Les métiers d’art
Le travail ancestral du verre a connu un essor industriel à partir
du XVIIIe siècle, quand les verreries lorraines ont commencé
à exporter leur production raffinée dans toute l’Europe. La finesse du cristal
sorti des manufactures de Baccarat ou de Saint-Louis est aujourd’hui mondialement
réputée.
Faïence et émaux sont produits par des fabriques
lorraines depuis plus de deux siècles. L’activité des célèbres manufactures
royales des faïenceries de Lunéville ou de Sarreguemines perdure. À Longwy, les faïenciers adaptèrent
en 1873 un brevet sur les émaux en relief, pour donner à leur production
un caractère spécifique. Aujourd’hui, la Société historique des Faïenceries
de Longwy n’existe plus, mais on continue à produire dans la ville les fameux
émaux de Longwy.
Les nombreuses forêts de la région permettent le travail du bois.
Le mobilier local traditionnel, souvent en chêne ou en noyer, est rustique et
massif. L’armoire lorraine est emblématique : de plan carré, elle est soutenue
par des pieds cambrés ; ses portes doubles surmontent deux tiroirs, et
l’austérité apparente de sa stature est compensée par la finesse de ses décorations
sculptées.
À Mirecourt, dans les Vosges, on perpétue depuis le XVIIe siècle
un autre savoir-faire dérivé du bois : la lutherie.
L’expression consacrée des images d’Épinal provient de l’industrie éponyme
que Jean-Charles Pellerin créa dans la préfecture vosgienne en 1796. Les
images populaires un peu naïves qui sortent de ces imprimeries sont restées
dans les mémoires : elles étaient pour le grand public un moyen d’information
largement diffusé. Aujourd’hui, l’activité de l’Imagerie d’Épinal perdure.
Environnement
Les Lorrains, longtemps voués à l'industrie et au travail de la mine, ont quelque peu négligé la notion d'environnement, au contraire de leurs voisins alsaciens. Le contraste est frappant lorsqu'on monte le versant est du col du Bonhomme et qu'on voit les pimpantes bourgades que sont Kaysersberg et Lapoutroie, puis qu'on bascule, côté lorrain, dans la triste vallée de Fraize et Plainfaing, désertée par l'industrie textile.
Même si les choses s'arrangent depuis une dizaine d'années, les friches industrielles du Pays Haut n'ont pas disparu d'un coup de baguette magique. Les cheminées d'usines fument toujours entre Hayange et Thionville. La plate-forme chimique de Carling subsiste, la centrale de Cattenom reste un potentiel Tchernobyl au nord, tout près du Luxembourg. À ces sites s'ajoute le laboratoire d'enfouissement des déchets radioactifs de Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne.
Cependant, depuis 1984, le Conservatoire des sites lorrains s'attache à sauvegarder les espaces naturels remarquables : mare salée de Marsal, marais et autres zones humides, pelouses calcaires où refleurissent des orchidées, ainsi que les 15 km, au sud de Bayon, où la Moselle est restée sauvage.
Forêt lorraine
Il ne faut pas juger du bois par l'écorce : après la grisaille des guerres, la fumée de l'industrialisation et les effets dévastateurs de la tempête de 1999, c'est une redécouverte.
Les vallons et les crêtes dessinent des horizons harmonieux au-dessus des campagnes fleuries et des vastes forêts. Sillonnée par des sentiers de grande randonnée, elle offre partout des chemins et des petites balades.
Un climat très favorable et des sols souvent très riches donnent à la région un exceptionnel potentiel forestier. Ses 850 000 ha de forêt la placent d'ailleurs à la cime des régions françaises les plus boisées.
La région possède deux types de forêt : de plaine et de montagne, toutes deux composées de 75 % de feuillus et de 25 % de résineux. Les Vosges sentent certes le sapin, mais le hêtre et le chêne demeurent les essences reines de la région.
Parmi la faune sauvage qui peuple les forêts lorraines, cerfs, chevreuils, sangliers et renards cohabitent avec la très médiatique bête des Vosges.
Les réserves domaniales sont une des grandes richesses de la région (1 380 000 m3) : l'Argonne en pays de Meuse, la forêt de Haye où chassa Charlemagne, les clairières et les chênaies de Bitche, les grands espaces touffus de Pierre-Percée et de Saint-Quirin, riches réserves de l'importante filière bois vosgienne.
Figures
- Jeanne d’Arc (1412-1431) : surgie de son village de Domrémy en 1429,
la célèbre pucelle avait en tête de « bouter les Anglois hors de France ».
Mission accomplie, mais le tribunal d’Inquisition de Rouen, effarouché par une
telle efficacité féminine, la fit brûler vive pour hérésie.
- L’abbé Grégoire (1750-1831) : homme d’église, il s’illustre en
politique après la Révolution française. Député à la Convention, il fit voter
des lois décisives comme l’abolition de l’esclavage et s’impliqua dans la protection
naissante du patrimoine français.
- Jules Ferry (1832-1893) : né à Saint-Dié dans les Vosges, il fut
tour à tour député républicain, maire de Paris, ambassadeur à Athènes, ministre
de l’Instruction publique, président du Conseil, etc. Sa politique coloniale
(conquête du Tonkin, mainmise sur le Congo) fut catastrophique, mais ses actions
en faveur de l’enseignement en ont fait l’un des pionniers de la démocratie.
On lui doit, entre autres, la gratuité et la laïcité de l’enseignement ainsi
que l’accès des filles aux lycées.
- Les frères Goncourt : les deux écrivains faisaient la paire au
XIXe siècle. Ils chroniquèrent dans leur Journal les
évolutions littéraires et artistiques de leur temps. On leur doit aussi des
carnets de voyage, mais surtout la création du Prix Goncourt, qui depuis maintenant
cent ans récompense des livres dont il fait la renommée.
- Maurice Barrès (1862-1923) : écrivain le plus réactionnaire des
intellectuels français. D’abord député de Nancy sur une liste d’extrême-gauche,
il se lance ensuite dans l’antiparlementarisme et le boulangisme. Ses thèmes
de prédilection ont largement inspiré l’extrême-droite de l’entre-deux-guerres :
culte de la nature et de la personnalité, romantisme, héroïsme, ascétisme, traditionalisme,
mais aussi nationalisme farouche, militarisme, catholicisme et antisémitisme.
- Michel Platini (1955) : né à Jœuf, le footballeur a fait
partie de l’épopée des Verts, puis des Bleus dans les années quatre-vingt.
Même s’il n’a jamais remporté la Coupe du Monde en compagnie de ces derniers,
il reste aux yeux des Français un de leurs plus grands sportifs.
- Patricia Kaas (1966) : la demoiselle qui chante le blues
est née à Forbach, en Moselle. Sa voix rauque et sensuelle, reconnaissable entre
toutes, est aujourd’hui adulée dans le monde entier, jusqu’aux confins du Japon
où elle est une vraie star !
- Charlélie Couture (1956) : artiste nancéen aux talents
multiples (auteur, compositeur, romancier, dessinateur, sculpteur, photographe,
etc.), le chanteur à la « carlingue froissée » nous enchante avec
sa poésie décalée... Il faut croire que c’est de famille, la preuve, son frère
Tom Novembre (1959) n’est pas non plus un
inconnu !