Bonjour ! ![]()
Voici un retour de mon voyage en Tunisie du 17 avril 2025 au 25 avril 2025. Nous étions 4 : mon mari (33 ans), ses parents (59 et 65 ans) et moi (29 ans).
Au programme :
- Vol pour Tunis ;
- Départ de l’aéroport de Tunis en voiture ;
- Kairouan (2 nuits / 1 jour) ;
- Tataouine, Médenine et leurs alentours (2 nuits / 2 jours) ;
- Dépôt de la voiture à l’aéroport de Djerba puis vol Djerba → Tunis ;
- Tunis, dont Carthage et Sidi Bou Saïd (4 nuits / 4 jours et demi) ;
- Vol retour en France ;
Itinéraire en Tunisie.
► MODALITÉS ◄
ENTRÉE EN TUNISIE
Pour entrer en Tunisie, les français doivent être en possession d’un passeport d’une validité minimale de 3 mois. Aucun visa n’est requis pour un séjour de moins de 3 mois.
Plus d’informations sur France-Diplomatie : Tunisie - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
COMMUNICATION
Je parle français, tandis que mon mari et ses parents, dont l’Algérie est le pays de naissance, parlent français, arabe et berbère. Donc forcément, nous n’avons eu aucun problème de communication.
Les tunisiens, dans les grandes villes et les lieux touristiques, parlent très bien français.
Beaucoup de panneaux et inscriptions sont bilingues arabe/français.
Pour le téléphone, étant hors Europe, il faut acheter une carte sim, une carte e-sim ou disposer d’un forfait avec des options internationales. C’est facile de se procurer une carte sim dans un magasin de téléphonie mobile ou dans un commerce de détail. Il y a des magasins de téléphonie dans le hall des aéroports (Ooredoo, Orange…).
Mon mari et moi avons des forfaits Free 5G qui nous donnent des données mobiles dans plusieurs pays dont la Tunisie. Nous n’avons donc pas eu besoin d’acheter une carte sim.
MONNAIE
Beaucoup de choses se paient en espèces, en dinars tunisiens (DT) : commerces, restaurants, hôtels, stations services, entrée dans des monuments, etc. Les cartes bancaires sont utilisées dans les restaurants et hôtels de standing ou pour touristes occidentaux, ou pour payer des cautions.
Pour se procurer des dinars tunisiens, le mieux est de prendre des billets en euros pour les échanger en Tunisie dans des bureaux de change. Etonnamment, les bureaux de changes de l’aéroport de Tunis proposaient des prix plus avantageux que ceux situés en ville quand nous y étions.
Il est aussi possible de retirer des dinars tunisiens dans un distributeur à billets mais attention aux frais de la banque tunisienne et de votre banque. Pour éviter les frais lors d’un retrait, il faut avoir une option internationale sur sa carte bancaire + retirer auprès d’une banque tunisienne partenaire de votre banque.
LOGEMENTS
Comme pour d’autres destinations, on peut réserver des logements (hôtels, hostels, appartements, dars utilisés comme maisons d’hôtes à l’instar des riads au Maroc) en ligne, par exemple sur Booking.
Pour les paiements, on trouve aussi bien des logements acceptant le paiement à l’avance en ligne que des logements demandant à être payés sur place.
GUIDE / AGENCE DE VOYAGE ?
La Tunisie est un pays très touristique. Il n’est pas difficile de visiter en autonomie, sans guide. On peut se déplacer en transport en commun ou à l’aide d’une voiture de location.
Les grandes villes du nord du pays (Tunis, Bizerte, Hammamet, Sousse, Mahdia, Sfax, Nabeul, Monastir, Gabès, Kairounan, etc + Djerba) sont faciles à découvrir sans voiture. D’ailleurs, une voiture de location me semble très encombrante à garer dans une ville très active comme Tunis. D’une ville à l’autre, il est possible de se déplacer en train, autocar ou louage.
Toutefois, les régions plus rurales et plus désertiques (Tataouine, Tozeur, Douz, etc) nécessitent une voiture pour se déplacer d’un village ou point d’intérêt à l’autre. Il est facile de se diriger avec Google Maps ou autre GPS. Si vous n’avez pas prévu de conduire une voiture par vous-même(s), un guide, un chauffeur ou une excursion organisée peuvent alors être nécessaires pour visiter ces régions qui nécessitent d’être véhiculé.
SE DÉPLACER
○ En ville : Dans les grandes villes, vous pourrez vous déplacer en taxi. Deux possibilités : héler un taxi et négocier la course avec lui (c’est rare que le compteur soit activé, je crois que cela nous est arrivés une fois à Kairouan) ou passer par l’application inDrive (que des taxis agréés sur inDrive en Tunisie). inDrive ressemble à Uber avec un prix directement proposé pour une course donnée, mais il est aussi possible de modifier ce prix à la hausse ou à la baisse avant de valider avec le chauffeur de taxi. C’est très pratique et rapide. Le paiement se fait à l’arrivée, en espèces.
En ville, vous pouvez aussi vous déplacer en bus de ville… Spécifiquement à Tunis, vous avez le métro et le train de banlieue TGM qui passe par La Goulette, Carthage et Marsa, mais nous n’avons testé aucun transport en commun.
○ Entre deux villes : Vous avez plusieurs possibilités : en avion, en train (surtout dans le nord du pays avec la SNCFT http://www.sncft.com.tn/), en autocar (compagnie nationale SNTRI https://sntri.com.tn/ et d’autres compagnies régionales) et en louage, qui est un taxi collectif qui part quand il est plein. S’il est totalement possible de réserver son ticket de train ou d’autocar en ligne, un louage ne se réserve pas.
○ En voiture ? Comme expliqué plus haut, nous avons opté pour la voiture, notamment parce que nous avons décidé de visiter les régions de Tataouine et Médenine. Louer une voiture nous a aussi permis d’être plus flexibles dans notre petit séjour et de gagner du temps.
Nous avons choisi l’agence de location One Rent Car https://www.one-rent-car.com/ qui dispose de plusieurs antennes dans différents aéroports. En plus d’être moins chère que d’autres compagnies disponibles à l’aéroport de Tunis, elle a de très bonnes notes et permet de ramener la voiture dans une autre antenne située à l’aéroport de Djerba, tôt le matin (6h30) qui plus est ! Nous avons payé 228 € pour 5 jours assurance comprise. Nous avons payé la location en espèces et la caution en carte bancaire. Tout s’est bien passé.
Nous avons conduit de l’aéroport Tunis à Kairouan, puis de Kairouan à Tataouine où nous avons rayonné avant de ramener la voiture à l’aéroport de Djerba (= aéroport le plus proche de Tataouine) pour reprendre l’avion vers Tunis. Nous avons évité de conduire dans Tunis, qui ne nécessite pas de voiture pour être visitée. Autant à Tunis et son périphérique, il faut faire attention car il y a beaucoup de monde et les gens ne respectent pas trop le code de la route, autant quand on en sort qu’on descend vers le sud c’est beaucoup plus calme ! Les routes sont en bon état, et le GPS fonctionne bien. J’ai trouvé la conduite simple.
TENUE VESTIMENTAIRE
Il n’y a pas spécialement de tenue vestimentaire à suivre en Tunisie. Je dirais juste d’éviter les tenues trop échancrées (décolletés importants, jupes/short très courts) et de penser à prendre de quoi se protéger du soleil. A Tunis et dans les grandes villes de manière générale, on croise beaucoup de femmes habillées à “l’occidentale”. Les tenues sont un peu plus couvrantes dans le sud plus rural.
Les personnes souhaitant visiter les mosquées doivent porter des tenues plus couvrantes : épaules et jambes couvertes pour les hommes comme pour les femmes, et cheveux couverts pour les femmes. Les grandes mosquées prêtent des tenues pour les personnes qui n’auraient pas de quoi se couvrir et il est facile d’acheter des foulards et voiles dans des boutiques.
MÉTÉO
Voici un site plutôt complet donnant des données météorologiques sur les pays, régions et villes du monde : Quand partir en Tunisie ? Climat, Température, Météo, Saisons… | Où et Quand
REPAS
Les villes tunisiennes disposent de restaurants de cuisine traditionnelle, même s’il m’a semblé qu’il y en avait moins qu’au Maroc. Certains restaurants sont orientés vers les touristes ; ils sont généralement un peu plus cher. Mais il est aussi possible de goûter d’excellents plats à petits prix dans des petits restaurants de quartier. Ils ne sont pas toujours indiqués sur Google Maps ou Tripadvisor, mais vous les trouverez en vous baladant dans les médinas, notamment celle de Tunis. Toujours dans les médinas, il y a aussi beaucoup de street food. Et dans les villes plus petites, il y a moins de restaurants de cuisine traditionnelle et davantage de restaurants de grillades très familiaux.
Au restaurant, des petits apéritifs à base de harissa, olives et huile d’olive sont généralement offerts. Et nous sommes tombés que sur des restaurateurs arrangeants qui ont pu s’adapter aux restrictions alimentaires de ma belle-mère : sans sel, sans huile, sans piment, etc. Il ne faut pas hésiter à demander !
Nous avons payé entre 40-45 DT/pers pour un plat et une boisson dans des restaurants traditionnels de Tunis. La note est plus faible quand on sort de la capitale et nous avons pu manger jusqu’à un minimum de 15 DT/pers à Tataouine.
Quelques bons restaurants : Bab Tounès et Dar Belhadj à Tunis, El Barkoun à Carthage, Sultan et Dar Abderrahman Zarrouk à Kairouan, Dar El Hout à Médenine, Dar Guermassa à Tataouine…
Il est possible d’acheter de l’alcool en Tunisie dans certains supermarchés comme Monoprix. Dans les supermarchés, les rayons d’alcool sont séparés des autres rayons. On peut aussi consommer de l’alcool dans des bars et boîtes de nuit, mais c’est très mal vu de boire en public.
Quelques plats tunisiens mangés durant le voyage.
► LE VOYAGE ◄
► JOUR 1 :
→ Vol Toulouse > Tunis le 17 avril 2025, départ de Toulouse à 09h50, arrivée à Tunis à 10h45.
Prix : 355 €/pers (vol multi-destinations) avec Nouvelair, réservé 1 mois à l’avance (
).
• Arrivés à l’aéroport de Tunis, nous attendons mes beaux-parents pour pouvoir partir en direction de Kairouan. C’est l’occasion de récupérer la voiture de location auprès de l’agence One Rent Car. Côté carte sim, c’est bon pour nous car nous avons le forfait Free 5G nous permettant d’avoir des données mobiles à Tunisie.
Je ne détaille pas tout comme j’en ai l’habitude car cela compliquerait le retour que j’ai envie de vous faire. Mais en gros, nous partons vers 17h en direction de Kairouan. Depuis l’aéroport de Tunis, nous avons 167 km pour 02h05 de route. Le périph’ de Tunis est assez fréquenté et il faut vraiment faire attention à la conduite des autres usagers. Puis, la conduite devient beaucoup plus calme à mesure que l’on s’éloigne de l’agitation. Nous arrivons en soirée à Kairouan.
Sans louer de voiture de location, il existe des lignes d’autocar directes Tunis Sud ↔ Kairouan en environ 3h, proposées par la SNTRI pour 11,9 DT soit 3,5 €.
KAIROUAN 
Première ville sainte musulmane du Maghreb et considérée comme quatrième ville sainte musulmane sunnite, Kairouan est la capitale spirituelle de la Tunisie. Fondée par le conquérant Oqba Ibn Nafi al-Fihri vers 662-670, elle a été un important centre pour la diffusion de l’islam et de la langue arabe au Maghreb. Cette ville d’environ 140 000 habitants conserve encore aujourd’hui une place particulière pour les musulmans de la région. Pour sa médina, ses mosquées et ses souks classés en corporations comme au Moyen-Orient, Kairouan est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988. Elle est aussi réputée pour ses tapis et ses makrouds.
→ Le logement choisi : Résidence Lyne, réservé sur Booking et payé sur place via Paypal (152,60 € pour 4 pendant 2 nuits, soit 19 €/nuit/pers). C’est un appartement de location de vacances situé à 12 min à pied (850 m) de la porte la plus proche de la médina (Bab el Jaladine). Il a été facile de se garer dans sa rue.
► JOUR 2 :
• Début de la visite de Kairouan à pied. Nous entrons dans la médina de Kairouan, entourée de remparts érigés pour les premiers dès 762.
Porte “Bab El Jaladine”.
• Notre première étape est le mausolée Sidi Abid el Ghariani. C’est une zaouïa (= édifice religieux musulman d’une tariqa ou confrérie soufie) construite durant la seconde moitié du XIVe siècle par le jurisconsulte kairouanais Al-Jadidi et son disciple Abou Samir Abid el Ghariani qui y est enterré. Une école coranique était également présente. L’architecture ifriqiyenne (Constantinois - Tunisie - Tripolitaine) reprend des influences ottomanes, andalouses, italiennes et marocaines. L’entrée est gratuite.
Mausolée Sidi Abid el Ghariani.
• Puis nous nous rendons à deux pas d’ici dans la maison du Bey. Il s’agit d’une ancienne maison de Bey (gouverneur), datant du XVIIIe siècle, qui a été transformée en un grand magasin de tapis dans un décor d’époque rénové. L’entrée est gratuite et les propriétaires font faire la visite gratuitement. Il est possible d’acheter des tapis et de les faire livrer à l’étranger, mais ce n’est pas obligatoire pour visiter gratuitement. La visite est plutôt sympa dans cet intérieur richement décoré.
Maison du Bey.
• Nous remontons ensuite les ruelles de la médina. Les portes et les fenêtres bleues ressortent au milieu des murs sont peints en blanc. L’ambiance est très calme, nous croisons des habitants mais pas de touristes.
Médina de Kairouan.
• Notre promenade nous amène devant la mosquée des Trois Portes. Cette mosquée a été érigée en 866 puis un minaret a été ajouté vers 1440. Elle possède la plus ancienne façade sculptée et décorée du monde islamique avec trois bandeaux ornés de calligraphie kufique et un bandeau à motifs floraux. Il n’est pas possible d’entrer.
Mosquée des Trois Portes.
• Puis nous traversons la médina jusqu’à la mosquée Oqba Ibn Nafi ou grande mosquée de Kairouan. Elle a été construite en 670 par Oqba Ibn Nafi al-Fihri - célèbre pour avoir mené la conquête du Maghreb - puis elle est agrandie au IXe siècle par la dynastie des Aghlabides. L’édifice est considéré par l’UNESCO comme un chef d’œuvre universel d’architecture et a eu un rôle majeur dans l’islamisation du Maghreb et de l’Espagne (Al-Andalus) et dans la diffusion du courant sunnite malikite. C’est évidemment un incontournable à visiter à Kairouan. Ses colonnes ont la particularité de provenir d’anciens sites romains ou puniques, comme Carthage.
L’entrée est gratuite. Il faut couvrir ses cheveux pour les femmes ainsi que ses épaules et jambes, mais des tenues sont prêtées gratuitement à l’entrée.
Mosquée Oqba Ibn Nafi.
• En sortant de la mosquée, nous faisons le tour puis montons sur le toit de magasins pour profiter de vues panoramiques.
Rues bordant la mosquée Oqba Ibn Nafi.
Une vue depuis le toit d’un magasin de la rue (Kairouan Tapis).
Une vue depuis le toit d’un autre magasin (Tapis Okba).
Une vue sur de jolis dômes, régulièrement repeints, depuis les escaliers du restaurant El Brija, au coin nord des remparts de la médina (pas besoin d’entrer dans le restaurant).
• Nous repartons nous balader dans les rues en passant par Bir Barrouta, un puit creusé en 796 permettant l’approvisionnement des Kairouanais en eau. La légende voudrait qu’il soit directement relié à La Mecque. De nos jours, il est célèbre pour sa noria (roue d’irrigation) actionnée par un dromadaire qui assure l’alimentation en eau. Le puits était malheureusement fermé en avril 2025 pour rénovation mais a réouvert depuis. Quelques photos du lieu : ici. L’entrée est gratuite.
• Nous allons ensuite déjeuner dans un restaurant de la médina. Ensuite, nous nous dirigeons vers la mosquée du Barbier ou mausolée de Sidi Sahab. Il s’agit d’une zaouïa érigée au XIIIe siècle hors des remparts de la médina, qui abrite le tombeau de Abou Zamaa el-Balaoui, dit Sidi Sahab, un compagnon du prophète Mohamed, mort en 654. Il aurait conservé trois poils de la barbe de Mohamed d’où le surnom de Barbier. L’édifice est rénové au XVIIe siècle en plus de la construction d’une médersa et d’un minaret.
L’entrée est gratuite et la visite vaut vraiment le coup car cette zaouïa est très joliment décorée.
Mosquée du Barbier.
• Nous partons ensuite à pied jusqu’aux bassins des Aghlabides (1 km, 15 min). Il s’agit de 4 bassins permettant d’alimenter Kairouan en eau édifiés entre 860 et 862. Les deux petits bassins permettent la décantation et retiennent les déchets, tandis que les deux grands stockage pour un total de 68 000 m3. Ils sont, de ce fait, considérés comme des ouvrages hydrauliques très importants de l’histoire du monde musulman.
De nos jours, ces bassins, très bien préservés, sont accessibles gratuitement. Malheureusement, il n’y a pas grand chose à faire autour, si ce n’est se balader. La zone gagnerait selon moi à être davantage aménagée et entretenue comme un parc : au moins des panneaux informatifs et un sol entretenu, mais des arbres, bancs, tables, voire des jeux pour enfants pourraient être conviviaux sur ce “terrain vague”.
Bassins des Aghlabides.
• Puis nous prenons un taxi pour retourner à l’entrée de la médina. Nous payons 5 DT pour retourner vers l’entrée nord-ouest Bab Tounès.
Nous reprenons notre balade dans la médina et traversons ses différents souks. Datant des XVII et XVIIIe siècles, ces souks sont découpés par spécialité : souk El Birka (bijoux), souk El Attarine (parfums), souk El Warrakine (papiers et libraires), souk El Zazzajine (verre), souk El Sarrajine (montures de chevaux), souk El Nahassine (cuivre), souk El Zarbia (tapis), souk El Blaghjia (cuir).
Médina de Kairouan et souks.
• Retour à notre logement et nous dînons le soir en ville, hors de la médina.
► JOUR 3 :
• Nous partons le matin en voiture en direction de Tataouine après le petit-déjeuner. La route est longue et nous prévoyons un arrêt à Médenine pour déjeuner et visiter ses ksour. Nous mettons environ 3h40 pour parcourir les 307 km qui séparent Kairouan de Médenine.
Sans louer de voiture de location, il existe des lignes d’autocar directes Kairouan ↔ Médenine en environ 4h30, proposées par la SNTRI pour 19,6 DT soit 5,8 €. Il y a aussi une ligne directe Kairouan ↔ Tataouine en environ 4h30 proposée par la SNTRI pour 23,7 DT soit 7 €.
MÉDENINE ET ENVIRONS 
Médenine est une ville d’environ 71 000 habitants, carrefour historique pour les marchands en Afrique du Nord. Elle est connue pour avoir été composée d’un maximum de 35 ksour de plaine (= greniers et habitations) et 6000 ghorfas (= cellules composant les ksour) construits entre les XVII et XIXe siècles pour les derniers. Ayant initialement une vocation de stockage pour les populations nomades, ces ksour ont constitué une véritable agglomération urbaine ksourienne, devenue la plus étendue de Tunisie. La ville est également célèbre pour avoir été un des lieux de tournages de “Star Wars I : La menace fantôme”, notamment de la ville de Mos Espa sur la planète Tatooine.
• Nous déjeunons puis nous allons visiter les ksour de Médenine. Ils ne sont plus aussi nombreux qu’au XIXe siècle, la majorité ayant été rasée au XXe siècle pour construire une ville plus moderne. Il subsiste quelques centaines de ghorfas réparties dans 3 ksour mitoyens qui ont été restaurés il y a environ 15 ans : ksar Ouled Brahim, ksar Ommarsia et ksar Lobbeira.
• Nous garons notre voiture dans la rue puis nous commençons avec le plus grand des ksour : ksar Ouled Brahim. Ce ksar est composé de 140 ghorfas sur 2 à 3 étages organisés autour d’une place carrée accessible par 2 portes. A priori, la plupart des rez-de-chaussées sont utilisés, soit pour du stockage, soit pour des commerces, comme l’atteste certains panneaux posés sur les portes (et comme on peut le voir sur cette photo de 2005). Mais quand nous sommes venus, le lieu était presque désert. Peut-être est-ce plus animé en haute saison ? Ou peut-être que le lieu a été délaissé par les touristes depuis 2014 ? C’est vraiment dommage car ce sont de superbes édifices à l’architecture si particulière illustrant la vie aux XVII -XIXe siècles. Ils méritent d’être davantage visités et mieux entretenus. L’entrée dans ce ksar est gratuite.
Ksar Ouled Brahim.
• Puis nous passons par la porte nord et entrons dans le ksar Ommarsia, qui est adossé au ksar Ouled Brahim. Un peu plus petit, il ne contient plus qu’environ 120 ghorfas sur 2 à 3 étages, le reste ayant été démoli. Même constat quant à l’état et la fréquentation de ce ksar. L’entrée est gratuite.
Ksar Ommarsia.
• Puis nous prenons la première porte sur la droite et entrons dans le ksar Lobbeira. Ce ksar ne compte plus qu’environ 130 ghorfas majoritairement sur 3 étages, le reste ayant été démoli pour construire un théâtre en plein air. Il abrite le musée des coutumes et des traditions de Médenine, et c’est probablement pour cela qu’il est en meilleur état que les 2 précédents. L’extérieur du ksar est décoré de plantes et plusieurs ghorfas ont été aménagées pour reproduire des scènes de la vie de tous les jours des kairouanais et berbères tunisiens à l’aide d’anciens objets, outils et mannequins. C’est une sorte de petit musée ethnographique régional comme il en existe en Europe. Le monsieur qui s’occupe du musée propose des visites guidées qui permettent de découvrir l’histoire de la ville, l’organisation des ksour et des ghorfas, les traditions berbères. La visite coûte 3 DT/personne (c’est le seul ksar payant de Médenine).
Ksar Lobbeira et musée des coutumes et des traditions de Médenine.
• Après la visite des trois ksour nous reprenons la route en voiture direction Tataouine. Deuxième arrêt sur le chemin, cette fois-ci au village Ksar Hadada (ou Hedada, Hdada) à 36 km de Médenine (38 min en voiture). Il s’agit d’un village d’environ 1200 habitants, situé à quelques kilomètres de Ghomrassen, dans le gouvernorat de Tataouine.
Nous sommes venus visiter son ksar dont il porte le nom, composé de plusieurs centaines de ghorfas sur 2 à 3 étages. Ce ksar a été construit au XVIIIe siècle et était encore utilisé traditionnellement jusque dans les années 1960. Ensuite, il a été racheté, aménagé comme hôtel dès 1967 et utilisé comme décor à la ville de Mos Espa sur la planète Tatooine dans “Star Wars I : La menace fantôme” en 1997.
La visite de ce ksar coûte 2 DT/personne. Il a été complètement rénové, mais des libertés ont été prises, et il est entretenu à des fins touristiques. On peut dormir sur place et il y a également un restaurant ouvert à l’intérieur.
Ksar Hadada.
• A Ghomrassen, cela peut aussi être l’occasion d’aller voir quelques sites de peintures rupestres datant du néolithique. Il y en a trois : dans le quartier Insefri, dans le quartier Chaabet El Maarek et dans le quartier de Taguet Hamed (plus d’informations ici). Nous ne sommes pas allés les voir par manque de temps, mais aussi parce que nous avions déjà dédié un voyage à cela en décembre en Algérie : Carnet de voyage : Bivouac dans la Tadrart Rouge (Djanet) pendant 6 jours + un peu de Kabylie…
Je crois que ces peintures ne sont pas en très bon état, mais cela peut tout de même valoir le coup d’aller les observer si jamais c’est quelque chose que vous n’avez jamais fait !
• Nous terminons notre périple en rejoignant Tataouine, située à 30 km (35 min en voiture) de Ksar Hadada en fin d’après-midi. La conduite s’est très bien passée, avec des routes en très bon état et une circulation calme.
TATAOUINE ET ENVIRONS 
Tataouine est une ville d’environ 67 000 habitants, connue comme la « porte du désert ». Sa région est occupée dès le néolithique comme en attestent certains vestiges comme ceux de Ghomrassen cités plus haut. Des vestiges puniques et romains sont également retrouvés comme à Gigthis. Après avoir été un relais sur la route des caravanes, Tataouine est de nos jours un carrefour pour les visites touristiques dans le sud de la Tunisie du fait de sa place centrale entourée de villages berbères et de ksour. Elle est également célèbre pour avoir donné son nom à la planète Tatooine dans Star Wars, bien qu’aucune scène n’y ait été tournée. Et pour cause, ce n’est pas à Tataouine même que les ksour sont situés, mais dans des villages aux alentours. Il est donc intéressant de loger à Tataouine pour ensuite rayonner en voiture dans sa région, tout en profitant de son petit souk traditionnel.
Tataouine, Médenine et environs.
→ Le logement choisi : Diyar LîLâ Selma, réservé sur Booking et payé sur place en espèces (139,60 € pour 4 pendant 2 nuits, soit 17,5 €/nuit/pers). C’est un appartement de location de vacances situé dans le nord de Tataouine. Il est doté d’une place de parking, mais il semble assez facile de se garer à Tataouine, hors centre-ville. Nous avons préféré choisir un logement un peu excentré où nous avons pu garer facilement notre voiture de location, et nous avons pris le taxi quand nous nous sommes rendus au centre (souk, restaurants).
► JOUR 4 :
• Aujourd’hui, l’objectif est de parcourir la région de Tataouine à la découverte de plusieurs villages du coin. Nous partons en direction du Ksar Ouled Debbab, situé dans le village du même nom, à 11 km de Tataouine (16 minutes en voiture). Nous nous garons sur le grand parking devant.
Ce ksar du XVIIIe siècle, composé d’environ 400 ghorfas de 1 à 2 étages, a été grandement modifié pour intégrer un hôtel, un restaurant, un café et un centre d’artisanat. Parmi les modifications, nous pouvons noter l’ajout de portes, de murs, de bâtiments, des modifications au niveau des couleurs… et de statues de dinosaures, qui dénaturent le lieu.
Le ksar n’est pas accessible au public, il faut payer une nuit d’hôtel pour pouvoir entrer. Le café qui a été construit adossé au ksar est le seul lieu accessible, mais son intérêt semble limité puisque l’on ne voit pas les ghorfas, et il était fermé quand nous sommes passés (matinée). Bref, déçus de ce patrimoine historique privatisé et modifié.
Ksar Ouled Debbab.
Vue depuis le Ksar Ouled Debbab.
• Nous prenons ensuite la direction de Douiret, un village berbère situé à 13 km de Ksar Ouled Debbab (16 minutes en voiture), et à 23 km de Tataouine. Il est composé d’une partie récente peuplée par 880 habitants et d’une partie ancienne (appelée Douiret ancien) constituée d’un ksar de montagne ou kalâa (= citadelle) surplombant des habitations troglodytiques creusées dans les collines. Cette position stratégique permet à la fois de stocker des denrées et des objets, et de se réfugier en cas d’attaque. Cette partie ancienne est abandonnée depuis 1974, alors qu’elle était habitée par environ 3500 personnes dans les années 1850. A cette époque, Douiret était un relais pour les caravanes. De nos jours, il est possible d’y trouver quelques logements touristiques ainsi qu’un restaurant, au milieu d’habitations en ruines dans lesquelles il est possible d’entrer. Le lieu est très calme, comme figé dans le temps. Prenez le temps de vous balader, si vous le souhaitez, pour découvrir l’architecture de ces maisons troglodytes, les anciennes gravures que l’on peut voir à leurs murs (comme ici et ici), l’ancienne mosquée Ennakhla, d’anciennes portes et outils comme des meules, etc. La visite est gratuite (accès libre) et il est possible de se garer sur un petit parking en bas de la colline.
Vue en arrivant sur le village de Douiret ancien et la mosquée Ennakhla.
Vestiges du village de Douiret ancien.
• Après Douiret direction Chenini en voiture, soit environ 32 km (34 minutes en voiture) car par la route, il faut contourner le massif et repasser par Ksar Ouled Debbab. Il est aussi de relier Douiret et Chenini en marchant. La randonnée fait 7-8 km pour environ 250 mètres de dénivelé (exemple de trace GPS ici), ce qui fait une durée de marche de 2 à 4 heures.
• Nous arrivons donc à Chenini. Comme Douiret, Chenini est composée d’une partie récente datant des années 1960 (Chenini Nouvelle) et d’une partie ancienne que nous sommes venus visiter (Ksar Chenini ou Chenini Ancienne) : un village berbère construit sur le haut d’une colline à 500 mètres d’altitude et surplombé par une kalâa. Les plus anciennes constructions encore présentes datent du XIIe siècle. Contrairement au ksar de Douiret, le ksar de Chenini est encore un peu habité, notamment sa partie basse, bien que la plupart de ses habitants soient partis. Autre différence avec Douiret, c’est sa fréquentation par les touristes. Nous arrivons à nous garer sur un parking en bas du ksar, mais rapidement des autocars de tours organisés et des vans conduits par des guides pour des groupes plus petits arrivent. Cela ne nous a pas dérangé, mais c’est vrai que cela peut créer des ralentissements dans les ruelles du village. Nous notons également, en plus des logements troglodytes de vacances et d’un restaurant, la présence de boutiques de souvenirs. En tous cas, la visite est gratuite (accès libre). Le ksar est petit et en forme d’arc de cercle, donc facile à explorer (plus même que Douiret). Nous commençons par monter jusqu’à la mosquée blanche que l’on voit depuis le bas, puis nous nous baladons sur les crètes du village. Nous y passons environ 1 heure.
Village ancien de Chenini.
• Avant de repartir, petit crochet à la mosquée des Sept dormants, située à 2 km du vieux village de Chenini. Cette petite mosquée troglodyte blanche du XIIIe siècle au minaret penché est l’objet de plusieurs légendes. La première légende est directement tirée du récit chrétien des Sept dormants d’Éphèse et du récit musulman des Gens de la caverne (qui sont liés). Elle raconte qu’avant sa construction, un groupe de 7 croyants se seraient réfugiés dans la grotte située à son emplacement pour fuir des persécutions liées à leur foi. Ils s’y seraient endormis pendant des siècles pour se réveiller à une période plus clémente où les habitants avaient adopté leur foi. Cette légende a donné son nom à la mosquée, mais on la retrouve aussi dans d’autres régions de Tunisie et en Algérie, en Turquie, en Jordanie, en Espagne… Une autre légende dit qu’il existerait un passage vers La Mecque depuis un petit trou dans la paroi de la mosquée. Autre fait étonnant, la mosquée est juxtaposée d’un petit cimetière où se trouveraient des tombes de géants de 5 mètres de long issus d’une même famille. L’entrée est gratuite et le gardien du lieu nous donne des explications contre quelques dinars de pourboire. Il faut porter un voile pour entrer.
Mosquée des Sept dormants et les tombes des géants.
Intérieur de la mosquée des sept dormants (1), passage vers La Mecque (2) et grotte où ont dormi les sept dormants (3).
• Après notre balade, nous reprenons la voiture en direction de Guermessa. Comme les deux villages précédents, il est composé d’une partie récente en pleine et de l’ancien ksar perché sur la colline et dominé par la kalâa. Nous nous y rendons pour déjeuner, mais nous n’allons pas nous y balader par manque de temps et par fatigue de mes beaux-parents. Nous rentrons ensuite les déposer à Tataouine, située à 22 km d’ici (26 minutes en voiture), avant de repartir qu’à 2 pour la suite des visites de l’après-midi !
• Première étape de l’après-midi : Ksar Ouled Soltane, situé dans le village du même nom, à 24 km de Tataouine (30 minutes en voiture). Érigé en 1699 puis agrandi par la suite, ce ksar est composé de 287 ghorfas, dont 97 réparties autour d’une cour, sur 3 à 4 étages. Il se distingue d’autres ksour de la région par la présence d’escaliers escarpés le long de ses murs et de crochets en bois permettant de soulever les marchandises. Comme les ksour de Médenine et le ksar de Ez Zahra (que nous visiterons ensuite), il a été rénové pour ressembler à ce qu’il était dans le passé (contrairement aux ksour privatisés comme Ksar Hedada ou Ksar Ouled Debbab où des libertés ont été prises). L’entrée est libre et nous voyons quelques boutiques de souvenirs, notamment sur le thème de Star Wars, et des stands ouverts dans les ghorfas. Nous pensions qu’il allait être davantage pris d’assaut par les touristes, mais nous sommes seuls dans ce lieu dans l’après-midi.
Ksar Ouled Soltane.
• Ensuite, direction le Ksar Ez-Zahra, situé à 11 km de Ksar Ouled Soltane (17 minutes en voiture). Ce ksar restauré fidèlement est situé au cœur du petit village d’Al Karashiwah. Datant du XVIe-XVIIe siècles, il est composé de trois parties : une ancienne place de forme carrée, une place plus récente de forme rectangulaire nommée Ksar Jedid, et une partie couverte (skifa) reliant les deux parties. Les deux places sont entourées d’environ 300-400 ghorfas sur 3 à 4 étages. L’entrée est libre et il n’y a personne. Et pour le coup, j’ai trouvé que ce ksar qui est moins connu que les autres, fait partie des plus jolis que j’ai visité avec tous ses escaliers couvrant ses murs.
Ancienne partie du Ksar Ez-Zahra.
Skifa du Ksar Ez-Zahra.
Partie récente du Ksar Ez-Zahra.
• Suite à cette visite de ksar, nous rentrons à Tataouine, située à 23 km d’ici (30 min). Après une petite pause, nous ressortons pour visiter le souk de Tataouine avec mes beaux-parents. Nous ne reprenons pas la voiture pour ne pas nous embêter à devoir la garer et prenons un taxi pour 5 DT afin de rejoindre le centre-ville (2,8 km de route).
Le souk de Tataouine est composé de deux places avec des halles couvertes entourant une place carrée. Sur la première place, se trouvent des boutiques d’artisanat pour les touristes (maroquinerie, souvenirs, tapis, poterie décorative, etc), tandis que la deuxième est plus à destination des locaux (épices, bijoux, poterie de cuisine, tissus, etc). Le souk s’étend ensuite dans les rues environnantes avec de nombreux commerces vendant viandes, légumes, pâtisseries, vêtements, électroménager, etc.
Nous arrivons un peu tardivement dans la journée donc les boutiques touristiques des halles sont pour beaucoup fermées et les deux places presque vides, mais les boutiques des rues environnantes sont ouvertes et c’est assez animé.
Souk de Tataouine.
► JOUR 5 :
• Aujourd’hui, nous rentrons à Tunis. Pour cela, nous partons tôt le matin en voiture jusqu’à l’aéroport de Djerba-Zarzis où nous rendons la voiture de location avant de prendre l’avion pour la capitale. Nous partons vers 4h30 de notre logement à Tataouine pour parcourir les 138 km qui nous séparent de l’aéroport de Djerba (2h de route en voiture). La route est en très bon état, et la circulation est fluide donc pas de stress lié à un potentiel retard. Arrivés à l’aéroport, vers 6h30, nous rendons la voiture de location très rapidement ; une employée de l’agence One Rent Car était présente. Aucun soucis ! Nous sommes donc à l’aéroport avec 2 heures d’avance.
Sans prendre l’avion Tataouine est située à 568 km de Tunis, soit 5h30 en voiture. Il existe des lignes d’autocar directes Tunis Sud ↔ Tataouine en 7 à 9h, proposées par la SNTRI pour 36 DT soit 10,6 €.
→ Vol Djerba > Tunis, départ de Djerba à 08h45, arrivée à Tunis à 09h45.
Prix : 280,20 DT/pers soit 82,75 €/pers (aller simple) avec Tunisair Express, réservé 1 mois à l’avance.












































































































































































































































































































