Pour 323 880 km² (un peu plus des deux tiers de la France), sans le Spitzberg (appelé Svalbarden en Norvège), la Norvège compte moins de cinq millions d'habitants. C'est dire s'il y a de la place...
Pays à la configuration toute particulière. Une grosse boule ronde dans la partie sud et une étroite bande effilée dans la partie nord ; 1 750 km dans sa plus grande longueur, 6 km de largeur à la hauteur de Narvik. Curieuse géographie ! Les quatre cinquièmes du territoire se trouvent à plus de 150 m d'altitude, avec un point culminant à 2 469 m (le Galdhøpiggen). La Norvège possède aussi la ville la plus septentrionale du monde : Hammerfest. La forêt occupe 23 % de la superficie totale et les terres arables 2,7 %. Le reste, soit 73,5 %, consiste en montagnes, lacs et terres incultes. Paysages étrangement divers. Magiques.
Vous allez en Norvège pour en voir. N'ayez crainte, vous ne serez pas déçu. Les fjords sont le résultat de la forte érosion exercée par d'énormes masses de glace sur les sillons étroits des vallées que la mer vint remplir à la fin de la période glaciaire.
Ils entaillent profondément les terres, puisque certains pénètrent jusqu'à 200 km à l'intérieur et que leur profondeur atteint parfois 1 350 m. Mais ce sont les fjords les plus étroits et les plus encaissés qui sont les plus spectaculaires (le fjord Geiranger, par exemple).
La plus grande concentration de fjords se trouve entre Bergen et Trondheim. L'érosion a entraîné, d'autre part, la formation d'un archipel d'îles et d'îlots (plus de 200 000) qui bordent le littoral actuel. Si l'on comptait le périmètre total des côtes, on atteindrait plus de 25 000 km ! Il n'est pas au monde de rivage plus déchiqueté. C'est bien ce qui fait son charme.
Climat
Rassurez-vous, vous avez de bonnes chances de voir le soleil... entre deux averses. Le temps peut être très beau, très chaud pendant plusieurs jours, puis tourner subitement, sans crier gare. Cela fait partie du charme de la Norvège. On ne vient pas ici pour bronzer. La pluie fait partie intégrante du pays. Il faut l'accepter... sans râler (ou alors le voyage peut devenir un cauchemar) et s'équiper en conséquence.
Et quand enfin le soleil se donne, il ne compte pas ses rayons. Il éclabousse tout, partout, et même la nuit. Alors, c'est la fête de la lumière.
En été, le mercure peut grimper jusqu'à 30 oC. Quand le vent et la pluie lui font de l'ombre, il peut descendre en quelques heures à 5 oC. Apportez des vêtements chauds, un bon imper et un pépin.
De manière générale, le climat est plus tempéré (bien que le mot soit un peu usurpé) sur la côte qu'à l'intérieur des terres, du fait de la présence du Gulf Stream et de ses courants chauds.
Pour la partie sud, différences sensibles de pluviosité entre la côte (bien arrosée, même en été) et l'est du pays (plus sec) près de la frontière suédoise où les températures peuvent tomber jusqu'à - 40 oC en hiver.
Une semaine de grand bleu à plus de 30 °C n'a rien d'exceptionnel à Oslo, mais elle tient presque du miracle à Bergen ou dans la région des fjords de l'Ouest.
Bref, si vous partez en été, apportez des vêtements chauds, des chaussures imperméables et résistantes et un bon imper, mais n'oubliez pas votre maillot de bain. En hiver, les gants et le bonnet sont bien sûr indispensables. Les collants ou caleçons longs sous le pantalon ne sont pas non plus superflus quand il fait - 15 °C.
Aurores boréales et soleil de minuit
L'été, le soleil est visible 24 h/24 au nord du cercle polaire, de
mi-mai au 20 juillet pour les villes les plus septentrionales et de
début juin à mi-juillet pour celles à proximité du cercle. Quant au
Sud, les journées d'été y sont également très longues (18 h au 1er
juillet à Stockholm).
L'automne
arrive tôt dans ce pays, surtout dans le Nord, et les journées se font
de plus en plus courtes. Au nord du cercle polaire, en hiver, le soleil
ne se lève plus (sur une période plus ou moins longue selon la
latitude).
Cependant, surtout dans ces régions polaires, les nuits
de temps clair et sec, sortez le nez de votre cache-col : les aurores
boréales, tels des rubans lumineux qu'une gymnaste invisible agiterait,
dansent dans le ciel.
Aurores boréales
Les Anciens leur prêtaient des pouvoirs surnaturels, leur apparition
était interprétée comme le signe avant-coureur d'événements tragiques.
Depuis l'avènement de la science, on est rassuré. C'est surtout dans le
Grand Nord, par temps clair et durant les mois d'hiver, que l'on peut
avoir l'occasion de contempler ce fascinant phénomène lumineux. Il est dû à la présence de particules solaires ionisées dans les
hautes couches de l'atmosphère terrestre aux abords des pôles.
L'idéal pour les savourer pleinement consiste à être loin de la ville ou d'un village.
Soleil de minuit
Phénomène
éphémère, superbe, étonnant, visible seulement à certaines latitudes.
La lumière qu'il diffuse alors est particulière, comme irréelle. On ne
parvient pas à savoir si l'effet est psychologique ou si l'air, la
lumière et les éléments sont véritablement transformés. Le résultat est
pourtant là. On y voit comme en plein jour et on ne s'en lasse pas. Le
soleil glisse sur l'horizon en caressant les flots, puis il remonte et
va faire pâlir ses couleurs plus à l'est.
On définit le soleil de
minuit ainsi : à son point le plus bas, le soleil ne doit pas
disparaître complètement derrière l'horizon. Évidemment, plus on va
vers le nord, plus la période où il est visible est longue. Dès avril,
les journées rallongent jusqu'à n'en plus finir au moment de l'été. Le
fameux soleil de minuit ne peut être observé que dans les zones au-delà
du cercle polaire.
Que ceux qui ne passeront pas le cercle polaire
se rassurent : la lumière éclabousse tout le pays d'avril à fin
juillet. Ils ne verront pas le soleil rougeoyant sur l'horizon, mais
ils pourront eux aussi profiter de journées très longues, à peine
perturbées par quelques heures de nuit claire en juin et juillet.
Grisant... on n'a même plus sommeil !
Baleines
Voilà qui fait bondir d'indignation les défenseurs des animaux : alors que, depuis plus de vingt ans, les nations maritimes les laissent tranquilles, les Norvégiens sont, avec les Japonais et depuis peu les Islandais, les seules nations au monde à pêcher encore les cétacés.
Le sujet est délicat à aborder : les Norvégiens allèguent qu'ils pêchent (et non chassent, nuance sémantique qui a son importance) les baleines pour alimenter leur marché intérieur, comme ils l'ont toujours fait. Le pays recèle quelques musées qui illustrent très bien cette tradition. Face aux critiques, ils affirment ne sélectionner que l'espèce la plus courante, le petit rorqual - celle dont ils prétendent qu'elle pullule dans l'Atlantique nord, bien que les chiffres de population avancés pour justifier la pêche pourraient être surévalués, selon les spécialistes.
En 2006, les Norvégiens ont augmenté de manière considérable leur quota, mais les pêcheurs ont à peine réussi à en ramener la moitié. Ce qui n'empêche pas la viande de baleine de s'entasser dans les frigos : la demande intérieure est en chute libre.
Quoi qu'il en soit, face aux récriminations des défenseurs des baleines, on a cru déceler dans l'attitude des Norvégiens un brin de fierté nationale qui pourrait s'apparenter, face à l'opinion mondiale, à l'orgueil d'une petite nation qui ne veut recevoir de leçon de personne. On risque de trouver encore longtemps du hvalbiff sur le marché au poisson de Bergen...
Dans le même registre, le sang continue de rougir la banquise : les chasseurs norvégiens y ont dépecé 15 000 phoques en 2005. Et, parmi eux, une bonne quantité de bébés phoques.