Routard.com, guides de voyage en ligne

Culture Taïwan

Le « made in Taiwan » n’est pas seulement réputé en informatique. L’île de Formose s’est fait un nom dans le cinéma jusqu’à Hollywood (Tigre et Dragon d’Ang Lee) et brille sur les scènes artistiques contemporaines (la compagnie de danse Cloud Gate Dance Theatre s’est produite aux Jeux Olympiques de Sydney en l’an 2000).

Depuis l’instauration de la démocratie, il y a tout juste vingt ans, une nouvelle littérature plus engagée, ouverte sur le monde et en ébullition permanente fait entendre sa voix. L’opéra taïwanais et les spectacles de marionnettes font aussi partie des fleurons de la culture taïwanaise. Pour les amateurs d’art, l’île possède aussi la plus belle collection d’art chinois au monde, jalousement conservée au musée national du Palais de Taipei.

Artisanat

La céramique, la sculpture, les objets en bambou, les ombrelles en papier huilé ou encore l’artisanat aborigène font partie de l’artisanat que l’on trouve à Taïwan. Objets en verre et gravures, les céramiques taïwanaises se trouvent un peu partout sur l’île, dans des magasins d’antiquités ou tout simplement sur les marchés de nuit. Yingge, à proximité de la capitale Taipei, est un peu le berceau de cet art fortement inspiré des techniques chinoises. Le musée de la Céramique de Yingge est là pour le rappeler, permettant notamment de voir de superbes vases chinois traditionnels peints ou des travaux plus récents de céramistes contemporains.
Taïwan possède son « Rodin local », avec le sculpteur Ju Ming, dont la série des Taichi est mondialement connue. Pour découvrir son travail et son style, un gigantesque musée, le musée Ju Ming, sorte de parc à sculptures en plein air, lui ait entièrement consacré à Jinshan, dans les environs de Taipei. Paniers, lampes, chapeaux ou encore mobilier, les objets en bambou se dénichent facilement sur l’île. Le bambou est une spécialité de la région de Nantou et se tourne progressivement vers la décoration intérieure (ustensiles pour le thé, paravents, vases…).
Ancienne tradition artisanale née dans le Sud de la Chine, l’ombrelle de Taïwan est un peu le parapluie version locale. Ornée de peintures et de calligraphies traditionnelles, l’ombrelle fait partie des objets à ramener pour faire plaisir. Les autres artisanats locaux sont ceux des tribus aborigènes encore présentes sur l’île, une douzaine au total. Figurines en céramique des Yami, jarres décorées des Rukai ou encore totems de pierre des Paiwan…

Cinéma

En 1925, Whose fault is it est considéré comme le premier film 100 % taïwanais. Ce n’est qu’au début des années 1980 que Taïwan émerge sur la scène du 7e Art avec la nouvelle vague taïwanaise. Face à la concurrence de Hong Kong, le gouvernement encourage de jeunes réalisateurs taïwanais à explorer de nouvelles voies. En 1982, le film In our time, réalisé par Chang Yi, Edward Yang, Tao De-Chen et Ke Yi-Cheng, renouvelle le cinéma insulaire. C’est le début de « la nouvelle vague taïwanaise », un cinéma plus réaliste ancré dans la vie quotidienne de la société, mais aussi dans le film de genre. Les réalisateurs Edward Yang et Hou Hsiao Hsien deviennent les chefs de file de cette nouvelle vague. En 1989, Hou Hsiao Hsien décroche le Lion d’or à Venise pour La Cité de la douleur, premier volet d’une fresque politique sur l’histoire de Taïwan. Il obtient ensuite le prix du Jury au festival de Cannes en 1993 avec Le Maître des marionnettes. Par la suite, Hou Hsiao Hsien tourne des films remarqués comme Millenium Mambo et Three times. Edward Yang est récompensé dans des festivals internationaux avec Mah-Jong (prix spécial du Jury au festival de Berlin en 1996) et Yi Yi (Prix de la mise en scène au festival de Cannes en 2000).
Dans les années 1990, une seconde vague du cinéma taïwanais émerge, marquée par les réalisateurs Tsai Ming-liang et Ang Lee. Le premier obtient en 1994 le Lion d’or à Venise avec Vive l’amour et l’Ours d’argent à Berlin avec La rivière. Ang Lee est certainement le réalisateur le plus connu de la seconde vague. Ses premiers films comme Garçon d’honneur (1993), et Sucré salé dépeignent les conflits entre générations dans les familles modernes. En 1993, il obtient un Lion d’or à Venise pour Le banquet. Plus récemment, il a remporté un succès immense à l’étranger avec Tigre et dragon et réalise depuis des films aux États-Unis comme Brokeback Mountain.

Danse

Dans l’univers de la danse moderne et traditionnelle, Taïwan s’est fait connaître grâce à plusieurs compagnies présentes sur la scène internationale. La troupe de danse la plus célèbre est le Cloud Gate Dance Theatre crée par Lin Hwai-min, révélée au monde entier lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Grâce au talent de son fondateur et de ses danseurs, cette compagnie avant-gardiste puise son inspiration dans la fusion entre le ballet classique occidental et les arts martiaux.
Neo-Classic Dance Company et Lan Yang Dancers sont deux autres compagnies connues sur l’île et à l’étranger, reflets de la créativité et de l’originalité du style taïwanais, entre Asie et Occident.

Littérature

Il faut attendre les années 1980 pour voir émerger une littérature à proprement parler taïwanaise. L’arrivée de la démocratie en 1987, l’occidentalisation de la société et la recherche d’une identité insulaire ont donné naissance à des écrivains en phase avec leur époque. Bai Xianyong, Li Ang et Wang Wenxing sont devenus aujourd’hui des figures incontournables de cette nouvelle littérature taïwanaise, engagée, identitaire et réceptacle des changements de société.

Exilé aux États-Unis, Bai Xianyong est né à Guilin, en 1937. Contrainte de fuir la guerre sino-japonaise puis la guerre civile, sa famille se réfugie sur l’île de Taïwan. Dans les années 1960, il part aux États-Unis pour achever ses études où il finit par s’installer. C’est aujourd’hui l’un des écrivains les plus célèbres de Taïwan. Parmi ses livres incontournables, traduits en français : Enfance à Guilin (Alinéa, 1987), Garçons de cristal (Flammarion, 1995), Gens de Taipei (Flammarion, 1996).

À 55 ans, Li Ang - de son vrai nom Shi Shuduan - incarne le roman engagé. Se définissant avant tout comme « Taïwanaise » et non chinoise, la romancière a écrit plusieurs romans pour défendre la condition de la femme, l’indépendance et l’identité de son île. Proche du parti démocrate progressiste (DPP), elle cultive un style volontairement provocateur, prend un malin plaisir à briser les tabous de la société taïwanaise (abus sexuels, homosexualité, perversité, culte de l’argent…) et à dénoncer les dérives de son île natale. Parmi ses romans phares : La Femme du boucher (rebaptisé Tuer son mari dans la traduction française publiée chez Denoël, 2004), Le Jardin des égarements (Picquier, 2003) et Nuit obscure (Actes Sud, 2004).

Wang Wenxing s’est fait connaître avec son roman La Fête de la déesse Matsu (Zulma, 2004), dans lequel il dépeint, sous la forme de huit nouvelles, une société taïwanaise en plein désarroi. Né en 1939 dans une famille de réfugiés, il a longtemps enseigné aux États-Unis. Aujourd’hui, il s’est de nouveau installé à Taïwan pour observer au plus près les évolutions fulgurantes de son île d’adoption. Processus familial (Actes Sud, 1999) est un autre de ses romans disponible en français.

Théâtre de marionnettes et opéra taïwanais

Le théâtre de marionnettes est un art populaire très apprécié par les Taïwanais. Dissimulé sous un vaste costume, un marionnettiste donne vie à des personnages légendaires dans la culture traditionnelle chinoise, au rythme des gongs et des tambours. Les marionnettes à gaines taïwanaises, d’une extrême délicatesse, sont revêtues de belles étoffes et les dialogues sont accompagnés d’une gestuelle très élaborée.
Il est impossible de parler des marionnettes taïwanaises sans évoquer le nom de Li Tien-lu, une figure incontournable de cet univers artistique.
Immortalisé dans le film de Hou Hsiao Hsien Le Maître des marionnettes (1993), Li Tien-lu était un maître de la discipline, capable de mêler des styles chorégraphiques aux antipodes.
Taïwan possède sa propre forme d’opéra, le gezaixi. C’est un opéra chanté dans la langue taïwanaise holo, un dérivé de la langue maternelle de la province du sud du Fujian. Gestuelle délicate, grande expressivité et maquillage codifié caractérisent cet opéra très inspiré de la Chine continentale. Diffusé à la télévision, au cinéma ou en plein air, l’opéra taïwanais raconte souvent des contes et légendes populaires. Ming Hua Yuan est l’une des troupes les plus connues sur l’île et à l’étranger.

Musée national du Palais de Taipei

En décembre 2006, le Musée national du Palais de Taipei a rouvert ses portes après plus de deux ans de rénovation. Ce musée est un peu le trésor de Taïwan, avec la plus belle collection d’art chinois au monde et toutes les plus belles pièces artistiques de l’empire chinois amenées de Pékin il y a un demi-siècle. Aujourd’hui, c’est un musée flambant neuf, avec des espaces réaménagés, des collections et des galeries réorganisées. Les peintures et les calligraphies font partie des joyaux du musée. Le musée national rassemble 600 000 pièces, le meilleur des collections impériales accumulées depuis le premier empereur des Song, au Xe siècle. C’est un immense patrimoine culturel chinois et un incontournable de Taïwan par la richesse de sa collection.
Internet : www.npm.gov.tw.

Médias

Taïwan est riche d’une centaine de journaux, diffuse six chaînes hertziennes et plus de 70 chaînes câblées.
La radio a explosé dans les années 1990 avec plus de 170 stations de radios aujourd’hui. C’est l’un des paysages médiatiques les plus denses et les plus compétitifs d’Asie, avec le Japon.
La presse sur l’île est l’une des plus libres, reflétant tous les points de vue. Selon Reporter Sans Frontières, « Taïwan, espace de liberté en Asie de l’Est, jouit d’une presse pluraliste ». Selon le dernier rapport de RSF, l’île est à la 32e place dans le classement mondial, juste derrière la France.
China Times, United Daily News (tendance Kuomintang, pro-KMT) et Liberty News (tendance progressiste, pro-DDP) sont les principaux quotidiens en langue chinoise. On trouve également trois quotidiens en langue anglaise : Taipei Times (www.taipeitimes.com), Taiwan News ou encore China Post ; et un hebdomadaire en langue anglaise, le Taiwan Journal (http://taiwanjournal.nat.gov.tw). Le Tien Hsia est l’un des plus influents magazines mensuels d’information à Taïwan (www.cw.com.tw).





 

© 2009 Cyberterre / Hachette tourisme. Le contenu de ce site ne peut être reproduit sans autorisation écrite.
Accès rapide : Contact, Plan du site, Avis hôtel, Maroc, Turquie, Grèce, Egypte, Tunisie, Marrakech, Lisbonne, Italie, Portugal, Paris, Espagne, Chine, Thaïlande, Canada
Crète, Etats-unis, Barcelone, République Dominicaine, Sénégal, Cuba,Vietnam, Mexique, Madagascar, Berlin, Toulouse, Venise, New York, Japon, Paris, Budapest
Bretagne, Corse, Amsterdam, Bruxelles, Madrid, Vienne, Québec, Ile Maurice, Réunion, Normandie, Australie, Seychelles, Lyon, Nice, Marseille, Croatie