêtons un peu plus au nord sur l’aire de repos Attack Creek (Monument de Stuart) pour faire une pause repas bien méritée vers 19h45. Sur notre programme initiale nous devions passer la nuit ici, en partant de l’aire de Tropic du Capricorne Rest Area (à 30 km d’Alice Springs), mais cet aléa du voyage va nous faire poursuivre et rouler une bonne partie de la nuit. Il fait encore 27°C et l’ambiance est de plus à plus humide. Nous repartons à l’assaut de la Stuart Highway vers 20h45 pour encore de longs kilomètres. Nous passons durant la nuit part : Newcastle Waters, certaines petites villes de l’outback ont une existence précaire, et le fil peut être ténu entre survie et abandon. La plupart finissent par s’en sortir, mais Newcastle Waters (en retrait de Stuart Hwy) n’a pas eu cette chance. Cette ville fantôme accueillait autrefois les exploitants et leurs bêtes durant la transhumance (et elle reste encore aujourd’hui un important centre d’élevage de bétail), un rôle dont l’arrivée de la route et du chemin de fer eut raison au cours des années 1960. Ses vieux bâtiments en bois et en tôle témoignent d’une époque révolue, à l’image du Junction Hotel, bâti avec les pierres de moulins abandonnés en 1932.

Un peu plus loin, vers minuit, nous débouchons à Daly Waters et y marquons un court arrêt carburant. La majeur partie des stations services sont fermées la nuit, alors il faut bien anticiper les ravitaillements. Si la plupart des bourgades de l’outback ont connu jadis leur heure de gloire, Daly Waters, à 3 km de la highway, n’échappe pas à la règle. Haut lieu des débuts de l’aviation, c’est ici que se posa Amy Johnson après son vol épique entre l’Angleterre et l’Australie en 1930. Le célèbre Daly Waters Pub (p. 329), orné de cartes de visite, billets et autres souvenirs des voyageurs, agit comme un aimant. Il serait le plus vieux pub du Territoire (depuis 1938). Les kilomètres défilent, le nombre d’insectes qui s’écrasent sur notre pare brise est impressionnant, nous sommes contraints de le laver et le frotter régulièrement. Durant toute la nuit, nous ne croisons que des Road trains, ils sont encore plus difficiles à croiser que la journée avec leurs phares puisants. Il faut rester extrêmement vigilant.

À 3h du matin, nous atteignons avec grand soulagement la King Rest Stop, notre aire de repos gratuite où nous allons enfin pouvoir un peu fermer les yeux avant une nouvelle longue journée bien remplie dans quelques heures. Nous aurons avalés 1 146 km tout de même ! Dodo.

Dépenses du jour : 51 € carburant à Alice Springs + 20 € de courses alimentaires à Woolworths + 72 € carburant à Tennant Creek + 57 € carburant à Daly Waters

Distance du jour parcourue en van : 1 146 km.

Itinéraire routier : Tourist Park à Alice Spring > Devil’s Marbles > Tennant Creek > King Rest Stop (14 h de route).

Nuit : King Rest Stop (aire de repos gratuite en bord de route / Seulement pour quelques heures / poubelles).

Site du Devil’s Marbles Conservation Reserve : nt.gov.au/parks/find-a-park/karlu-karlu-devils-marbles-conservation-reserve

Jour 19 : 16 Mai 2026 : Katherine - Edith Falls - Nitmiluk Gorge National Park - Kakadu National Park - Litchfield National Park

Samedi 16 Mai 2026 : Katherine - Edith Falls - Nitmiluk Gorge National Park - Kakadu National Park - Litchfield National Park :

7h15, après une très très courte nuit de seulement 4 h, nous nous rendons à Katherine et plus précisément dans le Nitmiluk Gorge National Park pour y réaliser le Leliyn / Edith Falls Loop Walk. Il fait déjà très chaud et humide ce matin avec 27°C, le changement de temps a été radical.

Nitmiluk National Park est un vaste parc naturel situé dans le Territoire du Nord. Connu pour les impressionnantes gorges de Katherine creusées par la rivière Katherine, il est un lieu emblématique du Top End australien, mêlant paysages spectaculaires, culture autochtone et biodiversité unique. Le parc d’une superficie d’environ 2 920 km² s’étend le long de la rivière Katherine, qui a sculpté une série de treize gorges dans le grès du plateau de Arnhem. Les falaises abruptes, les cascades saisonnières et les zones boisées abritent une faune variée, incluant des wallabies, des cacatoès noirs et des crocodiles d’eau douce. La saison sèche (mai à octobre) offre les meilleures conditions pour la visite.

À la base, avant cette panne de notre van, nous devions passer la nuit dans le camping du parc au pied des Edith Falls. Nous attaquons cette boucle d’Edith Falls Loup Walk à 9h30. Elle offre une immersion spectaculaire dans les paysages tropicaux du Top End australien : piscines naturelles, cascades, falaises de grès et bush australien. Nous réalisions cette boucle de 3 km en environ une heure avec de nombreuses pauses photos et contemplation. La boucle monte assez rapidement sur le plateau rocheux puis rejoint les bassins supérieurs d’Edith Falls avec plusieurs points de vue sur la vallée et des piscines naturelles où la baignade est souvent autorisée. Cette pause fraîcheur dans cette eau douce est fort appréciable et méritée après cette nuit sur la route. Attention toutefois aux crocodiles qui peuvent être présents. Nous savourons entièrement de l’instant, les vacances peuvent reprendre et il fait déjà plus de 32°C.

À 10h45, nous poursuivons à présent vers le Kakadu National Park (40 $ / personne pour 1 semaine hors pass Northern Australia). Bien plus qu’un parc national, le Kakadu illustre le lien essentiel entre les Aborigènes et le pays qu’ils ont apprivoisé et respecté durant des milliers de générations. D’une superficie de 20 000 km (environ 200 km du nord au sud et 100 km d’est en ouest), il protège un écosysteme spectaculaire ainsi qu’une fabuleuse densité d’art rupestre. Le paysage est sans cesse changeant, tour à tour brûlé puis inondé, désolé ou fourmillant de vie selon la saison. Des cours d’eau traversent le plateau formé par le tortueux escarpement de la Terre d’Arnhem, une impressionnante crête de grès de 30 à 200 m de haut. Ils filent ensuite vers les basses terres et transforment en autant de marécages les plaines inondables au nord du Kakadu. La grande mangrove longeant la côte constitue à la fois un rempart contre l’érosion et une zone de reproduction pour les oiseaux et la faune marine. Le Kakadu est composé à 80% de savane boisée.

On y recense plus de 1 000 espèces végétales, dont une grande partie est encore exploitée par les Aborigènes à des fins alimentaires et médicinales. Le Kakadu abrite plus de 60 espèces de mammifères, 280 espèces d’oiseaux. 120 espèces de reptiles, 25 espèces de grenouilles, 55 espèces de poissons et au bas mot 10 000 espèces d’insectes différents. La plupart des visiteurs n’en voient bien sûr qu’une faible portion (à l’exception des insectes) : elles sont pour la plupart nocturnes, craintives ou rares.

Nous marquons la pause repas vers 12h30 au Mary River Ranger Station sous l’ombre d’un arbre. Le choc thermique et le manque de sommeil nous mettent une claque. Nous passons proche de nombreux foyers de feu, le brûlage saisonnier en mosaïque pratiqué par les Aborigènes est une caractéristique de ce paysage depuis des milliers d’années. Cette technique de gestion se poursuit aujourd’hui, contribuant à maintenir l’abondance et la variété de la faune.

Sous une chaleur accablante (plus de 35°C) nous grimpons au Mirrai Lookout qui offre un panorama à 360° puis enchaînons sur le secteur Nourlangie facilement accessible malgré les pluies tardives cette année. La Barrk BushWalk (à 12 km) est considérée comme la meilleure balade. Elle commence à l’Anbangbang Gallery, à Nourlangie, et permet d’apprécier l’extraordinaire diversité du parc. De là, une marche raide, mais rapide, permet de rejoindre le Gunwarddehwarde Lookout (2 km / 30 min) pour une belle vue sur l’escarpement de la Terre d’Arnhem.

Difficile pour les amoureux de la nature de trouver itinéraire plus enchanteur que cette boucle passant par le Kakadu. La chaleur tropicale de Darwin et l’univers aquatique qui compose la majeure partie du Mary River National Park ne sont que des préludes à la splendeur du Kakadu, à sa riche faune sauvage, ses chefs-d’œuvre d’art rupestre et ses paysages à la nature indomptée.

Cet itinéraire est une ode à un territoire australien empreint de mystère, à son règne animal et aux habitants qui le peuplent depuis la nuit des temps.

Sur la route de Cahills Crossing et de Ubirr, à mi-parcours, nous sommes contraints de stopper et de faire demi-tour, la route traverse à plusieurs reprises des rivières où le niveau d’eau est encore trop haut pour pouvoir la franchir avec notre van. Nous ne prenons pas de risques et reprenons la route sans savoir où nous allons passer la nuit. Les Free Camps sont peu nombreux voir inexistants dans cette région autour de Darwin.

Nous marquons un petit arrêt à Mamukala vers 17 h où une plateforme d’observation domine le Mamulaka Wetlands, un immense marécage où il y a souvent des crocodiles. Ce ne sera pas notre jour de chance, nous n’en verrons aucun mais le cadre est très agréable. Nous traversons en cette fin de journée le Mary River National Park. La région de Mary River est majoritairement formée de zones humides.

À 21h30, après encore deux longues heures de route de nuit, nous débarquons au camping Wangi Falls Campground. Place à la détente, le température est encore incroyablement douce avec plus de 28°C au compteur. La bonne nouvelle, demain nous n’avons pas plus de 20 km de route de la journée et sommes déjà sur place pour la première cascade de la journée.

Dépenses du jour : 31 € carburant à Katherine + 56 € carburant à Jabiru + 34 € carburant à Humpty Doo + 18 € Retrait espèces.

Distance du jour parcourue en van : 761 km.

Distance du jour parcourue à pied : 11 km.

Itinéraire routier : King Rest Stop > Mirray Lookout > Nourlangie > Mamukala Walk > Wangi Falls Campground.

Nuit : Wangi Falls Campground (30 $ à deux soit 18€ à deux / Douches / Eau potable).

Site du Parc national Kakadu : kakadu.gov.au

Etats des ouvertures dans le parc de Kakadu : kakadu.gov.au/access/

Retrouvez le topo de notre randonnée à Edith Falls sur AltitudeRando : en cliquant-ici.

Jour 20 : 17 Mai 2026 : Litchfield National Park

Dimanche 17 Mai 2026 : Litchfield National Park :

Nous finissons par trouver le sommeil et après une belle nuit au camping de Wangi Falls, entourés de nombreux moustiques et bercés par une chaleur humide, nous partons vers 9 h à la découverte de ces magnifiques cascades.

Nous sommes en plein cœur du Litchfield National Park qui fut créé en 1986, et couvrant près de 1 500 km² de paysages tropicaux spectaculaires mêlant cascades, piscines naturelles, forêts de mousson et savane australienne. Nous débutons logiquement par la Wangi Falls jamais à sec, elle jaillit de part et d’autre d’un affleurement rocheux aux reflets orangés et se jette dans un vaste bassin entouré de palmiers et de végétation tropicale. Le débit y est assez impressionnant en cette fin de saison des pluies. D’ailleurs la baignade y est encore interdite suite à la présence de crocodile à cette période, et le chemin de 1,6 km pour en faire le tour est hélas fermé pour maintenance. Nous ne pouvons en profiter que depuis son bord.

Nous enchaînons un peu plus tard sur la Tolmer Falls et réalisons les 1,6 km en boucle pour profiter des différents points de vue. S’il n’est pas possible de s’y baigner toute l’année car c’est un lieu sacré, Tolmer Falls n’en est pas moins un vrai plaisir pour les yeux. Le mince cours d’eau qui rejoint la cascade depuis le plateau est à peine visible au milieu de la végétation et des rochers. Le voici qui apparaît et plonge du haut de la falaise avant de se jeter dans un bassin où l’eau devient verte et transparente. Tout en bas, on devine des grottes partiellement englouties. Très impressionnantes, les Tolmer Falls n’ont rien à envier aux chutes du Kimberley ou du Kakadu.

Vers 11h, à 5 min de route de là, nous nous rendons au Buley Rockhole. Très prisé par les locaux en ce dimanche, nous sommes impressionnés de la fréquentation alors que nous étions quasiment seuls jusque la. Pas grave, nous nous immergeons dans ce spot où chacun à ramené son pique nique et en profite pour se baigner dans les différents bassins d’eau. Une fois notre repas engloutit on profite de cette fraîcheur sous ces petites chutes d’eau fortes appréciables. Le torrent du Buley Rockhole dévale au milieu d’une série de bassins rocheux, assez grands pour qu’on puisse s’y baigner. Partout ailleurs en Australie, il faudrait se méfier des crocodiles, mais ici les eaux cristallines du Rockhole se contente de traverser la forêt verdoyante. En cherchant un peu, vous trouverez l’endroit idéal pour vous faire masser doucement par le courant. Depuis le Rockhole, un sentier de marche (1,7 km, 45 min) suit Florence Creek (le cours d’eau) jusqu’à Florence Falls.

Pour notre dernier spot de la journée, direction la Florence Falls à quelques mètres de la. Nous nous garons au camping Florence Falls 2 WD où nous avons réservés la nuit. De là, 135 marches descendent jusqu’à un bassin profond, splendide, et entouré d’une forêt humide. On peut aussi admirer ces chutes depuis un point de vue à une centaine de mètres du haut pour le coucher ou lever du soleil. La baignade ne se fait pas prier avec cette chaleur accablante. Ambiance vacances pour cette agréable journée où chaque point d’eau marque une pause fraîcheur bénéfique.

Sur le chemin, nous croisons un Varan de Gould, c’est un des varans les plus répandus d’Australie et des plus robustes du continent, connu pour sa vitesse, son intelligence et son rôle écologique important dans les milieux arides. D’une taille pouvant atteindre jusqu’à 1,5 m, il vit dans des zones arides et semi-désertiques. Il se nourrit d’insectes, de petits mammifères, d’œufs, et de reptiles. En tant que superprédateur et charognard, le varan de Gould contribue à réguler les populations d’espèces plus petites et à nettoyer les carcasses, maintenant l’équilibre des écosystèmes australiens. Il occupe également une place notable dans la culture aborigène, souvent représenté dans l’art et les récits traditionnels.

Moins étendu et plus facile à visiter que le Kakadu, il est peut-être moins connu. Pourtant, de nombreux habitants du Territoire du Nord ont une nette préférence pour le parc national de Litchtield, qui revêt une grande importance pour les Aborigènes marranuggu, koongurrukun, werat et warray, et abrite en outre d’extraordinaires formations rocheuses et bassins naturels.

Le Litchfield (1 500 km2) englobe une grande partie de la Tabletop Range, un vaste plateau de grès encadré par des falaises. Parmi les grands attraits du parc, des chutes d’eau dévalent toute l’année du haut du plateau, alimentant des cascades et des bassins limpides, vides de crocodiles au début de la Dry. C’est malgre tout un bel endroit et certainement l’un des meilleurs coins du Top End pour le bushwalking, le camping et surtout la baignade.

Dépenses du jour : 0 €.

Distance du jour parcourue en van : 34 km.

Distance du jour parcourue à pied : 7 km.

Itinéraire routier : Wangi Falls Campground > Tolmer Falls > Florence Falls 2wd Campground (30 min de route).

Nuit : Florence Falls 2wd Campground (30 $ à deux soit 18 € / WC / Douches).

Site du Parc national Litchfield : nt.gov.au/parks/find-a-park/litchfield-national-park

Jour 21 : 18 Mai 2026 : Litchfield National Park - Katherine - Gregory National Park

Lundi 18 Mai 2026 : Litchfield National Park - Pine Creek - Katherine - Gregory National Park :

À 7h nous entamons une nouvelle journée dans ce Top End Australien.

Nous débutons à quelques kilomètres tout juste de notre camping par une zone dense en Termitières magnétiques sous les premiers rayons du soleil. Elles offrent une vision peu commune, presque irréelle. Elles sont parfaitement alignées afin de permettre la régulation de la température, elles captent le soleil le matin et échappent à la chaleur l’après-midi. Certaines dépassent 4 mètres de hauteur. Leur pointe est utilisée pour enterrer les termites morts, au fond se trouvent le roi et la reine et les ouvrières sont au milieu. De nuit, comme nous avons pu le remarquer la veille en arrivant tard, une petite lumière s’y échappe, mais ce n’est généralement pas la termitière elle-même qui produit de la lumière. Les causes les plus fréquentes : Bioluminescence des insectes lumineux (comme des larves de coléoptères ou lucioles australiennes) qui peuvent vivre autour des termitières. Ou bien des Champignons bioluminescents, certains champignons poussant dans le bois humide émettent une faible lueur verte. Ou encore la réflexion de lumière, la lune, nos phares de voiture ou le ciel nocturne peuvent créer un effet spectaculaire sur les grandes termitières rouges du désert.

Nous traversons ensuite Pine Creek, fondée en 1889 après la découverte d’or dans les années 1870 lors que la construction de l’Overland Telegraphe Line, elle est aujourd’hui une localité assoupie qui a conservée quelques édifices historiques. Par hasard nous arpentons également une ancienne gare de voie ferrée qui a tout son charme avec d’anciennes locomotives à vapeur et des wagons à passagers d’un autre temps.

De retour sur la Stuart HWY, nous repassons par Katherine avant de bifurquer vers l’Ouest sur la Victoria HWY. Nous entrons dans un nouveau No man’s Land, une nature sauvage à perte de vue. Nous ne croisons que deux petits villages, il faut à nouveau bien anticiper les pleins en carburant. Nous sommes dans une zone de transition où le Nord tropical se fond dans l’Outback aride.

En milieu d’après-midi nous entrons dans le Judbarra / Gregory National Park. Peu après Victoria River, nous marquons un arrêt pour réaliser « Escarpment Walk », une petite randonnée de 3 km en aller retour et un peu plus de 200 m de dénivelé pour accéder a un superbe point de vue panoramique sur la rivière Victoria qui s’écoule en contre bas. Cette dernière a sculpté de jolies gorges où nous retrouvons cette roche rouge. Nous sommes sur les terres du Wardaman et de Nungali-Ngaliwurru les gens.

Après cette intermède « montagne », nous poursuivons la route via Timber Creek, une minuscule bourgade au charme typique, rustique et ancienne où nous faisons le plein de carburant. Il nous reste à présent qu’1h15 de route jusqu’à notre aire de repos gratuite posée aux pieds d’une petite chaîne de montagne où les strates horizontales de roches rouges sont splendides. Le spot est idéal au pied d’un petit sommet culminant à 369 m, le Skinner Point. Il est 17h15 lorsque nous commençons notre repos après cette longue journée de route à travers cette Australie sauvage.

Dépenses du jour : 47 € carburant à Katherine + 36 € carburant à Timber Creek

Distance du jour parcourue en van : 684 km.

Distance du jour parcourue à pied : 6 km.

Température mini / maxi : 23°C / 32ºC.

Itinéraire routier : Florence Falls 2wd Campground > Katherine (station essence) > Sandle Creek Rest Area (7h de route).

Nuit : Sandle Creek Rest Area (gratuit / WC sec / eau non potable dans des cirternes).

Site du Parc national Litchfield : nt.gov.au/parks/find-a-park/litchfield-national-park

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