Environnement
Les Lorrains, longtemps voués à l'industrie et au travail de la mine, ont quelque peu négligé la notion d'environnement, au contraire de leurs voisins alsaciens. Le contraste est frappant lorsqu'on monte le versant est du col du Bonhomme et qu'on voit les pimpantes bourgades que sont Kaysersberg et Lapoutroie, puis qu'on bascule, côté lorrain, dans la triste vallée de Fraize et Plainfaing, désertée par l'industrie textile.
Même si les choses s'arrangent depuis une dizaine d'années, les friches industrielles du Pays Haut n'ont pas disparu d'un coup de baguette magique. Les cheminées d'usines fument toujours entre Hayange et Thionville. La plate-forme chimique de Carling subsiste, la centrale de Cattenom reste un potentiel Tchernobyl au nord, tout près du Luxembourg. À ces sites s'ajoute le laboratoire d'enfouissement des déchets radioactifs de Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne.
Cependant, depuis 1984, le Conservatoire des sites lorrains s'attache à sauvegarder les espaces naturels remarquables : mare salée de Marsal, marais et autres zones humides, pelouses calcaires où refleurissent des orchidées, ainsi que les 15 km, au sud de Bayon, où la Moselle est restée sauvage.
Forêt lorraine
Il ne faut pas juger du bois par l'écorce : après la grisaille des guerres, la fumée de l'industrialisation et les effets dévastateurs de la tempête de 1999, c'est une redécouverte.
Les vallons et les crêtes dessinent des horizons harmonieux au-dessus des campagnes fleuries et des vastes forêts. Sillonnée par des sentiers de grande randonnée, elle offre partout des chemins et des petites balades.
Un climat très favorable et des sols souvent très riches donnent à la région un exceptionnel potentiel forestier. Ses 850 000 ha de forêt la placent d'ailleurs à la cime des régions françaises les plus boisées.
La région possède deux types de forêt : de plaine et de montagne, toutes deux composées de 75 % de feuillus et de 25 % de résineux. Les Vosges sentent certes le sapin, mais le hêtre et le chêne demeurent les essences reines de la région.
Parmi la faune sauvage qui peuple les forêts lorraines, cerfs, chevreuils, sangliers et renards cohabitent avec la très médiatique bête des Vosges.
Les réserves domaniales sont une des grandes richesses de la région (1 380 000 m3) : l'Argonne en pays de Meuse, la forêt de Haye où chassa Charlemagne, les clairières et les chênaies de Bitche, les grands espaces touffus de Pierre-Percée et de Saint-Quirin, riches réserves de l'importante filière bois vosgienne.
Les métiers du feu
Ils ont beaucoup compté par le passé en Lorraine, mais leur situation actuelle est mitigée.
Pourquoi
ces industries se sont-elles enracinées ici ? Parce qu'elles y ont
trouvé les matières premières qui leur étaient nécessaires : sable
(pour le verre), argile (pour la faïence), fougères dont les cendres
riches en potasse facilitent la fusion du verre, bois des forêts pour
faire ronfler les fours.
La faïencerie
Côté français
sont restés Sarreguemines et Lunéville, entreprises auxquelles les
restructurations ont porté de rudes coups. Dans les dernières années du
XXe siècle, le site sarregueminois vivotait encore en fabriquant des
carrelages, mais il a fini par mettre la clé sous la porte. Idem pour
Lunéville.
Ceux qui s'en sortent le mieux sont Niderviller et
Longwy. La faïencerie de Niderviller, au pays de Sarrebourg, fut avec
Lunéville et Saint-Clément une des premières à adopter la technique du
petit feu, qui autorise des décors plus fins et une plus large palette
de couleurs. Elle est revenue à la stabilité, comme la cristallerie de
Portieux avec qui elle est attelée au sein de Faïence et Cristal de
France.
À Longwy, la faïencerie historique a fermé, mais d'autres
sont apparues dans les années 1980. La technique locale est très typée
: décors cernés d'un trait noir, couleurs aussi reconnaissables que le
fameux bleu « ciel d'Égypte », le blanc craquelé, le rose soutenu.
La route du verre
La
route du verre est parallèle à celle de la faïence. L'âge d'or des arts
du feu lorrains a été sans conteste la fin du XIXe siècle.
Le XXe
siècle a conduit vers des révisions déchirantes de cette tradition
ancienne. Certains sites ont fermé, d'autres sites ont réduit les feux,
mais se sont reconvertis dans la formation et la résidence d'artistes.
Demeurent tout de même ces poids lourds de l'industrie du luxe que sont
Baccarat, Daum, Saint-Louis, ainsi que Portieux (Vosges) et quelques
cristalleries artisanales au pays de Bitche. La cristallerie royale de
Saint-Louis-lès-Bitche fut, en 1781, la première verrerie française à
se mettre au cristal.
Les métiers du bois
Les Vosges atteignent un taux de boisement de 48 %, se plaçant ainsi
à la troisième place des départements les plus verts. La forêt est au
cœur de l'économie locale.
La filière bois regroupe des activités allant de la sylviculture à
l'exploitation forestière. Les scieries débitent le bois de chauffe
(pour les industries traditionnelles du cristal ou du fer, par
exemple), mais aussi celui qui sera transformé en meubles
(Neufchâteau), en jouets, en cahiers Clairefontaine, ou en violons...
D'ailleurs, les plus grands maîtres luthiers français sont issus de
l'école de lutherie de Mirecourt.
Les Vosges sont ainsi le seul département français présentant tous les métiers de cette filière capitale de l'économie.