Médias
Journaux
Il existe au Togo une vingtaine d'hebdomadaires privés. Certains essaient
de garder une ligne éditoriale indépendante, mais beaucoup sont
proches de l'opposition.
Le parti au pouvoir a également ses
organes de propagande. Le seul quotidien est Togo Presse, propriété
de l'État. Aucun journal ne tire à plus de 5 000 exemplaires. La distribution est très compliquée et les villes du Nord reçoivent parfois la presse avec plusieurs jours de retard.
Les journaux français et étrangers arrivent avec 24 à 48 h de décalage.
Radios
La radio reste de loin le média le plus suivi dans le pays. Même
dans les villages les plus reculés du Nord, on trouvera toujours une
radio à écouter. Les deux stations de radio publiques sont : Radio
Lomé (captée dans la capitale et dans tout le sud du pays) et
radio Kara (captée dans le Nord, fief du chef de l'Etat).
De très nombreuses radios privées sont apparues ces dernières années. Au début, beaucoup ne faisaient que diffuser de la musique ou des émissions confessionnelles. Peu à peu, des journalistes, souvent amateurs, ont commencé à animer des émissions de débats ou de libre antenne. On peut également écouter RFI et Africa n°1 en FM dans le
Sud.
Télévision
En dehors d’une seule chaîne de télévision privée, l’État conserve le contrôle. TV Togo diffuse à longueur de journée des séries télévisées, quelques émissions éducatives et trois grands journaux d’informations (le midi, vers 20 h et vers 23 h). Si elle n’est plus systématiquement dénigrée dans les reportages de la chaîne, l’opposition est souvent ignorée et reste la plupart du temps négligée.
Musique
Bien que la musique togolaise soit mal connue en Europe, sauf chez les connaisseurs,
elle possède de grands noms. La reine, Bella Bello, fut la gloire de tout un
peuple dans les années 1970.
Aujourd’hui, Fifi Rafiatou à la voix ensorcelante,
Afia Mala de Vogan, Monia Tchangai ou Nimon Toki Lala de la région de Kara ont
repris fièrement le flambeau. Agboti Yao Mawnéna a su remettre à jour un rythme
du pays éwé, le sogo. Dans les années 1990, en pleine période de répression,
il a chanté Ablodé gbadza, ce qui signifie « indépendance totale »,
et qui lui a valu jusqu’à aujourd’hui l’exil au Ghana voisin.
L’artiste peintre
Jimmy Hope fut un des tout premiers chanteurs de rock d’Afrique. Ses textes un tantinet
codés reflètent la nostalgie et l’amertume de tout un peuple réprimé. Lui aussi
avait dû un temps se réfugier au Ghana où il a pu enregistrer ses disques.
Aujourd’hui,
la fine fleur de la musique togolaise est représentée par Papavi King Mensah,
consacré lauréat du festival « Cora 2000 » de Sun City en Afrique
du Sud. Originaire du sud-est du Togo, il a modernisé des rythmes issus
du terroir. Le R’n’B est représenté par Ras Lee, Small Popi, Woézépé, Woédi, Djanta Kan…
Cela dit, comme tous les pays voisins, le Togo est traversé par tous les rythmes devenus universels tels que le zouk, le soukouss, le mapuka, le zuglu et d’autres reggaes, ainsi que le gospel (notamment avec Petit Clément, Noélie, Dana Freitas et Mme Abitor).
Griots
Ce sont des musiciens ambulants, professionnels presque de naissance - ils
font partie d'une caste -, qui vont de village en cour royale chanter les louanges
d'un lignage et de ses descendants.
Certains atteignent la célébrité, d'autres
font le tour du quartier, surtout à l'occasion d'une fête où l'on ne peut pas
refuser leur présence. Ils se plantent bien droit à l'entrée devant le maître
de maison, avec ou sans kora, leur instrument de musique, et, selon
l'argent qu'ils espèrent gagner, récitent toute la saga ou en chantent une bribe.
Aussi, quand un griot est signalé dans le quartier, souvent le maître de maison
se cache, en espérant ne pas se faire prendre, car le griot est à la fois paria
et respecté pour ses connaissances. Il fera rire tous les voisins avec une bonne
chanson aux dépens du radin.
Certains griots sont attachés à la religion musulmane et récitent les louanges des saints ou des marabouts.