Le Grand Tour de Suisse en 10 étapes

En partenariat avec Suisse Tourisme

Imaginez un peu : une seule et même route qui traverse un pays de long en large, nous donnant à voir ses plus beaux sites naturels et ses lieux touristiques incontournables. C’est le rêve de tous les baroudeurs au volant… et, justement, la Suisse l’a fait  avec le Grand Tour de Suisse. Un road trip exceptionnel qui fait partie du club très select des plus belles routes du monde.

Cet itinéraire de 1600 kilomètres de long nous emmène à la découverte de quelque 45 attractions majeures du pays, 5 cols alpins et 22 lacs. Son point culminant se situe au col de la Furka (2 429 m) et son point le plus bas au lac Majeur (193 m).

Vous l’aurez compris, l’itinéraire du Grand Tour de Suisse est varié et spectaculaire de bout en bout, révélant au fil des kilomètres de superbes paysages alpins, la pureté cristalline des grands lacs, mais aussi des villes de culture, de coquets villages et les sites majeurs de la confédération, dont 12 sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

On vous présente dans ce dossier les 10 grandes étapes de cette route merveilleuse. Un itinéraire à parcourir dans son intégralité ou en partie, à son rythme. Sachez, toutefois, qu’à raison de 5 heures de route par jour, il faut compter au moins de 7 à 10 jours pour parcourir la boucle centrale. Pour des raisons pratiques (rues à sens unique, bretelles d’autoroute…), il est recommandé de l’effectuer dans le sens des aiguilles d’une montre, d’autant plus que la signalisation du Grand Tour de Suisse est limitée à la direction du parcours dans le sens horaire sur la boucle centrale, et aux routes d’accès depuis l’étranger en direction de la boucle centrale.

En voiture, partons à l’aventure… en Suisse !

Genève – Neuchâtel (190 km, 3 h 50 min. ; route d’accès)

Genève – Neuchâtel (190 km, 3 h 50 min. ; route d’accès)
Creux du Van

Depuis la France, Genève constitue, avec Bâle, l’une des portes d’entrée au Grand Tour de Suisse. Ce qui saute immédiatement aux yeux, à Genève ? Son jet d’eau, qui s’élève majestueusement au-dessus des eaux limpides du lac Léman. Chaque seconde, il envoie dans les airs quelque 500 litres d’eau à 200 km/h. Devenu une attraction touristique majeure, il n’était à l’origine qu’une soupape de surpression. Les meilleurs endroits pour l’observer : le quai Gustave-Ador ou encore Les Bains des Pâquis, où on assouvit ses envies de détente (bains, spa…), avant d’aller découvrir les musées et la superbe vieille ville de Genève.

On fera ensuite halte à Nyon, une très jolie cité entourée de vignes au bord du Léman, avant d’emprunter l’une des plus belles routes de l’étape, entre le Léman et le lac de Joux. Depuis le col du Marchairuz, une vue magnifique sur le canton de Vaud, le lac Léman et les Alpes (jusqu’au Mont-Blanc !) se déploie sous nos yeux. On traverse ensuite la très sauvage vallée de Joux, berceau de la haute horlogerie…

Pour en savoir plus sur cet art typiquement helvétique, une halte à l’espace horloger Le Sentier s’impose, avant de filer vers le Creux du Van, un incroyable cirque d’un kilomètre de diamètre. Un vrai terrain de jeu pour les bouquetins, chamois et lynx ! C’est sans doute l’un des endroits les plus époustouflants de Suisse, qui témoigne de l’évolution géologique du massif du Jura.

On pourra ensuite s’aventurer dans les entrailles de la terre, aux mines d’asphalte de Travers. Pour la petite histoire, les rues de Paris, Londres ou encore New-York ont été construites avec l’asphalte extrait ici, de 1711 à 1986 ! Aujourd’hui, plus question de creuser, mais de manger : du jambon cuit dans l’asphalte ! Pour faire passer tout ça, on prendra bien une petite absinthe du Val-de-Travers. Point trop quand même, il reste un peu de route avant d’arriver à Neuchâtel !

La découverte : espace horloger Le Sentier

Berceau de l’industrie horlogère suisse, le village du Sentier se situe dans la vallée de Joux. Son espace horloger nous promet, c’est le cas de le dire, un véritable voyage dans le temps. On découvre, entre autres, de quelles pièces se compose une montre et on peut d’ailleurs s’improviser assembleur !

Bâle – Neuchâtel (158 km, 3 h 25 min. ; route d’accès)

Bâle – Neuchâtel (158 km, 3 h 25 min. ; route d’accès)
Saint-Ursanne

Bâle, capitale culturelle de la Suisse, constitue une autre porte d’entrée du Grand Tour de Suisse depuis la France. Baignée par le Rhin, la 3e ville helvétique abrite une vieille ville très pittoresque et pas moins de 40 musées, dont les très réputés Kunstmuseum Basel et la Fondation Beyeler.

Bâle laisse vite la place à la nature sauvage du Jura. Prochaine étape de notre périple : Saint-Ursanne, une adorable cité médiévale établie au bord du Doubs, rivière qui devient d’ailleurs notre fil conducteur.

Le pont à quatre arches, qui date de 1728, offre une vue superbe sur l’ensemble du village, dans lequel on se sent tout de suite bien. Il règne ici un silence religieux… Et on ne croit pas si bien dire : selon la légende, Sainte-Ursanne aurait été fondée par le moine irlandais Ursicinus. D’ailleurs, on peut aller voir son ermitage dans une grotte tout près. Du reste, on observe de nombreux bâtiments médiévaux, dont une collégiale et quelques riches demeures. Si on a un creux, on pourra se régaler dans l’un des restaurants de poissons, fort réputés ici.

On reprend la route, traversant de grandes prairies et des forêts entre Saignelégier et La Chaux-de-Fonds, où nous nous arrêtons. Et pour cause… Les villes La Chaux-de-Fonds/Le Locle, berceaux de l’industrie horlogère suisse, sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009. Leur grande particularité : une architecture en damier, caractéristique de l’urbanisme horloger. Cette configuration de rues bien alignées rappelle celle des villes américaines. Etonnant ! C’est aussi ici qu’est né Le Corbusier. Une demi-heure de route plus tard, voilà Neuchâtel.

La découverte : cité Augusta Raurica

Fondée dès 44 av. J.-C., c’est la cité romaine la mieux conservée au nord des Alpes. Elle dévoile le plus grand trésor d’argenterie de l’Antiquité tardive !

Neuchâtel – Berne (252 km, 5 h 20 min.)

Neuchâtel – Berne (252 km, 5 h 20 min.)
Vieille-ville de Berne encerclée par la rivière Aar

Nous voici dans la boucle du Grand Tour de Suisse ! Coquette ville blottie entre lac et contreforts jurassiens, Neuchâtel mérite également une halte, ne serait-ce que pour le Laténium, principal musée d’archéologie du pays. Au fil de la visite, on remonte à nos origines très lointaines, à l’Âge du fer, et on voyage dans le temps de l’homme de Néandertal au Moyen-Âge. Le Laténium nous familiarise, au passage, avec les techniques scientifiques utilisées par les archéologues.

Il est temps de quitter Neuchâtel… et c’est parti pour un voyage au cœur des paysages pittoresques de la Suisse ! Direction le lac de Morat, via le Mont Vully. Par la fenêtre de la voiture défile une vue incroyable sur les Trois-Lacs et les villages vignerons. Arrêt obligatoire à Morat, petite ville médiévale construite il y a 800 ans. Elle est entourée de remparts quasiment intacts. Ce sont les seuls du pays à avoir encore un chemin de ronde praticable, alors on en profite ! Il nous offre de merveilleux points de vue sur les environs et les toits des maisons. On s’en va ensuite déambuler dans les ruelles pittoresques et sous les arcades du vieux centre.

Le Grand Tour de Suisse mène ensuite à Fribourg. Lovée dans un cadre verdoyant, traversée par une rivière (la Sarine), la ville forme un ensemble des plus charmants. Construite en 1157 par le duc Berthold IV de Zähringen, Fribourg recèle l'un des plus vastes ensembles d'architecture médiévale d'Europe ! Mais c’est aussi la ville d’un artiste suisse contemporain mondialement connu : Jean Tinguely.  Un musée lui est consacré, ainsi qu’à Niki de Saint-Phalle son épouse, dans un ancien dépôt de trams.

Sur la route, la pause chocolat est de rigueur à la célèbre Maison Cailler, à Broc. Et puis, bientôt, on aperçoit au loin l’un des plus beaux villages de Suisse : Gruyères. La cité médiévale, perchée sur son éperon rocheux et dominée par un château du XIIIème siècle n’est autre que l’ancienne capitale des Comtes de… Gruyère, évidemment. Ses maisons médiévales, aux façades colorées et aux fenêtres fleuries, sont enchanteresses. A voir aussi, dans le château Saint-Germain : le Musée HR Giger, créateur d’Alien ! Gruyère, sans s, c’est aussi le nom d’un fromage AOP originaire du coin (sans trou, n’allez pas fâcher les Suisses !), à découvrir notamment à la fromagerie de Pringy.

C’est reparti ! Sur la route, on s’arrête à la station réputée de Gstaad, pour admirer notamment ses superbes chalets, avant d’arriver à Interlaken, ville idéalement située entre les lacs de Brienz et de Thoune. Les amateurs de randonnée seront comblés ! De là, on peut rejoindre, en train, le célèbre col Jungfraujoch (3454 m) où se trouve la plus haute station ferroviaire d’Europe. Depuis la terrasse panoramique, on admire les géants : Eiger, Mönch, Jungfrau, ainsi que le plus grand glacier des Alpes : Aletsch (UNESCO). Sublime !

Le magnifique lac de Brienz vaut également le détour. Lové au cœur des impressionnantes montagnes de l’Oberland bernois, il révèle une incroyable eau turquoise. Pour l’admirer de plus près, on vous recommande de faire une croisière à bord d’un vapeur à roue. Ensuite, l’une des plus belles routes de l’étape nous attend : celle qui longe le lac de Thoune, d’Unterseen jusqu’à la ville Thoune. Tout simplement magique. 30 kilomètres plus tard, fin de l’étape : nous voici arrivés à Berne, la capitale de la Suisse.

La découverte : la vallée de Lauterbrunnen

Verdoyante, c’est l’une des plus belles réserves naturelles de Suisse. C’est aussi et surtout la vallée des cascades, et pour cause : elle en abrite 72 ! A voir de préférence au printemps, évidemment, au moment de la fonte des neiges. Celle de Staubbach, vraiment impressionnante (300 mètres !), a même inspiré un beau poème à Goethe, « Chant des esprits au-dessus des eaux ».

Berne – Lucerne (181 km, 3 h 50 min.)

Berne – Lucerne (181 km, 3 h 50 min.)
Château de Hallwyl

Jusqu’à Lucerne, cette étape nous promet bien des surprises, comme les paysages bucoliques de l’Emmental avec leur curieux relief en mamelons et les magnifiques fermes en bois sculpté et peint.

Capitale de la Suisse, Berne est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa magnifique cité médiévale. Cette ville paisible vit au rythme de l’Aar, sa rivière qui, l’été, fait le bonheur des baigneurs. La balade dans le centre est fort agréable, en particulier du côté des arcades en tonnelle, qui abritent des commerces. C’est d’ailleurs l’une des plus longues promenades commerçantes d’Europe : 6 km ! On ne manque pas non plus la célèbre horloge ornée d’ours animés, la Zytglogge ! Berne abrite aussi le beau centre Paul Klee, où se trouve la plus vaste collection au monde d’œuvres de l’artiste.

Aux portes de Berne, s’étend la bucolique région de l’Emmental aux beaux paysages verdoyants. Pour ne plus jamais confondre l’Emmentaler AOP et Le Gruyère AOP, on s’en va visiter la fromagerie de démonstration de l’Emmentaler dans le village de Affoltern im Emmental. Une visite aussi alléchante qu’instructive !

On se dirige ensuite vers la Réserve de biosphère Entlebuch, première réserve de biosphère du pays classée par l’UNESCO. Le « Far West » de Lucerne ! Sous nos yeux, s’étendent des marais à perte de vue, où s’épanouissent une faune et une flore d’importance internationale.  Un paysage reposant dont on peut découvrir toute la diversité en faisant, par exemple, une randonnée.

Prochaine halte : le Château de Hallwyl, construit sur deux îles à l’extrémité du lac du même nom. Un vrai décor de film de cape et d’épée ! Entouré de douves et accessible par un pont-levis, cet édifice médiéval compte parmi les plus beaux monuments de Suisse. Une trentaine de km plus loin, voici Lucerne : tout le monde descend, fin de notre étape !

La découverte : le musée Frantz Gertsch à Berthoud

En plus d’un vieux centre vraiment pittoresque, Berthoud abrite un musée d’art vraiment très intéressant et fait désormais partie des hauts lieux de la culture en Suisse. Il est dédié à Franz Gertsch, peintre hyperréaliste du XXème siècle. Ses gravures en bois photoréalistes sont monumentales !

Lucerne – Zurich (136 km, 3 h 15 min.)

Lucerne – Zurich (136 km, 3 h 15 min.)
Couvent bénédictin d'Einsiedeln

Au programme de cette étape : des sommets et encore des sommets… Des lacs, aussi. C’est ici même qu’est née la Confédération avec, comme héros, Guillaume Tell.

Cette étape du Grand Tour commence à Lucerne, la ville la plus visitée de Suisse. Un vrai décor de carte postale, avec ses jolies maisons médiévales qui se reflètent dans le lac des Quatre-Cantons et ses montagnes en arrière-plan. Son emblème, c’est le Kapellbrücke, le pont de la Chapelle, plus ancien pont de bois couvert d’Europe (1332). Ravagé par un incendie en 1993, il a été reconstruit à l’identique. Au milieu, on distingue la tour de l’Eau, très photogénique ! Notons que depuis l’été 2015, un nouveau chemin de randonnée fait le tour complet du lac, nous offrant de beaux points de vue panoramiques.

On profite d’être dans le coin pour se rendre tout en haut du Mont Pilate (2132 m). On peut y grimper avec le train à crémaillère le plus raide du monde, au départ d’Alpnachstad. Sensations garanties ! Là-haut, par temps clair, on profite d’une vue imprenable sur le lac des Quatre-Cantons et quelque 73 sommets alpins. Pour un autre panorama tout aussi inoubliable, on reprend la route et on se rend tout en haut du Rigi !

Puis, l’heure est venue d’emprunter une route spectaculaire, à flanc de montagne et au plus près du lac des Quatre-Cantons, de Greppen à Beckenried. Elle traverse deux stations touristiques historiques bien agréables, Weggis et Vitznau. Puis on traverse le lac avec un ferry.

L’itinéraire croise ensuite le village de Sisikon, où l’on part sur les traces de Guillaume Tell, le héros national. A pied ou en bateau, on se rend jusqu’à sa chapelle commémorative, construite vers 1880. Adorable, elle se reflète dans le lac d’Uri et abrite quatre peintures murales. Non loin de là, on trouve aussi le plus grand carillon de Suisse, qui marque chaque heure de la journée d’une jolie mélodie. Avant d’arriver au lac de Zurich, puis à Zurich, on longe le lac d’Ägeri, dans un cadre idyllique.
La découverte : L’abbaye d’Einsiedeln, à Lucerne

C’est le principal lieu de pèlerinage en Suisse. La raison, la voici : cette abbatiale de style baroque, remarquable, abrite en sa chapelle de la Grâce une Vierge Noire. Chaque jour à 16h30, un chœur d’hommes lui dédie le chant « Salve Regina ».

Zurich – Appenzell (175 km, 3 h 30 min.)

Zurich – Appenzell (175 km, 3 h 30 min.)
Stein am Rhein © Robert Boesch_www.robertboesch.com

Entre paysages idylliques et petites villes pittoresques, cette portion du Grand Tour de Suisse réserve bien des surprises : les plus grandes chutes d’eau en Europe, des vergers gorgés de soleil et un site d’exception inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO…

Tout commence à Zurich, une métropole effervescente et passionnante, avec une vieille ville au charme fou, une cinquantaine de musées et des bâtiments modernes réalisés par de grands architectes… Sa cathédrale, la Grossmünster, dresse fièrement ses deux tours jumelles, au-dessus de la ville. Construite à partir de 1100 et maintes fois rénovée, c’est l’emblème de Zurich. Incontournable.

Et puis nous voilà en route vers les plus grandes chutes d’eau d’Europe : les chutes du Rhin, qui se trouvent à une cinquantaine de km de Zurich. Chaque seconde, du haut de leurs 23 mètres, pas moins de 600 000 litres d’eau tombent dans le vide ! Le grondement des masses d’eau est impressionnant et le spectacle laisse bouche bée. En fil conducteur, le Rhin nous emmène ensuite à Stein am Rhein, un village que l’on croirait sorti d’un conte de fées avec sa ribambelle de maisons à colombages aux façades multicolores, ses bons restaurants de poissons et son monastère.

La route du Grand Tour de Suisse longe ensuite le lac de Constance, aux rives plantées de vignes jusqu’à la ravissante ville de Saint-Gall, où nous attend l’ancien couvent de Saint-Gall. Inscrit au Patrimoine de l’UNESCO en 1983, le site abrite une cathédrale baroque, symbole de la ville, et, surtout, une des plus anciennes et des plus belles bibliothèques du monde. Considérée comme la plus belle salle rococo profane de Suisse, celle qui est surnommée « pharmacie de l’âme » renferme de précieux manuscrits du Moyen Âge.

La découverte : Zurich West, quartier branché

Zurich Ouest, c’est l’histoire d’un ancien quartier industriel devenu lieu de vie urbaine branché ! La tour Freitag, une pile de 17 conteneurs colorés posés les uns sur les autres, est pour le moins insolite ! Autres lieux d’intérêt : le gratte-ciel Prime Tower et la Toni-Areal, une halle qui abrite notamment le musée du Design (Museum für Gestaltung). Et pour boire un verre et manger un bout, on vous conseille le très alternatif Frau Gerolds Garten.

Appenzell – St. Moritz (200 km, 4 h)

Appenzell – St. Moritz (200 km, 4 h)
Parc National Suisse

Bienvenue dans le plus petit canton de Suisse : Appenzell Rhodes-Intérieures. Vallonnée et verdoyante, la région a su conserver ses traditions, comme la fameuse descente des alpages, mais aussi ses danses folkloriques. Appenzell, pour les Français, évoque un délicieux fromage, mais c’est aussi le nom d’un coquet village aux jolies maisons. Leurs façades peintes leur donnent des allures de maisons de poupée.

Cap à présent sur les Grisons, un canton - le plus grand des 26 – aux paysages grandioses, qui abrite bien des merveilles naturelles et culturelles. Quelle belle entrée en matière que Maienfeld, le village d’Heidi… Mais si, vous savez, cette petite fille qui vit au milieu des chèvres ! C’est ici qu’est né ce personnage emblématique de Suisse, il y a 150 ans, sous la plume de l’écrivaine Johanna Spyri. Un musée lui est consacré. Dans le coin, on trouve aussi de très bons vins et de nombreuses caves (« Torkel ») où les goûter.

Dans la région, il ne faut pas manquer le haut lieu tectonique Sardona, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une merveille géologique qui nous téléporte à l’époque où les Alpes se sont formées ! On assiste ici à un incroyable phénomène : les roches anciennes (250 millions d’années) chevauchent les jeunes (35 à 50 millions d’années).

Ensuite, direction la célèbre station de Davos, puis Guarda. Ce village de montagne donne à voir de très jolies maisons engadinoises, aux murs recouverts de « graffites » fantaisistes (17e s.). Les environs sont propices à la randonnée (de nombreux chemins pédestres). On reprend la route en direction du Parc National Suisse, un autre incontournable. C’est d’ailleurs le plus ancien des Alpes (1914). Il s’étend sur 170km2 et propose quelque 80 km de chemins pédestres. Le centre d’accueil des visiteurs de Zernez répond à toutes nos questions.

Puis halte à Müstair, pour découvrir le couvent de Saint-Jean. Construit sous Charlemagne et classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, c’est l’un des rares témoins des constructions de l’époque carolingienne. Il abrite qui plus est le plus important ensemble de peintures murales du haut Moyen Âge.  

On s’attaque ensuite à l’une des plus belles portions de route de la verdoyante région de l’Engadine, entre Zernez et Saint-Moritz, au cœur d’une superbe vallée constellée de jolis villages (Zuoz, Madulain…).

Autre trésor de la région : le petit train rouge qui déambule à  travers les montagnes, le long des lignes des chemins de fer rhétiques de l’Albula et de la Bernina. Cet itinéraire ferroviaire de 122 km, classé par l’UNESCO, compte parmi les plus beaux du monde ! L’impressionnant viaduc de Landwasser (65 m) y est assurément pour quelque chose…

La découverte : les villages Walser dans la région de Davos

Walser, c’est le nom d’un peuple paysan. On peut observer leurs habitations typiques en bois dans la vallée de Sertig et notamment dans le village de Monstein, où se trouve, aussi, la brasserie la plus élevée d’Europe.

St. Moritz – Lugano (225 km, 4 h 15 min.)

St. Moritz – Lugano (225 km, 4 h 15 min.)
Vue du Muottas Muragl

La station de Saint-Moritz se love dans un merveilleux décor de montagnes, au bord du lac du même nom. Et si on prenait un peu de hauteur, pour contempler ce chouette coin ? On monte alors au sommet de la montagne Muottas Muragl, à bord d’un funiculaire depuis la gare de Punt Muragl. Là-haut, on comprend pourquoi elle a inspiré tant de peintre, dont Giovanni Segantini.

A 60 km de Saint-Moritz, à partir de Thusis, place à la plus belle portion de route de l’étape ! De ponts en tunnels, la route nous conduit dans l’incroyable gorge de la Viamala, belle et sauvage. Ses falaises de 300 mètres sont impressionnantes ! Un escalier de 359 marches nous permet de côtoyer ses entrailles.

Puis direction Bellinzone, dans le Tessin, une ville on ne peut mieux protégée… Trois châteaux montent la garde : Castelgrande, Castello Montebello et Castello Sasso Corbaro, ainsi qu’une muraille, tous classés par l’UNESCO. Devant nos yeux se déploie l’un des ensembles de fortifications médiévales les mieux conservés du pays et aussi l’un des plus importants d’Europe. Les noms indiquent que nous sommes entrés en Suisse italophone.

Avant de rejoindre Lugano, on s’en va découvrir un énième site classé par l’UNESCO : le Monte San Giorgio (1100m). Difficile d’imaginer qu’il y a quelque 230 millions d’années, se trouvait ici une mer de 100 mètres de profondeur. Aujourd’hui, cette mer disparue fait le bonheur des paléontologues, qui ont retrouvé ici quelques milliers de poissons et de sauriens marins fossilisés. Certains atteignent jusqu’à 6m de long ! Les plus remarquables sont visibles au Musée des fossiles, à Meride.

La découverte : Mendrisio et val Muggio

Mendrisio est un bourg magnifique. C’est d’ailleurs son surnom : « magnifico borgo » ! Son vieux centre médiéval, aux petites rues sinueuses, réserve quelques belles promenades. Le bourg est aussi le point de départ idéal pour aller randonner dans le val Muggio, aux magnifiques villages perchés au-dessus des gorges de la Breggia.

Lugano – Zermatt (264 km, 5 h)

Lugano – Zermatt (264 km, 5 h)
Lugano vu du Monte Brè

Bienvenue dans la partie la plus italienne de notre road trip. Cette étape débute dans la ville de Lugano, que l’on s’empresse de voir depuis le sommet du Monte Brè (925 m), accessible en funiculaire. D’en haut, on distingue bien les toits de la vieille ville, le lac de Lugano, le Pain de Sucre du San Salvatore, le pont-barrage de Melide et, à l’ouest, les Alpes valaisannes.

Cap maintenant sur l’endroit le plus bas de Suisse : Ascona, qui se trouve sur la rive nord de l’autre grand lac tessinois, le lac Majeur, à 196 mètres d’altitude. Après avoir découvert la vieille ville, on file sur l’agréable promenade du lac, plantée de platanes et de palmiers et bordée de façades colorées. Très photogénique ! Juste à côté, Locarno, réputée pour son festival du film, se découvre avec plaisir au fil des arcades de la Piazza Grande et des ruelles du centre-ville, bordées de maisons colorées.

Vous êtes prêt à enchainer les lacets ? Plus le choix, car, à une centaine de km de Locarno, vous voilà au pied de la Tremola, l’ancienne route du col qui part d’Airolo (900m) pour atteindre le Saint-Gothard (2106 m). Cet axe historique entre le nord et le sud de l’Europe réserve aux automobilistes 37 virages en épingle à cheveux ! Le tout sur des pavés, alors imaginez un peu les sensations… Vertigineux !

On file ensuite vers le circuit des trois cols Grimsel-Susten-Furka (le col de la Furka est le point culminant du Grand Tour, 2429 mètres). Idyllique : on traverse des vallées encaissées, de jolis villages traditionnels et des points de vue incroyables (glacier du Rhône, lacs du Grimsel…).

Avant de rejoindre Zermatt, on ne manque pas d’aller admirer le glacier d’Aletsch (UNESCO), le plus grand des Alpes ! En chiffres, voici ce que ça donne : 23 km de long, 1 800 mètres de largeur, 100km2 de superficie et 27 milliards de tonnes de glace ! Deux points de vue superbes : depuis le Bettmerhorn et depuis l’Eggishorn. Un paradis pour randonneurs.

La découverte : Monte Tamaro et l’église Mario Botta

Que de choses à faire, sur le Monte Tamaro : rando, VTT, accrobranche, luge d’été, restaurant de montagne… Et, bien sûr, visite de la très contemporaine église Sainte-Marie des Anges (construction : 1992-1996), conçue par Mario Botta, architecte de renommée mondiale. Elle abrite des peintures d’Enzo Cucchi.

Zermatt – Lausanne (178 km, 3 h 40 min.)

Zermatt – Lausanne (178 km, 3 h 40 min.)
Château de Chillon

La dernière étape du Grand Tour de Suisse est placée sous le signe de l’eau, du Rhône jusqu’au lac Léman, mais aussi du vin, avec les splendides vignobles du Valais et de Lavaux (classé à l’UNESCO).

Tout près de la station de Zermatt se trouve le Cervin, certainement le sommet le plus photographié au monde ! Il faut dire que sa forme pyramidale est très photogénique… et encore plus au lever du soleil. Son ascension (4 478m) n’en reste pas moins difficile et constitue un véritable challenge pour les alpinistes du monde entier. Nous, on se contentera de se balader autour et de le prendre en photo ! Vue incroyable depuis le Petit Cervin.

On reste toujours en altitude, au village de Grimentz (1572 m), dans le Val d’Anniviers (un paradis pour la randonnée et le VTT !). Un condensé de tout ce qu’on adore : des petites rues étroites et des géraniums d’un rouge éclatant aux balcons des vieilles maisons. La Maison Bourgeoisiale (1550) domine le village et renferme, en sa cave, un vin blanc de garde appelé « vin du glacier », une spécialité locale ancestrale.

De retour sur la route principale, voici Sion, capitale du Valais, remarquable pour sa vieille ville. Puis, à partir d’Ardon, attention les yeux : des vignes à perte de vue ! Pause dégustation de rigueur dans l’une des caves du coin, mais aussi à Saillon, un magnifique village, avant de filer à l’abbaye de Saint-Maurice. Construite en 515, elle abrite l’un des plus riches trésors ecclésiaux d’Europe. Aujourd’hui encore, elle est occupée par des moines augustiniens.

Une cinquantaine de km plus loin, apparaissent les rives du lac Léman et la Riviera vaudoise. Impossible de résister au charme Belle Epoque de Montreux et, quelques km plus loin, au romantisme du château de Chillon, qui trône sur un promontoire rocheux sur la rive du lac Léman. Lieu de résidence des comtes de Savoie, il permettait de contrôler la circulation des bateaux. Avec le bleu du lac et les sommets des Alpes en arrière-plan, c’est l’un des coins les plus photogéniques de la région.

Toujours le long du Léman, une route enchanteresse, de Corseaux à Lutry, longe le vignoble en terrasses de Lavaux, classé par l’UNESCO. Les vignes, qui donnent essentiellement du blanc (cépage Chasselas), semblent plonger dans les eaux du Léman : magique !

Terminus de notre étape : Lausanne. Il est très agréable de flâner dans la ville qui s’étend sur plusieurs collines, notamment pour admirer sa belle cathédrale gothique. Lausanne étant depuis 1915 la capitale olympique, on ne manquera pas de visiter le Musée Olympique, qui surplombe le lac Léman, encore et toujours lui !

La découverte : la Villa « Le Lac » à Corseaux, signée Le Corbusier

En Suisse, deux bâtiments signés Le Corbusier (qui est suisse, rappelons-le !) ont été classés par l’UNESCO. Le premier, une villa (« Villa Le Lac », 1923) réalisée pour ses parents à Corseaux, sur les bords du lac Léman. Le second est un immeuble locatif de 45 appartements situé à Genève, appelé « L’immeuble Clarté » (1930).

En savoir plus

Consultez le site internet du Grand Tour de Suisse et la carte interactive.


Photos : Switzerland Tourism - By-Line: swiss-image.ch

Texte : Routard.com

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