Dormir chez l'habitant

Carine Keyvan
par Carine Keyvan

22 mai 2023

Repas Groupe Visite
© Rido - Shutterstock

Les plates-formes de couchsurfing, échanges de maisons ou locations entre particuliers, explosent sur le Net, à croire qu’Antoine de Maximy n’est plus le seul à vouloir s’incruster chez les autres le temps d’une nuit. 

Dormir chez l’habitant, c’est désormais un business, et ça s’organise plutôt bien, au point de faire trembler les professionnels de l’hôtellerie. L’industrie classique voit d’un mauvais œil cette concurrence déloyale (les particuliers ne sont pas soumis à la même réglementation) et fait pression pour que la situation soit clarifiée, du moins en ce qui concerne la sous-location. Un New Yorkais a été condamné à une amende de 2 400 $ pour avoir enfreint la loi municipale sur les hôtels illégaux ! 

En attendant, le flou juridique permet aux loueurs d’arrondir leurs fins de mois et aux voyageurs de profiter de bonnes affaires, aux quatre coins du monde.

Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce phénomène en plein boom.

Dormir chez l'habitant : pourquoi ça marche ?

Habitant Accueil Voyage
© mavoimages - Adobe Stock

C’est un logement de crise ! Pour continuer à voyager sans grever son budget, le vacancier est tenté de faire des économies de tous les côtés. Après le boom des vols low costs, c’est au tour des logements de faire baisser la note.
Plusieurs solutions s’offrent alors :

  • Echanger des services entre particuliers pour loger gratuitement ;
  • Payer moins cher en prenant une chambre chez l’habitant ;
  • Sous-louer un appartement ou une maison entière.

Si l’argument économique pèse lourd dans la balance, il n’est pas le seul à expliquer ce succès.

Deuxième point fort de toutes ces formules, l’authenticité. On aime se glisser dans la vie d’un autre et ne pas passer pour un touriste. Dormir chez l’habitant, c’est être en immersion au milieu des « autochtones », et pas dans un décor de carte postale.

Ainsi, 70 % des logements Airbnb se situent en dehors des quartiers hôteliers habituels. C’est donc l’occasion d’explorer le 19e ou le 20e arrondissement de Paris, ou encore les quartiers de Brooklyn et du Queens lors d’une escapade à NYC.

D’autant que le logeur a souvent pris soin de laisser ses bonnes adresses à l’attention de ses hôtes. Un vrai piège à bobos désireux de sortir des sentiers battus !

Ces hébergements promettent un petit supplément d’âme, loin des chambres d’hôtels aseptisées. D’ailleurs, les sites n’hésitent pas à exploiter cette différence, le site Airbnb propose des expériences uniques à thème ou par destination.

Ce n’est pas tant la destination qui compte, mais le voyage !

Gratuit : couchsurfing et échange

Couchsurfing 1 Dossier
© mooshny - Fotolia

Chez l’habitant, rime parfois avec gratuitement. En réalité, il s’agit plutôt d’un échange de bons procédés.

Ainsi, depuis quelques années, les sites d’échange d’appartements se sont multipliés : HomeExchange, Homelink, Neovacances, SwitcHome... Un concept qui séduit particulièrement. 

Le site home exchange propose 400 000 maisons dans 187 pays.

Si l'échange se fait gratuitement, l'inscription aux sites d'annonce est par contre payante.

Les Parisiens tirent particulièrement leur épingle du jeu, car la capitale reste le must à voir aux yeux des étrangers. Ainsi, il n’est pas rare d’échanger son deux-pièces croquignolet à Montmartre contre une maison avec piscine aux États-Unis. Bien sûr, il faut avoir une monnaie d’échange, cette pratique séduit plutôt la classe moyenne, propriétaire de son logement.

L’échange de maison, c’est avant tout une philosophie. Certains utilisateurs avouent saisir les opportunités et partir là où cet échange les mène… L’inconnu redonne un parfum d’aventure au voyage. On cherche à connaître un pays de l’intérieur, à vivre les mœurs d’une autre nationalité, sans oublier le côté pratique : difficile de trouver une chambre d’hôtel pour 5 ou 8 personnes. L’échange, c’est l’eldorado des familles nombreuses.

Couchsurfing et wwoofing

Mais les budgets serrés et les voyageurs solos ont aussi leur concept : le couchsurfing. Que celui qui n’a jamais atterri sur le canapé d’un ami pour la nuit, jette son sac à dos ! La différence, ici, c’est que l’on squatte le futon de quelqu’un qu’on n’a jamais vu.

Née en 2004, la formule séduit particulièrement les jeunes, qui en profitent pour se faire des amis et plus si affinités... Encore une fois, la méthode fait un carton. Le site couchsurfing compte près de 14 millions de membres dans 250 pays et 200 000 villes.

Dans le même esprit, le "nightswapping" mélange couchsurfing et échange d'appartement. L'idée ? Mettre en relation des particuliers via une plateforme web pour échanger gratuitement des nuits d'hébergement. On gagne des nuits en recevant des membres chez soi que l'on peut utiliser chez d'autres "nightswappers".

NightSwapping a rejoint le groupe HomeExchange tout en maintenant un concept similaire avec l'accumulation de GuestPoints.

Dernière option pour loger gratos, le wwoofing. Là, il faudra mettre la main à la pâte en contrepartie du gîte et de la nourriture, on vous demandera d’aider aux travaux de la ferme. Un ranch au Texas, une propriété vinicole argentine ou une ferme écolo en Suède, des horizons multiples qui ont de quoi allécher les amateurs de nature et de vie au grand air.

Pour en savoir plus, consulter nos dossiers sur l’échange d’appartement, le couchsurfing et le wwoofing.

Plus d’infos :

Payant : location chambre et/ou appart

Habitant Portes Voyage
Jeanette Dietl - Adobe Stock

Le prix varie selon que le logeur est présent ou non.

C’est sans doute le mode de logement qui fait le plus le buzz en ce moment. La location entre particuliers n’a pourtant rien de récent, mais elle connaît un nouveau souffle depuis l’avènement de sites où les locations sont plus souples.

Fini les réservations du samedi au samedi, on peut dorénavant se contenter de quelques jours, voire d’une petite chambre individuelle chez l’habitant !

Magali Boisseau Becerril, fondatrice de Bedycasa reconnaît que la crise a accentué l’offre. « Nous avons beaucoup d’offres à 25 € la nuit », un prix imbattable.

Sur son site, 80 % des logements proposés sont des chambres, les logeurs sont donc sur place. « On est très attachés à l’échange culturel. Les hébergeurs sont souvent disposés à faire visiter la ville, à faire à manger à leur hôte ». Une convivialité qui séduit.

L’utilisateur est généralement jeune, entre 25 et 35 ans, et sans enfant, tandis que l’hébergeur a souvent entre 40 et 65 ans. « Mais beaucoup de voyageurs deviennent hébergeurs par la suite, conquis par le concept » explique cette ancienne adepte du couchsurfing.

Mais le mastodonte de la location individuelle, c’est Airbnb. Une vraie success story. Fondé en 2008 à San Francisco, le site fait trembler les hôtels des grandes villes. La plate-forme couvre 100 000 villes dans 191 pays.

A signaler, il existe aussi un site pour des locations gay friendly dans le monde : https://www.misterbandb.com/fr, que l'on doit à l'ancienne équipe de MyGayTrip.com.

La consommation collaborative a de beaux jours devant elle !

Plus d’infos :

Dormir chez l'habitant : témoignage

Couple Voyage Appartement
© nyul - Adobe Stock

Joël, 38 ans, a séjourné à Rio de Janeiro chez une logeuse.

« Je suis parti à Rio en solo en janvier. La réputation du Brésil étant sulfureuse, j’ai choisi de loger chez l’habitant, histoire de ne pas me retrouver dans un quartier malfamé, faute de moyens. J’ai trouvé une chambre pour environ 50 € la nuit sur Airbnb.

Pour moi, l’emplacement de l’appart a été un élément déterminant. Je voulais absolument être sur Ipanema, mais les hôtels étaient tous à plus de 100 € la nuit… Et quand on ne connaît pas le pays, loger chez quelqu’un, c’est plus rassurant.

J’y suis resté 5 – 6 nuits et je me suis senti comme chez moi. J’utilisais la cuisine, mes hébergeurs m’ont donné des infos sur la ville et les sorties. J’ai trouvé que c’était un excellent rapport qualité prix pour un quartier calme de Rio.

On échange pas mal par mail avant le départ, résultat, on n’a pas l’impression d’atterrir dans l’inconnu, et le système de vérification des identités par les réseaux sociaux, ça aide à mettre en confiance.

J’ai tellement été conquis que je réitère, là je pars en week-end à Berlin, j’ai réservé à Kreuzberg, le quartier qui monte. Cette fois, j’ai pris un appart entier, je suis sûr que ça va me plaire ! »

Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !

Le meilleur de nos reportages, idées et carnets de voyage

Réductions, gratuités & actualités voyage à ne pas manquer

Les derniers reportages

La Grèce hors des sentiers battus

La Grèce hors des sentiers battus

Où aller loin des foules en Grèce ? La Grèce ne se résume pas à l’Acropole, Santorin, Mykonos et Delphes, loin de là. De nombreux sites moins connus et fréquentés sont à découvrir dans les îles comme...
Angleterre : virée dans la verte campagne du Kent

Angleterre : virée dans la verte campagne du Kent

Juste en face de Calais, mais sur l’autre rive de la Manche, s’étendent les paysages verdoyants du Kent où se cachent des châteaux chargés d’histoire, des villages pittoresques, et, bien sûr, la cité...
Les plus beaux hôtels de Saint-Barth

Les plus beaux hôtels de Saint-Barth

À Saint-Barth, ces hôtels d’exception réinventent le luxe insulaire. Pour se prélasser et s’émerveiller : voici une sélection des plus belles adresses de la perle des Antilles.À Saint-Barth, l’image...
Les plus beaux hôtels de Megève

Les plus beaux hôtels de Megève

Direction Megève, village de Haute-Savoie aussi chic qu’authentique, où chalets confidentiels et adresses iconiques composent un paysage hôtelier d’exception : notre sélection des plus beaux hôtels.À...
Le nouveau Guide du Routard - Le Soissonnais Valois : Soissons, Villers-Cotterêts

Le nouveau Guide du Routard - Le Soissonnais Valois : Soissons, Villers-Cotterêts

À une heure de Paris, entre forêts profondes, villages de pierre et grandes pages d'Histoire, le Soissonnais Valois cultive l’art de l’escapade. Avec son nouveau guide Le Soissonnais Valois : Soissons...

Bons plans voyage