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![]() NormandieCulture et traditionsLes colombiers Partout en Normandie, on voit s'élever ces grosses tours, massives par leur forme, élégantes et raffinées par leur décoration. À l'écart d'une ferme, sur le côté d'un château, le colombier revêt une grande importance dans l'histoire. En Normandie, pays de droit coutumier, seuls les propriétaires d'un plein fief, les seigneurs, avaient le droit d'élever un " colombier à pied " dans la cour-masure du manoir ou du château. Il symbolisait la richesse de la seigneurie. Il était important de raffiner le décor du colombier et de graver ses armes au-dessus de la porte. La plupart furent édifiés entre le Moyen Âge et la Révolution, période à laquelle le droit de colombier fut aboli. Figures - Barbey d'Aurevilly (1808-1889) : un Cotentinois flamboyant,
très émoustillé par les histoires de chouans et de sorciers. Romancier outrancier,
l'auteur du Chevalier des Touches et de L'Ensorcelée ne détestait pas qu'on
l'appelle le " Connétable des lettres ". Les " feignants " de la barbouille En 1858, dans une boutique du Havre, un Honfleurais inconnu rencontre un adolescent qui, sans trop se casser la tête, dessine des caricatures de notables locaux. Il l'invite à venir peindre avec lui dans la nature. C'est ainsi qu'Eugène Boudin, le barbu au panama, éveilla la vocation du futur maître de Giverny, Claude Monet - un Normand lui aussi. Nicolas Poussin l'allégorique était des Andelys, mais peignit l'Italie. Théodore Géricault, le témoin tourmenté de l'Empire, naquit à Rouen mais partit pour Paris. Les commandes et la renommée l'attendaient là-bas - comme elles attendront plus tard Jean-François Millet, Raoul Dufy, Francis Léger et Marcel Duchamp, tous compatriotes de Boudin. De 1830 à 1880, pourtant, ce fut au tour de la Normandie d'inspirer les artistes. À la fin du XVIIIe siècle, les terres d'inspiration classique (Italie, Flandre...) cèdent le pas au paysage romantique. Turner s'extasie devant les ciels normands. À Paris, Boudin découvre les impressionnistes : il est impressionné ! Son talent chaleureux va rallier ses confrères : déjà en vogue chez les écrivains (Stendhal, George Sand, Baudelaire, Dumas fils, les Goncourt, Zola...), la Normandie devient un jardin de peintres, à la grande joie des paysans qui négocieront tout au prix fort pour ces " feignants ". Aujourd'hui, le moindre musée normand a recueilli leurs traces. Courbet immortalise le jardin de la mère Toutain, la logeuse de Honfleur chez qui Boudin reçoit ses confrères. Pissarro s'installe près de Gisors. Corot plante son chevalet devant la Seine. Renoir s'adonne au portrait près de Dieppe. Bazille et Sisley écument la côte. Signac, Seurat et Théodore Rousseau accourent. Manet peint à Cherbourg. Quant à Monet, il connaîtra l'extase devant la cathédrale de Rouen avant de s'installer à Giverny. De son bassin aux nymphéas découlera un demi-siècle de peinture. Ce demi-siècle, c'est l'apogée de la peinture française. Bonnes feuilles Madame Bovary est le livre de chevet de la Normandie - quoique Flaubert parlât aussi du Calvados dans Bouvard et Pécuchet et dans Un cœur simple. Son fils spirituel et compatriote, Guy de Maupassant, qui avait une maison à Étretat, décrivait son matériau humain avec des touches aussi subtiles qu'un paysage normand (en y ajoutant quand même un trait de vitriol). De nombreux passages de À la recherche du temps perdu se déroulent en Normandie : Cambremer, Carquethuit, les marines d'Elstir, et Cabourg - où Proust s'emprisonna au Grand Hôtel -, le Balbec mondain de À l'ombre des jeunes filles en fleurs. Lancée par le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, la balnéaire Deauville-Trouville mêlera plus tard les La Rochefoucauld et les Murat, les Rothschild, les Peugeot et les Vanderbilt, Mistinguett et Dranem, enfin Lelouch... Autre station, lancée par les romans d'Alphonse Karr, Étretat où se déroule également l'action de L'Aiguille creuse, le meilleur des Arsène Lupin (de Maurice Leblanc). La campagne de l'Aigle imbibe les romans de la comtesse de Ségur, et le Cotentin ceux de Barbey d'Aurevilly (L'Ensorcelée...). Pendant que Jean Revel (Contes normands, La Cour...) s'attache à l'univers des " petits ", André Maurois décrit la bourgeoisie industrielle d'Elbeuf dans Bernard Quesnay. Jean de La Varende (Nez de Cuir) est le hussard (avant la lettre !) du pays d'Ouche. Raymond Queneau place Un rude hiver dans Le Havre du début du XXe siècle. Flaubert, Maupassant et Maurois ont revu (et corrigé) leur Normandie au charbon. Mais le plus méchant reste Octave Mirbeau : les Contes de ma chaumière dépeignent le Perche comme un véritable enfer ! |
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