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Roumanie

Culture

Médias

Plus de 15 ans après la chute de la dictature de Nicolae Ceaucescu, la Roumanie a rempli les critères d'adhésion à l'Union Européenne en 2007. La situation de la liberté de la presse n'est pourtant pas encore satisfaisante. Les institutions européenne ont tiré la sonnette d'alarme face à certaines limites apportées à la liberté d'expression.
La classe politique dirigeante, très soucieuse de préserver son image auprès de l'UE, exerce des pressions insidieuses sur les médias. S'il n'y a pas de violation grave de liberté de la presse, le manque d'indépendance des médias publics, les problèmes de pluralisme dans le secteur audiovisuel, les tentatives de manipulation de l'information et l'autocensure généralisée sont bien réels. Les journalistes évitent d'enquêter sur des sujets trop sensibles, en particulier sur la corruption qui gangrène le pays, y compris au plus haut niveau. La situation est encore plus préoccupante en province, où les journalistes d'investigation locaux font face à une réelle insécurité.

Le paysage audiovisuel est aujourd'hui bien loin de la chaîne unique : le réseau cablé s'est largement développé, et depuis 2005, le bouquet satellite est disponible.
Jusqu'à dix quotidiens nationaux sont distribués dans les kiosques. Mais cinq d'entre eux seulement ont un véritable poids : Adevarul, Evenimentul, Libertatea, Ziua et Jurnalul National. Leur impression ne dépasse jamais les 100 000 exemplaires pour 22 millions de Roumains. Par ailleurs, aucun de ces quotidiens ne possède de politique éditoriale cohérente, si ce n'est le Libertatea, un tabloïd pur jus.

Musées et monuments

Le jour de fermeture est le lundi. Certains petits musées de province sont également fermés le dimanche après-midi. Les petits musées de village sont souvent ouverts à la demande. L'interdiction de photographier est très fréquente.

Beaux-arts

Jusqu'au IXe siècle, l'art roumain est demeuré essentiellement religieux. En Moldavie et en Valachie, il fut marqué, à partir du Xe siècle, par l'influence byzantino-balkanique (fresques de Saint-Nicolas de Curtea de Arges, vers 1352-1377). Les monastères de Moldavie sont les témoins d'une création spécifique de l'art roumain et notamment de la peinture extérieure des églises (Humor, 1535 ; Arbore, 1541 ; Voronet, 1547, etc.) où les sujets religieux traditionnels sont mêlés de scènes familières, d'allusions à des événements politiques. Quant à la Transylvanie, elle fut plutôt sensible à l'art occidental, roman puis gothique (l'église Saint-Michel de Cluj).

L'architecture et la peinture du pays furent, en partie, influencées par la Renaissance italienne au XVIe siècle. Au XVIIe siècle, l'art des icônes sur verre, venu de Bohême, connut un développement particulier. Au XIXe siècle, la vie artistique de la Roumanie fut influencée par l'art occidental, parisien surtout. C'est alors qu'apparut la peinture de chevalet : Theodor Aman (1831-1891), Gheorghe Tatarescu (1818-1882). À cette même époque, l'impressionnisme et la peinture de plein air furent introduits dans l'art roumain : Nicolaï Grigorescu (1838-1907), Ion Andreescu (1850-1882). Au XXe siècle, Stefan Luchian (1868-1916) et Gheorghe Petra (1872-1949) marièrent harmonieusement raffinement et motifs populaires.

Musique

Dans les années 1960-1970, George Zamfir était l'ambassadeur virtuose de la flûte de Pan, la musique des « pâtres roumains ». Version mélodie classique, la figure la plus connue des mélomanes reste Georges Enesco (1881-1955). Cet élève de Gabriel Fauré, compositeur, chef d'orchestre, pianiste et violoniste (excusez du peu !), a tenté de réaliser la synthèse entre les canons classiques et la tradition des lautaris, les « violoneux » des campagnes. Il eut un élève fameux : Yehudi Menuhin.
Roumanie 1990, la lambada atterrit à Bucarest. Les rares bars-vidéo du pays ne diffusent ni Mozart, ni chants traditionnels, mais du rap et du disco bien tonitruant. À découvrir tout de même : le pianiste de jazz Johnny Raducanu et de nombreux groupes de rock rigolos comme les Sarmalele Rece (les Sarmalés froids). Bravo si vous arrivez à dénicher Petru Ivanovits, le roi du rap-flamenco du Banat.

Pourtant, il suffit d'un mariage, d'une fête pour que le folklore retrouve ses droits. Les lautaris, ces ménétriers dont la tradition remonte au moins au XVe siècle, jouent dans des ensembles, les tarafs (le mot est d'origine turque), très souvent sollicités. À l'origine, le taraf était composé d'un vioara (violon) jouant le rôle de soliste, d'un naï (la flûte turque encore) et d'une cobza (un luth à manche court). Aujourd'hui, l'accordéon chromatique remplace ou accompagne le violon dans les hôtels et restaurants à « ambiance typique ».

Musique traditionnelle

Aucun autre pays d'Europe ne dispose d'autant de musiciens de villages. Hélas, sous l'effet des modes affluant depuis 1990, ils sont de plus en plus écartés des noces, leur gagne-pain, au profit des discomobiles. Ce patrimoine exceptionnel va disparaître dans les années à venir. Souvent, les Roms sont les derniers à maintenir des traditions dont les autres ne veulent plus. Distinguo entre la musique folklorique et la musique traditionnelle : la première résulte du passage à la moulinette totalitaire du répertoire traditionnel, amidon, vulgarité et mise en plis (voir certaines émissions calamiteuses de la TV roumaine !). La seconde a survécu, on ne sait par quel miracle, au génocide culturel. Les derniers lieux où entendre cette musique : les noces dans les villages perdus et le festival Maramuzical qui essaie de se maintenir chaque mois de juillet à Botiza et Ieud, en Maramures.





 



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