Retour de voyage : Tunis, Kairouan, Tataouine et leurs environs - 8 jours

Forum Tunisie

Bonjour ! :tunisia:

Voici un retour de mon voyage en Tunisie du 17 avril 2025 au 25 avril 2025. Nous étions 4 : mon mari (33 ans), ses parents (59 et 65 ans) et moi (29 ans).

Au programme :

  • Vol pour Tunis ;
  • Départ de l’aéroport de Tunis en voiture ;
  • Kairouan (2 nuits / 1 jour) ;
  • Tataouine, Médenine et leurs alentours (2 nuits / 2 jours) ;
  • Dépôt de la voiture à l’aéroport de Djerba puis vol Djerba → Tunis ;
  • Tunis, dont Carthage et Sidi Bou Saïd (4 nuits / 4 jours et demi) ;
  • Vol retour en France ;


Itinéraire en Tunisie.

► MODALITÉS ◄

ENTRÉE EN TUNISIE

Pour entrer en Tunisie, les français doivent être en possession d’un passeport d’une validité minimale de 3 mois. Aucun visa n’est requis pour un séjour de moins de 3 mois.

Plus d’informations sur France-Diplomatie : Tunisie - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

COMMUNICATION

Je parle français, tandis que mon mari et ses parents, dont l’Algérie est le pays de naissance, parlent français, arabe et berbère. Donc forcément, nous n’avons eu aucun problème de communication.
Les tunisiens, dans les grandes villes et les lieux touristiques, parlent très bien français.

Beaucoup de panneaux et inscriptions sont bilingues arabe/français.

Pour le téléphone, étant hors Europe, il faut acheter une carte sim, une carte e-sim ou disposer d’un forfait avec des options internationales. C’est facile de se procurer une carte sim dans un magasin de téléphonie mobile ou dans un commerce de détail. Il y a des magasins de téléphonie dans le hall des aéroports (Ooredoo, Orange…).
Mon mari et moi avons des forfaits Free 5G qui nous donnent des données mobiles dans plusieurs pays dont la Tunisie. Nous n’avons donc pas eu besoin d’acheter une carte sim.

MONNAIE

Beaucoup de choses se paient en espèces, en dinars tunisiens (DT) : commerces, restaurants, hôtels, stations services, entrée dans des monuments, etc. Les cartes bancaires sont utilisées dans les restaurants et hôtels de standing ou pour touristes occidentaux, ou pour payer des cautions.

Pour se procurer des dinars tunisiens, le mieux est de prendre des billets en euros pour les échanger en Tunisie dans des bureaux de change. Etonnamment, les bureaux de changes de l’aéroport de Tunis proposaient des prix plus avantageux que ceux situés en ville quand nous y étions.
Il est aussi possible de retirer des dinars tunisiens dans un distributeur à billets mais attention aux frais de la banque tunisienne et de votre banque. Pour éviter les frais lors d’un retrait, il faut avoir une option internationale sur sa carte bancaire + retirer auprès d’une banque tunisienne partenaire de votre banque.

LOGEMENTS

Comme pour d’autres destinations, on peut réserver des logements (hôtels, hostels, appartements, dars utilisés comme maisons d’hôtes à l’instar des riads au Maroc) en ligne, par exemple sur Booking.
Pour les paiements, on trouve aussi bien des logements acceptant le paiement à l’avance en ligne que des logements demandant à être payés sur place.

GUIDE / AGENCE DE VOYAGE ?

La Tunisie est un pays très touristique. Il n’est pas difficile de visiter en autonomie, sans guide. On peut se déplacer en transport en commun ou à l’aide d’une voiture de location.
Les grandes villes du nord du pays (Tunis, Bizerte, Hammamet, Sousse, Mahdia, Sfax, Nabeul, Monastir, Gabès, Kairounan, etc + Djerba) sont faciles à découvrir sans voiture. D’ailleurs, une voiture de location me semble très encombrante à garer dans une ville très active comme Tunis. D’une ville à l’autre, il est possible de se déplacer en train, autocar ou louage.
Toutefois, les régions plus rurales et plus désertiques (Tataouine, Tozeur, Douz, etc) nécessitent une voiture pour se déplacer d’un village ou point d’intérêt à l’autre. Il est facile de se diriger avec Google Maps ou autre GPS. Si vous n’avez pas prévu de conduire une voiture par vous-même(s), un guide, un chauffeur ou une excursion organisée peuvent alors être nécessaires pour visiter ces régions qui nécessitent d’être véhiculé.

SE DÉPLACER

○ En ville : Dans les grandes villes, vous pourrez vous déplacer en taxi. Deux possibilités : héler un taxi et négocier la course avec lui (c’est rare que le compteur soit activé, je crois que cela nous est arrivés une fois à Kairouan) ou passer par l’application inDrive (que des taxis agréés sur inDrive en Tunisie). inDrive ressemble à Uber avec un prix directement proposé pour une course donnée, mais il est aussi possible de modifier ce prix à la hausse ou à la baisse avant de valider avec le chauffeur de taxi. C’est très pratique et rapide. Le paiement se fait à l’arrivée, en espèces.
En ville, vous pouvez aussi vous déplacer en bus de ville… Spécifiquement à Tunis, vous avez le métro et le train de banlieue TGM qui passe par La Goulette, Carthage et Marsa, mais nous n’avons testé aucun transport en commun.

○ Entre deux villes : Vous avez plusieurs possibilités : en avion, en train (surtout dans le nord du pays avec la SNCFT http://www.sncft.com.tn/), en autocar (compagnie nationale SNTRI https://sntri.com.tn/ et d’autres compagnies régionales) et en louage, qui est un taxi collectif qui part quand il est plein. S’il est totalement possible de réserver son ticket de train ou d’autocar en ligne, un louage ne se réserve pas.

○ En voiture ? Comme expliqué plus haut, nous avons opté pour la voiture, notamment parce que nous avons décidé de visiter les régions de Tataouine et Médenine. Louer une voiture nous a aussi permis d’être plus flexibles dans notre petit séjour et de gagner du temps.
Nous avons choisi l’agence de location One Rent Car https://www.one-rent-car.com/ qui dispose de plusieurs antennes dans différents aéroports. En plus d’être moins chère que d’autres compagnies disponibles à l’aéroport de Tunis, elle a de très bonnes notes et permet de ramener la voiture dans une autre antenne située à l’aéroport de Djerba, tôt le matin (6h30) qui plus est ! Nous avons payé 228 € pour 5 jours assurance comprise. Nous avons payé la location en espèces et la caution en carte bancaire. Tout s’est bien passé.
Nous avons conduit de l’aéroport Tunis à Kairouan, puis de Kairouan à Tataouine où nous avons rayonné avant de ramener la voiture à l’aéroport de Djerba (= aéroport le plus proche de Tataouine) pour reprendre l’avion vers Tunis. Nous avons évité de conduire dans Tunis, qui ne nécessite pas de voiture pour être visitée. Autant à Tunis et son périphérique, il faut faire attention car il y a beaucoup de monde et les gens ne respectent pas trop le code de la route, autant quand on en sort qu’on descend vers le sud c’est beaucoup plus calme ! Les routes sont en bon état, et le GPS fonctionne bien. J’ai trouvé la conduite simple.

TENUE VESTIMENTAIRE

Il n’y a pas spécialement de tenue vestimentaire à suivre en Tunisie. Je dirais juste d’éviter les tenues trop échancrées (décolletés importants, jupes/short très courts) et de penser à prendre de quoi se protéger du soleil. A Tunis et dans les grandes villes de manière générale, on croise beaucoup de femmes habillées à “l’occidentale”. Les tenues sont un peu plus couvrantes dans le sud plus rural.
Les personnes souhaitant visiter les mosquées doivent porter des tenues plus couvrantes : épaules et jambes couvertes pour les hommes comme pour les femmes, et cheveux couverts pour les femmes. Les grandes mosquées prêtent des tenues pour les personnes qui n’auraient pas de quoi se couvrir et il est facile d’acheter des foulards et voiles dans des boutiques.

MÉTÉO

Voici un site plutôt complet donnant des données météorologiques sur les pays, régions et villes du monde : Quand partir en Tunisie ? Climat, Température, Météo, Saisons… | Où et Quand

REPAS

Les villes tunisiennes disposent de restaurants de cuisine traditionnelle, même s’il m’a semblé qu’il y en avait moins qu’au Maroc. Certains restaurants sont orientés vers les touristes ; ils sont généralement un peu plus cher. Mais il est aussi possible de goûter d’excellents plats à petits prix dans des petits restaurants de quartier. Ils ne sont pas toujours indiqués sur Google Maps ou Tripadvisor, mais vous les trouverez en vous baladant dans les médinas, notamment celle de Tunis. Toujours dans les médinas, il y a aussi beaucoup de street food. Et dans les villes plus petites, il y a moins de restaurants de cuisine traditionnelle et davantage de restaurants de grillades très familiaux.
Au restaurant, des petits apéritifs à base de harissa, olives et huile d’olive sont généralement offerts. Et nous sommes tombés que sur des restaurateurs arrangeants qui ont pu s’adapter aux restrictions alimentaires de ma belle-mère : sans sel, sans huile, sans piment, etc. Il ne faut pas hésiter à demander !

Nous avons payé entre 40-45 DT/pers pour un plat et une boisson dans des restaurants traditionnels de Tunis. La note est plus faible quand on sort de la capitale et nous avons pu manger jusqu’à un minimum de 15 DT/pers à Tataouine.
Quelques bons restaurants : Bab Tounès et Dar Belhadj à Tunis, El Barkoun à Carthage, Sultan et Dar Abderrahman Zarrouk à Kairouan, Dar El Hout à Médenine, Dar Guermassa à Tataouine

Il est possible d’acheter de l’alcool en Tunisie dans certains supermarchés comme Monoprix. Dans les supermarchés, les rayons d’alcool sont séparés des autres rayons. On peut aussi consommer de l’alcool dans des bars et boîtes de nuit, mais c’est très mal vu de boire en public.


Quelques plats tunisiens mangés durant le voyage.


► LE VOYAGE ◄

► JOUR 1 :

Vol Toulouse > Tunis le 17 avril 2025, départ de Toulouse à 09h50, arrivée à Tunis à 10h45.
Prix : 355 €/pers (vol multi-destinations) avec Nouvelair, réservé 1 mois à l’avance (:grimacing:).

• Arrivés à l’aéroport de Tunis, nous attendons mes beaux-parents pour pouvoir partir en direction de Kairouan. C’est l’occasion de récupérer la voiture de location auprès de l’agence One Rent Car. Côté carte sim, c’est bon pour nous car nous avons le forfait Free 5G nous permettant d’avoir des données mobiles à Tunisie.
Je ne détaille pas tout comme j’en ai l’habitude car cela compliquerait le retour que j’ai envie de vous faire. Mais en gros, nous partons vers 17h en direction de Kairouan. Depuis l’aéroport de Tunis, nous avons 167 km pour 02h05 de route. Le périph’ de Tunis est assez fréquenté et il faut vraiment faire attention à la conduite des autres usagers. Puis, la conduite devient beaucoup plus calme à mesure que l’on s’éloigne de l’agitation. Nous arrivons en soirée à Kairouan.
Sans louer de voiture de location, il existe des lignes d’autocar directes Tunis Sud ↔ Kairouan en environ 3h, proposées par la SNTRI pour 11,9 DT soit 3,5 €.

KAIROUAN :tunisia:

Première ville sainte musulmane du Maghreb et considérée comme quatrième ville sainte musulmane sunnite, Kairouan est la capitale spirituelle de la Tunisie. Fondée par le conquérant Oqba Ibn Nafi al-Fihri vers 662-670, elle a été un important centre pour la diffusion de l’islam et de la langue arabe au Maghreb. Cette ville d’environ 140 000 habitants conserve encore aujourd’hui une place particulière pour les musulmans de la région. Pour sa médina, ses mosquées et ses souks classés en corporations comme au Moyen-Orient, Kairouan est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988. Elle est aussi réputée pour ses tapis et ses makrouds.

Le logement choisi : Résidence Lyne, réservé sur Booking et payé sur place via Paypal (152,60 € pour 4 pendant 2 nuits, soit 19 €/nuit/pers). C’est un appartement de location de vacances situé à 12 min à pied (850 m) de la porte la plus proche de la médina (Bab el Jaladine). Il a été facile de se garer dans sa rue.

► JOUR 2 :

• Début de la visite de Kairouan à pied. Nous entrons dans la médina de Kairouan, entourée de remparts érigés pour les premiers dès 762.


Porte “Bab El Jaladine”.

• Notre première étape est le mausolée Sidi Abid el Ghariani. C’est une zaouïa (= édifice religieux musulman d’une tariqa ou confrérie soufie) construite durant la seconde moitié du XIVe siècle par le jurisconsulte kairouanais Al-Jadidi et son disciple Abou Samir Abid el Ghariani qui y est enterré. Une école coranique était également présente. L’architecture ifriqiyenne (Constantinois - Tunisie - Tripolitaine) reprend des influences ottomanes, andalouses, italiennes et marocaines. L’entrée est gratuite.


Mausolée Sidi Abid el Ghariani.

• Puis nous nous rendons à deux pas d’ici dans la maison du Bey. Il s’agit d’une ancienne maison de Bey (gouverneur), datant du XVIIIe siècle, qui a été transformée en un grand magasin de tapis dans un décor d’époque rénové. L’entrée est gratuite et les propriétaires font faire la visite gratuitement. Il est possible d’acheter des tapis et de les faire livrer à l’étranger, mais ce n’est pas obligatoire pour visiter gratuitement. La visite est plutôt sympa dans cet intérieur richement décoré.


Maison du Bey.

• Nous remontons ensuite les ruelles de la médina. Les portes et les fenêtres bleues ressortent au milieu des murs sont peints en blanc. L’ambiance est très calme, nous croisons des habitants mais pas de touristes.


Médina de Kairouan.

• Notre promenade nous amène devant la mosquée des Trois Portes. Cette mosquée a été érigée en 866 puis un minaret a été ajouté vers 1440. Elle possède la plus ancienne façade sculptée et décorée du monde islamique avec trois bandeaux ornés de calligraphie kufique et un bandeau à motifs floraux. Il n’est pas possible d’entrer.


Mosquée des Trois Portes.

• Puis nous traversons la médina jusqu’à la mosquée Oqba Ibn Nafi ou grande mosquée de Kairouan. Elle a été construite en 670 par Oqba Ibn Nafi al-Fihri - célèbre pour avoir mené la conquête du Maghreb - puis elle est agrandie au IXe siècle par la dynastie des Aghlabides. L’édifice est considéré par l’UNESCO comme un chef d’œuvre universel d’architecture et a eu un rôle majeur dans l’islamisation du Maghreb et de l’Espagne (Al-Andalus) et dans la diffusion du courant sunnite malikite. C’est évidemment un incontournable à visiter à Kairouan. Ses colonnes ont la particularité de provenir d’anciens sites romains ou puniques, comme Carthage.
L’entrée est gratuite. Il faut couvrir ses cheveux pour les femmes ainsi que ses épaules et jambes, mais des tenues sont prêtées gratuitement à l’entrée.


Mosquée Oqba Ibn Nafi.

• En sortant de la mosquée, nous faisons le tour puis montons sur le toit de magasins pour profiter de vues panoramiques.


Rues bordant la mosquée Oqba Ibn Nafi.


Une vue depuis le toit d’un magasin de la rue (Kairouan Tapis).


Une vue depuis le toit d’un autre magasin (Tapis Okba).


Une vue sur de jolis dômes, régulièrement repeints, depuis les escaliers du restaurant El Brija, au coin nord des remparts de la médina (pas besoin d’entrer dans le restaurant).

• Nous repartons nous balader dans les rues en passant par Bir Barrouta, un puit creusé en 796 permettant l’approvisionnement des Kairouanais en eau. La légende voudrait qu’il soit directement relié à La Mecque. De nos jours, il est célèbre pour sa noria (roue d’irrigation) actionnée par un dromadaire qui assure l’alimentation en eau. Le puits était malheureusement fermé en avril 2025 pour rénovation mais a réouvert depuis. Quelques photos du lieu : ici. L’entrée est gratuite.

• Nous allons ensuite déjeuner dans un restaurant de la médina. Ensuite, nous nous dirigeons vers la mosquée du Barbier ou mausolée de Sidi Sahab. Il s’agit d’une zaouïa érigée au XIIIe siècle hors des remparts de la médina, qui abrite le tombeau de Abou Zamaa el-Balaoui, dit Sidi Sahab, un compagnon du prophète Mohamed, mort en 654. Il aurait conservé trois poils de la barbe de Mohamed d’où le surnom de Barbier. L’édifice est rénové au XVIIe siècle en plus de la construction d’une médersa et d’un minaret.
L’entrée est gratuite et la visite vaut vraiment le coup car cette zaouïa est très joliment décorée.


Mosquée du Barbier.

• Nous partons ensuite à pied jusqu’aux bassins des Aghlabides (1 km, 15 min). Il s’agit de 4 bassins permettant d’alimenter Kairouan en eau édifiés entre 860 et 862. Les deux petits bassins permettent la décantation et retiennent les déchets, tandis que les deux grands stockage pour un total de 68 000 m3. Ils sont, de ce fait, considérés comme des ouvrages hydrauliques très importants de l’histoire du monde musulman.
De nos jours, ces bassins, très bien préservés, sont accessibles gratuitement. Malheureusement, il n’y a pas grand chose à faire autour, si ce n’est se balader. La zone gagnerait selon moi à être davantage aménagée et entretenue comme un parc : au moins des panneaux informatifs et un sol entretenu, mais des arbres, bancs, tables, voire des jeux pour enfants pourraient être conviviaux sur ce “terrain vague”.


Bassins des Aghlabides.

• Puis nous prenons un taxi pour retourner à l’entrée de la médina. Nous payons 5 DT pour retourner vers l’entrée nord-ouest Bab Tounès.
Nous reprenons notre balade dans la médina et traversons ses différents souks. Datant des XVII et XVIIIe siècles, ces souks sont découpés par spécialité : souk El Birka (bijoux), souk El Attarine (parfums), souk El Warrakine (papiers et libraires), souk El Zazzajine (verre), souk El Sarrajine (montures de chevaux), souk El Nahassine (cuivre), souk El Zarbia (tapis), souk El Blaghjia (cuir).


Médina de Kairouan et souks.

• Retour à notre logement et nous dînons le soir en ville, hors de la médina.

► JOUR 3 :

• Nous partons le matin en voiture en direction de Tataouine après le petit-déjeuner. La route est longue et nous prévoyons un arrêt à Médenine pour déjeuner et visiter ses ksour. Nous mettons environ 3h40 pour parcourir les 307 km qui séparent Kairouan de Médenine.
Sans louer de voiture de location, il existe des lignes d’autocar directes Kairouan ↔ Médenine en environ 4h30, proposées par la SNTRI pour 19,6 DT soit 5,8 €. Il y a aussi une ligne directe Kairouan ↔ Tataouine en environ 4h30 proposée par la SNTRI pour 23,7 DT soit 7 €.

MÉDENINE ET ENVIRONS :tunisia:

Médenine est une ville d’environ 71 000 habitants, carrefour historique pour les marchands en Afrique du Nord. Elle est connue pour avoir été composée d’un maximum de 35 ksour de plaine (= greniers et habitations) et 6000 ghorfas (= cellules composant les ksour) construits entre les XVII et XIXe siècles pour les derniers. Ayant initialement une vocation de stockage pour les populations nomades, ces ksour ont constitué une véritable agglomération urbaine ksourienne, devenue la plus étendue de Tunisie. La ville est également célèbre pour avoir été un des lieux de tournages de “Star Wars I : La menace fantôme”, notamment de la ville de Mos Espa sur la planète Tatooine.

• Nous déjeunons puis nous allons visiter les ksour de Médenine. Ils ne sont plus aussi nombreux qu’au XIXe siècle, la majorité ayant été rasée au XXe siècle pour construire une ville plus moderne. Il subsiste quelques centaines de ghorfas réparties dans 3 ksour mitoyens qui ont été restaurés il y a environ 15 ans : ksar Ouled Brahim, ksar Ommarsia et ksar Lobbeira.

• Nous garons notre voiture dans la rue puis nous commençons avec le plus grand des ksour : ksar Ouled Brahim. Ce ksar est composé de 140 ghorfas sur 2 à 3 étages organisés autour d’une place carrée accessible par 2 portes. A priori, la plupart des rez-de-chaussées sont utilisés, soit pour du stockage, soit pour des commerces, comme l’atteste certains panneaux posés sur les portes (et comme on peut le voir sur cette photo de 2005). Mais quand nous sommes venus, le lieu était presque désert. Peut-être est-ce plus animé en haute saison ? Ou peut-être que le lieu a été délaissé par les touristes depuis 2014 ? C’est vraiment dommage car ce sont de superbes édifices à l’architecture si particulière illustrant la vie aux XVII -XIXe siècles. Ils méritent d’être davantage visités et mieux entretenus. L’entrée dans ce ksar est gratuite.


Ksar Ouled Brahim.

• Puis nous passons par la porte nord et entrons dans le ksar Ommarsia, qui est adossé au ksar Ouled Brahim. Un peu plus petit, il ne contient plus qu’environ 120 ghorfas sur 2 à 3 étages, le reste ayant été démoli. Même constat quant à l’état et la fréquentation de ce ksar. L’entrée est gratuite.


Ksar Ommarsia.

• Puis nous prenons la première porte sur la droite et entrons dans le ksar Lobbeira. Ce ksar ne compte plus qu’environ 130 ghorfas majoritairement sur 3 étages, le reste ayant été démoli pour construire un théâtre en plein air. Il abrite le musée des coutumes et des traditions de Médenine, et c’est probablement pour cela qu’il est en meilleur état que les 2 précédents. L’extérieur du ksar est décoré de plantes et plusieurs ghorfas ont été aménagées pour reproduire des scènes de la vie de tous les jours des kairouanais et berbères tunisiens à l’aide d’anciens objets, outils et mannequins. C’est une sorte de petit musée ethnographique régional comme il en existe en Europe. Le monsieur qui s’occupe du musée propose des visites guidées qui permettent de découvrir l’histoire de la ville, l’organisation des ksour et des ghorfas, les traditions berbères. La visite coûte 3 DT/personne (c’est le seul ksar payant de Médenine).


Ksar Lobbeira et musée des coutumes et des traditions de Médenine.

• Après la visite des trois ksour nous reprenons la route en voiture direction Tataouine. Deuxième arrêt sur le chemin, cette fois-ci au village Ksar Hadada (ou Hedada, Hdada) à 36 km de Médenine (38 min en voiture). Il s’agit d’un village d’environ 1200 habitants, situé à quelques kilomètres de Ghomrassen, dans le gouvernorat de Tataouine.
Nous sommes venus visiter son ksar dont il porte le nom, composé de plusieurs centaines de ghorfas sur 2 à 3 étages. Ce ksar a été construit au XVIIIe siècle et était encore utilisé traditionnellement jusque dans les années 1960. Ensuite, il a été racheté, aménagé comme hôtel dès 1967 et utilisé comme décor à la ville de Mos Espa sur la planète Tatooine dans “Star Wars I : La menace fantôme” en 1997.
La visite de ce ksar coûte 2 DT/personne. Il a été complètement rénové, mais des libertés ont été prises, et il est entretenu à des fins touristiques. On peut dormir sur place et il y a également un restaurant ouvert à l’intérieur.


Ksar Hadada.

• A Ghomrassen, cela peut aussi être l’occasion d’aller voir quelques sites de peintures rupestres datant du néolithique. Il y en a trois : dans le quartier Insefri, dans le quartier Chaabet El Maarek et dans le quartier de Taguet Hamed (plus d’informations ici). Nous ne sommes pas allés les voir par manque de temps, mais aussi parce que nous avions déjà dédié un voyage à cela en décembre en Algérie : Carnet de voyage : Bivouac dans la Tadrart Rouge (Djanet) pendant 6 jours + un peu de Kabylie
Je crois que ces peintures ne sont pas en très bon état, mais cela peut tout de même valoir le coup d’aller les observer si jamais c’est quelque chose que vous n’avez jamais fait !

• Nous terminons notre périple en rejoignant Tataouine, située à 30 km (35 min en voiture) de Ksar Hadada en fin d’après-midi. La conduite s’est très bien passée, avec des routes en très bon état et une circulation calme.

TATAOUINE ET ENVIRONS :tunisia:

Tataouine est une ville d’environ 67 000 habitants, connue comme la « porte du désert ». Sa région est occupée dès le néolithique comme en attestent certains vestiges comme ceux de Ghomrassen cités plus haut. Des vestiges puniques et romains sont également retrouvés comme à Gigthis. Après avoir été un relais sur la route des caravanes, Tataouine est de nos jours un carrefour pour les visites touristiques dans le sud de la Tunisie du fait de sa place centrale entourée de villages berbères et de ksour. Elle est également célèbre pour avoir donné son nom à la planète Tatooine dans Star Wars, bien qu’aucune scène n’y ait été tournée. Et pour cause, ce n’est pas à Tataouine même que les ksour sont situés, mais dans des villages aux alentours. Il est donc intéressant de loger à Tataouine pour ensuite rayonner en voiture dans sa région, tout en profitant de son petit souk traditionnel.


Tataouine, Médenine et environs.

Le logement choisi : Diyar LîLâ Selma, réservé sur Booking et payé sur place en espèces (139,60 € pour 4 pendant 2 nuits, soit 17,5 €/nuit/pers). C’est un appartement de location de vacances situé dans le nord de Tataouine. Il est doté d’une place de parking, mais il semble assez facile de se garer à Tataouine, hors centre-ville. Nous avons préféré choisir un logement un peu excentré où nous avons pu garer facilement notre voiture de location, et nous avons pris le taxi quand nous nous sommes rendus au centre (souk, restaurants).

► JOUR 4 :

• Aujourd’hui, l’objectif est de parcourir la région de Tataouine à la découverte de plusieurs villages du coin. Nous partons en direction du Ksar Ouled Debbab, situé dans le village du même nom, à 11 km de Tataouine (16 minutes en voiture). Nous nous garons sur le grand parking devant.
Ce ksar du XVIIIe siècle, composé d’environ 400 ghorfas de 1 à 2 étages, a été grandement modifié pour intégrer un hôtel, un restaurant, un café et un centre d’artisanat. Parmi les modifications, nous pouvons noter l’ajout de portes, de murs, de bâtiments, des modifications au niveau des couleurs… et de statues de dinosaures, qui dénaturent le lieu.
Le ksar n’est pas accessible au public, il faut payer une nuit d’hôtel pour pouvoir entrer. Le café qui a été construit adossé au ksar est le seul lieu accessible, mais son intérêt semble limité puisque l’on ne voit pas les ghorfas, et il était fermé quand nous sommes passés (matinée). Bref, déçus de ce patrimoine historique privatisé et modifié.


Ksar Ouled Debbab.


Vue depuis le Ksar Ouled Debbab.

• Nous prenons ensuite la direction de Douiret, un village berbère situé à 13 km de Ksar Ouled Debbab (16 minutes en voiture), et à 23 km de Tataouine. Il est composé d’une partie récente peuplée par 880 habitants et d’une partie ancienne (appelée Douiret ancien) constituée d’un ksar de montagne ou kalâa (= citadelle) surplombant des habitations troglodytiques creusées dans les collines. Cette position stratégique permet à la fois de stocker des denrées et des objets, et de se réfugier en cas d’attaque. Cette partie ancienne est abandonnée depuis 1974, alors qu’elle était habitée par environ 3500 personnes dans les années 1850. A cette époque, Douiret était un relais pour les caravanes. De nos jours, il est possible d’y trouver quelques logements touristiques ainsi qu’un restaurant, au milieu d’habitations en ruines dans lesquelles il est possible d’entrer. Le lieu est très calme, comme figé dans le temps. Prenez le temps de vous balader, si vous le souhaitez, pour découvrir l’architecture de ces maisons troglodytes, les anciennes gravures que l’on peut voir à leurs murs (comme ici et ici), l’ancienne mosquée Ennakhla, d’anciennes portes et outils comme des meules, etc. La visite est gratuite (accès libre) et il est possible de se garer sur un petit parking en bas de la colline.


Vue en arrivant sur le village de Douiret ancien et la mosquée Ennakhla.


Vestiges du village de Douiret ancien.

• Après Douiret direction Chenini en voiture, soit environ 32 km (34 minutes en voiture) car par la route, il faut contourner le massif et repasser par Ksar Ouled Debbab. Il est aussi de relier Douiret et Chenini en marchant. La randonnée fait 7-8 km pour environ 250 mètres de dénivelé (exemple de trace GPS ici), ce qui fait une durée de marche de 2 à 4 heures.

• Nous arrivons donc à Chenini. Comme Douiret, Chenini est composée d’une partie récente datant des années 1960 (Chenini Nouvelle) et d’une partie ancienne que nous sommes venus visiter (Ksar Chenini ou Chenini Ancienne) : un village berbère construit sur le haut d’une colline à 500 mètres d’altitude et surplombé par une kalâa. Les plus anciennes constructions encore présentes datent du XIIe siècle. Contrairement au ksar de Douiret, le ksar de Chenini est encore un peu habité, notamment sa partie basse, bien que la plupart de ses habitants soient partis. Autre différence avec Douiret, c’est sa fréquentation par les touristes. Nous arrivons à nous garer sur un parking en bas du ksar, mais rapidement des autocars de tours organisés et des vans conduits par des guides pour des groupes plus petits arrivent. Cela ne nous a pas dérangé, mais c’est vrai que cela peut créer des ralentissements dans les ruelles du village. Nous notons également, en plus des logements troglodytes de vacances et d’un restaurant, la présence de boutiques de souvenirs. En tous cas, la visite est gratuite (accès libre). Le ksar est petit et en forme d’arc de cercle, donc facile à explorer (plus même que Douiret). Nous commençons par monter jusqu’à la mosquée blanche que l’on voit depuis le bas, puis nous nous baladons sur les crètes du village. Nous y passons environ 1 heure.


Village ancien de Chenini.

• Avant de repartir, petit crochet à la mosquée des Sept dormants, située à 2 km du vieux village de Chenini. Cette petite mosquée troglodyte blanche du XIIIe siècle au minaret penché est l’objet de plusieurs légendes. La première légende est directement tirée du récit chrétien des Sept dormants d’Éphèse et du récit musulman des Gens de la caverne (qui sont liés). Elle raconte qu’avant sa construction, un groupe de 7 croyants se seraient réfugiés dans la grotte située à son emplacement pour fuir des persécutions liées à leur foi. Ils s’y seraient endormis pendant des siècles pour se réveiller à une période plus clémente où les habitants avaient adopté leur foi. Cette légende a donné son nom à la mosquée, mais on la retrouve aussi dans d’autres régions de Tunisie et en Algérie, en Turquie, en Jordanie, en Espagne… Une autre légende dit qu’il existerait un passage vers La Mecque depuis un petit trou dans la paroi de la mosquée. Autre fait étonnant, la mosquée est juxtaposée d’un petit cimetière où se trouveraient des tombes de géants de 5 mètres de long issus d’une même famille. L’entrée est gratuite et le gardien du lieu nous donne des explications contre quelques dinars de pourboire. Il faut porter un voile pour entrer.


Mosquée des Sept dormants et les tombes des géants.


Intérieur de la mosquée des sept dormants (1), passage vers La Mecque (2) et grotte où ont dormi les sept dormants (3).

• Après notre balade, nous reprenons la voiture en direction de Guermessa. Comme les deux villages précédents, il est composé d’une partie récente en pleine et de l’ancien ksar perché sur la colline et dominé par la kalâa. Nous nous y rendons pour déjeuner, mais nous n’allons pas nous y balader par manque de temps et par fatigue de mes beaux-parents. Nous rentrons ensuite les déposer à Tataouine, située à 22 km d’ici (26 minutes en voiture), avant de repartir qu’à 2 pour la suite des visites de l’après-midi !

• Première étape de l’après-midi : Ksar Ouled Soltane, situé dans le village du même nom, à 24 km de Tataouine (30 minutes en voiture). Érigé en 1699 puis agrandi par la suite, ce ksar est composé de 287 ghorfas, dont 97 réparties autour d’une cour, sur 3 à 4 étages. Il se distingue d’autres ksour de la région par la présence d’escaliers escarpés le long de ses murs et de crochets en bois permettant de soulever les marchandises. Comme les ksour de Médenine et le ksar de Ez Zahra (que nous visiterons ensuite), il a été rénové pour ressembler à ce qu’il était dans le passé (contrairement aux ksour privatisés comme Ksar Hedada ou Ksar Ouled Debbab où des libertés ont été prises). L’entrée est libre et nous voyons quelques boutiques de souvenirs, notamment sur le thème de Star Wars, et des stands ouverts dans les ghorfas. Nous pensions qu’il allait être davantage pris d’assaut par les touristes, mais nous sommes seuls dans ce lieu dans l’après-midi.


Ksar Ouled Soltane.

• Ensuite, direction le Ksar Ez-Zahra, situé à 11 km de Ksar Ouled Soltane (17 minutes en voiture). Ce ksar restauré fidèlement est situé au cœur du petit village d’Al Karashiwah. Datant du XVIe-XVIIe siècles, il est composé de trois parties : une ancienne place de forme carrée, une place plus récente de forme rectangulaire nommée Ksar Jedid, et une partie couverte (skifa) reliant les deux parties. Les deux places sont entourées d’environ 300-400 ghorfas sur 3 à 4 étages. L’entrée est libre et il n’y a personne. Et pour le coup, j’ai trouvé que ce ksar qui est moins connu que les autres, fait partie des plus jolis que j’ai visité avec tous ses escaliers couvrant ses murs.


Ancienne partie du Ksar Ez-Zahra.


Skifa du Ksar Ez-Zahra.


Partie récente du Ksar Ez-Zahra.

• Suite à cette visite de ksar, nous rentrons à Tataouine, située à 23 km d’ici (30 min). Après une petite pause, nous ressortons pour visiter le souk de Tataouine avec mes beaux-parents. Nous ne reprenons pas la voiture pour ne pas nous embêter à devoir la garer et prenons un taxi pour 5 DT afin de rejoindre le centre-ville (2,8 km de route).
Le souk de Tataouine est composé de deux places avec des halles couvertes entourant une place carrée. Sur la première place, se trouvent des boutiques d’artisanat pour les touristes (maroquinerie, souvenirs, tapis, poterie décorative, etc), tandis que la deuxième est plus à destination des locaux (épices, bijoux, poterie de cuisine, tissus, etc). Le souk s’étend ensuite dans les rues environnantes avec de nombreux commerces vendant viandes, légumes, pâtisseries, vêtements, électroménager, etc.
Nous arrivons un peu tardivement dans la journée donc les boutiques touristiques des halles sont pour beaucoup fermées et les deux places presque vides, mais les boutiques des rues environnantes sont ouvertes et c’est assez animé.


Souk de Tataouine.

► JOUR 5 :

• Aujourd’hui, nous rentrons à Tunis. Pour cela, nous partons tôt le matin en voiture jusqu’à l’aéroport de Djerba-Zarzis où nous rendons la voiture de location avant de prendre l’avion pour la capitale. Nous partons vers 4h30 de notre logement à Tataouine pour parcourir les 138 km qui nous séparent de l’aéroport de Djerba (2h de route en voiture). La route est en très bon état, et la circulation est fluide donc pas de stress lié à un potentiel retard. Arrivés à l’aéroport, vers 6h30, nous rendons la voiture de location très rapidement ; une employée de l’agence One Rent Car était présente. Aucun soucis ! Nous sommes donc à l’aéroport avec 2 heures d’avance.
Sans prendre l’avion Tataouine est située à 568 km de Tunis, soit 5h30 en voiture. Il existe des lignes d’autocar directes Tunis Sud ↔ Tataouine en 7 à 9h, proposées par la SNTRI pour 36 DT soit 10,6 €.

Vol Djerba > Tunis, départ de Djerba à 08h45, arrivée à Tunis à 09h45.
Prix : 280,20 DT/pers soit 82,75 €/pers (aller simple) avec Tunisair Express, réservé 1 mois à l’avance.

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TUNIS :tunisia:

Tunis est une ville d’environ 640 000 habitants (2,9 millions en comptant son agglomération) située au nord de la Tunisie, dont elle est la capitale. Après avoir été dans l’ombre d’autres villes comme Kairouan, Mahdia ou Carthage, Tunis a été désignée comme capitale en 1159 par les Almohades et son importance s’est confirmée par la suite avec la dynastie des Hasfides. Bien qu’elle soit, pour beaucoup de touristes, une escale de quelques heures avant de rejoindre Djerba, Tunis regorge de points d’intérêt à découvrir sur quelques jours, notamment sa médina est classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO, ses mosquées visitables, ses nombreux palais et zaouïas, son quartier européen, son musée du Bardo unique en son genre ou encore sa proximité avec Carthage et ses stations balnéaires.

Le logement choisi : Hôtel Métropole Résidence, réservé sur Booking et payé sur place en espèces (42,3 €/nuit la chambre de 2, soit 11,15€/nuit/pers). C’est un hôtel situé dans le quartier européen, à deux pas de la médina.

• Après s’être reposés et avoir déjeuné, nous commençons notre visite de Tunis, direction la médina. Nous passons la place de la Victoire et sa porte Bab Al-Bahr. Le nom de la place se réfère au jour de la Victoire, le 1er juin 1955, qui désigne le retour d’exil du leader Habib Bourguiba. Elle est bordée de plusieurs bâtiments au style néo-mauresque, comme l’ancien consulat d’Angleterre, devenu de nos jours un hôtel après avoir été restitué à la Tunisie. Dernière commence la médina. Bab Al-Bahr est une des portes de la médina et a été érigée par les Aghlabides (800-909) avant d’être complètement reconstruite en 1860.


Place de la Victoire et Bab Al-Bahr.

• Nous entrons ensuite dans la médina de Tunis. Ce centre historique a été fondé en 698 autour de la mosquée Zitouna vers laquelle nous nous rendons. La médina de Tunis fait partie des ensembles urbains traditionnels les mieux préservés du monde arabe. Effectivement, contrairement à d’autres centres historiques, comme la casbah d’Alger par exemple, elle n’a pas subit de catastrophe naturelle ou de changement urbanistique radical. Il ne faut pas non plus s’attendre à croiser de nombreuses maisons datant du Moyen-Âge car celles-ci ont évolué avec leur temps, mais il est tout de même possible de visiter des demeures des XVII, XVIII et XIXe siècles. En comptant les dars (palais) de Beys, les medersas, les zaouïas, les mosquées, les tourbets (mausolées) et les portes, la médina de Tunis comporte environ 600 monuments dont une centaine classée. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1975.
En plus de découvrir ses monuments, il est très agréable de se balader dans la médina. Si les rues de la Kasbah et rue Jamaa Ez Zitouna, qui contiennent le souk touristique de Tunis, sont très fréquentées et embouteillées, ce n’est pas le cas de toute la médina. Une fois que l’on s’en éloigne, on se retrouve dans des rues bien plus calmes avec des maisons habitées par les locaux, aux murs blancs, aux fenêtres et portes colorées et couvertes de fleurs en ce mois d’avril.


Médina de Tunis : souk touristique.
(Les photos ne sont pas dans l’ordre de la narration.)


Médina de Tunis.
(Les photos ne sont pas dans l’ordre de la narration.)

• En remontant la rue Jamaa Ez Zitouna, nous tombons sur la mosquée Zitouna. Cette mosquée, édifiée en 732 sur un ancien site de prière datant de 698 lui-même bâti sur une ancienne basilique chrétienne byzantine, est la plus grande et ancienne mosquée de la capitale. Elle tire son nom de Sainte Olive de Palerme (zitouna en arabe), martyrisée en 463 à Tunis, qui aurait été enterrée à cet endroit. Sainte Olive est ainsi vénérée dans l’islam tunisien : si sa mémoire est profanée, un malheur arrivera et l’islam prendra fin. La mosquée Zitouna est basée sur le même style architectural que les mosquées de Kairouan ou de Cordoue. Elle possède 184 colonnes provenant du site de Carthage. L’entrée est gratuite. Une tenue adaptée est requise mais des vêtements couvrants peuvent être prêtés à l’entrée.


Mosquée Zitouna.

• Puis en sortant, nous nous rendons dans un café offrant une terrasse avec vue panoramique sur la mosquée Zitouna. Il y en a plein autour de la mosquée, ils sont situés sur le toit de boutiques de souvenirs. L’accès est gratuit mais l’accueil n’est pas toujours terrible. Attention si vous souhaitez consommer, demandez la carte et le prix avant de commander histoire de ne pas vous faire surprendre par des prix exorbitants ou des arnaques. Par exemple, au Café Panorama, certains serveurs vous demanderont de payer plus que ce qui est indiqué sur le menu (quand vous y avez accès) : 17 DT pour un thé alors que sur le menu (caché) il était indiqué 15 DT (ce qui reste très cher). Si cela vous arrive, n’hésitez pas à en parler au patron, parfois il s’agit de la boutique de souvenirs juste en dessous (c’est le cas pour le café cité plus haut).


Vue sur la mosquée Zitouna depuis le Café Panorama.


Vue sur la mosquée Sidi Youssef Dey depuis le Café Panorama.

• Nous marchons ensuite vers la mosquée Hammouda-Pacha. Il s’agit d’une mosquée construite en 1655 par le bey mouradite Hammouda Pacha Bey selon une architecture ottomane du XVIIe siècle. Elle abrite le mausolée de son bâtisseur. L’entrée est gratuite mais nous ne pouvons visiter que la cour, l’intérieur étant fermé quand nous sommes venus.


Mosquée Hammouda-Pacha.

• En continuant de nous balader dans la médina, nous arrivons à la médersa Bir Lahjar, édifiée sous bey husseinite Ali Ier Pacha en 1756. Elle comporte 16 chambres pour les étudiants de rite malikite originaires de tout le pays. De nos jours, elle est devenue un centre Culturel Bir Lahjar où s’organisent de nombreux concerts et événements. L’entrée est libre et gratuite lorsqu’il n’y a pas d’événement.


Médersa Bir Lahjar.

• Nous prenons ensuite la direction du mausolée Sidi Brahim Riahi ou zaouïa Sidi Brahim Riahi. Cet édifice soufi a été construit sur ordre d’Ahmed Ier Bey en 1850 et abrite la sépulture de Sidi Brahim Riahi, théologien et chef de la tariqa (confrérie) soufie de Tunis. L’oratoire, qui fait aussi office de mosquée, est richement décoré. Les réunions de la tariqa se font encore de nos jours dans ce lieu. L’entrée est gratuite, et c’est ouvert à tous (musulmans et non musulmans). Les personnes qui sont dedans sont chaleureuses, elles ont discuté avec nous et nous ont donné des bonbons…!


Mausolée Sidi Brahim Riahi.

• Puis nous passons par hasard devant une autre maison nommée dar Al Jaziri dans laquelle nous entrons (gratuit). Il s’agit d’une ancienne maison ayant appartenu à la famille Jaziri du XIIe au XVIIIe siècle. C’est dans cette maison que s’est déroulé le congrès de la rue du Tribunal, 2e congrès du Néo-Destour - le parti de Habib Bourguiba - dans un mouvement de lutte pour l’indépendance de la Tunisie. De nos jours, elle abrite la maison de la Poésie. L’entrée est gratuite.


Dar Al Jaziri.

• Direction la mosquée Sidi Mahrez ou mosquée Mohamed Bey. Elle a été édifiée à la fin du XVIIe siècle par le bey Mohamed Bey El Mouradi. Son architecture se base sur celui des grandes mosquées ottomanes classiques à plusieurs coupoles comme les mosquée Süleymaniye ou mosquée bleue d’Istanbul, bien qu’elle n’ait pas de minaret. Elle se caractérise par sa couleur toute blanche. Elle tire son nom de Sidi Mahrez, saint patron de la médina de Tunis, dont la tombe se trouve dans la zaouïa Sidi Mahrez, juste à côté. Nous nous y sommes peut-être mal pris, mais nous n’avons pas trouvé d’entrée ouverte. Donc nous ne savons pas si la mosquée et sa zaouïa sont actuellement visitables !

• Nous nous éloignons pour pouvoir l’observer de loin, et sortons de la médina par la porte Bab Souika. Nous nous retrouvons ainsi sur la place Bab Souika, où à partir d’escaliers nous avons une vue sur la mosquée Sidi Mahrez et son mausolée juste devant (dômes allongés sur la gauche de la photo).


Place Bab Souika, mosquée Sidi Mahrez, mausolée Sidi Mahrez, et alentours.

• Dernière petite visite, en retournant nous balader dans la médina : l’église Sainte-Croix de Tunis. Il s’agit d’une église catholique construite en 1837, donc avant le protectorat français. A cet emplacement-ci, se trouvait des bagnes d’esclaves chrétiens capturés par la course au XVIe siècle. En 1647, Jean Le Vacher, missionnaire lazariste et qui sera consul de Tunis et d’Alger, leur fait construire des chapelles et, en 1662, il fonde la paroisse Sainte-Croix. L’église Sainte-Croix est discrète et ne se distingue pas depuis la rue. Elle a une architecture néo-classique particulière, dépourvue de transept. Son clocher est un des premiers à avoir été construit en béton armé. Elle est cédée à la Tunisie en 1964, et de nos jours elle est transformée en centre méditerranéen des arts appliqués. L’entrée est gratuite et il y a quelques expositions de tableaux. Nous n’avons eu accès qu’au presbytère, l’église en elle-même est en rénovation. Si j’ai bien compris, sa réouverture comme auditorium est imminente (voir ici).


Église Sainte-Croix de Tunis (presbytère).

• Fin de cette première demie journée de visite de Tunis. Nous rentrons à l’hôtel et nous ressortons le soir pour manger dans la médina.


Rue de la médina la nuit.

► JOUR 6 :

• Pour commencer la journée, nous partons visiter le tourbet El Bey. Il s’agit d’un mausolée royal où de nombreux souverains de la dynastie des Husseinites (1705-1957), leurs épouses, leurs enfants, et certains dignitaires sont enterrés. Le bâtiment a été construit sous le règne d’Ali II Bey (1759-1782). Le nombre de tombes dépasse les 165 et on compte 14 tombes de beys ayant régné sur la Tunisie à partir du règne d’Ali II Bey jusqu’en 1942. Jusqu’en 1835, les tombes des hommes sont constituées d’une colonne coiffée d’un turban, puis elles adoptent la chéchia, devenue couvre-chef national de la Tunisie. Les tombes des femmes sont reconnaissables par les plaques de marbre placées à leurs deux extrémités. L’intérieur des salles est superbe, dans un style ottoman aux influences italiennes.
De nombreux panneaux sont présents pour expliquer l’histoire du lieu et des beys Husseinites. L’entrée coûte 5 DT/personne, et l’endroit, bien qu’emblématique, est très calme avec peu de visiteurs.


Tourbet El Bey.

• Durant notre balade, nous passons devant la mosquée El Koubba, une petite mosquée du XIe siècle, célèbre pour avoir été un lieu d’études du savant Ibn Khaldoun. Nous pouvons entrer sous son porche mais pas plus.


Mosquée El Koubba.

• Nous avons ensuite tenté deux visites qui n’ont pas pu se faire. La première, celle du dar Othman, un ancien palais d’Othman Dey érigé en 1595 (photo avant restauration ici). Il constitue une sorte de prototype des palais de notables tunisois qui sont ensuite construits du XVII au XIXe siècle. C’est également un bon exemple d’architecture ifriqiyenne (bien que nous ayons déjà croisé des bâtiments de ce style plus tôt dans notre voyage). La deuxième visite tentée est celle du dar Ben Abdallah, un ancien palais de notables construit au XIIIe siècle (photo avant restauration ici). Il est si richement décoré qu’il se range aux côté des palais de la médina plutôt qu’avec les maisons bourgeoises. Bien plus récent que dar Othman, il est également un autre bon exemple d’architecture ifriqiyenne, avec des inspirations italiennes et ottomanes. De nos jours, le dar Ben Abdallah abrite le musée des Arts et Traditions populaires de Tunis.
Pour l’instant, ces deux dars sont fermés pour rénovation, mais à leur réouverture, ce sont clairement des incontournables à visiter !


La porte du dar Othman, fermé pour restauration !

• Dernier loupé, cette fois de notre part, avant de reprendre : le dar Hussein, un autre palais de la médina construit sur l’emplacement de la cité princière des XIe et XIIe siècles. Il est habité successivement par des princes, deys et beys qui l’agrandissent et le rénovent. Son architecture et sa décoration actuelles datent du XIXe siècle quand il a été racheté par le ministre favori du bey Hammouda Pacha (photos ici).

• Nous continuons notre visite de palais avec le dar Bach Hamba, demeure d’artisans du XVIIe siècle et rénové avec le style architectural qu’il a gardé depuis le XIXe siècle, comme d’autres palais du même type. Durant le protectorat français, il abrite un dispensaire, une école et une chapelle. De nos jours, s’y trouvent les sièges de plusieurs associations d’art.
Quand nous sommes venus, l’entrée était gratuite, mais il était partiellement en rénovation et nous n’avons pas pu monter à l’étage. Cela sera peut-être différent après (mais les entrées dans les dars de Tunis ne sont pas bien chères, 5 DT environ).


Dar Bach Hamba.

• Nous enchaînons avec la médersa Slimania, édifiée en 1754 par le bey Ali Ier Pacha à la mémoire de son fils Suleimane (empoisonné par son frère). Elle se distingue par son porche d’angle monumental surélevé par rapport au niveau de la rue et présente l’architecture des médersas ifriqiyennes mélangée à des influences ottomanes, avec notamment des décorations à motifs floraux. L’entrée est gratuite.


Médersa Slimania.

• Direction notre dernier dar à visiter à Tunis : le dar Lasram, un palais édifié en 1812 par la famille aristocrate Lasram. Sur le plan architectural, le dar Lasram est un exemple de grande demeure tunisoise traditionnelle : au rez-de-chaussée le magasin et la maison de service, à l’étage l’habitation principale, au niveau supérieur la maison des hôtes. L’édifice est richement décoré dans un style ifriqiyen avec des inspirations andalouses, ottomanes, italiennes et grecques antiques. On note notamment les plafonds en bois sculpté et peint. Le dar abrite actuellement l’association de sauvegarde de la médina et le club culturel Tahar-Haddad.
L’entrée coûte 5 DT/personne.


Dar Lasram.

• Nous prenons ensuite le chemin de la place de la Kasbah. Cette grande place se nomme ainsi car elle est née à la suite de la démolition des remparts de la kasbah de Tunis, qui était adossée à la médina, et dont il ne reste que quelques murs. On y trouve plusieurs bâtiments remarquables, notamment le monument national qui ressemble au mémorial des Martyrs algérien en version mini, la mosquée de la Kasbah construite en 1235 (ce qui fait d’elle le plus ancien monument de la kasbah), l’hôtel de ville de Tunis et le mausolée de Farhat Hached (figure du mouvement national tunisien). En face, sur la place du Gouvernement, on peut voir plusieurs bâtiments gouvernementaux dont le dar el Bey ou palais du Gouvernement, érigé au XVIIe siècle.


Place de la Kasbah : monument national.


Place de la Kasbah : mosquée de la Kasbah.


Place de la Kasbah : collège Sadiki.


Place de la Kasbah : ministère des finances.


Place de la Kasbah : ministère des finances (à gauche) et dar el Bey (à droite).

• Nous retournons dans la médina pour déjeuner puis décidons de nous balader dans la délégation Bab El Bahr, c’est-à-dire l’arrondissement de la ville nouvelle ou quartier “européen” situé derrière Bab El Bahr. Nous commençons avec l’avenue de France et l’avenue Habib Bourguiba, toutes deux bordées de grands bâtiments des XIXe et début XXe siècles, à l’architecture coloniale française, néo-mauresque et art nouveau, mélangés à des bâtiments plus récents. Parmi les édifices notables, on peut citer : la cathédrale Saint-Vincent de Paul et Sainte-Olive de Palerme dont je reparlerai plus tard, la statue d’Ibn Khaldoum, le théâtre municipal au style art déco datant de 1902, le cinéma Le Palace de style éclectique datant de 1903. Les deux rues sont dotées de larges trottoirs et de nombreux cafés et restaurants. Nous nous arrêtons au niveau de l’horloge obélisque, créée en 2001, et de la statue équestre de Habib Bourguiba de retour depuis 2016, situées toutes les deux sur la place du 14 Janvier 2011.


Avenue de France et cathédrale Saint-Vincent de Paul et Sainte-Olive de Palerme.


Avenue Habib Bourguiba et théâtre municipal de Tunis.


Avenue Habib Bourguiba et cinéma Le Palace.


Avenue Habib Bourguiba.


Avenue Habib Bourguiba, statue équestre de Habib Bourguiba et horloge obélisque.

• Revenons sur nos pas pour parler de la cathédrale Saint-Vincent de Paul et Sainte-Olive de Palerme ou plus simplement cathédrale de Tunis. Il s’agit d’une église catholique construite entre 1893 et 1897 dans un style romano-byzantin, sur demande du prêtre français et missionnaire en Afrique du Nord Charles Lavigerie. Elle remplace alors une ancienne chapelle de Jean Le Vacher datant de 1650. La cathédrale porte le nom de Saint-Vincent de Paul, fondateur des missionnaires lazaristes et des filles de la charité qui fut capturé à Tunis alors qu’il était jeune prêtre au début du XVIIe siècle, et de Saint-Olive de Palerme, martyre morte à 15 ans à Tunis, également vénérée dans l’islam tunisien.
A l’intérieur, on retrouve une fresque peinte au dessus du chœur qui représente différents protagonistes cités ci-dessus. L’entrée se fait sur le côté et est gratuite.


Cathédrale Saint-Vincent de Paul et Sainte-Olive de Palerme, statue d’Ibn Khaldoum et tank (?).


Cathédrale Saint-Vincent de Paul et Sainte-Olive de Palerme et hommage au pape François.

• Presque adossée à la cathédrale, se cache l’église orthodoxe Saint-Georges. Il s’agit d’une église orthodoxe grecque édifiée par la communauté grecque de Tunis sur un ancien cimetière chrétien en 1901. Les deux fois où nous sommes passés devant, elle était fermée. J’imagine qu’elle n’ouvre que pour les messes !
Pour continuer avec les églises, dans la délégation de Bab El Bahr, on peut trouver : l’église de la Résurrection de Tunis, une église orthodoxe russe au dôme bleu clair datant de 1953 (photo ici), ainsi que le temple protestant de Tunis construit en 1889 (photo ici). En remontant l’avenue de la Liberté, se trouve la grande synagogue de Tunis construite en 1937. Je ne sais pas si elle est ouverte à la visite, mais elle a une jolie architecture extérieure dans un style art déco et l’intérieur a l’air magnifique avec ses dômes très colorés (photo ici).


Église orthodoxe Saint-Georges.

• Toujours dans la délégation de Bab El Bahr, on trouve aussi de jolies façades dans les rues parallèles et adjacentes telles que : avenue de Carthage, avenue Habib-Thameur, rue de Serbie et rue de Rome. Il y a aussi quelques rues commerçantes avec des parties piétonnes comme la rue de Marseille.


Rue de Rome.


Rue de Marseille.

• Après notre balade, nous rentrons faire une pause avant de ressortir pour dîner le soir.


Place de la Victoire de nuit.


Horloge obélisque de nuit.

► JOUR 7 :

• Aujourd’hui, nous partons visiter Carthage. Nous commandons un taxi via inDrive pour nous emmener à notre premier point de visite à Carthage. Nous payons 16 DT le trajet de 18 km (23 min).
Carthage est une ville de 17 000 habitants située au nord-est de Tunis. C’est une des banlieues résidentielles chics de la capitale. Évidemment, elle est surtout célèbre pour son site archéologique, dispersé un peu partout dans la ville moderne.
Carthage est une cité punique et comptoir fondée par les phéniciens et leur reine Didon en 814 avant J-C, soit une soixantaine d’années avant Rome, sous le nom de Qart Hadasht. Les phéniciens sont un peuple provenant de la Phénicie, qui correspond à peu près à l’actuel Liban. La montée en puissance de Carthage aboutit à la création d’une civilisation variante de la civilisation phénicienne : la civilisation carthaginoise ou punique, qui mélange la culture phénicienne aux cultures berbères indigènes du Maghreb. Les carthaginois s’étendent ensuite dans la région méditerranéenne : Maurétanie, Numidie, Ibérie, Baléares, Sicile, Sardaigne et Corse, et ils contrôlent alors la totalité du commerce et de la navigation en Méditerranée occidentale. Leur expansion, notamment en Sicile, provoque des affrontements avec les grecs puis avec les romains. Trois guerres puniques entre Carthage et Rome ont lieu, et la dernière mène à sa destruction en 146 avant J-C. Elle est ensuite reconstruite par les romains, prend le nom de Colonia Julia Carthago et devient la capitale de la province romaine d’Afrique. L’objectif est de promouvoir la romanité et lancer la romanisation en Afrique du Nord, région à la fois libyco-numide et punique. Carthage est une cité importante de l’empire romain d’occident et retrouve sa prospérité. Elle va également permettre la diffusion du christianisme bien que des martyrs célèbres y aient perdu la vie comme Saint Cyprien en 258. La population de Carthage est estimée entre 100 000 et 200 000 habitants aux Ier et IIe siècles après J-C. Elle devient vandale en 439, byzantine en 533 puis cette influence byzantine se perd en 698 avec la montée de l’islam au Maghreb. Sa population est déplacée vers la ville de Tunis, et son rayonnement s’atténue petit à petit. Elle est tout de même le théâtre de la 8e croisade à l’issue de laquelle Louis IX ou Saint-Louis décède en 1270. Ses ruines sont pillées pendant des siècles pour construire d’autres monuments publics ou religieux en Afrique (Tunis notamment) comme en Europe (Pise, Gênes, Canterbury, etc), avant qu’elle soit redécouverte au XIXe siècle.
Le site archéologique de Carthage est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.

• Si maintenant on parle de la visite du site archéologique de Carthage en elle-même, il faut déjà savoir que les différents vestiges sont dispersés dans la ville entière, un peu comme à Rome ou à Athènes. Un ticket d’entrée commun donnant accès à l’ensemble des vestiges est achetable dans les billetteries de chacun de ces vestiges et est valable à la journée. Ce ticket combiné coûte 12 DT/personne. Il faut le montrer pour entrer dans chaque site. Voici la liste des sites concernés : musée national de Carthage, quartier punique de Byrsa et forum, thermes d’Antonin, quartier des villas romaines, odéon, théâtre antique, basilique de Damous El Karita, grandes citernes de la Malaga, monument circulaire, musée paléo-chrétien, amphithéâtre, quartier dit Magon, ports puniques, cimetière “Tophet”. Les deux musées étaient fermés quand nous sommes venus.
Et comment visiter ? Un itinéraire passant par les principaux vestiges fait environ 7 km. Mais c’est facile de trouver un taxi, notamment via les applications de VTC, pour ne pas faire tout à pied. Il y aussi des possibilités de louer un vélo. A l’entrée de chaque vestige, il y a un plan de la ville de Carthage avec la localisation des principaux vestiges ainsi que des exemples d’itinéraires à vélo ou à pied.
Il n’y a pas forcément besoin de guide, car il y a des panneaux informatifs dans les différents sites.


Plan du site archéologique de Carthage (plan plus précis ici).

• Nous commençons notre visite par le sommet de la colline de Byrsa, où se trouvent le quartier punique de Byrsa et son forum, le musée national de Carthage et la cathédrale primatiale Saint Louis de Carthage. Le musée et la cathédrale étaient fermés pour rénovation. Quelques mots sur cette cathédrale : elle est construite en 1884 en l’honneur du roi Louis IX où ce dernier est mort en 1270. La cathédrale est primatiale d’Afrique, avec le cardinal Charles Lavigerie, archevêque d’Alger et de Carthage, comme primat. Cela signifie qu’elle possède une suprématie sur tous les évêques et archevêques de la région.

Quant au quartier punique de Byrsa, c’est notre premier vestige visité dans le site archéologique donc c’est là que nous achetons nos tickets. Il s’agit d’une zone d’habitation dense, aménagée à l’époque d’Hannibal, et composée de maisons alignées le long de rues rectilignes, possédant toutes les commodités et le confort existant à l’époque : citerne d’eau, évacuation d’eaux usées, murs en stuc, sols en mosaïques puniques. Le quartier est devenu une citadelle perchée en haut de la colline de Byrsa où se sont retranchés les puniques lors de la 3e guerre punique avec Rome, avant la destruction de Carthage. Le quartier a été détruit et brûlé en 146 avant J-C. A l’époque romaine, des constructions sont érigées sur les anciens bâtiments puniques, les faisant disparaître. Pendant des siècles, le quartier est oublié, puis la colline est occupée par les pères blancs du protectorat français qui y construisent la cathédrale primatiale Saint Louis de Carthage au XIXe siècle.
Les ruines du quartier punique sont redécouverte en 1972 et ont été conservées sous les constructions romaines par de la poussière et des débris.


Cathédrale primatiale Saint Louis de Carthage.


Quartier punique de Byrsa.

• Puis nous sortons et commandons un taxi via inDrive pour aller aux ports puniques de Carthage pour 6 DT. Nous entrons grâce à notre ticket combiné et un des gardiens du lieu nous explique son histoire via des maquettes. En tant que comptoir commercial et cité portuaire, les ports sont très importants à Carthage. Nous visitons ici le port militaire, qui pouvait abriter jusqu’à 220 navires dans 160 à 170 cales de radoub dont on identifie de nos jours les rampes. Il est situé sur l’îlot de l’amirauté, en retrait par rapport au port de commerce, ce qui permettait d’avoir par surprise les attaquants. D’ailleurs, Carthage était une puissance maritime dont Rome s’est inspirée. Après la destruction de la cité, l’îlot et son port militaire sont réutilisés à l’époque romaine comme place publique cernée par une colonnade. Le port de commerce conserve son activité mercantile. Ces ports sont détruits par Hassan Ibn Numan lors de sa conquête de Carthage en 698.


Ports puniques de Carthage.

• Nous reprenons un taxi via inDrive pour 7 DT direction le quartier des villas romaines ou colline de l’Odéon, également accessible avec le ticket combiné. Cette zone est située en dehors des limites de Carthage mais des vestiges pré-romains y ont été retrouvés. A l’époque romaine, il s’agit d’un quartier de villas luxueuses. On peut notamment identifier la villa de la volière, qui a été restaurée, et où on peut observer des mosaïques. On peut aussi voir une rotonde sur podium carré de l’époque chrétienne, identifiée par certains chercheurs comme un mausolée. Le quartier a été ravagé par les Vandales au Ve siècle après J-C. Quant à l’Odéon, ce dernier est en très mauvais état et il ne subsiste que quelques traces. Il est situé à proximité de la mosquée Mâlik ibn Anas, grande mosquée en marbre construite en 2000.


Quartier des villas romaines.


Mosquée Mâlik ibn Anas et odéon.

• Nous marchons ensuite jusqu’au théâtre romain de Carthage, érigé au IIe siècle après J-C, détruit au Ve siècle par les Vandales et redécouvert dans les années 1950. Ce théâtre est l’un des plus gros vestiges romains de Tunisie. Il est restauré en 1964 afin de le rendre utilisable pour des concerts et notamment le festival international de Carthage . De nos jours, il peut accueillir 10 000 spectateurs.


Théâtre romain de Carthage.

• Toujours à pied, direction les thermes d’Antonin. Nous entrons avec notre ticket combiné. Il s’agit du plus grand ensemble thermal romain d’Afrique, érigé par Antonin le Pieux entre 145 et 162. Il a été utilisé comme thermes jusqu’à après la conquête musulmane puis a été abandonné. Il a subi un pillage intense et a été utilisé comme carrière de pierres. Il ne subsiste qu’une grande partie du sous-sol et quelques vestiges du rez-de-chaussée situés à proximité du rivage de Carthage. Les deux colonnes emblématiques face au rivage ont fait l’objet d’anastylose, afin de se rendre compte des dimensions de l’ensemble thermal.


Thermes d’Antonin.

• Nous nous arrêtons ici pour notre visite du site archéologique de Carthage, mais pour ceux qui aimeraient approfondir, voici d’autres suggestions : le tophet de Carthage qui est un cimetière punique pour enfants (photo ici), l’amphithéâtre de Carthage (photo ici), la basilique de Damous El Karita (photo ici). Nous prenons un taxi via inDrive pour 5 DT pour aller déjeuner à la limite entre Carthage et Sidi Bou Saïd.

• Après déjeuner, Sidi Bou Saïd est notre destination de l’après-midi. Il s’agit d’un village tunisien d’environ 6000 habitants, perché sur une falaise à 130 mètres au dessus du niveau de la mer. Il porte le nom du saint musulman tunisien Sidi Bou Saïd qui y a vécu au XIIe siècle. Le village était déjà fréquenté à l’époque de Carthage car une tour à feu y a été érigée par les puniques et des mosaïques romaines y ont été retrouvées. Il garde sa position stratégique à travers les siècles, des tours de guet, tours à feu, phares et ribat y sont construits. Sidi Bou Saïd commence à attirer la bourgeoisie tunisienne au XVIIe siècle de part son charme, et des villas luxueuses commencent à s’y bâtir.
Le village reçoit le nom de Sidi Bou Saïd lorsqu’il devient le siège d’une municipalité en 1893. En 1915, un décret est pris pour assurer la protection du village, imposant le bleu et le blanc. Il prend en célébrité en France dans les années 2000 quand Patrick Bruel chante Au café des Délices, en référence au café de Sidi Chaabane, renommé ensuite café des Délices.

• A partir de la mosquée El Ghofrane située au rond-point, nous avons principalement remonté la rue Habib Thameur.


Mosquée El Ghofrane.


Rue Habib Thameur.

• Petit arrêt au Dar El Annabi, une maison construite au XIIIe siècle puis rénovée au XVIIIe siècle. Elle a été habitée par le mufti Mohamed Ali Annabi, puis par ses descendants. De nos jours, la famille Annabi est toujours propriétaire de la maison et l’a transformée en musée privé décrivant le mode de vie d’une famille bourgeoise de la région au XVIIIe siècle. Le résultat est très soigné avec de nombreux meubles et objets d’époque dans les différentes pièces de la maison à la riche décoration. La visite peut se faire seul, grâce à un livret explicatif de chacune des pièces. Il ne faut pas manquer la belle vue depuis le toit. L’entrée coûte 6 DT/pers et un verre de thé à la menthe est offert dans le patio.


Dar El Annabi.


Vue depuis le toit du Dar El Annabi, notamment sur la mosquée de Sidi Bou Saïd.

• Autre idée de visite sur le chemin : Ennejma Ezzahra (photos ici). Il s’agit d’un palais construit par le baron et peintre orientaliste Rodolphe François d’Erlanger au début du XXe siècle. Celui-ci a fait appel à des artisans tunisiens, marocains et égyptiens pour créer ce palais reprenant l’architecture extérieure des maisons tunisiennes et maghrébines de manière générale, et à l’intérieur le style andalou avec des touches art déco. Lors de la 2nde guerre mondiale, il est pillé par les soldats allemands, puis il sera vendu à l’État tunisien et transformé en musée : le Centre des musiques arabes et méditerranéennes, inauguré en 1992. Nous n’avons pas visité par manque de temps.

• Puis nous continuons notre balade jusqu’à attendre la mer via la rue Hedi Zarrouk qui elle est piétonne. Dans la rue Habib Thameur comme dans celle-ci, il a principalement des cafés pour les touristes et des boutiques de souvenirs.


Rue Hedi Zarrouk.

• Au bout de la rue, nous arrivons à un point de vue qui donne sur le port de plaisance et une mer à la couleur turquoise.


Point de vue sur le port.

• Enfin, nous rebroussons chemin pour changer de rue et nous rendre au fameux Café des Délices. Nous contentons de quelques photos en haut des escaliers mais ne consommons pas. L’établissement n’est pas très bien noté car à priori assez cher sans que la qualité ne suive.


Café des Délices.

• Après cela, nous redescendons toute la rue jusqu’au rond-point pour commander un taxi via inDrive et rentrer à Tunis. Nous payons 18 DT. En fin d’après-midi, nous nous baladons dans le souk, et nous passons la soirée en ville.

► JOUR 8 :

• Pour cette dernière journée à Tunis, nous nous rendons au musée national du Bardo en taxi via inDrive pour 12 DT. Il est situé dans un ancien palais de Bey datant du XVe siècle, rénové au fil des siècles et agrandi au XIXe siècle. Le musée y est abrité depuis 1888, initialement sous le nom de musée Alaoui. Il s’agit d’un musée retraçant l’histoire de la Tunisie et des régions environnantes à travers plusieurs millénaires et civilisations. Il rassemble notamment une des plus grandes collections de mosaïques romaines provenant de sites archéologiques tunisiens comme Carthage, Hadrumète, Dougga ou Utique. Il expose aussi d’autres objets de différentes époques comme des statues, des stèles, de la céramique, des objets de la vie quotidienne mais aussi plus précieux. Les collections se réfèrent à différentes époques de l’histoire tunisienne et sont les suivantes : préhistoire, art libyco-punique, art classique romain (dont les mosaïques), art paléochrétien, art islamique du Moyen-Âge. Il y a aussi des collections de monnaies, de costumes et de bijoux de Tunisie et d’Afrique du Nord. Le musée national du Bardo est ainsi le 2e plus grand musée d’Afrique derrière le musée égyptien du Caire par la richesse de ses collections.
L’entrée coûte 37 DT/pers. Ce musée est juste magnifique entre les collections de mosaïques et son architecture intérieure très riche. Il y en a partout : sols, murs, plafonds. Cela vaut vraiment le coup d’y aller, d’autant plus que cela complète bien la visite du site archéologique de Carthage, relativement détruit et pillé, et où il manque les mosaïques et les statues. Les panneaux informatifs sont très intéressants pour replacer les objets dans leur contexte historique et pour en apprendre plus sur l’histoire du Maghreb et du Moyen-Orient. Le musée gagnerait à avoir une meilleure signalétique, car on se perd dans les salles et on fait beaucoup d’aller-retours. Notre visite a pris environ 2h mais certaines parties du musées étaient fermées, notamment la zone préhistorique que nous n’avons pas pu visiter.


Musée national du Bardo.
(J’abuse des photos mais il est vraiment superbe ce musée !)

• Après la visite, il est temps de raccompagner mes beaux-parents à l’aéroport. Le trajet en taxi via inDrive coûte 15 DT. Nous passons de notre côté notre dernier après-midi dans la médina de Tunis, à nous balader et faire quelques achats.

► JOUR 9 :

• Dernier jour, nous prenons une fois de plus un taxi via inDrive pour l’aéroport de Tunis pour 15 DT. Il est environ 4h15 du matin, et nous n’avons pas de problème pour trouver une course depuis notre hôtel.

Vol Tunis > Bordeaux le 25 avril 2025, départ de Tunis à 06h30, arrivée à Bordeaux à 9h45.
Atterrir à Bordeaux nous a fait économisé une centaine d’euros. Nous prenons ensuite un autocar pour rentrer de Bordeaux à Toulouse pour 11,75 €/pers.


► BILAN ◄

La Tunisie ne faisait initialement pas partie de nos plans de voyage, car nous avions la mauvaise idée reçue que c’était plutôt une destination balnéaire avec l’image de Djerba. Nous avions complètement faux. La Tunisie est effectivement visitée pour ses plages par un grand nombre de touristes, mais c’est aussi une destination propice aux visites culturelles ou à la randonnée. Ce petit pays a eu une importance dans la région dès l’Antiquité avec Carthage à l’époque punique puis romaine et durant la diffusion du christianisme, puis celle de l’islam avec Kairouan, ou à travers ses villes qui ont été capitales de dynasties comme Mahdia et évidemment Tunis. En environ 1 semaine, nous avons visité trois zones très différentes, regorgeant toutes de sites historiques très variés. La médina de Tunis est vraiment très belle, blanche et bleue, ce qui m’a fait penser à la médina de Tanger (que j’ai visitée à deux reprises), bien que plate. Elle bien entretenue et authentique quand on s’éloigne du souk pour touristes et que l’on se retrouve parmi les habitants. Ses nombreux Dars couverts de céramiques m’ont rappelée ceux d’Alger (que j’ai visitée l’année dernière), bien que le style soit un peu différent. Entre les sites à visiter à Tunis même, Carthage, Sidi Bou Saïd voire même Bizerte et le Cap Bon, on peut y passer un certain nombre de jours facilement. Kairouan est également une jolie ville dont l’histoire est remarquable. Sa médina, très bien entretenue aussi, ressemble à celle de Tunis, bien plus petite. C’est un très bon arrêt d’une journée pour un voyage vers le sud ou vers Monastir, Sfax ou Sousse. Enfin, les régions de Médenine et de Tataouine nous ont permis de passer à une ambiance plus rurale et désertique. Louer une voiture y est particulièrement utile pour pouvoir rayonner aisément. Je dirais qu’il faut distinguer les ksour appartenant à l’État tunisien et dont la rénovation a pour but d’être fidèle, et les ksour privatisés dont la rénovation a pu prendre des libertés pour les rendre attirants pour les touristes, ce que je trouve assez dommage. Ces ksour et ghorfas tunisiens sont si singuliers de part leur architecture et sortent des ksour plus habituellement visitables au Maroc et en Algérie. Quant aux villages berbères de Douiret et Chenini, ceux-ci m’ont fait penser aux ksour de la ville de Djanet dans le sud de l’Algérie (que j’ai visitée il y a 6 mois) de part leur architecture.
La Tunisie est une destination extra-européenne facile et abordable avec des habitants chaleureux et arrangeants, parlant pour beaucoup français. Il y a aussi beaucoup d’infrastructures touristiques. Et pourtant, quand nous avons visité, dans les trois régions, nous nous sommes très souvent retrouvés à être les seuls touristes ou presque.

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@atnah50

Merci et bravo pour ce carnet de voyage , très bien fait , comme d’habitude !

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Que dire ?
On reste bouche bée devant cet éblouissant et magistral récit, magnifiquement illustré !
Et il y a même des photos de félins…
Merci !

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Bravo, bravo, bravo et mille mercis pour ce magnifique compte-rendu qui donne envie

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Bonjour,
Bravo et merci pour ce beau carnet de voyage. Je ne connais que la région de Gabes, très agréable séjour chez des amis originaires de cette ville. Vous donnez envie de repartir! :hugs:

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Merci à vous 4 pour vos retours ! :grin:

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Bonjour

Vous avez , à l’évidence été envoûtés par le charme de la Tunisie, en parcourant des endroits parmi les plus connus
le patrimoine historique et culturel est inépuisable, et toujours d’un grand intérêt
Mais vous avez principalement parcouru des villes (superbes, on ne peut jamais regretter d’être allé à Tunis et Kairouan), et en partie le désert du sud
N’oubliez surtout jamais d’aller dans les régions bucoliques du nord, plus vertes, maritimes, montagneuses, agricoles, qui cachent un grand nombre de vestiges antiques , souvent classés par l’Unesco au patrimoine mondial (vestiges carthaginois, numides, romains, paléochrétiens etc…)
Y voir à la mi-mai , juste avant les moissons, les troupeaux avec traite des vaches avec machine ambulante( dans le pré) à moteur thermique ,les champs de blés pleins de coquelicots,le lac Ichkeul avec ses buffles, ses sources thermales très animés le WE, le Cap Serrat, les bains thermaux, qui permettent de parler aux gens (touristes et habitants) est puremnt exaltant
La Tunisie possède un nombre faramineux de sources thermales, de par sa constitution géologique ( moins que la Hongrie tout de même). Une des plus pittoresques se trouve à Korbous, à l’entrée du Cap bon. On peut se baigner en mer, et se faire arroser par la source chaude ( très chaude)qui tombe du rocher juste au dessus. Et il y a une gastronomie. Une élégance quoi !

Jean Michel

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Bonjour,

Merci pour ces recommandations. Oui nous avons visité des villes et villages très connus de Tunisie, nous n’avions que quelques jours devant nous, alors qu’il y a plein d’autres choses à découvrir dans ce pays. :smiling_face:

Super retour Merci pour ce partage
ça donne envie de visiter les endroits que tu as cités
Si tu reviens en Tunisie, pense à faire un tour à Mahdia et Tabarka

Merci pour le retour et les recommandations !

Bravo pour ce très beau carnet de voyage.
Je me demandais quelle durée idéale vous conseilleriez (en prenant son temps) pour visiter Kairouan et Tunis (inclus Carthage et Sid bou saïd).
Pour la première ville, j’ai l’impression que votre programme en un jour plein était ultra dense : seriez-vous resté plus ?
Pour la capitale, auriez-vous consacré une journée entière à Carthage et une autre à Sidi bou saïd ? Ce qui aurait fait je crois 5 jours pleins ?
Merci.

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Bonjour faiyech,

Merci pour votre retour !

Pour Kairouan, la journée n’a pas été si dense que cela à vrai dire. Je pense qu’une bonne journée suffit, à condition d’arriver la veille ou tôt le matin et de partir le lendemain ou tard le soir afin d’avoir une journée complète. Après on peut toujours de quoi prolonger. Il me semble que c’était vendredi quand nous sommes venus, donc pas mal de commerces fermés et pas de quoi traîner, ce qui peut expliquer qu’on ait visité plus rapidement. Nous n’avons pas non plus pu voir Bir Barrouta qui était fermé à l’époque mais réouvert depuis.

Pour Tunis, je pense que 4 à 5 jours, c’est également bien. Nous étions avec mes beaux-parents qui ne sont pas aussi énergiques que nous, donc nous avons davantage traîné dans le centre de Tunis (ce qui peut donc être réduit), et nous n’avons pas tout visité à Carthage, donc une journée complète ça peut le faire. Sidi Bou Saïd, on peut y rester un peu plus en visitant Ennejma Ezzahra mais pour moi la demie journée suffit amplement. On peut passer un peu plus de temps que nous au musée du Bardo également, mais pareil une demie journée suffit.
Par contre, c’est toujours possible de moduler le séjour à Tunis en se rendant à la journée à Bizerte ou au Cap Bon si jamais il y a du temps à tuer.

Bonjour atnah, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre carnet de voyage car je compte aller en Tunisie en mars prochain. Merci pour les très belles photos qui donnent encore plus envie et aussi tous les conseils.
J’ai vu que vous avez pris la compagnie Nouvelair pour vos vols. Qu’en avez-vous pensé ? J’ai lu beaucoup d’avis négatifs sur cette compagnie et j’hésite à réserver avec. Par contre, elle est moins chère que Transavia et donc tentant. Ce sont surtout des retards que les gens se plaignent et du manque d’organisation lors de l’embarquement.
Je pars de Nantes.
Merci d’avance pour votre rponse.
Cordialement

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Bonjour,
Pour information, j’ai effectivement eu un retard au décollage de CDG, d’un peu moins d’une heure.
La raison annoncée par le pilote en était un encombrement de l’aéroport.
Pour le reste, rien de notable.

Bonjour @ch44, merci pour votre retour !
Pour la compagnie aérienne, j’avoue que je ne regarde jamais leurs avis et je choisis avant tout mon billet selon l’horaire (et le prix). Pas de soucis pour ma part avec Nouvelair.

Merci pour ce magnifique récit ! Nous avons également un forfait Free 5G; avez vous eu quelques appels téléphoniques à donner localement ou vers la France ? Les prix sont ils abordables ou conseillez vous une carte sim uniquement pour les appels ?

@eckban, pas d’appel téléphonique avec le forfait Free 5G pour la Tunisie. Il y a juste des données internet (35 Go/mois). Ceci dit, ces données internet peuvent être utilisées pour passer des appels via des applications de messagerie comme Whatsapp ou Messenger. Vous pouvez aussi passer des appels sur ces applis lorsque vous êtes en Wi-Fi. Ou bien vous pouvez passer des appels téléphoniques VoWi-Fi.

Même avec une carte sim locale, si vous passez des appels téléphoniques hors du pays, ce sera payant. Le moins cher reste donc d’appeler via Whatsapp ou Messenger avec les données internet, que ce soit avec votre carte sim Free 5G ou avec une carte sim locale.

Quel est le forfait idéal chez Free pour partir à l’étranger ?
Si vous voyagez à l’international, le Forfait Free 5G est le forfait qui vous convient :

  • Les appels, SMS, MMS sont illimités (hors numéros courts, spéciaux, surtaxés et SMS/MMS surtaxés) depuis l’Europe et DOM vers les fixes et mobiles d’Europe, DOM et de France métropolitaine et depuis les Etats-Unis, le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Israël vers les fixes et mobiles du même pays et de France métropolitaine.
  • Et profitez d’une enveloppe internet de 35 Go/mois en 4G utilisable depuis plus de 115 destinations dont l’Europe, DOM, la Suisse, l’Australie, les Etats-Unis, le Canada, la Thaïlande, le Sénégal, le Costa Rica, l’Afrique du Sud, l’Algérie, la Tunisie et plus encore.

Source : Tarifs des communications mobiles à l'étranger avec votre forfait Free Mobile

Magnifique carnet, très bien documenté et superbement illustré. J’ai beaucoup aimé. J’avais quelques a priori, ils se sont envolés à la lecture de votre carnet. Merci.

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Merci pour ce retour marianne59 !

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J’ai moi aussi découvert grâce à vous que la Tunisie avait beaucoup d’atouts en dehors de ses plages. C’est une destination abordable et tellement proche. Merci encore.

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Super que cela vous ait plus !

Oui c’est vraiment un beau carnet qui donne envie de s’envoler pour la Tunisie sans attendre.

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