Périgord : Lascaux & co., voyage dans le temps

Périgord : Lascaux & co., voyage dans le temps
Salle des Taureaux de Lascaux II © Dan Courtice - Sémitour Périgord

Dans cette vallée, 20 000 ans d’histoire vous contemplent et pas moins de 15 sites inscrits à l’Unesco vous attendent.

Au cœur des superbes paysages du Périgord Noir, Lascaux est un site mondialement connu, dont la visite s’est enrichie en 2016 à travers l’inauguration d’un Centre d’interprétation de l’art pariétal.

Mais il ne faut pas oublier pour autant Lascaux II, les Eyzies ou d’autres sites moins connus liés aux origines de l’homme.

En route pour un voyage dans le temps, au fil de la vallée de la Vézère…

La « vallée de l’homme » : 20 000 ans d’histoire en Périgord

La « vallée de l’homme » : 20 000 ans d’histoire en Périgord
Montignac-sur-Vézère © capude1957 - stock.adobe.com

Un road trip de 50 km, le temps d’un week-end, qui vous ramènerait 20 000 ans en arrière, chez nos lointains cousins de Cro-Magnon, ça vous tente ?

Une fois sorti de l’autoroute, à Terrasson-Lavilledieu, vous n’aurez que peu de kilomètres à parcourir, au long de la vallée de la Vézère, pour remonter dans le temps.

La fameuse « vallée de l’homme » compte 15 sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco. En tout, 147 gisements et 25 grottes ornées de la vallée, sans compter les abris sous roche et autres gouffres. Autant de témoignages de l’importante activité humaine à l’aube de l’humanité.

De Lascaux aux Eyzies, le parcours serpente en partie le long de la rivière, s’en éloigne puis la retrouve en révélant des panoramas superbes. Ici, un château médiéval oublié, là d’imposantes falaises ou des bouts de généreuses vallées.

Les rares embouteillages sont ceux que l’on pourrait connaître en traversant Montignac. Cette petite capitale campagnarde a été rendue célèbre grâce à la découverte de la grotte de Lascaux en septembre 1940 par quatre garçons entrés depuis dans la légende. Elle a vu le nombre de ses visiteurs tripler, voire quadrupler en 2017, après l’ouverture du grand vaisseau de verre et de béton Lascaux, montrant pour la première fois dans son intégralité la grotte reconstituée.

Après Lascaux, ne manquez pas les trésors de la région comme La Roque Saint-Christophe, La Madeleine ou Les Eyzies : autant d’étapes ponctuées de marches dans une nature préservée, d’arrêts dans des bistrots ou restos troglo ou trop bons.

L’émotion gagne le visiteur, venu dès l’ouverture du site, à Lascaux, pour éviter la foule. Le jeu transporte l’enfant dans un monde magique souterrain, au Thot voisin. La Madeleine ravive des souvenirs, Les Eyzies invite aux échappées belles, avant de changer d’époque, pour poursuivre la découverte de ce Périgord noir comme la truffe qui pointe son nez en hiver.

De Montignac à Lascaux, un petit pas pour l’homme

De Montignac à Lascaux, un petit pas pour l’homme
Centre International de l’art pariétal © Dan Courtice - Sémitour Périgord

Charmante petite ville s’étalant nonchalamment le long de la Vézère, Montignac semble s’être fait une raison. Ruelles médiévales étroites, belles maisons sur pilotis et à pans de bois, église, vestiges du château miroitant dans l’eau composent depuis des décennies une image qui reste reposante, jusqu’à l’ouverture des portes de « Lascaux ».

Pas « la grotte de Lascaux » puisqu’on ne peut plus approcher de la clôture qui la protège qu’à pied, au cours des visites programmées désormais par petits groupes autour de Lascaux II. Une copie entrée à son tour dans la légende des siècles, qui a failli fermer, mais qu’on peut redécouvrir, émerveillé, par petits groupes, à la lumière des lampes d’autrefois et des explications données par des guides.

Les foules sont happées naturellement par le grand et magnifique vaisseau futuriste enfoui à quelques centaines de mètres de là : Lascaux, le Centre International de l’art pariétal.

500 000 visiteurs sensibles à l’art pariétal ont découvert comme nous en 2017 un Centre international unique en son genre. Et à travers l’art pariétal, l’aventure d’hommes plus proches de nous que ce que nous pouvions imaginer.

Le centre n’a pas vocation d’exposition. On est bien sûr ravi de découvrir l’intégralité de la grotte, reproduite à échelle réelle et dans ses moindres détails. Mais, ce qui attire ici, c’est l’utilisation des nouvelles technologies de l’image et du virtuel, qui permettent d’approcher au plus près le mystère d’une grotte fréquentée autrefois par une poignée d’artistes dont nous savons peu de choses.

Visite du Centre de l’art pariétal de Lascaux

Visite du Centre de l’art pariétal de Lascaux
Centre International de l’art pariétal © Dan Courtice - Sémitour Périgord

Mieux vaut arriver bien avant l’heure de la visite inscrite sur votre réservation. Une voix terrestre (extra) vous invite à rejoindre votre groupe et le guide qui vous accompagnera pour le début de la remontée dans le temps.

Direction le belvédère, pour permettre à chacun de s’orienter dans l’espace avant que ne s’ouvrent les portes d’un monde mystérieux où l’homme est absent, et pourtant étrangement présent au travers de ces scènes réalisées sur quelques centaines d’années, par des hommes qui nous ressemblaient étrangement. « Nous sommes tous des hommes de Cro-Magnon », dira un guide, mais nous ne sommes pas tous des artistes.

Une fois le guide parti, reprendre son souffle ou rejoindre un autre groupe, et vous voilà livrés à vous-même et au compagnon de voyage de poche qu’on vous a remis au départ. La séquence suivante est destinée à décrypter les œuvres de la grotte et à en comprendre les enjeux. Dans une grande salle où des médiateurs en chair et en os sont là pour assurer et rassurer à la fois, des tables interactives permettent à chacun de faire ses propres recherches, avant de revenir sur les travaux des historiens des siècles passés.

Un petit tour du monde de l’art pariétal, pour changer d’air (ou plutôt d’ère), avec un film remarquable en 3D, avant d’explorer les liens entre art pariétal et art moderne, dans une galerie numérique interactive. Vous ressortirez l’air ravi ou interrogateur, selon que vous aurez eu le sentiment d’avoir percé ou non le secret de Lascaux.

Le restaurant et la boutique sont là pour vous abreuver de littérature ou vous offrir quelques nourritures terrestres actuelles. Et si vous ressentez encore un petit creux, offrez-vous un complément de visite remarquable : Lascaux II, sur résa et par petits groupes.

Le charme discret de Lascaux II

Le charme discret de Lascaux II
La vache qui saute © Dan Courtice - Sémitour Périgord

Vous n’aimez pas la foule ? Ou alors vous avez envie de vous offrir le « must » de Lascaux. Il vous suffit pour cela de remonter le chemin parcouru autrefois par 4 ados à la recherche d’un chien ayant eu du flair.

Rendez-vous à 200 m de la grotte initiale découverte par eux en 1940, et qui avait dû être fermée après une quinzaine d’années d’exploitation. Une raison à cela : l’équilibre atmosphérique et le degré d’humidité de la grotte avaient été perturbés par les premiers millions de visiteurs.

C’est ici qu’on avait fabriqué, à la fin des années 70, une gigantesque coque représentant exactement le volume et le relief des deux premières salles : Lascaux II. Monique Peytral avait utilisé les mêmes couleurs et les mêmes techniques que les peintres de la préhistoire et reconstitué scrupuleusement les fresques. L’illusion était totale, la température et l’hygrométrie respectées, au point d’en faire pratiquement oublier la grotte originale. Pour un temps.

La création du futur Centre d’Art International de l’Art Pariétal a failli entraîner la fermeture de Lascaux II, mais heureusement certains firent de la résistance. C’est à eux qu’on doit aujourd’hui, par petits groupes uniquement, la redécouverte, pleine d’émotion, d’un lieu pacifié, qui a retrouvé sa sérénité et son mystère.

Une visite guidée qui fournit, de manière pédagogique sans être réductrice, quelques clés de lecture de ce lieu magique, sans jamais assener de réponses définitives. Magie de l’arrivée dans une salle des Taureaux sans autres bipèdes que ceux de votre groupe. Lumières tamisées, éblouissement de la découverte.

Dans l’étroit Diverticule, s’étalent de véritables compositions, comme la vache qui saute, le cheval renversé et la frise des petits chevaux. On admire, on s’interroge sur une série de graphismes (traits parallèles, rectangles, ponctuation, sortes de harpons, etc.), qui posent toujours des problèmes d’interprétation aux chercheurs.

Thot ou tard, balades préhistoriques autour de Lascaux

Thot ou tard, balades préhistoriques autour de Lascaux
Espace Cro-Magnon du Thot © Dan Courtice - Sémitour Périgord

Autour de Lascaux, quelques petites balades familiales, à effectuer selon l’horaire et l’humeur.

Commençons par le Thot, l’Espace Cro-Magnon, dont la visite est complémentaire à Lascaux. La reconstitution d’un atelier d’artistes magdaléniens permet d’y suivre les différentes étapes de la réalisation de certaines gravures et peintures de Lascaux.

À l’extérieur, un parc animalier, avec des animaux bien vivants cette fois : chevaux de Prjewalsky, chevaux de Tarpan, bisons, loups, aurochs, bouquetins et de nombreux cervidés. Et des espaces dédiés à la climatologie avec un film 3D et le miroir temporel, qui permet la découverte de cinq animaux préhistoriques en taille réelle et en réalité augmentée.

Pour mieux comprendre comment vivaient les hommes dans cette vallée, deux visites à ne pas manquer.

- La première à La Roque-Saint-Christophe, le plus grand ensemble troglodytique d’Europe, où vécurent des hommes depuis Néandertal et jusqu’en 1588, un record pour un village (près de 55 000 ans ! ) En contrebas, jolie vue sur la Roque depuis la route, étroite à souhait, qui musarde entre rivière et falaise. Par un réseau d’escaliers, on grimpe à flanc de falaise. Les habitations furent creusées sur plusieurs niveaux. Les paysans et les gens de peu en bas, les commerçants au milieu, et tout en haut, moins accessibles, les demeures des plus nantis. Le plus impressionnant : l’immense terrasse qui servait en fait de grand-rue.

- Entre le Moustier et Tursac, un petit chemin longeant un des méandres de la Vezère conduit à un des sites les plus attachants du département : la Madeleine, même si l’on ne peut plus visiter, aujourd’hui, le gisement qui a donné son nom au… Magdalénien (on trouve des pièces issues des fouilles dans les musées du monde entier, à commencer par celui des Eyzies). La partie supérieure de la falaise fut habitée, du bas Moyen Âge à la fin du 19e s. Le village troglodytique, conservé dans son jus, livre un bon aperçu de la vie quotidienne en milieu rural et de ses aménagements à l’époque médiévale. Plusieurs restes de maisons sont visibles où l’on distingue bien les différentes activités qu’on y pratiquait. Attachant et passionnant.

Les Eyzies et les autres

Les Eyzies et les autres
Abri préhistorique de Laugerie-Basse © Dan Courtice - Sémitour Périgord

Les Eyzies ou la « petite capitale mondiale de la préhistoire ». Eh oui, c’est ici que l’on découvrit le célèbre homme de Cro-Magnon, sous un abri, à quelques centaines de mètres du centre. Le village des Eyzies est surplombé par une impressionnante falaise qui court sur près d’un kilomètre, et qui abrita quelques maisons troglodytiques. Le musée national de la Préhistoire et l’abri Pataud méritent vraiment une visite, car ils fournissent d’importantes clés de compréhension de la préhistoire.

L’office de tourisme des Eyzies a édité une liste de tous les sites accessibles, avec les horaires d’ouverture. Parmi les plus proches, ne pas manquer de voir, à la sortie nord des Eyzies, la grotte du Grand-Roc et l’abri préhistorique de Laugerie-Basse. Abondance de stalactites et de stalagmites ne nuit jamais surtout quand la visite est guidée par Els ou une autre guide habituée à tenir son public en haleine. Pour reprendre des forces, resto troglo sur place (prenez l’omelette aux cèpes !).

En direction de Sarlat, pour finir en beauté, réservez du temps et une place pour découvrir Font-de-Gaume, l’une des plus belles grottes peintes de France et la seule en Europe proposant des fresques polychromes encore ouverte au public. Une faille longue de 120 m, regroupant plusieurs ensembles de peintures et gravures, qui remontent pour la plupart à la période magdalénienne, même si des gravures plus tardives sont venues se superposer. Des bisons, des rennes, des chevaux qui semblent prêts à s’accoupler, un attroupement de bisons et cervidés. Magnifique. C’est aussi à Sainte-Gaume que vous pourrez réserver pour le gisement de Laugerie-Haute ou la visite conférence de l’abri du Poisson.

Si vous avez des enfants, avant d’arriver à Sarlat, un détour par Le Bugue est conseillé. Il possède un bel aquarium, une grotte, un gouffre, un labyrinthe, sans oublier le village du Bournat, à mi-chemin entre l’écomusée et le parc d’attractions.

 

Fiche pratique

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Comment y aller ?

- Avion : vols quotidiens entre Paris-Orly et Brive avec HOP ! Train jusqu’à Périgueux ou Brive-la-Gaillarde. Location de voiture conseillée pour explorer la région.

- En voiture : autoroute A89, sortie n°17 Montignac-Lascaux.

Infos pratiques et offices du tourisme

- Réservation de billets pour tous les sites (Lascaux, Lascaux 2, Thot, Laugerie, Grand Roc) sur www.lascaux.fr

- Office de tourisme Montignac-Lascaux : tél. : 05-53-51-82-60.  

- Lascaux II : mêmes coordonnées que le Centre International de l’Art Pariétal. Deux visites par jour uniquement. Billets en vente uniquement sur le site www.lascaux.fr ou au CIAP. On peut aussi tenter sa chance à la billetterie de Lascaux II, à l’entrée du site.

- Le Thot : à 7 km de Montignac. Billet jumelé possible avec Lascaux. Ateliers. Un régal pour les familles. Visite très pédagogique, préparatoire ou complémentaire à celle de Lascaux.

- La Roque-Saint-Christophe : à Peyzac-le-Moustier. Tél. : 05-53-50-70-45.   

- La Madeleine : Tursac. Tél. : 05-53-46-36-88.

- Office de tourisme des Eyzies : tél. : 05-53-06-97-05. 

- La grotte du Grand-Roc et l’abri préhistorique de Laugerie-Basse : 05-53-06-92-70.

- La grotte de Font-de-Gaume : à moins de 1 km de la sortie des Eyzies, direction Sarlat (D 47), côté droit. Tél. : 05-53-06-86-00. fontdegaume@monuments-nationaux.fr Résa sur place pour le gisement de Laugerie-Haute et pour la visite conférence de l’abri du Poisson, dans le vallon de Gorge-d’Enfer.

Où dormir ? Où manger ?

- Hôtel-restaurant La Roseraie : 11, pl. d’Armes, à Montignac. Tél. : 05-53-50-53-92. Maison bourgeoise du 19e s, sur la plus jolie place de Montignac ; chambres pleines de charme et resto bucolique.

- Restaurant de Laugerie Basse : à la sortie des Eyzies. Tél. : 05-53-06-97-91. Prendre la direction de la grotte de Laugerie Basse.

- La Maison Tartines, Vins et Jardin : 15, av. de la Préhistoire, aux Eyzies. Port. : 06-24-56-30-65. Déco décalée, cuisine colorée, accueil chaleureux. Jardin ombragé joliment aménagé lui aussi.

- La Savie : 24200 Meyrals. À 4 km des Eyzies (mais la route se mérite). Tél. : 09-83-58-59-15. Port. : 06-85-71-36-30. Menu unique sur résa 35 €.

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Texte : Gérard Bouchu

Mise en ligne :

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