Bonjour ! ![]()
Voici un retour de mon voyage en Algérie du 26 décembre 2024 au 6 janvier 2025. Nous sommes un couple de jeunes, moi française et mon conjoint franco-algérien.
Le voyage est découpé en 2 parties : 6 jours de bivouac dans la Tadrart rouge à côté de Djanet + 5 jours en Kabylie. La partie bivouac a été réalisé avec une agence de voyage, tandis que la partie en Kabylie a été l’occasion de revoir les parents de mon compagnon, donc moins axé sur le tourisme (et que je détaillerai donc beaucoup moins).
C’est mon 2e séjour en Algérie, voici le carnet de voyage de ma première venue, il y a 1 an :
► MODALITÉS ◄
VISAS
L’Algérie applique le principe de réciprocité en matière d’octroi de visa, donc elle demande un visa aux ressortissants de tous les pays imposant un visa à ses propres ressortissants. Ainsi français, belges et suisses ont besoin d’un visa pour se rendre en Algérie.
Informations pour les français :
• Algérie - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
• Visa d’entrée en Algérie - Ministère des Affaires Etrangères et de la Communauté Nationale à l’Etranger
• Formalités visa - Ambassade d’Algérie en France
Deux solutions s’offrent à vous :
○ Le visa touristique “classique” dont la demande est à faire dans l’un des 18 consulats en France. Pour une validité de 30 et 90 jours, le visa coûte 110 € (adulte, citoyen français). Pour une validité supérieure à 90 jours, il coûte 130 €. Les pièces à fournir lors de la demande sont indiqués sur les sites de l’ambassade d’Algérie en France ou des différents consulats. Il faudra notamment au choix : un certificat d’hébergement légalisé par la Mairie du lieu d’hébergement en Algérie, ou une réservation d’hôtel ou encore une attestation d’une agence de voyage.
Si vous optez pour la réservation d’hôtel, le consulat de Toulouse m’a dit que les réservations automatiques Booking ne sont pas/plus acceptées. Il faut une réservation écrite par l’hôtel, donc demandez-leur en même temps que vous faites votre réservation. Vous pourrez toujours annuler cette réservation une fois le visa obtenu. C’est ce que j’ai fait, pour mon premier voyage.
Vous pouvez faire votre demande de visa 1 mois et demi ou 2 mois à l’avance. Une fois déposée, la procédure dure entre 2 semaines et 1 mois. Vérifiez bien ce qu’indique le consulat dont vous dépendez, car les durées et les procédures (avec ou sans rendez-vous) peuvent varier.
○ Le visa à l’arrivée pour les voyages à destination du grand sud Algérien (24 wilayas (=départements) concernées : Adrar, Laghouat, Biskra, Bechar, Tamanrasset, Djelfa, Msila, Ouargla, El-Bayad, Illizi, Tindouf, El Oued, Naama, Ghardaïa, Timimoune, Bordj Badji Mokhtar, Ouled Djellal, Béni-Abbes, Ain Salah, Ain Guezzam, Touggourt, Djanet, El M’Ghaiar, El Menia (plus d’infos ici, page du consulat de Nantes). Ce nouveau visa touristique peut être réalisé pour une durée maximale d’1 mois. Fin 2024, je l’ai payé 105 € pour rester 12 jours. Il est pratique quand on n’habite pas proche d’un consulat car la procédure se fait à distance. Pour l’obtenir, il faut passer par une agence de voyage agréée en Algérie. L’agence fera une demande pour que vous obteniez une autorisation d’embarquement, puis vous achèterez votre visa à l’arrivée à l’aéroport en Algérie. Ce qui est également intéressant avec ce visa, c’est qu’il permet aussi de se rendre dans le nord du pays, à condition que la première partie du voyage se déroule dans une des 24 wilayas du sud.
Pour mon premier séjour, j’ai opté pour un visa touristique classique à demander au consulat, tandis que pour ce séjour, j’ai obtenu un visa à l’arrivée.
SÉCURITÉ
Le ministère des affaires étrangères français donne ses recommandations de voyage pour l’Algérie ici : Algérie - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Le pays est découpé en différentes zones selon le niveau de risque évalué par le ministère des affaires étrangères français.
Début 2025, Djanet est en zone orange pour le Ministère des affaires étrangères français. Il convient donc de faire preuve de vigilance, c’est-à-dire de voyager avec une agence agréée dans les parcs culturels surveillés par les autorités locales, de ne pas tenter l’aventure du désert en solo hors des zones surveillées (ce qui est interdit par les autorités algériennes d’ailleurs).
En tous cas, même si on est loin du tourisme de masse, nous avons croisé tous les jours plusieurs groupes de touristes accompagnés de leurs agences. On est sur du 2/3 algériens (ou franco-algériens), 1/3 étrangers : un grand nombre d’italiens, mais aussi des espagnols, allemands, suisses, français, marocains, tunisiens, même des groupes japonais, et j’en passe. Quand on se croise, l’ambiance est bonne et détendue que ce soit côté touristes ou côté guides.
COMMUNICATION
Je parle français, tandis que mon compagnon, dont l’Algérie est le pays de naissance, parle français, arabe et kabyle. Donc forcément, nous n’avons aucun problème de communication en Algérie.
De plus, on trouve sans problème des guides et agences francophones.
Hors agence, dans les grandes villes, il ne devrait pas y avoir de problème pour communiquer. Et même si tout le monde ne maîtrise pas forcément le français, cela devrait aller pour commander à manger, demander une direction ou un renseignement. Beaucoup de panneaux et écriteaux sont écrits en arabe et français, voire arabe, berbère et français.
Pour le téléphone, étant hors Europe, il faut acheter une carte sim locale ou avoir un forfait international. Nous avons un forfait Free 5G qui nous permet d’avoir de la connexion internet dans plusieurs pays étrangers dont l’Algérie.
MONNAIE
Tout se paie en espèces, en dinars algériens (DZD). Les cartes bancaires sont très peu utilisées. Nous sommes alors partis avec des billets en euros pour les échanger en Algérie.
Il y a deux marchés : l’officiel, celui de la banque, à 1 € = 147,23 DZD et le parallèle à 1 € = environ 255 DZD au square Port-Saïd (fin décembre 2024).
○ Marché officiel : Vous pourrez échanger des euros à la banque ou retirer directement des dinars algériens dans un distributeur à billets. A l’aéroport d’Alger, vous trouverez des bureaux de change et des distributeur à billets. Si vous achetez un visa à l’arrivée, vous pourrez aussi échanger de l’argent en même temps.
○ Marché parallèle : A Alger, les changes se font à Port-Saïd, en face de la gare maritime. Vous verrez que les gens ne se cachent pas pour faire leurs changes. Tous les algérois font cela. Vous pouvez aussi faire des changes avec son agence de voyage, dans des hôtels, des magasins ou encore auprès de personnes présentes dans le hall de l’aéroport, mais ce sera un peu moins avantageux qu’à Port-Saïd. Vous pouvez consulter le cours du marché parallèle sur internet pour vérifier les taux. https://devisesquare.com/#EUR
LOGEMENTS
Comme pour d’autres destinations, vous pouvez réserver des logements (hôtels, hostels, Airbnb) en ligne. Vous trouverez pas mal d’hôtels sur Booking, mais certains hôtels disposent de leur propre site internet ou passent par les réseaux sociaux pour les réservations. Les petits hôtels de quartier n’ont pas forcément de site internet ou ne sont pas inscrits sur des plates-formes, et il faut réserver sur place. Mais il y a tout de même de quoi faire avec les hôtels en ligne.
Pour payer les hôtels, deux possibilités : payer sur place en dinars algériens ou en euros (selon ce qui est proposé) ou payer en ligne.
TENUE VESTIMENTAIRE
Les tenues des gens varient selon les régions en Algérie. On trouvera des personnes habillées de façon plus “occidentale” dans les grandes villes notamment Alger, Oran ou Béjaïa. Dans les quartiers plus populaires ou les régions plus conservatrices, les tenues sont plus couvrantes. Il n’y a pas de tenue vestimentaire obligatoire à suivre en Algérie. Il faudra juste porter une tenue adaptée pour visiter une mosquée (vêtements amples qui couvrent épaules et genoux + voile pour les femmes).
Dans le désert, adaptez votre tenue avec des vêtements confortables pour marcher, des chaussures adaptées, un couvre-chef et/ou un chèche, des lunettes de soleil, de la crème solaire, etc. Venez comme vous préférez, nous avons croisé des gens, hommes comme femmes, en short. La nuit dans le désert, la température baisse fortement, donc pensez aux vêtements chauds, surtout en hiver. Si vous êtes en altitude, comme sur les plateaux du Tassili, les températures sont encore plus faibles.
Fin décembre 2024-début janvier 2025, il a fait 20 °C en journée avec un grand soleil, mais entre 0 et 5 °C la nuit. Janvier est le mois le plus froid.
Le mois idéal pour venir visiter est octobre, il fait encore très bon sans faire trop chaud. D’ailleurs, notre guide nous a dit que l’été n’était pas forcément à proscrire. Il fait très chaud, mais c’est une chaleur sèche donc moins difficile à supporter qu’avec de l’humidité, donc pourquoi pas pour des personnes qui ne sont pas fragiles.
GUIDES ET AGENCES DE VOYAGE
→ Faut-il un guide pour visiter Alger, les grandes villes, le nord de l’Algérie ?
Il n’y a pas besoin de passer par une agence de voyage ou un guide pour visiter Alger ou les autres grandes villes d’Algérie (Oran, Tlemcen, Constantine, Bejaïa, etc), et globalement le nord du pays. La visite peut se faire en solo, en se renseignant au préalable sur ce qu’il y a à faire et à voir. Vous pouvez vous guider à l’aide de Google Maps qui fonctionne bien.
→ Faut-il un guide pour visiter le désert algérien ?
Il est obligatoire de passer par un guide pour se rendre dans le désert algérien. On peut se rendre dans les grandes villes par soi-même, mais pour ensuite quitter la ville pour le désert, il faudra passer par une agence de voyage agréée par l’État. C’est le cas de destinations populaires comme Djanet (Tadrart rouge, Tassili n’Ajjer, Sefar, Essendilène, Ihrir, etc) ou Tamanrasset (Tassili n’Hoggar, Assekrem, etc).
Il existe pas mal d’agences de voyage proposant des séjours là-bas. Vérifiez qu’elles soient bien immatriculées auprès du ministère du tourisme algérien : c’est important pour être sûr d’être couvert par l’assurance responsabilité civile de l’agence. C’est également important si vous souhaitez qu’elle vous obtienne une autorisation d’embarquement pour le visa à l’arrivée. Enfin, c’est aussi important pour qu’elle puisse avoir les autorisations nécessaires pour quitter la route nationale et rouler en “hors piste” dans les parcs naturels (au parc culturel du Tassili, il y a quelques barrages militaires qui contrôlent les autorisations des voitures ; nous avons vu des voitures sans (vraie) agence qui n’ont pas pu entrer).
Il faut aussi savoir que le parc culturel du Tassili est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982 pour ses richesses archéologiques (art rupestre et traces de vie) et biologiques (faune et flore), son intérêt géologique, paléontologique et esthétique (source). C’est un écosystème fragile et vulnérable dont l’UNESCO demande la protection et la préservation. On constate tout de même que des gravures et peintures ont été dégradées dans le passé et que certaines personnes ne se gênent pas pour jeter leurs déchets plastiques et métalliques dans la nature.
Au-delà du côté légal, les chauffeurs et guides connaissent les itinéraires à suivre pour se rendre dans les différents points d’intérêt, savent se repérer, connaissent les différentes zones. En plus de cela, la conduite dans le désert sans route ni piste n’est pas aisée. En cas de panne, il faut pouvoir se débrouiller sans réseau (les circuits s’éloignent de plusieurs dizaines à centaines kilomètres des villes). Côté confort, l’agence s’occupe aussi de la logistique (nourriture, eau potable, matériel de cuisine, tentes, etc).
→ Comment choisir une agence de voyage ?
Déjà, il faut distinguer les agences locales basées directement à Djanet (par exemple) et les agences non locales, qu’elles soient algériennes ou étrangères. Une agence non locale implique un intermédiaire, ce qui peut être plus cher. Passer par une agence locale permet aussi une meilleure communication sur le programme du circuit, sur les modalités, sur ce qu’il faut amener, etc. Il faut vérifier sur leur site internet/réseaux ou sur Google Maps qu’elles soient bien basées à Djanet. Je dirais aussi qu’il vaut mieux éviter les petites annonces postées sur des groupes Facebook (je parle des groupes pas des pages perso), car ce n’est pas vraiment sérieux. Ou alors ne pas se précipiter et vérifier que l’agence existe réellement.
(Nous avons croisé des touristes algériens passés par une annonce sur un groupe Facebook, le circuit a bien lieu mais ce n’était pas ce qui était prévu en termes de fournitures d’objets (sacs de couchage non fournis alors qu’ils étaient compris, par exemple). L’organisatrice qui n’était pas une vraie agence suivait les traces des autres voitures pour se diriger, donc en plus, ce n’était pas précis et ils ne voyaient que les choses les plus visitées.)
A savoir qu’il existe aussi l’ONAT (office national algérien du tourisme) qui est l’agence de voyage nationale algérienne, rattachée au ministère du tourisme et de l’artisanat. Cette agence propose plein de circuits dans toute l’Algérie, dont plusieurs dans le désert. Ce n’est pas cher mais les standards de voyage sont peut-être un peu inférieurs à ceux des agences locales indépendantes.
Une fois plusieurs agences locales sérieuses repérées, nous les avons contactées pour comparer les circuits qu’elles proposaient, leurs dates de disponibilités et leurs prix.
- Il y a différents circuits à Djanet (Tadrart rouge, vallées du nord de Djanet, Séfar), de différentes durées et avec différents moyens de locomotion (4x4, marche avec dromadaires ou ânes).
- J’imagine que le nombre de personnel alloué pour le circuit peut aussi faire varier le prix (
). Dans certains groupes, on a un guide pour donner les infos au groupe et diriger le circuit, un chauffeur par 4x4 qui sait conduire dans le désert et réparer d’éventuelles pannes, un ou plusieurs cuisiniers, et parfois même un ou des musiciens. Certains ne travaillent que pour une seule agence, d’autres changent régulièrement d’agence selon les besoins de celles-ci. Et certains guides sont plus expérimentés que d’autres, connaissent mieux la zone et ses petits coins peu fréquentés, ça dépend de leur expérience. - Le nombre de touristes dans le groupe peut aussi jouer sur le prix. Un groupe nombreux coûte moins cher qu’un circuit privé à 2, et il y a plus d’ambiance (selon les goûts de chacun). Par contre, il y a plus d’inertie, bouger d’un lieu à l’autre prendre plus de temps, les pauses sont plus longues, etc. Personnellement, nous préférons un petit groupe car notre objectif 1er est la visite.
Après avoir comparé plusieurs agences sérieuses, nous avons finalement choisi IHAKET TRAVELS qui nous proposait le circuit qui nous intéressait aux dates que nous voulions et à un bon prix. C’est aussi avec cette agence que nous avons eu le meilleur feeling à l’écrit : leurs réponses par mail étaient rapides et claires. Je dis ça car notre souhait d’aller faire un bivouac dans le désert algérien date de l’année dernière, nous étions en contact avec l’agence IMESSOUKAL pendant plusieurs semaines avant qu’elle nous ghoste et fasse tomber nos plans à l’eau. Donc pour nous, c’était hyper important que la communication soit efficace.
Nous avons ainsi opté pour un circuit 6 jours de bivouac avec 4x4 dans la Tadrart rouge.
Notre avis sur l’agence IHAKET Travels :
Super séjour passé avec Ihaket Travels. C’est avec Moustapha, un guide indépendant employé par Ihaket que nous avons réalisé notre circuit bivouac en 4x4 de 6 jours à la Tadrart Rouge, fin décembre 2024. Nous avons été rejoins par une 3e personne, donc nous étions un petit groupe de 4 avec un 4x4, et une bonne ambiance ! Moustapha est très sympa, arrangeant et expérimenté. L’itinéraire a été suivi, et Moustapha a même ajouté quelques points supplémentaires. Durant le circuit, nous avons découvert de nombreux paysages désertiques différents, avec aussi bien des dunes, des plateaux rocheux, des oueds avec de la végétation, du sable allant du blanc au rouge, la faune et la flore locales. Nous avons également vu un grand nombre de peintures et gravures rupestres, avec des styles variés. C’était tout simplement magnifique. Pour chaque campement, nous étions seuls et au calme, bien que nous croisions d’autres groupes en journée. Moustapha fait très bien à manger et nous a fait goûter différents plats de la région.
En amont du voyage, la communication a été très bonne avec Ihaket Travels. Ils nous ont bien expliqué ce qu’il y avait à prévoir (exemple : visa, paiement, matériel à apporter) et ont répondu à nos questions. Le personnel est arrangeant, clair et organisé.
→ A quoi ressemble une journée type pour un circuit avec 4x4 ?
(1) Après le petit-déjeuner, nous levons le camp et nous partons en 4x4 visiter les différents points prévus dans la matinée. Parfois, nous partons à pied et le 4x4 nous rejoint.
(2) Le midi, nous nous arrêtons pour manger, généralement quelque chose de froid comme des salades composées. Nous profitons de la pause pour explorer la zone.
(3) L’après-midi, nous continuons nos visites prévues en 4x4 comme le matin.
(4) En fin d’après-midi, nous cherchons une zone calme pour passer la nuit (l’idée c’est de ne voir personne autour de soi). Nous installons le camp (notamment les tentes), prenons le goûter (thé, gâteaux secs, dattes, etc), et partons nous balader jusqu’à la tombée de la nuit.
(5) Le soir, nous mangeons un repas chaud composé d’une soupe (chorba frik) et d’un plat (couscous, ragoût, loubia, taguella et sauce, chakchouka du désert, etc). La nuit, nous dormons en tente.
→ Nous avons marché environ 10 km par jour. Dans un circuit avec 4x4, les balades sont facultatives, les personnes qui ne peuvent/veulent pas marcher peuvent rester au campement. Pour faire davantage de marche, il faut opter pour un circuit de randonnée/trek.
→ Quel circuit de bivouac choisir ?
Que ça soit à Djanet ou Tamanrasset, il est possible de choisir entre circuits en 4x4+ marche ou circuits de marche pure/trek (avec des dromadaires (meharées) ou avec des ânes, éventuellement assistés avec un 4x4 pour transporter le matériel de campement). En 4x4, on fait plus de kilomètres et on balaye une plus grande zone, mais en marchant on se rend dans des endroits non accessibles en voiture, notamment des canyons ou des montagnes.
Ensuite, il existe plusieurs itinéraires. A Djanet, il y a 3 principales zones qui font l’objet de circuits : Tadrart rouge, vallées du nord de Djanet (Essendilène, Ihrir) et Séfar. Selon la durée du circuit, il y a plus ou moins de points à voir, donc pour une même zone, plusieurs itinéraires sont possibles. Certains circuits longs incluent également plusieurs zones. A Tamanrasset, il y a aussi différentes zones faisant l’objet de circuits : Assekrem, Tassili N’Hoggar, Atakor… Mais je ne connais pas le coin, donc j’en oublie peut-être.
D’après notre guide, partir sur un circuit d’environ une semaine en 4x4 + marche soit à la Tadrart rouge (comme nous), soit dans les vallées du nord de Djanet est une bonne première découverte du désert accessible à tous.
Enfin, il est aussi possible de personnaliser son circuit, si l’agence le peut, avec un itinéraire précis ou des activités particulières (certains touristes aguerris viennent pour faire de l’escalade par exemple).
Pour les personnes pas à l’aise avec le bivouac, il existe aussi de tous petits circuits < 5 jours incluant bivouac et nuits d’hôtel. Mais qui dit hôtel, dit retour en ville le soir, donc moins d’exploration en profondeur de la région.
Pour les personnes qui ne veulent vraiment pas faire de bivouac mais tout de même voir le désert, peut-être que le nord du Sahara (Ghardaïa, Timimoun, Taghit, Biskra, Béni Abbès…) pourra trouver grâce à leurs yeux. Dans ces oasis, des séjours (souvent plus courts) sont organisés, avec visites de villes et ksours, un peu de désert et nuits à l’hôtel. Il est même possible de venir sans agence si on se cantonne aux villes. Mais clairement, ce n’est pas du tout la même ambiance de voyage, ni les mêmes activités, ni les mêmes paysages. Je détaille mon séjour à Ghardaïa dans mon précédent carnet de voyage : Retour de voyage : Alger, Ghardaïa et Kabylie (Bouïra) - 1 semaine
→ Que faut-il amener avec soi ?
Les agences de voyage proposent une liste des choses à prendre avec soi. Souvent, elles fournissent les tentes, les matelas et les couvertures (à vérifier tout de même). Elles s’occupent aussi de l’eau potable, la nourriture et le matériel de cuisine. Voici ce que nous avons pris :
- Sac de voyage (valises à éviter) : nous avons un Forclaz Duffel 500 40-60L et un Forclaz Duffel 900 50L de chez Decathlon ;
- Petit sac à dos pour transporter des choses durant les balades ;
- Sac de couchage dont la température est adaptée à la saison et à l’altitude : pour un circuit en hiver mais sans altitude, nous avons opté pour 2 sacs de couchage sarcophages 0 °C (c’était très bien, nous n’avons pas eu froid) ;
- Lampe frontale (vraiment utile dès qu’il fait nuit) ;
- Vêtements chauds pour la nuit : pull, pantalon de jogging, manteau d’hiver + bonnet et gants mais pas utilisés ;
- Vêtements pour la journée : pantalon de randonnée, legging, veste coupe-vent, casquette ou chèche, lunettes de soleil ;
- Chaussures de randonnée ou baskets ;
- Trousse de soin : lingettes pour le corps (l’eau amenée par l’agence n’est que pour boire), papier toilette, briquet pour brûler le papier toilette et les lingettes, pince à épiler (utile aussi en cas d’échardes), pansements, pastilles chlorées pour traiter l’eau au cas où (pas eu besoin, nous avons eu des bouteilles d’eau en plastique), crème solaire, éventuellement antihistaminiques, smecta et anti-douleurs (pas eu besoin), et les classiques brosses à dent, dentifrice, peigne, baume à lèvres, etc ;
- Pochettes zippables pour les objets sensibles au sable ;
- Batterie portable : nous rechargions nos appareils électriques sur un générateur ou sur le 4x4 mais c’est quand même pratique d’avoir une batterie par personne supplémentaire (attention les batteries externes doivent être mises en cabine, pas en soute, et ne pas dépasser 100 Wh).
► LE VOYAGE ◄
► 26 décembre 2024 :
→ Vol Toulouse > Alger le 26 décembre 2024, départ de Toulouse à 16h55, arrivée à Alger à 18h25.
Prix : 277,35 €/pers (aller-retour) avec Air Algérie, réservé 4 mois à l’avance.
• Comme j’ai opté pour un visa à l’arrivée, je n’ai donc pas encore de visa au départ, à l’aéroport de Toulouse. Je me contente de montrer mon autorisation d’embarquement lors de l’enregistrement de mon bagage en soute auprès d’Air Algérie.
• Arrivés à l’aéroport d’Alger, il me faut donc mon visa à l’arrivée. Nous avons passé les contrôles de police qui ont tamponné mon passeport avec l’autorisation d’embarquement, puis un policier a pris mon passeport et m’a guidée à une zone prévue pour les passagers voulant le visa à l’arrivée. Un policier est revenu avec un papier et le passeport, pour que je paie le visa au comptoir de la banque. On a ensuite repris mon passeport pour mettre le visa dedans. Ça a pris environ 2h pour moi, mais pour d’autres touristes qui étaient arrivés avant moi, ça a duré 3h.
Je ne sais pas pourquoi c’était aussi long, ce n’est pas très efficace comme procédure. En tous cas, il vaut mieux prévoir du temps entre ces 2 vols surtout si c’est pas un transit.
De mon côté, habitant dans une ville avec consulat, je pense que je préfère faire la procédure du visa touristique classique, pour ne pas avoir à attendre sans savoir à l’aéroport.
Nous avons discuté avec le guide avec qui nous avons fait notre circuit, et les agences de Djanet essaient de faire remonter au ministère du tourisme que le temps d’attente à l’aéroport d’Alger pour obtenir son visa à l’arrivée est anormal. Peut-être que cela bougera avec le temps mais pour l’instant il vaut mieux espacer ses vols si l’on vient avec un passage par l’aéroport d’Alger. Ou alors, prendre un vol direct vers Djanet, par exemple le vol direct Paris → Djanet. La procédure d’obtention de visa à l’arrivée à l’aéroport de Djanet est bien plus rapide et efficace qu’à Alger. Les gens attendent beaucoup moins et n’ont pas à stresser pour leur vol suivant puisqu’ils sont arrivés !
• Une fois le visa en poche, nous pouvons repasser les contrôles pour notre vol suivant. Avant d’y aller, nous échangeons des euros en dinars avec une personne dans le hall de l’aéroport. Pour ceux qui ont besoin d’une carte sim, c’est aussi l’occasion d’en acheter une, il y a plusieurs boutiques de téléphonie. Sachant que nous aurons du réseau à Djanet et dans ses alentours (Mobilis a la meilleure couverture), mais qu’à partir du moment où nous nous enfonçons dans le parc culturel du Tassili, il n’y a plus aucun réseau.
→ Vol Alger > Djanet le 26 décembre 2024, départ d’Alger à 23h00, arrivée à Djanet à 02h40 (escale à Biskra sans sortie de l’avion).
Prix : 107,55 €/pers (aller-retour) avec Air Algérie, réservé 4 mois à l’avance.
A ce jour, pour acheter en ligne un vol national Air Algérie, il faut une carte bancaire EDAHABIA. Solutions pour ceux qui n’en ont pas : se rendre dans une boutique Air Algérie pour faire l’achat sur place, demander à son agence de voyage de faire l’achat à sa place, ou payer via une agence en ligne (type Opodo, Skyscanner, etc).
Les vols internationaux Air Algérie ne sont pas concernés et il est possible de payer en carte bancaire VISA ou Mastercard.
► 27 décembre 2024 :
DJANET ET LA TADRART ROUGE 
Carte des régions que nous avons visité.
• Nous arrivons à Djanet dans la nuit. Les policiers de l’aéroport récupèrent les passeports étrangers pour vérifier les visas. En attendant, nous récupérons nos bagages en soute. Les policiers rendent les passeports et nous rencontrons Moustapha, notre guide employé par Ihaket Travels pour le circuit. Nous sommes donc trois : nous deux et notre guide, mais nous allons être rejoins le lendemain par une quatrième personne. Une fois nos affaires récupérées, nous partons en 4x4 dans la nuit, direction le jardin de l’agence pour notre toute première nuit.
La première nuit a eu lieu dans de grandes tentes avec lit, premier échauffement avant de passer au vrai bivouac.
Le jardin de l’agence.
Le premier petit déjeuner.
• Nous nous levons vers 7h30, prenons notre petit déjeuner au jardin pendant que Moustapha charge le 4x4 de tout ce que nous aurons besoin pour 6 jours, puis c’est l’heure du départ.
• Nous commençons en suivant la route vers le sud-est, vers la Tadrart rouge. Après une première partie où le paysage est plat à perte de vue, nous commençons à voir des massifs rocheux. Nous croisons également des dromadaires en liberté, et perdons notre réseau téléphonique à force de nous éloigner de la ville.
Dromadaire en liberté.
La route à perte de vue et le panneau Libye-Niger.
• Nous nous arrêtons au bord de la route, à côté d’un imposant monticule de pierres en granite, à Edjri (ou Adjiri). En nous approchant et en l’escaladant, nous découvrons les premières gravures rupestres sur de nombreuses pierres. Le Sahara est une aire qui regorge de gravures et peintures rupestres. Le parc culturel du Tassili N’Ajjer en regroupe au moins 15 000 qui ont entre ≃12 000 et 4000 ans (source) (Paléolithique supérieur / Néolithique), ce qui en fait l’un des plus grands musées à ciel ouvert, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ici nous pouvons observer des gravures de bovins, de girafes et de cupules (pétroglyphes circulaires).
Gravures rupestres du “monticule de pierres”.
• Nous continuons ensuite notre route et passons un barrage militaire qui contrôle les autorisations de notre agence. Un panneau nous indique le commencement du site de la Tadrart rouge, au sein du parc culturel du Tassili. C’est à partir de cet endroit que nous quittons la route pour passer les 5 jours suivants dans le parc.
Panneau de la Tadrart.
• Nous arrivons dans la région d’El Berdj qui est elle-même composée de plusieurs zones aux paysages différents. En particulier, la première zone que nous traversons, après avoir dépassé Tin Arasso, est singulière pour ses formations rocheuses composées de couches de roches sédimentaires, comme des mille-feuilles. Elles proviennent de l’accumulation de sédiments sous forme de strates, et démontrent les changements climatiques qu’a subi l’Afrique du Nord durant la préhistoire (ancienne mer, anciens lacs, ancienne savane, etc). C’est ici que nous faisons notre pause déjeuner.
Traquet à tête blanche.
Les mille-feuilles sédimentaires d’El Berdj.
• Nous continuons notre route et passons par un reg composé de sable orange couvert de morceaux de roches sédimentaires.
Un reg, El Berdj.
• Puis nous arrivons au cirque d’El Berdj formé dans un oued. Nous nous arrêtons là pour la soirée et la nuit, montons le camp, puis allons explorer les environs. Une fois la nuit tombée, nous découvrons un ciel constellé d’étoiles comme jamais.
El Berdj. L’arbre à droite est un calotropis, plante dont la sève est un poison corrosif et toxique, dangereux pour les yeux.
Cirque El Berdj.
Rocher hélicoptère.
Nous passons maintenant à de vraies petites tentes.
Nuit à El Berdj.
► 28 décembre 2024 :
• En nous levant, nous constatons que des animaux nous ont rendu visite cette nuit : des fennecs ont mangé des restes d’os et ont laissé des traces de pas autour de la tente. Après le petit-déjeuner, nous commençons la journée par nous rendre à pied à des peintures rupestres situées dans le cirque El Berdj. Comme les gravures, de nombreuses peintures ont été découvertes dans le parc culturel du Tassili. Les humains utilisaient des ocres rouges et blanches broyées qu’ils mélangeaient à du sang, de la graisse ou de l’eau pour lier les pigments.
Peintures rupestres : cavalier et humains.
Cirque El Berdj avec le crâne d’un petit mouflon à manchettes.
• Nous partons ensuite en 4x4 pour nous rendre à des gravures rupestres représentant des vaches et des sortes d’amphores.
Gravures rupestres : vaches et amphores.
• Nous profitons aussi des superbes paysages de la région d’El Berdj…
El Berdj.
• …Avant d’arriver à un nouveau coin à gravures où l’on peut voir des vaches à traits liserés et des humains…
Gravures rupestres : vaches, humain et girafe.
La vue depuis l’endroit où les gravures ont été réalisées, El Berdj.
• Nous continuons notre découverte de l’art rupestre d’El Berdj avec des peintures un peu abimées d’hommes chassant avec des arcs et de bovins.
Peintures rupestres : hommes qui chassent et bovins
Les plaines rocheuses d’El Berdj sont magnifiques, avec des sables rouges et oranges, des pierres sombres et un peu de végétation dorée.
• Notre visite nous emmène ensuite voir d’autres peintures représentant des vaches rouges et blanches, toujours dans de superbes paysages rocheux.
Peintures rupestres : troupeau de vaches.
El Berdj.
• Nous nous arrêtons ensuite au pied d’un monolithe pour déjeuner. Nous profitons de la pause pour explorer les environs.
El Berdj.
• Après le déjeuner, Moustapha nous emmène voir d’autres peintures rupestres, représentant un troupeau d’animaux.
Peintures rupestres : troupeau.
• Nous quittons la région d’El Berdj dans l’après-midi pour nous rendre dans la région de Moul N’aga et ses dunes de sable jaune orangé. C’est une région assez populaire et nous retrouvons là-bas un certain nombre de groupes perchés sur la crête des dunes pour observer le coucher du soleil. C’est ici que nous posons notre campement pour la nuit.
Dunes de Moul N’aga.
• Une fois le soleil couché, nous nous baladons encore un peu dans les dunes avant qu’il ne fasse nuit. En rentrant à notre campement, nous faisons la connaissance de la personne qui devait nous rejoindre pour le voyage : un italien de 62 ans qui parle très bien français. Maintenant que la nuit est tombée, l’ambiance est devenue plus calme. Chaque groupe a rejoint son campement, chacun caché derrière une dune ou un rocher. Nous sommes plusieurs groupes, mais nous ne nous voyons pas. Nous distinguons juste au loin les lumières des feux des uns et des autres.
Ce soir, c’est chorba frik et loubia.
Sphinx livourien.
Très beau ciel étoilé dans les dunes.
► 29 décembre 2024 :
• Nous nous réveillons le matin au milieu des dunes. Nous rangeons nos affaires, prenons le petit-déjeuner avant de partir…
Le matin à Moul N’aga.
• Nous arrivons à la cathédrale de Tamezguida, une formation rocheuse imposante dotée de plusieurs arches, située dans la région de Tehe Tahossayet.
Cathédrale de Tamezguida.
Nous croisons un très grand groupe d’italiens venus voir la cathédrale.
• Puis nous partons pour les gravures rupestres de Tin Tefelghagh. Durant le voyage, nous allons nous rendre dans beaucoup de lieux dont le nom est précédé par “Tin” ou “Ouan”. En effet, “Tin” est un préfixe féminin tandis que “Ouan” est un préfixe masculin.
Revenons aux gravures rupestres, celles-ci ont été réalisées sur les 3 faces d’une roche : un troupeau de girafes, un troupeau d’éléphant, et une scène intime entre trois humains.
Gravures rupestres de Tin Tefelghagh : girafes, éléphants et hommes.
Buisson de Zilla spinosa.
• Nous continuons notre visite en nous rendant dans la région d’In Tehak. Nous passons notamment devant l’arche d’Afrique.
Arche d’Afrique, In Tehak.
In Tehak.
• Nous entrons ensuite dans le lit d’un oued de la région, nommé Aoudanedj. Les roches qui bordent les oueds ont permis la formation de très nombreux canyons. Ils regorgent aussi de grottes et de parois rocheuses abritées sur lesquelles on retrouve des gravures et peintures.
Aoudanedj.
Grotte infestée de nids de guêpes maçonnes.
• Dans les environs, nous pouvons constater des traces de vie des anciens hommes : morceaux de poteries décorées, restes d’ocre cassés, pierres taillées.
Peintures rupestres : vaches tachetées, femmes en robe, main, hérisson, et personnes qui chassent.
Restes de poteries.
• A quelques mètres de là, nous nous rendons à une petite guelta (cuvette d’un canyon qui contient de l’eau). A l’entrée du canyon, nous observons aussi de vieilles inscriptions en tifinagh ancien (alphabet des berbères). Elles ont été écrites par des touaregs nomades pour repérer la présence d’eau, mais je ne sais pas à quelle époque.
Canyon et vieilles inscriptions en tifinagh ancien.
• Nous continuons d’explorer l’oued en 4x4, nous sommes seuls dans le coin. Nous observons de nombreuses traces de sabots de mouflons fraiches du matin, mais nous ne parvenons pas à en voir. De nombreux animaux passent ici chaque jour ou chaque nuit comme l’attestent les nombreuses traces : chacals, fennecs, mouflons, gazelles, guépards, gerbilles ou gerboises (difficile à dire), etc. Nous trouvons aussi de nombreux fossiles de plantes ou animaux aquatiques. Nous nous arrêtons ici pour déjeuner et récupérer du bois mort pour le feu.
Aoudanedj.
Squelette de dromadaire.
Fossiles de plantes ou d’animaux aquatiques.
Cornes d’antilope.
Traquet à tête blanche et restes d’installations de tente de nomades.
Tarente de Mauritanie ? Il y ressemble même si on est bien au sud de son aire de répartition.
La salade du midi.
• Après manger, nous rebroussons chemin et nous arrêtons à une peinture rupestre représentant trois jolies vaches stylisées. D’une peinture ou gravure à l’autre, nous constatons la patte artistique différente d’un artiste à l’autre.
Peinture rupestre : vaches.
• Nous sortons ensuite d’Aoudanedj et commençons à arriver dans la région de Tin Merzouga, célèbre pour ses dunes au sable rouge et orange foncé. Elle tient son nom d’une femme nommée Merzouga, qui a longtemps vécu ici et qui y a été enterrée.
Un reg, Tin Merzouga.
• Nous nous arrêtons à Ekenesseï, une formation rocheuse ressemblant à hérisson, comme son nom l’indique en touareg.
Ekenesseï.
• Puis nous arrivons à un rocher sculpté par l’érosion et orné de deux gravures rupestres : deux rhinocéros d’un côté, deux antilopes de l’autre. En face, nous observons le commencement des dunes de Tin Merzouga.
Gravures rupestres : rhinocéros et antilopes.
• Nous arrivons enfin aux dunes de Tin Merzouga, un erg qui culmine à 1300 mètres de haut. Nous cherchons un coin tranquille et à l’abri du vent pour nous installer pour la nuit (toujours avec comme objectif de ne voir personne autour de soi). Nous croisons plusieurs groupes avant de pouvoir planter notre campement. En effet, ces dunes sont très populaires pour leur couleur, notamment au coucher du soleil car leur sable orange foncé se teinte d’un rouge profond. Malheureusement pour nous, le temps est nuageux, et le coucher de soleil ne sera pas spectaculaire. Nous nous lançons tout de même dans l’ascension d’une des dunes pour aller voir le semblant de coucher de soleil qui se forme dans une éclaircie nuageuse. Cela ne se voit pas de loin ou en photo, mais ces dunes sont très grandes (bien plus qu’à Moul N’aga) et escarpées, leur ascension est physique et se fait en escaladant.
Dunes de Tin Merzouga au coucher du soleil.
• Une fois le soleil disparu, nous retournons au campement pour dîner et passer la nuit.
La nuit à Tin Merzouga.
Un coléoptère, il me semble Adesmia biskrensis ? La couleur bleue de cette espèce serait due à un enduit qu’elle sécrète et qui la protège des fortes chaleurs.
► 30 décembre 2024 :
• En nous réveillons, nous observons un lever du soleil doré sans nuage, mais il est quand même moins impressionnant qu’un coucher de soleil rouge. Après le petit-déjeuner, nous rangeons nos affaires puis partons à pied. Moustapha finit de ranger le camp et nous rejoindra en 4x4.
Lever de soleil à Tin Merzgoua.
Hier, nous sommes montés sur la partie centrale de cette dune linéaire en forme de croissant (une barkhane, il me semble).
Dunes de Tin Merzouga.
Coloquinte vraie, un cucurbitacée du désert dont la chair très amère est utilisée comme laxatif.
• Nous arrivons à pied à un îlot de verdure au milieu du sable orange.
Îlot de verdure, Tin Merzouga.
• Moustapha nous y rejoint et nous partons en 4x4 jusqu’au rocher de la coupe du monde, un monolithe de grès qui attire beaucoup de visiteurs pour sa forme rappelant la coupe du monde de football.
Rocher de la coupe du monde et ses visiteurs.
• Nous quittons les lieux avant les autres groupes pour aller voir une série de peintures rupestres dessinée sur les parois de la grotte Essirek : girafes, vaches bicolores ou monochromes, humains, dromadaire. Là aussi nous croisons deux petits groupes.
Peintures rupestres de la grotte Essirek : girafes, vaches bicolores ou monochromes, humains, dromadaire.
• Nous faisons un crochet pour nous rendre au pied d’une dune, afin de laisser passer les groupes. Nous montons observer la vue.
Tin Merzouga.
• Puis nous reprenons notre itinéraire direction la région de Bouhadian et passons par deux arches, puis un canyon où nous croisons à nouveau quelques groupes de touristes.
Arches rocheuses, Bouhadian.
Canyon, Bouhadian.
• Direction de nouvelles peintures rupestres : des humains coiffés de couvre-chefs à cornes, d’autres qui dansent ou brandissent lance et bouclier, des antilopes et des vaches.
Peintures rupestres : humains coiffés de couvre-chefs à cornes, humains qui dansent ou brandissent lance et bouclier, antilopes et vaches.
• La dernière visite de la matinée se fait dans une petite guelta. Nous retrouvons de vieilles inscriptions en tifinagh ancien indiquant la présence d’eau et nous constatons également la présence d’une gravure de girafe.
Guelta et gravure de girafe.
• Puis il est temps de trouver un coin pour manger, toujours dans la région de Bouhadian. Nous nous arrêtons au pied d’une grande falaise que nous escaladons pendant que Moustapha cuisine.
Bouhadian.
Chakchouka du désert pour ce midi.
• Après manger, nous continuons d’arpenter la région jusqu’à atteindre d’autres arches.
Arche, Bouhadian.
Bouhadian.
• Puis nous arrivons dans une nouvelle région nommée Ouan Zaouten qui comporte un ensemble de dunes orangées. La façon dont le vent les a modelées est superbe. Il me semble que cette forme de dune pyramidale se nomme ghourd.
Dunes de Ouan Zaouten.
• Au pied des dunes, le sol est blanc et craquelé ; il a plu il y a quelques mois, ce qui avait formé une cuvette d’eau qui s’est ensuite évaporée. Nous observons également deux monolithes plantés à quelques mètres l’un de l’autre au bord de cette ancienne cuvette.
Monolithes, Ouan Zaouten.
• Nous allons ensuite voir une autre série de gravures et peintures rupestres : vaches dont une avec un collier, antilopes, rhinocéros et humains.
Peintures rupestres : vaches, antilopes, rhinocéros et humains.
• Initialement, nous devions passer la nuit dans les dunes de Ouan Zaouten. Mais Moustapha nous propose d’aller dans un coin qui sera plus tranquille : l’oued Intabourak. Nous acceptons, ça nous fait un nouvel endroit à découvrir ! Nous installons notre campement, allons explorer l’oued et passons la soirée là-bas. La nuit, nous entendons les chacals hurler autour de nous.
Oued Intabourak, Ouan Zaouten.
Ce soir, chorba frik et couscous au menu.
Comme presque toutes les nuits, le ciel étoilé est magnifique.
► 31 décembre 2024 :
• Après le petit déjeuner, nous rangeons nos affaires et partons vers la vallée In Djaren dans laquelle nous allons voir un certain nombre de peintures et gravures rupestres.
Oued Intabourak, Ouan Zaouten.
• Nous arrivons à une paroi de roche sur laquelle ont été gravés 8 types de poissons.
Gravures rupestres : poissons.
• Puis nous nous rendons à d’autres gravures au pied d’une formation rocheuse où nous observons des éléphants. Le style de dessin est très différent d’une gravure à l’autre, autant la première est réaliste, autant la seconde semble avoir été faite par un enfant (ou quelqu’un qui dessine moins bien).
Gravures rupestres : éléphants.
• Nous nous rendons ensuite à une autre paroi gravée : plusieurs styles de vaches et buffles.
Gravures rupestres : vaches et buffles.
• Sur le chemin vers le spot suivant, nous remarquons des empreintes de pas de deux guépards qui ont couru côte à côte. Des guépards vivent effectivement dans le sud de l’Algérie mais ils sont peu nombreux et ne se montrent que très rarement aux humains.
Empreintes de deux guépards.
• Puis nous arrivons devant une autre gravure rupestre, ici des girafes, un humain avec une lance et un bovin, accompagnés d’écritures beaucoup plus récentes en tifinagh ancien et en arabe.
Gravure rupestre : girafes, humain et bovin.
• Nous continuons vers d’autres gravures rupestres réalisées sur les parois d’une cavité : des éléphants dont le style ressemble fortement à un de ceux vu plus tôt, et une sorte de buffle.
Gravures rupestres : troupeau d’éléphants et buffle.
• Direction la gravure suivante : trois girafes.
Gravures rupestres : girafes.
• Puis nous arrivons devant le canyon Tin Abaden dans lequel nous entrons à pied.
Canyon Tin Abaden.
Entrée du canyon Tin Abaden avec un buisson de Solenostemma arghel (Aghellachem en touareg), une plante utilisée pour ses propriétés antiseptiques sur les plaies ou l’eau non traitée, et pour traiter les douleurs d’estomac.
Canyon Tin Abaden, gravure d’âne.
• Nous continuons en allant voir des peintures rupestres : vaches et antilopes bicolores.
Peintures rupestres : vaches et antilopes bicolores.
• Nous nous arrêtons pour déjeuner au canyon Tissatka. Nous commençons par son exploration, puis sortons et prenons de la hauteur en grimpant sur un de ses rebords.
Canyon Tissatka.
• Après la pause, nous repartons en 4x4 vers d’autres peintures rupestres. Dans un abri rocheux, nous pouvons observer des peintures représentant des troupeaux de vaches et brebis blanches et bicolores.
Peintures rupestres : vaches et brebis.
• Ensuite, nous allons voir des peintures représentant une girafe couchée, des vaches bicolores alignées, ainsi qu’une vache avec un humain. Devant les parois, nous remarquons un rocher qui a été creusé par les humains à force de meuler des pierres dessus.
Peintures rupestres : girafe couchée, vaches et humain + ancienne meule.
• Après avoir passé un barrage militaire (au-delà duquel certains groupes sans autorisation n’ont pas plus aller), nous traversons ensuite les dunes d’Adjalati, des dunes et roches couvertes de sable et pierres noirs. Lorsqu’il y a une tempête, le sable noir se répand sur le sol et intensifie la couleur sombre des dunes. Mais, le contraste entre le sable noir et le sable jaune comme ce que nous voyons est aussi très joli.
Dunes d’Adjalati.
• Nous devions initialement passer la nuit aux dunes d’Adjalati, mais nous avons croisé un certain nombre de 4x4. Suite à la proposition de Moustapha, nous décidons de quitter Adjalati, nous rapprocher de Djanet et explorer une nouvelle zone en fin d’après-midi. Le lendemain, nous aurons également moins de kilomètres à rouler pour rentrer, et donc plus de temps pour d’autres visites. Ainsi, notre destination est la région d’Adjiri, comme le premier jour, et plus précisément l’oued Arrikine dans lequel nous posons notre campement. L’oued est rempli de buissons fleuris et d’arbre et nous parvenons à voir plusieurs animaux : perdrix gambra, cratérope fauve, traquet à tête blanche, fennec, daman des rochers, dromadaire.
Oued Arrikine, plusieurs calotropis.
Perdrix gambra.
Oued Arrikine, acacia.
Oued Arrikine, asteriscus.
Oued Arrikine, fleurs de calotropis.
Oued Arrikine.
• Nous sommes les seuls dans le coin, et à en croire l’ancienneté des traces de roues, cela fait plusieurs jours que personne n’est passé. C’est ici que nous passons notre dernière nuit de bivouac, mais également la dernière nuit de 2024 !
Le dernier bivouac.
Mante mendiante (Blepharopsis mendica).
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— Suite et fin dans le message suivant —






































































































































































































































































































