Géographie
Avant 1918, la Syrie s'étendait d'Antioche à Suez... C'est ce que l'on appelle « la Grande Syrie », ou Bilad ach-Cham. Les frontières d'après-guerre, artificielles et bâclées, l'ont ramenée à 185 000 km².
La Syrie est avant tout continentale. Un État caravanier ? Les frontières cisaillent trop brutalement le désert. De plus, le pays manque d'un centre de gravité : Damas et Alep, les deux premières villes, sont toutes deux excentrées et frontalières.
Pourtant, les atouts sont là : l'absence de hauts sommets et les routes du désert facilitent le transit. Le Croissant fertile, autour de la vallée de l'Euphrate, dont l'irrigation a décuplé le potentiel. Enfin, quelques notables gisements de pétrole et de phosphates.
Son handicap n'a pas changé : c'est l'eau. La Syrie appartient à la grande diagonale aride qui court de la Mauritanie au désert de Gobi.
La Syrie, ce sont d'abord des montagnettes dressées sur la mer, puis un bouclier calcaire qui glisse en douceur vers la Mésopotamie.
Trois grandes zones s'y succèdent. La côte, bien méditerranéenne avec ses vignes et ses oliviers. Passé la côte, assez farouche, et la mince plaine littorale, maraîchère et fruitière, très densément peuplée, voici le djebel alaouite, abrupt et calciné. Il dégringole brutalement dans la dépression du Ghab, où l'Oronte arrose l'une des plus riches zones agricoles du pays.
Encore plus à l'est, on gagne le bandeau des steppes arables : les principales villes du pays et toute sa puissance agricole. Au sud, le massif volcanique du djebel El-Arab (ex-djebel druze) domine de loin les terres à blé du Hauran et du Golan. Passé l'oasis de Damas, savamment irriguée, la route du Nord se faufile contre l'Anti-Liban pour atteindre, à partir de Homs, le grenier à blé du pays, baigné par l'Oronte.
Plus au nord, entre le Tigre et l'Euphrate, commence un autre pays de cocagne : la Jézireh (« île » en arabe). Depuis peu, les fleuves fécondent d'un océan de céréales ses fertiles terres rouges.
Reste la région du Sud-Est, au-delà du djebel Bishri. Le désert et son antichambre. Trouée d'oasis bien médiocres (Palmyre, Sukhnah), cette plaine à cailloux représente 58 % du territoire national.
Climat
Le climat méditerranéen (chaud et sec en été, doux et quelque peu pluvieux en hiver) du littoral contraste avec le climat rigoureux des montagnes, qui se couvrent de neige en hiver.
- L'été : si vous ne supportez pas la grosse chaleur, évitez l'intérieur de la Syrie entre juin et août (environ 40 °C). La moyenne des températures maximales à Alep et Damas en août est de 37 °C. À Palmyre, parfois plus de 50 °C ! Sur le littoral, la température moyenne est plus supportable : 30 °C à Lattaquié en août. La côte est sous l'influence des vents humides qui soufflent de la mer.
- L'hiver : sec et doux à Damas mais assez pluvieux sur la côte. En janvier, c'est à Lattaquié qu'il pleut le plus. Mais à Damas et à Alep, en décembre-janvier, la température nocturne peut descendre en dessous de 0 °C. Plus on avance vers le désert (à l'est), plus la température nocturne baisse. Février est le mois le plus frais. Les villages de montagne du djebel El-Arab (ex-djebel druze) sont souvent couverts de neige.
- Meilleure période pour voyager : les périodes d'avril-mai et de mi-septembre à fin octobre sont les plus agréables. Les journées sont ensoleillées, il pleut rarement et la chaleur reste très supportable. À Alep et Damas, en avril-mai, la température maximale du jour oscille entre 25 et 29 °C. Ces saisons sont aussi les plus chères et les plus fréquentées.
- Comment s'habiller ? En hiver, emporter un bon pull, un blouson et un vêtement pour la pluie. En été, prévoir des vêtements longs, légers, amples ; mesdames, évitez la minijupe. Si vous allez dans la vallée de l'Euphrate en plein été, pensez à emporter un antimoustiques.