L'eau en voyage

Quels sont les dangers liés à l’eau en voyage ?

Quels sont les dangers liés à l’eau en voyage ?
© Jacob Lund - Fotolia

Le coup de chaleur

Attention, lorsque le temps est très humide, on perd beaucoup d'eau et nos capacités physiques peuvent alors s'abaisser. On s'expose alors au coup de chaleur, dû à la déshydratation. Il se manifeste par une fatigue prononcée, des céphalées, des nausées, de la fièvre, des vertiges, des troubles de la vision, une plus grande irritabilité, et aussi par l'insomnie. 

Des accidents sérieux peuvent survenir en cas de coup de chaleur : malaise avec ou sans perte de connaissance, pâleur, déshydratation (soif, tachycardie, pincement tensoriel). Il n’est donc pas à prendre à la légère.

Quels risques encourt-on lorsque l'on boit l'eau du robinet ou celle d'un puits ou d'un lac ?

Dans les pays en développement, la qualité de l'eau du robinet est souvent variable. Il est difficile pour le voyageur de la connaître, et d'en être sûr... Elle peut en effet être contaminée par des germes d'origine fécale, des bactéries, des virus ou des parasites. Le voyageur risque alors une diarrhée, une hépatite virale A ou E, une fièvre typhoïde ou une amibiase.

L'eau de surface ou une eau de puits non traitée est généralement beaucoup plus polluée que celle du robinet.

Si par hasard vous souhaitez boire cette eau (au cours d'une randonnée, etc.), il est important de savoir que les particules qui lui donnent un aspect trouble fixent de très nombreux micro-organismes. Avant de désinfecter l'eau, il faudra toujours filtrer ces particules, par exemple, avec des filtres à café. Mais il est préférable d'épurer l'eau avec des filtres spéciaux (lien interne : Quels sont les différents moyens dont un voyageur dispose pour traiter son eau ?).

Quelles maladies risque-t-on de contracter en buvant une eau souillée ?

Les bactéries et les parasites : 

Gastro-entérites 

La diarrhée virale chez le voyageur représente une part non négligeable des diarrhées aiguës du voyageur, de l'ordre de 10 à 30 %. Il faut savoir qu'une gastro-entérite peut être très grave, en particulier chez les jeunes enfants, les personnes âgées ou sensibles. 

Amibes : 

Ces petits protozoaires sont très agressifs pour la muqueuse intestinale. Ils l'infestent, la font saigner, ce qui provoque la dysenterie. S'ils traversent la paroi intestinale pour atteindre le foie, on risque un très grave abcès amibien hépatique.

Il n'existe ni vaccin ni médicament préventif contre les amibes. En revanche, la désinfection de l'eau élimine normalement ces parasites.

Giardase : 

Proche de l'amibe, cette bactérie provoque des diarrhées moins sévères, mais qui peuvent durer plus longtemps. 

Fièvre typhoïde et salmonelloses : 

La fièvre typhoïde provoque 16 millions de morts dans le monde. Les autres bactéries parentes sont tout aussi fréquentes, bien qu'elles soient assez mal recensées. Il est donc nécessaire de se vacciner contre la typhoïde. 

Choléra : 

Le risque de choléra est très faible chez le voyageur.
La contamination par le vibrion cholérique (bactérie), agent du choléra, ne se produit que dans des conditions d'hygiène alimentaire extrêmement défectueuses ou chez des sujets à haut risque (personnes atteintes de gastrite atrophique par exemple). Le choléra se transmet de manière fécale-orale. Il est donc important de veiller au lavage des mains, au choix et à la préparation des aliments, et au choix des boissons. La protection apportée par les vaccins n'est que partielle. 

Vaccins disponibles et modalités vaccinales 

Dukoral® (vaccin oral tué) (SBL vaccin AB Stockholm) : 1 dose orale à répéter au moins 1 mois et au plus 6 semaines après. Enfants de 2 à 6 ans : troisième dose 6 mois après la première. Ne pas prendre d'aliment ou de boisson dans les 2 heures qui précèdent l'ingestion du vaccin et dans l'heure qui suit. Début d'efficacité : 7 jours après la deuxième dose. Durée de validité : 6 à 12 mois au total.

Orokol® Berna (vaccin oral vivant) : une dose unique. Début d'efficacité : 8 jours après la prise. Durée de validité : 6 à 12 mois.

Les virus : 

La poliomyélite 

C’est e virus hydrique le plus dangereux. Sa transmission se fait par voie fécale-orale. Le virus pénètre dans l'organisme par la paroi intestinale où il se multiplie. Il circule ensuite dans le corps et s'attaque aux neurones moteurs de la moelle épinière, provoquant une paralysie des membres et des atteintes respiratoires pouvant entraîner la mort. Il faut donc impérativement être à jour de sa vaccination.

L'hépatite A : 

Le virus de l'hépatite A est présent partout dans l'environnement alimentaire sous les tropiques. Il est, directement ou indirectement, lié à l'eau. La contamination se fait essentiellement par voie fécale-orale. Les cas dus aux aliments contaminés ou à de l'eau souillée sont fréquents. L'hépatite A entraîne des lésions inflammatoires du foie et plus rarement, elle peut provoquer une insuffisance hépatique ou la mort.

Nous disposons de vaccins efficaces contre l'hépatite A. Vaccinez-vous avant de partir !

L'hépatite E : 

L'épidémiologie de l'hépatite E ressemble beaucoup à celle de l'hépatite A : la transmission s'effectue aussi par voie fécale-orale.

Le risque de contamination du voyageur semble faible. La grande majorité des cas se rapportent à un séjour dans le sous-continent indien. Mais l'hépatite E peut surtout avoir de graves conséquences chez la femme enceinte, pendant le troisième trimestre de la grossesse. Elle peut être mortelle, et il n'existe pas de vaccin pour s'en prémunir.

Texte : Laurence Pinsard

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